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"Toujours se relever"

"Marcher pour se sentir vivant".

Je sortais d'une sale période, une nouvelle épreuve. Trois hernies discales. J'étais inopérable.

Un calvaire.

Et puis, je m'en suis sorti. Une longue histoire. 

Et j'ai recommencé à marcher. Pendant des heures et même la nuit car ce sentiment de "revivre" insufflait en moi une telle énergie que je n'avais plus sommeil.

Alors, je sais quelque peu ce que ressent cet homme. Et son amour incommensurable pour la marche, pour ce souffle de vie en soi. 

Force et honneur.

Respect

 

Marcher pour se sentir vivant, telle est la philosophie de vie d’Yves Auberson. Malgré la maladie de Parkinson, il a parcouru plus de 1000 km dans les Alpes suisses en moins de 3 mois. Stade 2 l’a suivi boucler cet incroyable périple. (Reportage Guillaume Papin, Julien Ababsa, la RTS et Lucille Feuillebois)

Marée de plastique

 

 

 

Plonévez-Porzay : marée de micro-plastiques suite à la tempête Justine

 

Après le passage de la tempête Justine, une marée de micro-plastiques s'est déversée sur les plages de Plonévez-Porzay le week-end dernier dans le Finistère. William, un habitant de Douarnenez a décidé de lancer l'alerte. Un phénomène récurrent, une pollution qui ne cesse de s'aggraver.

Publié le 03/02/2021 à 20h00 • Mis à jour le 03/02/2021 à 20h21

William, balayette et pelle en main, a entrepris de débarrasser le sable de Plonévez-Porzay de ses micro-plastiques.

William, balayette et pelle en main, a entrepris de débarrasser le sable de Plonévez-Porzay de ses micro-plastiques. • © France Télévisions / Valérian Morzadec

Finistère

C'est un travail de fourmi que William Vacher a entrepris. Balayette et pelle à poussière en main, ce Finistérien nettoie le sable. Plus précisément, il tente de débarrasser le sable de tous ces micro-plastiques qui parsèment la plage de Kervel.  

"Ce qui serait bien, c'est qu'il y ait un plan d'action de lancer quand ça arrive comme dimanche dernier" nous explique-t-il. Parce qu'en l'espace de trois jours, la pollution s'est étalée : il y en a enfoui dans le sable, y en a beaucoup dans les rochers."

Pourquoi ne pas envisager de mobiliser en effet une réserve citoyenne de bénévoles prêts à intervenir rapidement ? Le maire de Plonévez-Porzay n'est pas contre mais la nature de la pollution complique la tâche : "Les petits plastiques posent des problèmes très pratiques : on ne peut ramasser que ce qui est visuel, et sur l'étendue d'une plage comme celle-ci..." souffe Paul Divanac'h.

L'Europe et les collectivités tentent de remonter à la source des pollutions grâce au programme Interreg. Une autre vraie solution serait aussi de réduire la place du plastique dans le quotidien de chaque citoyen... 

 

Une autre vraie solution serait que les consommateurs boycottent au mieux tout ce qui est plastique. 

 

Musique : Tom Day

De la douceur.

 

 

Paradis fiscaux

Je lis beaucoup d'études sur le sujet depuis quelques temps et c'est effrayant. 

Les effets financiers  sur les pays sont désastreux.

Un système qui vient s'ajouter à d'autres pour accroître toujours plus les inégalités et les difficultés des Etats.

Il faut imaginer qu'il existe des gens, avocats fiscalistes et autres "spécialités" dont la tâche est de trouver les meilleurs moyens pour contourner l'imposition pour des personnes qui sont millionnaires et milliardaires.

Autant il relève de la responsabilité des gouvernements de contrer ces détournements, autant il est pour moi incompréhensible que les personnes possédant de telles sommes puissent se sentir heureux, satisfaits, réjouis de plomber de la sorte les populations car c'est bien sur nous, le "bas peuple" que les effets sont les plus lourds.

 

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INÉGALITÉS ET JUSTICE FISCALE

La bataille des paradis fiscaux

POSTED ON13 DÉCEMBRE 2016

4 MINUTES DE LECTURE

Oxfam révèle son classement des 15 pires paradis fiscaux au monde, auxquels les entreprises ont recours pour échapper à l’impôt. Ces paradis fiscaux alimentent une dangereuse concurrence fiscale qui voit les Etats du monde entier réduire considérablement l’imposition des entreprises pour attirer des investissements privés sur leur territoire.

Les 15 pires paradis fiscaux dans le monde

Des îles paradisiaques, des pays de l’Asie de l’Est et des Etats membres de l’Union européenne figurent parmi les 15 pires paradis fiscaux selon le classement d’Oxfam. Les voici par ordre de nocivité de leurs politiques fiscales : (1) Bermudes (2) Îles Caïmans (3) Pays-Bas (4) Suisse (5) Singapour (6) Irlande (7) Luxembourg (8) Curaçao (9) Hong Kong (10) Chypre (11) Bahamas (12) Jersey (13) Barbade, (14) Maurice et (15) Îles Vierges britanniques. Quatre de ces territoires se trouvent sous la couronne britannique [1].

Oxfam dresse ce classement en s’appuyant sur les politiques fiscales des pays encourageant les formes les plus extrêmes d’évasion fiscale des entreprises. Le rôle des paradis fiscaux n’est pas neutre : ils aident les grandes entreprises à soustraire aux États des milliards de dollars de recettes fiscales par an et soutiennent un système économique dangereusement inégalitaire, compromettant la redistribution des richesses et  empêchant de mettre fin à la pauvreté et aux inégalités.

Il n’est ainsi pas étonnant de voir figurer dans cette liste des pays bien connus pour avoir été au coeœur de scandales d’évasion fiscale qui ont fait la une des médias. Par exemple l’Irlande, qui a accordé à Apple des avantages fiscaux illégaux permettant au géant mondial de l’informatique de payer seulement 0,005 % d’impôts dans le pays. Ou encore le Luxembourg, théâtre du scandale LuxLeaks et des enquêtes de la Commission européenne sur les accords secrets que le pays aurait conclu avec Engie, McDonald’s, Fiat et Amazon.

Une dangereuse course à la concurrence fiscale

Mais ces paradis fiscaux ne sont que la partie visible de l’iceberg. S’ils ont certainement un grande part de responsabilité dans le nivellement vers le bas du taux d’imposition des sociétés, aucun pays n’y échappe. Les États du monde entier réduisent la fiscalité des entreprises dans l’espoir de les attirer sur leur territoire. Le taux moyen d’imposition des sociétés dans les pays du G20 est ainsi passé de 40 % il y a 25 ans à moins de 30 % aujourd’hui. La France aussi n’est pas en reste, car elle vient d’adopter une baisse progressive de son taux d’imposition sur les sociétés, de 33 % à 28 %.

Mais quelles sont les conséquences de cette course vers le bas ? Concrètement, les impôts sur les bénéfices des entreprises génèrent des recettes supplémentaires pour les budgets nationaux qui, lorsqu’elles sont investies dans les services publics tels que l’éducation et la santé, réduisent les inégalités en redistribuant les richesses.

Mais lorsque les États réduisent la charge fiscale des multinationales, pour combler ce manque à gagner, ils peuvent soit réduire les dépenses essentielles et indispensables pour lutter contre les inégalités et la pauvreté, soit augmenter d’autres impôts touchant des tranches moins aisées de la société, comme la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Cette tendance est clairement confirmée par les derniers chiffres de l’impôt dans les pays de l’OCDE, où une baisse de 0,8 % du taux d’imposition sur les sociétés entre 2007 et 2014 a été en partie compensée par une hausse de 1,5 % du taux moyen de TVA entre 2008 et 2015.

Ceux qui paient le prix de cette concurrence irresponsable sont donc les citoyens, en particulier les plus pauvres, avec l’augmentation des impôts sur le revenu des particuliers et la réduction de services essentiels, comme la santé et l’éducation. L’évasion fiscale des multinationales coûte au moins 100 milliards de dollars par an : une somme qui permettrait d’assurer la scolarisation de des 124 millions d’enfants non scolarisés dans le monde…

Pour que les multinationales ne puissent plus se soustraire à leurs obligations vis-à-vis des sociétés au sein desquelles elles génèrent leurs bénéfices, les politiques fiscales internationales doivent changer.  Oxfam appelle notamment les Etats à collaborer pour mettre fin à cette course folle à la concurrence fiscale et à  créer une instance fiscale internationale qui encadre et coordonne une coopération fiscale incluant tous les pays sur un pied d’égalité.

Paradis fiscaux : la France met à jour sa liste noire

 

La France a publié sa nouvelle liste noire des paradis fiscaux. En 2016, sept États y figuraient. Six d'entre eux ont depuis signé une convention fiscale avec la France. 12 autres États ont fait leur entrée sur la liste.

Mis à jour le 07/01/2020 | 21:27
publié le 07/01/2020 | 21:27

 

C'est une liste noire sur laquelle plusieurs territoires viennent de faire leur entrée : les paradis fiscaux pointés du doigt par la France. Ils sont désormais 13. Le Panama est toujours présent. Trinité-et-Tobago, les îles Vierges américaines ou encore Oman figurent parmi les nouveaux venus. Ces pays sont soupçonnés par la France d'abriter des sociétés-écrans par lesquelles transiterait de l'argent en toute discrétion.

"Cette liste fait l'impasse sur les paradis fiscaux les plus notoires"

À d'autres pays, comme les Seychelles ou les Bahamas, la France reproche aussi leur manque de coopération. Mais, pour certaines associations qui luttent contre le blanchiment, la liste française est toujours très incomplète. "En France, on considère qu'un pays est un paradis fiscal juste s'il ne fait pas de coopération fiscale. On ne peut pas simplement juger d'un statut de paradis fiscal juste parce qu'un pays n'échange pas d'informations avec la France. Le problème, c'est que cette liste fait l'impasse sur les paradis fiscaux les plus notoires", déplore Quentin Parrinello, porte-parole d'OXFAM. Pour dissuader les territoires considérés comme paradis fiscaux, la France brandit des sanctions : par exemple, taxer à 75% les échanges financiers avec ces pays.

VIDEO. Justice : "Il n'y a jamais eu d'autant d'argent sale dans les paradis fiscaux", dénonce l'ancien juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke

 

Le magistrat désormais à la retraite incite les États à aller chercher l'argent pour combler le déficit, notamment lié à la crise du Covid-19.

FRANCEINTER / RADIOFRANCE

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franceinfoRadio France

Mis à jour le 05/01/2021 | 12:21
publié le 05/01/2021 | 11:36

 

"Il n'y a jamais eu autant d'argent sale dans les paradis fiscaux", a déclaré mardi 5 janvier  sur France Inter, l'ancien juge d'instruction au pôle financier, Renaud Van Ruymbeke, à l'occasion de la sortie de son livre, Mémoires d'un juge trop indépendant, aux éditions Tallandier.

"On a jamais eu autant, avec le Covid, de déficit. Je dis aux États : 'Mais allez chercher l'argent, il est à vos portes !'", a lancé le magistrat désormais à la retraite, qui a expliqué avoir voulu, avec ses mémoires, "faire passer un message à la jeunesse". "J'ai confiance dans les jeunes pour faire changer complètement le système", a-t-il déclaré.

"Les parquets ont étouffé plein d'affaires"

Interrogé sur les liens entre le pouvoir et la justice, Renaud Van Ruymbeke a estimé que les temps ont changé. "Les parquets ont étouffé plein d'affaires. Depuis l'affaire Elf, la justice a commencé à avoir les mains un peu plus libres. Ça a été achevé du temps de Mme Taubira", a-t-il fait remarquer.

Saluant le rôle de la presse dans les révélations CahuzacFillon, il a estimé que ce n'était pas les juges d'instruction qui donnaient des informations aux journalistes. "Les juges d'instruction observent la presse, le juge d'instruction ne maîtrise pas l'information, c'est informatisé, ça circule", a-t-il expliqué. "Le problème aujourd'hui, c'est que les affaires viennent de plus en plus tard devant le tribunal", a-t-il conclu.

 

À LA UNE

INÉGALITÉS ET JUSTICE FISCALE

Inégalités et pauvreté : en France, les voyants au rouge

POSTED ON25 JANVIER 2021

5 MINUTES DE LECTURE

Pour la première fois de l’Histoire, les inégalités ont augmenté simultanément dans la quasi-totalité des pays du monde en raison de la pandémie de Covid-19 et de ses impacts. La France n’y échappe pas : depuis le début de la crise, des centaines de milliers de personnes tombent dans la pauvreté tandis que la fortune des milliardaires atteint déjà de nouveaux sommets.

Les signaux  de la pauvreté explosent en France

Depuis le début de la crise du Covid-19, les chiffres de la pauvreté s’envolent partout dans le monde. Cette pandémie n’est pas seulement une crise sanitaire, elle est également une crise économique et sociale et ses effets sont destructeurs.

Selon Kristina Georgieva, directrice générale du FMI, « l’impact sera profond (…) avec des inégalités croissances provoquant des bouleversements sociaux et économiques. »

En France, selon les associations caritatives, ce n’est pas moins d’un million de personnes qui auraient basculé dans la pauvreté à cause de la pandémie. Une tendance sans précédent, illustrée par des chiffres alarmants : à l’automne 2020, le nombre de bénéficiaires à l’aide alimentaire était estimé à plus de 8 millions de personnes, alors qu’il se situe autour de 5,5 millions en temps normal. En 2008, on comptait moins de 3 millions de bénéficiaires. Autres signaux forts : le nombre d’allocataires du revenu de solidarité active (RSA) a fortement augmenté depuis le début de la crise sanitaire, tout comme le nombre d’inscrits à Pôle Emploi.

Comme le met en lumière le rapport d’Oxfam « Le virus des inégalités »,  l’évolution de l’épargne des Français-es est également un indicateur important des inégalités qui sont à l’œuvre. Selon une étude du Conseil d’Analyse Economique, les 20% des Français-es les plus pauvres ont vu leur épargne diminuer de près de 2 milliards d’euros pendant le premier confinement, tandis que les 10% les plus riches voyaient leur fortune augmenter de plus de 25 milliards d’euros.

LIRE NOTRE ZOOM FRANCE

Les femmes, les jeunes et les migrant-e-s sont les plus touché-e-s par la crise

Les femmes, grandes oubliées de la pandémie

Si la crise sanitaire a touché le monde entier, les inégalités face à ses impacts sont considérables. Les femmes, déjà en première ligne de l’épidémie, sont aussi les premières impactées par les conséquences économiques de la crise. Sur-représentées dans les métiers les plus précaires et les moins bien rémunérés, elles ont été touchées de plein fouet par la pandémie. Pour les mères célibataires, la situation est d’autant plus préoccupante qu’elles sont plus nombreuses à travailler en temps partiel subi (deux fois plus que les femmes en couple). Les mères isolées sont le type de ménage le plus fréquemment rencontré dans les accueils du Secours Catholique selon leur dernier rapport.

