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  • Et ça, c'est "égalitaire" ?

    "Pour le bien de TOUS les enfants de France" qu'ils disent...

    Mais alors, les enfants en situation de handicap, ce ne sont pas des enfants ? Ou alors ils ne sont pas Français ? Ou alors, l'Etat se fiche de leur bien-être ? 

    C'est quoi la bonne réponse ?...

    Et il y a des gens pour me critiquer parce que je refuse de collaborer à ça ?...


    Réforme des rythmes scolaires : seul un tiers des élèves handicapés participent aux activités périscolaires selon le Défenseur des droits

    Pas de poterie, de basket, de cirque ou de théâtre après l’école pour la grande majorité des élèves handicapés. Ils doivent rentrer chez eux alors que leurs copains, valides, s’amusent dans ces ateliers programmés après la fin des cours et organisés par les communes.

    Deux enfants en situation de handicap sur trois n’ont pas accès à ces activités périscolaires après la classe. C'est ce que révèle les témoignages recueillis par le Défenseur des droits, après un appel lancé en octobre 2013. Pourtant, l’immense majorité des parents (près de 90 %) souhaitent qu’ils y participent.


    Manque d'accompagnement adapté et inaccessibilité plus d'une structure sur deuxEn cause, l’absence d’accompagnement adapté, notamment d’auxiliaire de vie scolaire dans 78 % des cas. S'y ajoutent  un encadrement insuffisant (74 %), des activités inadaptées au handicap (71 %) et l’absence de transport adapté (57 %). Sans oublier l’inaccessibilité de la structure dans plus d'un cas sur deux (55 %). 

    « Avec le temps de restauration collective, c’est pourtant ces activités qui prolongent et complètent le plus naturellement le service public de l'éducation, notamment dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires », note le Défenseur des droits. À partir de la rentrée 2014/2015, l'ensemble des communes françaises va devoir en organiser. 

    Un droit non respecté

    « Les activités périscolaires relèvent du droit à l’éducation (…) »,rappelle le Défenseur des droits dans une décision du 30 novembre 2012.Le Conseil d’État reconnaît l’obligation pour l’État de prendre en charge les mesures propres à y assurer l’accès des enfants handicapés. »

    Pourtant, le projet de décret réformant l’accompagnement scolaire limite l’intervention des accompagnants des élèves en situation de handicap – AESH, la nouvelle dénomination des AVS – au seul temps scolaire.

    Les communes sont également impliquées dans la mise en œuvre effective de ce droit. « Elles organisent librement les modalités d’accueil des enfants qu’elles ont sous leur responsabilité sur le temps périscolaire », rappelle le ministère de l’Éducation nationale. À charge pour elles, donc, de choisir des lieux d’accueil accessibles, de recruter du personnel formé, etc. Il leur reste trois mois pour faire le nécessaire… Franck Seuret - Photo Jean-Marie Liotier 

    À lire aussi :

     - Handicap et scolarité : le Défenseur des droits lance un appel à témoignages sur l’accès aux activités périscolaires et extrascolaires

    - Un décret va préciser la nouvelle organisation de l’accompagnement scolaire des élèves handicapés

    Commentaires

    J'ai été Coordinatrice des activités sur les temps libérés par la Réforme des Rythmes. Je confirme que les enfants handicapés sont discriminés dans la majeur partie des organisations. Bien souvent par manque de personnel compétent. Les équipes d'encadrement sont prêtes à accueillir les enfants, mais manquent de soutien (surcharge des groupes, activités inadaptées...) Les municipalités rechignent à prendre en charge les salaires des AVS sur les temps de la Réforme et pourtant ! Un contrat de 20h hebdo (maxi), payé au smic mériterait bien une petite rallonge pour le bien des enfants... l'égalité des chances... Il est urgent de former les intervenants, tout comme les enseignants ! En attendant, si vous voulez vous faire une idée de ce qui se passe dans les coulisses et sur le terrain, je vous invite à lire "l'école est finie !" et mon blog dans lequel j'évoque la question.

