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  • Suzanne Citron, historienne, lettre à Mr Peillon.

    Suzanne Citron

    Suzanne Citron

    Nom de naissance Suzanne Grumbach
    Naissance 1922
    Ars-sur-Moselle
    Activité principale historienne et écrivain française
    Ascendants David Lévi Alvarès
    Conjoint Pierre Citron [1]

    Suzanne Citron, née Suzanne Grumbach (née en 1922) est une historienne et écrivain française.

    Biographie

    Ses deux grand-pères sont le général Paul Grumbach et le président de la Cour d'Appel de Paris, Eugène Dreyfus. Elle étudie au lycée Molière, à Paris. Pendant l'Occupation, Suzanne Grumbach est arrêtée à Lyon le 25 juin 1944. Elle a vécu les dernières semaines du camp de Drancy. Elle est cousine germaine d'Antoine Grumbach.

    Elle est agrégée d’Histoire et docteur de 3e cycle en Histoire contemporaine. Elle a exercé plus de vingt ans comme professeur de lycée, puis onze ans à l’université de Villetaneuse (Paris XIII). Sa thèse de doctorat étudie L’Origine des sociétés de spécialistes et le corporatisme dans l’enseignement secondaire de 1902 à 1914. Elle a milité dans les mouvements pédagogiques des années 1960-70 pour la rénovation des contenus de l’enseignement et publié de nombreux articles dans diverses revues d’enseignants sur les problèmes de l’enseignement secondaire. Elle publie ponctuellement des « points de vue » depuis plus de trente ans dans Le Monde et depuis dix ans dans Libération.

    Elle a été maire adjointe PS à Domont (Val-d'Oise) de 1977 à 1983. Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

    Bibliographie

    • 1971  : L'École bloquée, Bordas,
    • 1984  : Enseigner l’histoire aujourd’hui. La mémoire perdue et retrouvée, Éd. ouvrières.
    • 1989 : Le Mythe national. L'Histoire de France en question -. Les Éditions Ouvrières.
    • 1989 : Le Bicentenaire et ces îles que l'on dit françaises. Syllepse.
    • 1992 : L’Histoire de France autrement, 2e éd. 1995 Les Éditions de l’Atelier.
    • 1996 : L’Histoire des hommes Syros jeunesse, nouvelle éd. mise à jour en 1999.
    • 2003 : Mes lignes de démarcation - croyances, utopies, engagements, Syllepse.

    La morale laïque à l’école, une discipline de plus ?


    http://www.liberation.fr/societe/2012/09/11/la-morale-laique-a-l-ecole-une-discipline-de-plus_845561

    Par SUZANNE CITRON Historienne

    Cher Vincent Peillon,

    Votre proposition de réinventer une morale laïque à l’école suscite - en critiques ou en adhésions - un incontestable écho médiatique. Mais comment situer cette démarche dans le dispositif scolaire concret et en quoi participerait-elle à la révolution intellectuelle que vous appelez de vos vœux dans votre dernier ouvrage (1) ?

    Paradoxalement cette annonce isolée ne s’inscrit pas explicitement dans le projet de refondation de l’école, le grand chantier du quinquennat. Elle omet de mentionner l’échec d’un système scolaire qui déverse chaque année dans un no man’s land sociétal des milliers de jeunes décrocheurs et déscolarisés dépourvus de repères et de toute assurance pour construire un avenir autre que le chômage ou d’incertains petits boulots.

    Cette morale laïque qui, selon vos propos, «inculquerait aux élèves des notions de morale universelle, fondées sur les idées d’humanité et de raison», et qui les ferait réfléchir sur le sens de l’existence humaine est-elle recevable dans le fonctionnement d’une énorme machine à trier une élite par la réussite des uns et l’échec des autres ?

    Parmi les causes d’échec de la scolarité obligatoire, il en est une sur laquelle j’attire votre attention, parce que, paradoxalement, son poids pourtant décisif est rarement mis en exergue : la conception de programmes exclusivement disciplinaires, dont les fondements historiques et épistémologiques remontent au XIXe siècle. La IIIe République en juxtaposant un enseignement du peuple (le primaire) et un enseignement pour l’élite (le secondaire) a maintenu l’héritage culturel et organisationnel des lycées napoléoniens. L’enseignement secondaire - le «tout puissant empire du milieu» disait Lucien Febvre - a été généralisé par le collège dans les années 1960-1980 sans être repensé ni dans sa structure ni dans ses contenus. Et les modalités de conception et de rédaction de programmes uniformes, imposés de façon centralisée n’ont pas été remises en question dans leurs logiques académiques abstraites, éloignées de la réalité des terrains.

