Là-Haut

                                               

 

                                          « Là-Haut »

                                     

                                                                                                                

 

« L'Amour et la Nature sont les ciseleurs talentueux
du diamant qui brille en chacun de nous." 

 

 

 

Jarwall le gardien du livre

 

 

 

 

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NOVEMBRE 2009

Je suis marié, nous avons trois enfants (jeunes adultes aujourd'hui), je suis instituteur depuis mes 19 ans. Je vis en Savoie.
J'ai passé un BAC litté/philo et je suis tout de suite entré à l'école Normale. À l'époque je vivais en Bretagne mais j'étais passionné par l'escalade et l'alpinisme et je voulais aller vivre dans les Alpes.
Mes deux dernières années de lycée, j'ai eu la chance immense d'avoir un prof de Français et une prof de philo extraordinaires. J'adorais lire et écrire et peu à peu ils m'ont permis d'avoir avec eux une relation privilégiée, des échanges extrêmement enrichissants, non seulement d'un point de vue cognitif mais surtout sur le plan humain.


Hugo, Zola, Gide, Giono, Flaubert, Malraux, Camus, Sartre, Saint-Exupéry, Lanza del Vasto, Koestler, Conrad, Steinbeck, Heminghway, Freud, Merleau-Ponty, Descartes, Kant, Rousseau, Platon, Marc-Aurèle, Sénèque, London, tout ce qu'ils m'ont fait connaître et tout ce que j'ai découvert.

Krishnamurti, Ouspensky, Gurdjieff, Vivekananda, Desjardins, Gandhi, Sri Aurobindo, Prajnanpad, Thoreau ... 

Je lisais comme un mort de faim ! La bibliothèque du lycée, celle du village, les livres que je lisais dans les librairies sans pouvoir tous les acheter.
J'écrivais des nouvelles, des exposés, des devoirs imposés, ils les lisaient, les critiquaient, ils m'encourageaient parfois. Ils disaient tous les deux qu'un jour je serai édité. Qu'il fallait travailler. La force des mots qui s'ancrent et résistent, contre vents et marées, contre le temps qui passe.

À seize ans, mon frère qui en avait dix-neuf a eu un accident de voiture. Cliniquement mort. J'ai passé trois mois dans sa chambre d'hôpital. Jours et nuits à ses côtés. Il en est sorti. Marqué à vie. Moi aussi...

À vingt-quatre ans, j'ai été opéré d'une première hernie discale. Opération ratée. Fin de mes rêves d'alpinisme. Dépression lourde. J'aimais toujours écrire alors je me suis lancé dans un roman. Une bouée de secours. Une thérapie aussi mais je ne le comprendrais que bien plus tard.

 

"VERTIGES".

Une histoire d'alpinisme. Un drame, un homme qui redescend son compagnon sur son dos. Je n'avais pas conscience de la symbolique envers ma propre histoire, comme si les mots s'imposaient, comme si mes écrits se devaient déjà d'être des introspections qui prenaient vie...Je l'ai envoyé à divers éditeurs parisiens. Je ne connaissais rien à ce milieu... Personne n'en a voulu. Quelques réponses impersonnelles. Impossible de connaître les raisons précises de ces refus successifs. Je savais que Bernard Giraudeau adorait l'alpinisme. Je lui ai envoyé un manuscrit. Sa secrétaire m'a appelé quelques semaines plus tard. Il voulait me rencontrer pour une adaptation cinématographique. On s'est vu à Brest. Il m'a dit qu'il avait un gros problème de finances et qu'il me tiendrait au courant. Un tournage en haute montagne coûte très cher. Trois mois plus tard. Sa secrétaire au téléphone. Il avait finalement choisi le roman de Simone Desmaison "la face de l'ogre". Il en a fait un téléfilm. 

Pas d'explication, plus aucune nouvelle.
Grosse déprime. J'ai tout rangé dans un placard.


J'ai arrêté d'écrire sérieusement pendant de nombreuses années. Je récupérais lentement sans comprendre tout ce qui se tramait en moi, les douleurs à venir. Je griffonnais quelques scénarios sur des cahiers mais rien de vraiment abouti. 