    Écrit par : DIONISIUS | 09/07/2014

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  • Le top du pire

    «Rentré scolaire» : la faute de l'Éducation nationale fait le buzz

    "Rentré scolaire" : la faute de l'éducation nationale fait le buzz

    L'Éducation Nationale a débuté mardi la formation des professeurs des écoles stagiaires de l'Académie de Toulouse. Quelque 300 futurs instits y participaient. On peut supposer qu'il y a dû y avoir quelques rires étouffés dans l'amphi lorsque la première diapo est apparue derrière la tribune officielle, avec une magnifique faute d'orthographe : «Rentré scolaire». Une des stagiaires a pris une photo et l'a postée sur twitter avec ce commentaire laconique : «Notre formation commence bien. Crédibilité 0». L'image de la boulette tourne sur les réseaux sociaux. Hier, le message de la dénommée Virginie a été relayé plus de 400 fois suscitant commentaires amusés ou consternés chez les internautes. L'un d'eux écrit : «Orpheline de Hamon, l'EN en perd son orthographe». Un autre s'amuse : «Faut leur rentré dedans». Un peu dépassée par le retentissement de son tweet, la prof stagiaire a essayé de relativiser : «Il ne faut pas avoir honte. On dira que c'était une erreur de frappe», écrit-elle. Au rectorat, la plaisanterie a été jugée «moyennement amusante», mais pas question de donner plus d'importance que ça à cette affaire. «Nous avons de vrais sujets en ce moment», rétorque un des collaborateurs de la rectrice. «Évidemment il s'agit d'une coquille et non d'une faute d'orthographe. Vous pensez sérieusement qu'à l'éducation nationale quelqu'un ne sait pas écrire le mot «rentrée» ?».

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  • Dupontel

    Quelqu'un que j'aime infiniment.

    "Toutes les tragédies qui existent aujourd'hui, ça commence à l'école".

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  • "Les Déshérités ou l'urgence de transmettre"

    - La culture n'est pas un ornement. Elle seule peut, selon François-Xavier Bellamy, apaiser les tensions qui traversent la société. Elle est aujourd'hui menacée et combattue, surtout à l'école, plaide-t-il dans Les Déshérités ou l'urgence de transmettre. Morceaux choisis.


    Najat Vallaud-Belkacem, notre nouveau ministre de l'Éducation nationale, lira-t-elle l'ouvrage de François-Xavier Bellamy? Les Déshérités ou l'urgence de transmettre, dont nous publions, en exclusivité, les bonnes feuilles, est un texte décisif pour prendre la mesure de la crise de la culture contemporaine. On le doit à un jeune philosophe, ancien élève de la Rue d'Ulm, professeur en classes préparatoires. «Vous n'avez rien à transmettre», a-t-il entendu, lors de son arrivée à l'IUFM. Cette injonction, Bellamy l'a méditée pendant des années. Il a relu Descartes, Rousseau, Bourdieu, pour établir la généalogie des nouveaux pédagogues. Ceux qui préfèrent l'instinct à l'instruction, la spontanéité à l'apprentissage pour former, selon les mots de L'Émile, un «sauvage fait pour habiter la ville». Son constat est implacable: la faillite de l'Éducation nationale n'est pas la conséquence de notre impéritie mais le fruit d'une idéologie diffuse. Son livre, écrit d'une plume limpide, parfois lumineuse, toujours accessible, n'est pas seulement un brillant réquisitoire contre l'ingratitude des esprits forts, il est surtout une magnifique ode à ce qui fait l'humanité de l'homme: la culture. Vincent Tremolet de Villers


    Cette crise de la culture n'est pas le résultat d'un problème de moyens, de financement ou de gestion ; c'est un bouleversement intérieur. Il s'est produit, dans nos sociétés occidentales, un phénomène unique, une rupture inédite: une génération s'est refusée à transmettre à la suivante ce qu'elle avait à lui donner, l'ensemble du savoir, des repères, de l'expérience humaine immémoriale qui constituait son héritage. Il y a là une ligne de conduite délibérée, jusqu'à l'explicite: j'étais loin d'imaginer, en commençant à enseigner, l'impératif essentiel qui allait structurer ma formation de jeune professeur.

    «Vous n'avez rien à transmettre» : ces mots, prononcés à plusieurs reprises par un inspecteur général qui nous accueillait dans le métier le jour de notre première rentrée, avaient quelque chose de si étonnant qu'ils ont profondément marqué ma mémoire. «Vous n'avez rien à transmettre.» La culture est proprement ce qui se transmet. Ne plus faire subir à nos successeurs ce fardeau périmé que le passé jetterait sur leur liberté nouvelle, voilà le projet qui nous est proposé.

    Désormais, il faut faire en sorte que chaque enfant puisse, pour créer un chemin personnel, produire son propre savoir. Écartés, le «cours magistral» et le «par cœur» ; refusée, l'idée qu'une conception du monde pourrait être transmise aux enfants par leurs parents. Nous avons perdu le sens de la culture. Elle est pour nous, au mieux, un luxe inutile ; au pire, un bagage encombrant. Bien sûr, nous continuons de visiter les musées, d'aller au cinéma, d'écouter de la musique ; et en ce sens, nous n'avons pas consciemment rejeté loin de nous la culture. Mais elle ne nous intéresse plus que sous la forme d'une distraction superficielle, d'un plaisir intelligent ou d'un agrément décoratif. De cette défiance vis-à-vis de la culture, on peut trouver partout le symptôme. Pour qui veut bien tendre l'oreille, le discours commun sur l'école, l'enfance, la société, la famille, la laisse entendre à chaque instant. Elle s'illustre par exemple dans la fascination contemporaine pour l'immense réservoir de données que nous offre la révolution numérique. Tel ancien ministre explique que, puisque toute la connaissance est

