"La formule de Dieu" José Rodrigues dos Santos

Wtdfqgjznhsrrtcepduixwuft6w

Notre monde évolue-t-il selon une série de hasard ou y a-t-il une intention derrière l’existence ? C’est cette question si humaine et fascinante que l’auteur portugais bestseller et grand reporter, José Rodrigues dos Santos, pose à travers son roman à suspens La Formule de Dieu.

http://salon-litteraire.com/fr/thriller/review/1798673-la-formule-de-dieu-de-jose-rodrigues-dos-santos-probleme-scientifique-ou-religieux

En 1951, David Ben Gourion, Premier ministre israélien, rencontre aux USA le célèbre Albert Einstein. Il souhaite obtenir du savant la formule de la bombe atomique. Mais c’est une tout autre formule qu’Einstein recherche alors.

En 2011, Tomas Noronha, cryptologue, rencontre une belle Iranienne, Ariana, lors d’un voyage professionnel. Elle l’invite à déchiffrer dans son pays un manuscrit inédit d’Einstein. Tomas y devient agent double, bien malgré lui, au service de la CIA qui craint que l’Iran ne développe à son tour une bombe atomique.

Le héros se retrouve alors happé par une affaire d’espionnage, de course au nucléaire, allant de rebondissements haletants en énigmes et révélations lumineuses, parcourant l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie. Des geôles iraniennes aux montagnes du Tibet.

 

Car c’est bien d’une formule prouvant l’existence de Dieu dont ce manuscrit d’Einstein parle. Le roman bascule dans une quête scientifique, partant des découvertes du physicien jusqu’aux plus récentes sur l’univers intentionnel, jusqu’au mur de Planck. Loin d’être athée comme on le croit communément, Einstein s’interrogeait sur un Dieu qui ne serait pas celui de la Bible, mais le Dieu immanent, présent en toutes choses, du philosophe Spinoza et des religions asiatiques.

 

Comme le déclare José Rodrigues dos Santos, « je pense que la science est notre dialogue avec dieu ». C’est l’originalité de ce roman, instructif, qui fait de Dieu un problème scientifique et non pas un problème religieux. De quoi tisser entre toutes les cultures un lien paisible et fertile.

Le style de ce livre agit avec vivacité dans les veines du lecteur. Il se lit avec hâte, impatience, et un attachement viscéral pour le héros qui se débat dans son histoire familiale, se confronte à la mort et à l’amour.

 

Sa rigueur historique le rapproche d’un Umberto Eco, mais qui n’évolue pas vers un constat pessimiste sur l’absurdité du monde, où les religions ne seraient que des créations humaines, par peur. À l’inverse, cette peur est chassée au profit d’une vision finale aussi stupéfiante que limpide.

 

À se demander si ce n’est pas le livre même de Dos Santos qui la contient, cette formule de Dieu.

 

Laureline Amanieux.

 

José Rodrigues dos Santos, La Formule de Dieu, HC Éditions, juin 2012, 650 p., 22 €


 

http://www.senscritique.com/serie/Cosmos_Une_odyssee_a_travers_l_univers/critique/56036525

Dans l'espoir de déchiffrer l'énigme qu'Albert Einstein a inscrit dans La Formule de Dieu, le mathématicien portugais Tomas Noronha et la physicienne iranienne Ariana Pakravan se rendent au Tibet afin de s’entretenir avec l'un des anciens élèves du génie, le Bodhisattva Tenzing Thubten.

" _ Les Chinois ont un proverbe, dit-il. « Les professeurs ouvrent la porte, mais tu dois entrer seul. »

Tomas et Ariana échangèrent un regard.

_ Alors, ouvrez-nous la porte.

Le vieux Tibétain respira profondément.

_ Lorsque j’ai commencé à étudier la physique et les mathématiques, je trouvais cela très amusant parce que je pensais qu’il s’agissait d’un grand et beau jeu. Mais, quand je suis arrivé à Columbia, j’ai eu un professeur qui m’a conduit beaucoup plus loin. Il m’a conduit si loin que l’étude a cessé d’être un jeu pour se transformer en une grande découverte.

_ Qu’avez-vous découvert ?

_ J’ai découvert que la science occidentale se rapprochait étrangement de la spiritualité orientale.

_ Que voulez-vous dire ?

