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  • Au-dessus

    "Rien ne peut venir de rien," disait Line, en classe.

    Et il est donc impossible de ne rien faire. Puisque la vie est là. C'est elle qui "fait" et nous sommes ses supports. La vie s'observe elle-même à travers les formes qu'elle crée. Nous lui devons de l'observer également. S'extraire de nous-mêmes et lui témoigner de notre attention.

    "Que pense la vie de moi ? "

    Une question essentielle à mes yeux.

    Nulle entité déifiée dans ce propos. La religion est un étouffoir. Elle apporte ses réponses sans avoir écouté les questions. Elle fonctionne par à priori.

    Si je tiens à bénir la vie, je n'ai envers elle aucune soumission craintive parce qu'à l'opposé des religions monothéistes, l'amour de la vie élève au lieu de rabaisser à un statut de mécréants ou d'idôlatres.

    "Que pense la vie de moi?" n'est pas une supplique emplie de peur, ni un espoir, ni une adoration liturgique mais un dialogue à établir. Je vis au mieux et parfois au moins pire, la vie observe ce chaos ponctué d'instants de paix. Et quand je m'interroge sur ce parcours, je tente de le faire au regard de cette vie en moi. Non pas par rapport à "moi" mais par rapport à la vie en moi. Ce moi qui n'a pas d'existence mais que la vie anime. Je suis la vie en moi. Et sans la vie en moi, je ne suis rien. C'est là que le rien intervient. Et pourtant, nous vivons parfois avec l'outrecuidance d'en oublier cette vie en nous. Et lorsque nous sombrons, il en naît effectivement l'impression d'un rien, d'un néant, d'un abîme. Mais ce marasme existentiel n'a rien à voir avec la vie. C'est un rien imaginaire et indécent, malsain et destructeur. La vie ne détruit pas. Les errances ne sont pas de son fait mais une conséquence de l'indifférence qu'on lui porte. Ou des accusations qu'on lui profère. Toujours cette immaturité existentielle.

      "Que pense la vie de moi ? " est une interrogation délicate, un regard tendre, juste un geste d'amour de l'enfant vers sa mère.

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  • La force de l'amour (humanisme)

    IMMENSE RESPECT

  • Hachette, je n'achète pas.

    Pourquoi il fait jour et nuit ? Hachette apprend n’importe quoi à ma fille

    Blandine Grosjean | Redchef adj Rue89

    Infosignalée par
    un internaute

    Nous avons reçu un petit coup de gueule d’un père de famille :


    Extrait de « Le Temps, cycle 2 », de Françoise Guichard et Jack Guichard, Les Dossiers Hachette, éd. Hachette, 2011 

    « Impossible pour moi de faire apprendre à ma fille (CE1) les aberrations que l’école veut lui enseigner ! Citation à la lettre de la leçon de ce soir : “Si le jour et la nuit se succèdent sans cesse, c’est parce que la Terre tourne autour du Soleil. Elle fait un tour complet en 24 heures.”

    Je me demande si demain il va falloir que j’apprenne à ma fille que la Terre est plate. »

    L’enseignant n’est pas vraiment responsable de cette hérésie (pour ceux que rien n’aurait choqué, c’est parce que la Terre tourne sur elle-même qu’il y a une alternance du jour et de la nuit).

    Hachette s’en remettra. Mais les écoliers ?

    C’est écrit dans le manuel numérique enseignant « Le Temps, cycle 2 », Les Dossiers Hachette, éd. Hachette, 2011.


    Extrait de « Le Temps, cycle 2 », de Françoise Guichard et Jack Guichard, Les Dossiers Hachette, éd. Hachette, 2011 

    Hachette s’en remettra sûrement. Mais les écoliers ?

    « La culture scientifique est l’un des points faibles des élèves de l’Hexagone », s’inquiétaient les responsables éducatifs après une énième enquête Pisa sur le niveau des élèves français.

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  • Tour de France

    EXCELLENT :))))

    tour-de-france.jpg

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  • José Mujica, président de l'Uruguay.