    désormais accessible sur le Web, les enfants peuvent être enfin délivrés de la tâche pénible d'apprendre. Tel intellectuel s'enthousiasme à l'idée que, pour la première fois, les petits génies du Net que sont les enfants de la jeune génération ont un meilleur accès à l'information que leurs propres parents, qui n'ont donc plus rien à leur enseigner. Par la grâce du Web, nous voilà dispensés de transmettre un savoir: il ne reste plus qu'à proposer des «savoir-faire», des «savoir-être»…

    Puisque les machines se chargent de stocker l'héritage pour nous, de nouveaux horizons de liberté peuvent s'ouvrir. Voilà bien un symptôme de cette défiance qui nous fait regarder la culture comme une aliénation dont nous serions les prisonniers, comme un fardeau dont il faudrait se décharger par tous les moyens.

    L'utilité demeurera le critère de notre seul rapport au savoir, si tant est qu'on puisse encore parler de savoir

    dès lors que la mémoire n'est plus en jeu. C'est exactement ce que laissait entrevoir l'Émile: Robinson, sur son île, ne s'intéresse qu'à ce qui lui est profitable. Nous voilà tout près de le rejoindre dans son calcul solitaire. Au fond, il semble que nous ne sommes collectivement plus du tout persuadés que l'école ait pour mission de transmettre à tous une forme de culture générale gratuite, indépendante de toute «rentabilité» ou de toute visée strictement professionnelle. Mais alors, quand nous nous plaignons que «le niveau baisse», ne sommes-nous pas en train de déplorer les conséquences d'une conception de l'éducation que nous partageons pourtant largement? Il faudrait, dans ces moments-là, se souvenir de la claire conscience de Rousseau, disant de son élève: «Je lui apprends bien plus à

    ignorer qu'à (…) savoir.» Car enfin, si l'on ne voit pas assez cette proximité dans l'inspiration qui structure aujourd'hui notre système éducatif, il faut au moins la considérer dans ses conséquences. Rousseau consacre ses plus belles pages, et les plus audacieuses, à un portrait de son élève. Il le décrit comme «un sauvage fait pour habiter les villes».

    Rousseau écrit: «Peut-être faut-il lire, dans ce portrait, les conséquences inassumées de notre conception de l'éducation. Émile n'a que des connaissances naturelles et purement physiques. Il ne sait pas même le nom de l'histoire, ni ce que c'est que métaphysique et morale. Il connaît les rapports essentiels de l'homme aux choses, mais nul des rapports moraux de l'homme à l'homme. Il sait peu généraliser d'idées, peu faire d'abstractions. Il voit des qualités communes à certains corps sans raisonner sur ces qualités en elles-mêmes. (…) Il ne cherche point à connaître les choses par leur nature, mais seulement par les relations qui l'intéressent. Il n'estime ce qui lui est étranger que par rapport à lui. (…)

    Il se considère sans égard aux autres, et trouve bon que les autres ne pensent point à lui. Il n'exige rien de personne, et ne croit rien devoir à personne. Il est seul dans la société humaine ; il ne compte que sur lui seul.»

    En décembre 2009, en pleine polémique sur les concours d'accès aux grandes écoles, un ministre de l'Enseignement supérieur déclara, dans un communiqué officiel, que la culture générale était «discriminatoire». Un gouvernement de droite reprenait donc à son compte la clé de voûte de l'analyse du marxiste Bourdieu. Je n'oublierai jamais le jour où je lus, quelques minutes avant d'entrer en cours, cette déclaration si anodine d'apparence - si explosive en réalité. Qu'allais-je faire au juste en entrant dans cette salle de classe? J'avais voulu transmettre la culture en croyant naïvement servir par là les élèves que je rencontrerais, et les aider à s'approprier leur avenir ; et voilà qu'une parole officielle, représentant l'institution qui m'avait formé pour cela, affirmait que mon travail entretenait les discriminations… Les savoirs sont discriminants, puisqu'ils sont le capital dont héritent les privilégiés ; mieux vaut donc changer de critère.

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  • Aide aux Profs

     
     
     

    Secondes carrières des enseignants ; à peine nées, déjà mortes ! Le changement n'aura pas lieu, sauf en changeant radicalement de politique

    Aide aux Profs dresse un triste constat: depuis mai 2012, les efforts réalisés entre 2010 et 2012 par le gouvernement précédent pour les secondes carrières des enseignants sont maintenant anéantis.