    L’écart entre des contenus cloisonnés, émiettés, matérialisés par une succession d’heures de classe sans lien les unes avec les autres se traduit pour nombre d’élèves par le sentiment que ces apprentissages juxtaposés sont dépourvus de sens, d’où l’ennui et le désinvestissement. Cela se produit d’autant plus quand l’arrière-plan familial ne prépare pas à l’absorption et à la légitimation de cette culture scolaire. Et même pour ceux qui ont ce privilège, le système, tel qu’il fonctionne actuellement, détourne trop souvent l’enjeu culturel porté par les enseignants au profit de la réussite sociale et du souci d’accéder aux «bonnes» filières socialement rentables.

    Pour que le système éducatif retrouve l’humanité et la raison de votre morale laïque, il faudrait d’abord que ses objectifs soient formulés par rapport aux sujets vivants auquel il est destiné : le développement de leurs capacités individuelles, créatives, cognitives, esthétiques, de leur jugement éthique, de leur épanouissement personnel, corporel. Les disciplines cesseraient d’être fétichisées en tant que telles pour devenir des savoirs pertinents, des outils explicatifs du monde et du patrimoine de l’humanité. Les élèves découvriraient comment devenir acteurs de leur propre rapport avec ce monde et avec les autres.

    Il s’agirait là d’une révolution culturelle qui ne saurait s’accomplir en un jour. Elle ne concerne pas seulement la France, mais notre pays se singularise par sa centralisation excessive, ses programmes beaucoup plus normatifs que la plupart des curricula des autres pays européens. S’y ajoute en outre une tradition culturelle de survalorisation des capacités d’abstraction au détriment des aptitudes manuelles, l’enjeu de la promotion sociale «républicaine» étant, depuis les années 1880, de passer des métiers «sales» aux métiers propres. D’où la survalorisation des filières générales au détriment des enseignements professionnels et techniques, comme l’a rappelé justement Hugo Desnoyer à propos des métiers de bouche (Libération 6 septembre).

    Monsieur le Ministre, une morale laïque pour l’école d’aujourd’hui ne saurait donc se présenter comme une nouvelle «discipline» s’ajoutant aux autres. Elle exige au contraire, pour être pertinente, une révolution dans la manière de penser non seulement les contenus scolaires mais la République elle-même et la façon dont elle conçoit la dignité sociale et respecte tous les talents.

    (1) «La Révolution française n’est pas terminée», Seuil 2008.

    Dernier ouvrage paru : «le Mythe national, l’histoire de France revisitée», éd. de l’Atelier, 2008.


    Oh, combien j'adhère à cette lettre. Merci Madame.

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  • L'illusion de la quête

    L'illusion...Oui, c'est bien cela. Lorsque mes hernies discales ont disparu, lorsque j'ai retrouvé ce bonheur de la marche, que les auras bleutées me parlaient la nuit, j'ai cru que j'étais passé à un autre stade, que j'étais entré dans une autre dimension, que je n'en sortirai plus jamais, que je baignerai infiniment dans cette ultime compréhension de la vie...Il n'en est rien.
    J'ai récupéré le droit de marcher, je suis sorti de cette douleur immense, j'ai recommencé à vivre "normalement", les évènements exogènes ont repris le dessus, parce que je ne suis qu'un mari, père, instituteur, montagnard, écrivain. J'ai détesté cette rechute spirituelle, j'ai pleuré pour cet arrachement, cette disparition du bien être, j'ai réintégré ce petit moi. Mais là encore je me trompais. Je ne voyais que les effets de mon mental, ce joueur invétéré qui tenait là le moyen de se glorifier. J'ai mis longtemps à accepter cette vie, l'instant présent, j'ai mis longtemps à bénir ces "révélations" au lieu de ne voir que leur disparition. Rien n'avait disparu. C'était toujours là, en moi ou en Soi.
    Tout ce que j'avais vécu ne venait pas de moi. C'était un cadeau. Ma colère devant la disparition de cette béatitude salissait ce cadeau.
    Alors j'ai appris lentement, pas à pas, comme quand je marche vers les sommets, à aimer l'instant, à aimer cette vibration en moi, ce flux vital qui un jour s'était révélé au-delà de l'imaginable.
    J'ai appris à ne plus être ce prétentieux qui réclamait davantage.

