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Le bateau ivre
- Par Thierry LEDRU
- Le 04/10/2012
Léo ferré était le seul à pouvoir faire danser ce bateau sur une musique, une voix, des rires.
Le rire de Léo. Je l'ai en moi tellement je l'ai écouté.
"Comme je descendais des fleuves impassibles..."
- Arthur RIMBAUD (1854-1891)
Le bateau ivre
Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.
Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.
La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !
Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !
Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !
J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !
J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !
J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !
J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !
J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !
Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !
J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.
Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...
Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !
Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;
Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;
Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;
Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !
J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?
Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !
Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.
Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons. -
Le biais de conformité
- Par Thierry LEDRU
- Le 04/10/2012
C'est extrêmement révélateur de nos fonctionnements.
Vous pouvez rechercher cette vidéo sur dailymotion, impossible de la mettre en ligne ici, je ne sais pas pourquoi...
http://www.dailymotion.com/video/xtrtht_l-animal-social-et-son-presque-nouveau-telephone_news?start=1
Les journalistes ont fait croire à des passants qu'ils pouvaient donner leur avis sur le nouvel iphone alors qu'il s'agissait de l'ancien modèle. Tous ont trouvé qu'il était beaucoup mieux, plus léger, plus rapide. Un seul l'a trouvé plus lourd. L'un d'eux avait même les deux mêmes anciens modèles dans la main et il trouvait le soi-disant nouveau modèle plus léger...
Consternant.
Phénomène de groupe. L'individu préfère se joindre à l'opinion dominante que de maintenir son propre point de vue.
Une autre expérience mettait en présence six acteurs complices et un cobaye réel. Les participants devaient juger de la longueur de trois lignes comparativement à un modèle donné. Les acteurs donnaient une réponse fausse et très visiblement fausse et le cobaye réel finissait par se rallier à l'opinion dominante malgré ce qu'il voyait.
Un exemple de la gravité des conséquences.
http://www.facteurs-humains.fr/le-facteur-humain-premiere-cause-d%E2%80%99erreur-de-diagnostic/
Pour diminuer le nombre de complications médicales, il faut bien évidemment que les praticiens apprennent à combattre leurs états de fatigue et de stress, toutes ces émotions ressenties quotidiennement qui génèrent l’erreur. Mais il faut également prendre conscience que notre cerveau ne fonctionne pas de manière parfaitement rationnelle et que des biais d’analyse intrinsèques à notre mode de penser peuvent sérieusement compromettre la prise en charge des patients. A travers l’histoire suivante, nous allons tenter de comprendre comment 7 professionnels de santé ont pu s’accorder sur un mauvais diagnostic.
Une patiente âgée de 39 ans, enceinte de 3 mois, se plaint de douleurs gingivales généralisées en absence de tout autre symptôme. Elle n’a pas d’antécédents médicaux et est déjà la mère d’un garçon de 4 ans. Elle consulte son gynécologue qui diagnostique une gingivite gravidique. La gingivite gravidique est une inflammation du parodonte (tissus de soutien de la dent) qui survient assez souvent au cours de la grossesse. Elle est déclenchée par la prolifération de certaines bactéries pathogènes en raison des modifications hormonales. Il est recommandé d’assainir la cavité buccale par une élimination du tartre et de la plaque dentaire. En complément d’un détartrage et d’un surfaçage des racines dentaires, il est parfois recommandé l’adjonction de produits antibactériens (bains de bouche antiseptiques). Dans certains cas, les gencives sont tellement gonflées qu’elles peuvent recouvrir les dents.
Le diagnostic est confirmé par son médecin généraliste qui lui prescrit un bain de bouche et lui conseille de consulter son chirurgien-dentiste pour faire un détartrage. Fort de ces informations, le dentiste pratique un détartrage. Toutefois, les douleurs persistent et la patiente décide de se rendre à l’hôpital au service d’urgence. Une nouvelle fois, le diagnostic est confirmé et de nouveaux bains de bouche sont prescrits. Mais les douleurs ne s’estompent pas et commencent même à atteindre une intensité telle que la vie de la patiente devient de plus en plus difficile. La patiente se représente donc au service d’urgence de l’hôpital. L’infirmière de trie appelle l’interne d’astreinte qui prescrit encore une fois des bains de bouche et renvoie la patiente chez elle.
Elle est déposée dès le lendemain matin par son mari, car les douleurs sont devenues très violentes. Elle est auscultée par un senior du service d’urgence qui la place sous morphine et l’adresse au service d’odontostomatologie (médecine de la bouche). L’interne qui la voit est nouveau dans le service en raison de la rotation des internes et ne la connaît donc pas. Comme la situation se dégrade, il décide de garder la patiente à l’hôpital mais faute de lit en odontostomatologie, elle est transférée dans le service de neurochirurgie. L’interne de neurochirurgie examine la patiente et détecte une mydriase (augmentation du diamètre de la pupille), ce qui l’étonne. Il demande donc un scanner qui révèle un hématome intracrânien très important. Elle est opérée en urgence.
La patiente décède en fin de journée d’une thromboencéphalite cérébrale avec saignement secondaire. La patiente avait en fait une leucémie, dont un des signes peut être une gingivite sévère. Aucune des nombreuses personnes qui l’ont auscultée n’a pensé à demander une simple numération sanguine qui aurait dévoilé la maladie.
***
Notre analyse
Attention : le but de l’analyse qui suit n’est pas de porter un jugement de valeur sur les protagonistes de l’histoire dramatique racontée ci-dessus, mais d’essayer d’apporter des éléments de réflexion sur la sécurisation de la pratique médicale.
L’erreur de diagnostic est souvent présentée comme étant la première cause de décès à l’hôpital. Dans le cas présent, un grand nombre de professionnels de santé aux profils variés se sont succédés et ont tous confirmé le diagnostic de la gingivite gravidique. La gingivite est en effet la solution la plus probable et la plus facile à envisager : elle est fréquente chez la femme enceinte et le jour de la première consultation, l’inflammation gingivale est le seul signe clinique. Une fois ce diagnostic établi, aucun des acteurs médicaux ne va remettre en question ce choix.