    EXCLUSIF AFP - José Mujica: "Je ne suis pas un président pauvre, j'ai besoin de peu"

    Le président uruguayen José Mujica s'exprime le 5 septembre 2012 dans son bureau à Montevidéo (Miguel Rojo AFP)

    Le président uruguayen José Mujica s'exprime le 5 septembre 2012 dans son bureau à Montevidéo Miguel Rojo AFP

    http://www.ladepeche.fr/article/2012/09/08/1435305-exclusif-afp-jose-mujica-je-ne-suis-pas-un-president-pauvre-j-ai-besoin-de-peu.html

    "Je ne suis pas un président pauvre, j'ai besoin de peu", explique à l'AFP l'iconoclaste président uruguayen José Mujica, qui reverse presque 90% de son salaire de 9.300 euros à une organisation d'aide au logement et critique la "société de consommation" ainsi que son "hypocrisie" sur la toxicomanie ou l'avortement.

    "Je vis dans l'austérité, la renonciation. J'ai besoin de peu pour vivre. Je suis arrivé à cette conclusion parce que j'ai été prisonnier durant 14 ans, dont 10 où si la nuit, on me donnait un matelas, j'étais content", raconte cet ancien guérillero tupamaro, emprisonné sous la dictature (1973-1985).

    Elu président de l'Uruguay en 2010 sous la bannière d'une coalition de gauche, "Pépé", comme le surnomment les Uruguayens, affiche en effet de solides convictions concernant l'"esclavagisme" moderne consistant "à vivre pour travailler" au lieu de "travailler pour vivre".

    "Le bonheur sur terre (...) ce sont quatre ou cinq choses, les mêmes depuis l'époque de Homère: l'amour, les enfants, une poignée d'amis...", énumère ce président moustachu à l'allure débonnaire, qui ne porte jamais de cravate et apprécie peu les gardes du corps.

    Une antienne développée à la tribune du Sommet de l'ONU pour la Terre de Rio, fin juin, et son discours a depuis été vu plusieurs dizaines de milliers de fois sur des sites de partage de vidéo, lui attirant une renommée mondiale.

    "Les pauvres ne sont pas ceux qui ont peu mais ceux qui veulent beaucoup", répète-t-il au cours d'un entretien accordé à l'AFP dans son bureau de la présidence encombré de maquettes, poupées et statuettes, offertes en grande partie par des investisseurs chinois.

    Sa plus grande richesse ? Le temps. "Quand j'achète quelque chose avec de l'argent, je le paie avec le temps que j'ai passé à gagner cet argent", souligne celui qui a déclaré en mars 2012, à 76 ans, un patrimoine de 170.000 euros, constitué de sa ferme, deux vieilles Volkswagen, trois tracteurs et du matériel agricole.

    Théoricien, il n'en reste pas moins politique. Et pragmatique. "Nous serions des imbéciles si nous n'intégrions pas (le Mercosur) celui qui a l'énergie", déclare-t-il notamment à propos de l'entrée récente du Venezuela dans le marché commun constitué de l'Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay.

    "Je ne crois pas que la géopolitique détermine seule l'Histoire, mais elle existe, et il est très important" d'en tenir compte, explique-t-il.

    Critiquant "l'hypocrisie" des sociétés modernes et des dirigeants mondiaux, il a aussi lancé en juin un vaste débat, qui a dépassé les frontières de ce petit pays de 3,3 millions d'habitants, sur la production et la vente de cannabis sous contrôle de l'Etat, afin de lutter contre le trafic et la toxicomanie.

    "Toutes les addictions sont mauvaises", estime M. Mujica, pour autant, "il y a toujours eu de la drogue, les drogues sont bibliques" et "certains n'auraient pas peint ce qu'ils ont peint s'ils n'avaient pas consommé de la drogue...", ajoute-t-il, un sourire provocateur aux lèvres.

    Interrogé sur l'interdiction de l'avortement alors que la gauche dirige le pays depuis 2005, il reconnaît des blocages "philosophiques, religieux, intimes", jusque dans les rangs de son parti.

    Cette question "devrait être résolue par un vote direct de toutes les femmes d'Uruguay. Et que nous, les hommes, nous nous taisions !", s'emporte-t-il.

    A propos de la France, il déclare, ironique: "En bon pays sous-développé, nous admirons Paris". Et poursuit: "Paris m'émerveille parce que toutes les formes de négritude qui existent au monde (y) sont représentées". Avant de se réjouir: les Parisiens "vont tous finir café au lait !"