    Le décret n°2014-507 du 19 mai 2014 sonne la fin de la récréation pour ces professeurs qui avaient cru en la générosité de l'Etat pour leur permettre de croire à une seconde carrière externe après 10 à 25 ans de bons et loyaux services. Ce décret met fin à la possibilité d'obtenir une Indemnité de Départ Volontaire pour projet personnel, et pour création d'entreprise, même si ce n'est pas expressément spécifié dans le texte, un oubli incroyable alors que le Président de la République a lancé un vaste projet pour enseigner l'entreprenariat à l'Ecole.

    Ce fut pourtant l'une des meilleures idées de ces 50 dernières années, qu'a eu le gouvernement FILLON.

    Le versement de l'indemnité de départ volontaire est désormais conditionné à la suppression ou au reclassement du poste occupé par l'agent. Ce qui signifie que les enseignants n'y auront plus jamais droit, puisqu'une affectation leur est toujours proposée une fois leur poste supprimé, quitte à les affecter dans les pires conditions qui soient, en TZR ou sur un établissement à particularités.

    Cette suppression de l'IDV s'ajoute à la série de décisions dramatiques prises depuis mai 2012 sur le front toujours pionnier des secondes carrières des enseignants.

    LE TEXTE

    Entre mai 2012 et aujourd'hui, en effet, le Gouvernement a tenté de restreindre considérablement le régime des autoentrepreneurs, avant de faire machine arrière sous la pression des "poussins". Non, il n'y a pas de lutte contre le chômage dans ce pays, sinon, notre gouvernement serait fier de savoir que bon nombre de demandeurs d'emploi ne demandent qu'à créer leur entreprise au lieu de devenir des assistés en allant quémander leur RMI ou leur RSA.Pourquoi le régime d'autoentrepreneur est-il honni à ce point ? Pourquoi lancer d'un côté une vaste campagne à l'Ecole pour l'entrepreunariat si c'est de l'autre côté pour rendre la vie impossible à ceux qui souhaitent entreprendre ?

    Un autre projet va contribuer à diminuer le nombre d'entreprises créées par des fonctionnaires: la réforme de la déontologie des agents publics. En proposant de la renforcer, alors que le gouvernement n'est pas en état depuis 2010 de changer le point d'indice des fonctionnaires, la Ministre de la Fonction Publique va accroître leur paupérisation sur le court, le moyen et le long terme. C'est une perspective dramatique, qui va à l'encontre de tous les idéaux de ceux qui ont cru dans ce changement qui leur avait été promis.

    Cette loi va limiter fortement les cumuls d'activité des agents publics dont le pouvoir d'achat n'est plus garanti, avec une politique d'économies de plus en plus fortes.

    Enfin, et cela nous inquiète aussi, avec les économies de 50 milliards à réaliser, les 801 opérateurs de l'Etat sont fortement mis à contributionPour la première fois depuis 2006, nous constatons un sérieux recul du nombre de postes à pourvoir en détachement dans les établissements publics et dans les associations complémentaires de l'Etat. Nous y discernons une volonté de les supprimer au fur et à mesure, comme l'ont été 5200 postes de "mise à disposition" durant les années Sarkozy entre 2007 et 2012.

    Alors que les secondes carrières des enseignants ont servi comme contrepartie à l'allongement de la durée de carrière des enseignants dans la loi sur les retraites de 2003, ces secondes carrières n'auront jamais vu le jour, malgré la promesse de François FILLON en 2005 de "500 postes par an" puis de Dominique DE VILLEPIN en 2006 de "1000 postes par an". Ce ne furent que des miroirs aux alouettes.

    Les secondes carrières que l'on propose aux enseignants qui n'en peuvent plus d'enseigner, sont de:

    - changer de discipline d'enseignement,
    - changer de niveau d'enseignement,
    - de devenir chef d'établissement. Le Livre Blanc de 2014 du SNPDEN a de quoi inquiéter les candidats à ce type de fonctions.

    De Gauche comme de Droite, les promesses n'ont pas été tenues. Les secondes carrières des enseignants se réduisent symboliquement à quelques dizaines de postes d'attachés accueillis chaque année en détachement dans diverses administrations...pour toute la France.

    Le nombre de postes en PACD et PALD n'a pas varié d'un iota depuis 5 ans, et les rectorats en sont réduits à de savants bricolages pour tenter d'aider ceux qu'ils peuvent aider. Les enseignants en mauvaise santé sont logés à très mauvaise enseigne, de plus en plus conduits vers la mise en invalidité avec une perte conséquente de leurs revenus, amputés de 30 à 40%. 