Pour tirer un enseignement de cette histoire tragique, il faut s’interroger sur l’acceptation par tous du diagnostic. Pourquoi a-t-il fallu attendre la 8e personne soignante pour découvrir la réelle cause des douleurs ressenties par la patiente ? Pourquoi des professionnels expérimentés ont réagi de la même manière que des internes ? Pour le comprendre, nous devons déchiffrer le fonctionnement de notre cerveau.
Prendre conscience des biais d’analyse universels
Dans un article précédemment publié dans ce blog sur la surconfiance comme premier facteur d’échec, les auteurs présentent un phénomène connu appelé la « fermeture prématurée ». Les chercheurs en neurobiologie ont en effet observé que notre cerveau ne prenait pas de décisions de manière rationnelle : quelque soit le champ d’activité considéré, une fois un choix établi, tout va être fait pour le confirmer. Le cerveau se ferme aux hypothèses concurrentes qui pourraient invalider ce choix initial. On parle alors de biais d’analyse. Ces derniers peuvent prendre plusieurs formes*:
- Biais d’évaluation de la fréquence des événements graves
Le risque que des événements graves surviennent est presque toujours sur- ou sous-évalués (on se base sur son expérience personnelle pour déterminer la fréquence des événements)
- Biais de sélection des données
Les préférences orientent fortement la sélection des faits.
- Biais d’habitude
Les décisions sont souvent orientées vers des solutions familières même si elles ne sont pas optimales.
- Biais de confirmation
On recherche les résultats qui confirment plutôt que ceux qui infirment.
- Biais de conformité au groupe
On recherche plutôt une décision conforme à celle donnée par le groupe. On retrouve très souvent ce type de biais quand il s’agit d’apprécier des vins ou des œuvres artistiques.
Dans le cas présent, il semble que le biais d’évaluation de la fréquence des événements graves ait joué un rôle important chez l’ensemble des professionnels médicaux. La patiente étant enceinte, il semblait logique qu’elle souffre de gingivite gravidique. L’occurrence d’une leucémie présentant ces symptômes est rare et n’a donc pas été retenue par les différents acteurs.
On peut penser que le biais de conformité au groupe a également mené les professionnels médicaux à accepter comme tel le diagnostic de gingivite gravidique. Chaque acteur s’est basé sur le diagnostic initialement fait, lequel s’imposait de plus en plus comme une vérité au fur et à mesure que le nombre de praticiens à l’accepter augmentaient. Il devenait donc de plus en plus difficile de remettre en cause un diagnostic partagé par tant de confrères.
Pour éviter que cette histoire tragique ne se répète, il n’y a pas de solution miracle. Prendre conscience des biais d’analyse qui peuvent compromettre des diagnostics est une première étape. Il est également important de continuer à rapporter ce type d’expériences car le partage des erreurs est fondamental si l’on veut améliorer la sécurisation des pratiques. C’est l’unique but de ce blog.
Franck Renouard– Jean-Gabriel Charrier
L'ultra communication a un effet exponentiel. Tout ce à quoi les autres s'intéressent est su par tous ceux qui ne le savaient pas encore. La haute technologie fait office de juge critique. L'iphone et l'internet sont les réseaux par lesquels transitent la conformité. La littérature qui oeuvrait à lutter contre la sclérose spirituelle est battue à plate couture. Les éditeurs y participent d'ailleurs eux-mêmes en renforçant la conformité jusque dans les ouvrages publiés. La rentabilité a pris le pas sur l'esprit subversif, l'éveilleur de consciences.
"Qui donc inventera le désespoir? chantait Léo Ferré.
"Tout est prêt, la publicité, la clientèle..."
Combien il me manque Léo Ferré...
"A l'école de la poésie"
La poésie contemporaine ne chante plus elle rampe.
Elle a cependant le privilège de la distinction
Elle ne fréquente pas les mots mal famés elle les ignore.
On ne prend les mots qu'avec des gants : à « menstruel » on préfère périodique »,
Et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux
qu'il ne faut pas sortir du laboratoire et du codex.
Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés,
à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques,
me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain.
Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse.
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie mais la poésie qui illustre le mot.
Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir sils ont leur compte de pieds,
ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes.
Le poète d'aujourdhui doit être d'une caste, d'un parti ou du « Tout Paris ».
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé.
La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique.
Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie.
Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale
tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.
L'embrigadement est un signe des temps. De notre temps.
Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.
Les sociétés littéraires c'est encore la Société.
La pensée mise en commun est une pensée commune.
Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes.
Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes.
Ravel avait dans la tête une tumeur qui lui suça d'un coup toute sa musique.
Beethoven était sourd. Il fallut quêter pour enterrer Bela Bartok.
Rutebeuf avait faim. Villon volait pour manger. Tout le monde sen fout.
L'Art n'est pas un bureau d'anthropométrie.
La Lumière ne se fait que sur les tombes.
Nous vivons une époque épique et nous n'avons plus rien dépique.
La musique se vend comme le savon à barbe.
Pour que le désespoir même se vende il ne nous reste qu'à en trouver la formule.
Tout est prêt : les capitaux, la publicité, la clientèle.
Qui donc inventera le désespoir ?
Avec nos avions qui dament le pion au soleil.
Avec nos magnétophones qui se souviennent de ces « voix qui se sont tues »,
avec nos âmes en rade au milieu des rues,
nous sommes bord du vide, ficelés dans nos paquets de viande
à regarder passer les révolutions.
N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale,
c'est que c'est toujours la Morale des Autres.
Les plus beaux chants sont des chants de revendication.
Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations.
A l'école de la poésie, on n'apprend pas. ON SE BAT ! -
Bilan.
