Scott Peck, (blog "Chez Tom")

Le chemin le moins fréquenté

Livre de Scott PECK - Genre : Psychologie

http://www.cheztom.com/rencontres-le-chemin-le-moins-frequente-scott-peck-article66.html

C’est dans ce livre que j’ai puisé ma définition de l’amour, je vous le recommande donc mais avec du recul pour la dernière partie de l’ouvrage. sentier

L’auteur est psy et alimente son essai de nombreux exemples qui rendent la lecture très vivante. Je suis plutôt d’accord avec lui sur ce que doit être une relation entre un psychothérapeute et son patient, sur le degré d’implication que suppose une telle thérapie. Il témoigne également du nombre de patients qui préfèrent reculer devant les remises en causes familiales, matérielles, affectives... que supposent un vrai questionnement.

A toute personne qui souhaiterait engager une thérapie, je propose ces deux citations :

 

"Ce que tu ne peux pas donner te possèdes"

 

 

"Il faut du courage pour être heureux"

 

Je vous soumets enfin, avec son aimable autorisation, la synthèse du livre réalisée par le Docteur Patrice EON :

 

L’ouvrage de Scott Peck a été écrit en 1978, l’auteur est un psychiatre américain à orientation analytique qui ne fait aucune distinction entre le spirituel et le mental donc aucune distinction entre évoluer spirituellement et évoluer mentalement, pour lui c’est la même chose. Il pense que l’évolution personnelle implique un travail complexe et ardu qui dure toute la vie et considère que la psychothérapie peut être une aide substantielle mais qu’elle n’est pas fondamentale. Il se situe hors tout courant dogmatique, ne se déclare ni Freudien, ni Jungien, ni Adlérien et défend la pluralité des voix vers l’évolution spirituelle.

 

La première partie de son ouvrage est consacrée à la discipline.
Il considère celle-ci comme un outil de base dont nous disposons pour apprendre à affronter les problèmes et à les résoudre avec succès pour s’enrichir et évoluer. C’est grâce à la discipline que l’homme peut se confronter à ses problèmes et à leurs résolutions et grâce aux difficultés de la vie que nous évoluons mentalement et spirituellement. Les gens sages savent, non seulement, ne pas avoir peur de leurs problèmes, mais les acceptent de bon cœur avec la souffrance qu’ils impliquent.

Pour lui, la plupart des hommes ont tendances à contourner les difficultés de la vie plutôt qu’à faire face ; il considère avec Jung que la névrose est toujours un succédané d’une souffrance légitime.

L’objectif de Scott Peck est donc d’élaborer une façon d’aborder la douleur de manière constructive. Il fait pour cela appel à quatre techniques de discipline : retarder la satisfaction, accepter la responsabilité, se consacrer à la vérité, et trouver l’équilibre. Nous reviendrons sur chacun de ces points pour les développer.

Il considère que la plupart des gens sont incapables de retarder une satisfaction, en quelque sorte, ils veulent tout et tout de suite ; seul, une minorité est capable de différer la satisfaction d’un désir ce qui serait le témoignage d’une certaine maturité. Il en fait le commencement d’une autodiscipline. Pour que les enfants puissent développer cette capacité à retarder la satisfaction, il est nécessaire qu’ils aient des modèles d’autodiscipline : un sens de leur propre valeur, une confiance en la sécurité de leur existence. Ces trésors sont acquis grâce à l’amour authentique profond et discipliné offerts par les parents ; Scott Peck pense également que la plupart les hommes ont tendance à différer l’approche de leurs problèmes dans l’espoir que ceux-ci disparaissent d’eux-mêmes ; hors bien évidemment, les problèmes ne disparaissent pas, on doit les affronter sinon ils demeurent, restent toujours une barrière pour l’évolution et le développement de l’esprit. Il nous invite donc à choisir de souffrir maintenant en espérant que la satisfaction viendra plus tard, plutôt que de continuer à profiter de la satisfaction présente en espérant que la souffrance future ne sera pas nécessaire.

La deuxième technique, concernant la maîtrise de la souffrance, consiste à accepter la responsabilité. IL faut en effet accepter d’endosser la responsabilité d’un problème avant de pouvoir le résoudre. Pour Scott Peck, beaucoup essaie d’éviter la douleur en en projetant la cause sur leur entourage, se débarrassant de la responsabilité de la résolution de celui-ci sur les autres. Il considère que les névrosés assument trop de responsabilité alors que les gens qui souffrent de troubles du caractère n’en assument pas suffisamment ; Il insiste sur le fait qu’il est plus facile de travailler en psychothérapie avec des névrosés qui s’estiment coupables qu’avec des personnes souffrant de troubles du caractère qui ne se sentent pas responsables de leur situation.

La troisième technique de discipline, c’est le culte de la vérité. Pour lui, la vérité c’est la réalité et notre façon d’appréhender la réalité est subjective ; notre vision du monde est comme une carte sur laquelle nous pouvons déterminer les territoires de notre vie. Nous ne naissons pas avec une carte, il nous faut la dessiner ; ce n’est pas une chose facile et plus nous persistons dans nos efforts pour percevoir la réalité, plus notre carte devient étendue et précise. Scott Peck insiste ensuite sur la nécessité de redessiner cette carte en fonction des circonstances de la vie. Lorsque l’on s’est longuement, courageusement évertué à dessiner une carte adéquate qui paraît utilisable et qu’on est confronté à de nouvelles informations qui l’invalide, on s’aperçoit alors qu’il faut la recommencer. L’effort est douloureux, il peut être accablant et effrayant. Nous dépensons donc souvent beaucoup plus d’énergie à défendre une carte périmée qu’il ne nous en aurait fallu pour la réviser. Il fait ensuite un parallèle entre la situation de transfert et l’image d’une carte périmée. Pour lui, le transfert est un ensemble de perception, une approche du Monde et un comportement développé pendant l ’enfance qui est transféré dans l’âge adulte où il n’est plus utilisable. Il insiste sur le fait qu’il est très difficile de se défaire d’un comportement qui a été efficace. Il pense en effet qu’un trouble névrotique est bien souvent un anachronisme. C’est la reproduction dans le présent de comportements infantiles qui étaient adéquats lorsqu’ils ont été mis en place pour la première fois, qui se sont répétés de façon itérative tout au long de la vie sans jamais être remis en question. Ainsi donc, consacrer sa vie à la vérité consiste en une remise en question permanente et rigoureuse. Consacrer sa vie à la vérité, c’est accepter de la remettre en question ; la seule manière d’être certain que notre carte de la réalité est bonne est de l’exposer à la critique et au défit des autres cartographes. L’entreprise de la psychothérapie est une remise en question délibérée de ses vérités de l’enfance. Scott Peck considère que les patients en thérapie sont, contrairement à l’image stéréotypée, des gens plus forts et plus sains que la moyenne dans la mesure justement où ils acceptent de remettre en question leurs vérités infantiles. Scott Peck considère la psychothérapie comme un raccourci légitime et souvent négligé vers l’évolution spirituelle.

L’équilibre est la quatrième technique de discipline.

L’équilibre est la discipline qui nous donne la souplesse ; une part importante du travail en psychothérapie consiste à aider les patients à rendre leur système de réponse plus souple c’est à dire à trouver le délicat équilibre entre les courants conflictuels tels que les besoins, les buts, les devoirs, les responsabilités, les ordres, etc.... et l’essence de cette discipline d’équilibre est le renoncement. Pour qu’une thérapie soit réussie, il faut pouvoir abandonner une partie de son ancien moi. Pour Scott Peck, la dépression est le sentiment qui est associé au processus de renoncement à quelque chose à aimer. Pour lui, les humains, mentalement sains, doivent évoluer. L’abandon de l’ancien moi fait partie intégrante de l’évolution spirituelle et mentale. La dépression est un phénomène normal et fondamentalement simple. La dépression indique dans ce cas de figure, l’imminence de changement majeur obligatoire pour une adaptation réussie et évolutive. C’est en renonçant à leur moi que les humains peuvent trouver dans la vie la joie la plus durable, la plus solide, et la plus extatique ; c’est la mort qui donne à la vie tout son sens. Le processus de renoncement au moi est pour la plupart une progression dans laquelle on s ’achemine par étape.