Face à la crise, des jeunes en grandes difficultés

Du côté des jeunes, la situation n’est pas moins alarmante, d’autant que depuis les années 2000 cette catégorie de la population se paupérise. Avant la crise, un jeune sur dix était en situation de précarité.

Travaillant davantage avec des contrats précaires ou sans contrat de travail, les 18-24 ans ont été fortement impactés par les pertes d’emplois liées à la crise et ils passent le plus souvent entre les mailles du filet des mesures de chômage partiel. Une étude de l’Observatoire nationale de la vie étudiante menée après le premier confinement montre que 33% des étudiant-e-s interrogé-e-s ont rencontré des difficultés financières pendant la période et que 23% d’entre eux n’ont pas pu manger à leur faim !

Les migrant-e-s, durement touché-e-s

Les migrants ont été particulièrement exposés au coronavirus. Selon une étude réalisée par Médecins sans frontière en Ile-de-France, une personne sur deux aurait été infectée par le virus en raison, notamment, des conditions de vie favorisant une forte promiscuité. La restriction de l’Aide Médicale d’Etat décidée par le gouvernement un an avant la crise a également participé à la circulation active du Covid-19.

Par ailleurs, pour les exilés sans statut légal en France, le confinement a été synonyme d’arrêt complet de l’activité économique, renforçant la grande précarité de cette partie de la population.

De l’autre côté, des milliardaires français qui ne connaissent pas la crise

En France, des riches toujours plus riches

Alors que de nombreux pans de la population française ont vu leur vie et leur quotidien ébranlés, une autre partie de la population survole la crise. Seulement 9 mois ont suffi aux milliardaires français pour retrouver leur niveau de richesse d’avant la pandémie, tandis qu’au niveau mondial, plus de 10 ans seront nécessaires aux plus pauvres pour se relever selon le rapport d’Oxfam « Le virus des inégalités ».

Ces milliardaires ont même bénéficié d’une reprise exceptionnelle : ils ont ainsi gagné 175 milliards d’euros entre mars et décembre 2020 – soit l’équivalent de deux fois le budget de l’hôpital public -, dépassant leur niveau de richesse d’avant la crise. Comparé aux autres milliardaires dans le monde c’est la 3ème plus forte progression, après les Etats-Unis et la Chine.

Bernard Arnault creuse l’écart

La France compte actuellement 43 milliardaires. Parmi eux : Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH et grand gagnant de la crise. Il fait partie des quatre milliardaires de la planète ayant enregistré les fortes augmentations de leur fortune depuis le début de la pandémie !

Sur l’ensemble de l’année 2020, malgré la crise, la fortune de Bernard Arnault augmente de 44 milliards d’euros soit un bond de 41%. Après le pic de la crise, sa fortune a doublé entre mars et décembre.

La France des inégalités, fruit des choix politiques

Les inégalités ne sont pas une fatalité. Elles sont le résultat de choix politiques, en France et dans le monde entier. Nous avons besoin de mesures d’urgence pour ne laisser personne sur le bord de la route mais aussi besoin de penser un nouveau modèle de long terme, plus juste et plus durable.

Libertés, inégalités, fraternité ? Pour faire bouger les lignes, mobilisez-vous à nos côtés pour dénoncer cette France des inégalités et interpeller le gouvernement.

 

Si un jour...

Si un jour, j'arrête d'écrire sur ce blog, je le clôturerai par cette vidéo.

Krishnamurti.

Je sais à quel point cet homme a été pour moi l'instigateur, le déclencheur, le révélateur. 

J'étais au lycée quand j'ai lu "Se libérer du connu". 

Je pense qu'aucun livre ne m'a autant bouleversé.

Condamnation de l'Etat

 

Clair et net, ça ne changera rien. 

Je l'ai écrit maintes et maintes fois. C'est à nous de changer nos comportements. Comportements envers notre consommation en établissant la liste de nos besoins, et non de nos envies.

Est-ce que j'ai besoin d'aller passer mes vacances à l'autre bout de  la planète en prenant l'avion ? Non, c'est un désir.

Est-ce que j'ai besoin d'aller acheter de nouveaux habits parce que c'est l'époque des soldes ? Non, c'est un désir initié par un formatage social.

Est-ce que j'ai besoin de manger des animaux pour être en bonne santé ? Non, c'est un conditionnement et qui de plus ne contribue aucunement à ce que je sois en bonne santé. Je ne mange plus d'animaux depuis dix ans et cela ne m'empêche aucunement de continuer toutes mes activités physiques et mieux que ça encore, j'ai bien plus d'énergie et d'endurance que lorsque je mangeais de la viande, de la charcuterie, des fruits de mer, du poisson. J'ajouterai que je suis en paix sur un plan moral, spirituel, dans le domaine de ma conscience. 

Est-ce que j'ai besoin d'acheter une nouvelle voiture parce qu'il y a davantage de technologie intégrées ? Non, c'est un désir, une certaine recherche de reconnaissance dès lors que la voiture que j'ai déjà répond à mes besoins de déplacement sans me mettre en danger. On vient de vendre notre petit camping car. Il avait trente ans et les frais qu'il demandait dépassait nos possibilités. De plus, nous avions besoin d'un moteur plus puissant pour nous aider dans le déménagement à venir. Nous en avons donc acheté un plus récent après maintes réflexions et discussions. Et ce fut difficile de nous séparer de ce vieux camion avec lequel nous avons connu de magnifiques virées en France. 

Est-ce que nous avions besoin d'acheter une autre maison ? Oui, car il nous fallait un terrain beaucoup plus grand pour atteindre l'autonomie alimentaire que nous visons. Il nous fallait également un puits pour pallier aux périodes de sécheresse. 

Aujourd'hui, nous étions de sortie, en skis de fond. Notre matériel a plus de dix ans, que ça soit dans le matériel de glisse que dans les habits que nous portons. Est-ce que nous avons besoin des nouveaux produits proposés par les magasins ? Non, aucunement. Ceux que nous avons n'atténue en rien le plaisir que nous éprouvons.

Je comprends parfaitement que des gens pratiquant intensément un sport cherchent à utiliser un matériel performant. Il s'agit aussi parfois d'une question de sécurité. Le freinage des vélos est par exemple un progrès indéniable. la légèreté des skis de randonnée permet de moins se fatiguer et de ne pas dépenser une énergie qu'il convient de préserver dans des situations engagées, les skis de nouvelle génération se conduisent beaucoup mieux que ceux qui ont dix ans et il est clair que dans une pente raide, c'est un facteur de sécurité. 

Je ne réfute aucunement le progrès. Je cherche juste à en saisir la nécessité. Il n'est pas question de me laisser simplement entraîner dans des mouvements de masse ou des fuites consuméristes destinées à cacher ou à atténuer un mal-être existentiel ou à m'offrir un bonheur fugace alors que ces bonheurs ne sont que des pièges. 

Pour en revenir à l'article ci-dessous, je pense que tout ça n'aura aucun effet. La seule chose qui puisse amener un gouvernement à changer de fonctionnement, c'est la population. Notre systéme politique est pyramidal. Les décisions viennent du sommet de l'Etat et c'est à mes yeux une totale aberration. Il faut donc que la population, à la base de la pyramide, en fasse trembler le socle et parvienne à déséquilibrer ce système étatique. 

 

 

"L'affaire du siècle" : qu'est-ce que la condamnation de l'État va changer ?

ÉDITO - Alors que l’État a été condamné parce qu’il ne respecte pas ses engagements pour le climat, il est légitime de se demander si cette sanction peut faire évoluer les mœurs.

OlivierBost_245x300L'Edito Politique Olivier BostITUNES RSS 

 

"L'affaire du siècle" : qu'est-ce que la condamnation de l'État va changer ? 

"L'affaire du siècle" : qu'est-ce que la condamnation de l'État va changer ? 02:48

La page de l'émissionL'Edito Politique - Olivier Bost 

Olivier Bost édité par Quentin Marchal

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PUBLIÉ LE 04/02/2021 À 09:16

Ce mercredi 3 février a été une journée au parfum de victoire pour les défenseurs de l'environnement. L’État a été condamné par le tribunal administratif de Paris parce qu’il ne respecte pas ses engagements pour le climat et pour les écologistes, c’est une victoire avant tout symbolique, alors que plus de deux millions de personnes avaient soutenu cette initiative lancée par des ONG il y a 2 ans.

La justice a estimé que l’État ne faisait rien ou presque rien pour réduire nos émissions à gaz à effet de serre et éviter le réchauffement de la planète. La France ne tient absolument pas ses engagements des accords de Paris, pris en 2015, et le “Make your planet great again” reste un slogan.

D’autre part, le calcul d’un préjudice ne sera pas une mince affaire car le réchauffement de la planète est la faute de toute la planète et pas seulement de la France. Ensuite, cette victoire est avant tout symbolique car l’État, même condamné, généralement, s’en moque éperdument.

L'État est très fort pour inventer le droit, moins pour le respecter

Par le passé, l’État français a déjà été condamné par la justice européenne à cause de la pollution dans l'air et les gouvernements successifs promettent de faire quelque chose sans qu'il ne se passe presque rien. Si l’État français a été condamné, personne n’a jamais eu la moindre réparation pour une maladie respiratoire.

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SOCIÉTÉ

Essonne : à Cerny, un café rural fait de la résistance

Un autre exemple, la France a été condamnée près d’une vingtaine de fois pour les conditions de détention jugées inhumaines dans les prisons et sur ce point là également, rien ne bouge. Enfin, il y a 15 ans, nous avons inventé le droit opposable au logement, qui permet à n'importe qui d'attaquer l'État s’il n’est pas logé dignement.

15 ans après, le bilan est très faible : autant dire que l'État est très fort pour dire le droit et l’inventer mais un peu moins pour le respecter. L'État adore fixer des règles, les politiques adorent se fixer des objectifs mais peuvent ne pas les respecter. Cela remet en cause et décrédibilise les engagements qui sont pris au niveau national, européen et international.

Alors qu'Emmanuel Macron a promis un référendum pour inscrire la préservation de la biodiversité, de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique dans la Constitution, il est légitime de se demander à quoi cela va servir. Sinon nous assurer de futurs procès contre l’État, dans 5, 10 ou 15 ans.

LA RÉDACTION VOUS RECOMMANDE

Le chardon Marie

 

Voilà vers quoi le monde "moderne" doit revenir. Et je dis bien "revenir" car comme l'explique ce spécialiste des plantes sauvages, nous nous sommes détournés de ce que la nature nous prodiguait alors que tout est là , qu'il suffit d'aller marcher avec un couteau et un sac pour se préparer son repas. Juste le bon sens et une autre façon d'appréhenser l'existence.

Pour ceux qui ne connaissent pas, je conseille la lecture de "Walden, la vie dans les bois" d'Henry David Thoreau. Pour comprendre ce que nous avons perdu et ce qu'il nous reste à retrouver. 

Walden ou La vie dans les bois par Thoreau
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LIRE UN EXTRAIT


Michel Onfray (Autre)

EAN : 9782290225448
96 pages
Éditeur : 
J'AI LU (05/02/2020)
   
Existe en édition audio


Note moyenne : 3.9/5 (sur 673 notes)

Résumé :

En 1845, Henry David Thoreau part vivre dans une cabane construite de ses propres mains, au bord de l’étang de Walden, dans le Massachusetts. Là, au fond des bois, il mène pendant deux ans une vie frugale et autarcique, qui lui laisse tout le loisir de méditer sur le sens de l’existence, la société et le rapport des êtres humains à la Nature. Une réflexion sereine qui montre qu’il faut s’abstraire du monde et de ses désirs pour devenir réellement soi-même.
Walden est un monument de l'histoire littéraire américaine à l'immense postérité.

 

 

Franck Bouysse : "Grossir le ciel"

 

Lu en deux soirs. Une claque. 

Une écriture magnifique, une histoire qui accroche, qui ne vous laisse pas tranquille.

Il faut absolument connaître la suite. 

Un talent immense. 

Grossir le Ciel par Bouysse

SNCF du Polar - 2017


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LIRE UN EXTRAIT

EAN : 9782358870788
240 pages
Éditeur : 
LA MANUFACTURE DE LIVRES (09/10/2014)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 1022 notes)

Résumé :

Les Doges, un lieu-dit au fin fond des Cévennes. C’est là qu’habite Gus, un paysan entre deux âges solitaire et taiseux. Ses journées : les champs, les vaches, le bois, les réparations. Des travaux ardus, rythmés par les conditions météorologiques. La compagnie de son chien, Mars, comme seul réconfort. C’est aussi le quotidien d’Abel, voisin dont la ferme est éloignée de quelques mètres, devenu ami un peu par défaut, pour les bras et pour les verres.
Un jour, l’abbé Pierre disparaît, et tout bascule : Abel change, des événements inhabituels se produisent, des visites inopportunes se répètent.
Un suspense rural surprenant, riche et rare.

rabanne   14 janvier 2017

★★★★★

★★★★★

Tout d'abord, je remercie canel et Eric76 de m'avoir fait découvrir ce roman et cet auteur.
Quelle claque !! J'en reste toute abasourdie...

Ce livre n'est pas qu'un simple polar-fiction, c'est certes noir, mais un roman également sociologique et profondément psychologique.
Un huis-clos en pleine campagne cévenole, entre neige et brouillard, solitude et labeur, routine et silence, solidarité et méfiance, rudesse et simplicité, angoisse et soupçons...

Une plume saisissante de réalisme et de poésie (jours qui passent, actes quotidiens, paysages), qui raconte la fierté d'hommes blessés, la solitude préférable au chaos du monde, une relation entravée par un secret de famille et de terribles traumatismes.
Époustouflant. Magistral.