    Aller vers le vide pour pouvoir recevoir, ne rien attendre, ne rien vouloir, je sais pourquoi j'aime autant ces paysages infinis dans lesquels rien de significatif ne surgit, rien de particulier, rien auquel le regard ne s'accroche. Tout ce qui accroche est un ancrage et on en oublie de se laisser porter.

     

  • Le bouton OFF

    Où est le problème, ici?

    Où est l'esclave?

    Où sont les liens?

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  • Se taire pour écrire

    "L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant...Quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue parce qu'il sait qu'il meurt et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée." Blaise Pascal.

     

    Il vaut toujours mieux être un roseau pensant qu’un bouleau obtus. Pascal n’irait pas contredire La Fontaine.

    La pensée est à la source de tous nos actes même ceux qui sont inconscients. Il ne s’agit que d’une pensée inconsciente…Quand à l’instinct, il a bien fallu que les actes qui en découlent soient un jour pensés par un de nos nombreux ancêtres afin que ces actes deviennent une expérience, une connaissance, un enseignement à transmettre…

    On dit parfois qu’on doit avoir un comportement digne. Mais ce comportement n’est que la résultante de nos pensées. Dès lors que nous entrons dans le phénomène de la pensée, nous sortons simultanément du calice. Nous considérons que la vision macroscopique, ce regard intelligent et intelligible, cette transmission de notre analyse ou le monologue intérieur sont des saisies indéniables de la vie.

     

    Nulle critique envers ce travail. Il est indispensable. Sans cette pensée, nous ne serions que des outres vides. Des enveloppes ayant délaissé le contenant possible.

    C’est inconcevable. D’autant plus que non seulement nous ne cessons de penser mais bien souvent nous pensons à « l’insu de notre plein gré »…

    Et c’est là que surgit le problème.

     

    Peut-on parler comme Pascal de « dignité » lorsque nous constatons à maintes reprises, avec un minimum de vigilance, que ce phénomène de la pensée nous échappe et s’établit parfois sans que nous parvenions à le maîtriser ?

    Combien de fois n’avons-nous pas souffert de ce sommeil insaisissable sous le feu ardent des pensées volages ?

     

    Nous devrions être dignes de ne pas être maîtres de nous-mêmes ?

     

    Bien entendu que Pascal parlait de la portée inestimable de ses pensées, de la force et la profondeur de ses raisonnements. Mais nous ne sommes pas des Blaise Pascal…

    Nous ne sommes pas ces maîtres spirituels qui usent avec une justesse inégalable de leur capacité à penser ou bien à s’extraire dans la méditation du maelström inépuisable des neurones tourbillonnants.

    Nous, à notre humble niveau, nous ne pouvons pas honnêtement être dignes de cette faiblesse chronique qui nous ronge et nous perturbe.

     

     

    Qu’en est-il du silence ?

    Le silence porte en lui la conscience de la vie. Pas son commentaire intellectuel, philosophique  ou spirituel mais sa réception totale, immédiate, épurée. Les pensées peuvent commenter la vie mais dès lors elles l’observent avec une certaine prétention, avec cette satisfaction du chercheur…Mais celui-là n’est pas au cœur de la vie. Il n’est plus qu’un chirurgien qui autopsie. Un chirurgien n’a qu’une vision restreinte, il s’attelle à une partie précise, à une tâche limitée, il ne peut pas se permettre d’élargir sa vision. Il n’a que faire de l’ensemble. Le penseur agit de même dès lors qu’il n’observe plus sa pensée mais se croit puissant parce qu'il pense.

    Nous devons apprendre le silence, nous devons apprendre à nous taire. Intérieurement.

    On n’entend rien dans ce tohu-bohu quotidien. Nous vivons comme dans un poste radio où les ondes s’interfèrent. Chaque émission veut prendre la place, chaque musique s’impose, chaque parole se répète, chaque évènement est commenté, chaque commentaire est commenté, chaque parole est reprise, chaque silence est considéré comme un non-dit qui doit être avoué, le "taiseux" comme on dit par ici est un être associal, un ours, certainement un psychopate, il faut s'en méfier, d'autant plus qu'il aime être seul, c'est anormal tout ça...