- Par Thierry LEDRU
- Le 04/10/2012
J'ai commencé à écrire au lycée.
Tout a réellement commencé dans la chambre d'hôpital où je veillais mon frère cliniquement mort. Et qui a survécu.
En 1ère, Mr Ollier lisait mes nouvelles à la classe. En Terminale, il continuait et Mme Sotirakis avait eu, pour la première fois de sa carrière, à corriger un exposé de 72 pages sur la passion. J'écrivais beaucoup déjà :)
Tous les deux disaient qu'un jour, je serai édité.
J'ai écrit "VERTIGES". Il a été publié en 2004 par la Fontaine de Siloé. Ce roman a eu deux prix littéraires régionaux.
J'ai écrit "NOIRCEUR DES CIMES" qui a été publié par Altal éditions. Une belle rencontre avec deux jeunes passionnés, Sarah Molina et Yann Derrien. Ils n'ont malheureusement pu tenir le coup dans la meute du marché des livres....La maison a déposé le bilan.
J'ai écrit "JUSQU'AU BOUT", l'histoire d'un instituteur qui tue, se drogue, a une vie sexuelle totalement débridée, enlève ses élèves et meurt dans un amour ineffable.
Il n'est pas publié.
J'ai écrit "LA-HAUT", l'histoire d'un guide de hautes montagnes qui perd sa femme dans l'attentat du RER à la station Saint Michel. Il se réveille à l'hôpital et découvre qu'il a été amputé d'une jambe. Near death experience. Etat de conscience modifiée. Que reste-t-il quand on a tout perdu ? La plénitude.
Il n'est pas publié.
J'ai écrit "LES ÉVEILLÉS", un roman autobiographique. Mon parcours de vie. Que reste-t-il quand on a perdu son intégrité physique ? L'intégrité spirituelle.
Il n'est pas publié.
J'ai écrit le tome 1 de "JARWAL LE LUTIN". Il a été publié par Laura Mare éditions pendant deux mois puis la maison a déposé le bilan.
J'ai écrit le tome 2, le tome 3, j'écris le tome 4.
J'en écrirai 10.
"Jarwal le lutin" n'est plus en vente.
Je travaille actuellement, depuis le 1er septembre à l'écriture d'un nouveau roman.
"À COEUR OUVERT". Tout est parti de la mise au point d'un coeur totalement artificiel par la société Carmat et le Professeur Carpentier. Que reste-t-il de soi quand on a perdu son coeur ? Le soi originel. Et plus le soi éduqué.
J'en suis donc à 10 romans.
Et plus de mille pages en format A4 d'articles sur mon blog.
Il me reste un roman publié...
Et je continue à écrire.
Non pas parce que j'espère qu'un éditeur s'intéressera un jour à ce que j'écris mais parce que rien, absolument rien, ne m'a autant apporté, spirituellement, existentiellement, rien n'a jamais eu cette profondeur, aucune exploration n'a jamais été aussi soutenue.
Bien évidemment, cela ne signifie pas que l'amour pour ma femme ou mes enfants n'a pas d'importance mais tout simplement qu'il ne s'agit pas de la même dimension.
L'amour est un éveil aux autres. L'écriture est un éveil à soi.
Les deux ne sont pas en conflit ou en compétition, ils s'accompagnent, se nourrissent mutuellement. Je n'aurai pas écrit tout ça si je n'avais pas croisé la route de la femme que j'aime, si nous n'avions pas eu nos trois enfants mais je n'aurai jamais rencontré cet amour-là si je n'avais pas écrit parce que je n'aurai pas été celui que je suis.
Alors je vais continuer à écrire parce que c'est ma route. Quoiqu'il advienne.
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Agressions sur les profs
- Par Thierry LEDRU
- Le 02/10/2012
On ne les compte plus depuis le début de l'année mais qu'en est-il envers les élèves?...
Hier, un ancien élève vient me voir en classe. Il est dégoûté, désespéré, déprimé, au fond du trou. Un petit gars, dans une situation familiale très difficile, aucun soutien, non pas parce que les parents ne le souhaitent pas mais parce qu'ils ne peuvent pas, en survie constante, une maladie lourde pour le père, une maman qui gère comme elle peut. Et bien, ce petit gars a reçu cette appréciaion sur un devoir d'Anglais : "Qu'est-ce que tu fais au collège, tu viens te chauffer près du radiateur?"
Au CM2, il a bossé comme un mort de faim, il a progressé toute l'année, il était fier de lui, il avait retrouvé une estime, une envie d'apprendre, ses faiblesses n'étaient plus une condamnation mais une opportunité de se battre, de devenir meilleur. Et là, en un mois de classe, l'image qu'il a de lui, c'est celle d'un "nul".
Tous les jours, en France, des enfants sont "poignardés" par des professeurs qui n'ont aucune conscience du mal qu'ils font, qui sont incapables de comprendre, de ressentir, de partager, d'avoir la moindre compassion, d'éprouver le moindre amour.
Et les médias vont hurler quand ils seront poignardés.
Qui se posent la question de ce que vivent les enfants?
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"Vertiges"
- Par Thierry LEDRU
- Le 01/10/2012
Si vous n'avez pas encore un exemplaire de VERTIGES, ça va être trop tard étant donné que la maison d'édition vient d'être mise en liquidation judiciaire. Pour ceux et celles qui en ont déjà un, et bien à partir d'aujourd'hui, c'est un "collector"...
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Le ventre en question
- Par Thierry LEDRU
- Le 30/09/2012
Passionnant tout ce que je peux lire dans mes recherches pour l'écriture de mon roman. Etonnant aussi comme ce que j'ai déjà écrit finit par correspondre à ce que je découvre sur le net. Depuis un moment déjà, je pensais que les émotions influaient le cerveau, que le corps avait son propre fonctionnement interne et que le cerveau en était le récepteur, le trieur, l'analyseur mais pas nécessairement l'émetteur. Fascinant. Et se pose irrémédiablement la question de la vie d'une personne ayant reçu un coeur artificiel. Le sang ne passant pas dans cette machine, qu'adviendra-t-il de la dispersion des hormones et en retour, quelles informations physiologiques pourront parvenir au cerveau ?