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Eric76Eric76   08 janvier 2017

★★★★★

★★★★★

« le diable, il habite pas les enfers, c'est au paradis qu'il habite. »
Une phrase lourde de sens, lancée à la cantonade par le vieil Abel et qui a fortement impressionné le pauvre Gus. Une phrase prémonitoire, annonciatrice du drame futur qui pulvérisera les deux hommes.
Gus et Abel ! Deux paysans viscéralement attachés à leur terre dans ce coin paumé des Cévennes, au lieu-dit appelé Les Doges. Une terre pourtant ingrate, à peine arable. Deux paysans de ces temps révolus que j'ai vaguement côtoyé quand, tout gosse, je passais mes vacances à la campagne chez ma grand-mère. Deux reliques du passé. Deux lignées qui bientôt s'éteindront pour venir 
grossir le ciel. Deux brutes. Deux taiseux.
Leurs fermes sont mitoyennes : ils ont choisi de s'entraider, de mélanger leur solitude. Ils enfilent leurs journées les unes à la suite des autres, « comme des perles à un collier, la précédente ressemblant à la suivante. » de temps à autre, ils boivent ensemble un bon coup de rouge, aussi âpre, rustique et rugueux qu'eux, mais qui malgré tout parvient à délicieusement engourdir.
La vie a toujours été ingrate avec Gus. C'est « Un poisson qui nage à contre-courant depuis sa naissance ». Ses parents, allez savoir pourquoi, le haïssaient ! Quand il était môme, Gus faisait partie des faibles. Les autres en profitaient pour lui enfoncer la tête. Nabochodinosaure était son surnom. Il n'y avait guère que sa Mémé qui avait de l'affection pour lui. Mais quand elle est partie…
Gus n'a pour lui que ces quelques arpents de terre auxquels il tient comme à la prunelle de ses yeux. Sa vie, il la passe avec Mars, son chien, son fidèle compagnon. Et puis, il y a le vieil Abel ! Mais peut-on se faire un ami de cet homme tout environné d'ombres et de mystères ?
Ce drame que sentait Gus flotter dans les airs eut lieu le jour de la mort de l'
Abbé Pierre. C'était l'hiver et un froid rude venait de s'abattre sur les Doges. Face à cette tragédie, Gus et Abel eurent bien quelques velléités de révolte, mais la volonté des hommes ne pèse pas lourd devant leur destin en marche, et c'est bravement que tous deux se sont enfoncés dans la nuit.
Le silence lourd et angoissant des champs, la monotonie du quotidien, les gestes infiniment répétés, la télé qui grésille… Et les mauvais souvenirs qui surgissent au crépuscule sans prendre garde comme « des vols de corneilles sorties du brouillard ». Les femmes enfuies à jamais, mais qui demeurent omniprésentes dans la tête des reclus. le museau humide du chien qui se pose avec affection sur la cuisse de son maître, et le palais de l'homme qui claque après avoir avalé un bon coup de rouge…
Un livre inspiré, d'une noirceur sidérale qui parle avec tendresse de Gus et d'Abel, deux hommes rudes, tordus par la terre… Deux survivants du passé qui vont rejoindre ces fantômes qui rôdaient tout autour d'eux.


 

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Cricri124Cricri124   16 octobre 2016

★★★★★

★★★★★

Quel livre mes amis, quel livre ! Un livre sombre, poignant, envoutant, servi par une écriture poétique d'une simplicité brute et vertigineuse, qui vous laisse le souffle court, comme si vous vous teniez au bord d'un précipice surplombant un panorama grandiose. Ha! Je suis complètement sous le charme.

Roman rural, roman noir, roman d'ambiance, ce livre vient incontestablement de rentrer dans le top 10 - peut être même top 5 - des plus beaux livres que j'ai lus cette année. Une fois n'est pas coutume, je ne mettrai en avant que le positif. Je vous l'ai dit, je suis sous le charme !

"Gus vivait ici, depuis plus de cinquante hivers. C'était en décembre que ce pays l'avait pris et que sa mère l'avait craché sur des draps durs et épais comme des planches de châtaignier "

"Ici", c'est un lieu-dit isolé constitué de 2 fermes enclavées dans les grands espaces austères et somptueux des Hautes Cévennes, non loin de Pont-de-Montvert. "Ici" l'hiver a enroulé son blanc et froid manteau autour d'une nature majestueuse et intransigeante, posée sur de la roche. "Ici", c'est l'homme qui s'adapte à la nature et non l'inverse. "Ici" c'est le labeur, le soin des bêtes, les travaux de la ferme et le temps qui rythment la vie. "Ici", le superflu n'a pas sa place et on se contente de ce qu'on a.

"Il faut croire que, tant qu'on n'a pas goûté à mieux que ce qu'on a sous la main, on se trouve des raisons d'apprécier sa pitance, peut-être même de ne pas du tout en chercher d'autre."

Personnellement, je ne connais pas du tout les Cévennes. Mais depuis la lecture de ce livre, je suis gagnée par une furieuse envie d'aller y trainer mes guêtres. Mais je m'égare... Revenons à l'histoire. le temps semble s'être figé sur cette partie du monde. Tant au niveau de la technologie, assez ancestrale, qu'au niveau du rythme, très lent, comme assourdi. L'auteur prend le temps de poser son histoire. Il nous plonge avec moult détails dans le quotidien de Gus et de son chien Mars. Certaines scènes sont décrites avec tant de détails anodins qu'elles se vivent quasiment en temps réel, créant une sorte d'inertie et renforçant cette impression d'immobilisme. Pourtant, des éléments inhabituels vont perturber la routine de Gus, l'obliger à se questionner, et faire ressurgir petit à petit un passé amer, à l'odeur soufrée de secrets enterrés.

"Gus pensait que c'était décidément une drôle de journée, avec tous ces souvenirs qui s'amenaient, comme des vols de corneilles sorties du brouillard. Des souvenirs dont on ne sait jamais où ils mènent, ni même si ça fait du bien de les avoir, mais qui ressurgissent et s'imposent, sans crier gare"

Gus entretient avec son voisin Abel (la deuxième ferme donc) des relations amicales frontales et sans fioritures. Des relations nécessaires, basées sur l'entraide où ils mêlent parfois leur solitude autour d'un coup de pinard. Les 2 hommes sont des solitaires, frustres, 2 taiseux, presqu'asociaux. Chargés d'un passé lourd. Des caractères forts qui font corps avec la nature, et dont la carapace rugueuse suinte pourtant de beaucoup d'humanité. Les dialogues sont peu nombreux mais percutants, en quelque sorte adaptés à la rudesse de la vie. Il y a dans leurs rapports comme un cycle immuable qui converge vers un épicentre. Les événements inhabituels auxquels Gus est confronté vont tendre leurs rapports. Il ne se passe à priori rien, mais une atmosphère d'éclipse solaire s'installe insidieusement : pesante, sourde, inquiétante, gravée dans la solitude et le silence, un climat de défiance et terre remuée. Car ce livre est aussi et surtout un livre d'ambiance.

"Désormais le soleil crachait ses rayons sur les arbres déplumés, qui ressemblaient à des arêtes de gros poissons sans chair dans un charnier à marée basse."

On dit qu'il y a des écritures plus musicales et d'autres plus picturales. Celle-ci se déploie comme un tableau avec de puissants effets de ténébrisme et des lignes brisées expressionnistes. C'est d'un noir lumineux. Certes, dur et âpre, mais intense. C'est mon ressenti en tout cas. Et un grand moment de lecture.

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marina53marina53   18 février 2016

★★★★★

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Deux fermes éloignées de quelques centaines de mètres dans ce coin paumé des Cévennes. Au lieu-dit appelé Les Doges. Autour, des grands espaces, des montagnes, des forêts et des prairies. Recouverts de neige une bonne partie de l'année. C'est ici que vivent Gus et son chien, Mars, et Abel. Deux paysans isolés des hommes. Qui s'occupent de la terre et élèvent quelques vaches et veaux. Ils ne demandent rien à personne, vivent et se contentent de peu. Ils se rendent de menus services, à l'occasion, mélangent leurs solitudes en buvant un coup, chez l'un ou chez l'autre. Mais se connaissent très peu finalement, bien qu'ils soient voisins depuis toujours. En ce jour du décès de l'abbé Pierre, la vie de chacun va brutalement être chamboulée...

Franck Bouysse nous plonge au coeur de ces espaces sans fin. Dans les Cévennes, loin de tout, l'on fait ainsi la connaissance de Gus et son chien Mars, et Abel. Deux taiseux qui ne parlent pas pour ne rien dire. Deux âmes solitaires, un lourd passé et des secrets familiaux qui semblent peser. L'auteur dévoile peu à peu la vie de Gus, un homme confronté à la rudesse de la vie, une vie rythmée par le temps et les bêtes. Il prend son temps et s'attarde sur de menus détails de la vie quotidienne et décrit avec précision la nature environnante, les silences et la solitude. L'écriture, élégante, d'une incroyable justesse et précision, sert à merveille ce récit aux personnages forts et complexes. Les dialogues, si rares, sont savoureux et percutants. Ce roman, inquiétant, sauvage, âpre et profondément sombre, est un véritable hymne à la nature, froide et minérale, et aux hommes.

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CannetilleCannetille   07 novembre 2019

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Gus, la cinquantaine, a passé sa vie à trimer pour maintenir seul l'activité de sa ferme, isolée aux marges d'un village perdu des Cévennes. Grand solitaire, il ne fréquente guère que son voisin Abel, septuagénaire, lui aussi seul à la tête de son exploitation agricole, avec qui il échange coups de mains et coups de rouge. L'immuable quotidien des deux hommes va soudain connaître d'indésirables et inquiétantes perturbations, au fil d'événements et de visites qui vont bientôt tout faire basculer.


Franck Bouysse est une valeur sûre, dont je ne me lasse décidément pas. Sa marque de fabrique, c'est d'abord une histoire noire et terrible, aux personnages farouches et taiseux, cabossés par la vie et les épreuves, vivant dans un décor de nature aussi âpre que somptueux. C'est aussi le plaisir de la langue et du juste choix des mots, au fil de dialogues saisissants de vérité et d'images admirablement restituées.


Grossir le ciel réunit tous ces ingrédients pour nous surprendre une nouvelle fois : tout de suite intrigant et installant une tension qui ne fera que croître dans un enchaînement que rien ne laissait présager, ce récit au réalisme époustouflant nous entraîne aux côtés de personnages campés avec une grande finesse d'observation et d'analyse psychologique, dans un huis-clos rural angoissant où méfiance et soupçons s'exacerbent jusqu'à l'implosion.


L'écriture est quand à elle impressionnante de maîtrise, sobre, juste, magnifique. Alors, quand la puissance du style rejoint celle de l'histoire et de ses personnages, cela ne peut résulter qu'en un moment fort et incontournable, un immense coup de coeur.

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iris29iris29   10 mai 2017

★★★★★

★★★★★

Au commencement , il y a eu les formidables critiques unanimes de mes amis Babélio, puis il y a eu cette couverture âpre et boueuse , digne d'un tableau de Morandi, et je ne regrette rien ...
Un roman noir rural et lancinant ,formidablement bien écrit ...
Gus, la cinquantaine taiseuse vit dans une ferme au fin fond des Cevennes , son plus proche voisin , le vieux Abel, est tout aussi solitaire . De menus travaux en soins pour les bêtes , ils partagent des fois leur quotidien s'aidant mutuellement et buvant un coup aussi parfois pour tenir, dans ce morne futur . La vie aurait pu s'écouler tranquillement s'il n'y avait eu tout un tas de signes bizarres : des coups de feu, des visiteurs, le comportement d'Abel , un chien terrorisé ...
Oui, jusqu'au jour où tout bascule , et là il est capital de rappeler que tout a commencé avec la mort de l'Abbé Pierre annoncé au JT du soir ...

Franck Bouysse réussit a créer une ambiance ultra forte , un roman noir et rural au suspens poétique et silencieux . Il y a un petit quelque chose de Pagnol , aussi dans ces lignes ...
Des amis qui ont bon goût , un auteur à suivre et "Grossir" ta PAL ....

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CrossroadsCrossroads   08 février 2016

★★★★★

★★★★★

Tu aimes les livres de gladiateur ?
Dommaaaaaage.
Encore que.
Entre ces deux taiseux aussi rudes que les hivers cévenols, la rivalité larvée qui les oppose pourrait bien faire figure de combat épique.

Gus et Abel.
Deux fermes distantes de quelques centaines de mètres.
Pas franchement amis mais pas en mauvais termes non plus.
Des rapports de bon voisinage, voilà ce qui les anime. Fête des voisins, connait pas.
Partager quelques verres, s'entraider à l'occasion. Ils semblent avoir trouvé leur équilibre.
De toute façon, Gus et son chien, Mars, paraissent autosuffisants, dans les bons jours.
Mais ça, c'était avant. Avant que ce dernier, lors d'une balade hivernale, ne perçoive une détonation localisée du côté de chez Abel. Un événement des plus anodins, a priori...

Je découvre Bouysse et je lui claque 5 étoiles direct !
Le gars fait dans le nature writing mâtiné de western rural.
Il vous pose une ambiance aussi plombante et électrique qu'un ciel d'orage, toujours sur la corde raide, jouant avec le lecteur comme avec ses deux protagonistes.
En véritable funambule de la plume, Bouysse vous fait toucher du doigt un abîme de souffrance inéluctable pour se rattraper in extrémis puis remiser régulièrement la chose quelques pages plus tard.
De sous-entendus en non-dits, la tension monte au rythme de votre palpitant au bord de l'implosion.

Grossir le ciel est de ces bouquins marquants impossible à lâcher et ils sont peu nombreux à pouvoir y prétendre.

Magistral !

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Annette55Annette55   19 octobre 2019

★★★★★

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Je ne remercierai jamais assez les ami(e)s de Babelio de m'avoir fait découvrir ce livre .
Je comprends pourquoi j'ai attendu si longtemps le prêt de ma médiathèque.
Me voici tétanisée , scotchée , étourdie par la force de cet ouvrage .

Au coeur des Cévennes , terre protestante , pays de huguenots qui avaient combattu autrefois pour leur liberté , loin de tout, vit Gus, un fermier qui n'a plus vraiment de famille , à part Abel, son voisin et son chien Mars auquel il est très attaché ....

Et commence un huit- clos, sombre, poignant, envoûtant , servi par une écriture magistrale, à la fois simple et brute, véritable hymne à la nature et aux hommes dans ce pays de taiseux, aux journées linéaires et monotones rythmées par les Bêtes et le Temps , cette nature majestueuse , froide, âpre , silencieuse , sournoise , rude, en sourdine, mais à l'affût...


Roman terrien, rural, noir, fulgurant, suspense, solitude, mystères, colères et silences lourds, coups de gnole et coups de fourche , secrets de famille enfouis , secret de naissance , non- dits, et sous entendus, neige, traces et froid dehors et dans les coeurs , rafales glacées et « suceur de Bible », odeur de sang, tension extrême, Abbé Pierre , je n'aurai pas de mots assez forts pour qualifier cette oeuvre : véritable bombe à retardement ...

Magistral, Unique , quel talent !
Un western rural si j'ose dire , même si c'est un peu exagéré !!