    Ce monde moderne vit dans une cacophonie indescriptible. Il faut que ça cesse. C’est à partir du silence que nous pourrons apprendre à parler. Comme s’il restait à chaque fois que nous lançons en nous un cheminement intellectuel, une grotte, un antre ou un calice, un refuge à rejoindre comme un ressourcement possible. Il faut s’aventurer avec parcimonie, ne pas aller trop loin, ne pas se lancer sur plusieurs routes, éviter les croisements pour viser sans détour l’horizon. Et revenir à chaque fois dans le cocon originel du silence.  

    C’est un retour à la Nature qui se propose. Nos vies modernes sont saturées de bruits et d’attirances. Nos rencontres, nos proches, nos voisins, la rumeur de la ville, la télé, la radio, les MP3, nos téléphones, les avions, les voitures, le chien qui braille, le coq qui chante, cet environnement carcéral qui ceint nos oreilles et déverse en nous une boue tonitruante de bruits incessants.

    Qui donc peut se targuer de vivre dans le silence ?

    Où peut-on le retrouver ?

    N’y a t- il pas en nous une habitude perverse de cette houle d’océan comme une dépendance, une angoisse même si l’étendue venait à se taire ? N’entretenons-nous pas inconsciemment ce ressac indocile, ces vagues grondantes comme des poisons renouvelés ? Plonger volontairement dans la masse pour avoir le sentiment d'exister.

    J’en ai vu bien souvent des randonneurs qui avançaient dans des paysages paisibles comme en terrain hostile et lançaient à vaux l’eau des verbiages futiles, comme pour combler ce silence assommant.

    Je n’y ai perçu aucune dignité…

    Ça pensait à tue-tête et c’est ma tête qu’ils tuaient.

     

    Nous apprendrons à penser quand nous aurons appris le silence.

     

    Je pense (et, oui, là, pour l’instant, je n’ai pas le choix…) à ce petit enfant, ce petit d’homme à qui tous les adultes qui l’entourent et l’accompagnent s’efforcent de le remplir de connaissances, de le plonger dans les expériences de la vie. Rien à redire. C’est l’adulte qui se construit. Mais il y manque trop souvent l’amour du silence. Le silence en soi, quand la paix retombe, avant même que le sommeil l’enveloppe, cet abandon délicieux dans le calice, là où se tient tapie la conscience muette de l’amour de la vie.     

    Bienheureux l’enfant qui un jour s’assoit seul au sommet d’une colline et dans le silence intérieur perçoit la rotation de la Terre.

    Celui-là peut être digne.

    Il n'est pas devenu qu'un adulte.

    Oui, je suis saturé de bruits, saturé d'agressions en tous genres, je n'y trouve plus aucun intérêt, je n'ai plus rien à en apprendre. C'est comme si j'avais atteint la limite, comme si le potentiel de réception était comblé et que tout ce qui continue à tomber m'obligeait à déformer le réceptacle, comme une grenouille qui gonflerait. On connaît la fin de la fable.

    J'ai appris tant de choses, tout ce qu'il a fallu que j'assimile et qui ne m'a servi à rien, tout ce que j'ai appris et que j'ai déjà perdu mais qui génère toujours ce tohu bohu insoumis, comme une mélasse où tout a perdu sa forme initiale, dont plus rien ne peut sortir, tout cela, je voudrais le vomir.

    Je sais que l'écriture est un refuge. Une ligne que je trace, qui m'appartient, un chemin que je balise, rien de nuisible n'y a accès, aucune intrusion n'y est possible, je connais la patience, je sais que je ne dois rien aux histoires, elles ne me réclament rien, il s'agit entre elles et moi d'une osmose bienfaitrice, d'un partage de données, l'écriture m'a appris le silence, l'abandon des pensées disparates pour extraire le mot qui convient, je sais aujourd'hui me taire pour écrire. Je connais l'antre du silence où les mots se reposent et attendent sereinement d'être choisis.

    Je me suis réveillé à cinq heures, j'ai ouvert les yeux et une phrase a surgi, comme si elle attendait l'ouverture des volets pour sauter dehors. J'ai souri et j'ai remercié. Je me suis levé.

    J'écris.