Le Ventre en question
Réhabiliter l'intestinhttp://www.silver47.eu/leventre.html
Si je vous dis diarhée, constipation, ballonnement, gaz, syndrôme du colon irritable.. vous me répondrez sans doute: l'intestin.
Mais si à.. fatigue, dépression, humeur fluctuante, céphalées, anxiété, pertes de mémoire, insomnie.. je vous dis "c'est votre intestin".
Si à acné, psoriasis, urticaire, eczéma.. je vous rétorque: "justement, l'intestin"
Courbatures, tendinites, sciatique.. cystites, vaginites, dysménorrhées.. encore l'intestin !Vous allez imaginer que je rejoue ici le rôle du médecin et du malade imaginaire de Molière. Pourtant, nous ne sommes pas dans une comédie mais nous approchons la réalité car l'intestin est la source de multiples maux. Et j'oserai dire qu'il peut se jouer une tragédie chaque fois qu'un trouble de santé apparaît, que l'on donne des remèdes antisymptomatiques, et que l'on oublie de s'intéresser à l'intestin.
Alors, comment est-ce possible que cet organe qui n'a pas, dans notre considération, la même noblesse que le cerveau ou le coeur, puisse jouer un rôle considérable pour notre santé ?
Réfléchissons un peu :
- L'intestin est un creuset de matières : la sienne et celle qu'il contient.
- L'intestin est constitué de vie, la microflore qu'il héberge.
- L'intestin est un creuset de mental et d'émotions, via les neurones qui le tapissent.
- L'intestin est aussi source de sagesse dont nous parlent les traditions orientales, et toujours selon leurs croyances, Il serait même le siège d'une force vitale échappant à la biologie classique, rien que ça !A - Description succinte des quatre intestins.
1 - L'intestin matière.
a) la matière qu'il contient.
Cette matière provient de la nourriture absorbée, soit environ 60 tonnes d'aliments pour une vie.
Cette matière est polyvalente ; elle contient à la fois des nutriments et des substances à rejeter. L'intestin, lieu de passage certes, mais surtout sorte de chaudron magique qui va assumer transformation, tri, assimilation ou évacuation.
Il ne devrait pas être l'espace tabou, l'espace nauséabond qu'on imagine souvent. S'il devient un espace trop nauséabond, ce n'est pas de sa faute, mais peut être avons-nous une part de responsabilité.b) la matière qui le constitue.
L'intestin est constitué de plis, de villosités, de microvillosités, et si on le dépliait, on pourrait couvrir
environ 400 mètres carrés.
Des chiffres bruts ne sont pas très parlants. Aussi est-il intéressant de les illustrer par des éléments concrets :Avec notre PEAU, on pourrait faire un grand PARAPLUIE.
Avec la muqueuse déployée de nos POUMONS, on couvrirait une PISTE DE BOWLING.
Avec la muqueuse déployée de l'INTESTIN GRELE, on masquerait un TERRAIN DE TENNIS.Mais si la surface de l'intestin est considérable, la muqueuse est d'une infime épaisseur.
Posons bien le problême un instant. On parle de pollution extérieure que l'on absorbe par la peau et les poumons ; c'est de plus en plus inquiétant. Cette pollution extérieure, on l'absorbe par une surface relativement restreinte (un parapluie et une piste de bowling). En revanche, vous voyez ce qui sort de notre intestin : tout ceci était en contact, par une surface immense et par une muqueuse extrêmement
vulnérable, avec l'intérieur de nos organes."C'est étudié pour" me direz-vous. Oui mais, il suffirait de presque rien, pour que des éléments indésirables,
des microparticules dangereuses se retrouvent dans notre corps au lieu d'aller dans la cuvette des WC.
Elles pourraient alors, ces particules, perturber n'importe quel organe. Ce qui entartre la cuvette des WC pourrait entartrer notre corps.
Et là, il ne sera pas question d'aller chercher le bidon rose, vert, bleu hyperactif qui se trouve dans les rayons de votre magasin habituel.2 - L'intestin de Vie
L'intestin est le siège permanent d'une activité motrice qui se manifeste sous forme d'ondes de contraction et de propulsion. En ce sens, il est mouvant, vivant. Mais ce n'est pas cet aspect que je veux évoquer. Cela permet cependant de comprendre que l'intestin n'est pas un simple tuyau de plomberie. Il participe.
Notre intestin, et en particulier le gros, est habité par 10 puissance 14 entités bien vivantes, composées d'environ 500 espèces différentes. C'est ce que l'on appelle du joli nom de flore, constituée par 2Kgs de bactéries :
100.000.000.000.000 entités vivantes
500 espèces
2 kilogrammesCes bactéries constituent 50% de la masse fécale. Nous sommes colonisés par ces bactéries et devons apprendre à cohabiter avec ce zoo vivant que nous transportons en permanence. La plupart de ces petites bêtes sont en grande majorité nos amies et sans elles nous ne pourrions pas vivre.
Songeons que ces Bactéries :
- Terminent certaines digestions
- Fabriquent des vitamines
- Facilitent l'assimilation des minéraux
- Transforment certains médicaments pour les rendre opérationnels
- Synthétisent des antibiotiques naturels
- Jouent un rôle dans le systême immunitaireIl éxiste l'équivalent du guide Michelin pour bactéries et celles-ci l'ont consulté. 3 étoiles sont attribuées au milieu intestinal, car les bactéries y trouvent un repas de grande classe : on y met les petits plats dans les grands. D'autant plus intéressant que ce repas est gratuit et en libre service ! On imagine facilement que les 500 espèces de bactéries ont toutes envie de se régaler, y compris certaines bactéries dont nous
n'avons pas trop besoin.En principe, dans ce restaurant, les bactéries amies ont réservé et ont une place bien déterminée. Mais si, une fraction de seconde, elles quittent leur place, les bactéries moins sympathiques la prennent. Le problême, c'est que chez les bactéries, si on mange beaucoup on ne grossit pas, on se multiplie, et nous verrons ce qui se passe lorsque des bactéries indésirables viennent prendre la place des bactéries
habituelles et se multiplient trop.On peut se douter que si un zoo est fait pour acceuilir une centaine d'espèces d'animaux dont 3 tigres et que, pour une raison quelconque, les tigres prennent l'ascendant sur d'autres animaux, se multiplient et sont 50 au lieu de 3, la clôture du zoo risque de céder. C'est un phénomène un peu semblable qui peut se produire dans notre intestin. C'est le syndrôme de l'intestin victime de perméabilité intestinale.
3 - L'intestin Mental
Familièrement le ventre se dit parfois panse, ce qui n'est pas très loin de pense.. coïncidence sémantique amusante lorsqu'on sait que des recherches récentes, reprenant d'ailleurs des travaux un peu plus anciens, parlent d'un second cerveau dans l'intestin.
Coïncidence visuelle troublante également quand on constate qu'une circonvolution d'intestins qui remplit le ventre ressemble étrangement aux arcanes de notre cerveau.
Nous sommes peu habitués, dans notre monde hypophysaire trop rationnel, au raisonnement analogique. Je ne m'appuierai donc pas sur ses éléments mais peut-être que cela suffira, aux plus thyroïdiens et pinéaliens d'entre vous, pour ressentir que l'intestin a un lien de parenté avec le cerveau.
Donc, soyons sérieux et voyons ce que nous disent les scientifiques, car ils ont bien sûr la vérité !
N'oublions cependant que la Science constitue un cimetière de théories délaissées.Jusqu'a présent il y avait un cerveau droit, et un cerveau gauche; y en aurait-il un troisième ?
En 1999, Michael Gershon, gastroentérologue, publie ses travaux et affirme qu'il y a, au niveau de l'intestin, un systême nerveux autonome, une sorte de second cerveau capable de se débrouiller seul, sans suivre ni attendre les instructions du cerveau principal habituellement considéré comme le chef d'orchestre de toutes nos fonctions. De nombreux chercheurs travaillent sur ses découvertes, notamment à l'Université de Lausanne.Ils confirment la justesse des théories de Gershon et l'immense possibilité qu'elles ouvrent dans le
traitement des maladies de l'intestin.Comme toute découverte scientifique, il y a bien sûr des détracteurs. Ils disent "rien de nouveau, on a découvert depuis 1860 le systême nerveux entérique. Les neurones entériques sont sous la dépendance de la commande centrale : le cerveau. Ces neurones ne sont que des relais du systême sympathique qui commande la digestion".
Ils n'ont pas totalement tort. Dans notre corps, il y'a collaboration, synergie entre les organes, mais de là à considérer que les intestins n'ont qu'un rôle passif d'exécutants d'ordres donnés de là haut ! C'est l'illustration d'un refus de lâcher certaines convictions auxquelles on s'accroche délibérément parce que les nouvelles sont destabilisantes.
L'hypothèse de ce cerveau indépendant dans le ventre avait été émise dès le 19ème siècle par des chercheurs anglais (Bayliss et Starling). Ils avaient constaté la poursuite quasi normale de l'activité digestive chez un chien dont ils avaient coupé le lien entre le systême nerveux central et les cellules nerveuses présentes à l'intérieur de la paroi intestinale.
Au début du 20ème, un allemand (Trendelenburg) observait le réflexe pésistaltique "in vitro" dans l'intestin d'un porc, séparé du reste du corps; preuve que l'intestin peut réagir sans la participation du systême nerveux central.
En 1921, John Langley déclare que les cellules nerveuses du tube digestif ont leur réseau autonome parce que le cerveau principal ne peut coordoner seul les fonctions complexes de la digestion. Il est mis au pilori par tout ses collègues chercheurs.
Le 20ème siècle continuera à considérer l'intestin comme de la tuyauterie dépendant intégralement du cerveau principal. Le 21ème siècle commence à rendre ses lettres de noblesse aux intestins. Gershon a ouvert un champ immense de possibilités et entraîne dans son sillage de nombreux chercheurs.
Ils travaillent sur ces 100 millions de neurones du cerveau abdominal qui envoie, à travers le nerf vague, 9 fois plus d'informations vers la tête qu'il n'en reçoit. Ils travaillent sur cette sérotonine produite à 95% dans l'intestin. La sérotonine responsable de l'harmonie, de l'équilibre, du calme, de la gaieté, en un mot du bien être.
Ils travaillent sur ce réseau de neurones intestinaux qui commande un systême de défense d'une ampleur incomparable à savoir 70% des cellules immunitaires de l'organisme.Le cerveau intestinal ne peut manipuler des symboles et se servir d'un langage, mais il dispose de neurotransmetteurs. Ces derniers sont les mots que les neurones emploient pour communiquer l'un avec l'autre et avec les cellules sous leur contrôle. Peut être que leurs mots sont plus intelligents que les notres et qu'il n'est pas interdit d'étudier leur langage pour éviter certains maux.
4 - L'intestin Sagesse
On peut se pencher, se penser dans la tradition orientale, pour aborder cet aspect. On peut relire "le Hara" de Durckheim, chercher à comprendre le rôle joué par le ventre dans les arts martiaux. On peut aussi s'intéresser au bouddhisme qui met le ventre proéminent au centre de l'être. On peut épiloguer sur cette déclaration du grand maître Zen, Deshimaru, qui répond quand on lui demande "qu'est-ce que le Zen?" - "un bâton à chiottes!"
Mais les orientaux n'ont pas le monopole de la sagesse du ventre. Si le ventre de monsieur Hoang Tsin est un creuset de sagesse, il n'y a pas de raison, que le ventre de monsieur Deschamps ne soit pas aussi un creuset de sagesse. La supériorité des orientaux à ce niveau, est qu'ils sont moins dans la dépendance théorique intellectuelle; mais qu'ils sont capables, pour leurs découvertes, d'y mêler intuition, sensibilité et
pratique assidue.Alors si je rencontre mon facteur, et que je lui dise: "La sagesse, c'est d'avoir un bon intestin. Le Zen est un bâton à chiottes. Le Hara c'est le centre vital de l'homme", il est fort probable qu'il me dise: "je n'ai pas bien saisi le sens de vos propos", alors pour faire plus simple, je vais lui dire que la Vie est mystérieuse. Quand à-t-elle commencé ? D'où vient-elle ? Où va-t-elle ?
On ne le sait pas, mais ce que l'on sait, c'est que chez les humains, cette Vie prend son départ dans le ventre.
Dès la conception, un ventre acceuille, le corps va se construire par le cordon ombilical relié à un ventre jusqu'à la naissance. Après la naissance le corps va continuer à se construire et à s'entretenir par les aliments grâce au ventre, à ses intestins, véritables racines physiologiques.
La vie aurait pu démarrer dans notre coeur, dans notre cerveau, ces organes nobles dont parlent les poêtes. Mais non, ironie du créateur, elle démarre à proximité de matières, comme si elle voulait nous dire: attention, ne t'évade pas trop dans tes pensées, dans ce mental trompeur, dans ce mental menteur. N'oublie pas que la vie prend sa source plus bas. N'oublie pas de temps en temps, d'y descendre, plonge
dans ces racines, relie le haut et le bas; oui, tiens ensemble le Ciel et la Terre.Oui, comme à l'origine du torrent, il y'a une source: le ventre constitue la source de l'être et en cela il contient du mystêre, c'est à dire de la sagesse. Oui, acceptons de descendre, de temps en temps, dans notre ventre, de naître une deuxième fois avec lui et, naître avec, cela se traduit par: Co-Naissance.
B - Comment l'intestin peut-il être la source de maladies non intestinales ?
Si l'on n'est pas habitué à cette conception de la santé, il est possible de se dire: Ok, l'intestin joue de multiples rôles, présente de multiples aspects fonctionnels et, s'ils se "détraquent", je vais me retrouver avec des maux de ventre, voire avec des maladies plus ou moins graves de l'intestin. Effectivement, ça se passe parfois de cette façon, mais parfois non.
Il arrive que le ventre soit indolore et qu'il exprime sa souffrance par des voies détournées qui s'appelleront maladies de peau, problêmes respiratoires, douleurs articulaires, baisse de l'immunité, etc..Qu'est-ce que ce ventre, sorte de coucou qui va mettre ses problêmes dans le nid des autres ?
Le ventre répond: Désolé, ce n'est pas moi qui ai inventé un découpage artificiel de l'organisme. C'est vous les hommes qui séparez l'intestin, le coeur, les articulations, les poumons, la peau et qui avez inventé les gastroentérologues, les cardiologues, les rhumatologues, les pneumologues, les dermatologues. Vous oubliez trop souvent que le corps est un ensemble, un agrégat de cellules? Chacune d'elles travaillent dans l'intérêt de la collectivité; encore faut-il que ces cellules reçoivent ce dont elles ont besoin.
Si les cellules qui constituent le poumon reçoivent des déchets colloïdaux que l'intestin a laissé passé, elles n'accomplissent pas leur fonction et ça s'appellera bronchites, asthme.. etc.
Si les cellules qui constituent les articulations ou les muscles reçoivent des déchets acides, cristalloïdaux; ça s'appellera lombalgies, sciatiques, rhumatismes.
Si les cellules de la peau, au lieu d'avoir à éliminer sébum et eau, doivent éliminer moult substances agressives, ça s'appellera eczémas, urticaires..Si l'intestin ne peut jouer son rôle immunitaire, n'importe quelle substance étrangère pourra déclencher une manifestation allergique voire une pathologie grave.Si des substances chimiques viennent visiter les neurones intestinaux, ceux-ci, via les neurotransmetteurs,
pourront déclencher des problêmes psychiques comme la dépression.Etc.. etc..
C - Pourquoi les merveilleux mécanismes intestinaux se dérèglent-ils ?
1 - L'intestin matière
La matière contenue dans l'intestin vient de nos mains qui portent à la bouche des aliments, de l'eau, des médicaments; c'est dire que nous avons notre part de responsabilité.
La matière contenue dans l'intestin est le résultat du travail accompli par tous les organes digestifs qui le précèdent: la bouche, l'estomac, le fois, le pancréas. Autrement dit, si l'on met dans le corps des substances qui ne sont pas en adéquation avec ses besoins et ses possibilités, la matière qui arrivera dans l'intestin ne sera pas conforme à celle qu'il est susceptible de savoir traiter.
Si l'on veut que l'intestin reçoive ce qui lui convient, il faut s'intéresser à la bromatologie, c'est à dire à la diététique et à la nutrition. Faute de cela on va produire des gaz par fermentation et putréfaction, ralentir notre transit, et se retrouver avec des amas considérables de matière. Le diamètre du tuyau va se réduire par une sorte de calamine, cette calamine va perturber les échanges avec le reste du corps et mettre à mal le systême immunitaire.
Supposons que l'on mette dans notre bouche ce qui convient. Est-on assuré que l'intestin reçoive la matière qu'il sait traiter ? Non. Si un seul organe n'a pas assumé sa fonction digestive, on risque de se retrouver avec des matières non transformées dans l'intestin. Alors l'intestin grêle et le gros intestin vont dépenser beaucoup d'énergie pour un travail supplémentaire car ils vont chercher à transformer ce qui peut l'être.
