Le désert des Tartares

Plusieurs années à lire des études climatiques, plusieurs années à nous interroger sur nos priorités. 

Attendre ou anticiper ? 

Attendre, c'est prendre le risque de ne plus être en mesure de réagir, devoir se précipiter, au risque de commettre des erreurs.

Anticiper, c'est prendre le risque de quitter les montagnes sans être certain que les menaces se réalisent.

C'est "Le désert des Tartares" de Dino Buzzati, en quelque sorte. C'est l'histoire d'une vie humaine consumée dans l'attente d'un événement. J'avais lu ce roman quand j'étais au lycée. Inoubliable. 

Effectivement, il est possible que cette anticipation ne se réalise pas. Comme il est possible qu'elle survienne. 

La balance du "risque-bénéfice" est un raisonnement incontournable. Il est venu un moment dans nos réflexions où le bénéfice du départ l'a emporté. Il nous fallait un autre lieu de vie.

Rien dans tout ce que je continue à lire n'éveille en nous le moindre doute.

 

Il ne s'agit pas que d'un problème climatique. 

L'anticipation concerne l'économie, le social, la finance, le sanitaire, le démantèlement progressif ou brutal de nos modes de vie. 

Le temps de l'insousciance est révolu.

 

 

https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/climat-meteo-france-prevoit-des-temperatures-caniculaires-pour-la-fin-du-siecle-sur-une-large-partie-du-pays_4279819.html

Le pire des scénarios prévoit cinq à dix fois plus de canicules pour la fin du siècle. Des périodes de fortes chaleurs qui pourraient durer un voire deux mois dans le quart Sud-Est de la France.

Article rédigé par

Etienne Monin

Radio France

Publié le 01/02/2021 17:59Mis à jour le 01/02/2021 18:03

 Temps de lecture : 2 min.

Des adolescents jouent au volley-ball dans la fontaine de l'esplanade du Trocadéro à Paris le 25 juin 2019, un mois marqué par une canicule exceptionnelle. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Des adolescents jouent au volley-ball dans la fontaine de l'esplanade du Trocadéro à Paris le 25 juin 2019, un mois marqué par une canicule exceptionnelle. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Les impacts du réchauffement climatique pourraient être spectaculaires en France d’après de nouveaux modèles réalisés par Météo France et l'institut Pierre Simon Laplace. Trois scénarios ont été élaborés pour la fin du siècle. Ils prévoient un climat caniculaire sur une grande partie du pays si un gros effort n’est pas fait pour réduire les rejets de gaz à effets de serre.

Trois scénarios envisagés

Les chercheurs ont élaboré trois modèles de climat liés à trois scénarios socio-économiques. Le premier est vertueux, où nos émissions sont sensiblement réduites. Dans le second, c'est l'excès inverse : il n'y a aucune régulation. Enfin, les chercheurs ont élaboré un scénario d'entre-deux. Il en ressort que les températures vont augmenter en France d'ici la fin du siècle. L'échelle, qui conditionne notre devenir, va de + 1 à + 4 degrés en fonction du scénario.

L'histoire du réchauffement est déjà écrite jusqu'au milieu du siècle. Les températures vont augmenter, on le sait, cela vient de l'effet des gaz à effet de serre qui sont déjà stockés dans l'atmosphère. Par contre, ce qui n'est pas écrit, c'est ce qui va se passer dans la deuxième moitié du siècle. Ce qu'on fera aujourd'hui va influencer ce climat de demain, et c'est l'enjeu qu'il y a à voir dans ces trois modèles climatiques. 

Des canicules et des nuits tropicales plus fréquentes et plus durables

Le plus spectaculaire, ce sont les vagues de chaleur : elles vont augmenter, quel que soit le scénario. D'ici la fin du siècle, le nombre de jours avec des températures intenses va doubler pour le scénario le plus vertueux et être multiplié de cinq à dix avec le pire des scénarios. Conséquence : des situations de canicule pour le quart Sud-Est de la France sur une durée de plus d'un mois.

Autre phénomène : les nuits tropicales, avec des températures au-dessus de 20 degrés. Rares à la fin du siècle dernier, elles toucheraient toute la France à la fin de ce siècle si les émissions continuent d'augmenter. Elles vont déjà toucher Paris et Lyon dans les 30 ans qui arrivent, et d'après le même scénario, elles pourraient durer sur des périodes de plusieurs mois. En parallèle, le froid va devenir une situation rare. Dans le meilleur des cas, le nombre de jours liés aux vagues de froid sera divisé par deux à la fin du siècle. Il pourrait ne rester qu'un jour pour les deux autres scénarios. Pour les pluies, l'intensité devrait augmenter, mais globalement, la hausse du cumul restera limitée. On s'attend à des augmentations au Nord et des diminutions au Sud.

Un réchauffement davantage marqué au Sud et en montagne

C'est l'autre enseignement de cette étude. Le Sud-Est devrait être plus touché que le Nord-Ouest. Pour les températures, la Bretagne et les Hauts-de-France sont les régions les moins touchées, avec un écart de un degré. L'Arc méditerranéen, le couloir rhodanien et la vallée de la Garonne pourraient subir des périodes de canicule qui pourraient durer de un à deux mois en été. Le réchauffement est plus actif en montagne, dans les Alpes et dans les Pyrénées.

La France est donc clairement vulnérable aux changements climatiques. Toutes les régions seront touchées, mais elles ne sont pas égales devant ce réchauffement et l'adaptation devient cruciale.

 

 

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