    J'écris quand je n'ai plus rien à dire, plus rien à penser, plus aucune interférence. C'est dans cet état que je parviens à trouver le mot dont j'ai besoin, je sais que je n'aurai pas à fouiller pendant des heures, je suis devenu l'histoire, je suis mes personnages, je suis mes idées, je suis chaque mot offert, et le silence intérieur m'enveloppe comme un placenta purificateur. Le monde est dehors et je m'en suis extrait. Et au dedans de moi, le monde est sorti, au dedans de moi, il y a le silence et le peuple immobile des mots. Je les vois comme des visages impassibles, ils n'attendent rien et sont disponibles, ils n'ont pas besoin de moi pour vivre, que personne ne les saisisse pendant des siècles ne changera rien pour eux, ils resteront là, comme des pierres où l'érosion s'épuise.

    Ils n'attendent rien, ils n'espèrent pas, ils sont là. Ils m'ont appris la paix.

  • Les syndicats enseignants

    Je ne suis pas syndiqué et je ne le serai jamais mais sans savoir pourquoi je reçois la lettre mensuelle d'un syndicat. Dans le dernier numéro, ils nous parlent du tableau des 108 h que nous devons remplir pour justifier des heures que nous devons à l'administration dans le cadre des aides individualisées aux enfants, les diverses réunions d'équipe, conseils de maîtres, conseils de cycle, conférences pédagogiques etc...Dans la réalité, nous faisons bien plus que 108 h, tout le monde le sait et le syndicat nous demande donc de ne pas remplir ce tableau...

    Je trouve cette demande totalement absurde.

    Le gouvernement sait très bien que nous dépassons allégrement ces 108 h et il continue à vouloir l'ignorer, à ne pas le reconnaître. Il est donc lui-même dans l'illégalité en nous imposant ce tableau qui ne représente pas la réalité du terrain.

    Si j'adhèrais à la demande du syndicat, je me mettrais moi-même dans l'illégalité pour soi-disant contrer une demande illégale. Et je serai sanctionné. Pas le syndicat par contre. Qu'est-ce que j'en retirerai ? Un blâme, une retenue de salaire ou un blocage dans mon avancement de carrière. Avec 2000 euros par mois, pour trente ans d'enseignement, je serais totalement idiot et inconscient d'aller faire supporter à ma famille cette contestation. 

    Je vais donc, comme tous les ans, remplir ce tableau en inscrivant toutes les heures que je fais afin que mon inspecteur ne puisse rien me reprocher. Mais je comptabiliserai TOUTES les heures et cela ira donc bien au-delà de ces 108 h.

    C'est par ce moyen que je montre au gouvernement que son calcul est faux et que j'abats bien plus de travail que ce qu'il pense.

    Quant aux syndicats qui sont incapables d'opter pour des stratégies intelligentes et qui s'obstinent à nous faire passer pour des planqués, qu'ils sachent que leur lettre mensuelle m'est très utile pour allumer le feu de cheminée.

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  • Hugo Chavez

    « Informer n'est pas une liberté pour la presse mais un devoir »
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    Pourquoi les Etats-Unis diabolisent la démocratie Vénézuélienne (The Guardian)

    Le Venezuela s’apprête à tenir des élections parfaitement libres et régulières, et pourtant les Etats-Unis le traitent de dictature

    Le 30 mai, Dan Rather, un des journalistes les plus célèbres des Etats-Unis, annonça que le président vénézuélien, Hugo Chavez, allait mourir « d’ici deux mois, au plus tard ». Quatre mois plus tard, Chavez est non seulement en vie et mène campagne, mais est largement considéré comme le futur vainqueur de l’élection dimanche prochain.

    La distorsion sur le Venezuela est telle – c’est probablement le pays qui subit le plus de désinformation au monde – qu’un journaliste peut raconter pratiquement n’importe quoi sur Chavez ou son gouvernement sans être contredit, pourvu que ce soit quelque chose de négatif. Pire encore, Rather a qualifié Chavez de « dictateur » - un terme que peu d’analystes politiques, pour ne pas dire aucun, qui connaissent le pays emploieraient.

    Voici ce que Jimmy Carter a déclaré sur la « dictature » vénézuélienne il y a quelques semaines : « en fait, sur les 92 élections que j’ai observées, je dirais que le processus électoral au Venezuela est le meilleur au monde. »

    Carter a eu le Prix Nobel de la Paix pour son travail d’observation des élections via le Centre Carter, qui a observé et validé les précédentes élections vénézuéliennes. Mais parce que Washington cherche depuis plus de dix ans à délégitimer le gouvernement vénézuélien, son opinion est rarement répercutée. Ses derniers commentaires ont été ignorés par la quasi totalité des médias US.