 

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LadybirdyLadybirdy   20 octobre 2018

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Grossir le ciel c'est une flopée de critiques positives dans lesquelles je me suis plongée avec délectation ! Amis Babelio, que de finesse et d'intelligence dans vos analyses. J'imagine sans souci un cocktail de toutes ces critiques pour une apogée littéraire sans aucun doute !

Grossir le ciel c'est donc tout un univers perdu dans la campagne, c'est un ciel affamé qui attend à force de solitude, de secrets, de mystère, de rancoeurs de grossir son ventre encore et encore. Projetant neige et froid en bas, le ciel se délecte de ces deux paysans que sont Abel et Gus. le ciel attend avec patience qu'ils se consument ces deux-là. On les entend les dieux là-haut les regarder ces fermiers rustres, noirs, isolés de tout, de tous, labourant leur terre, sifflant à l'haleine pleine de rouge, se jugeant, se méfiant, se chercher. Mais Abel et Gus n'entendent pas les signes, les présages, ils n'écoutent qu'eux. Même les suceurs de bible qui frappent à leur porte peuvent aller prêcher la bonne parole ailleurs.

Quelques pages ont suffi à me plonger dans le froid de ces deux fermes isolées.
Je n'ai pu résister à faire un parallélisme avec le roman de Marcel 
Adamek « Le maître des jardins noirs » qui reprend ce thème de la campagne tortueuse. Si vous ne l'avez jamais lu, je vous le conseille.
Si 
Franck Bouysse s'attarde davantage sur l'isoloir des deux agriculteurs dans leurs aspects bruts, Adamek utilise la nature pour dépeindre l'âme humaine en désuétude et le noir se condense dans les mains de celui qui jette la première pierre.

Grossir le ciel, un roman noir, déstabilisant, oppressant que je referme en fixant mes yeux sur le ciel au-dessus de moi qui est aussi bleu que la mer des Antilles avec ce soleil qui tombe sans le faire exprès. Et c'est très bien ainsi.

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Inondations et zones humides

Un sujet d'actualité.

C'est le bon sens et le respect de l'équilibre naturel qui n'est plus d'actualité depuis longtemps.

Quand j'étais gamin, que je vivais en Bretagne, près des immeubles où nous habitions, il y avait une forêt avec un très vaste zone humide. Remplie d'animaux et de plantes sauvages, des marais où j'aimais passer des journées entières. 

Année après année, je l'ai vu se réduire, remplacée par des zones commerciales et des lotissements.

Aujourd'hui, il n'en reste plus rien.

Et régulièrement, je l'ai appris il y a quelques années, cette zone urbanisée est inondée.

Il en est de même dans de très nombreux endroits en France. 

La démographie et l'urbanisation. Un cocktail explosif. 

 

Crues : multiplier les zones humides permet de limiter les inondations

 

https://mobile.francetvinfo.fr/replay-radio/le-billet-vert/crues-multiplier-les-zones-humides-permet-de-limiter-les-inondations_4263453.html

Par Anne-Laure Barral – Radio France

Mis à jour le 03/02/2021 | 06:25 – publié le 02/02/2021 | 11:53

De plus en plus de communes choisissent de préserver leurs marais pour se protéger des inondations, plutôt que de construire des digues, plus coûteuses à entretenir.

Ce mardi 2 février, 19 départements français sont en alerte face aux crues et de nombreux cours d'eau sortent de leur lit. Ces phénomènes se répètent ces derniers temps, en raison des intempéries, dans les Landes, les Alpes-Maritimes et plus récemment en Corrèze. Et ils risquent d'être de plus en plus fréquents en raison du réchauffement climatique car, si les étés sont plus chauds et plus secs, les hivers sont quant à eux plus doux et plus humides, donc les cours d'eau descendent à la fois très bas et peuvent reprendre parfois leur lit majeur. Alors, pour prévenir les crues et limiter les inondations, le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) travaille avec plusieurs dizaines de communes pour rendre aux cours d'eau des zones humides ou des possibilités de s'étaler. 

Près de trois quarts de zones humides perdues depuis les années 60

La commune de la Teste de Buch en Gironde a choisi de remettre en eau ses prés salés, au gré des marées, ce qui lui permet de stocker 37 000 m³ d’eau et ainsi de faire tampon en cas d’inondation. Même décision au cœur du pays de Montbéliard, où la réhabilitation de la zone des Jonchets, une zone humide au croisement de plusieurs cours d'eau, permet de stocker 17 000 m³ d'eaux pluviales. Cela n'empêche pas totalement les inondations mais cela permet de limiter leur intensité et leur fréquence, et d'éviter l'inondation de caves ou les routes coupées en cas de crue décennale. 

C'est une sorte de retour à une organisation du passé.

La France a perdu 70% de ses zones humides depuis les années 60 et le monde entier, 90%.

Elles ont été drainées, asséchées pour en faire des champs ou pour construire des lotissements et des routes.

Aujourd'hui, on fait machine arrière.

Dans le parc national des Everglades, en Floride, aux États-Unis, certains tronçons d’autoroute ont été construits sur pilotis pour se préserver des inondations et laisser les marais s’écouler librement. Les autorités commencent à se rendre compte que restaurer une zone humide coûte moins chère qu’entretenir une digue. Aujourd’hui, les aménagements de petits parcs, de petit bassin le long de la vallée de la Bièvre en Essonne, préservent les villages des inondations. Dans cette zone, la dernière grande crue date de 1982.

De fait, ces zones sont des éponges : elles absorbent l’eau quand il y en a trop et nous la restitue en cas de sécheresse.

En plus, quand il fait chaud, elles rafraîchissent l’air et limitent le bruit en ville.

Selon une étude publiée dans Science, faite par des géographes belges et américains, en retenant le sable et les limons des rivières, les zones humides permettent ainsi d’élever le sol et de protéger les littoraux de la montée du niveau de la mer. Elles captent du CO2 avec leurs algues et leurs roseaux, elles filtrent les polluants avant qu'ils ne descendent dans nos nappes phréatiques, elles préservent, certes des moustiques, mais aussi des espèces animales.

Pourtant, elles sont assez mal aimées.

On se mobilise beaucoup plus pour nos forêts qui brûlent que pour nos zones humides qui s’assèchent, alors qu'elles disparaissent trois fois plus vite que les massifs forestiers.

 

 

 

Une sortie positive de la crise

 

Audrey Tcherkoff, présidente exécutive de l’Institut de l’Economie Positive, était l\'invitée de franceinfo du mercredi 3 février.

Audrey Tcherkoff, présidente exécutive de l’Institut de l’Economie Positive, était l'invitée de franceinfo du mercredi 3 février. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

De nombreux décideurs économiques et politiques expriment leur préoccupation face à l’accroissement des inégalités. Entre volonté de régler la question et peur d’une explosion sociale, où sont les vraies solutions, sont-elles réellement applicables ? Audrey Tcherkoff, présidente exécutive de l’Institut de l’Économie Positive, est l’auteure du Manuel pour une sortie positive de la crise, aux éditions Fayard, et l'invitée éco de franceinfo mercredi 3 février.

franceinfo : Les réflexions en cours sur la manière de réduire les inégalités vous semblent-elles être sur la bonne voie ?

Audrey Tcherkoff : On est très très loin de ce qui devrait être fait. On pourrait imaginer que l’échéance de l’élection présidentielle de 2022 soit vraiment un moment de rupture et que chaque candidat présente un programme dirigé vers les générations futures.

Vous avez mené une enquête en France et dans l’ensemble des pays du G20. Y voit-on plus clair sur la manière dont les pays comptent sortir de la crise ?

On y voit surtout les intentions des citoyens. Le constat est sans appel : ils sont 96% à demander un changement radical à l’issue de cette crise. Les personnes interrogées sont plus enclines aujourd’hui à donner du temps pour s’occuper des autres, à donner du sens à leur action personnelle, voire gagner moins d’argent pour contribuer à une vraie rupture.

Est-ce que les acteurs de l’économie sociale et solidaire vont prendre le relais après la crise ?

On n'a pas de choix. On voit bien que sur le plan environnemental et social, si on veut que les choses se terminent bien dans la rue, il faut passer par une économie résolument positive, tournée vers les générations futures. Très concrètement, il faut revoir les processus de décisions et je pense que la société civile a un vrai rôle à jouer en donnant des injonctions et en pesant vraiment sur les décisions des leaders économiques et politiques.

Faut-il une gouvernance mondiale pour gérer la sortie de crise ?

La défiance des citoyens par rapport aux organisations internationales est là aujourd’hui. L’une des préconisations que nous avons présentée à l’ensemble des chefs d’État du G20 est la création d’un Haut Conseil de la Résilience qui viendrait renforcer cette coopération internationale, avec plus de transparence vis-à-vis de la société civile.

 

Non, personnellement, je ne crois aucunement qu'une autre instance, un haut conseil ou une autre invention de la sorte puisse changer quoi que ce soit.

Les résistances politiques et économiques, financières et tout autant que les résistances des égos des politiciens et leurs intérêts personnels seront définitivement des blocages majeurs. 

Il n'y a qu'une chose qui puisse nous tourner vers une sortie de crise posibitve : c'est nous, le peuple, chaque individu dans nos propres actes. 

Combien de temps ça va tenir ?

Le décalage est trop grand.

Les douleurs sont trop fortes. 

La rage ne peut que grossir. 

On a regardé le film "Joker" il y a quelques jours.

Il est tout à fait possible qu'un jour, cette guerre civile "pauvres-riches" éclate. C'est un des risques parmi bien d'autres. Je dirais volontiers que ce risque-là, je l'attends avec une certaine impatience.

 

La fortune des milliardaires atteint des records avec la pandémie de Covid-19

https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/la-fortune-des-milliardaires-atteint-des-records-avec-la-pandemie-de-covid-19-1252555

La fortune des « super-riches » a enregistré une hausse de plus d'un quart au plus fort de la crise, en avril, pour s'établir à 10.200 milliards de dollars. Les patrons de sociétés technologiques ou innovantes comme Jeff Bezos ou Elon Musk ont considérablement augmenté leur richesse.

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Enjeux internationaux

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La fortune du fondateur de Tesla, Elon Musk, a bondi de 76 à 103 milliards de dollars. (Paul Hennessy/SOPA Imag/SIPA)

Par Les Echos

Publié le 7 oct. 2020 à 10:05Mis à jour le 7 oct. 2020 à 11:34

Distanciation sociale, télétravail, fin des grands rassemblements… temporairement ou non, la crise sanitaire a transformé notre monde. Mais certaines données ne changent pas : les très riches restent très riches. Selon une étude d'UBS, la fortune des milliardaires « se porte merveilleusement bien », après une hausse de plus d'un quart à quelque 10.200 milliards de dollars, entre avril et juillet - au plus fort de la crise.

Selon la banque suisse, les milliardaires ont notamment profité des paris sur la reprise des marchés boursiers, alors que ceux-ci étaient à leur plus bas niveau au moment du confinement - entre mars et avril. La fortune des milliardaires bat ainsi le record établi en 2017, année de reprise économique, où elle avait atteint 8.900 milliards de dollars. Le nombre de milliardaires est, lui, passé de 2.158 en 2017 à 2.189 en 2020.

La concentration des richesses au plus haut

Selon Josef Stadler, responsable du département Global family office d'UBS, les super-riches ont acheté plus d'actions de sociétés lorsque les marchés boursiers du monde entier s'effondraient. Le rebond engendré par la reprise des activités économiques a également permis à certaines entreprises technologiques, souvent détenues par des milliardaires, de fortement augmenter.

« La concentration des richesses est aussi élevée qu'en 1905 », dit Stadler, dans le quotidien britannique « The Guardian » . ​Les super-riches dans le monde détiennent ainsi la plus grande concentration de richesses depuis l'âge d'or des Etats-Unis à l'aube du XXe siècle, lorsque des familles telles que les Carnegies, les Rockefeller et les Vanderbilt contrôlaient de vastes fortunes.

Dynamisme du secteur Tech

Dans le même temps, la pandémie a accéléré la division croissante de la richesse entre les entrepreneurs innovants investissant principalement dans la technologie, la santé et les produits industriels, et d'autres hommes d'affaires agissant dans des secteurs moins dynamiques comme l'immobilier, le divertissement et les services financiers. A la différence du magazine « Forbes », UBS n'établit pas de classement de la richesse mondiale. Cependant, il est possible de citer en exemple le premier des super-riches, Jeff Bezos, patron d'Amazon, ayant augmenté sa fortune de 74 milliards de dollars cette année. Pour sa part, le fondateur de Tesla, Elon Musk, a augmenté sa fortune cette année de 76 à 103 milliards de dollars.

Le coronavirus a fait bondir la fortune des leaders de la tech

CQFD - La Fondation Gates en cinq questions

Selon UBS, les milliardaires ont ainsi augmenté leurs dons pour aider à lutter contre Covid-19 et à l'impact financier du confinement. « Notre étude a identifié 209 milliardaires ayant publiquement engagé un montant équivalent à 7,2 milliards de dollars de mars à juin 2020 », indique le rapport. Plus de la moitié des dons viennent des Etats-Unis.

 

Après un an de crise du Covid-19, l'assurance chômage au bord du gouffre en Italie

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/apres-un-an-de-crise-du-covid-19-l-assurance-chomage-au-bord-du-gouffre-en-italie_4278629.html

Le système d'assurance chômage a du mal à faire face à l'augmentation des demandes. Les indemnités prennent parfois plusieurs mois à être versées.

Article rédigé par

édité par Cyrille Ardaud - Bruce de Galzain

Radio France

Publié le 01/02/2021 07:25Mis à jour le 01/02/2021 07:25

 Temps de lecture : 2 min.

Le site internet de l'Inps, l'organisme italien qui verse l'allocation chômage, inaccessible. (ANDREA RONCHINI, RONCHINI / NURPHOTO)

Le site internet de l'Inps, l'organisme italien qui verse l'allocation chômage, inaccessible. (ANDREA RONCHINI, RONCHINI / NURPHOTO)

"En théorie j'aurais dû toucher le chômage. Mais entre mars et septembre, je n'ai rien eu !" À Rome, sur le Campo dei fiori, les vendeurs de fleurs et de fruits sont de retour, mais les restaurants restent fermés. Barbara, 25 ans, est employée depuis septembre dans un magasin récemment reconverti dans la vente de masques. Mais pendant plusieurs mois, elle était au chômage, sans le sou.

En Italie, près d'un an après le début de la pandémie, la situation politique et économique devient inquiétante. Sur le front du chômage, d'importants retards sont constatés dans le versement des indemnités. Ils peuvent prendre plusieurs mois.

Des employeurs obligés d'avancer l'allocation chômage

"J'ai vécu sur mes économies et j'ai fait ce que j'ai pu, explique Barbara, ma famille m'a aidée, et puis j'ai reçu toutes mes indemnités en novembre. J'étais pourtant en règle depuis le début, mais j'ai dû attendre l'Inps."

