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  • La langue de bois

    L'actualité du soir se prête bien à ce petit rappel très éducatif.

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  • "L'amour de la sagesse" (spiritualité)

    Un livre de Bruno Giuliani.

    "Il existe beaucoup d'excellentes définitions de la philosophie mais aucune n'est meilleure que son étymologie :l'amour de la sagesse. Contrairement aux idées reçues, un philosophe n'est pas un intellectuel, ce n'est pas un expert, un savant, un professeur, ni même un étudiant en philosophie. C'est une personne qui ressent de l'amour pour la sagesse, qui désire en faire la conquête et oeuvre dans ce sens de toute son âme. Nul besoin de grandes connaissances, de longues études et de hauts diplômes pour être philosophe. La philosophie n'est pas un savoir mais une activité accessible à tous, dès l'enfance. Elle ne consiste pas à tenir des discours abstraits ou à connaître des doctrines mais à utiliser sa raison pour devenir plus sage et être ainsi plus heureux dans sa vie. Depuis l'Antiquité, un philsophe ne se reconnaît pas à son érudition mais à son état d'esprit, à son attitude globale dans l'existence, face à la réalité. La philosophie n'est pas une discispline scolaire. C'est une aventure spirituelle.

    Elle n'est pas une profession ou une spécialité mais un intérêt, un goût, une passion. Un philosophe peut gagner sa vie en étant chercheur, enseignant ou écrivain mais le titre de philosophe convient à toute personne qui cherche la sagesse dans sa vie, avec un amour sincère, quels que soient son âge, son niveau intellectuel ou sa profession."

     

    Je descendais chercher les croissants du dimanche pour la famille et j'écoutais la radio : France culture. Il y avait un débat sur "les" cultures et un intervenant a commencé par réciter son parcours scolaire, ses diplômes et puis il s'est lancé dans un monologue totalement abscons. Un florilège de termes techniques, des phrases alambiquées, des tournures intellectuelles, un déballage de tout son cursus cognitif...Il s'écoutait parler et s'illuminait de son savoir. Mais dans une obscurité impénétrable, accompagnée en plus d'accent de préciosité absolument insupportable. L'intellectuel dans toute sa splendeur et celui-là mérite d'être catalogué puisque c'est ce qu'il recherche à tous prix. Un piédestal.

    Totalement à l'envers au regard du texte de Bruno Giuliani. Ou de Socrate d'ailleurs.

    C'est certain que cette philosophie est à fuir comme la peste. C'est ce qui a été fait d'ailleurs. Jusqu'à ce qu'elle n'aparaisse plus que sous cet angle. Il n'est qu'à écouter les commentaires des lycéens...L'education nationale a colporté le virus, nourrie et encouragée par ces techniciens de surface. Ceux qui méprisent la "France profonde". Mais le paysan rencontré dans les Monts d'Aubrac et qui nous parlait avec amour de la Terre, de son métier, des bêtes, de la vie, il n'avait aucun diplôme mais une sagesse incommensurable. 

  • La France profonde

    J'entends à la radio parler d'un documentaire de Raymond Depardon et le journaliste utilise le terme de "France profonde".

    Alors donc, il existerait une catégorie de Français qui vivraient dans une France profonde. Je suspecte dans l'expression une connotation péjorative et je me dis que pourtant quand on parle d'un travail profond, il s'agit d'une exploration poussée du potentiel. L'inverse serait donc un travail de surface et il n'aurait évidemment guère les qualités de son opposé.

    Serait-ce donc que la France profonde serait un territoire dans lequel les habitants parviendraient à une existence sereine et affinée, un saisissement entier du potentiel de la vie ? Et que la France de surface errerait dans une insignifiance tapageuse ?

    Mais lorsqu'un journaliste utilise l'expression, que met-il derrière les termes ?

