Lectures numériques

Bon et bien voilà, j'ai lu mon 1er roman numérique sur une liseuse Kobo.
Et bien, je ne vois vraiment pas pourquoi j'irais acheter du papier... C'est très facile à utiliser, dix-sept livres enregistrés (Merci Anita), j'ai commencé à lire dans le train, la liseuse posée sur les genoux, pas de pages à tenir ouvertes, le défilement du texte est très rapide, l'écran très agréable, la liseuse tient dans la poche de ma veste ou dans ma pochette, peu importe la taille du fichier Je me souviens de ces gros pavés sur lesquels il faut "forcer" sur la structure pour réussir à lire, au risque de décoller les pages...J'ai comme ça démoli deux fois "Citadelle" de Saint Exupéry et "Les sept piliers de la sagesse" également...Et bien, là, au moins, ça n'arrivera plus. Et lire, sans avoir à tenir un bouquin mais à juste faire glisser son doigt sur un écran, et bien, finalement, j'adore.

Alors, voilà, le premier roman d'une longue liste.

Un sacré choc...Une descente aux enfers sans possiblité de retour...Violent, âpre, désespéré et parfois des flamboyances qui apaisent, qui permettent de reprendre espoir, de ne pas somber avec le héros...Groupuscule nazi, des meetings d'un autre temps et qui existent pourtant.

Attention, danger. Il faut être bien en paix pour plonger dans de telles noirceurs.

Une écriture remarquable, parfaitement maîtrisée, des phrases qui résonnent longtemps, des descriptions psychologiques au scalpel.

On en sort le souffle court...Et heureux d'en avoir personnellement réchappé.


À l'heure où nos fantômes rampent sur l'île aux roses de Thierry Desaules

À l'heure où nos fantômes rampent sur l'île aux roses de Thierry Desaules

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Milton Dekker, trente ans, mène une existence harmonieuse entre son compagnon Stanislas et les étranges conversations nocturnes qu’il entretient avec le spectre de Louis II de Bavière – feu Roi des Lunes – lorsqu’il se découvre atteint d’une grave hépatite

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Milton Dekker, trente ans, mène une existence harmonieuse entre son compagnon Stanislas et les étranges conversations nocturnes qu’il entretient avec le spectre de Louis II de Bavière – feu Roi des Lunes – lorsqu’il se découvre atteint d’une grave hépatite. Cette nouvelle bouleversant bon nombre de ses certitudes, le jeune homme décide d’entreprendre un voyage initiatique sur les traces de son frère jumeau Alexandre dont le suicide, deux ans plus tôt à Anvers, demeure inexpliqué. À travers une Allemagne interlope, romanesque et violente, guidé dans sa quête de vérité par le journal intime laissé par Alexandre à l’énigmatique Brivaël, Milton s’apprête à vivre un voyage lyrique, sensuel et cruel au cœur des racines du Mal...

EXTRAIT

« Il était une île. »

Dans la baignoire nappée d’obscurité que la lueur d’une unique bougie éventrait timidement, mon sexe flasque était un insulaire.

En position fœtale, dans la chaleur rassurante et plasmique d’une eau à quarante degrés parfumée à l’eucalyptus, je végétais.

Mon petit orteil souffrait de longue date d’une légère irritation. Je ne l’avais jamais fait soigner, car cette sorte de crevasse qui suintait en permanence me procurait une démangeaison délicieuse. Au cours de mes séances masturbatoires – ou lorsque je faisais l’amour avec Stanislas –, le jeu consistait, lorsque je m’apprêtais à jouir, à gratter la plaie avec force jusqu’à ce que la chair éclate ; la puissance de l’orgasme m’en semblait alors décuplée.

Mon frère Alexandre et moi-même avions vu le jour à l’automne 1982.

Du plus loin que je me souvienne, il n’y avait toujours eu qu’Alexandre. Pour le ludique, la complicité, comme pour l’affectif.

Bien sûr, le sexe était venu plus tard ; par l’onanisme mutuel à l’orée de l’adolescence, à goûter nos spermes dans le silence imposé et l’obscurité ouatée de la demeure familiale. Nous avions exprimé conjointement notre dégoût en fronçant ces nez que nous avions similaires.

De tout temps, Alexandre avait été le dominant de notre couple gémellaire. Je n’en étais pas dupe. J’avais le souvenir flou, enfant, d’une petite fille rampant dans le bac à sable du square où nous emmenait régulièrement notre mère. Je la revoyais rire aux éclats alors qu’Alexandre et moi nous efforcions de lui retirer une chaussette rose, brodée de petits lapins hilares. Cette innocence – qui s’étalait en farandole autour de la cheville de la gamine – s’était perdue dès lors que, enfin propriétaire de la chaussette, Alexandre m’avait intimé l’ordre de lécher le petit pied mis à nu. Je m’étais exécuté tandis que mon frère insistait, vachard : « La langue entre les doigts de pieds ! Vas-y Milton, vas-y ! »

Les lapinous avaient foutu le camp, la gamine chouinait un peu. Étrangement, j’avais savouré de voir Alexandre diriger ainsi les opérations tandis que ce dernier, à n’en point douter, s’était offert un gigantesque orgasme cérébral.

Il y avait là une catastrophe en latence, un drame prêt à fondre sur lui comme une nuée de sauterelles folles.

En y repensant, je frissonnais parfois, une ambiguïté glacée me courait alors sur l’échine.

Il y a deux ans, Alexandre s’est tué.

Dans son appartement d’Anvers, les forces de l’ordre l’ont retrouvé suspendu par le cou dans son dressing. Il n’a laissé ni lettre ni message sur son répondeur. Rien. Le rapport de police indiquait froidement qu’il avait d’abord tenté de se pendre à la tringle de son rideau de douche avant d’essayer de s’ouvrir les veines sans plus de succès.

Anvers, comme toutes les villes portuaires, était violente et sensorielle, striée de rues où s’étiolait une odeur de pisse, de rouille et d’iode. Pour moi, elle exhalerait à jamais le parfum du cadavre d’un pervers, le parfum du cadavre d’Alexandre. Les odeurs, les souvenirs et l’odeur tenace du souvenir m’avaient fait jurer de ne plus y mettre les pieds de toute ma foutue vie.

Par la fenêtre de la salle de bains, je regarde les hortensias roses. Un rose enfantin et lumineux, un rose de chaussette de petite fille.

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