J'ai laissé passer dix ans avant de ressortir "Vertiges" de son tiroir et je l'ai relu. Considérablement honteux d'avoir osé adresser un texte aussi misérable aux éditeurs. J'ai tout recommencé. Et puis j'ai décidé d'attendre dix ans de plus en me disant que le même effet dévastateur aurait lieu. Je devais continuer à lire et si possible à écrire.

Je me suis finalement décidé en 2004. J'ai relu "Vertiges" et j'ai compris ce qui manquait. Ça n'était pas "mon" écriture mais "de" l'écriture. L'histoire était en place, les personnages existaient comme je le voulais, les situations étaient clairement décrites mais il n'y avait rien pour lier l'ensemble. Rien de personnel. C'était comme un orchestre assis mais qui ne jouait pas. Je devais trouver une musique.

J'ai tout réécrit. Une euphorie merveilleuse, comme une mélodie en moi et qui ne cessait de tourner en boucle. Impossible de perdre le fil. J'avais trouvé ma musique.


Le premier éditeur contacté l'a accepté.

"Vertiges" a eu deux prix littéraires régionaux.
Faut-il donc avoir souffert pour savoir écrire? Pour sortir de soi un écrit acceptable, faut-il donc être descendu dans les tréfonds de l'âme?

À partir de là, je me suis lancé à corps perdu (à esprit perdu) dans l'écriture. Elle m'a servi de thérapie. La vie continuait à m'asséner des coups de bélier. Je m'accrochais à mon stylo...Pour ne pas sombrer.

 

 

"LÀ-HAUT".


Un guide de haute montagne et sa femme vont au salon du livre de Paris. Attentat dans le RER. Une bombe. Le guide est amputé d'une jambe, sa femme est morte. Expérience de mort approchée. Un basculement absolu. 

Mon éditeur n'en a pas voulu. Trop sombre, "une écriture trop exigeante pour le lectorat moyen auquel sa maison s'adressait"... Assez incroyable comme réponse... Incompréhension totale de ma part. Mon premier roman avait eu deux prix, pourquoi refusait-il celui-là, comment pouvait-il juger de l'accueil qui lui serait fait, pourquoi rejeter une écriture "exigeante" comme si les esprits ne pouvaient pas s'atteler à un effort inhabituel?


Finalement, je réalisais que d'avoir été édité ne suffisait pas à m'assurer une continuité. Je repartais à la case départ.

 



D'autres tentatives. Nouveaux refus.

"Trop spirituel, trop violent, trop sombre, trop compliqué, trop philosophique, trop anticlérical..."

Trop, toujours trop...L'écriture devait-elle donc rester dans un cadre restrictif, bien établi, des frontières précises? Ou bien mon écriture ne valait-elle rien?

Des wagons de questions à longueur de nuit...

 

 

 

"JUSQU'AU BOUT".

Le parcours chaotique d'un instituteur qui finit par enlever ses élèves.

"Très long. Trop long."

Personne n'en a voulu encore une fois. Un éditeur m'a répondu : "Sexe, drogue, meurtre et philosophie, où voulez-vous que je range ça? Et vous vous rendez compte du risque que vous prenez avec une histoire pareille par rapport à votre métier d'instituteur? Et puis, un pavé pareil, personne n'en voudra. Les gens veulent des histoires courtes et faciles à lire."
Incompréhension. Il fallait donc écrire des histoires qui pouvaient être "rangées" dans des catégories précises. Le mélange des genres était mal vu.
Où était la création si le marché imposait ses règles?
À moins, que ça soit encore mal écrit.


Des wagons de questions à longueur de nuit.

 

 

Deuxième hernie discale...Trente-cinq ans.

Nouvelle opération...

Nouvelle dépression.

Un autre roman. Toujours pour aller au plus profond, plus profond que tous les scalpels...

 

"NOIRCEUR DES CIMES".

J'ai travaillé dix mois, tous les jours, toutes les nuits, à chaque instant de liberté sur cette histoire. Une véritable addiction. Quatre amis alpinistes de haut niveau tentent l'ascension du K2, deuxième plus haut sommet de la planète. La femme de l'un d'entre eux les accompagne et reste au camp de base. Rien ne se passe comme prévu.

J'ai envoyé le manuscrit à une maison d'édition qui venait de s'installer dans la région. Il a été retenu. Immense bonheur. Une très belle rencontre avec Sarah Molina, une jeune éditrice portée par un enthousiasme fabuleux. Des articles de presse, une télé régionale, des radios, des invitations dans des salons, dans des bibliothèques, des dédicaces dans des grandes librairies.