    C'est étrange que le regard que l'on pose sur les choses dépend de l'endroit d'où on les observe...Cela signifierait-il que l'acceptation des catégories infuencerait irrémédiablement l'objectivité ?  Mais alors, qu'en est -il de cette objectivité ? L'identification exerce-t-elle conjointement une perdition de la lucidité ?

    Si on généralise l'expression, les gens des villes et bien entendu de la capitale détiendraient la capacité à analyser les habitants de la France profonde et à leur attribuer un panel de qualités ou de défauts. Enfin, surtout des défauts d'ailleurs. Parce que dans les villes et donc la France de surface, on sait bien que tout le monde dispose d'un potentiel intellectuel, philosophique et culturel indéniable, une maîtrise de soi, une connaissance de tous les phnénomènes intérieurs, une sagesse inégalable...

    Madame Treitweiller appartenant à la France de surface a d'ailleurs montré toute l'étendue de cette maîtrise...Consternant cette guerre des egos, une ado usant des réseaux sociaux pour régler ses comptes. Ou BHL prenant un bide incommensurable en mettant en scène sa "Ramboïsation" dans les conflits. Ah, elle est belle la France de surface. Et Nadine Morano qui encense le FN avec son langage de fosse à purin. Je ne tenterai même pas de trouver d'autres exemples, rien que d'y penser, je me sens sale. Et puis, il n'y a qu'à lire les actualités sur internet pour s'en faire un catalogue de dix mille pages.

    Alors, bon, j'en connais par ici, qui valent bien ces personnages. Une petite vallée paumée au fin fond des Alpes. On a aussi nos Morano. Faut pas rêver. On n'est pas chez les "Bisounours" ou dans "L'île enchantée."

    Alors, la France profonde ou la France de surface, celle d'en haut, ou celle d'en bas, celle de gauche ou celle de droite, l'intellectuelle ou la paysanne, le rat des villes ou le rat des champs, tout ça, ce sont des généralisations absolument dérisoires et futiles, des "catégorisations outrancières", des limitations existentielles qui ont pour unique objectif que de valoriser ceux qui les prononcent.

    Dans notre raid de l'été dernier à vélo, dans les Monts d'Aubrac, je me souviens d'une rencontre avec un  vieux monsieur. Il ramenait ses poules à la maison. On a causé un bon moment. Il y avait une douceur ineffable dans ses yeux, de la curiosité aussi, il voulait savoir d'où on venait, ce qu'on faisait là. Il nous a raconté son enfance et puis sa vie sur les Hauts Plateaux, tous les changements qu'il avait connus, le départ de ses enfants pour la ville parce que la vie ici était vraiment difficile, plus d'argent, plus de travail, une autarcie que peu supporte. Il était descendu à l'hôpital quelques temps auparavant. Une hantise. Quitter la maison et les animaux, quitter les paysages, le lever du soleil et les orages, les tempêtes de neige et le vent, les journées de soleil et les longues escapades sur les plateaux, aller à la rencontre des vaches, voir si tout va bien, une vie simple et rude.

    "Y'aura plus rien comme avant mais faut faire avec. Mais n'empêche qu'on s'est tous bien fait avoir avec leur progrès. On y a perdu bien plus qu'on y a gagné. On nous a dit qu'il fallait acheter des machines et produire plus. Bon, c'est ce qu'on a fait. Résultat : on s'est tous endetté et on a fait faillite parce que ça coûte moins cher de faire venir de la viande d'Argentine ou de tous les coins de la planète. Ah, ça y'a des belles machines dans les fermes ! Et y'a des pendus aussi."

    Tristesse et lucidité. La France profonde s'est faite avoir par les politiciens et les financiers. Tout autant que la France des banlieues ou celle des cités industrielles ou des ports de pêches ou des terres agricoles.

