« Là-Haut »
« L'Amour et la Nature sont les ciseleurs talentueux
du diamant qui brille en chacun de nous."




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NOVEMBRE 2009
Je suis marié, nous avons trois enfants (jeunes adultes aujourd'hui), je suis instituteur depuis mes 19 ans. Je vis en Savoie.
J'ai passé un BAC litté/philo et je suis tout de suite entré à l'école Normale. À l'époque je vivais en Bretagne mais j'étais passionné par l'escalade et l'alpinisme et je voulais aller vivre dans les Alpes.
Mes deux dernières années de lycée, j'ai eu la chance immense d'avoir un prof de Français et une prof de philo extraordinaires. J'adorais lire et écrire et peu à peu ils m'ont permis d'avoir avec eux une relation privilégiée, des échanges extrêmement enrichissants, non seulement d'un point de vue cognitif mais surtout sur le plan humain.
Hugo, Zola, Gide, Giono, Flaubert, Malraux, Camus, Sartre, Saint-Exupéry, Lanza del Vasto, Koestler, Conrad, Steinbeck, Heminghway, Freud, Merleau-Ponty, Descartes, Kant, Rousseau, Platon, Marc-Aurèle, Sénèque, London, tout ce qu'ils m'ont fait connaître et tout ce que j'ai découvert.
Krishnamurti, Ouspensky, Gurdjieff, Vivekananda, Desjardins, Gandhi, Sri Aurobindo, Prajnanpad, Thoreau ...
Je lisais comme un mort de faim ! La bibliothèque du lycée, celle du village, les livres que je lisais dans les librairies sans pouvoir tous les acheter.
J'écrivais des nouvelles, des exposés, des devoirs imposés, ils les lisaient, les critiquaient, ils m'encourageaient parfois. Ils disaient tous les deux qu'un jour je serai édité. Qu'il fallait travailler. La force des mots qui s'ancrent et résistent, contre vents et marées, contre le temps qui passe.
À seize ans, mon frère qui en avait dix-neuf a eu un accident de voiture. Cliniquement mort. J'ai passé trois mois dans sa chambre d'hôpital. Jours et nuits à ses côtés. Il en est sorti. Marqué à vie. Moi aussi...
À vingt-quatre ans, j'ai été opéré d'une première hernie discale. Opération ratée. Fin de mes rêves d'alpinisme. Dépression lourde. J'aimais toujours écrire alors je me suis lancé dans un roman. Une bouée de secours. Une thérapie aussi mais je ne le comprendrais que bien plus tard.
"VERTIGES".
Une histoire d'alpinisme. Un drame, un homme qui redescend son compagnon sur son dos. Je n'avais pas conscience de la symbolique envers ma propre histoire, comme si les mots s'imposaient, comme si mes écrits se devaient déjà d'être des introspections qui prenaient vie...Je l'ai envoyé à divers éditeurs parisiens. Je ne connaissais rien à ce milieu... Personne n'en a voulu. Quelques réponses impersonnelles. Impossible de connaître les raisons précises de ces refus successifs. Je savais que Bernard Giraudeau adorait l'alpinisme. Je lui ai envoyé un manuscrit. Sa secrétaire m'a appelé quelques semaines plus tard. Il voulait me rencontrer pour une adaptation cinématographique. On s'est vu à Brest. Il m'a dit qu'il avait un gros problème de finances et qu'il me tiendrait au courant. Un tournage en haute montagne coûte très cher. Trois mois plus tard. Sa secrétaire au téléphone. Il avait finalement choisi le roman de Simone Desmaison "la face de l'ogre". Il en a fait un téléfilm.
Pas d'explication, plus aucune nouvelle.
Grosse déprime. J'ai tout rangé dans un placard.
J'ai arrêté d'écrire sérieusement pendant de nombreuses années. Je récupérais lentement sans comprendre tout ce qui se tramait en moi, les douleurs à venir. Je griffonnais quelques scénarios sur des cahiers mais rien de vraiment abouti.
J'ai laissé passer dix ans avant de ressortir "Vertiges" de son tiroir et je l'ai relu. Considérablement honteux d'avoir osé adresser un texte aussi misérable aux éditeurs. J'ai tout recommencé. Et puis j'ai décidé d'attendre dix ans de plus en me disant que le même effet dévastateur aurait lieu. Je devais continuer à lire et si possible à écrire.
Je me suis finalement décidé en 2004. J'ai relu "Vertiges" et j'ai compris ce qui manquait. Ça n'était pas "mon" écriture mais "de" l'écriture. L'histoire était en place, les personnages existaient comme je le voulais, les situations étaient clairement décrites mais il n'y avait rien pour lier l'ensemble. Rien de personnel. C'était comme un orchestre assis mais qui ne jouait pas. Je devais trouver une musique.
J'ai tout réécrit. Une euphorie merveilleuse, comme une mélodie en moi et qui ne cessait de tourner en boucle. Impossible de perdre le fil. J'avais trouvé ma musique.
Le premier éditeur contacté l'a accepté.
"Vertiges" a eu deux prix littéraires régionaux.
Faut-il donc avoir souffert pour savoir écrire? Pour sortir de soi un écrit acceptable, faut-il donc être descendu dans les tréfonds de l'âme?
À partir de là, je me suis lancé à corps perdu (à esprit perdu) dans l'écriture. Elle m'a servi de thérapie. La vie continuait à m'asséner des coups de bélier. Je m'accrochais à mon stylo...Pour ne pas sombrer.
"LÀ-HAUT".
Un guide de haute montagne et sa femme vont au salon du livre de Paris. Attentat dans le RER. Une bombe. Le guide est amputé d'une jambe, sa femme est morte. Expérience de mort approchée. Un basculement absolu.
Mon éditeur n'en a pas voulu. Trop sombre, "une écriture trop exigeante pour le lectorat moyen auquel sa maison s'adressait"... Assez incroyable comme réponse... Incompréhension totale de ma part. Mon premier roman avait eu deux prix, pourquoi refusait-il celui-là, comment pouvait-il juger de l'accueil qui lui serait fait, pourquoi rejeter une écriture "exigeante" comme si les esprits ne pouvaient pas s'atteler à un effort inhabituel?
Finalement, je réalisais que d'avoir été édité ne suffisait pas à m'assurer une continuité. Je repartais à la case départ.
D'autres tentatives. Nouveaux refus.
"Trop spirituel, trop violent, trop sombre, trop compliqué, trop philosophique, trop anticlérical..."
Trop, toujours trop...L'écriture devait-elle donc rester dans un cadre restrictif, bien établi, des frontières précises? Ou bien mon écriture ne valait-elle rien?
Des wagons de questions à longueur de nuit...
"JUSQU'AU BOUT".
Le parcours chaotique d'un instituteur qui finit par enlever ses élèves.
"Très long. Trop long."
Personne n'en a voulu encore une fois. Un éditeur m'a répondu : "Sexe, drogue, meurtre et philosophie, où voulez-vous que je range ça? Et vous vous rendez compte du risque que vous prenez avec une histoire pareille par rapport à votre métier d'instituteur? Et puis, un pavé pareil, personne n'en voudra. Les gens veulent des histoires courtes et faciles à lire."
Incompréhension. Il fallait donc écrire des histoires qui pouvaient être "rangées" dans des catégories précises. Le mélange des genres était mal vu.
Où était la création si le marché imposait ses règles?
À moins, que ça soit encore mal écrit.
Des wagons de questions à longueur de nuit.
Deuxième hernie discale...Trente-cinq ans.
Nouvelle opération...
Nouvelle dépression.
Un autre roman. Toujours pour aller au plus profond, plus profond que tous les scalpels...
"NOIRCEUR DES CIMES".
J'ai travaillé dix mois, tous les jours, toutes les nuits, à chaque instant de liberté sur cette histoire. Une véritable addiction. Quatre amis alpinistes de haut niveau tentent l'ascension du K2, deuxième plus haut sommet de la planète. La femme de l'un d'entre eux les accompagne et reste au camp de base. Rien ne se passe comme prévu.
J'ai envoyé le manuscrit à une maison d'édition qui venait de s'installer dans la région. Il a été retenu. Immense bonheur. Une très belle rencontre avec Sarah Molina, une jeune éditrice portée par un enthousiasme fabuleux. Des articles de presse, une télé régionale, des radios, des invitations dans des salons, dans des bibliothèques, des dédicaces dans des grandes librairies.