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  • Le Shen

    3h45...J'écris...

    Je ne pensais pas en commençant ce nouveau roman que les idées que je voulais explorer m'amèneraient vers la médecine chinoise... Le Shen...



    L'émotion liée au Coeur est la joie, mais en excès, elle peut nuire à cet organe (surexcitation).

    La joie est gérée par le Shen, psyché organique du Coeur où il se trouve. Le Shen est en fait "l'esprit vital", "l'intelligence", dans le sen
    s de "conscience" : celle qui nous permet de juger, d'analyser, de choisir, de décider en posant le pour et le contre : c'est le pouvoir de discernement. Si notre Shen est équilibré, nous avons les idées claires, nous savons alors trier les informations qui nous permettront de choisir la bonne direction ou de choisir en pleine conscience.


    Le rôle de l'intestin grêle étant de séparer le pur de l'impur (les nutriments et les déchets), on voit mieux le rapport qui l'unit à cette entité. Une déficience de l'énergie de l'intestin grêle se manifestera par un manque de discernement. Ne parle-t-on pas également de "l'intelligence du coeur", qui nous amène à agir de manière raisonnée et saine? Si notre Shen est équilibré, notre Coeur l'est également et nous prenons la vie du bon côté, avec joie.

    Le Coeur étant l'Empereur, l'organe suprême, son lien avec les autres organes est étroit : il gère en effet le sang. Les autres organes sont donc intimement liés. Ainsi, le Poumon aide le Coeur à faire circuler le sang, le Foie stocke le sang, la Rate le crée par l'intermédiaire de la nourriture, les Reins le filtre. Par conséquent, au niveau psychique, le Shen est lié aux autres entités psychiques et à leurs émotions : il y est sensible. Les émotions reçues en excès peuvent le perturber à son tour (trop de colère, par exemple, peut empêcher une réflexion juste, une analyse objective). L'activité mentale peut s'en trouver atteinte, engendrant confusion, perte du fil de nos idées, difficulté à s'exprimer clairement etc...

    Je lis, je lis, des dizaines de pages...

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  • L'instit'humeurs.

    Un parfait résumé de la situation à venir.

    Vouloir rentrer dans l'enseignement aujourd'hui relèverait de l'inconscience.


    http://blogs.lexpress.fr/l-instit-humeurs/2012/10/20/peillon-les-instits-seront-les-dindons-de-la-farce/


    Peillon : les instits seront les dindons de la farce

    Mine de rien, c’est une petite bombe qu’a lâché le Café Pédagogique en révélant le premier la teneur des propositions faites mardi 16 par le ministre Peillon lors de la concertation qui a débuté cette semaine. Une bombe, peu relayée dans les médias, dont la déflagration n’a pas fini de secouer les enseignants de primaire et qui dévalue nettement la réforme des rythmes scolaires, semant au passage le trouble quant à la méthode Peillon.

    Abordant la question des rythmes scolaires, Peillon a confirmé que le mercredi matin serait travaillé, que la journée de classe serait bien ramenée à 5 heures de classe au lieu de 6, et a formulé la proposition suivante : l’heure restante (15 h 30 – 16 h 30) sera prise en charge moitié par les collectivités locales, moitié par les instits, qui feront l’aide aux devoirs à leurs élèves dans leur classe entre 15 h 30 et 16 h 00.

     

    Dindons

    On comprend que le ministre ait eu du mal à trouver qui allait prendre en charge la fameuse 6ème heure d’école. On comprend que le gouvernement ait voulu éviter que cette charge ne soit trop grande pour les collectivités locales, invitées à financer l’encadrement de cette 6ème heure. On comprend que l’état ne voulait pas verser un centime dans cette affaire. On comprend surtout que les enseignants étaient la solution idéale : déjà sur place, déjà payés. Les voici donc chargés d’éponger le manque de moyens d’une réforme qui ne se donne pas les moyens. Les instits vont prendre sur eux les contradictions de la réforme. Ils permettront, seuls, de colmater les brèches nées du décalage entre les intentions et la réalité. Ils paieront les impossibilités structurelles et les empêchements économiques. Les instits, « variables d’ajustement d’un jeu de dupe » (Christian Chevalier, ici).