    Non, il n'y pas une France profonde et une France de surface. Il y a des habitants lambdas qui gèrent leurs existences au mieux ou au moins pire et puis il y a les nantis. La féodalité n'a jamais disparu, elle s'est juste transformée. Les nantis ont tiré à leur avantage les leçons des révolutions et des conflits. Pour préserver la hiérarchie, il faut du pain (un peu) et beaucoup de jeux. Pour l'instant, ça marche encore mais ils sentent bien que la lame de la guillotine pourrait de nouveau être aiguisée. 

    J'attends.

     

  • L'innocence

    Je suis consterné par le décalage entre les enfants dans ma classe, des enfants de CM2, dix ans. Une pollution de leurs âmes par un monde adlute qui n'a aucun respect, aucune attention, aucune prise en considération, aucune précaution.

    Un exercice de grammaire, étude de la phrase complexe:

    "Ma copine est arrivée devant le portail du collège en criant qu'elle avait perdu sa chatte. "

    Eclat de rire de deux garçons.

    Une autre petite répond que ça n'est pas bien de se moquer...Elle n'avait pas compris l'interprétation de ces deux garçons.

    Un texte de lecture, un auteur de la région raconte son enfance :

    "Quand j'étais petit, j'allais parfois me promener en forêt et un jour, je suis tombé sur une fumée qui sortait du sol. Je me suis approché et j'ai vu un trou noir qui fumait...."

    Eclat de rire et regards en coin.

    "Il s'agissait d'une mine de charbon, exploitée au Moyen Age. Un feu de broussaille s'était propagé. "

    Ces deux garçons n'écoutaient plus rien. Obligé de les recadrer.

    Des exemples comme ceux-là, il y en a des dizaines par an.

    Cet après-midi, je montrais à la classe un film documentaire sur le débarquement du 6 juin 44.

    A Omaha beach, on voit des soldats hachés par les balles. J'entends un garçon dire : "Comment il s'est fait défoncer celui-là. Trop bien. "

    On venait d'écouter des survivants raconter leur cauchemar.

    Tous les enfants n'ont pas en eux ce désastre existentiel, éducatif, ce conditionnement des adultes dans ce qu'il y a de plus malsain, l'influence de la télévision et l'abandon de certains parents. J'ai des élèves qui regardent les séries américaines du soir avec des sérial killers, des violeurs, des bouchers. Ils entendent des paroles épouvantablement vulgaires, d'autres "jouent" à la guerre avec des jeux vidéos.

    Ils ont dix ans.

    Leurs camarades ne comprennent pas leurs allusions, leurs réactions, leur "langage."

    Un décalage effroyable. Et l'impression que le mal est fait, que c'est irrémédiable, que les personnalités sont définitivement sculptées, des blocs informes, taillés à coups de marteau-piqueur.

    Comment vont-ils évoluer ? Je n'ose même pas chercher la réponse. J'aurai croisé leur route pendant un an. C'est insignifiant. Je ne suis rien contre la puissance de feu du monde extérieur.

    Je discutais dans la cour avec un groupe de filles de la classe et je leur disais que j'étais triste parfois, de l'énergie que je dépensais pour essayer de "récupérer" un peu ces âmes perdues et de l'abandon consécutif qui s'installait envers ces enfants qui auraient aimé que je sois disponible pour eux. Le constat est très simple : Je suis incapable de dire si mes actions et mes paroles auront une incidence durable envers les enfants perturbés et en même temps survient cette culpabilité envers ceux qui auraient aimé passer davantage de temps à discuter de choses intéressantes, apprendre encore davantage, échanger dans une ambiance apaisée, sereine, conviviale, respectueuse. Les tensions qu'il faut gérer constamment interdisent trop souvent cette plénitude.

    Le problème du nivellement par le bas est complété par le nivellement existentiel. Un fardeau qui devient insupportable.

    L'année va s'achever et je regrette ces échanges que j'aurais pu avoir avec certains élèves parce que j'étais accaparé par ceux qui ont déjà perdu leur innocence. Ceux qui ont déjà été pillés par le monde adulte.