Quelques mois plus tard, la maison d'édtion a été contrainte de fermer à la suite d'un désaccord financier avec le distributeur, une histoire qui me montrait combien la tâche d'un éditeur est un engagement risqué, incertain, aléatoire...
Mon frère est mort vingt ans après son accident. Une hémorragie cérébrale. Il vivait seul. La gendarmerie m'a téléphoné parce que mes parents étaient introuvables et qu'ils ne répondaient pas au téléphone. J'ai pris l'avion et j'ai retrouvé mon frère à la morgue. Pendant quatre jours, j'ai prévenu le reste de la famille, organisé la crémation tout en cherchant à contacter mes parents puis j'ai eu l'idée d'un transfert téléphonique. Ils étaient partis avec leur camping-car. Quand ils ont appelé mon frère, c'est moi qui ai répondu pour leur annoncer que Christian était mort.
Je n'imaginais pas alors que cette nouvelle épreuve douloureuse n'était pas la dernière.
Internet m'a mené sur la piste des éditions du 38 et je bénis ce jour. J'ai contacté sa fondatrice et je lui ai envoyé le manuscrit de "Là-Haut".
Elle a décidé de le publier.
"Là-Haut" a été sélectionné pour participer à un prix littéraire décerné par le fond "Handicap et société" qui oeuvre auprès des personnes en situation de handicap. J'ai été invité à Paris, au centre Pompidou, pour assister à la remise du prix mais le roman est arrivé en troisième position. C'était malgré tout une belle soirée, émouvante et de belles rencontres.
Quarante-quatre ans.
Trois hernies discales d'un coup, un effondrement, incompréhension des chirurgiens, un calvaire...Paralysie, morphine...L'odeur de la mort.
Une rencontre inespérée. Une médium magnétiseuse alors que j'avais refusé l'opération chirurgicale.
Quatre heures de ma vie hors du temps; hors de la matière, au-delà du connu.
Trois mois après, je retournais en montagne. Je n'ai jamais arrêté depuis.
Un nouveau roman pour comprendre enfin tout ce que je portais et qui me brisait depuis si longtemps.
"LES ÉGARÉS".
Le récit d’un couple en crise qui s’engage sur un sentier de randonnée mais en démarrant chacun à une extrémité. Ils marchent l’un vers l’autre en espérant se retrouver, renouer deux vies que les douleurs ont alourdies, fissurées, séparées.
Les traumatismes, la mort, les souffrances, les refoulements, les conditionnements, la recherche de l’être intime, hors de tous modèles, l’émergence de l’individu libéré, des expériences mystiques qu’ils ne s’expliquent pas, une quête spirituelle qui va s’amplifier…Un livre pour mon frère, pour ma femme, nos enfants et pour moi.
"JARWAL LE LUTIN"
Ce personnage est venu ensuite me rappeler la promesse faite à nos trois enfants.
Lorsqu'ils étaient jeunes, nous allions très souvent en montagne et j'avais décidé de leur raconter les aventures de ce lutin. Jarwal a vécu avec nous pendant six ans, il était de toutes les sorties, sur tous les sommets. Et puis un jour, il a dit qu'il était temps qu'il reprenne la route, qu'il savait que toutes les leçons de vie étaient inscrites dans la mémoire de mes enfants et qu'il ne les oublierait jamais. C'est là que j'ai promis à Marine, Rémi et Léo, qu'un jour, j'écrirais ces histoires et cette période de notre vie pendant laquelle Jarwal a vécu avec nous.
Le tome 1, 2, 3 et 4 sont finis. D'autres suivront.
Le tome 1 a été publié aux éditions Laura Mare juste avant la fermeture définitive de la maison...Deux mois d'existence pour ce livre...
Je continue l'histoire pour le plaisir. Et pour nos petits-enfants.
"À COEUR OUVERT"
La société CARMAT a mis au point un coeur totalement artificiel pour les greffes. Le travail de toute une vie pour le professeur Carpentier.
Je m'interroge sur les effets psychologiques de cette implantation. "Le coeur a ses raisons que la raison ignore. " Et quand il n'y a plus de coeur d'origine humaine mais une machine, qu'en est-il?
Les effets de cette implantation vont être immenses, à tel point que le personnage ne sait plus qui il est. Jusqu'à découvrir qu'il n'était pas lui-même. Un cheminement existentiel étourdissant.
« J’ai fait un infarctus. J’étais condamné à brève échéance, des dégâts irréversibles. On m’a proposé un cœur artificiel. J’ai accepté et depuis je ne sais pas avec qui j’ai vécu. Non pas les gens autour de moi mais moi, à l’intérieur. »
"LES HÉROS SONT TOUS MORTS"
Depuis longtemps, Nathalie me disait d'écrire un polar. J'ai fini par l'écouter. Et je me suis régalé à l'écrire.
Comment agirions-nous si nous nous retrouvions avec une mallette contenant une somme d'argent considérable ? ...
Notre conscience morale est-elle à toute épreuve ?
L'Humanité est-elle condamnée à souffrir des affres du matérialisme, comme contaminée par un poison ?...
"KUNDALINI"
Un nouveau roman, une nécessité, comme à chaque fois, l'introspection du couple dans la voie orientale du tantrisme et de la sexualité sacrée.
Maud est une femme mariée, de cinquante-deux ans. Elle est professeur de yoga.
Laurent, son mari, va la quitter. Sans aucun signe précurseur. Une rupture destructrice.
Des mois de détresse, de colère, de remords, d'interrogations sans fin.
Maud décide de s'accorder un séjour dans une région perdue des Alpes. Le besoin de nature et de paix intérieure.
Elle va rencontrer un homme plus jeune qu'elle. Sat. D'origine hindoue, il détient la clé de l'éveil de Maud.
Elle va vivre avec lui une réelle métamorphose.
Au-delà du connu.
Nudité, nature, méditation, massage, alimentation, respect, attention, observation de soi, silence, contemplation, libération, conscience...
Sexualité sacrée vers le couple divin.
Illumination.
Jusqu'à l'ultime révélation...Ce qui est au-delà du connu.
1er JANVIER 2024
A ce jour, j'ai donc écrit 14 romans et le quinzième est en cours.
Sept romans sont publiés, cinq par les éditions du 38.
Deux publications sont prévues dans l'année 2025.
Et j'aime toujours autant écrire.
MAI 2004
VERTIGES
AVRIL 2007
NOIRCEURS DES CIMES
JANVIER 2016
LÀ-HAUT
MAI 2018
LES HÉROS SONT TOUS MORTS
OCTOBRE 2018
KUNDALINI
MAI 2019
JUSQU'AU BOUT
MAI 2020
A COEUR OUVERT
FÉVRIER 2025
JARWAL, LE GARDIEN DU LIVRE
À mon sens, il ne faut pas écrire avec un objectif, un espoir, une attente. Il faut écrire juste parce que ça répond à un besoin vital. Une nourriture spirituelle. En sachant que les lois du marché imposeront une réalité qui sera peut-être très douloureuse. Ne pas avoir de projet, ne pas tirer de plans sur la comète, permet de se protéger, de ne pas subir la menace de la désillusion.
Je ne pense absolument pas en terme de catégorie, de style, de marché, d'édition, j'écris comme je le ressens. L’essentiel, à mon sens, est de ne pas se trahir.
Travailler. Quotidiennement. C'est une nécessité. Pour entrer dans son histoire, vivre avec ses personnages, les connaître, s'émouvoir avec eux, les accompagner, le plus beau cadeau étant de rêver d'eux la nuit, de les voir, de les entendre. De ressentir leurs peines et leurs joies.
Pendant l'écriture de "Noirceur des cimes", le personnage principal m'a appelé une nuit, dans un rêve, un appel déchirant, il allait mourir, il fallait que je vienne le sauver. Je me suis levé, j'ai allumé l'ordinateur, je lui ai dit que j'arrivais. Une situation d'urgence. Je n’aurais pas pu l’ignorer.
Un écrivain à qui on demandait un jour si ce qu'il avait écrit était vrai a répondu: "Bien entendu que c'est vrai puisque je l'ai inventé."