    Voilà un coup qui risque de peser assez lourdement sur le moral des enseignants. On leur avait dit, pas d’augmentation, malgré la perte vertigineuse et constante du pouvoir d’achat depuis 10 ans (cette semaine encore un rapport d’Eurydice confirme l’énorme perte de pouvoir d’achat des enseignants français sur la dernière décennie). Ils ont accepté, la gorge nouée, les instits ne sont pas plus cons que d’autres, ils sont capables de comprendre que les caisses de l’état sont vides, pas d’augmentation.

    On leur avait dit, venez une demi-journée de plus par semaine. Ils ont dit d’accord, ils étaient de toute façon les premiers à dire majoritairement que 4 jours d’école était la pire solution. On leur a donc dit, venez le mercredi à l’école. Ils ont dit d’accord, dans l’ensemble, même si certains auraient préféré le samedi. On leur a dit que le mercredi, c’est mieux pour les familles et le tourisme et ils ont dit c’est pas faux, ça s’entend.

    Ils ont dit d’accord à tout ça, malgré tout, avalant leur chapeau à l’occasion, dans l’espoir que cela change les choses, pour les élèves, pour leur classe, pour eux.

    Voilà qu’on leur demande de venir travailler plus pour gagner pareil. Eux qui travaillent en moyenne 40 heures par semaine, d’après l’Inspection Générale, eux qui sont parmi les enseignants qui travaillent le plus de tout l’OCDE, pour un salaire nettement inférieur à la moyenne.

    Surtout, au-delà de leur propre sort, ce qui apparaît de plus en plus nettement aux instits, c’est que cette réforme est en train de se vider de son sang, victime de trop d’incohérence, grosse de trop de contresens, et que tout ce qu’elle était censée apporter, changer en profondeur, s’est perdu en route.

     

    Farce

    Dès le départ, quand on a annoncé que les journées des élèves seraient moins denses, moins chargées, on était dans l’imposture. Plus courtes elles seront, les journées, certes, mais avouez que 5 h 30 au lieu de 6 heures, ça ne risque pas de changer grand-chose. Et puis, ces journées ne seront certainement pas moins chargées, car dans l’affaire on perd une heure de classe par semaine (23 h au lieu de 24), soit 36 heures sur l’année. Pour faire la même chose qu’avant. En plus vite, donc. En plus pressé, ou alors pas en entier. Dans tous les cas, les élèves en difficulté seront les premiers à trinquer.

    Imposture 1 : les journées seront en fait plus denses.

    Les devoirs faits à l’école, c’est dans l’air depuis un moment et pourquoi pas, après tout. Question d’égalité, certains n’ont pas la chance d’avoir des parents derrière eux. Mais ce que propose Peillon frise le ridicule : 30 minutes dans la classe, avec tous les élèves. Soit une minute par élève, en gros. Ah, ils vont être bien faits les devoirs ! Ah elles vont être bien sues les leçons !

    Imposture 2 : faire croire que les devoirs peuvent être faits dans ces conditions relève de la supercherie.

    Sans compter que, après les devoirs, les collectivités locales prendraient le relais pour… 30 minutes. Si on compte les déplacements, le passage aux toilettes, etc., il restera 20 minutes aux collectivités pour faire quoi ? Rien. On parle d’éveil artistique et sportif, on aura à peine de la garderie dans la cour de récré.

    Imposture 3 : en 30 minutes, le périscolaire ne pourra rien mettre en place.

    Tout se passe donc comme si on voulait sauver les apparences : laisser penser que le nouveau rythme de l’école va enfin permettre des journées plus calmes, plus légères, et ainsi la progression de tous ; laisser croire que les devoirs seront faits correctement et les leçons sues lorsque les enfants rentreront chez eux ; laisser imaginer que les élèves s’enrichiront et se cultiveront sur le temps périscolaire de fin de journée.