    J'ai voulu les initier à la peinture des Impressionnistes. Je sais ceux qui y voient la beauté du monde. Je sais aussi ceux qui n'y voient rien du tout.

    Alors, notre nouveau Ministre qui s'évertue à trouver un nouveau calendrier scolaire, quand il aura fini de faire mumuse, peut-être qu'il se penchera un peu sur la réalité du terrain. J'attends de voir. Oh, bien sûr, on peut toujours dire que l'école n'a pas pour vocation d'éduquer, ni même d'améliorer si possible ce monde. Oui, on  peut toujours le dire mais moi, je suis sourd.

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  • Cinquième soleil.

    Ce titre est extrait de l'album : Désobéissance
    Année de sortie : 2008
    Paroles Cinquième Soleil
    Mon esprit s'égare, l'esprit qui surchauffe ~ Les gens se détestent,
    la guerre des égos ~ XXIème siècle, cynisme et mépris ~ Non-respect de
    la Terre, folie plein les tripes ~ Frontières, barricades, émeutes et
    matraques ~ Cris et bains de sang, bombes qui éclatent ~ Politique de la
    peur, science immorale ~ Insurrection d'un peuple, marché des armes

    Nouvel ordre mondial, fusion de terreur ~ l'Homme l'animal le
    plus prédateur ~ Le système pue la mort, assassin de la Vie ~ A tué la
    mémoire pour mieux tuer l'avenir ~ Des disquettes plein la tête, les sens
    nous trompent ~ Le troisième oeil ouvert car le cerveau nous ment ~
    L'être humain s'est perdu, a oublié sa force ~ A oublié la lune, le
    soleil et l'atome


    Inversion des pôles, vers la haine se dirige ~ A perdu la raison pour
    une excuse qui divise ~ L'égoïsme en devise, époque misérable ~ Haine
    collective contre rage viscérale ~ Une lueur dans le cœur, une larme
    dans l'œil ~ Une prière dans la tête, une vieille douleur ~ Une vie de
    rancœur là où meurt le pardon ~ Où même la Foi prend peur, allez viens,
    nous partons !

    Des lois faites pour le peuple et les rois tyrannisent ~ Confréries et
    business en haut de la pyramide ~ Ça sponsorise le sang entre chars et
    uzis ~ Innocent dans un ciel aux couleurs des usines ~ Un silence de
    deuil, une balle perdue ~ Toute une famille en pleurs, un enfant abattu ~
    Des milices de l'État, des paramilitaires ~ Des folies cérébrales, des
    peuples entiers à-terre !

    Bidonvilles de misères à l'entrée des palaces ~ Liberté volée, synonyme
    de paperasse ~ L'humanité troquée contre une vie illusoire ~ Entre stress
    du matin et angoisse du soir ~ Des névroses plein la tête, les
    nerfs rompus ~ Caractérise l'homme moderne bien souvent
    corrompu ~ Et quand la vie s'endort, arrive tant de fois ~ Une mort
    silencieuse, un S.D.F dans le froid

    Prison de ciment, derrière les œoeillères ~ le combat est si long pour
    un peu de lumière ~ Les familles se déchirent et les pères se font
    rares ~ Les enfants ne rient plus, se bâtissent des remparts ~ Les mères
    prennent sur elles, un jeune sur trois en taule ~ Toute cette guerre est
    réelle, donc on se battra encore ~ C'est la vie illusoire qui nous
    bouffe les tripes ~ Une bouteille de vodka, quelques grammes de ''weed''

    Certains ne reviennent pas de ces raids violents ~ Du butex injecté
    dans une flaque de sang ~ Des enfants qui se battent, un coup de couteau
    en trop ~ Ce n'est plus à la baraque que les mômes rentrent tôt ~
    Ils s'apprennent la ruse dans un verre de colère ~ Formatage de la rue,
    formatage scolaire ~ C'est chacun sa disquette, quand les mondes se
    rencontrent ~ C'est le choc des cultures, voire la haine de la honte !