Indispensable vie commune. Vivre réellement avec ses personnages jusqu'à ce qu'ils ne soient plus à soi mais à eux-mêmes. Devenir dès lors le simple transcripteur de leurs parcours. "Je" n'écris pas, "ça" écrit en moi. A partir de là, il me semble qu'on peut parler de livres émouvants. Que l'écrivain disparaisse. Ce n'est pas le style qui importe mais la vie qu'on trouve dans le livre. Et la vie ne peut pas être inventée. Si le style l'emporte sur la vie, c'est juste qu'un exercice de style alors que le roman est une forme écrite de la vie.
Je me suis longtemps écouté parler dans mes écrits, par prétention, en pensant que c'était suffisant pour écrire quelque chose d'intéressant. Je n'avais rien compris.
J'écris pour honorer la Vie, pas ma vie. J'écris par respect. Plus par prétention. Le chemin a été long. Mais ça en valait la peine.
"Avant de songer à réformer le monde, à faire des révolutions, à méditer de nouvelles constitutions, à établir un ordre nouveau, descendez dans votre cœur, faites-y régner l'ordre, l'harmonie, la paix. Ensuite seulement, cherchez autour de vous des âmes qui vous ressemblent et passez à l'action."
Platon
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"L' autonomie est la clé de notre futur" ( 2)
Le 25/08/2026
Il y a bien longremps déjà que je ne crois plus au hasard, si tant que j'y ai cru à un moment de ma vie. Disons plutôt que je ne m'étais jamais posé la question. Il faut s'intéresser à tout ce que JUNG a écrit sur les synchronicités.
Et donc, il y a deux jours, je tombe sur les articles de Martine MONTVERNAY.
On pourrait me dire qu'on ne trouve que ce qu'on cherche et bien évidemment, je ne passe pas mon temps à lire des articles de Voici ou Gala et donc, je suis plus disposé au regard de mes centres d'intérêt à tomber sur ces articles. Oui, mais des articles qui parlent de résilience, de collapsologie, de survivalisme, d'entraide, de solidarité, de solastologie, de troc, de communauté etc etc, il y en a des pages et des pages.
Mais les textes de Martine Montvernay sont un condensé de ce que j'écris en ce moment dans "TERRE SANS HOMMES".
Donc, merci au non-hasard.
L'autonomie est la clé de notre futur
PLUS D’UN MILLION DE VUES EN UN MOIS. ALORS, PARLONS-EN.
Depuis un mois, mes publications sur cette page ont dépassé le million de vues et je n' y gagne rien et je m 'en fous, je vis depuis des décennies avec des convictions.
Je ne vous dis pas ça pour collectionner les médailles Facebook. À mon âge, je survivrai très bien sans devenir influenceuse en courgettes et spécialiste internationale du bocal Le Parfait. ![]()
Ce qui m'intéresse, c'est pourquoi ces textes circulent autant.
Et je crois qu'il se passe quelque chose.
Les gens commencent à se poser des questions.
Beaucoup sentent confusément que le modèle qu'on leur propose les rend de plus en plus dépendants de systèmes qu'ils ne maîtrisent plus.
Dépendants pour manger.
Dépendants pour se chauffer.
Dépendants pour se déplacer.
Dépendants des banques.
Dépendants des plateformes.
Dépendants d'une alimentation mondialisée qui fait parfois parcourir 2 000 kilomètres à un poulet alors que nous avons élevé des poules en France pendant des siècles sans assistance satellitaire.
On voit disparaître des exploitations agricoles françaises, notamment des petites fermes et des producteurs qui font du bon travail.
Et pendant ce temps, nous importons.
Toujours plus loin.
Toujours plus compliqué.
Toujours plus dépendant.
Le local, lui, possède un défaut terrible : il rend libre.
Quand vous connaissez le maraîcher à cinq kilomètres, le producteur d'œufs au village voisin, l'éleveur un peu plus loin, celui qui vend ses pommes de terre directement, vous n'êtes déjà plus tout à fait dépendant du même système.
Quand vous avez un jardin, quelques poules, des conserves, une réserve d'eau, une solution énergétique et des gens autour de vous capables de réparer, produire et transmettre…
vous avez créé quelque chose d'extrêmement précieux :
une marge de liberté.
Et je crois que c'est cela que beaucoup commencent à comprendre.
LE NUMÉRIQUE AUSSI DOIT NOUS INTERROGER
On regarde souvent le système chinois de crédit social comme une curiosité très lointaine.
Je ne prétends pas que la France possède aujourd'hui un « crédit social chinois » : ce serait faux.
En revanche, je pense que nous devons surveiller attentivement tout ce qui permettrait demain de conditionner progressivement nos libertés quotidiennes à des identités numériques, des données personnelles, des comportements enregistrés ou des systèmes de notation.
Parce qu'une liberté se protège avant qu'elle disparaisse.
Après, cela s'appelle généralement remplir un formulaire.
Et il manque toujours la pièce 7B.
ALORS, QU’EST-CE QU’ON FAIT ?
On pourrait passer nos journées à râler.
C'est agréable.
Je pratique moi-même avec un certain talent.
![]()
Mais cela ne suffit pas.
IL FAUT RECONSTRUIRE DU LOCAL.
Pas contre les autres.
Entre nous.
Commencez à créer des groupes près de chez vous.
Dix personnes.
Vingt.
Cinquante.
Peu importe.
Repérez les producteurs.
Les maraîchers.
Les éleveurs.
Les producteurs d'œufs.
Les artisans.
Les gens qui savent réparer une voiture.
Ceux qui savent souder.
Cultiver.
Greffer.
Faire des conserves.
Installer une pompe.
Travailler le bois.
Réparer un moteur.
Posez une question toute simple :
« Qu'est-ce que nous savons faire ensemble que nous serions obligés d'acheter séparément ? »
Vous allez être surpris.
Parce qu'un groupe de vingt personnes possède parfois collectivement une quantité extraordinaire de compétences.
L'un possède une remorque.
L'autre une tronçonneuse.
Une autre sait faire pousser n'importe quoi.
Un autre connaît tous les producteurs du secteur.
Une autre sait conserver.
Un autre sait bricoler.
Et soudain, vous découvrez quelque chose que notre société de consommation nous avait presque fait oublier :
NOUS AVONS BESOIN LES UNS DES AUTRES, MAIS NOUS N'AVONS PAS BESOIN D'ACHETER TOUT CE DONT NOUS AVONS BESOIN.
Voilà toute la différence.
ET NOTRE ASSOCIATION ?
C'est précisément l'une des directions que nous préparons.
Doucement, mais sûrement.
Parce qu'on ne construit pas un véritable réseau local avec trois clics et un groupe Facebook créé un dimanche soir.
Il faut des gens.
De la confiance.
Des compétences.
Des lieux.
Des producteurs.
Des contacts.
Des habitudes d'entraide.
Et du temps.
Nous voulons progressivement permettre à des groupes locaux de se constituer, de se connaître, d'échanger leurs bonnes adresses, leurs compétences, leurs productions, leurs outils et leurs coups de main.
Pas pour attendre la fin du monde dans une cave avec 400 boîtes de sardines.
![]()
Mais pour vivre mieux maintenant et être beaucoup moins fragiles demain.
Parce que l'autonomie ne consiste pas à vivre seul.
C'est exactement l'inverse.
L'AUTONOMIE INDIVIDUELLE EST LIMITÉE.
L'AUTONOMIE COLLECTIVE, ELLE, DEVIENT UNE FORCE.
Et si plus d'un million de vues en quelques semaines montrent quelque chose, j'espère que c'est cela :
nous sommes de plus en plus nombreux à avoir envie de reprendre une partie de notre vie en main.
Alors ne restez pas simplement derrière votre écran à mettre
.
Parlez à vos voisins.
Cherchez vos producteurs.
Retrouvez les savoir-faire.
Plantez.
Apprenez.
Réparez.
Échangez.
Créez votre petit réseau.
Nous, de notre côté, nous allons continuer à construire les outils pour aider ces groupes locaux à naître et à fonctionner.
Sans grand soir.
Sans tambour.
Sans attendre la permission de sauver ce qui peut encore l'être.
Doucement.
Localement.
Intelligemment.
Mais sûrement.
Parce qu'au fond, l'autonomie n'est pas de pouvoir vivre sans les autres.