    Les personnels administratifs des académies, obligés de prendre de telles décisions faute de postes de reclassement à proposer, sont eux aussi les victimes de cette politique d'économies outrancière depuis 2007 au moins, qui réduit leurs moyens, leurs effectifs, et les soumet eux aussi à une tension au travail, avec une montée des Risques Psycho-Sociaux, qui affecte notamment les agents de catégories C et B, qui ne peuvent faire qu'une chose: subir, ou partir.

    Les secondes carrières auraient pu naître du potentiel important des emplois qui onnt existé en MAD et en détachement. Ce Gouvernement a décidé de les supprimer progressivement, nous en sommes les témoins. De nombreux CIO de l'ONISEP fusionnent, voire ferment. Ce sont des postes qui sont supprimés. Des postes en détachement sont supprimés lors des départs en retraite. Les associations complémentaires de l'Etat proposent de plus en plus de postes de contractuels. Le détachement est en train de vivre ses dernières belles années dans l'Education Nationale, mais subsiste encore dans d'autres ministères: jusqu'à quand ?

    Alors que des foules en liesse ont cru dans un changement courant 2011-2012, on découvre peu à peu qu'il n'a pas eu lieu, et qu'il n'aura pas lieu. En effet, le projet de regroupement des régions et de suppression de nos départements, héritage de notre histoire, de l'après révolution, en 1790, va avoir de lourdes conséquences sur les effectifs des conseils généraux, et engendrer inquiétude et montée des Risques Psycho-Sociaux dans les collectivités locales. C'est un grand plan social qui s'annonce dans les conseils généraux. Les communes et les régions pourront-elles absorber ses effectifs, ou le nombre de contractuels employés ira-t-il rejoindre lui aussi les statistiques du chômage ?

    Il n'y a plus de secondes carrières. Il n'y a que regrets, déceptions, souffrances, parmi tous ces enseignants qui y ont cru, et qui n'y croient plus. L'Education Nationale est financièrement et structurellement dans l'incapacité de créer des emplois de reconversion pour les enseignants autres que ceux d'enseigner ou de piloter des établissements d'enseignement.

    La solution nous semble simple pourtant pour sortir de cette impasse du recrutement, et de l'envie de réaliser une reconversion, cette envie étant éprouvée par de plus en plus d'enseignants, et nous l'avons proposée lors du colloque du 21 mai du Se-Unsa auquel Aide aux Profs était conviée à s'exprimer:

    Il faut en finir avec le Mammouth, avec cette gestion trop centralisée et devenue inadaptée.

    Pour changer de mode de GRH, il faut changer au niveau macro et au niveau micro.

    1.Quelle Gestion des Ressources/Richesses Humaines inventer au niveau macro ?

    Changer maintenant de culture RH, c’est possible, cela doit être un comportement collectif, au quotidien, par l’accueil, l’écoute, le sourire, la bonne humeur. Pourquoi les savoir-être ne sont-ils pas évalués lors des concours d’attaché d’administration, de chef d’établissement, d’inspecteur ? Un manager de proximité est-il celui qui maîtrise seulement les savoirs que l'on attend de lui ?

    Pour changer de mode de GRH, il faut apporter du sang neuf dans le système, des managers qui viennent de l’extérieur avec un regard neuf, sans préjugés, déconnectés a priori des pratiques ancestrales de l’Education nationale. Le ministre Luc CHATEL avait rompu une tradition en nommant DGRH une ancienne DRH de la RATP, Josette THEOPHILE. Elle a manqué de temps pour réaliser un véritable changement.

    PROPOSITION 1 :
    Le Premier Ministre Manuel VALLS propose d’ici 2016 de réduire le nombre de régions administratives. Cela peut signifier la fusion des rectorats dans les actuelles petites régions. En 2 à 3 quinquennats ce système de pilotage par le haut peut être modifié en ne renouvelant pas les départs en retraite en administration centrale puisque 30% de leurs actifs ont plus de 50 ans, et en redéployant progressivement tous les autres agents dans les différents rectorats, dans des pôles d’expertise plus proches du terrain. Le pilotage de masse, au lieu de gérer plus d'un million de personnes, serait territorialisé, avec des masses à gérer bien moindres.

    PROPOSITION 2 :

    Conserver un recrutement par concours pour 60% maxi des effectifs enseignants.

    Monter progressivement en puissance dans le recrutement de contractuels jusqu’à 40% comme le prévoit la loi du 3 août 2009 sur les parcours de mobilité interministériels. Ces contractuels seraient rémunérés et gérés administrativement par les Régions. Ils seraient recrutés par les chefs d’établissement, de l’école au lycée, à partir de la BIEP et de pôle emploi.

    Quatre avantages : 

    - Nous aurions deux systèmes de GRH qu’il sera possible de comparer. On saura très vite, au bout d’un an ou deux, lequel est le meilleur : local, ou national ? 