    Les barrières sont là, dans nos têtes, bien au chaud ~ Les plus durs
    craquent vite, c'est la loi du roseau ~ Non, rien n'est rose ici,
    la grisaille demeure ~ Dans les cœoeurs meurtris, qui à petit feu
    meurent ~ Ne pleure pas ma soeœur car tu portes le monde ~ Noble est
    ton coeur, crois en toi et remonte ~ N'écoute pas les bâtards qui voudraient
    te voir triste ~ Même Terre-mère est malade, mais Terre-mère résiste !

    L'homme s'est construit son monde, apprentis créateurs ~ Qui a tout
    déréglé, sanguinaires prédateurs ~ Babylone est bien grande mais n'est
    rien dans le fond ~ Une vulgaire mascarade au parfum d'illusions ~
    Maîtresse de nos esprits crédules et naïfs ~ Conditionnement massif là
    où les nerfs sont à vif ~ Dans la marge et la rage, bastion des galériens ~
    Ensemble, nous sommes le Monde et le système n'est rien !

    Prends conscience de mon frère, reste près de ton cœoeur ~ Méfie-toi du
    système, assassin et menteur ~ Éloigne-toi de la haine qui nous saute
    tous aux bras ~ humanité humaine, seul l'Amour nous sauvera ~
    Écoute le silence quand ton âme est en paix ~ La lumière s'y trouve, la
    lumière est rentrée ~ Vérité en nous-même, fruit de la création ~ N'oublie
    pas ton histoire, n'oublie pas ta mission

    Dernière génération à pouvoir tout changer ~ La vie est avec nous,
    n'aie pas peur du danger ~ Alors levons nos voix pour ne plus oublier ~
    Bout de poussière d'étoiles, qu'attends-tu pour briller ? ~ Tous frères
    et sœoeur, reformons la chaine~ Car nous ne sommes qu'un,
    divisés dans la chair ~ Retrouvons la joie, l'entraide, qu'on s'élève ~
    Une lueur suffit à faire fondre les ténèbres

    S'essouffle ce temps, une odeur de souffre ~ La fin se ressent, la
    bête envoute la foule ~ Les symboles s'inversent, se confondent
    les obsèques ~ L'étoile qui fait tourner la roue se rapproche de
    notre ciel ~ Terre à l'agonie, mal-être à l'honneur ~ Folie, calomnie,
    ton coeœur à la bonne heure ~ Ignorance du bonheur, de la magie de
    la vie ~ Choqués par l'horreur, formés à la survie

    L'époque, le pire, une part des conséquences ~ Le bien, le mal,
    aujourd'hui choisis ton camp ! ~ L'être humain s'est perdu, trop centré
    sur l'Avoir ~ Les étoiles se concertent pour nous ramener sur la voie
    ~ Quadrillage ciselé dépasse la lumière ~ Aie confiance en la
    vie, en la force de tes rêves ~ Tous un ange à l'épaule, présent si tu
    le cherches ~ Dans le cœoeur, ne fait qu'un avec l'Esprit et le Geste !

    Le Grand Jour se prépare, ne vois-tu pas les signes ? ~ La mort
    n'existe pas, c'est juste la fin des cycles ~ Cette fin se dessine,
    l'humain se décime ~ L'espoir indigo, les pléiades nous désignent~
    Lève ta tête et comprend, ressent la force en ton être ~ Dépasse
    Babylone, élucide le mystère ~ Rien ne se tire au sort, que le Ciel te
    bénisse ~ Enfant du quinto sol , comprends entre les lignes.