Quelques mois plus tard, la maison d'édtion a été contrainte de fermer à la suite d'un désaccord financier avec le distributeur, une histoire qui me montrait combien la tâche d'un éditeur est un engagement risqué, incertain, aléatoire...

 

 

 

Mon frère est mort vingt ans après son accident. Une hémorragie cérébrale. Il vivait seul. La gendarmerie m'a téléphoné parce que mes parents étaient introuvables et qu'ils ne répondaient pas au téléphone. J'ai pris l'avion et j'ai retrouvé mon frère à la morgue. Pendant quatre jours, j'ai prévenu le reste de la famille, organisé la crémation tout en cherchant à contacter mes parents puis j'ai eu l'idée d'un transfert téléphonique. Ils étaient partis avec leur camping-car. Quand ils ont appelé mon frère, c'est moi qui ai répondu pour leur annoncer que Christian était mort. 

Je n'imaginais pas alors que cette nouvelle épreuve douloureuse n'était pas la dernière. 

 

 

Internet m'a mené sur la piste des éditions du 38 et je bénis ce jour. J'ai contacté sa fondatrice et je lui ai envoyé le manuscrit de "Là-Haut".

Elle a décidé de le publier.

"Là-Haut" a été sélectionné pour participer à un prix littéraire décerné par le fond "Handicap et société" qui oeuvre auprès des personnes en situation de handicap. J'ai été invité à Paris, au centre Pompidou, pour assister à la remise du prix mais le roman est arrivé en troisième position. C'était malgré tout une belle soirée, émouvante et de belles rencontres. 

 

 

Quarante-quatre ans.

Trois hernies discales d'un coup, un effondrement, incompréhension des chirurgiens, un calvaire...Paralysie, morphine...L'odeur de la mort.

Une rencontre inespérée. Une médium magnétiseuse alors que j'avais refusé l'opération chirurgicale.

Quatre heures de ma vie hors du temps; hors de la matière, au-delà du connu.

Trois mois après, je retournais en montagne. Je n'ai jamais arrêté depuis.

 

 

Un nouveau roman pour comprendre enfin tout ce que je portais et qui me brisait depuis si longtemps. 

 "LES ÉGARÉS".

 

Le récit d’un couple en crise qui s’engage sur un sentier de randonnée mais en démarrant chacun à une extrémité. Ils marchent l’un vers l’autre en espérant se retrouver, renouer deux vies que les douleurs ont alourdies, fissurées, séparées.

Les traumatismes, la mort, les souffrances, les refoulements, les conditionnements, la recherche de l’être intime, hors de tous modèles, l’émergence de l’individu libéré, des expériences mystiques qu’ils ne s’expliquent pas, une quête spirituelle qui va s’amplifier…Un livre pour mon frère, pour ma femme, nos enfants et pour moi.

 

 

 

 

"JARWAL LE LUTIN"

 

Ce personnage est venu ensuite me rappeler la promesse faite à nos trois enfants.

Lorsqu'ils étaient jeunes, nous allions très souvent en montagne et j'avais décidé de leur raconter les aventures de ce lutin. Jarwal a vécu avec nous pendant six ans, il était de toutes les sorties, sur tous les sommets. Et puis un jour, il a dit qu'il était temps qu'il reprenne la route, qu'il savait que toutes les leçons de vie étaient inscrites dans la mémoire de mes enfants et qu'il ne les oublierait jamais. C'est là que j'ai promis à Marine, Rémi et Léo, qu'un jour, j'écrirais ces histoires et cette période de notre vie pendant laquelle Jarwal a vécu avec nous.

Le tome 1, 2, 3 et 4 sont finis. D'autres suivront.

Le tome 1 a été publié aux éditions Laura Mare juste avant la fermeture définitive de la maison...Deux mois d'existence pour ce livre...

Je continue l'histoire pour le plaisir. Et pour nos petits-enfants.

 

 

 

 

 

"À COEUR OUVERT"

 

La société CARMAT a mis au point un coeur totalement artificiel pour les greffes. Le travail de toute une vie pour le professeur Carpentier.