L'Inps, c'est en quelque sorte le Pôle emploi italien, l'organisme chargé de verser les allocations chômage. Mais parfois, ce sont les employeurs qui doivent avancer l'argent. Dans le Trastevere, Paola Manco tient une pizzeria qui ne peut plus faire que de la vente à emporter.

Elle a six employés qu'elle a payés de sa poche lors du premier confinement : "Heureusement on a pu aider nos employés, on leur a avancé le chômage entre mars et mai. Ensuite, toutes les indemnités sont arrivées en même temps. C'était un peu compliqué à gérer, mais maintenant le système est quand même devenu plus fluide."

Des milliers d'indemnités en attente

Sauf que les retards continuent de s'accumuler, selon les propres chiffres de l'Inps. Guglielmo Loy est syndicaliste, il est le président du conseil de vigilance de l'organisme : "Il y a encore plus de 100 000 demandes d'allocations en attente. Il faut en moyenne deux à trois mois pour obtenir les indemnités, mais certains peuvent attendre jusqu'à quatre ou cinq mois..."

"Ce sont des gens qui n'ont pas d'autres revenus pour vivre, qui ne peuvent pas se permettre d'attendre. Je pense qu'il faut des mesures administratives urgentes pour répondre à ces problématiques !"

Guglielmo Loy, président du conseil de vigilance de l'Inps 

à franceinfo

Dans ces 100 000 demandes en attente, il peut parfois y avoir plusieurs salariés regroupés. Cela pourrait donc représenter plusieurs centaines de milliers d'indemnités. Selon la Banque d'Italie, les salariés au chômage ont perdu en moyenne 27% de revenus l'an dernier. Le gouvernement a pour l'instant interdit les licenciements en Italie.

 

 

Mon désert des Tartares

J'avais repris cette idée dans la trilogie en cours. Et puis est venu l'idée qu'il était bien plus important de la réaliser intégralement au lieu de l'écrire. 

Je n'écris plus.

C'est là, dans mon ordinateur, dans un coin de ma tête. 

Le jour où tout ce qu'il faut réaliser maintenant sera achevé, je reprendrai la plume. Peut-être. Si je suis toujours de ce monde. 

 

TOUS, SAUF ELLE

L’arrivée à la ferme. Tout était là, gravé dans sa mémoire. De ces instants de vie qui se logent au plus profond des fibres. Elle pouvait en revivre chaque minute comme un film qui tourne en boucle. Comme un instant présent dans un passé ineffaçable.

Le véhicule avait franchi le seuil d’un plateau. Un horizon découvert jusqu’à la lisière d’une forêt dense. Au-dessus d'eux s'érigeait la chaîne immense de la Chartreuse, une barrière minérale, un labyrinthe de couloirs et de sangles, ces vires horizontales qui courent à différentes hauteurs, des chemins ancestraux pour les animaux, des terrains d'aventure inépuisables pour les marcheurs expérimentés. Elle avait balayé l'immensité verticale en s'imaginant là-haut. Des frissons de bonheur.

À quelques centaines de mètres, droit devant, elle aperçut enfin les bâtiments.

Un pré encadré de bois, deux blocs rocheux monumentaux, cinq ou six mètres de haut, posés comme des sentinelles, une longue ceinture de barrières horizontales clouées sur des pieux massifs enserrant le terrain sans qu’elle n’en distingue intégralement l’étendue.

Elle scruta le corps de ferme. Elle y vit comme un fortin et ne parvint pas clairement à identifier une raison précise. Elle ressentit un ensemble énergétique, une aura qui semblait envelopper l'espace.

Elle entrait dans un lieu particulier et elle aima la chaleur le long de sa colonne.

Théo arrêta le véhicule devant une barrière métallique posée sur deux poteaux en acier blanc. Il prit une clé dans le vide-poche et descendit. Il ouvrit un cadenas pour libérer une lourde chaîne puis il souleva le long tube fixé à un pivot. Il déposa la barre, reprit le volant et avança de quelques mètres.

Il s’arrêta de nouveau et referma l’entrée.

Elle pensa au franchissement d’un pont-levis.

Il roula jusqu’au seuil du bâtiment d’habitation.

Elle put alors en détailler l’architecture : une bâtisse en pierre, trapue, le corps soudé au sol, sur un seul niveau, le toit en lauzes, partiellement couvert de panneaux solaires. Une longère parfaitement entretenue, soignée, la ferme d'alpage dans son charme typique. Volets fermés, une cour gravillonnée en façade, trois grands troncs évidés, posés en ligne sur des socles en béton et garnis de plantes. Ils semblaient interdire l’entrée du lieu, trois gardiens empêchant l’avancée de véhicules ennemis.

Sur le côté de la longère s'étendait une grange fermée par deux lourds battants en bois massif, un soubassement en grosses pierres brutes couverts par endroits d’un bardage vertical, des planches lasurées et parfaitement jointes. Un toit de tôles grises et un châssis supportant d’autres panneaux solaires.

« Un hangar pour son matériel », avait-elle pensé. Elle nota également la présence d’une antenne très haute, bardée d’éléments horizontaux. Rien à voir avec une parabole. Plutôt l’installation caractéristique d’un radio amateur.

Une extension en pierre occupait le flanc Est, comme un appartement contigu à l’habitation principale.

En arrière-plan, à une dizaine de mètres de la maison, elle devina un potager fermé par des filets tendus sur des pieux, protégé des sangliers, biches et chevreuils qui devaient fréquenter les lieux.

L’ensemble dégageait une force étrange, une obstination, un enracinement profond, buté et indestructible. Une citadelle ou un fortin, c’était vraiment ça. Le positionnement des trois bâtiments constituait une muraille, elle imagina un convoi de chariots de cow-boys face à l’attaque des Indiens. Elle s’amusa de l’image enfantine. Elle aurait pu s’émerveiller des couleurs, de la lumière, de cette merveilleuse végétation, des panoramas magnifiques devant elle, l'immensité de la chaîne de Belledonne, étendue comme une muraille crénelée, mais plus puissante que la beauté du lieu s’imposait cette idée qu’elle entrait dans un territoire réservé, une enclave militaire.

Rien de fragile, rien de vulnérable, chaque élément ayant été pensé, étudié, érigé, renforcé de toutes parts avec une volonté indéfectible. Voilà ce qu’elle ressentait.

Théo.

L’impression que l’homme devant elle se dénudait intégralement. Corps et âme.

Elle repensa à ce moment émouvant où elle avait serré sa main dans le parc de l’hôpital. Comme un territoire impénétrable en lui, un mystère qu’il avait pourtant eu envie de lui révéler.

Elle comprenait maintenant.

Elle entrait dans son secret.

Théo avait contourné la voiture, il avait ouvert la porte puis il lui avait pris la main.

« Bienvenue à la ferme, plus communément appelée dans ma tête, le désert des Tartares. »

Elle l’avait regardé, intriguée puis elle était descendue.

« C’est un film, ça, je crois bien.

–C’est surtout un roman de Dino Buzzati.

–Ils attendent dans une forteresse un ennemi qui n’arrive jamais, c’est ça ?

–Exactement. »

Elle le regarda déverrouiller deux serrures massives à la porte d’entrée, il en ouvrit grand le battant puis il l’invita d’un geste de la main.

Elle le précéda dans l’ombre de la pièce, le corps enveloppé par le rai de lumière dans son dos. Elle aima aussitôt l’odeur si particulière de ces maisons qui ont protégé des chapelets de vies humaines.

Théo ouvrit une fenêtre sur le côté de la pièce.

Elle l’observa, intriguée, fascinée, alors qu’il écartait les volets. Les ouvertures étaient toutes barrées de tiges métalliques fichées dans la pierre. La lumière entra en coup de vent.

Elle balaya les lieux du regard, lentement, en analysant chaque élément.

Il ne s’agissait plus d’une ferme ou d’une maison d’habitation pour des vacances ou des week-ends. C’était bien une forteresse. Et Théo en était le seigneur, l’architecte, le concepteur. Tout ce qu’elle voyait portait son empreinte. L’ordre et la solidité, la réflexion, l’anticipation et la détermination. Elle imaginait les milliers d’heures de travail pour atteindre son but.

« Très peu de gens connaissent cet endroit », murmura-t-il.

Elle croisa son regard et se sentit aimée.

Elle s’approcha sans le quitter des yeux, posa les mains sur son visage. Elle ressentit le bonheur couler en elle, un flux chaud qui s’étendit comme une lumière mouvante.

« Merci », dit-elle. Elle posa la tête sur son épaule et l’enlaça.

Elle ferma les yeux et laissa entrer en elle le parfum des vieilles pierres et des meubles en bois, l’odeur des feux de cheminée et des coins d’ombres, puis elle observa le lieu depuis son angle de vue : le plancher aussi lisse que des galets de rivières, les poutres du plafond comme une cage thoracique, le vaisselier sculpté, la table rectangulaire qui semblait avoir connu des siècles de repas, des chaises paillées attendant de rares convives, les photographies de paysages accrochées aux lambris.

Il ne lui fallut pas longtemps pour réaliser qu’elle ne repartirait plus. Quelques secondes, en fait.

Elle avait pris conscience également, au bout de quelques jours, qu’elle avait perdu la notion du temps. Pas d'horaires imposés, pas de télévision, pas de radio. Aucune intrusion du monde humain.

L’alternance des jours et des nuits, les levers de soleil et les levers de lune, les jours nuageux et les cieux étoilés, les brises des montagnes ou l’atmosphère immobile des chaleurs qui écrasent, juste cet assemblage apaisant des éléments naturels qui réduisent la perception du temps à l’unique instant.

Il ne restait de ses souvenirs immédiats qu’une flamboyance anarchique et bienheureuse, une accumulation désordonnée de bonheurs. Un tohu-bohu réjouissant qu’elle ne voulait pas limiter par une réflexion limitante. Laisser faire les choses et les saisir simplement, qu’elles se réfugient ensuite dans une mémoire aimante et que l’inconscient vienne y puiser ses rêves.

Théo.

Sa silhouette puissante et souple à la fois, elle aimait cette énergie masculine, cette force tendre. Elle aimait jusqu’au bruit répétitif de son souffle en courant avec lui, elle aimait le parfum de sa sueur, elle aimait sa tendresse quand elle se blottissait nue contre son corps accueillant. Elle aimait le bonheur de le sentir vivre.

Ils avaient beaucoup parlé.

Après leurs étreintes, Théo semblait mû par un désir de paroles. Elle posait la tête contre son cou et elle l’écoutait. Il murmurait dans la nuit et sa voix masculine la pénétrait comme un câlin. Avec lui, elle restait en amour sans le toucher. Elle reconnaissait l’importance des mots de Théo, elle en percevait les secrets révélés, comme des coffres fermés qui s’ouvraient les uns après les autres.

Il délivrait maintenant ses pensées les plus intimes. Il lui avait raconté ses dernières années. Cette nécessaire anticipation du chaos, sa séparation avec Sonia, la douleur et l’apaisement des montagnes, cette connaissance des lieux, des chemins les plus secrets, cet engagement déterminé à concevoir l’impensable. Il avait expliqué tout ce qu’il étudiait depuis des années. Cette certitude que l’humanité vivait dans une dissonance cognitive qui ne pourrait durer : entre la jouissance démesurée des ressources planétaires et la destruction provoquée, il y aurait fatalement une zone de rupture, le franchissement d’une limite irréversible, un point de non-retour dont personne ne pouvait mesurer les effets. Elle avait écouté sans jamais le contredire. Elle connaissait la folie des hommes, elle en avait connu l’ultime expérience. Elle ne doutait aucunement que sur sept milliards d’individus, un nombre terrifiant portait en eux les germes de la dévastation. Théo avait étudié toutes les options. Rien ne paraissait impossible. Tout semblait arrivé au point d’émergence. Et malgré cette menace suspendue, malgré cette mort en attente, ce chaos en gestation, elle aimait chaque instant avec lui."

 

 

 

 

 

 

 

 

Le désert des Tartares

Plusieurs années à lire des études climatiques, plusieurs années à nous interroger sur nos priorités. 

Attendre ou anticiper ? 

Attendre, c'est prendre le risque de ne plus être en mesure de réagir, devoir se précipiter, au risque de commettre des erreurs.

Anticiper, c'est prendre le risque de quitter les montagnes sans être certain que les menaces se réalisent.

C'est "Le désert des Tartares" de Dino Buzzati, en quelque sorte. C'est l'histoire d'une vie humaine consumée dans l'attente d'un événement. J'avais lu ce roman quand j'étais au lycée. Inoubliable. 

Effectivement, il est possible que cette anticipation ne se réalise pas. Comme il est possible qu'elle survienne. 

La balance du "risque-bénéfice" est un raisonnement incontournable. Il est venu un moment dans nos réflexions où le bénéfice du départ l'a emporté. Il nous fallait un autre lieu de vie.

Rien dans tout ce que je continue à lire n'éveille en nous le moindre doute.

 

Il ne s'agit pas que d'un problème climatique. 

L'anticipation concerne l'économie, le social, la finance, le sanitaire, le démantèlement progressif ou brutal de nos modes de vie. 

Le temps de l'insousciance est révolu.

 

 

https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/climat-meteo-france-prevoit-des-temperatures-caniculaires-pour-la-fin-du-siecle-sur-une-large-partie-du-pays_4279819.html

Le pire des scénarios prévoit cinq à dix fois plus de canicules pour la fin du siècle. Des périodes de fortes chaleurs qui pourraient durer un voire deux mois dans le quart Sud-Est de la France.

Article rédigé par

Etienne Monin

Radio France

Publié le 01/02/2021 17:59Mis à jour le 01/02/2021 18:03

 Temps de lecture : 2 min.

Des adolescents jouent au volley-ball dans la fontaine de l'esplanade du Trocadéro à Paris le 25 juin 2019, un mois marqué par une canicule exceptionnelle. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Des adolescents jouent au volley-ball dans la fontaine de l'esplanade du Trocadéro à Paris le 25 juin 2019, un mois marqué par une canicule exceptionnelle. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Les impacts du réchauffement climatique pourraient être spectaculaires en France d’après de nouveaux modèles réalisés par Météo France et l'institut Pierre Simon Laplace. Trois scénarios ont été élaborés pour la fin du siècle. Ils prévoient un climat caniculaire sur une grande partie du pays si un gros effort n’est pas fait pour réduire les rejets de gaz à effets de serre.