[…]

_ Nous, les bouddhistes, avons un proverbe, proclama-t-il. « Quand l’élève est prêt, le maître apparaît.

» [ … ] Les plus anciennes origines du bouddhisme remontent à l’hindouisme, dont la philosophie repose sur de vieilles écritures anonymes rédigées en ancien sanskrit, les Vedas, les textes sacrés des Aryens. La dernière partie des Vedas s’appelle lesUpanishads. L’idée fondamentale de l’hindouisme est que la diversité des choses et des évènements que nous voyons et sentons autour de nous ne sont que différentes manifestations d’une même réalité. La réalité se nomme Brahman et elle est à l’hindouisme ce que la Dharmakâya est au bouddhisme. Brahman signifie « croissance », et c’est la réalité en soi, l’essence intérieure de toutes choses. Nous sommes Brahman, même si on ne le perçoit pas à cause du pouvoir magique créateur de maya, qui crée l’illusion de la diversité. Mais cette diversité, je le répète, n’est qu’une illusion. Il n’y a qu’un réel et le réel est Brahman.

 

_ Pardon, mais je ne vous suis pas très bien, interrompit Tomas. J’ai toujours cru que l’hindouisme fourmillait de dieux.

_ Cela n’est que partiellement vrai. Les hindous ont beaucoup de dieux, certes, mais les écritures sacrées affirment clairement que tous ces dieux ne sont que me reflet d’un unique dieu, d‘une unique réalité. C’est comme si Dieu avait mille noms et que chaque nom était un dieu, mais tous renvoient au même, ce sont différents noms et différents visages pour une seule et unique essence. […] Brahman est à la fois un et tous. Il est le réel et l’unique qui est réel.

_ J’ai compris.

_ La mythologie hindoue repose sur l’histoire de la création du monde à travers la danse de Shiva, le Maître de la Danse. La légende raconte que la matière était inerte jusqu’à ce que, dans la nuit du Brahman, Shiva entame sa danse au milieu d’un anneau de feu. C‘est à cet instant que la matière se mit à pulser au rythme de Shiva, dont la ronde transforma la vie en un grand cycle de création et de destruction, de naissance et de mort. La danse de Shiva est le symbole de l’unité et de l’existence, c’est à travers elle que s’accomplissent les cinq actes divins : La création de l’univers, sa durée dans l’espace, sa dissolution, l’occultation de la nature de la divinité et la révélation de la vraie connaissance. Les écritures sacrées disent que la danse provoqua d’abord une expansion, au cours de laquelle surgirent la matière et l’énergie. Le premier stade de l’univers fut formé par l’espace, dans lequel tout s’amplifia avec l’énergie de Shiva. Les textes sacrés prévoient que l’expansion ira en s’accélérant, puis tout se mélangera et, à la fin, Shiva exécutera sa terrible danse de la destruction. Le Bodhisattva inclina la tête. Tout ceci ne vous rappelle rien ?

_ Incroyable, murmura Tomas. Le Big Bang et l’expansion de l‘univers. L’équivalence entre masse et énergie. Le Big Crunch.

_ Tout à fait, confirma le Tibétain. L’univers existe par la danse de Shiva et aussi par l’autosacrifice de l’être suprême.

_ L’autosacrifice ? Comme dans le christianisme ?

_ Non, dit Tenzing en secouant la tête. L’expression « sacrifice » est à employer ici dans son acception originale, à savoir « rendre sacré », et non dans le sens d’une souffrance. L’histoire hindoue de la création du monde est celle de l’acte divin engendrant le sacré, un acte par lequel Dieu devient le monde et le monde devient Dieu. L’univers est la gigantesque scène d’une pièce divine, dans laquelle Brahman joue le rôle de grand magicien qui devient le monde à travers le pouvoir créateur de maya et de l’action du karma.

Le karma, c’est la force de création, le principe actif de la pièce divine, c’est l’univers en action. L’essence de l’hindouisme vise notre libération par rapport aux illusions de maya et à la force du karma, en nous faisant prendre conscience, au moyen de la méditation et du yoga, que tous les différents phénomènes perçus par nos sens font partie de la même réalité, que tout est Brahman. […] Tout est Brahman, répéta-t-il. Tout. Y compris nous-même. "

 

 

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau