Unifié, corps et âme. (roman)

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KUNDALINI

"Sat se souleva, plongea son regard souriant en elle puis il s’allongea sur le dos en l’entraînant avec elle. Il l’enserra quelques secondes et entreprit de caresser son dos, des gestes lents et légers, des effleurements apaisants.

« Il faut laisser du temps aux énergies, Maud. Elles se sont unifiées et maintenant, elles vont réintégrer leur demeure. »

Elle ne répondit pas.

Elle sentait sa verge palpiter et elle se surprit à la remercier. Elle, juste elle, comme un hommage. Puis, elle éprouva le désir d’appliquer le même regard aimant sur son vagin. Puis sur son corps. Ses seins, sa bouche, ses fesses, ses cuisses, son dos, son ventre, son visage, ses yeux… Et c’est là, dans le parcours intérieur de son corps qu’elle ressentit une autre présence, comme une observatrice réjouie, bienheureuse, souriante, extasiée…

Son âme. Enveloppée d’amour, sertie dans un écrin cotonneux.

Une évidence qu’elle ne pouvait plus nier. Elle était là, cette âme si longtemps délaissée. Désormais épanouie, comblée, repue tout autant que ce corps qui l’accueillait. Et si ?...

Un doute étrange, une interrogation qu’elle attribua à l’état particulier de tout son être…

Et si ce corps était en réalité enveloppé par son âme ? Ce champ de lumière dans lequel elle s’était vue baigner, était-il une image ? Une illusion, un délire, une rupture de conscience ? Ou bien au contraire, l’accession inespérée à cette conscience cosmique dont Sat avait parlé ?

Elle n’arrivait pas à saisir l’intégralité des pensées qui fusaient en elle, comme des comètes laissant dans leurs sillages glacés des révélations insaisissables.  

Elle accepta les larmes et les laissa s’écouler.

Les yeux dans ceux de Sat.

« Je suis heureuse, je n’y peux rien, Sat. Il faut que je pleure. »

La douceur de son sourire, la flamboyance de ses yeux noirs. Comme deux diamants taillés dans l’onyx.

« Je sais, Maud. Et il ne faut rien retenir. Imagine que ce sont des gouttes bénites que tu offres en hommage. Tu es un calice et c’est l’Amour qui ruisselle. »

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