Scott Peck pose ensuite la question de savoir s’il n’est jamais possible dans cette vie de se libérer de la douleur émotionnelle. Il répond de façon nuancée, oui parce qu’une fois la souffrance complètement acceptée, elle cesse en quelque sorte d’être douloureuse, oui parce qu’une pratique sans cesse augmentée de la discipline amène à la connaissance approfondie qu’une personne spirituellement évoluée domine la situation dans le sens qu’un adulte domine un enfant. Mais il répond également, non parce qu’il y a un grand manque d’efficacité dans le monde, un vide qui doit être combler. Scott Peck pense qu’une façon, peut être la meilleure, de mesurer la grandeur de quelqu’un c’est de mesurer sa capacité à souffrir et il nous prévient que si notre but est d’éviter la douleur et d’échapper à la souffrance, il ne nous ne conseille pas de chercher à nous élever dans la conscience et à évoluer spirituellement.

J’insisterai sur le point suivant, Scott Peck nous dit qu’il faut déjà avoir quelque chose pour pouvoir y renoncer. Vous ne pouvez pas abandonner quelque chose que vous n’avez pas. Il faut donc se forger une identité avant d’y renoncer. Ceci reprend l’idée que j’avais développée dans mon texte sur la Psychanalyse et la Spiritualité : avant d’entreprendre une démarche spirituelle, il faut avoir construit son identité de façon solide en ayant fait si nécessaire une démarche psychothérapique pour pouvoir ensuite aborder le domaine de la Spiritualité.

Pour l’auteur, les techniques de bases, ci-dessus mentionnées, pratiquées sans cesse et profondément, sont à elles seules suffisantes pour permettre au praticien de la discipline ou disciple d’évoluer spirituellement vers les plus hauts sommets.

La deuxième partie de l’ouvrage de Scott Peck est consacrée à l’amour.
Il considère que l’amour est ce qui motive et dynamise la discipline indispensable à l’évolution spirituelle. Il définit l’amour comme la volonté de se dépasser dans le but de nourrir sa propre évolution spirituelle ou celle de quelqu’un d’autre. Il considère qu’il est impossible de faire évoluer autrui sans évoluer spirituellement soi-même. Le sens du mot volonté dans sa définition de l’amour est celui d’un désir d’une intensité suffisante pour être transformer en action.

Pour l’auteur " tomber amoureux " est une expérience spécifiquement érotique, c’est aussi une expérience inévitablement temporaire car tôt au tard la passion s’éteint ; ce qui ne signifie pas que nous cessions d’aimer mais simplement que le sentiment d’amour extatique finit toujours par s’estomper. Tomber amoureux permet temporairement d’échapper à la souffrance de la solitude et l’effondrement temporaire des frontières du moi vécu par la plupart d’entre nous comme une expérience extatique, nous-même et l’être aimé ne faisons qu’un, la solitude n’existe plus. Mais tôt ou tard en réponse aux problèmes de la vie quotidienne, l’individu va se réaffirmer ; alors chacun de son côté, dans l’intimité de son cœur prend amèrement conscience qu’il ne fait pas un avec l’être aimé.

Une à une, petit à petit ou brutalement, les frontières du moi se remettent en place ; la passion s’éteint. A nouveau, les amoureux sont des individus séparés et c’est à ce moment là qu’ils vont soit dissoudre les liens qui les unissaient, soit commencer le travail du véritable amour. En affirmant que c’est lorsque la passion disparaît que les partenaires peuvent commencer à s’aimer vraiment, l’auteur affirme que le véritable amour ne trouve pas ses racines dans le sentiment d’être amoureux. Tomber amoureux n’est pas un acte de volonté. Ceci n’implique pas le dépassement de ses propres limites ou de ses frontières, c’est simplement leur effondrement partiel et temporaire. L’amour véritable est pour l’auteur une expérience d’enrichissement durable contrairement à la passion.

Tomber amoureux suppose donc l’effondrement des frontières du moi et c’est une réponse stéréotypée des humains à un ensemble de pulsions internes et stimuli externes qui sont sexuels et qui servent à accroître la probabilité de l’accouplement afin d’assurer la survie de l’espèce.

Le mythe de l’amour romantique apparaît à l’auteur comme un affreux mensonge. La véritable acceptation de l’individualité de chacun, en l’occurrence de la sienne propre et de celle de l’autre est la seule base sur laquelle un mariage mûr peut être construit et le véritable amour peut se développer.