    Au Venezuela, les électeurs effleurent un écran d’ordinateur pour voter et reçoivent un reçu sur papier qu’ils vérifient et déposent dans l’urne. La plupart des bulletins papier sont comparés au résultats électroniques. Ce système rend le trucage pratiquement impossible : pour voler une élection il faut pirater les ordinateurs et ensuite bourrer les urnes pour faire coïncider les résultats.

    Contrairement aux Etats-Unis, où lors d’une élection serrée nous n’avons aucune idée du véritable vainqueur (voir Bush vs Gore), les Vénézuéliens sont certains que leur vote sera compté. Et contrairement aux Etats-Unis, où près de 90 millions d’électeurs potentiels ne voteront pas en Novembre, le gouvernement vénézuélien a tout fait pour augmenter le nombre d’inscrits sur les listes électorales (qui atteint un niveau record de 97%) et la participation.

    Et pourtant tout l’appareil de la politique étrangère des Etats-Unis (qui comprend la plupart des médias américains et occidentaux) n’affiche que mépris envers le processus démocratique vénézuélien. Dans un rapport publié à point-nommé, le soi-disant Comité pour la Protection des Journalistes a déclaré que le gouvernement contrôle « un empire médiatique », en omettant d’informer ses lecteurs que la télévision d’état vénézuélienne n’a qu’environ 5 à 8 % d’audience dans le pays. Bien sûr, Chavez peut interrompre les programmes avec ses discours (grâce à une loi qui date d’avant son accession au pouvoir), et il le fait régulièrement. Mais l’opposition contrôle encore la majorité des médias, y compris la radio et la presse écrite – sans parler de la majorité des richesses et des revenus du pays.

    L’opposition va probablement perdre cette élection non pas à cause des avantages du pouvoir du gouvernement – dont on abuse partout en occident – y compris aux Etats-Unis, mais parce que les conditions de vie de la majorité des Vénézuéliens se sont nettement améliorées sous Chavez. Depuis 2004, lorsque le gouvernement a pris le contrôle de l’industrie pétrolière et que l’économie s’est redressée après les tentatives dévastatrices et illégales de le renverser (dont la tentative de coup d’état militaire de 2002 soutenue par les Etats-Unis et la gréve du secteur pétrolier de 2002-2003), la pauvreté a été réduite de moitié et l’extrême pauvreté de 70%. Et ceci en ne prenant en compte que les revenus. Des millions de personnes ont pour la première fois accès à la santé et le nombre d’étudiants à l’université a doublé, dont beaucoup bénéficient de la gratuité de leurs études. Les inégalités ont été considérablement réduites. Par contraste, les deux décennies qui ont précédé Chavez ont été marquées par l’un des pires échecs économiques de l’Amérique latine, lorsque le niveau de revenu par habitant a chuté de 14% entre 1980 et 1998.

    A Washington, la définition de la démocratie est simple : c’est lorsqu’un gouvernement obéit au Département d’Etat. Et bien-sûr, ici, l’idée que les politiciens puissent tenir leurs promesses électorales est un concept qui nous est étranger. Alors ce n’est pas uniquement le Venezuela qui se retrouve régulièrement dans la ligne de mire de la classe dirigeante à Washington : tous les gouvernements progressistes et récemment indépendants de l’Amérique du sud, dont l’Argentine, l’Équateur et la Bolivie, sont dans cette ligne de mire (le Brésil est considéré comme trop gros pour recevoir le même traitement, sauf par la droite). Le Département d’Etat tente de garder un œil sur le prix convoité : le Venezuela possède des réserves de pétrole qui s’élèvent à 500 milliards de barils, et ne se plie pas à la politique étrangère des Etats-Unis. C’est pour cela qu’il est devenu l’ennemi public numéro un, et le principale cible des médias.

    Mais le Venezuela fait partie du « printemps latino américain » qui a produit le groupe de gouvernements le plus démocratique, progressiste et indépendant que la région n’a jamais connu. Ils coopèrent, et le Venezuela est fermement soutenu par ses voisins. Voici ce qu’a déclaré l’ancien président du Brésil, Lula da Silva, le mois dernier : « La victoire de Chavez ne sera pas seulement celle du peuple vénézuélien mais aussi la victoire de tous les peuples d’Amérique latine... cette victoire portera un coup supplémentaire à l’impérialisme. »

    Le soutien de l’Amérique du sud est la meilleure garantie du Venezuela contre les tentatives incessantes de Washington, qui dépense toujours des millions de dollars dans le pays – sans compter les fonds clandestins – pour saper, délégitimer et déstabiliser la démocratie au Venezuela.