Trois scénarios envisagés

Les chercheurs ont élaboré trois modèles de climat liés à trois scénarios socio-économiques. Le premier est vertueux, où nos émissions sont sensiblement réduites. Dans le second, c'est l'excès inverse : il n'y a aucune régulation. Enfin, les chercheurs ont élaboré un scénario d'entre-deux. Il en ressort que les températures vont augmenter en France d'ici la fin du siècle. L'échelle, qui conditionne notre devenir, va de + 1 à + 4 degrés en fonction du scénario.

L'histoire du réchauffement est déjà écrite jusqu'au milieu du siècle. Les températures vont augmenter, on le sait, cela vient de l'effet des gaz à effet de serre qui sont déjà stockés dans l'atmosphère. Par contre, ce qui n'est pas écrit, c'est ce qui va se passer dans la deuxième moitié du siècle. Ce qu'on fera aujourd'hui va influencer ce climat de demain, et c'est l'enjeu qu'il y a à voir dans ces trois modèles climatiques. 

Des canicules et des nuits tropicales plus fréquentes et plus durables

Le plus spectaculaire, ce sont les vagues de chaleur : elles vont augmenter, quel que soit le scénario. D'ici la fin du siècle, le nombre de jours avec des températures intenses va doubler pour le scénario le plus vertueux et être multiplié de cinq à dix avec le pire des scénarios. Conséquence : des situations de canicule pour le quart Sud-Est de la France sur une durée de plus d'un mois.

Autre phénomène : les nuits tropicales, avec des températures au-dessus de 20 degrés. Rares à la fin du siècle dernier, elles toucheraient toute la France à la fin de ce siècle si les émissions continuent d'augmenter. Elles vont déjà toucher Paris et Lyon dans les 30 ans qui arrivent, et d'après le même scénario, elles pourraient durer sur des périodes de plusieurs mois. En parallèle, le froid va devenir une situation rare. Dans le meilleur des cas, le nombre de jours liés aux vagues de froid sera divisé par deux à la fin du siècle. Il pourrait ne rester qu'un jour pour les deux autres scénarios. Pour les pluies, l'intensité devrait augmenter, mais globalement, la hausse du cumul restera limitée. On s'attend à des augmentations au Nord et des diminutions au Sud.

Un réchauffement davantage marqué au Sud et en montagne

C'est l'autre enseignement de cette étude. Le Sud-Est devrait être plus touché que le Nord-Ouest. Pour les températures, la Bretagne et les Hauts-de-France sont les régions les moins touchées, avec un écart de un degré. L'Arc méditerranéen, le couloir rhodanien et la vallée de la Garonne pourraient subir des périodes de canicule qui pourraient durer de un à deux mois en été. Le réchauffement est plus actif en montagne, dans les Alpes et dans les Pyrénées.

La France est donc clairement vulnérable aux changements climatiques. Toutes les régions seront touchées, mais elles ne sont pas égales devant ce réchauffement et l'adaptation devient cruciale.

 

Est-ce une opportunité ou une sanction ?

L’humanité serait depuis longtemps heureuse si tout le génie que les hommes mettent à réparer leurs bêtises, ils l’employaient à ne pas les commettre.

Georges Bernard Shaw.

C'est bien évidemment la course au profit qui en est responsable. Le bon sens n'y résiste pas...

Imaginer que la nature est un champ d'expérimentations libre de droits et d'attention est une erreur effroyable.

Là encore, les Peuples premiers ne s'y sont pas trompés. Les Indiens Kogis n'ont jamais eu le moindre problème d'exploitation des sols pour la bonne raison qu'ils ne "les exploitent" pas, ils les préservent.

Nous, nous cherchons à en "tirer profit" alors qu'eux en profitent. La nuance est de taille.

La course au profit est une exagération de ce qui est proposé par la nature.

L'extension du nombre contribue bien évidemment à cette dégradation de l'équilibre. La société consumériste apparaît là encore comme une excroissance néfaste. Les lois du marché sont devenues l'unique référence, l'objectif prioritaire au nom de la libre concurrence, de la liberté du choix, du bonheur des masses...Vaste mensonge.

Seul le profit mène ce monde et le bon sens est devenu l'ennemi du profit.

L'avenir de l'humanité passera par la réduction des échanges, la simplification matérialiste des existences. Dans une société psycho-toxique, les citoyens sont des toxicomanes...

Le virus qui plombe ce monde matérialiste, aussi douloureux que soient les situations que ça engendre, doit-il être considéré comme une opportunité ou comme une sanction ? 

Jean Le Cam

Bien évidemment que j'aime cet homme. Il y a bien longtemps que je regarde son parcours dans le milieu et que j'écoute ses paroles. 

"En dire trop, ça fait rire, bien faire, ça fait taire".

C'est un taiseux mais quand il parle, il dit quelque chose. Et on s'en souvient.

Ici, il parle de la course à l'argent dans le milieu, la course à la technologie, le "toujours plus", il parle de l'amitié, du respect, du partage avec le public aussi, de l'amour que ça génère.

C'est un homme de coeur et il faut écouter l'hommage que lui rend Damien Seguin.

VIDEO. Vendée Globe 2020 : Jean Le Cam, 4e au classement, est "allé au bout du bout du bout"

Jean Le Cam a bouclé son 4e Vendée Globe jeudi soir. Il est le 8e à passer la ligne d'arrivée mais Le Roi Jean s'offre la 4e place du classement au terme d'une course mouvementée au cours de laquelle il a porté secours à Kevin Escoffier dont le bateau a coulé. 

Publié le 28/01/2021 à 20h26 • Mis à jour le 29/01/2021 à 14h40

Jean Le Cam à son arrivée du Vendée Globe aux Sables d'Olonne, le 28 janvier 2021

Jean Le Cam à son arrivée du Vendée Globe aux Sables d'Olonne, le 28 janvier 2021 • © Jean-Marie Liot/Alea

Vendée Les Sables-d'Olonne

Il a quatre Vendée Globe à son actif, Jean Le Cam vient de boucler une nouvelle fois ce tour du monde mythique, en solitaire et sans escale.

J'en ai fait pourtant mais des comme ça...

Jean Le Cam

"Je ne sais pas comment je suis arrivé là", a-t-il dit dès son arrivée, "C'est une délivrance, ça c'est sûr, ça y est, c'est fait. Ça a été un truc de malade, j'en ai fait mais avec tout qui s'est passé (...) en plus apparemment je suis 4e".

" C’est une ligne d’arrivée comme je n’en ai jamais passé de ma vie. Vous saurez demain pourquoi. Je ne sais pas comment je suis arrivé là, honnêtement je ne sais pas."

Le doyen de la flotte a coupé la ligne d'arrivée de ce Vendée Globe 2020 à 19h19'55'' après 80 jours 13 heures 44 minutes 55 secondes, et après décompte d'une compensation horaire de 16h.

Par le jeu des bonifications, il a franchi la ligne d'arrivée ne 8e position mais décroche une 4e place.

Car cette édition 2020 a été mouvementée pour lui puisque le 30 novembre dernier il a dû se dérouter pour porter secours à Kevin Escoffier alors qu'il était en perdition sur son radeau de survie à 600 milles dans le sud-ouest du cap de Bonne Espérance, après le naufrage de son Imoca.

À ce sujet, la rédaction vous recommande

Vendée Globe 2020 : Escoffier en détresse, plusieurs skippers dont Jean Le Cam se déroutent pour l'aider

Lors du Vendée Globe 2008, c'est Jean Le Cam qui avait été victime d'une avarie majeure, puisque son Imoca s'était retourné au large des côtés chiliennes.

Vincent Riou s'était alors dérouté pour porter secours au skipper en difficulté au 57e jour de course, alors qu'il était 4e de la course.

Jean Le Cam au ponton avec Vincent Riou et Kevin Escoffier lors de son arrivée du Vendee Globe, le 29 Janvier 2021. • © Jean-Marie Liot/Alea

A 61 ans, le Roi Jean a su rivaliser avec ses adversaires, en naviguant pourtant sur un bateau d'ancienne génération, sans foils, vainqueur du Vendée Globe 2008-2009.

Les foils pour le Roi Jean, c'est "beaucoup de casse-tête, beaucoup d'énergie, beaucoup d'argent pour pas grand chose, je vous rappelle qu'Hugo Boss partait pour ce Vendée Globe en 69 jours, ben voilà". Alex Thomson le skipper d'Hugo Boss a dû renoncer, victime d'avarie sur son bateau, le plus moderne de la flotte.

"J'ai donné aux jeunes générations de se dire qu'ils peuvent faire le Vendée Globe même avec des moyens limités (...) ça c'est une vraie victoire".
 

 

 

Vaccination et surveillance numérique

« La principale finalité de la vaccination n’est pas sanitaire », par Philippe Guillemant

 

https://www.nexus.fr/actualite/billet-dhumeur/finalite-vaccination-guillemant/

 

1 DÉCEMBRE 2020

« Le principal but de la vaccination n’est pas d’ordre sanitaire », selon Philippe Guillemant, Docteur et ingénieur physicien, spécialiste d’Intelligence Artificielle exerçant au CNRS. « Ce problème-là est peanuts à coté du choix de société qui se trouve devant nous, qu’une politique de gouvernance mondiale semble avoir déjà fait à notre place. Le principal but de la vaccination est de parvenir à une normalisation du port d’identité numérique par chaque citoyen. Aucune loi ne pourrait empêcher l’implémentation des algorithmes correspondants, mais seulement en interdire l’usage. La question de savoir si nous allons effectivement rentrer dans ce nouveau monde, ou pas, va donc dépendre du niveau d’acceptation du vaccin. Mais je le répète une fois de plus, mon avis est qu’on n’entrera pas dans ce nouveau monde. »

En plus des articles écrits par les membres de la rédaction, Nexus diffuse désormais des messages rédigés par d’autres personnes à la plume alerte. Nous partagerons avec vous leurs coups de gueules et de sang, cris du coeur, évasions et analyses de l’esprit que nous trouvons pertinents. Aujourd’hui, nous vous proposons pour la troisième fois les écrits de Philippe Guillemant, ingénieur physicien français, Docteur en Physique, spécialiste d’Intelligence Artificielle exerçant au CNRS.

Le principal but de la vaccination n’est pas d’ordre sanitaire

Le principal but de la vaccination est de parvenir à une normalisation du port d’identité numérique par chaque citoyen. Il sera en effet permis que le contrôle de ses droits d’accès à différents lieux (restaurants, boutiques, gares etc.) se fasse de manière automatique, ce qui ouvrira un immense marché, celui des objets connectés, tellement savoureux qu’il est capable de transformer des informaticiens en virologues.
Cela permettra également l’introduction d’une monnaie numérique déjà préparée par la suppression progressive de l’argent liquide.

Il y a deux cas à considérer :

– Port d’identité numérique non intimement liée au corps : mobile, bracelet, montre, sac à main…
– Port d’identité numérique intimement liée au corps : bague, puce sous la peau, identification génique…

Dans le second cas il sera impossible, sauf opération chirurgicale, de se débarrasser de son identité.

Dans un premier temps, seul le premier cas est à considérer sérieusement. Ce n’est que lorsque l’usage d’une identité numérique sera normalisé par l’habitude (de vivre autrement) que le second cas s’imposera naturellement pour renforcer la sécurité de l’usage.

Aujourd’hui, ce port d’identité numérique est déjà réalisé via nos mobiles, mais aucun usage n’en est fait, sauf marginal comme dans le cas de l’application TousAntiCovid. Tout le monde a le droit d’entrer dans n’importe quelle boutique et de voyager sans être obligé d’avoir un portable. D’autre part, le traçage des déplacements permis par un mobile est très grossier, sa précision étant comprise entre 1 et 10 mètres. On peut considérer que pour l’instant, avoir un portable est inoffensif.

Tout cela pourrait changer avec le contrôle vaccinal automatisé et la généralisation des objets connectés via la 5G et même dès la 4G. En particulier le traçage ne serait plus réalisé par GPS, mais par analyse et triangulation de signaux via les objets alentours et sera à terme 100 à 1000 fois plus précis, à mesure que la technologie évoluera.

Le port non lié au corps d’identité numérique, dans un environnement peuplé d’objets connectés (maisons, voitures, routes, villes…) permettrait les recueils de données suivants par une I.A. :

– Vérification d’autorisation d’accès pour les vaccinés
– Contrôle de vitesse et stationnement (voiture connectée)
– Identification de toutes sortes d’infractions à la conduite
– Identification des personnes avec qui l’on déjeune
– Mémorisation de tous les déplacements
– Calcul de temps de travail ou temps de présence…
– Détection de déplacement inhabituel…
– Etc

Il convient de préciser qu’aucune loi ne pourrait empêcher l’implémentation des algorithmes correspondants, mais seulement en interdire l’usage.Toutefois, il serait extrêmement difficile de détecter qu’un tel usage n’est pas effectué. Seule son exploitation pourrait être rendue visible, mais cela laisse une grande place à une exploitation inavouée, par exemple par une société d’assurance où le calcul des droits est déjà réalisé de façon informatique.

Considérons maintenant le deuxième cas, et allongeons la liste précédente :

– Maison intelligente (interactions, commandes, dialogues…)
– Analyse d’activités privées (dormir, lire, faire l’amour…)
– Surveillance de l’activité des enfants
– Analyse des interactions familiales
– Analyse de situation (repos, activité, chute…)
– Analyse de comportement (geste brusque, activité sportive…)
– Détection et mémorisation des habitudes
– Etc

J’en oublie certainement, sachant qu’il est difficile d’imaginer d’avance tout ce que la quatrième révolution industrielle pourrait nous inventer. Je ne parle ici que d’un transhumanisme très doux, presque acceptable, sans faire référence à quoi que ce soit d’intrusif comme une puce dans le cerveau, des nanorobots dans nos veines ou une vision artificielle et connectée. Mais il va de soi que l’acceptation de ces technologies intrusives est conditionnée à l’acceptation de l’usage d’identité numérique.

La question de savoir si nous allons effectivement rentrer dans ce nouveau monde, ou pas, va donc dépendre du niveau d’acceptation du vaccin.Il est en effet peu probable que l’on oblige chaque citoyen à porter une identité numérique lors de ses déplacements si 50% de la population n’est pas vaccinée, car on ne va pas limiter à ce point la liberté de circulation. Par contre, si seulement 5% de la population n’est pas vaccinée, il est fort probable qu’on entrera dans ce nouveau monde.
La réalité sera évidemment bien plus complexe que cette simplification binaire, qui n’a d’autre but que d’éveiller aux véritables enjeux.

Donc, je le répète, nous ne sommes pas confrontés à un problème sanitaire avec le virus. Ce problème-là est peanuts à coté du choix de société qui se trouve devant nous, qu’une politique de gouvernance mondiale semble avoir déjà fait à notre place.