Cette énergie supplémentaire dépensée pourra manquer pour accomplir d'autres fonctions d'un organe du corps. On se retrouve avec une pathologie par défaut d'énergie.Retenons en résumé, que si on ne veut pas que l'intestin se dérègle à cause de son aspect matière, il faudra veiller au carburant et au carburateur. Il n'y a pas en général pas de systême alimentaire standard. Tout systême alimentaire doit être individualisé.
2 - L'intestin Vie : sa flore.
Notre intestin abrite une microsociété d'individus, en l'occurence les bactéries comme dans toute société, il y a des dominants, des dominés, des agitateurs, des minorités agissantes et, chacun, a sans doute sa raison d'être. En principe le plan d'occupation des sols est extrêmement reglementé. Chaque type de bactérie dispose de ses quelques mm² de logement. La nature a bien prévu les choses puisque l'écrasante
majorité des espèces bactériennes joue un rôle favorable pour l'homme et que celles-ci disposent des plus grands logements. Il faut cependant se souvenir qu'il éxiste une lutte permanente qui se déroule dans l'intestin, chacune des bactéries tentant de prendre la place de l'autre.Pourquoi certaines bactéries pathogènes arrivent-elles à prendre le dessus sur certaines bactéries saprophytes ? Dans le monde bactérien, les bactéries prolifèrent et régressent en nombre suivant qu'elles rencontrent ou non des conditions de vie favorables, ou autrement dit, la nourriture qui leur est servie.
Sont identifiées comme causes de la dysbiose intestinale, c'est à dire comme cause du déséquilibre de la microflore :
- Déséquilibre alimentaire, mauvaises habitudes.
- Changement trop brutal de systême alimentaire.
- Stress
- Excès d'hygiène et de propreté autour de soi (la vie dans une ferme étant préférable à la vie dans une maison "nickel" sans poussières)Comment savoir, en dehors de pathologies comme les mycoses, en dehors d'éxamens médicaus, si on est à risque de dysbiose ?
Je ne peux parler de tous les clignotants qui permettent de savoir si un groupe de bactéries prend l'ascendant sur un autre. Je vais simplement vous en donner deux, les plus fréquents.
Il éxiste des bactéries de fermentation et des bactéries de putréfaction. Entendez par là que certaines bactéries aiment les hydrates de carbone (pain, sucre, céréales, amidons..) et d'autres se régalent avec les acides aminés (viandes, oeufs, fromages, poissons..)
Si l'on mange trop d'hydrates de carbone, il va y avoir prolifération d'une flore de fermentation. Ce qui se traduira à terme par une prolifération d'autres micro-organismes, notamment le célèbre candida albicans, qui n'a rien de candide.
Si on consomme trop de protéines, notamment animales, une flore de putréfaction va se développer. Si elle prolifère trop, elle engendrera des maladies intestinales des plus bénignes aux plus graves. La dysbiose a également des conséquences sur la perméabilité intestinale. La membrane intestinale (épithélium) joue un rôle cruciel de filtre grâce à la jonction particulière de ses cellules.
Si la flore intestinale est déséquilibrée, la membrane intestinale sera mobilisée, de par son systême immunitaire, sur d'autres fonctions. De ce fait, elle ne disposera plus de l'énergie nécéssaire pour assimiler les trente protéines nécéssaires à son intégrité. L'intestin, dans ce cas, n'est plus un filtre mais une passoire.Les intrus (déchets toxémiques ou certaines bactéries) envahissent l'organisme. Le corps va éssayer de les éliminer par des boutons, des maladies de type ORL, des diarrhées.. ou s'il n'y a pas de vitalité, le corps s'encrassera et l'on aura des douleurs articulaires, musculaires, des migraines, etc.. Il importe de maintenir cette barrière intestinable en bon état ou de la renforcer car elle est primordiale dans le maintien de la santé.
3 - Les neurones
Lorsqu'on s'intéresse à la santé, il est bon de se rappler Hippocrate. Il avait compris qu'il fallait prendre en compte les découvertes de la science sans oublier celles des empiriques, des anciens et de la tradition.
L'homme n'est pas une équation mathématique à résoudre par des scientifiques. Il est composé de multiples facettes dont certaines ont d'abord été appréhendées par l'intuition populaire. Cette intuition populaire, en ce qui concerne le ventre, se traduit par un langage imagé très riche. Le nombre d'expressions qui manifestent une correspondance entre une émotion, un sentiment, une situation et le systême digestif est impressionant. Vous connaissez :
Je ne l'ai pas digéré, ça me gonfle, je le garde sur l'estomac, ça me gave, avoir des tripes, avoir la peur au ventre, s'emmerder..
Le ventre matérialise, plus que tout autre organe, une souffrance affective ou émotionnelle parce qu'il dispose de son systême autonome de neurones. Donc il réagit dans l'instant. La douleur du ventre peut n'avoir aucune raison matérielle, elle remplace l'angoisse, la colère, la frustration, la rancoeur. Ne parle-t-on pas de colon irritable ?
Notre intestin fonctionne comme un cerveau. Pour bien fonctionner, il doit être capable de lâcher prise, de répondre à une émotion par le moyen approprié. Toute émotion mal vécue peut engendre un dysfonctionnement intestinal, non seulement du point de vue de la douleur mais aussi sur l'équilibre de la flore intestinale.
4 - Le potentiel sagesse
Chaque organe de notre corps doit recevoir les ingrédients dont il a besoin. Ceux-ci ne sont pas obligatoirement visibles, comme glucides, protides, lipides. Les organes ont parfois d'autres besoins. Je vous ai signalé dans d'autres conférences, par exemple, que la thyroïde avait besoin d'activités artistiques, que l'hypophyse avait besoin de mathématiques. Je dirai que le ventre, point de départ de notre vie, aurait besoin d'un peu plus de reconnaissance. Il aurait besoin que nous naissions avec lui. Il aurait besoin qu'on lui accorde un peu plus d'intérêt, qu'on le voit autrement que comme un "emmerdeur". Il aurait besoin que, de temps en temps, on pense à lui, qu'on médite sur son mystêre, ou peut être aussi de dire gracias, c'est à dire juste "merci".