    Mark Weisbrot

    http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/oct/03/why-us-d...

    Traduction "entre une démocratie sans capitalisme et un capitalisme sans démocratie, les élites occidentales choisissent toujours le dernier" par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

    URL de cet article 17891

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  • Courage.

    En fait, quand il me prend l'idée absurde de m'intéresser au monde qui nous est présenté et qui est très loin de représenter sa totalité, au lieu de dire, "Courage, le pire est derrière nous", je préfère "Courage, le meilleur est déjà passé. " J'en arrive même parfois, à de brefs instants, à comprendre quelque peu, ces individus qui vivent dans l'illusion des plaisirs rapportés, toutes les choses éphémères. Non, non, je ne les envie pas, je n'en suis quand même pas là...Et puis, je ne souhaite pas affûter moi-même la lame de la guillotine. Un jour, je vivrai avec la femme que j'aime dans un lieu silencieux, inhabité, isolé. Je ne m'intéresserai plus à rien. Ça me permettra de progresser.

  • Projet pour l'école ?


    Personnellement, je trouve les commentaires plus intéressants que l'article lui-même...Cet article est vide et c'est assez désolant de la part d'une "pointure" de l'enseignement. Si les cadors restent aussi évasifs, on n'avancera pas étant donné que le point de vue des enseignants eux-mêmes est toujours aussi ignoré dans son ensemble. Sauf quand il s'agit de casser les élèves. Alors, là, on les écoute. "Ils ne savent rien, ils n'ont aucune culture, ils sont démotivés, immatures, bêtes et méchants. "Personne ne se dit qu'ils sont, pour certains, à l'image des adultes qui sont face à eux. D'autres résistent et s'élèvent plus haut que leurs "maîtres". Bien plus haut.





    Le Point.fr - Publié le 05/10/2012 à 18:28 - Modifié le 05/10/2012 à 18:39

    Peut-on croire à la refondation de l'école voulue par Vincent Peillon ? Philippe Meirieu, qui a participé aux débats, n'est pas convaincu.

    Philippe Meirieu estime que, malgré la refondation de l'école annoncée, le gouvernement n'a pas de projet pour l'école.

    Philippe Meirieu estime que, malgré la refondation de l'école annoncée, le gouvernement n'a pas de projet pour l'école. © Vincent Isore / IP3/Maxppp


    • Commentaires (4)

    Finie la concertation, place à la loi de programmation et d'orientation. Le rapport remis ce jour à Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, clôture officiellement trois mois de débats au sein de la "concertation", ce gigantesque remue-méninges destiné à "refonder l'école de la République". Philippe Meirieu, spécialiste reconnu de la pédagogie et professeur des universités en sciences de l'éducation, a participé à ces échanges. Pourtant, il s'inquiète.

    Le Point.fr : une bonne idée, cette "concertation" ?

    Philippe Meirieu : La méthode est intelligente, quoique pas tout à fait inédite. J'aurais aimé qu'on entende plus les acteurs de terrain, ceux qui chaque jour font l'école. On a, comme d'habitude, invité les 5 000 permanents de l'Éducation nationale, tous des gens très qualifiés, mais assez éloignés des élèves. Tout cela ne saurait exonérer le gouvernement d'une perspective. Or, pour l'instant, je ne vois pas de projet fort pour l'école.

    Pourtant, Vincent Peillon promet de tout "refonder", ce n'est pas rien.

    On a jusqu'à aujourd'hui empilé beaucoup de réformes, on a réparé, ajusté, réagi, et la maison Éducation est une construction de bric et de broc, avec des pans baroques, des murs classiques, des rafistolages en tôle ondulée. La dépression que connaît notre système éducatif est due à cette absence de structures et de principes.

    Vous êtes un expert en pédagogie. Que faudrait-il faire, selon vous ?

    Qui a réfléchi sur les contenus, les savoirs ? La question des contenus, donc, de ce qu'on enseigne aux enfants, est primordiale. Aujourd'hui, les programmes sont devenus trop compliqués. Il nous faut des contenus clairs, attractifs et valorisés. On ne peut pas se contenter d'une garderie améliorée. On demande aujourd'hui aux enseignants de faire de l'éducation dans une société anti-éducative, où les enfants sont excités à consommer, pas à réfléchir. Qui en parle ?