L’auteur considère la passion comme très proche du véritable amour qui implique le dépassement des limites des frontières du moi. Il appelle cathexis le processus d’attirance d’investissement et d’engagement qui pousse le futur amoureux hors de ses frontières personnelles. Ceci aboutit à une extension progressive de notre moi à une incorporation du monde extérieur et à un développement, à un attirement et à amincissement des frontières du moi. Lorsque au lieu de nous être unis temporairement et de manière irréelle avec un seul objet aimé, nous nous sommes fondus réellement et plus durablement avec une grande partie du Monde alors une union mystique avec ce dernier peut alors être établie.

C’est la différence entre l’expérience des sommets, lorsqu’on tombe amoureux, et ce que Abraham Maslow appelle l’expérience du plateau. La cime n’est pas aperçue furtivement, puis perdue de vue, elle est atteinte pour toujours. Il fait de l’orgasme une expérience d’effondrement temporaire des frontières du moi, qui est alors perdu dans le temps dans l’espace, hors de soi, transporté ne faisant qu’un avec l’univers mais seulement pendant quelques secondes.

L’auteur décrit l’unité durable avec l’univers comme étant associé à l’amour véritable et il la compare à l’unité momentanée ressentie au moment de l’orgasme à l’état amoureux. Il définit le mysticisme comme une croyance en la réalité qui est un tout, une unité. La réalité ne peut être connue que par l’expérience de l’unité, vécue au prix d’un renoncement aux frontières du moi.

Les Indous et les Bouddhistes considèrent que l’enfant, avant le développement des frontières du moi, connaît la réalité tandis que l’adulte ne la connaît pas. Ils précisent toutefois que les frontières du moi doivent être durcies avant d’être assouplies. Une identité doit être établie avant d’être transcendée. On doit se trouver soi-même avant de pouvoir se perdre.

Le Nirvana ou la véritable évolution spirituelle ne peuvent être atteints que par la pratique continuelle de l’amour véritable. Deux personnes ne s’aiment vraiment que lorsqu’elles sont capables de vivre l’une sans l’autre et choisissent de vivre ensemble. L’auteur considère que si notre but dans la vie est de nous faire aimer, nous échouerons. La seule façon de s’assurer l’amour c’est d’être digne d’amour. Et ce but ne peut pas être atteint lorsque l’objectif de notre existence est d’être aimé passivement. Suit, une longue description des couples passifs-dépendant vivant par étayage réciproque et qui ne peuvent développer un véritable amour.

Il considère que la dépendance passive prend sa source dans le manque d’amour, en particulier au niveau de l’enfance. Les passifs dépendants ont une mentalité de drogués et ils pompent l’énergie de leur interlocuteur. Cette dépendance qui peut apparaître comme de l’amour, est en fait une forme d’anti-amour qui prend sa source dans manque d’amour parental et perpétue celui-ci. L’amour implique un changement de l’individu mais le sens d’un dépassement plutôt que celui d’un sacrifice. L’amour élargit le moi et le remplit plutôt qu’il ne le vide.

L’amour est en même temps égoïste et généreux. Dans le cas de l’amour véritable, le but est le but est toujours l’évolution spirituelle. Pour l’auteur, l’amour n’est pas un sentiment c’est une action. Lorsque nous affirmons que l’amour est un sentiment, nous confondons cathexis et amour ; un individu dépendant redoute en général l’évolution spirituelle de l’époux cathecté. L’amour véritable en revanche implique l’engagement et la sagesse lorsque nous nous soucions de l’évolution spirituelle de l’être aimé, nous sommes conscients que notre engagement vis à vis de lui est nécessaire pour lui témoigner activement notre intérêt et que son absence peut être néfaste.

L’amour est donc une forme de travail ou bien une forme de courage. C’est le courage ou le travail ayant pour but l’évolution spirituelle. Si une action n’est ni du travail ni du courage, ce n’est pas un acte d’amour. L’un des principaux aspects que peut prendre l’acte d’amour est l’attention. L’amour est un phénomène à double sens par lequel le receveur donne et le donneur reçoit ; être attentif à l’autre à son écoute est une façon d’aimer l’autre, il faut pour cela mettre entre parenthèses de façon temporaire ses préjugés, ses références, ses désirs pour comprendre de l’intérieur le monde de son interlocuteur ; puisque la véritable écoute est un acte d’amour, elle ne peut être plus appropriée que dans la vie à deux. L’auteur met sur le compte de l’écoute l’amélioration considérable qui peut se manifester en début de thérapie sur le compte de l’écoute, les patients étant le plus souvent véritablement écoutés pour la première fois. La qualité de l’attention est proportionnelle à l’intensité de la concentration pendant ce laps de temps. L’acte d’amour demande de réagir contre la paresse par le travail ou contre la peur par le courage ; le courage n’est pas l’absence de peur mais l’action malgré la peur la réaction contre la résistance qu’engendre la peur de l’inconnu. Pour l’auteur, la plupart des patients en psychothérapie ont des difficultés à affronter carrément et librement la réalité de la mort. La mort peut devenir, comme pour Don Juan de Carlos Castaneda, notre alliée toujours redoutable mais source intarissable de sages conseils. Lorsque nous refusons la mort c’est la nature changeante des choses que nous refusons et nous nous détournons alors inévitablement de la vie.