C'est de pouvoir vivre avec eux sans être entièrement à la merci du système.
Les plus convaincus sur notre association, nous partageons tous les savoirs entre nous, et c 'est de l 'or. pas de bagarres, que des gens qui se connaissent et se respectent dans leurs différences qui nous enrichissent tous.
L 'autonomie est la clé de notre futur, il suffit de le taper sur google...
Martine Montvernay
"L'autonomie est la clé de notre futur"
Le 25/08/2026
Ce texte est issu d'une personne (Martine MONTVERNAY) oeuvrant dans l'association "L'autonomie est la clé de notre futur".
Pour ceux et celles qui suivent mon blog depuis un certain temps, vous comprendrez que j'adhère intégralement aux propos ci-dessous.
A la fin de l'article, j'ai mis le lien vers l'association et le bulletin d'adhésion.
L'autonomie est la clé de notre futur (cliquez sur le titre)
Ce qui disparaît en premier quand la normalité se rompt
On imagine toujours la rupture de la normalité avec des images de cinéma : plus d’électricité, des rues désertes, trois types en treillis qui se disputent la dernière boîte de raviolis.
Dans la vraie vie, c’est généralement beaucoup plus banal.
Le premier matin, on cherche des piles.
Le deuxième, un briquet.
Le troisième, on découvre qu’avoir vingt kilos de farine sans pouvoir cuire quoi que ce soit constitue une forme assez élaborée de décoration intérieure.
Une rupture de la normalité n’est d'ailleurs pas nécessairement l’effondrement de la civilisation. Une tempête, une inondation, une panne électrique prolongée, une route coupée, une grève logistique ou simplement quelques jours sans approvisionnement peuvent suffire à révéler à quel point notre confort quotidien repose sur une mécanique dont nous ne voyons plus les rouages.
Et certaines choses deviennent alors extraordinairement précieuses.
Le feu : avant la nourriture, la possibilité de la cuire
Allumettes, briquets, pierre à feu, amadou sec, allume-feu : il faut plusieurs moyens indépendants de produire une flamme.
Un briquet coûte aujourd’hui quelques euros. Lorsqu’il est le dernier moyen disponible pour allumer le poêle qui chauffe la maison et fait bouillir l’eau, sa valeur économique devient soudain très théorique.
Mais posséder des briquets ne suffit pas.
Il faut savoir allumer un feu avec du bois médiocre, conserver du petit bois au sec, préparer son combustible, utiliser correctement un poêle et entretenir un conduit.
Le véritable stock, c’est encore le savoir-faire.
Le sel : le petit caillou qui a fait des empires
Le sel paraît tellement banal qu’on oublie ce qu’il représente.
Pendant des siècles, il fut une richesse stratégique. On l’a taxé, transporté sur des centaines de kilomètres, stocké et parfois trafiqué au péril de sa liberté.
Pourquoi ?
Parce qu'avant le réfrigérateur et le congélateur, le sel était notamment un moyen majeur de conservation des aliments, avec le séchage, le fumage, la fermentation, le sucre ou le vinaigre selon les produits.
Quelques kilos se conservent très longtemps s'ils restent au sec.
Mais là encore, stocker ne suffit pas : apprendre à saler correctement, saumurer, sécher et fermenter vaut davantage que cinquante vidéos enregistrées quelque part sur un téléphone dont la batterie est morte.
La petite pharmacie
Antiseptiques adaptés, compresses, bandes, sparadrap, pansements, thermomètre, sérum physiologique, gants, pince à échardes et médicaments usuels dont on connaît réellement l'emploi.
Et surtout : les traitements personnels prescrits ne doivent jamais être oubliés dans un plan d'autonomie.
La pharmacie domestique doit être gérée comme le garde-manger : dates vérifiées, produits identifiés, notice conservée, renouvellement régulier.
L'autonomie médicale a cependant une frontière : elle ne transforme pas un particulier en médecin. Le but est de pouvoir gérer les petits incidents et tenir pendant une perturbation, pas de jouer au chirurgien de campagne sur la table de la cuisine.
L'hygiène : le savon devient soudain un produit stratégique
Savon, lessive, bicarbonate selon les usages, brosses à dents, produits d'hygiène, matériel permettant de maintenir mains, linge, cuisine et sanitaires propres.
Nous apprenons également au Pôtonome certains savoir-faire permettant de fabriquer des produits simples, notamment le savon et des produits d'hygiène courante.
L'hygiène n'est pas un luxe de société prospère.
Quand l'eau, l'assainissement ou les déchets deviennent difficiles à gérer, elle devient au contraire une question sanitaire fondamentale.
Il faut également penser à ce dont les listes de survie écrites autrefois par des hommes oubliaient assez commodément l'existence : les règles.
Protections périodiques lavables, sous-vêtements adaptés, savon et possibilité de faire bouillir ou laver correctement le textile constituent une autonomie très concrète.
L'électricité : quelques watts peuvent changer une journée
Lampes rechargeables, batteries, piles, chargeurs, petits panneaux photovoltaïques, batteries externes, radio autonome ou à manivelle : l'objectif n'est pas nécessairement de reproduire toute la consommation électrique d'une maison moderne.
Il faut d'abord préserver les fonctions essentielles :
éclairage, communication, information, recharge d'un téléphone, éventuellement pompage de l'eau et alimentation de quelques équipements indispensables.
Et il faut conserver une solution qui fonctionne sans électricité.
Car la batterie de secours qui nécessite une prise électrique pour être rechargée pendant une panne de réseau prolongée possède un certain sens de l'humour.
Les semences : une monnaie qui se reproduit
Les graines et semences reproductibles constituent probablement l'un des patrimoines les plus intelligents à conserver.
Mais posséder des sachets ne suffit pas.
Il faut savoir semer, récolter, sélectionner, sécher, identifier et conserver les graines jusqu'à la saison suivante.
Certaines plantes se croisent facilement. Certaines semences perdent rapidement leur pouvoir germinatif. D'autres se conservent plusieurs années dans de bonnes conditions.
Une grainothèque sans connaissances horticoles est une bibliothèque dont personne ne sait lire les livres.
La graine est précieuse. Le savoir qui permet de la reproduire l'est davantage encore.
Café, thé et ersatz : le confort compte aussi
Le café n'est évidemment pas indispensable à la survie.
Essayez néanmoins d'expliquer cela un lundi matin à quelques millions de Français.
Dans une situation de pénurie durable, café, thé, chocolat et autres produits importés peuvent rapidement devenir rares et donc servir d'objets d'échange.
Mais l'autonomie consiste aussi à connaître ce qui pousse autour de nous : tisanes, plantes aromatiques et différents substituts traditionnellement employés.
Nos arrière-grands-parents connaissaient quantité de solutions que la société d'abondance nous a fait oublier.
Les outils : revenir au muscle
Scie à main.
Hache et hachette.
Marteau.
Pinces.
Tournevis.
Clés.
Bêche, pelle, pioche, serpe, sécateur.
Aiguille, fil solide et matériel de réparation.
Affûtage.
Parce qu'une magnifique visseuse électrique avec deux batteries vides finit par devenir un presse-papier remarquablement sophistiqué.
Il faut donc posséder des outils manuels et savoir s'en servir, les réparer et les affûter.
Produire de l'énergie autrement
Savoir exploiter différentes sources d'énergie disponibles localement — solaire, bois et, dans certains projets adaptés, biogaz — permet de ne pas dépendre d'une seule solution.
Nous travaillons également sur ces questions dans nos activités d'autonomie.
Mais avec une règle essentielle : combustible, gaz, combustion et monoxyde de carbone ne pardonnent pas l'improvisation. L'autonomie intelligente n'est pas celle qui remplace EDF par les pompiers.
Retrouver la lumière
Bougies, lampes rechargeables, lampes solaires et, lorsqu'elles sont utilisées dans des conditions adaptées et sûres, certains éclairages à combustible.
Une lampe individuelle par personne est beaucoup plus pratique qu'une unique lampe familiale que tout le monde cherche simultanément.
Et quelques heures sans éclairage suffisent à comprendre une chose que nos ancêtres savaient parfaitement :
la lumière est un confort immense.