    - une plus grande flexibilité d’emploi, de remplacement, de mobilité tout au long de l’année tant pour les enseignants fonctionnaires que contractuels. 

    - permettre enfin une plus grande diversité dans le recrutement des enseignants, en favorisant l’expérience. Cela influerait sur le chômage des cadres, et notamment des plus de 50 ans que le privé met sur le bas-côté.

    - la possibilité, enfin, de créer les conditions d’une GRH de proximité.

    2.Quelle Gestion des Richesses Humaines de proximité inventer dans les EPLE ?

    Le dernier Livre Blanc du Syndicat National des Personnels de Direction de l’Education Nationale de 2014 dénonce le harcèlement administratif dont ils font l’objet de la part de leur tutelle. Près de 20% ont participé à l’enquête. 50% estiment leur temps de travail entre 55 et 75h par semaine, et 30% entre 46h et 54h. C’est trop dans les deux cas. 

    Dans ce contexte, la reconnaissance du burnout comme maladie professionnelle est plus que jamais d’actualité. Jean-Claude DELGENES, Directeur Général du Cabinet d’étude des risques professionnels Technologia qu’il a créé en 1989, a lancé une pétition en ce sens le 22 janvier 2014, qui a recueilli plus de 6100 signatures. 

    PROPOSITION 1 :

    Constituer des pôles de direction étoffés dans les écoles, collèges et lycées, pour diluer le pouvoir d’un binôme au profit d’un collectif, qui s’y impliquerait par rotation annuelle, les PERDIR devenant des managers coordonnateurs.

    - Depuis 2006 Aide aux Profs propose de confier des lettres de mission à l’année à des enseignants intéressés par cette diversification de leur temps de travail. Des secondes carrières à temps partiel sur la base de 1h d’enseignement en moins = 2h de travail administratif. Un certifié peut ainsi enseigner 15h + 6h de mission dans l’établissement.

    Cela aurait plusieurs avantages :

    - Responsabiliser chaque enseignant dans le bon fonctionnement de l’établissement, c’est le valoriser professionnellement, lui faire confiance.

    - Assurer une plus grande présence des adultes dans l’établissement.

    - Constituer un pôle d’appui qui sera un relais d’efficacité lors du changement d’un chef ou chef adjoint.

    - Alléger le temps de travail du binôme PERDIR au quotidien, qui peut donc se consacrer à former les enseignants et être plus à leur écoute dans leurs difficultés au travail.

    - Réaliser une meilleure gestion de la pénibilité au travail des personnels au fil de l’âge. 

    - Permettre à l’enseignant de gagner plus, grâce à ces missions annuelles 

    Le PERDIR deviendrait un logisticien, un DRH de proximité. 

    PROPOSITION 2 :

    Modifier le mode d’évaluation et de progression professionnelle des enseignants.

    - L’inspection doit devenir bienveillante, attentive, encourageante, pour les 10 premières années de la carrière. Au-delà, il faut considérer qu’un enseignant a enfin acquis des compétences pédagogiques qui ne peuvent plus être remises en cause. Le système actuel infantilise l’enseignant durant toute sa carrière, c’est démotivant, déstabilisant. Il faut en finir.

    - L’évaluation doit faire l’objet d’une note collective, établie en concertation entre pairs et entérinée par le chef d’établissement, et encourageante. 

    - Il faut se garder de la tentation d’évaluation par les résultats, car il est tellement facile de pratiquer des devoirs plus faciles pour que les élèves aient de meilleures notes, que cela desservirait l’Ecole et induirait en erreur les parents comme tout le système.

    Tous les enseignants avanceraient au petit choix, avec intégration des hors classes dans les grilles actuelles, donc jusqu’à 14 échelons, pour éviter la stagnation du pouvoir d’achat après 55 ans qui conduira chaque enseignant 15 ans plus tard vers la précarité. La variation de leur rémunération s’effectuerait en fonction de la qualité de leur investissement dans le pôle de direction étoffé de l’établissement.


    Début mai 2014 a été promis un gouvernement de combat. Depuis, le résultat des élections européennes montre qu'il est en train de faire fausse route, de se tromper de bataille, en continuant d'assommer les classes moyennes qui constituaient le terreau principal de son électorat. 



    Association Aide aux Profs,
    Mouvement associatif de seconde carriere des enseignants

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  • Naoto Matsumura

    "Dans le Shinto, aucune espèce n'est supérieure à une autre... Nous devrions tous posséder l'intuition et comprendre que nous sommes une humble partie de ce délicat tissu de relations qu'on appelle la vie et jamais son destructeur."

    Naoto Matsumura

    FUKUSHIMA...

    Rien n'est réglé là-bas. Silence total...