Gerard Malisani
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"La perfection" sur Reflets du temps
- Par Thierry LEDRU
- Le 30/09/2012
La perfection

« La perfection caractérise un être ou un objet idéal c’est-à-dire qui réunit toutes les qualités et n’a pas de défaut ».
« La perfection désigne aussi l’état d’accomplissement moral et spirituel auquel l’être humain serait destiné : un état de liberté totale et de félicité absolue auquel l’homme ne pourrait accéder que par un travail constant sur sa pensée, ses paroles et ses comportements ».
wikipédia
Je me méfie grandement de cette idée de perfection… Elle me semble contenir davantage de dangers potentiels que de plénitude. Sur quelles données se construit cette perfection ? Tout le problème est là. S’il ne s’agit que d’une comparaison entre les individus et l’établissement d’une hiérarchie, cette exigence contribue à l’élaboration d’un flot de douleurs. Pour ceux ou celles qui ne parviennent pas à se maintenir à flot au regard des plus performants et pour les plus performants à la douleur de ne pas pouvoir préserver ce statut de « leader ». On entre là dans le phénomène de la compétition. Et il n’y a rien de positif dans ce fonctionnement dès lors qu’il s’agit uniquement d’être le numéro 1. Le sport se nourrit de cette exigence. Certains individus parviennent malgré tout à préserver une certaine distance, une capacité à relativiser ce statut. Roger Fédérer en est l’exemple le plus honorable. Les footballeurs en sont bien souvent les pires représentants… La puissance médiatique est un piège redoutable qui pose l’individu sur un piédestal illusoire. Etre « détrôné » représente une douleur incommensurable. Mais c’est une douleur dont l’individu est responsable étant donné qu’il a accepté la perversité du système.
Qu’en est-il de nos élèves ? Si nous présentons la perfection comme un but à atteindre, nous créons une pression ingérable. D’autant plus ingérable qu’elle est construite sur des critères de comparaison. Les évaluations nationales sont les piliers de ce système. Il n’est pas question dans ce cadre étroit de juger de l’évolution de l’élève mais intrinsèquement de positionner l’individu sur une échelle de réussite globale. C’est son positionnement sur cette échelle qui est censée mesurer sa performance. Et c’est une absurdité absolue. Je connais des élèves qui sont « performants » dans ces épreuves et qui sont pourtant des individus partiellement « éteints ». Ils ne sont juste que des récitants très doués. Le contenu a pris le pas sur le contenant.
La performance n’a de réelle valeur qu’au regard de la qualité du contenant et de l’observation constante du contenu. Roger Fédérer pourrait être un très grand joueur de tennis et un homme insignifiant. C’est l’équilibre parfait entre la qualité de son jeu et la valeur humaine qui en fait quelqu’un de performant.
La performance est un chemin et non une fin. Elle n’est pas un objectif mais un moyen. Le moyen de contribuer à l’évolution de l’individu et c’est donc une démarche éminemment individuelle. Il ne s’agit pas de le placer sur une échelle comparative mais de l’amener à observer son cheminement. Aucun état de perfection n’est accessible ni même durable s’il n’est que la participation à un étalonnage de la masse. Car le « premier » ne le sera qu’au regard d’un ensemble de critères limitatifs. Le seul classement acceptable est celui que chaque individu établit au regard de sa propre évolution. L’objectif est de contribuer à passer successivement devant soi et non devant les autres. La performance est individuelle et ne se mesure que dans le creuset de son propre cheminement. Celui qui cherchera à apprendre à jouer au tennis à cinquante ans sera le premier en soi. Et demain, il passera devant ce premier puisqu’il comblera ses insuffisances. Il serait vain et absurde qu’il se compare à Roger Fédérer. Sa performance n’existera qu’à travers son propre engagement.
Et c’est là que la notation et toutes les évaluations formatives, les applications de données cognitives ne sont que des ersatz de réussite. Ce n’est pas le contenu qui importe mais le contenant. Ce n’est pas ce que l’homme sait qui importe mais que l’homme qui sait se connaisse. Si l’humanité est en dérive, c’est justement parce que la connaissance cognitive est devenue la référence et que la comparaison est un critère de sélection. Si l’école participe à ce naufrage, elle n’est plus que l’orchestre du Titanic qui continue à jouer quand le vaisseau coule. Est-ce qu’il est acceptable que les musiciens usent de leurs compétences alors qu’il s’agit d’œuvrer à sa propre survie et à la survie des passagers ? Est-ce que l’éducation nationale doit chercher à être performante dans ces critères sélectifs alors qu’elle coule ?… La coque est déjà éventrée, l’eau s’engouffre, il n’est plus temps de changer de cap. Le vaisseau est condamné. Il s’agit maintenant de sauver les passagers.
Thierry LedruCommentaires (1)

La perfection a rapport avec l’achèvement, l’ultime, ce qui ne peut pas être dépassé. « Telos », en grec, c’est à la fois ce que l’on vise, le but, et ce qui est obtenu, le résultat achevé. Ce n’est pas forcément le fruit d’un effort conscient : ce qui arrive à maturité (une plante, un animal ou un être humain) est également « teleiotheis », qui peut se traduire simplement par « adulte ». Le parfait, c’est donc ce qui est parvenu au terme de ses potentialités, mélange de fonctionnalité (ce qui marche parfaitement) et d’esthétique (le beau, « kalos », a un rapport avec le bien « agathos » et le parfait au sens de ce qui ne peut être surpassé). La même idée se retrouve en Egypte ancienne : nfr (nefer) désigne aussi bien le beau (Nefer-iti = la belle est venue) et ce qui est arrivé à la plénitude de sa nature.