L'alcool : historiquement polyvalent, mais pas médicament miracle
L'alcool fort a longtemps été conservé dans les foyers pour différents usages et peut également devenir un produit d'échange.
Il faut néanmoins être précis : boire de l'alcool pour remplacer un véritable antalgique est une mauvaise stratégie médicale. Il peut altérer le jugement, favoriser les accidents et interagir avec des médicaments.
La connaissance des fermentations fait en revanche partie des très anciens savoir-faire alimentaires humains.
Pour la distillation, il faut aussi tenir compte des règles françaises applicables : fabriquer un alcool distillé n'est pas juridiquement la même chose que faire du vin, du cidre ou une fermentation alimentaire.
Et puis viennent les choses ridicules… jusqu'au jour où elles manquent
Papier toilette.
Mouchoirs.
Sacs-poubelle.
Seaux.
Ficelle.
Lingettes lavables.
Aiguilles.
Fil.
Savon.
Gants de travail.
Récipients avec couvercle.
Ce sont les petites intendances qui rendent une situation difficile supportable.
Et les déchets méritent un véritable plan : tri, stockage temporaire, compostage de ce qui peut l'être et filières appropriées. Brûler ses déchets au fond du jardin n'est ni une solution générale, ni anodin sur le plan sanitaire et réglementaire.
Mais il manque encore quelque chose à toutes ces listes.
On peut stocker 200 briquets.
Ils finiront par être vides.
On peut stocker du savon.
Il finira par être utilisé.
On peut remplir un congélateur.
Sans électricité, il peut devenir en quelques jours un problème plutôt qu'une réserve.
L'autonomie véritable commence donc lorsque nous passons de :
« Qu'est-ce que je dois acheter ? »
à :
« Qu'est-ce que je dois savoir faire lorsque je ne pourrai plus l'acheter ? »
Faire du feu.
Rendre une eau utilisable et, lorsque nécessaire, potable.
Cultiver.
Récolter ses graines.
Conserver les aliments.
Cuisiner avec peu d'énergie.
Réparer.
Coudre.
Affûter.
Entretenir les outils.
Produire un peu d'électricité.
Maintenir une hygiène correcte.
S'organiser avec ses voisins.
Et surtout transmettre ces compétences.
C'est exactement la philosophie que nous voulons développer au Pôtonome et dans nos universités d'été : ne pas transformer les gens en collectionneurs anxieux de boîtes de conserve, mais leur redonner des savoir-faire.
Car dans une rupture durable de la normalité, le plus riche n'est pas nécessairement celui qui possède le plus gros stock.
C'est souvent celui qui sait encore faire quelque chose lorsque le stock est terminé.
Pensez y avec quelques euros, quand vous ferez les brocantes, les petits outils qu 'on oublie dans un coin, ça fait des années que 'j ai 200 boites d 'allumettes, elles sont rangées, au cas où...
et bien des choses comme ça....
Martine Montvernay
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par L' autonomie est la clé de notre futur
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Cette association a pour objet, l ‘aide et l ‘apprentissage de l’autonomie dans tous les domaines de la vie sans aucun but lucratif. L’ensemble des actions est totalement gratuit, bénévole et humanitaire. Des partenariats sont mis en place afin d ‘œuvrer contre le gaspillage et lors de commandes groupées. L ‘association est apartisane et sans religion. Le seul but est le bien-être humain,animal et de la terre, dans le respect du développement durable.
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Le 23/08/2026

Depuis que j'ai commencé la quadrilogie (qui sera donc une pentalogie), j'ai lu beaucoup de romans de dystopie. Il faudra d'ailleurs que j'en fasse une liste ici, un jour.
Il y a des éléménts que je ne rencontre pas, qui sont passés sous silence, ignorés, peut-être parce qu'ils relèvent de l'intimité ou que les auteurs ne veulent pas s'y arrêter, je ne sais pas en fait.
1) LES BESOINS NATURELS : Nous faisons tous caca. Et nous nous essuyons l'anus. Caca, anus, excréments, diarrhée, constipation, vers, gastro, sont des réalités. Nous avons besoin de papier toilette. Il n'est qu'à se souvenir de la ruée pendant le covid sur les présentoirs. La question est donc de savoir par quoi nous pourrions remplacer le papier toilette...En Asie, on trouve des petites douchettes mais cela suppose qu'il y a encore un réseau d'eau potable fonctionnel. Donc, il reste la bassine qu'on remplit au lavoir, à la fontaine, au ruisseau, à la rivière. Et l'idéal est d'avoir encore du savon.
2) LES RÈGLES MENSTRUELLES et les serviettes hygiéniques. S'il n'y a plus rien à vendre dans les magasins, il arrive un moment où le stock constitué par les femmes est épuisé. Plus de serviettes, plus de tampons, plus de cup menstruelles ou culottes menstruelles.
Comment faisaient nos arrières grands-mères ? Et bien avant encore ?
Les protections hygiéniques de la préhistoire à l'antiquité
https://www.elia-lingerie.com/pages/histoire-protection-hygienique#titre1
C’est en 1550 avant Jésus Christ que l’on retrouve une trace d’utilisation de protections périodiques. Pendant l'Antiquité, les techniques utilisées sont différentes en fonction des pays : pour les Égyptiennes, elles vont fabriquer une sorte de tampon, avec du papyrus ramolli. En Grèce Antique, pendant leurs règles, les femmes se protégeaient un peu comme elles le pouvaient : avec des bouts de tissus ou des petits bâtonnets enroulés de lin.
Les protections au Moyen-âge
Mais avec la religion, au Moyen-âge, il est devenu inconcevable que la gente féminine puisse introduire quoi que ce soit dans leur vagin pour se protéger pendant les règles. Elles avaient donc des jupons de règles pour essuyer le flux qui s’écoulait le long des cuisses. Dans les familles les plus aisées, on avait des chiffons pour les règles, appelés chauffoirs et maintenus grâce à des ceintures de tissus… La majorité de leur protection étaient “faites maison”. Tout cela était très peu pratique.
Certains historiens pensent même qu’à cette époque les personnes menstruées étaient contraintes de s’isoler pendant leur règles, ce qui est appelé le rite de réclusion menstruelle. Beaucoup pratiquaient un peu, de façon contrainte d’ailleurs, le flux instinctif libre.
À cette période, les connaissances du cycle menstruel sont également moindres (l’ovulation n’a été découverte qu’au 19ème siècle). Qui dit méconnaissance, dit peur et méfiance : à l’époque du Moyen- âge et de toutes les croyances dans les sorcières etc., les pertes menstruelles pouvaient être vues comme maléfiques, en particulier les règles abondantes ou des maladies gynécologiques (comme l’endométriose). D’autres pensaient que les règles étaient en revanche un signe de vie et de fertilité.
L'apparition des premières protections menstruelles modernes au 20ème siècle
C’est à la fin du 19ème siècle que sont apparus des ceintures sanitaires pour retenir des bandes de tissus. Ce sont notamment les travaux de Louis Pasteur avec la théorie des germes, qui a contribué à montrer l’importance de l’hygiène intime. Pendant la révolution industrielle, la machine à filer le coton permet de rendre le tissu beaucoup plus accessible pour tout le monde. Les ceintures sanitaires étaient des méthodes d'absorption beaucoup plus absorbante et confortable pour les utilisatrices. Avec cette invention, les serviettes sont donc lavables et réutilisables.
La première serviette hygiénique en 1920
C’est pendant la première guerre mondiale que des infirmières vont expérimenter l’idée de la ouate enroulée dans des compresses de gaze. En effet, elles se rendent compte que ce qui sert à soigner les blessures des soldats et notamment ce qui absorbe leur sang, serait aussi très utile pour absorber le flux menstruel. Ce seront les débuts des serviettes jetables.
C’est l’entreprise Kimberly Clark qui va mettre au point la première serviette sanitaire jetable en coton. Elles étaient tenues par des ceintures à la taille.
Le tampon jetable Tampax en 1930
Dans les années 1930, le médecin Carl Cleveland Haas va mettre au point les premiers tampons jetables qui seront commercialisés sous la marque Tampax. Au début de cette invention, certains mythes persistaient, beaucoup étaient persuadés qu’en utilisant des tampons, on allait perdre sa virginité : il était donc encore plutôt mal vu par la société d’introduire quelque chose dans son vagin.