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  • C'est si beau

    Ces humains qui agissent...

    http://www.agirpourlaplanete.com/coup-de-coeur-ecolo/1501-indien-plante-foret-seul.html

    De ses propres mains, Jadav Payeng a fait pousser une forêt à partir d’un banc de sable de 550 hectares au milieu du fleuve Bramaputra, en Inde. Le site héberge plusieurs animaux dont des espèces en danger de disparition. L’endroit se trouve à Jorhat, à 350 kilomètres du chemin de Guwahati, difficile d’accès.

     

    1979 : début de la construction !

    Il y a 33 ans, à cet endroit, les inondations avaient chassé les serpents d’un grand banc de sable. Après l’évaporation des eaux, Payeng, alors âgé de 16 ans, a retrouvé un site recouvert de reptiles morts. Choqué, il a décidé d’intervenir, ce qui a modifié le cap de sa vie. En ce temps-là, le jeune homme avait volontairement abandonné ses études, sa famille pour vivre seul sur le site au banc de sable ! Il arrosait, taillait les plantes matins et soirs. Après quelques années, le banc de sable s’est transformé en une forêt de bambou.

    « Les serpents étaient morts de chaleur, il n’y avait aucun arbre pour les protéger. Je me suis mis à pleurer en voyant tous ces corps sans vie. C’était une véritable boucherie. J’ai ensuite alerté le Ministère des forêts pour lui demander s’ils pouvaient planter quelques arbres. Ils m’ont répondu que plus rien n’allait pousser ici, qu’ils allaient toutefois faire un essai avec des bambous. C’était dur à réaliser, mais je l’ai fait ! Il n’y avait personne pour m’aider », raconte Payeng, qui a aujourd’hui 47 ans.

    coupcoeur-payeng2« J’ai donc décidé de faire pousser de véritables arbres. Je les ai ramassés pour les planter sur le site ! J’ai aussi ramené de mon village des fournis rouges : elles ont des propriétés bénéfiques pour le sol. Mais elles m’ont piqué plusieurs fois ! », rajoute-t-il.

    Très rapidement, toute une série de fleurs et d’animaux se sont éparpillés sur le banc de sable, même certains en voie de disparition comme le rhinocéros et quelques tigres.

    « Au bout de 12 ans, on pouvait voir arriver quelques vautours ! Les oiseaux migrateurs commençaient à se poser en masse. Les cerfs et le bétail ont attiré ces prédateurs », explique l’indien.

    Une forêt construite dans la discrétion la plus totale

    Le Ministère des forêts d’Assam n’avait pas entendu parler du bois de Payeng avant 2008, soit 29 ans après le début de sa construction !

    Gunin Saikia, conservateur assistant de ces forêts s’en est rendu compte lorsqu’un troupeau d’éléphants sauvages a trouvé refuge dans ce bois, après avoir ravagé les villages voisins. Ils ont également détruit la cabane de Payeng.

    C’est à ce moment-là que Saikia a rencontré le héros pour la première fois : « Nous étions très surpris de trouver une forêt si dense sur un banc de sable ! Les habitants dont les maisons ont été détruites par les éléphants souhaitaient faire raser le bois mais Payeng a répliqué qu’il faudrait lui passer dessus avant.  Quand on a vu ça, on a décidé d’apporter notre contribution au projet. Cela fait trente ans qu’il est là, dans n’importe quel autre pays, il serait considéré comme un héros.»

    Payeng porte un véritable intérêt au développement de la nature et défendra coûte que coûte son propre bois, comme si c’était ses enfants.

    Sources : Reporte Ciencia, Courrier International, Tree Hugger, Times of India 

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  • Idées fixes

    Sur le Divin. En voilà une belle idée fixe...

    Certains ne "jurent" que par un Dieu personnel, attaché à résoudre leurs désagréments, comme on irait voir un médecin.

    D'autres ne "jurent" que par leur athéisme et réfutent toute idée de divinité omnisciente.