     

    La fin de l’aide personnalisée, mauvaise solution

    A moins que tout ceci précède une autre annonce : la fin de l’aide personnalisée. Ce dispositif avait été mis en place par Darcos en 2008 suite au passage à la semaine de 4 jours. Parmi les 108 heures annuelles de travail des enseignants dégagées par la mesure, 60 avaient été affectées à ce qu’on appelle communément le « soutien ». Ce dispositif a toujours été décrié : d’abord parce qu’il a permis à Darcos puis Chatel de démanteler les RASED, les Réseaux d’Aide Spécialisée aux Elèves en Difficulté chargés d’une expertise que ne possède pas l’instit lambda ; mais aussi parce qu’il n’a pas montré, sur le long terme et à grande échelle, son efficacité, ajoutant de surcroit une heure de classe à la journée déjà chargée d’élèves facilement débordés.

    Peillon s’est déjà prononcé en faveur de l’arrêt de l’aide personnalisée. Ira-t-il au bout de sa logique ? Dans ce cas, deux heures de travail devant élèves seraient libérés dans le planning des instits, ce qui correspond exactement aux 4 x 30 minutes d’aide aux devoirs à venir… Sauf que la fin du soutien ne serait de toute façon pas une réponse aux problèmes soulevés plus haut. A l’imposture de l’aide aux devoirs telle que proposée s’ajouterait la suppression de ce qui reste sur le papier une aide aux élèves en difficultés. Et comme Peillon n’a pas les moyens de relancer les RASED…

     

    A quoi joue Peillon ?

    Peu importe les contradictions, au fond, pour Peillon : d’une part il donne le change aux familles (« aucun enfant ne sera hors de l’école avant 16 h 30 », et plus de corvée de devoirs à la maison), d’autre part il évite la grogne des collectivités locales, enfin surtout il ne débourse pas un sou. Gagnant gagnant.

    Reste que du côté des enseignants, c’est plutôt perdant perdant. Les syndicats sont interloqués. « Où est passé l’ambitieuse réforme des rythmes scolaires et ses objectifs de réussite pour tous ? » demande le SNUipp, principal syndicat du primaire, qui déplore « une journée pratiquement aussi longue, une demi-journée supplémentaire le mercredi matin, un deuxième trimestre toujours aussi déséquilibré ». « Si on ne fait que réduire les journées des élèves d’une demi-heure, on sera loin de la grande réforme promise », déclare le SE-Unsa. Le SNES met en garde contre un « risque de désillusion ». « Si les enseignants ont l’impression qu’on les mène en bateau, cela peut déclencher une vague de colère ».

    Une colère qu’on a pu vérifier cette semaine sur les réseaux sociaux, où les premiers intéressés se pincent pour y croire : hébétude, atterrement, frustration, incompréhension, déception. Rage. Sentiment, une fois de plus, que la réforme se fait en dépit du bon sens, dictée par tous les impératifs sauf ceux annoncés : le bien des élèves, de la classe.

    Peillon pourrait bien sûr faire comme si de rien n’était : après tout il lui serait facile de retourner l’opinion contre ces instits corporatistes qui ne pensent qu’à leur bien-être et sont incapable d’accepter la première réforme venue, de venir travailler une heure de plus chaque semaine. Car les choses ne manqueront pas d’être résumées ainsi. Les enseignants connaissent la musique de la dévalorisation, de la stigmatisation, la Nation prise à témoin, ils l’ont entendue pendant des années.

    Sauf qu’il ne s’agit pas d’eux, ici, pas seulement. Que ce soit clair : ce sont les buts que s’est fixés Peillon lui-même qu’il est en passe de manquer. Les intentions de la réforme étaient louables, la tournure qu’elle prend la vide de tout son sang.

    Après les espoirs suscités à son arrivée, réels, et la lune de miel qui a suivi, les rapports entre Peillon et les enseignants pourraient se dégrader sérieusement. Parce que le ministre n’hésite pas avec cette proposition à faire des instits les bous-émissaires de la réforme, mais surtout parce que la connaissance des dossiers, le volontarisme, la justesse des diagnostics et la vision pertinente dont avait fait preuve jusqu’ici Peillon ont commencé à se lézarder, et avec, les espoirs de changement.

    On sait les sentiments qu’inspirent les plus grandes déceptions.

     

     Suivez l’instit’humeurs sur Facebook.