C’est seulement à partir du moment où on a franchi le fossé vers l’inconnu de l’authenticité du moi de l’indépendance psychologique et de l’individualité que l’on est libre d’avancer vers les chemins plus élevés de l’évolution spirituelle, libre de manifester son amour au plus haut niveau. Les formes les plus élevées de l’amour sont inévitablement de libres choix et nos des actes de conformisme. C’est notre sens de responsabilité qui après le mariage nous permet de réussir la transition entre l’amour fou et l’amour véritable. Les enfants ne peuvent évoluer vers une maturité psychologique dans une atmosphère où l’imprévisible domine et où ils sont hantés par la peur d’être abandonnés. Les couples ne peuvent pas résoudre sainement les problèmes universels du mariage sans avoir la sécurité de savoir que l’affrontement de ces problèmes ne les détruira pas. L’auteur parle ensuite de la nécessité pour le psychothérapeute de s’engager de façon durable et stable dans la relation thérapeutique et il fait du moment où le patient commence à manifester son engagement dans la thérapie comme le tournant de celle-ci.

L’auteur parle ensuite des confrontations incontournables dans les couples. Il définit deux façons de se confronter à un être humain, la première est celle de l’arrogance : j’ai raison et tu as tort, la deuxième est celle de l’humilité. Des époux qui s’aiment doivent pouvoir s’affronter pour l’évolution spirituelle des deux partenaires. La confrontation provoquée avec amour fait partie intégrante de toutes les relations humaines réussies et importantes. Exercer son pouvoir avec amour demande un énorme travail. Par quelle autorité supérieure suis-je habilité à décider ce qui est mieux pour mon enfant, mon époux, mon pays ? Qui suis-je pour oser me prendre pour le bon Dieu ? L’auteur affirme que lorsque nous exerçons notre pouvoir, nous jouons à être Dieu. C’est seulement avec l’humilité de l’amour que les humains peuvent oser l’être ; toutes relations d’amour véritable doivent être disciplinées et parmi les sentiments qu’il faut discipliner, il y a tout d’abord la cathexis, ce sentiment apporte une énergie créatrice mais s’il veut devenir le maître le résultat ne sera pas l’amour véritable mais la confusion et l’improductivité. L’auteur pense qu’il faut choisir qui on veut aimer véritablement, la capacité du récepteur potentiel de cet amour à répondre par l’évolution spirituelle est un élément de ce choix. L’une des caractéristiques principales du véritable amour consiste à maintenir et encourager la distinction entre nous-même et l’autre. Les grandes unions ne peuvent être construites entre des êtres terrifiés par la solitude et qui cherchent à se fondre dans le mariage. L’évolution personnelle et l’évolution de la société sont interdépendantes mais elles sont toujours et inévitablement liées aux efforts évolutifs individuels. L’auteur fait de l’amour un des principaux ingrédients nécessaires à la réussite psychothérapique. C’est l’engagement humain et la lutte, c’est la volonté qu’a le thérapeute de se dépasser dans le but d’alimenter l’évolution spirituelle de son patient. La littérature psychiatrique fait la différence entre les thérapeutes qui réussissent et ceux qui ne réussissent pas. La qualité de ceux qui réussissent est la chaleur humaine et leur capacité à communiquer. Si un psychiatre ou un psychanalyste ne peuvent pas aimer véritablement leur patient, la guérison profonde n’aura pas lieue. L’auteur précise que c’est par amour pour leur patient que les thérapeutes ne s’autorisent pas à tomber amoureux d’eux. Pour l’auteur, toute relation de véritable amour est une relation de psychothérapie mutuelle.

Docteur Patrice EON

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