Laboratoires pharmaceutiques

C'est avec ce type d'exemple qu'on prend conscience que la santé des patients est secondaire et que la course aux profits est la première donnée prise en compte pour la mise sur le marché ou même le développement d'une molécule...Il y a certainement beaucoup de traitements qui auraient fonctionné pour diverses pathologies si les recherches ou la commercialisation n'avaient pas été stoppées pour des intérêts financiers....

 

 

 

traitement de la DMLA

L'état autorise que le médicament contre le cancer Avastin soit aussi prescrit pour soigner la DMLA. Avantage : il est moins cher que le traitement habituellement utilisé, le Lucentis,

Jeudi 27 août, le ministère de la Santé a autorisé par un arrêté le remboursement de l'anticancéreuxAvastin, produit par Roche, dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), une maladie dégénérative de la rétine. Le ministère avait reçu, en juin, le feu vert de l'Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM). Celle-ci a délivré une autorisation spécifique pour que l'Avastin puisse être aussi prescrit dans le traitement de la DMLA dans un cadre hospitalier.

La ministre, Marisol Touraine, entend désormais favoriser l'utilisation de l'Avastin à la place duLucentis de Novartis pour soigner la DMLA. Elle a de bonnes raisons pour cela. Alors qu'une injection du médicament de Novartis coûte 900 euros en moyenne, une injection d'Avastin coûtera, selon le ministère, autour de 30 euros. Le traitement de la DMLA, maladie qui touche 900.000 personnes, a coûté quelques 428 millions d'euros en 2013 ; la prescription de l'Avastin pourrait donc permettre à l'Assurance-maladie de réaliser de substantielles économies, «dans le respect de la sécurité des patients», souligne Marisol Touraine.

Engager une dynamique

Ces économies sont toutefois difficiles à évaluer, précise le ministère de la Santé, dans la mesure où elles dépendent du taux de substitution effectif de l'Avastin dans les hôpitaux. «Il n'y aura aucune réticence du côté des médecins si les médicaments présentent la même efficacité et des effets secondaires identiques», affirme Patrick Gasser, le président de l'Union nationale des médecins spécialistes. Il est en revanche «évident, selon lui, qu'il y aura des réticences de la part des patients. Mais, peu importe, conclue-t-il, l'important, c'est d'engager une dynamique».

Deux obstacles pourraient cependant s'opposer à la substitution de l'Avastin au Lucentis. D'une part, les conditions d'utilisation de l'Avastin par les hôpitaux ne sont pas incitatives. Le ministère a fixé le prix de remboursement de ce produit à 10 euros par injection, alors que le coût de préparation est supérieur, selon Thierry Bour, président du Syndicat national des ophtalmologistes de France, qui dit ne pas comprendre pourquoi le prix fixé est si faible. Par ailleurs, l'autorisation donnée par l'ANSM en juin est temporaire, et les hôpitaux désireux d'utiliser l'Avastin doivent se soumettre à des procédures assez lourdres.

Recours devant le Conseil d'État

D'autre part, Roche a déposé, le 20 août, un recours devant le Conseil d'État contre l'arrêté ministériel permettant le remboursement de l'Avastin dans le traitement de la DMLA. L'utilisation de l'Avastin est donc conditionnée par la décision du juge, mais la date de l'audience de référé n'est pas encore connue.

Le laboratoire suisse affirme que l'Avastin, malgré les effets positifs largement constatés, n'est pas adapté à la DMLA. En réalité, l'objection de Roche est peut-être moins médicale qu'économique. Les molécules de l'Avastin et du Lucentis ont toutes deux été développées par Genentech. Ce laboratoire américain a conclu un accord de commercialisation avec Novartis valable dans le monde entier, à l'exception des États-Unis, où Genentech conserve son brevet exclusif. Or, Genentech a été racheté en 2009 par Roche. Ainsi, quand Novartis vend son Lucentis, il verse une partie de ses recettes à Genentech, c'est-à-dire une filiale de... Roche.

La différence de prix entre le Lucentis et l'Avastin est telle qu'il est plus avantageux pour Roche de percevoir, par l'intermédiaire de Genentech, des redevances de brevet sur les ventes de Novartis que de vendre l'Avastin à la place du Lucentis. Les intérêts de Novartis et de Roche sont donc convergents. Cette situation se rapproche encore un peu plus de l'entente quand on sait que le laboratoire Novartis détient un tier de Roche, qui a donc encore moins intérêt à aspirer les parts de marché de son actionnaire. Les deux groupes ont déjà été condamnés, en mars 2014 par l'autorité de la concurrence italienne, à 182,5 millions d'euros pour avoir tenté de s'entendre pour empêcher la commercialisation de l'Avastin comme traitement de la DMLA.

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