    VOUS POUVRE LIRE LES TRES NOMBREUX COMMENTAIRES SUR LA PAGE DE L AUTEUR;

    Un exemple et une vision à laquelle j'adhère pleinement. La population ne soutiendra pas les enseignants parce que l'image des enseignants est désastreuse. Et à juste titre parfois. Point barre. Et Peillon le sait parfaitement bien. C'est même là-dessus qu'il a planifié sa "réforme"...

    Bonjour,

    La lecture de l’article publié par l’instit’humeurs et des réactions de ses collègues me laisse un peu mitigée.

    Toujours le même vieux débat « entre soi », des enseignants complètement vissés dans leur univers et qui n’en sortent pas. Nulle volonté de dialoguer avec les parents – je ne parle pas des parents délégués et encore moins de ceux qui adhèrent à une des deux grosses fédérations : non, le parent lambda, qui bosse en entreprise et qui suit comme il-elle peut, entre le retour du boulot, les courses, ses cinq semaines de congés annuels et quelques RTT qu’il-elle distribue comme ça s’arrange, entre les jours de grève des enseignants, des ATSEM/ATSEP, les fermetures de cantine, les enfants malades … Ce parent qui, le soir, se trouve aux prises avec un enfant qui ne « rentre » pas en sixième, mesdames et messieurs les PE, mais qui y entre (c’est suffisant, pas besoin du « r » superflu).
    Ce parent se trouve avec un enseignant qui donne par exemple, en quatrième (eh oui, son enfant a grandi), 17 exercices de maths à faire du jour au lendemain pendant que le prof d’allemand prépare son contrôle du mois et que le prof d’histoire-géo distribue trois pages à apprendre pour deux jours après, mais il faut s’avancer, et .. Ah oui, en français on a un monologue à apprendre et quatre questions auxquelles il faut répondre, j’oubliais l’anglais et le contrôle de SVT pour la fin de la semaine.
    Cela ne fait rien, l’enfant avait de l’entraînement. En primaire il-elle avait déjà eu des kyrielles de devoirs et leçons à faire (totalement hors textes, mais ça ne fait rien, les enseignants ont l’habitude de faire leur petite cuisine en louvoyant entre les circulaires).
    Si vous voulez que la demi-heure en question soit productive, ne donnez aucune devoir, c’est tout.
    Maintenant, il est certain que le corps des PE a davantage d’heures de présence que le corps des certifiés – et ne parlons pas des agrégés. Il est certain qu’il a en charge des enfants souvent (collectivement) épuisants. Bon, ce n’est tout de même pas le bagne qu’on décrit dans ces réactions.
    Je précise que j’appartiens à la même maison, que j’ai fait une carrière tardive (courte mais bonne, merci) dans le secondaire à des postes enviables tels que prof de lycée professionnel, chef de travaux puis chef d’établissement adjoint. A l’époque, j’avais le plaisir de voir les feuilles de paie de mes collègues enseignants qui gagnaient plus que moi avec leur heure supp. syndicale (19 heures au lieu de 18, tenable) et les indemnités diverses. Et qui partaient en vacances le soir de la sortie au lieu de se mettre à trimer quand tout le monde s’en allait ou de faire comme moi des semaines de 70 heures de présence dont 50 heures de travail administratif et 20 heures de SAMU-tous-azimuts.
    J’ai pu apprécier de l’intérieur à la fois le professionnalisme et le dévouement de certain-e-s, mais aussi hélas le je m’en foutisme d’une majorité peu préoccupée déjà d’enseigner dans un français correct (je vois dans ces colonnes que le mal s’étend et qu’on ne maîtrise plus que les temps de l’indicatif, et encore). Je dis bien « d’une majorité ». Cette majorité est celle qui « s’occupait » de mes enfants, qui s’occupe de mes petits-enfants, et je passe une partie non négligeable de ma retraite à pallier les insuffisances, je dirai, du système, pour ne pas accabler les enseignants mais il y a un peu d’eux tout de même dans ce système, non ?
    Vos réactions montrent cette médiocrité, au-delà de la justesse de certains arguments à propos d’une réforme qui ne devrait pas porter ce nom d’ailleurs.
    Une réforme, c’est une remise à plat du système et une refondation des grands principes qui le gouvernent, une nouvelle façon de penser l’enseignement et l’éducation, une entreprise de grande envergure précédée si possible d’une très large consultation nationale.
    Il y a, dans ce beau ministère, des gens qui savent penser et qui sont les IGAEN. J’en ai rencontré quelques-uns au hasard d’audits d’établissements. Ils auraient pu être partie prenante du débat car ce sont de bons techniciens et de bons intellectuels. On ne les a pas beaucoup entendus …
    Comme vous tous, je ne vois rien d’enthousiasmant dans la réforme Peillon qui en effet, est minimaliste, incohérente et va faire porter l’effort, comme le dit le billet de l’instit’humeurs, à la fois sur les communes et sur les fonctionnaires d’état que vous êtes. Je conçois que cela vous embête, mais rappelez-vous bien que ce sont des générations d’enseignants et leurs syndicats qui ont ficelé le système comme il est aujourd’hui : immobiliste, inamovible, étriqué, où toute « réforme » au sens plein du terme met généralement l’ensemble des salariés dans la rue, conduisant ainsi les gouvernants, d’un gouvernement l’autre, à une prudence qui prend le pas sur le sens.