Les protections hygiéniques réutilisable en 1960
C’est après la seconde guerre mondiale que le tampon va réellement être démocratisé. À partir de 1960, les personnes menstruées peuvent acheter sans soucis leurs protections jetables, qui par ailleurs deviennent de plus en plus pratiques. C’est une vraie révolution. Mais en 1979 surviennent des drames dus au syndrome du choc toxique et l’utilisation de tampon. Ce qui ne va pas empêcher la progression de cette méthode, mais plutôt renforcer les contrôles.
Même si la parole semble peu à peu se libérer aux sujets du cycle féminin dans la culture populaire avec l’arrivée des protections sanitaires jetables, les marques ont continué à faire régner le tabou autour des menstruations pendant longtemps : en effet, dans la publicité, le sang était remplacé par un liquide bleu.
Le protège-slip dans les années 2000
Au début des années 2000, des variations de la serviette hygiénique apparaissent, avec le protège-slip, variante plus légère et adaptée à la mode du sous-vêtement échancré du moment (tanga, string…).
Les méthodes lavables et réutilisables des protections classiques commencent à apparaître timidement : cup, serviettes réutilisables…
En 2022, un large panel de protections hygiéniques pour les femmes
Depuis quelque temps déjà, on assiste à une vraie prise de conscience de la toxicité et dangerosité de certains produits chimiques utilisés dans les protections jetables. C’est notamment en 2018, que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a publié un rapport présentant les substances chimiques retrouvées dans la plupart des serviettes et tampons conventionnels. Ces substances, même à faible doses, sont d’importants perturbateurs endocriniens et ont des effets cancérigènes. Résultat, plusieurs alternatives se sont démocratisées : la cup, les serviettes lavables et les culottes menstruelles. La composition de ces dernières est beaucoup plus saine.
3) LA CONTRACEPTION. Les pharmacies ont tiré le rideau, les hôpitaux sont vides, il n'y a plus de pilules contraceptives, plus de préservatifs, les femmes qui portaient un stérilet sont confrontés à un problème au-delà d'une certaine durée. Je n'ai pas trouvé d'informations sur l'impossibilité de retirer un stérilet par manque de personnel compétent...Quels risques ? Je n'en sais rien.
Suivant le modèle, un stérilet peut être gardé entre 4 et 10 ans et peut être retiré à n’importe quel moment par un gynécologue ou une sage-femme qui va alors tirer sur le fil attaché au bout du stérilet. Le retrait est indolore dès lors que le fil est accessible.
Le stérilet va glisser au travers du col dans le vagin pour être ôté.
Si le fil n’est pas accessible, il faudra alors avoir recours à l’hystéroscopie (endoscope qui se glisse dans le col et l’utérus) pour voir où le fil se trouve, puis l’abaisser et le retirer.
Il faut savoir qu’une fois le stérilet retiré il est possible de démarrer une grossesse dès le cycle qui commence.
Conclusions : Méthode OGINO : reconnue comme étant aléatoire / Abstinence / Pratiques sexuelles excluant la pénétration vaginale /
ALLUMER UN FEU : "Non, mais sérieux, tout le monde sait allumer un feu. Des allumettes ou un briquet et c'est bon."
Alors déjà c'est bien d'avoir du papier, sauf que le papier, tout le monde le garde pour remplacer le papier toilette et de toute façon, le stock va finir par être épuisé. Et il en sera de même avec les allumettes et les briquets. Bon et donc, comment on fait ensuite pour allumer le feu dans l'insert ou dans la cuisinière à bois ? Le papier, on peut le remplacer par des aiguilles de résineux, celles au sol qui sont bien sèches et des petites pommes de pin, des copeaux de bois très fins. Mais il faut une flamme et on ne peut pas utiliser une loupe le soir ou dans la maison. Alors, qui a une solution ? Faudra-t-il qu'il y ait "un gardien du feu" comme dans "La guerre du feu" ?
URGENCE CHIRURGICALE : inutile que je précise de quoi il s'agit. Une simple crise d'appendicite peut être fatale.
RUPTURE DE TRAITEMENT MEDICAL : la liste est longue et pointe doulureusement la dépendance d'un grand nombre de personnes.
Ces diverses problématiques sont bien évidemment décrites dans la pentalogie.
Il s'agit de se réveiller aujourd'hui pour être capable de survivre demain au cauchemar que nous avons engendré hier.
Bonne chance à toutes et tous :)
Le 20/08/2026

Indéfinissable parce qu'à la première écoute, elle ne ressemble à rien.
Quelqu'un qui avancerait le curseur par étapes et écouterait des bribes passerait immédiatement à autre chose.
On dirait du "bruit", rien ne ressort, aucune mélodie, rien d'identifiable ou qui puisse être gardé en mémoire, c'est une lente montée vers on ne sait où, une accumulation de sons, c'est lent, comme une marée montante, on voit l'eau, les flux obstinés, l'eau qui monte et couvre le sable et les reflux, lentement, lentement, on peut voir aussi le chemin qui serpente vers le sommet, les longues diagonales dans la pente, le regard attentif aux pierres, la poussée des jambes, le souffle régulier, on monte, on monte et là, on réalise qu'on a été happé par cette musique qui ne ressemble à rien, qui semble ne mener nulle part, on s'élève, on s'absente, on absorbe, la musique s'installe, à l'intérieur de soi, et puis la puissance arrive, par paliers, comme le corps du marcheur qui a trouvé son rythme, le sommet n'est plus un objectif, il n'est qu'une étape, c'est dedans que le chemin se trace, la musique monte en puissance, encore et encore et on est surpris à chaque palier, comme si on ne pouvait pas imaginer la suite, comme s'il n'était pas possible de savoir où elle nous mène, des accalmies faites de longues vagues guident les pas, on monte en altitude.
Le crescendo prend de l'ampleur, plus rien ne l'arrêtera.
Et il est toujours impossible de trouver la moindre mélodie dans cet ensemble et c'est le plus fascinant pour moi.
La fin est un sommet, quand l'horizon est ouvert, que plus rien ne pousse le corps vers le haut, quand on est assis et qu'on contemple, que le souffle s'est posé, que le corps s'apaise, l'effort est fini et c'est parce que le corps est "vidé" que la beauté l'emplit.
Il m'arrive en journée de retrouver cette ambiance sans pouvoir retrouver le fil de cette musique, c'est juste une ambiance, un état, une façon d'être soi.
Le 19/08/2026
Dans "TERRE SANS HOMMES", je parle des viols... Oui, je sais, ça ne donne pas forcément envie de lire le livre si tant est qu'il soit publié un jour.
Mais j'ajoute une projection. Ce que le mâle fait subir à la femme, il en fait autant à la vie toute entière.
TERRE SANS HOMMES
"- Si des hommes, des mâles, sont capables de tuer des femmes et même des enfants, -une voix si triste qu’il eut peur qu’elle s’effondre, -alors ils sont capables de tuer la Terre, de la martyriser sans jamais éprouver le moindre état d’âme. La planète est une entité féminine, notre mère à tous, celle qui donne la vie. On ne peut rien espérer pour la Terre tant que des femmes et des enfants succomberont sous les coups des hommes, des mâles, du mal. »
Silence.
« Je n’en peux plus de toutes ces noirceurs qui sont en moi. »
Interview
« L’espèce humaine est incroyablement coercitive envers les femmes »
Avec
Propos recueillis par
Publié le
22 novembre 2024
et modifié le 21 mai 2025
Image de couverture
"L'histoire du feu", Une d'un numéro du Petit Inventeur consacré à la préhistoire, 1923 - source : Gallica-BnF
La coercition envers les femmes est-elle une fatalité ? Dans son ouvrage Et l'évolution créa la femme, le paléoanthropologue Pascal Picq explore les origines de la domination masculine, en remontant à la préhistoire et aux plus proches cousins de l'homme, les grands singes.
RetroNews : Quel est le point de départ de votre démarche ? S’agit-il avant tout de désinvisibiliser les femmes dans l’histoire de l’évolution ?