     

    Naoto bougies

    "Le dernier homme de Fukushima". C'est ainsi que le journaliste italien Antonio Pagnotta a baptisé l'agriculteur et éleveur Naoto Matsumura.

     

    Celui-ci a d’abord rejoint Iwaki lorsque les autorités japonaises ont ordonné l'évacuation de la zone contaminée le 21 mars 2011, en compagnie de ses parents. Refoulé par sa propre tante paternelle puis par un camp de réfugiés voisin du domicile de cette dernière, désemparé et prenant conscience qu’ils sont devenus des parias irradiés, Naoto est retourné chez lui avec son père et sa mère, qui ont vécu là pendant des semaines avant d’être finalement évacués.

     

    « Lorsque j'ai vu les visages de ma tante et sa famille, j'y ai lu la peur panique d'être contaminé. Cette épouvante était incontrôlable ; à tel point que leur première réaction a été de nous laisser dehors. Nous y sommes restés un long moment. Une fois entrés, la conversation tournait autour d'un seul sujet : celui de notre départ immédiat vers un centre d'évacuation. » (Naoto Matsumura p.62)*

     

     

    A partir de ce moment, il a refusé tous les ordres d’évacuation de la zone qui ont suivi. A 51 ans, il s’est senti incapable de recommencer une nouvelle vie, et pour conserver son identité et son honneur, il est donc resté sur la terre de ses ancêtres à laquelle il est viscéralement attaché.

     

    « J'ai beaucoup de temps pouNaoto chapeaur penser. Il est triste de voir ma ville natale sombrer, mais je ne déserterai pas. La centrale nucléaire m'a tout pris, ma vie et mes biens. Rester ici, c'est ma façon de combattre pour ne pas oublier, ni ma colère ni mon chagrin. » (Naoto Matsumura p.70)*

     

     

    Issu de la religion shintoïste qui considère que tous les êtres vivants sont égaux, il a décidé de venir en aide aux animaux abandonnés lors de l'évacuation.

     

     

    Il vit donc depuis mars 2011 dans le désert humain de 30 km autour de la centrale Daii Ichi, se nourrissant de colis envoyés par des associations afin d'assurer sa sécurité face à la radioactivité environnante.

     

    Son combat dépasse les frontières du bourg de Tomioka car il se positionne comme un lanceur d'alerte contre l'entreprise Tepco qui dirige les centrales responsables de l'accident. Il entame un travail de décontamination à l'aide des animaux.

     

    « Patiemment, la nuit, lorsqu'il ne dormait pas, Naoto rêvait les yeux ouverts. Il réfléchissait à son grand projet : ramener Tomioka à la vie. » (P.188)*

     

    Seul face à l'immensité du travail à accomplir, il représente le courage défiant l'autorité folle qui n'a pas su protéger ses citoyens d'une catastrophe mondiale.

    Naoto - Koji HArada

     

    Photo du photoreporter japonais Koji Harada (agence Kyodo): "Naoto Matsumura jette une pierre en silence vers la centrale n°1 de Fukushima le 11 mars 2013. Naoto Matsumura est resté dans la zone de non-droit autour de la centrale paralysée alors même que des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées en raison des taux très élevés de radioactivité".

     

     

    James Cleaver et Catherine Connan

     

     

    « Dans le shinto, on offre des aliments aux dieux. En nourrissant les animaux, Matsumura veut nourrir les dieux. Plus encore, il leur sacrifie sa vie. Dans le désert humain de la zone évacuée, il parcourt non pas la voie shinto du commun des mortels, mais une route plus rapide et libre, l'autoroute des dieux. » (P.218)*

     

    *  : citations issues du livre d’Antonio Pagnotta : « le dernier homme de Fukushima » aux éditions Don Quichotte.

     

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  • "Je hais les indifférents"

    JE HAIS LES INDIFFÉRENTS, PAR ANTONIO GRAMSCI.

    http://dormirajamais.org/gramsci/

     
    Je hais les indifférents. Je crois comme Friedrich Hebbel que « vivre signifie être partisans ». Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers à la cité. Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen, et prendre parti. L’indifférence c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents.

    L’indifférence est le poids mort de l’histoire.  C’est le boulet de plomb pour le novateur, c’est la matière inerte où se noient souvent les enthousiasmes les plus resplendissants, c’est l’étang qui entoure la vieille ville et la défend mieux que les murs les plus solides, mieux que les poitrines de ses guerriers, parce qu’elle engloutit dans ses remous limoneux les assaillants, les décime et les décourage et quelquefois les fait renoncer à l’entreprise héroïque.