    Quant à Peillon, en effet, sa carrière dans l’EN ne lui donne aucune légitimité pour penser quelque réforme que ce soit. Il a d’ailleurs commencé son boulot de ministre en disant quelques sottises passées inaperçues sur l’enseignement professionnel, il la continue en commettant des boulettes hélas lourdes de conséquence sur l’enseignement primaire … Bon, il est conforme à l’ensemble de l’équipe, non ?

    Hé bien, on a eu voici trente ans un premier ministre plutôt apte à comprendre les Français, il s’appelait Bérégovoy, on l’a poussé au suicide.

    Alors nous méritons nos technocrates et nos crânes d’oeufs.
    Désabusée et néanmoins vôtre.


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  • A CŒUR OUVERT : Le destin et l'intention de la vie

    Coeurouvertwhite

    "Nous vivons dans des schémas de pensées, des répétitions rassurantes sur lesquelles nous bâtissons l’identification qui nous convient et que les autres adoptent. C’est l’habitude. Un leitmotiv ronronnant. Tout ce qui porte atteinte à cette mélodie connue est considérée comme une agression, une atteinte à cette liberté que nous croyons posséder. Alors, nous renforçons les défenses. Accumulation de biens, accumulation de relations, accumulation de connaissances. Mais il n’y a aucune compréhension interne. Tout cela reste tourné vers l’environnement immédiat, une scène onirique. Personne n’est là, réellement. C’est un théâtre de marionnettes. La révélation du drame vient fermer le rideau, les acteurs disparaissent, le jeu s’arrête, le public a quitté la salle, les lumières se sont éteintes. Si les résistances sont suffisamment puissantes, l’individu concerné prend peur. Il appelle au secours, il crie, il hurle, il maudit la vie et ses épreuves. Mais si la rupture est totale, la porte s’ouvre. L’individu découvre une autre forme de perception. Il ne comprend rien mais pourtant, tout tombe en lui comme dans un puits ouvert. Plus aucune résistance. À cœur ouvert. C’est ainsi que je nomme cet état.

    -Et pourquoi dites-vous qu’il n’y a pas de hasard ?

    -Parce que c’est une intention. Celle de la vie elle-même. Elle a un projet. L’extrême complexité du phénomène vivant ne peut pas être vide de raison. Non pas une raison cartésienne et castratrice mais une raison comme un objectif. Il y a une raison à tout ça.

    -Et le drame serait une ouverture ?

    -Parce que nous rejetons d’emblée l’idée d’une exploration. Le paradigme établi sert de modèle éducatif. Nous nous sommes trompés.

    -Cela signifierait que la vie n’a pas su prévoir ce qui arriverait ?

    -Peut-être avions-nous le potentiel et qu’elle nous a laissé le choix de nous en servir. Certains y parviennent sans attendre. D’autres sont sur le seuil. Ils ont juste besoin d’une aide provisoire, un coup de pouce de ce destin qui n’en est pas un.

    -Pas de destin non plus alors ? Tout comme le hasard ?