Pascal Picq : Quand vous regardez l'iconographie de la préhistoire, vous vous apercevez que seule l’évolution de l’homme est représentée. Il y a une vingtaine d’années, j’ai fait un livre pour la jeunesse en demandant à ce que la représentation de la grotte de Lascaux montre un homme et une femme peignant la paroi. Je me suis bagarré avec l’illustrateur et, finalement, l’illustration montre l’homme qui peint la paroi et la femme qui pile les pigments… De même, pour mon ouvrage Le Retour de Madame Néandertal, je voulais en couverture une femme de Néandertal dans des habits modernes – je n’ai pas réussi à l’obtenir.
Ce genre d’anecdotes est très révélateur de ce qu’on appelle l’idéologie intégrée. Quand les petits garçons et les petites filles n’ont que ce genre de représentations, à la fois dans les livres illustrés, dans les reconstitutions des documentaires et même dans les fictions, ils ont nécessairement l’impression que la domination masculine est dans l’ordre naturel des choses… Par ailleurs, il y avait un manque énorme et des biais immenses dans la manière de reconstituer la préhistoire d’un point de vue scientifique. J’ai été l'un des rares à commencer à parler de l’évolution du côté des femmes, notamment des femelles sapiens et du genre humain qui ont des particularités tout à fait claires en termes de sexualité, de reproduction et, bien sûr, d’action.
Vous vous êtes intéressé dans votre ouvrage à la place des femelles chez les primates, qui s’avère très différente d’une espèce à une autre…
D’une manière générale, chez tous les mammifères, une constante se dégage : quand il existe des groupes sociaux, ce sont les femelles qui restent ensemble toute leur vie sur leur territoire et les mâles qui migrent à l'adolescence. Les femmes sont endogames et les mâles exogames. Dans la lignée des hominidés, c’est-à-dire celle des grands singes africains, à laquelle nous appartenons, la situation est inverse : les sociétés sont patrilocales. Les mâles restent ensemble toute leur vie dans leur groupe social et ce sont les femelles qui migrent à l’adolescence. Or si les femelles restent ensemble toute leur vie, il leur est plus facile de résister ensemble à la pression et à la violence des mâles, et, inversement, si les mâles restent ensemble toute leur vie, il est plus facile pour eux de se coaliser et d’exploiter et de contrôler les femelles.
Quand on regarde dans le détail, et notamment la diversité des babouins, on s’aperçoit qu’on a toutes les situations possibles, avec dans certains cas les femelles qui arrivent à tirer leur épingle du jeu et à contrôler la violence des mâles et d’autres situations où c’est l’inverse. Ce qui est intéressant, c’est qu’il n’y a pas de fatalité entre matrilinéarité (femelles ensemble) et patrilinéarité (mâles ensemble). Si l’on en revient à notre lignée à nous, celle des grands singes africains - dont nos systèmes sociaux sont hérités – nous avons l’exemple des bonobos où existe une certaine égalité entre les mâles et les femelles, une co-domination, dans ce qu’on appelle une gynocratie, c’est-à-dire un système dominé par les femmes qui ne sont pas apparentées (contrairement au système matriarcal dans lequel les femmes sont apparentées). Les chimpanzés, eux, se montrent beaucoup plus coercitifs et violents.
Vous montrez que l'accaparement des femmes a atteint chez l'homme un niveau inégalé par les autres espèces. Comment expliquer la mise en place de ces formes de coercition très fortes ?
Le tableau que je dresse dans le livre n’est pas très encourageant : l’espèce humaine se montre en effet une espèce incroyablement violente, la plus violente de toutes. Les cas de viols, par exemple, sont extrêmement rares dans la nature. Surtout, le meurtre d’une femelle est absolument rarissime. Il n'y avait pas de fatalité à ce que la lignée humaine instaure un modèle coercitif. La coercition n'est pas génétique, et ne peut pas non plus s’expliquer par les conditions environnementales : il n’existe pas de système socio-économique dans lequel les femmes ne sont pas dominées.
Il y a bien sûr la théorie, qui vient du marxisme, selon laquelle les conditions économiques déterminent les infrastructures. Certes, lorsqu'on regarde les sociétés mésolithiques, à la charnière de la fin de la préhistoire et du néolithique, on voit que la production de richesses augmente et que la coercition envers les femmes va, elle aussi, croissante. Mais il est troublant de s'apercevoir que même dans les sociétés où il y a très peu de production et d'échanges de biens, qu’on appelle les sociétés acrématiques, la violence et la coercition s’exercent malgré tout sur les femmes - les Aborigènes australiens Aranda, par exemple, sont extrêmement machistes voire violents. Il n’y a donc pas de fatalité liée au système économique.
Pour résumer, il n’y a ni déterminisme génétique, ni déterminisme écologique ou économique : cela montre bien qu’on est dans le cadre de conflits et de rapports de pouvoir entre les deux sexes, ce que les Anglo-Saxons appellent la guerre des sexes.
« Les civilisations ne sont pas les amies des femmes », écrivez-vous. Des sociétés humaines se sont-elles déjà développées sur un modèle matriarcal ou au moins, égalitaire ?
Nous les connaissons très mal car nous avons ignoré les expériences de matriarcat passées et présentes. Or le matriarcat a existé dans beaucoup plus de sociétés qu’on ne l'imagine. Il faut repenser notre évolution et prendre en compte des réalités qui ont été ignorées, occultées, ou considérées comme archaïques. Il faut également avoir en tête que la majorité des données dont on dispose en archéologie préhistorique sont basées sur les exemples du Proche-Orient, du Moyen-Orient et de l'Europe. Or c’est là qu’existent les sociétés patriarcales.
On ne sait pas réellement ce qui s'est passé ailleurs. Un exemple : pendant très longtemps, lorsqu'on tombait sur une tombe avec un squelette, s’il y avait des armes, on en déduisait que c’était forcément un homme, et s’il y avait des bijoux, on en déduisait que c’était nécessairement une femme. Or on s’aperçoit que l’inverse était tout aussi possible. Il y a eu de nombreux biais de ce genre. Tout est à revoir.
Prenez les grands schémas qu’on a appris à l’école : l’histoire vue du côté de l’Occident qui domine le monde, avec une vision linéaire, progressiste, améliorative, selon laquelle l’humanité n’a fait que progresser depuis la préhistoire – la Renaissance, puis les Lumières, etc. En réalité, la condition des femmes était plus enviable au XVIIIe siècle qu’elle ne l’était au XIXe. Le code napoléonien de 1804 et la Révolution industrielle et bourgeoise ont été catastrophiques pour la condition des femmes.
À l'école des filles, « on cherchait avant tout à former des épouses et des mères »
Quelles perspectives évolutionnistes s’ouvrent aujourd’hui ?
En cinquante ans, on a assisté à de grandes évolutions. Aujourd’hui, on a l'exemple de femmes seniors qui occupent des postes extrêmement importants dans les entreprises, les gouvernements, les ONG, les médias etc. Ce n’était jamais arrivé auparavant, et pour cause : les sociétés à forte domination masculine ont toujours eu peur de la colère des femmes, et en particulier des femmes âgées, ménopausées. Elles ne sont plus dans le circuit de la reproduction mais elles ont de la connaissance et du pouvoir. De nombreux récits sur les commencements du monde, dans différentes grandes ethnies, disent que les femmes âgées dominaient et que les hommes organisaient de grands banquets pour les exterminer…
Les évolutions indéniables qui sont en train de se mettre en place aujourd’hui ne doivent pas conduire à s’illusionner : une résistance très forte s’organise. Il est frappant de constater que c’est dans les sociétés où les femmes ont plus de libertés qu’elles subissent aussi le plus de violences, qu’il s’agisse de viols ou de féminicides.
Quelles sont les conditions qui permettraient selon vous que nos sociétés mettent fin à la domination masculine ?
Si l’on regarde la distribution des métiers entre les femmes et les hommes, on retrouve des divisions qui remontent à la préhistoire : les femmes sont engagées dans les métiers du textile, elles traitent les matières en les caressant, en les frottant, en les cousant. Les hommes, eux, sont dans les matériaux durs avec des gestes lancés, frappés. Comment sortir de cela ? On voit bien que changer les moyens de production ne suffit pas – avec le numérique, nous pourrions tous être égaux derrière notre clavier, mais ça n’est pas le cas.