Je m'interroge sur les effets psychologiques de cette implantation. "Le coeur a ses raisons que la raison ignore. " Et quand il n'y a plus de coeur d'origine humaine mais une machine, qu'en est-il?

 

Les effets de cette implantation vont être immenses, à tel point que le personnage ne sait plus qui il est. Jusqu'à découvrir qu'il n'était pas lui-même. Un cheminement existentiel étourdissant. 

« J’ai fait un infarctus. J’étais condamné à brève échéance, des dégâts irréversibles. On m’a proposé un cœur artificiel. J’ai accepté et depuis je ne sais pas avec qui j’ai vécu. Non pas les gens autour de moi mais moi, à l’intérieur. »

 

 

 

 "LES HÉROS SONT TOUS MORTS"

 

Depuis longtemps, Nathalie me disait d'écrire un polar. J'ai fini par l'écouter. Et je me suis régalé à l'écrire. 

Comment agirions-nous si nous nous retrouvions avec une mallette contenant une somme d'argent considérable ? ...

Notre conscience morale est-elle à toute épreuve ? 

L'Humanité est-elle condamnée à souffrir des affres du matérialisme, comme contaminée par un poison ?...

 

 

 

 

"KUNDALINI"

 

 

Un nouveau roman, une nécessité, comme à chaque fois, l'introspection du couple dans la voie orientale du tantrisme et de la sexualité sacrée. 

 

 

Maud est une femme mariée, de cinquante-deux ans. Elle est professeur de yoga.

Laurent, son mari, va la quitter. Sans aucun signe précurseur. Une rupture destructrice.

Des mois de détresse, de colère, de remords, d'interrogations sans fin.

Maud décide de s'accorder un séjour dans une région perdue des Alpes. Le besoin de nature et de paix intérieure.

Elle va rencontrer un homme plus jeune qu'elle. Sat. D'origine hindoue, il détient la clé de l'éveil de Maud.

Elle va vivre avec lui une réelle métamorphose.

Au-delà du connu.

Nudité, nature, méditation, massage, alimentation, respect, attention, observation de soi, silence, contemplation, libération, conscience...

Sexualité sacrée vers le couple divin.

Illumination.

Jusqu'à l'ultime révélation...Ce qui est au-delà du connu.


 

1er JANVIER 2024

 

A ce jour, j'ai donc écrit 14 romans et le quinzième est en cours. 

Sept romans sont publiés, cinq par les éditions du 38. 

Deux publications sont prévues dans l'année 2025.

Et j'aime toujours autant écrire. 

 


 

MAI 2004

 

VERTIGES

 

 

AVRIL 2007

 

NOIRCEURS DES CIMES

 

 

JANVIER 2016

 

LÀ-HAUT 

 

 

MAI 2018

 

LES HÉROS SONT TOUS MORTS

 

 

 

OCTOBRE 2018

 

KUNDALINI

 

 

 

MAI 2019

 

JUSQU'AU BOUT

 

 

MAI 2020

 

A COEUR OUVERT

 

FÉVRIER 2025 

 

JARWAL, LE GARDIEN DU LIVRE

 


 


À mon sens, il ne faut pas écrire avec un objectif, un espoir, une attente. Il faut écrire juste parce que ça répond à un besoin vital. Une nourriture spirituelle. En sachant que les lois du marché imposeront une réalité qui sera peut-être très douloureuse. Ne pas avoir de projet, ne pas tirer de plans sur la comète, permet de se protéger, de ne pas subir la menace de la désillusion.

Je ne pense absolument pas en terme de catégorie, de style, de marché, d'édition, j'écris comme je le ressens. L’essentiel, à mon sens, est de ne pas se trahir.