    -Non, évidemment. Mais il y a une volonté qui ne nous appartient pas. L’idée de destin suppose que nos vies sont écrites d’avance. Ce qui existe, ce n’est pas un destin fixe et irrémédiable, mais des tendances, des influences profondes, liées à notre passé, nos racines, notre milieu social, notre époque, toute notre éducation. Le destin qui concerne notre futur est une invention du passé. Tout ce qui a été vécu est projeté dans l’avenir si l’individu n’en a pas conscience. C’est comme s’il polluait à priori un espace vierge. Il n’y a rien d’écrit mais il existe un réseau gigantesque d’influences. Il dépend de chacun de les identifier et de s’en extraire si nécessaire. Le destin n’existe pas fondamentalement, c’est l’apathie spirituelle qui le créé. C’est là que je pense que se situe la volonté de la vie. Que nous devenions lucides. Le destin est une vision étroite de nos existences. La volonté de la vie est de nous apprendre à aller voir plus haut.  

    -Je n’ai jamais eu l’impression d’avoir évolué au seuil de cet espace avant mon infarctus. Pourquoi moi ?

    -Je n’en sais rien. Et pourquoi moi d’ailleurs ? Et pourquoi pas Tyler ? J’y ai tellement songé que j’ai fini par comprendre qu’il n’y a pas de réponse. Pas à mon niveau de compréhension. Comment pourrais-je ramener à mon échelle le projet d’un Univers alors que j’évolue dans le creuset étroit d’une vie modélisée ? Lorsque la prétention humaine atteint un tel aveuglement, plus rien n’est possible. À la raison de l’Univers, j’oppose la raison de mon conditionnement. Et plus je progresse dans des connaissances ingérées, plus je m’éloigne de l’ouverture de la porte. »

    Un tel choc. Il n’avait rien à opposer, rien à ajouter. Le chemin se devait d’être personnel.

    « Si tu n’es pas toi-même, qui pourrait l’être à ta place. C’est de Henry David Thoreau, précisa-t-elle. Et je ne veux pas me détacher de ça. C’est pour ça que j’écris. Je pense que seule cette démarche permet d’extraire de soi l’essentiel. Les pensées sont insuffisantes, elles sont trop volages. Si vous cherchez à les développer avec vos semblables, elles se perdront en cours de route parce qu’elles opteront pour la confrontation ou la séduction et cette intention, quelle soit conflictuelle ou imitative, vous arrachera à vous-mêmes. Rien ne peut se faire hors la solitude existentielle. Les mots seront des balises, des scalpels, les outils de l’autopsie. Lorsque j’écris, ce sont les mots qui créent le courant de l’exploration, ils se nourrissent les uns les autres, Il ne s’agit pas seulement de pensées mais de sculptures. Tout reste gravé et la contemplation des architectures déclenche immanquablement le désir de reprendre le burin et de tailler encore et encore dans la masse. Sans ces écrits, vos pensées se sont évanouies depuis bien longtemps déjà. Vous est-il déjà arrivé de parvenir à prolonger le travail déclenché par une pensée, deux, trois ou dix jours après son apparition ? Non, bien sûr, c’est impossible. L’essentiel s’est perdu en route. Il vous restera peut-être le thème principal mais vous devrez reprendre le chemin au départ et même si vous parvenez à retrouver une balise sur le chemin, vous n’aurez plus aucun retour possible sur le chemin parcouru. Vous avancerez par bonds. Rien de continu, rien de linéaire. Juste des pensées anecdotiques et sporadiques. Il est impossible à mes yeux de progresser de cette façon. Et c’est très représentatif justement de la dispersion chronique d’une immense partie de la population. D’autant plus que les bonds sont programmés par les phénomènes extérieurs. L’actualité, les médias, les liens sociaux, la famille, les contingences quotidiennes, professionnelles ou autres. Beaucoup trop de parasites ou d’interférences. Les individus n’ont pas de continuité intérieure. Ils vivent par bonds incontrôlés. »

    Elle s’arrêta.

    Il l’observait. Elle n’avait pas bougé. Toujours cette tenue de tête, le dos droit, les mains posées sur les cuisses, aucun geste insoumis, aucune tension ou marque d’énervement, une exigence physique, un complet contrôle, un reflet matérialisé de son univers intérieur.