D’un point de vue anthropologique, la vraie révolution concerne la question de la procréation. Il existe deux stratégies globales : les stratégies R et K. La première est quantitative : on fait le plus d'enfants possible pour parer aux aléas, en espérant que certains des enfants survivent. Cette stratégie n'est pas du tout caractéristique de la lignée des hominidés. Elle a émergé avec le néolithique, dans une volonté nataliste qu’on a connue jusqu'aux Trente Glorieuses. L’autre stratégie est notre stratégie naturelle : ce sont les stratégies K, qui favorisent une approche hautement qualitative. Les femmes font peu d’enfants dans une société où l'investissement parental est partagé, et dans des conditions qui permettent une éducation et un soutien adaptés, et où les petites filles, en particulier, peuvent s’intégrer dans le monde et participer à le changer. Revenir à cette stratégie serait fermer une parenthèse de 10 000 ans qui a permis la domination des hommes, notamment par le contrôle du corps et des moyens de reproduction.
–
Pascal Picq est paléoanthropologue, maître de conférences au Collège de France. Il a écrit notamment Au commencement était l’homme, Lucy et l’obscurantisme, De Darwin à Lévi-Strauss et, plus récemment, L’Intelligence artificielle et les Chimpanzés du futur. Son ouvrage Et l'évolution créa la femme est paru aux éditions Odile Jacob en octobre 2020.
Mots-clés
Voldomination masculineviolencescondition fémininemisogynieévolution
Ecrit par
Marina Bellot est journaliste indépendante, diplômée de l'Ecole de journalisme de Sciences Po. Elle a co-fondé en 2009 Megalopolis, un magazine d'enquêtes et de reportages sur la métropole parisienne, qu'elle a dirigé pendant trois ans. Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages pédagogiques à destination des adolescents et a co-écrit une biographie de Jean-François Bizot, L'Inclassable, parue chez Fayard en 2017.
Le 19/08/2026
Un article sur un livre oublié. Un de ceux qui n'auraient jamais dû disparaître.

Comment avons-nous pu passer totalement à côté ?
En cette période caniculaire, j’ai trouvé dans une boîte à livres un ouvrage de René Dumont que j’ai lu avec cette question comme fil conducteur.
Je parle de ma génération, celle qui a été, pour reprendre une formule, « biberonnée au marxisme ».
L’ouvrage date de 32 ans.
Et pourtant, à sa lecture, une question s’impose : comment ai-je pu à ce point, passer à côté de ce que René Dumont nous disait déjà ?
Que développe-t-il ?
Que les risques écologiques sont dramatiquement sous-estimés et que l’avenir de l’humanité est menacé.
Le propos est précis, documenté, affûté. Et, à mes yeux d’aujourd’hui, d’une actualité saisissante.
On lit ainsi, page 53 :
« Un système économique âpre et défaillant aboutit à dilapider un patrimoine essentiel : celui des ressources rares non renouvelables. D’abord les combustibles fossiles et les minerais que les formations géologiques ont accumulés dans le sous-sol et que l’on devrait traiter comme le patrimoine de l’humanité. »
Et page 107 :
« Pour la première fois nous sommes en train de démolir systématiquement — dans l’indifférence générale — les climats de la planète. »
René Dumont ne déclame pas, jamais. Il démontre.
Il détaille l’effet de serre et la détérioration des climats avec des chiffres et des faits. Il parle de biodiversité, de déforestation, de l’eau qui, prévient-il, « va manquer presque partout — même en Bretagne ».
Et ma génération, celle qui se voulait critique du capitalisme, a largement ignoré, occulté ou, plus simplement, pas pris au sérieux ces avertissements.
Dumont dénonce également « l’inacceptable droit d’embargo », dont Cuba crève littéralement en ce moment, et analyse la guerre du Golfe comme une guerre du pétrole.
Il écrit :
« Les complexes militaro-industriels, pour prospérer, ont besoin de guerre donc d’ennemis. »
Difficile, aujourd’hui, de ne pas penser aux profits colossaux engendrés par une industrie qui fabrique et vend les engins de mort utilisés par les protagonistes des conflits actuels.
Il perçoit également, alors que le fascisme national n’est pas encore la menace qu’il deviendra, que le Front national pourra surfer sur les problèmes de la misère et de l’immigration.
Il voit l’agonie du monde paysan et, dans le même temps, les gros céréaliers protégés par l’Europe.
Son discours anticapitaliste ferait aujourd’hui pâlir bien des écologistes autoproclamés.
René Dumont, qui votera non au référendum sur la ratification du traité de Maastricht, développe également une réflexion sur la dette qui résonne singulièrement avec le débat politique actuel : il milite pour l’annulation des dettes, « le temps de respirer » écrit-il
Et surtout, l’ensemble s’articule comme un véritable programme politique qui, 32 ans plus tard, fait toujours sens :
« Réhabiliter le chemin de fer. »
Développer l’énergie géothermique.
Refuser la politique du tout-autoroutier.
Je ne peux évidemment pas m’empêcher de penser à l’A69, voulue par Mme Delga, dans ma région. Il est fort à parier que René Dumont aurait été aux côtés des « écureuils » pour tenter de préserver les arbres.
Il développe aussi toute une série de propositions en direction de « la femme, grande oubliée des droits de l’homme ».
Il cherche « où trouver l’espoir », dénonce déjà les renoncements socialistes et combat évidemment la droite.
Bref, sans vouloir refaire l’histoire, je me demande vraiment comment ma génération, « biberonnée au marxisme », a pu passer à ce point à côté de ses réflexions.
Pourquoi, à quelques exceptions près, n’avons-nous ni écouté ni entendu René Dumont ?
Et je terminerai avec cet extrait, page 170 :
« Cherchons à regrouper les associations, et les personnes qui s’inquiètent des menaces écologistes ; les pacifistes qui refusent de tuer, les groupes qui œuvrent contre la misère… et tous les bénévoles qui s’efforcent d’aider les chômeurs, les exclus, les sans-logis ; les organisations qui défendent les prisonniers politiques… et enfin l’ensemble des tiers-mondistes qui n’acceptent pas que les 15 % de privilégiés du globe continuent à accaparer et dilapider 80 % de ses ressources limitées. »
Lui qui se définissait comme un héritier« des communes organisées au Moyen Âge, de 1789, de 1871 », concluait :
« Il nous faut accorder le premier rang au social, à l’écologie, aux droits des humains (de tous les humains) à ne plus être dominés et écrasés-piétinés… »
Cette phrase résonne particulièrement en moi, à l’aube d’un combat décisif dans quelques mois.
Nous avions sous les yeux, il y a 32 ans, une partie des réponses aux questions que nous nous posons aujourd’hui.
Le 19/08/2026
Regarder la vie autour de soi, voir les "petits", les discrets, ceux auprès de qui on peut passer si on ne reste pas attentif, aux aguets, près à dégainer l'appareil photo, chasseur de clichés.
Je me suis pris la tête avec un chasseur sur FB, dans une publication qui parle de la chasse aux oiseaux migrateurs et que les chasseurs veulent continuer à abattre "puisqu'ils n'ont pas eu à souffrir de la canicule"...Et ce hkhdlkjsdvkks de chasseur me sort la phrase suivante : "Tant qu'il y aura des chasseurs, les animaux sauvages et la nature seront préservés".
Qu'est-ce que vous voulez faire de ça ?
Ben, je retourne "chasser" les insectes et autres habitants sur le terrain pour tenter d'oublier ça.
Ce matin, alors que je faisais le tour des jeunes arbres, j'ai le bonheur de tomber sur un machaon qui venait juste de sortir de sa chrysalide.
Les feuilles de l'érable sont grillées mais de nouvelles feuilles poussent au pied, à l'abri de la paille et de l'humidité du sol. Il ne lâche pas l'affaire :)

Crise de l'eau, planète terre invivable ? Emma Haziza
Le 18/08/2026
"L'écologie punitive". Cette expression, elle me rend dingue.
On sait, en tout cas pour ceux et celles qui s'informent, que nous allons dans le mur.
Les scientifiques qui ne sont pas écoutés et quand ils le sont sont moqués, je n'imagine même pas ce qu'ils doivent éprouver.
Diffusée en direct le 17 mai 2022 Environnement
Emma Haziza est hydrologue, spécialiste de la résilience des territoires face aux risques climatiques extrêmes. Fondatrice de Mayane, centre de recherches appliquées dédié à l'adaptation climatique.