Travailler. Quotidiennement. C'est une nécessité. Pour entrer dans son histoire, vivre avec ses personnages, les connaître, s'émouvoir avec eux, les accompagner, le plus beau cadeau étant de rêver d'eux la nuit, de les voir, de les entendre. De ressentir leurs peines et leurs joies.
Pendant l'écriture de "Noirceur des cimes", le personnage principal m'a appelé une nuit, dans un rêve, un appel déchirant, il allait mourir, il fallait que je vienne le sauver. Je me suis levé, j'ai allumé l'ordinateur, je lui ai dit que j'arrivais. Une situation d'urgence. Je n’aurais pas pu l’ignorer.
Un écrivain à qui on demandait un jour si ce qu'il avait écrit était vrai a répondu: "Bien entendu que c'est vrai puisque je l'ai inventé."
Indispensable vie commune. Vivre réellement avec ses personnages jusqu'à ce qu'ils ne soient plus à soi mais à eux-mêmes. Devenir dès lors le simple transcripteur de leurs parcours. "Je" n'écris pas, "ça" écrit en moi. A partir de là, il me semble qu'on peut parler de livres émouvants. Que l'écrivain disparaisse. Ce n'est pas le style qui importe mais la vie qu'on trouve dans le livre. Et la vie ne peut pas être inventée. Si le style l'emporte sur la vie, c'est juste qu'un exercice de style alors que le roman est une forme écrite de la vie.
Je me suis longtemps écouté parler dans mes écrits, par prétention, en pensant que c'était suffisant pour écrire quelque chose d'intéressant. Je n'avais rien compris.
J'écris pour honorer la Vie, pas ma vie. J'écris par respect. Plus par prétention. Le chemin a été long. Mais ça en valait la peine.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 "Avant de songer à réformer le monde, à faire des révolutions, à méditer de nouvelles constitutions, à établir un ordre nouveau, descendez dans votre cœur, faites-y régner l'ordre, l'harmonie, la paix. Ensuite seulement, cherchez autour de vous des âmes qui vous ressemblent et passez à l'action."
Platon

 

 

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"Au nom du maintien de l'ordre"

Le 21/10/2026

982 628 vues 7 oct. 2026 #manifestation #police #arte

Partout dans le monde, des foules en colère affrontent des forces de l’ordre surarmées. Le journaliste Paul Moreira s’immerge dans des manifestations et interroge des spécialistes pour éclairer les causes de ce glissement répressif.

La partie 2    • Au nom du maintien de l'ordre (2/2) | ARTE  

L'interview du réalisateur Paul Moreira    • Au nom du maintien de l'ordre, interview d...  

Paris, 8 décembre 2018, acte IV des "gilets jaunes". Pour la première fois à Paris, des véhicules blindés sont utilisés pour contenir un mouvement social. Des manifestants sont blessés, certains vont garder des séquelles.

En 2020, aux États-Unis, lors des manifestations contre le racisme et les violences policières organisées après la mort de George Floyd, des images similaires circulent. Le tournant a été pris une vingtaine d'années plus tôt : les mouvements sociaux, jadis disciplinés, ont laissé place à des explosions de colères collectives à laquelle les autorités répondent par une militarisation croissante. Norm Stamper, l'ancien chef de la police de Seattle qui a participé à ce changement de doctrine du maintien de l'ordre, plaide désormais pour une réforme de la police : "Je me suis raconté des mensonges pendant des années.

Pourquoi gazons-nous des citoyens non-violents ?" Comment a-t-on évolué du maintien de l'ordre à un contrôle des foules qui ressemble à une guerre de basse intensité ?

Réalisé par le journaliste et reporter Paul Moreira, qui a couvert notamment les manifestations des "gilets jaunes", ce documentaire se penche sur les nouvelles doctrines de maintien de l'ordre en donnant la parole à de nombreux témoins et spécialistes, dont des responsables policiers et des vendeurs d'"armes à létalité réduite".

Mêlant leurs propos d'une désarmante franchise et des immersions, parfois rudes, au sein de cortèges en France, en Allemagne ou aux États-Unis, ces deux épisodes livrent une démonstration : cette évolution du contrôle des manifestants, symbolisée par l'usage massif et non contrôlé des armes à balles en caoutchouc, résulte de schémas pensés et assumés par les hiérarchies policières. La peur se répand dans les cortèges et le constat apparaît aussi évident qu'inquiétant : ce glissement répressif menace les libertés publiques. Documentaire de Paul Moreira (France, 2023, 56mn) Disponible en rediffusion jusqu'au 07/04/2027

"Les irresponsables" de Johann Chapoutot

Le 21/10/2026

 