    Alors que devrait savoir, dans une école idéale, un bachelier en juin 2012 ?

    Il doit savoir ce qu'il n'est pas permis d'ignorer. Il doit être capable de lire les quotidiens nationaux de référence en comprenant tout de la première à la dernière ligne. Il serait également temps de cesser de dire que nul n'est censé ignorer la loi et de ne pas l'enseigner. Une société, non théocratique, mais démocratique comme la nôtre, a des règles que tout citoyen doit connaître. Aujourd'hui un bachelier serait incapable d'expliquer la différence entre le civil et le pénal et celle entre le Conseil d'État et la Cour des comptes.

    Il faudrait alors réformer le bac ?

    Je suis stupéfait qu'on accepte sans broncher qu'un 13 en physique y rattrape un 8 en français. C'est absurde. Tous les fondamentaux doivent être acquis. Le culte de la moyenne doit être interrogé. Et cela, je ne l'ai jamais entendu dans la "concertation".

    4 Commentaires

    métis le 05/10/2012 à 19:52

    L'usine des artifices

    Celui qui nous gratifie depuis très longtemps de leçons de pédagogie est lui aussi bien loin des élèves, bien loin du quotidien de la vie scolaire d'un établissement. La publicité de notre système est aussi son talon d'Achille, il cultive les faux-semblants qui interdisent aux acteurs de faire progresser la machine. Dans les discours des chefs d'établissement, la première chose qu'on nous demande de respecter est l'image, une image lisse de service public à vendre aux parents d'élèves. Il y a bien longtemps que l'Education Nationale ne fait plus rêver personne d'autre que les parents pauvres, ceux qui savent dans leur vie quotidienne quelles sont les conséquences de l'échec scolaire. Derrière la sacro-sainte image et les artifices de la compétence, la réalité est bien différente, chaque absence d'un professeur coûte à toute la communauté éducative, chaque échec d'un élève est l'échec de tous, impossible dans une machine aussi complexe de mettre l'adulte face à ses propres responsabilités. Pour autant, faut il ne voir dans ce système que ce qui ne va pas, surtout dans une société consumériste où la plus grande partie du temps dédié par un enfant à son apprentissage consiste à répondre au besoin de la fuite en avant technologique numérique. Je suis souvent choqué par la décision d'élèves aux portes du Bac de décider, sur un coup de tête, d'en finir avec la scolarité, incapables de mesurer le bénéfice d'intégrer, en cas de succès, les voies de l'Enseignement Supérieur. C'est pour moi la preuve que nous ne sommes plus crédible, en tant qu'institution, parce que nous ne sommes plus à même de représenter une perspective d'avenir pour nos élèves. Pourtant, tous les ans, et n'en déplaise à M. Meirieu, je signe pour un an de plus en espérant qu'au moins un élève sera sensible à l'intérêt que nous porterons à sa réussite et sa capacité à faire ses propres choix les yeux ouverts.

    alpen le 05/10/2012 à 19:34

    Vive la clarté !

    Rien de bon ne se conçoit ou se développe dans la confusion. Assez d’idéologie et intéressons l'enfant au monde et à la société dans laquelle il vit. Qu'il s'appelle Pierre, Mohamed ou David l'enfant est curieux de savoir et de comprendre. Écoutons le !

    LA FENICE le 05/10/2012 à 19:33

    M. Mérieu...

    A contribué par ses théories, à une certaine époque, aux résultats qu'il déplore maintenant... Ancien enseignant je me souviens du temps où il inspirait les responsables du l'EN... Aurait-il évolué ?

    Paol le 05/10/2012 à 19:08

    Enfin !

    J'ai été pendant longtemps assez dubitatif face aux propos de Meyrieu. Je viens de relire son entretien avec Gauchet. Je crois qu'enfin le bon sens l'emporte dans ce que je viens de lire. Il faut donner du sens à notre système éducatif, former des citoyens humanistes, aptes à porter un regard critique sur la société, capables d'avoir une opinion argumentée. On en est fort loin. Agrégé de géographie, j'ai été muté dans un collège où j'enseigne à des classes composées de non-lecteurs et d'élèves extrêmement faibles et démotivés, complètement acculturés dont l'horizon s'arrête à l'écran de l'omniprésent portable. Les propos de Gauchet et de Meyrieu me rassurent mais mon quotidien d'enseignant me désespère.


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