Mais je le répète une fois de plus, mon avis est qu’on n’entrera pas dans ce nouveau monde.

Philippe Guillemant, le 24 novembre 2020

Pour en savoir plus sur l’auteur : http://guillemant.net
Sa 
biographie, ses articles, ses livres et dvd, ses conférences, ses réalisations technologiques, sa revue de presse et ses publications.

Damien Seguin

 

Demain, vous essayez de passer une journée entière avec une main dans une moufle, avec impossibilité de vous en servir.

Ensuite, vous essayez d'imaginer ce que ça peut donner sur une course telle que le "Vendée globe".

Damien Seguin vient de finir son tour du monde à la voile en solitaire. 

 

Là-Haut : un commentaire égaré

 

Je cherchais un ancien article dans mes archives et je suis tombé sur celui-ci. Pas du tout ce que je cherchais mais le titre "Et maintenant, je fais quoi ? " ne me disait plus rien et donc je l'ai ouvert. 

C'est un commentaire en fait, sur un de mes romans. Là-Haut. 

Image 2

Et maintenant, je fais quoi ?...

  

 

 Le 25/05/2012

 

J'ai reçu aujourd'hui ce mail de la part d'Estelle, une lectrice de deux sites littéraires, "La cause littéraire" et "Reflets du temps".

Un commentaire pour mon roman "Là-Haut".

Jean est guide de haute montagne. Il va à Paris au salon du livre pour y représenter un livre de photographies. Blandine, sa femme l'accompagne.

Station Saint-Michel du RER. L'attentat.

Sa femme meurt à ses côtés et il se réveille à l'hôpital. Il a été amputé d'une jambe.

Une lente reconstruction au coeur des montagnes. Une introspection plus redoutable que tous les sommets qu'il a atteints.

"Cette fois je suis comblée.

« Jean », dont j’aurais pu assurément tomber amoureuse, ne meurt pas à la fin. Au contraire, il renaît. Il revit. Une autre vie.

J’ai encore beaucoup aimé ce texte. J’admire cette puissance chez vous à « tenir très fort dans vos mains » une drôle d’histoire, pas drôle, à la tendre à votre narrateur, afin qu’il nous la restitue et nous la raconte à souffle tendu, en apnée, au-delà de toute notion de temps, au-delà de l’imaginable. Et quelle histoire ! L’attentat de St Michel ! Fichtre ! Quelle audace !

 Et donc, que dire encore que je ne vous aie déjà dit de vos autres textes ? Au risque de me répéter, au risque de vous lasser, et de descendre du « piédestal » d’où je vous écris, puisque, dites-vous avec générosité, vous êtes « fan » de ce que je vous écris… (c’est possible ça… ?), je ne vois pas quoi ajouter à tout ce que j’ai déjà dit, écrit, exprimé pour dire la force de vos textes, la force de votre écriture, la force de vos histoires. La force incroyable de votre vie qui transpire dans vos livres. Cette force qui nous secoue. Malmène. Effraie. Ravit. Nous explose parfois. Nous remue et nous fait fondre d’émotion, de tendresse, d’amour, de peur, ne nous laisse jamais indemne. Votre écriture, c’est un ravissement. La passionnée que je suis est comblée par la passion de votre écriture. Par la passion avec laquelle vous menez votre vie, tous les instants de votre vie, aujourd’hui, hier, demain, malgré les douleurs passées, malgré les blessures, malgré tout. Vraiment vous me ravissez. Dans tous les sens du mot. Je ne vois pas d’autre mot.

 Le troisième livre, donc, que je lis de vous. Il n’en fallait pas plus pour que dès les premières lignes, les premières pages, j’entende déjà votre « musique », la musique de vos mots, de votre style, la musique même des battements de votre cœur qui scandent votre écriture. Il n’en fallait pas plus pour que dès le début du texte, je reconnaisse « de loin » votre style et la mélodie qui s’en dégage. A présent, je sais comment vous « composez » vos livres, j’en connais les notes, et la partition. Le refrain de vos mots est entré dans ma tête, je peux le fredonner comme une chanson qu’on aime, qu’on a tout le temps envie d’écouter. Vous avez une « patte d’écrivain », à vous. Pour moi, c’est ça un vrai écrivain.

 Pourtant, je ne suis pas particulièrement réceptive à tout ce qui touche à l’irrationnel, à la vie après la mort, et à tous ces témoignages que beaucoup de gens rapportent après avoir frôlé la mort, après une sorte de coma où ils se sont vus dans une sorte de tunnel, éblouis par une étrange lumière. Où ils ont ressenti comme une paix intérieure en revenant à la vie.

Mais « qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse... »

 J’ai lu tout à l’heure sur votre blog votre petit texte « Je ne peux pas faire autrement ». Et vous savez à quoi ce passage-là:

"Ce qui m'importe d'ailleurs, c'est que le lecteur rencontre lui aussi sa propre disparition. Que l'histoire, nourrie par "cette écriture exigeante" devienne un effaceur de l'individu, qu'il disparaisse lui-même dans les atermoiements, les élévations, les tourments, les révélations, les drames, les rencontres, les fusions, l'inexplicable, l'invisible, l'irrationnel, que la vie du lecteur soit aspirée par cette exigence, que les mots, les idées, les pensées, les émotions l'envahissent jusqu'à ce qu'il n'ait plus conscience de lire, jusqu'à ce que la vie du livre coule en lui, jusqu'à ce que les mots résonnent en lui indéfiniment, qu'il ne puisse plus s'en défaire, qu'ils deviennent des compagnons, que le livre lui-même n'existe plus et qu'il ne reste que ce fil de vie qui relie l'existence des personnages et celui qui les accompagne et plus beau encore, qu'ils ne fassent plus qu'un."

Le mot est un peu fort et audacieux, je le concède, mais ça m’a sauté aux yeux : quand vous écrivez, vous « faites l’amour » à votre lecteur(trice).

 Cet après-midi, profitant du soleil sur mon balcon, je m’y suis installée avec un petit bouquin acheté récemment, qui vient de sortir : « Madame Céline ». Un petit recueil de témoignages d’écrivains ou d’artistes ayant côtoyé Lucette Destouches, qui aura 100 ans le 20 juillet prochain, qui est la veuve de l’écrivain Louis-Ferdinand Céline.

Et un témoignage m’a particulièrement touchée, et m’a fait penser à vous. C’est Christophe Malavoy, acteur de théâtre et de cinéma, qui a écrit un livre sur Céline, et qui écrit ces lignes, dont je vous offre en cadeau quelques petits passages :

« La première chose qui frappe quand on rencontre madame Destouches, et que l’on sait toutes les duretés et misères que cette femme a subies aux côtés de son mari durant la guerre et après la guerre, c’est son étonnante douceur, sa bienveillance qu’elle vous offre avec un sourire dont elle a le secret. Aucune amertume, aucune souffrance, pas une ombre de rancune dans ce visage apaisé. « Un frisson d’eau sur de la mousse » dirait Rimbaud.

« Lucette Destouches a une personnalité qui intrigue et l’on ressent assez vite la force de caractère que la longue et patiente pratique de la danse a forgée. C’est une humilité qui s’impose au premier regard et l’on comprend à ses côtés qu’il n’y a rien à faire que d’être soi et non pas un autre. En toute chose, cherchez l’humilité. C’est cela que madame Destouches vous invite à faire, partager quelque chose d’intime, d’humble, une relation vraie, dénuée d’arrière-pensées.

« Cette première rencontre fut donc très émouvante, et malgré la pudeur qui était la nôtre, nous avons avancé pas à pas, laissant nos âmes se rapprocher et se raconter ces choses que les mots ne connaissent pas. Ce fut très simple, sans heurts, et rien ne pouvait nous combler davantage que cette relation où l’on ne cherchait pas à se plaire mais bien plutôt à faire naître une complicité, une estime, et bien au-delà encore, ce qu’on appelle une « âme sœur ». Nous nous sommes quittés avec le goût et l’impatience de nous revoir comme deux jeunes adolescents qui se promettent un ciel qui les protège.

« A chacune de mes visites à Meudon, je suis reparti avec cette force que dégage madame Destouches, une force empreinte de fragilité, de douceur et d’humour. Une force empreinte d’une infinie patience. La patience, mère de toutes les persévérances. De sa petite voix qui s’échappe et reste légèrement en suspens telle une danseuse sur les pointes, Lucette Destouches donne le tempo et vous convainc qu’il n’y a pas autre chose à faire que de prendre les choses pour ce qu’elles sont. C’est tout simple, mais nos vies agitées en tous sens nous éloignent si souvent de cette force intime où chaque minute qui passe doit être vécue pour elle-même, et il est bien plus sage de s’en tenir à cela quand nous cherchons tant à vouloir vivre ce qui n’est pas.

Voilà ce que Lucette nous apprend : qu’il n’est rien nécessaire sinon trouver en nous notre humilité, ce discernement qui met en avant l’être plutôt que le paraître. Nul doute que la pratique de la danse, tant admirée par Céline, a donné à Lucette le sens de l’effort ainsi que celui de la mesure. Et je dirais qu’il n’y a pas d’humilité, autrement dit de connaissance des autres autant que de soi-même, sans une part de renoncement. La danse c’est le dépassement de soi par le renoncement du moi. C’est cela la grande force de Lucette Destouches, et c’est cela qui me touche et m’émerveille à chacune de mes visites. Cette capacité à être sans rien vouloir.

N’est-ce pas le tempérament de ceux qui ont souffert et qui n’en disent jamais rien ? »

Voilà, j’ai trouvé ces lignes particulièrement belles. Comme un écho à beaucoup de vos qualités humaines.

Et si, dans ces extraits, on remplace « danse » par « escalade en montagne », comment ne pas faire, naturellement, le rapprochement avec vous…

Ce soir, je commence Noirceur des cimes. Je retourne dans votre musique de mots."

Estelle

 

 

 

Le FMI et la dette française

Il faut s'attendre à des annonces pénibles...Et vu le démarrage de l'année 2021, il n'est même pas possible d'imaginer ce qui va en sortir. 

 

https://www.challenges.fr/finance-et-marche/le-fmi-invite-la-france-a-preparer-un-plan-pour-reduire-sa-dette_746681

 

Le FMI invite la France à préparer un plan pour réduire sa dette
Par Reuters le 19.01.2021 à 15h20

LE FMI INVITE LA FRANCE À PRÉPARER UN PLAN POUR RÉDUIRE SA DETTELa France doit travailler dès maintenant à un plan qui lui permettra d'assainir ses finances publiques dès que l'économie aura surmonté la crise due au coronavirus, a déclaré mardi le Fonds monétaire international (FMI). /Photo d'archives/REUTERS/Yuri Gripas
YURI GRIPAS
PARIS (Reuters) - La France doit travailler dès maintenant à un plan qui lui permettra d'assainir ses finances publiques dès que l'économie aura surmonté la crise due au coronavirus, a déclaré mardi le Fonds monétaire international (FMI).

Dans son rapport annuel sur l'économie française, le FMI dit s'attendre à un rebond de 5,5% du produit intérieur brut (PIB) de la deuxième économie de la zone euro après une contraction de 9% environ en 2020.

Mais il ajoute que la tendance de croissance à moyen terme devrait rester inférieure à son niveau d'avant la crise - l'économie de l'Hexagone affichait alors des performances supérieures à celles de plusieurs autres pays de la zone euro - car la situation financière des entreprises et le chômage élevé vont continuer à peser sur l'activité.

Alors que la crise devrait laisser le déficit budgétaire du secteur public à 7,7% du PIB cette année, le FMI exhorte le gouvernement à ne pas perdre de temps et à élaborer des plans pour réduire les dépenses une fois que la reprise économique sera installée.


"La dette en France est élevée et nous pensons que le moment est venu d'élaborer et d'approuver un plan d'assainissement budgétaire crédible à moyen terme", a déclaré le chef de la mission du FMI en France, Jeffrey Franks, lors d'une conférence téléphonique.

Le ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, a pris note de ce rapport en assurant partager l'analyse du FMI sur la nécessité de continuer à soutenir les entreprises, la pertinence d'un plan de relance "ambitieux" et "l'importance d'élaborer dès à présent une stratégie de rééquilibrage des finances publiques".

La semaine dernière, Bruno Le Maire avait estimé que la prévision du gouvernement d'une croissance de 6% du PIB cette année n'était pas hors d'atteinte, disant tabler sur un rebond soutenu au deuxième semestre.

Il s'est par ailleurs exprimé à plusieurs reprises ces dernières semaines en faveur d'une réforme du financement des retraites une fois la crise du coronavirus terminée, au nom de l'assainissement des comptes publics et de la justice sociale.

(Leigh Thomas; version française Claude Chendjou et Marc Angrand, édité par Jean-Philippe Lefief et Jean-Michel Bélot)

Professeur Raoult : un dossier qui date de 2003

 

RAPPORT de MISSION Didier RAOULT 

Pré-rapport le 02 avril 2003

Rapport définitif le 17 juin 2003

http://www2.cnrs.fr/sites/thema/fichier/bioterrorisme03.pdf

Il y a 360 pages mais ces pages-là montrent déjà à quel point les "alertes" ne sont pas entendues. Et je comprends parfaitement l'attitude du Professeur Raoult à l'égard des gouvernants et de toutes les structures étatiques.

 

CONCLUSIONS Rapport de Mission Pr. D. Raoult 263

Le rapport actuel montre que le pays doit faire un effort pour gérer au mieux les crises en maladies infectieuses. Celles-ci restent une cause de mortalité importante dans le pays et les niveaux de résistance aux antibiotiques sont parmi les plus élevés du monde. La gestion des molécules antibiotiques est probablement la plus mauvaise du monde, avec des niveaux de prescription uniques : le pays est considéré comme le contre-exemple mondial sur l’utilisation des antibiotiques.

Notre politique de vaccination contre l’hépatite B est unanimement condamnée.

Chaque événement nouveau est géré en urgence, ce qui fait prendre des responsabilités considérables aux politiques, du fait de l’absence de démarche et d’organisation rationnelle. Cela a été le cas pour l’histoire du sang contaminé et pour la vaccination contre l’hépatite B. Cela a été le cas plus récemment pour la prévention des infections par le nouveau variant de la maladie de Creutzfeld-Jacob. Les terreurs modernes se cristallisent autour de quelques événements médiatiques, en négligeant les quelques dix mille personnes qui meurent d’infections nosocomiales par an dans le pays.

Enfin, le niveau d’équipement du pays en maladies infectieuses est embryonnaire. Cet état de fait est la conséquence de choix politiques. Les maladies infectieuses n’ont jamais été considérées comme étant une priorité politique. C’est ainsi que des efforts ont été spécifiquement faits pour le SIDA, puis pour l’hépatite C, sans comprendre que c’est l’ensemble des maladies infectieuses qui doit être géré d’une manière cohérente.

