Roman : "Tous, sauf elle"

 

Un 13 ème roman... 

Tout ce que je lis depuis deux ans et que je tente de recouper dans une fiction. 

La guerre, l'urgence climatique, le pic pétrolier, les groupes financiers qui gouvernent en secret, le terrorisme, un monde ultra violent.

"No future"

Et plus je me documente, plus je pense que cette fiction sera totalement réelle.

Au point que je ne suis pas certain d'avoir fini l'écriture avant l'échéance.

Il y a déjà un évènement que j'avais imaginé et qui a eu lieu.

Et je trouve cela terrifiant. 

 

L’image contient peut-être : une personne ou plus et plein air

"TOUS, SAUF ELLE"


Chapitre 1
Un séisme sans fin, un chaos qui n’a plus de limite. Aucun bâtiment n’était épargné, aucune rue n’était praticable. Il ne restait que des débris, des ruines noircies par les incendies, des façades perforées, éventrées, suspendues dans des équilibres précaires, des murs criblés d’impacts de balles, des trous d’obus, de missiles, de roquettes, des gravats ou des pans entiers de maisons jonchant le sol, des voitures calcinées, retournées, projetées dans les airs par les bombes, des trottoirs béants comme des tombes ouvertes, des fenêtres béantes comme des orbites de cadavres. 
Un séisme guerrier, un déluge de feu et de sang, une ville entière dévastée par les combats, des mois de luttes et de ravages.
Wallid était mort dans ses bras, crachant le sang de son poumon perforé, Hassan avait été écrasé par une dalle de béton pulvérisé par un tir de missile, sa tête dépassant de la chape, les yeux exorbités, tout son sang vomi maculant son visage, Zina avait déclenché sa ceinture d’explosifs quand les soldats l’avaient encerclée, des frères de lutte gisant dans tous les quartiers, des corps abandonnés à la pourriture, des blessés agonisant pendant des heures, des hurlements qui déchiraient les rares accalmies, des tirs de mortiers qui visaient les mourants, l’odeur âcre de la poudre qui se mêlait à celui des viandes brûlées, les chenilles des tanks qui déchiquetaient les blessés, la folie de la mort quand elle tient les rênes, des haines viscérales qui servaient de guide suprême.
Il avait tué tant d’infidèles qu’il en jouissait à les compter mais il avait perdu la femme qu’il aimait, il avait perdu ses amis, il avait perdu la bataille de Mossoul.
Il avait senti dans les nuits sans sommeil cet effacement de toute limite. Il pourrait mourir sans aucune retenue, sans la moindre peur, le moindre regret, il n’y avait plus rien de vivant en lui, sinon la rage et la volonté de tuer encore et encore. Il ne vivait plus que pour la mort. Celle des ennemis tout comme la sienne. 
Lorsque Farid était mort, il avait décidé de quitter la ville. Son frère, abattu par un sniper, la tête éclatée, en pleine course. Il l’avait vu tomber devant lui, la chair et le sang giclant dans un éclair. Il n’avait rien pu faire. 
Il aurait pu mourir à Mossoul mais la joie de ses ennemis lui aurait été insupportable. 
Il avait rasé sa barbe, abandonné son fusil et son arsenal, il avait traversé les quartiers en ruines à travers les réseaux installés par les frères. Il avait une mission désormais. Une autre mission. 
Tous les frères morts seraient vengés."

 

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