    On pourrait croire que les agnostiques ont choisi une voie de doute laissant l'opportunité d'un horizon à découvrir mais ceux-là rejettent même toute perspective métaphysique et s'interdisent dès lors d'observer lucidement cet inconnaissable, comme si aucun progrès n'était possible, comme si la moindre idée d'évolution relevait de l'utopie. Ils sont par conséquent emmurés dans un doute négationniste et se satisfont d'une prudence qui relève bien plutôt d'une fossilisation existentielle. 

    Il suffit de considérer les interprétations du Bien et du Mal pour analyser les fonctionnements. Pour les "incroyants", Dieu ne peut pas exister étant donné que le Mal est partout et que si Dieu existe, il ne peut qu'être bon. Pour les "croyants", Dieu existe et les voies divines sont impénétrables.

    Et bien, nous voilà bien avancé...C'est effarant de voir à quel point, l'intellect peut servir à valider des schémas de pensées hermétiques.

    Et finalement, quand je regarde ces fonctionnements stéréotypés, je retrouve les fondements mêmes du racisme...L'appartenance.

    "Choisis ton camp, camarade !"

    Prends une décision, range-toi dans un groupe, rejoins-nous, combats les forces obscures, efface tes doutes et dresse-toi, lève-toi et marche.!

    Marche au pas surtout...Ou tu ne mériteras pas l'uniforme dont tes aînés t'ont affublé. 

    Ces philosophes qui ont validé par de la dialectique de haut vol des réflexions rationnelles tout en réfutant l'idée même de la métaphysique.

    Ces religieux qui ont validé par des lectures répétées, jusqu'à l'effacement de toute objectivité, l'existence d'un être divin. Cette impression de les voir mâcher tous ensemble une bouillie indigeste, passée de bouche en bouche, jusqu'à la disparition du goût originel. Il n'en reste qu'une bile acide remontée des entrailles de tous les récitants.

    Tous des racistes. Les religieux, les croyants, les athées, les agnostiques, les gnostiques, les têtes vides, les matérialistes, les marxistes, les

    Mac-Doïstes, les consuméristes...

    Même moi, je suis raciste puisque je m'efforce de n'appartenir à rien et que dès lors, je me positionne par rapport aux autres. C'est peut-être une malédiction divine...Le racisme ne consiste pas à rejeter l'autre mais à créer les conditions générant des distinctions. Le rejet n'est que l'étape suivante. Quand je vois qu'en Birmanie, des "Bouddhistes" ont lynché des "Musulmans" , que les marxistes Chinois assassinent les Bouddhistes Tibétains, que les Chrétiens, sponsorisés par des multinationales, continuent à vouloir évangéliser les peuples premiers, à les sédentariser,à les déculturer...

    Le racisme est peut-être bien une religion finalement.

    "Religere". "Relier les hommes entre eux."

    Les relier par des chaînes ? Ah, oui, mais ce sont des chaînes communes, c'est chouette. Le partage des entraves...

    "Dansons ensemble mes amis, dansons dans la joie du Christ!"

    et de l'autre côté...

    "Dansons ensemble mes amis, Dieu est mort et nous sommes libres!"

    Et quand je pense que les adultes demandent aux enfants de grandir...

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  • Racisme

    Quand j'ai entendu aux infos un journaliste parler de l'agression de "deux Juifs par des jeunes d'origine maghrébine", je me suis dit qu'il y avait un problème. Pour la violence, c'est certain mais également dans les termes employés...

    Pourquoi identifier ces jeunes comme des Juifs et les autres comme d'origine maghrébine ? Y aurait-il des êtres humains d'origine diverses et puis des Juifs ? Comme une espèce humaine à part. Et puis, ma fille rentre ce soir en me disant que ce matin, alors qu'elle faisait le plein à la station essence, deux jeunes d'origine maghrébine l'interpellent...Elle ne leur répond pas et alors l'un d'entre eux lui lance, mauvais, "Alors, tu ne parles pas aux Arabes ? "

    Elle a répondu simplement qu'elle ne parlait pas aux gens qui l'interpelaient de la sorte. A tous les humains.