Les réponses données sont des réponses ponctuelles à un sujet donné, sans travail sur le fond. Cette absence de volonté politique claire s’associe à un déficit de financement. Un effort a été fait par le Président de la République pour créer un appel d’offres en microbiologie. Celui-ci est malheureusement devenu un appel d’offres tourné exclusivement, ou presque, vers la recherche fondamentale, en oubliant les problèmes pratiques posés à l’homme. Par ailleurs, son niveau financier n’était pas à la hauteur des enjeux.

Il faut noter qu’aux Etats-Unis, en 2003, seront consacrés près de 3,6 milliards de dollars à la recherche sur les maladies infectieuses, soit pratiquement autant que pour le cancer et 1,2 milliard 2, rien qu’au domaine du bioterrorisme, c’est-à-dire, plus que le budget de l’INSERM en France. Ceci donne le niveau des enjeux.

Ce sous-développement financier est associé à un sous-développement des installations. En effet, la plupart des laboratoires manipulent dans des conditions qui ne sont plus légales. C’est vrai pour les organismes génétiquement modifiés qui sont manipulés hors des laboratoires de sécurité. C’est vrai pour les microorganismes pathogènes qui sont manipulés dans les hôpitaux, dans les laboratoires, dans des conditions exposant ceux qui les manipulent à des infections. Même les laboratoires nationaux de référence ne manipulent pas dans des conditions légales !

Le niveau d’équipement des hôpitaux pour l’accueil des malades contagieux est bas. Enfin, il n’existe plus dans le pays d’instance qui puisse être consultée et qui soit crédible auprès du public, des médias et des gouvernants. Ainsi, on voit se développer dans la presse et dans le public une approche complètement irrationnelle des maladies infectieuses car il n’existe plus personne ayant la légitimité pour revenir à des données raisonnables.

Au total, nos capacités à répondre en terme de bioterrorisme et de maladies infectieuses doivent être renforcées. Le système n’ayant pas un éclairage politique clair, tous les lobbies sont en œuvre et, dans ce domaine, la recherche biomédicale a toujours été défavorisée. C’est ainsi que, dans le financement de la défense (dans l’armée), la proportion de ce qui est consacré à la bio-défense est particulièrement bas, car l’essentiel de la direction générale des armements est constitué de polytechniciens et que la capacité qu’ont les quelques biologistes à lutter contre ces groupes de pression est faible. Ceci se traduit par une faiblesse structurelle du pays.

Ainsi, de la même manière, au niveau des hôpitaux, les décisions d’équipement ne sont pas prises du fait de l’intérêt national mais du fait des arrangements locaux dans le cadre des CME, des directeurs d’hôpitaux et des syndicats. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant de voir que l’infrastructure basique des hôpitaux est complètement déficiente.

Ainsi, dans le cadre de la crise du bioterrorisme en 2001, sur les 4 plus grandes villes françaises choisies dans un premier temps pour traiter les poudres dans les CHU, une seule a été capable de le faire, dans deux il n’y avait pas de P3 (Lille et Lyon), dans la troisième, les P3 ont été réservés à la virologie par leur chef de service.

Enfin, il existe des conflits dignes de ceux rapportés dans la guerre des Gaules entre les différents ministères et les différents services des ministères. Certains responsables de service refusent de communiquer entre eux. La politique des uns est complètement obscure aux autres.

Certain développement demandé par telle structure de façon secrète ne bénéficie pas à l’ensemble du pays. Par ailleurs, il apparaît plus important de ménager les susceptibilités des uns et des autres que d’obtenir une réponse cohérente, efficace et active.

Je pense qu’il est essentiel d’avoir un discours politique fondateur, au plus haut niveau, autour de la lutte contre les maladies infectieuses, incluant le bioterrorisme et les maladies contagieuses. La lutte contre les maladies infectieuses est faite par la société entière. Elle fait appel à des éléments très profonds dans les relations humaines qui incluent l’hygiène, la circulation des personnes, la liberté, mais aussi l’organisation de l’ensemble des services. Seul, un discours politique fort sera susceptible de faire une priorité à la réorganisation et à la lutte contre les maladies infectieuses.

Pour pouvoir mettre en place quelque chose de stable, il faut se donner les moyens de comprendre, il faut organiser et il faut enseigner. Pour comprendre, il faut développer la recherche. Elle est actuellement éparpillée, mal financée, mal évaluée. Personne n’est capable de déterminer le financement que le pays consacre à ce domaine. Plus encore, la seule stratégie faite dans le pays pour se mettre en situation de répondre à un événement inattendu et dangereux (la construction d’un P4) a été réalisée par Monsieur MERIEUX sur des fonds privés et absolument pas par une politique de l’Etat. La France est le seul état à posséder un P4 privé ! L’armée, en particulier, n’a pas financé de P4. Il est intéressant de savoir que le coût d’un P4 est très inférieur à celui d’un avion de chasse ! (entre 1/5 et 1/10 de son prix !).

Pour organiser la réponse dans le domaine des maladies infectieuses, il serait utile de créer une cellule capable de coordonner les efforts des différents EPST, EPIC et des ministères de la santé, de la recherche et de la défense. A défaut de créer un équivalent de la branche du NIH consacré aux maladies infectieuses, il est souhaitable que le maximum des fonds et des moyens consacrés aux maladies infectieuses soit à terme géré par l’INSERM dans le cadre d’instituts autonomes fonctionnant comme des agences de moyens.

Il est essentiel de clairement indiquer à l’INSERM qu’une part de ses responsabilités se situe dans le domaine des maladies infectieuses et de la microbiologie appliquée. En effet, le pays a un retard considérable en biotechnologies et en thérapeutique et ces domaines doivent être privilégiés. Eventuellement, des appels d’offre spécifiques peuvent être réalisés dans ce domaine.

Il serait utile d’avoir une réflexion de fond avec l’Institut Pasteur actuel, qui est probablement à l’aube d’une phase nouvelle. Le service rendu au pays ne sera pas de même nature si l’Institut Pasteur se cantonne au 15ème arrondissement de Paris ou s’il décide de rayonner en rejoignant des structures plus larges et plus polyvalentes dans le pays, y compris à l’extérieur du 15ème arrondissement. En terme de recherche, et afin de permettre une certaine organisation, je propose la création d’infectiopôles, au même titre que les génopoles ou les cancéropoles qui, dans une première vague, devraient toucher Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Montpellier et peut-être Toulouse. A Paris pourrait se créer un premier infectiopôle autour de l’Institut Pasteur et de la faculté Necker. Ces infectiopôles reprendraient une organisation rationnelle comprenant la recherche fondamentale, le soin, le diagnostic, l’épidémiologie et la valorisation sur un site géographique unique. La mise en place des moyens techniques et humains sur ces infectiopôles et celle de thématiques spécifiques joueraient un rôle majeur dans le réaménagement du pays.

Il faut créer, par ailleurs et rapidement, un appel d’air de 50 millions d’Euros, comportant des appels d’offres autour de la biotechnologie, incitant à la création de mini-entreprises de diagnostic et une partie de mises au point technique en réservant une partie raisonnable à la recherche sur le bioterrorisme afin d’attirer les chercheurs dans ce domaine particulier. Le tout est probablement à gérer dans le cadre d’un institut. Dans le domaine de l’organisation, il convient aussi de créer des ressources en terme d'expertise. Il faut d’abord créer une entité nationale en créant un équivalent de l’Institut Universitaire de France où des médecins de très haut niveau, sélectionnés grâce à un comité international sur leur activité scientifique, et nommés pour un temps limité pendant leur vie scientifique active, pourront donner des grands programmes d’orientation au pays, en attirant l’attention sur les déséquilibres ou les besoins nés de l’évolution de la connaissance. Par ailleurs, il est souhaitable d’introduire à tous les niveaux une véritable politique de recrutement des experts en définissant a priori quel est le domaine sur lequel on peut interroger l’expert et, deuxièmement, en vérifiant en pratique que l’expertise correspond aux besoins demandés.

Enfin, dans l’ensemble des services de l’état, qu’il s’agisse de l’armée ou de l’épidémiologie, il est indispensable de promouvoir une politique de production d’articles internationaux validés par des journaux à comité de lecture. Seule cette démarche (en dehors de ce qui est confidentiel défense) permettra d’augmenter le niveau des acteurs, non seulement de la recherche mais aussi de la surveillance et de ceux qui se destinent à l’expertise. Dans le domaine de l’organisation, l’Etat ne peut pas continuer à encourager le laisser-aller général. Sur le plan hospitalier, il faut préciser des objectifs clairs, en terme d’équipements, de maîtrise des infections nosocomiales, de contrôle de la résistance aux antibiotiques, de contrôle dans la prescription des anti-infectieux et de réactualisation des mesures dans le domaine de la prévention des infections nosocomiales. Il importe de créer sur chaque site de soins une structure correspondant au CLIN actuel, élargi aux problèmes de bioterrorisme et de gestion de la politique des anti-infectieux. La lutte contre les maladies infectieuses, les conditions d’isolement, l’état des laboratoires, la gestion des antibiotiques, la surveillance des maladies infectieuses et des résistances doit faire l’objet de projets hospitaliers de manière explicite. Il faut créer des centres d’isolement et de traitement des maladies infectieuses à Paris, Lyon et Marseille et développer la pratique d’analyse des produits suspects (y compris les poudres) dans les CHU des plus grandes villes (y compris Toulouse, Montpellier et l’Hôpital Necker à Paris). La surveillance des maladies infectieuses doit être amplifiée. L’évolution, ces dernières années, a été marquée par la mise en place d’une structure là où il n’existait rien. Il faut augmenter de manière très significative cette capacité de surveillance, en intégrant, dans un premier temps, des éléments qui ont fait leur preuve ailleurs, comme la pharmacosurveillance, la surveillance de la mortalité hebdomadaire par site et par âge.

Enfin, il faut remettre à plat le système de surveillance, en distinguant plusieurs niveaux : le premier celui de laboratoire de référence sur un microorganisme donné où les besoins sont essentiellement techniques ; deuxièmement, mettre en place des centres de surveillance par pathologie ou par syndrome, en ajustant les moyens épidémiologiques de surveillance et en s’appuyant sur les infectiopôles afin de permettre de détecter les pathologies anormales et de servir de centres de ressources pour le pays. Par ailleurs, il faut mettre en place les observatoires de résistance des microorganismes aux différents anti-infectieux. Certains existent déjà, d’autres sont à développer, y compris pour les agents viraux et les champignons. Enfin, il faut faire une mise à jour des centres de référence, incluant certains problèmes omis concernant le domaine du bioterrorisme ou non (mycoplasmes, Chlamydia psittaci, Burkholderia, la variole) ; d’autres sont peut-être tombés en désuétude ou ne nécessitent peut-être plus une surveillance aussi active (Trichinella).

Sur le plan de la déclaration obligatoire, il faut rendre obligatoire la déclaration de toutes les maladies susceptibles d’entrer dans le cadre du bioterrorisme, envisager avec le ministère de l’agriculture le signalement des agents potentiels de bioterrorisme animal et, vraisemblablement, rendre la déclaration obligatoire pour les maladies couvertes par un vaccin obligatoire ou recommandé afin de balancer en permanence le bénéfice et le coût de telle vaccination. Sur le plan vaccinal, il faut relancer une politique réelle de vaccination et mettre en place le remboursement des vaccins qui ont démontré leur utilité, y compris quand celle-ci s’adresse à des poches spécifiques (population précaire, voyages en pays d’endémie, personnel soignant). Il faut accompagner cette politique de vaccination de la création d’un centre de référence pour les vaccinations, en charge de collecter des données sur l’innocuité, d’informer le public et la presse, d’évaluer le taux de couverture de la population et de surveiller les réactions populaires à l’usage des vaccins.

Sur le plan des antibiotiques, il faut définir une politique ; l’état doit financer les études cliniques et mettre en place les moyens de tester et de développer les produits génériques. Les infectiopôles joueront un rôle important en réunissant dans les différentes régions les éléments nécessaires à une action intégrée. Il ne faut pas oublier la politique outre-mer. Actuellement, elle s'altère du fait de la professionnalisation de l’armée qui a vu fondre le personnel médical et scientifique temporaire. Il n’y a plus de grands hôpitaux fonctionnels ni de pôles de recherche scientifique internationaux dignes de ce nom, dépendant de la France à l’étranger. Les trois acteurs, les services de santé de l’armée, actuellement exsangues, l’IRD et les Instituts Pasteur d’outre-mer n’ont pas eu de politique commune. Il serait souhaitable de créer 3 infectiopôles dans le monde. Probablement, un dans l’Océan Indien, un en Afrique et un dans le Sud-Est asiatique, regroupant suffisamment de forces en présence (100 à 200 titulaires) qui permettraient une implantation durable en Santé et Recherche ; la formation d’étudiants pris localement ou en France pour réaliser une thèse dans les domaines tropicaux y serait favorisée. Ceci permettra la surveillance des pathogènes émergents, de participer à un maillage du monde par les structures de l’OMS et de maintenir une compétence dans la pathologie des voyages et la pathologie tropicale qui a été un des points forts de la connaissance dans notre pays et qui est en train de disparaître.

Enfin, il faut enseigner. Il faut faire des campagnes d’information auprès du public, mais aussi auprès du personnel soignant, sur les notions de base d’hygiène afin de relancer le nettoyage des mains dans les hôpitaux, le port de masques, l’isolement des patients contagieux. Vis-à-vis du public, il faut clarifier la situation par rapport à la vaccination, expliquer ce que sont les différents risques infectieux dans l’état actuel de la connaissance. Il faut inclure les maladies infectieuses et leur prévention dans les programmes scolaires, au collège et au lycée.

Enfin, dans les hôpitaux, il faut reprendre les éléments de base qui apparaissent oubliés dans la prévention des maladies transmissibles. Il serait aussi souhaitable dans le domaine médical, d’introduire dès la première année de médecine, les notions d’hygiène et de prévention des maladies infectieuses qui remplaceraient avantageusement les disciplines fondamentales. Au total, le pays a montré ces dernières années une capacité limitée à gérer les problèmes infectieux, ce qui entraîne qu’il est un des moins bien préparés à un problème d’épidémie massive. Seul un véritable effort politique comprenant la définition d’une priorité nationale, la mise en place de moyens financiers suffisants et la volonté de réorganiser et de coordonner l’ensemble des efforts, avec une relance de l’enseignement de base dans ce domaine, permettra de faire face aux risques à venir. Rapport de Mission Pr. D. Raoult 270