Des processus.

Les physiciens ne considèrent plus vraiment qu'il existe des particules indifférenciées mais plus justement des processus qui les englobent. Sans ces processus, elles n'existent pas réellement. C'est évidemment très sommairement résumé...

Mais l'idée qui m'interpelle, c'est qu'il me semble que notre existence elle-même n'existe qu'à travers des processus semblables. Des processus internes et inconnus alors que nous attachons une importance considérable aux processus liés à nos conditions de vie. Notre enfance, notre attachement à une région ou un pays, à notre famille, à l'être aimé, à un travail, à une passion, à toutes les imbrications sociales, à nos traumatismes, à nos bonheurs, à nos espoirs, à nos échecs, à nos regrets...Un univers chaotique d'actes générés par des pensées chaotiques...Je vois dans ce fatras un amalgam de particules identifiées et dans l'incapacité de les observer individuellement tant leurs liens sont multiples et étroits, je finis par croire que l'existence prend forme elle-même dans ces particules. Mais les processus qui les ont animées, je les ignore, je n'en ai aucune connaissance parce que je n'ai pas assez de lucicidité, ni de persévérance. Je ne comprends rien à rien mais je m'obstine à vouloir établir une impression de maîtrise, de contrôle, de progression, de construction...C'est comme si je voulais figer des grains de pollens au milieu des bouffées d'air chaud. Les grains sont là, je les vois, je les reconnais mais je ne peux rien contre le vent qui les agite, contre ce processus vital qui les emporte au gré de ses hasards. Le pollen n'est rien sans l'agitation du vent. Il n'irait nulle part, tomberait au pied de son géniteur et finirait en germant de multiples pieds par étouffer l'arbre originel. Il faut aller plus loin. C'est pour cela que la Vie a créé les vents semeurs.

 

Je ne suis qu'un univers de particules animé par un processus vital. Je ne domime rien. Je lui appartiens. Le libre-arbitre est un leurre rassurant. Ma liberté consiste à identifier clairement tout ce qui me compose, tout ce qui m'agite, toutes ces particules qui font mes conditions de vie mais sans jamais perdre de vue que tout cela est dérisoire au regard de l'énergie vitale. C'est le processus qui vit. Je n'en suis qu'un grain de pollen. Mon voyage lui appartient. Ma tâche est de naviguer dans ces espaces de vie avec la capacité à recevoir et à comprendre ce processus, à l'étreindre, à l'aimer, à me détacher de ce calice qui porte en lui le processus. Il ne s'agit pas de le mépriser, c'est une enveloppe qui m'a été offerte, mais c'est ce qui l'anime qui se doit d'être aimé. Pas le convoyeur mais le message.

 

 

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