    Je suis effaré de ces distinctions. Et il n'est qu'à écouter les commentaires des journalistes sur l'Euro de foot pour voir à quel point ces identifications sont ancrées dans les moeurs. "Les Français ont bien joué mais les Anglais ont résisté."..."Les Russes ont écrasé leurs adversaires..."

    C'est du racisme. C'est à dire pour moi la mise en avant d'une distinction, comme si  le genre humain se décomposait en parcelles, associées à des territoires, une histoire, une culture, une économie, une religion, une langue, une couleur...

    Le racisme n'est pas le rejet d'une différence mais le fait de contribuer à l'établissement de cette différence.

    Et s'il y a bien longtemps que je n'ai plus aucune attente, ni aucun espoir envers les adultes, je suis effaré de l'impact sur les enfants, de ce conditionnement qui s'installe à travers tous les registres rencontrés.

    Juifs, Palestiniens, Arabes, Français, Musulmans, Catholiques, Protestants, Blancs, Noirs, Jaunes, Gris, Violets, Rouges, supporters de l'Om ou du PSG, Gauche et Droite...

    Bon sang, on n'en sortira jamais !!

    Des mouvements de pensées comme des courants dans lesquels les individus sautent aveuglément, juste pour être reconnus, se donner le sentiment d'exister, dans le marasme existentiel qui s'est installé depuis le début de ce conditionnement.

    J'enseigne l'Histoire à mes élèves. Et je suis extrêmement prudent sur tout ce qui concerne ces identifications, ces appartenances éducatives. On travaille sur les deux guerres mondiales actuellement. Bien entendu que la notion de peuples ne peut être évincée. Mais je m'applique surtout à leur lire les "Lettres des Poilus" ou "A l'Ouest, rien de nouveau" de Remarque, "La main coupée" de Cendrars, "Le feu" de Barbusse, et "le journal d'Anne Franck" ou les lettres écrites par les soldats du D Day... Insister sur l 'horreur, non pas sur les "victoires" ou les "défaites" mais sur les morts, les tueries, les massacres, cet effroyable gâchis de vies humaines. De quelques bords que ce soit.

    Et lorsque j'entends autour de moi que ces identifications perdurent, que des individus continuent à propager ce racisme, ce partage des clans, cet attachement à la tribu, ce rejet de "l'autre", cette exigence quant à être reconnu comme le Juif ou l'Arabe ou le Français, je me dis qu'effectivement cette humanité est sans espoir. Elle continuera à errer dans son incommensurable bêtise. Et je pense alors aux visages de mes élèves qui un jour seront des adultes. Et je me dis que ce qu'il y a de plus effroyable dans leurs existences, c'est de n'avoir finalement que très peu de choix devant eux. Ils sont déjà Français ou Arabes ou Portugais, Musulmans, Juifs ou Catholiques ou Témoins de Jéhovah ou Créationnistes, supporters de l'Om ou du PSG, ils seront de Droite ou de Gauche, ils voteront pour une équipe et critiqueront l'autre...Toutes les graines de la distinction sont déjà plantées et elles germeront inexorablement...Tous les humains qui ne seront pas dans leur camp ne seront jamais perçus comme des humains mais comme des adversaires.

    Cette impression désespérante parfois que je m'éreinte pour rien.

    C'est un combat perdu d'avance parce que la guerre est déjà en eux. Tous les territoires sont cartographiés, les ennemis identifiés, les paroles haineuses tambourinent continuellement dans leurs oreilles puisque ce monde adulte se plaît à les propager.

    Les adultes sont des assassins, des tueurs d'enfants. Parce qu'ils leur seraient totalement insupportables de reconnaître la folie dans laquelle ils pensent exister. Il faut maintenir le contingent pour les combats à venir. Jusqu'à tuer l'innocence.

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