    L’indifférence œuvre puissamment dans l’histoire. Elle œuvre passivement, mais elle œuvre. Elle est la fatalité; elle est ce sur quoi on ne peut pas compter; elle est ce qui bouleverse les programmes, ce qui renverse les plans les mieux établis; elle est la matière brute, rebelle à l’intelligence qu’elle étouffe. Ce qui se produit, le mal qui s’abat sur tous, le possible bien qu’un acte héroïque (de valeur universelle) peut faire naître, n’est pas tant dû à l’initiative de quelques uns qui œuvrent, qu’à l’indifférence, l’absentéisme de beaucoup. Ce qui se produit, ne se produit pas tant parce que quelques uns veulent que cela se produisent, mais parce que la masse des hommes abdique devant sa volonté, laisse faire, laisse s’accumuler les nœuds que seule l’épée pourra trancher, laisse promulguer des lois que seule la révolte fera abroger, laisse accéder au pouvoir des hommes que seule une mutinerie pourra renverser. La fatalité qui semble dominer l’histoire n’est pas autre chose justement que l’apparence illusoire de cette indifférence, de cet absentéisme. Des faits mûrissent dans l’ombre, quelques mains, qu’aucun contrôle ne surveille, tissent la toile de la vie collective, et la masse ignore, parce qu’elle ne s’en soucie pas. Les destins d’une époque sont manipulés selon des visions étriquées, des buts immédiats, des ambitions et des passions personnelles de petits groupes actifs, et la masse des hommes ignore, parce qu’elle ne s’en soucie pas. Mais les faits qui ont mûri débouchent sur quelque chose; mais la toile tissée dans l’ombre arrive à son accomplissement: et alors  il semble que ce soit la fatalité qui emporte tous et tout sur son passage, il semble que l’histoire ne soit rien d’autre qu’un énorme phénomène naturel, une éruption, un tremblement de terre dont nous tous serions les victimes, celui qui l’a voulu et celui qui ne l’a pas voulu, celui qui savait et celui qui ne le savait pas, qui avait agi et celui qui était indifférent. Et ce dernier se met en colère, il voudrait se soustraire aux conséquences, il voudrait qu’il apparaisse clairement qu’il n’a pas voulu lui, qu’il n’est pas responsable. Certains pleurnichent pitoyablement, d’autres jurent avec obscénité, mais personne ou presque ne se demande: et si j’avais fait moi aussi mon devoir, si j’avais essayé de faire valoir ma volonté, mon conseil, serait-il arrivé ce qui est arrivé? Mais personne ou presque ne se sent coupable de son indifférence, de son scepticisme, de ne pas avoir donné ses bras et son activité à ces groupes de citoyens qui, précisément pour éviter un tel mal, combattaient, et se proposaient de procurer un tel bien.

    La plupart d’entre eux, au contraire, devant les faits accomplis, préfèrent parler d’idéaux qui s’effondrent, de programmes qui s’écroulent définitivement et autres plaisanteries du même genre. Ils recommencent ainsi à s’absenter de toute responsabilité. Non bien sûr qu’ils ne voient pas clairement les choses, et qu’ils ne soient pas quelquefois capables de présenter de très belles solutions aux problèmes les plus urgents, y compris ceux qui requièrent une vaste préparation et du temps. Mais pour être très belles, ces solutions demeurent tout aussi infécondes, et cette contribution à la vie collective n’est animée d’aucune lueur morale; il est le produit d’une curiosité intellectuelle, non d’un sens aigu d’une responsabilité historique qui veut l’activité de tous dans la vie, qui n’admet aucune forme d’agnosticisme. et aucune forme d’indifférence.

    Je hais les indifférents aussi parce que leurs pleurnicheries d’éternels innocents me fatiguent. Je demande à chacun d’eux de rendre compte de la façon dont il a rempli le devoir que la vie lui a donné et lui donne chaque jour, de ce qu’il a fait et spécialement de ce qu’il n’a pas fait. Et je sens que je peux être inexorable, que je n’ai pas à gaspiller ma pitié, que je n’ai pas à partager mes larmes. Je suis partisan, je vis, je sens dans les consciences viriles de mon bord battre déjà l’activité de la cité future que mon bord est en train de construire. Et en elle la chaîne sociale ne pèse pas sur quelques uns, en elle chaque chose qui se produit n’est pas due au hasard, à la fatalité, mais elle est l’œuvre intelligente des citoyens. Il n’y a en elle personne pour rester à la fenêtre à regarder alors que quelques uns se sacrifient, disparaissent dans le sacrifice; et celui qui reste à la fenêtre, à guetter, veut profiter du peu de bien que procure l’activité de peu de gens et passe sa déception en s’en prenant à celui qui s’est sacrifié, à celui qui a disparu parce qu’il n’a pas réussi ce qu’il s’était donné pour but.
    Je vis, je suis partisan. C’est pourquoi je hais qui ne prend pas parti. Je hais les indifférents.

    11 février 1917

    Traduit de l’italien par Olivier Favier.

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