"Ce qui est en train de se mettre en place en France, c'est le " macron-lepénisme " , selon l'historien Emmanuel Todd. Un concept qui repose sur un axe vertical de collaboration avec en haut une technocratie incompétente, un peu folle et sadique ( selon Todd) à qui le pouvoir politique et décisionnel a été confié et en bas un appareil judiciaire et policier répressif, brutal dans la gestion des crises et des mouvements sociaux . Il rejoint là Johann Chapoutot , autre historien professeur d'histoire à la Sorbonne qui dans son livre " Les irresponsables " parle lui d'un consortium libéral autoritaire, tissé de solidarités d'affaires, de partis conservateurs, nationalistes et libéraux, de médias réactionnaires et d'élites traditionnelles qui se sentent menacés. Quand les forces de répression avertissent qu'elles ne pourront faire face à un soulèvement généralisé, le pouvoir , qui ne repose sur aucune base électorale, décide de faire alliance avec l'extrême -droite, avec laquelle il partage au fond à peu près tout, et de l'installer au sommet. C'est ce qui s'est passé dans les années 30 en Allemagne."

Patrick Champagnac

Les irresponsables seraient donc parfaitement conscients de ce qui se passe aujourd'hui en France. Le comportement des "forces de l'ordre" n'en est qu'une méthode et non une perte de contrôle. 

 

Forces de l'ordre en désordre

Le 20/10/2026

 

Je ne vais pas revenir sur tous les témoignages qui estiment que les forces de l'ordre n'ont pas assuré leur rôle. Elles ont gazé, nassé, tabassé des cortèges aucunement menaçants et laissé les pillages s'étendre à de très nombreux endroits.

Certains "responsables" (lol), estiment que les prévisions sur l'ampleur des manifestations a été sous-évaluée.

Mais alors, doit-on penser que le gouvernement n'a aucune conscience de l'état du pays et d'une très grande partie de sa population ? Evidemment qu'il y allait avoir du monde et DONC évidemment qu'il y aurait des casseurs.

Autre interrogation qui tourne en boucle : la volonté des forces de l'ordre et donc l'obéissance aux ordres reçus de ne pas chercher à limiter les dégâts des casseurs, les pillages et autres mises à sac. Pour quelles raisons ? Celle que je lis le plus souvent de la part de sociologues et pas d'un "micro-trottoir", c'est de condamner LFI, la gauche, l'ultra-gauche, bref, tout ce qui est à l'opposé du pouvoir en place et qui représente une menace pour les élections prochaines.

On entend dès lors que c'est la porte ouverte à l'élection du rassemblement national. Sauf que Macron et la droite en général(et bien évidemment les multinationales, les majors, les financiers, bref, tout ceux qui sont derrière les tribunes politiques) imaginent que les Français s'opposeront à l'élection de Le Pen et que, par conséquent, c'est de nouveau la droite qui l'emportera, par défaut.

Autre "rumeur" et qui s'appuie sur des enquêtes faites au sein même des "forces de l'ordre". Il existe une forte proportion de ces personnels ayant depuis un certain temps basculée du côté de l'extrême droite et qu'il est de leur intérêt de laisser "pourrir" les manifestations dans le but de redorer le blason du RN dans sa politique migratoire. L'idée rejoint d'ailleurs ce que j'écrivais hier mais avec une option légèrement oblique...Il ne s'agit pas de la part des forces de l'ordre d'un refus d'obéir aux ordres mais de mouvements internes qui induiraient un manque de rigueur volontaire. "On va laisser faire, on dira qu'on n'était pas assez nombreux." 

Ce qui est clair, c'est que c'est un sacré bordel... Et que tous les petits commerçants qui ont été pillés, les magasins vandalisés, incendiés par les crétins décérébrés et tous les manifestants pacifistes qui ont été gazés, tabassés, poursuivis, insultés, arrêtés, mis en garde-à-vue, par les autres crétins décérébrés en uniforme, tous ces gens injustement maltraités et ça en fait beaucoup doivent avoir une vision bien sombre de l'état du pays.

Pour ma part, ça fait déjà un moment que c'est validé. 

Dans deux mois, c'est Noël et les fêtes de fin d'année. Si on reste dans le registre du "Tournez manège", tout va s'éteindre. Et puis viendra la période pré-électorale. Et là...

 

Folie de la violence

Le 19/10/2026

J'ai lu beaucoup, beaucoup de documents sur les périodes de révolte, insurrection, et guerre civile, en France et dans bien d'autres pays. Il y a un élément récurrent, c'est celui de la folie de la violence, celle des casseurs, celle de ceux qui se réjouissent de ces moments de tension extrême et s'en servent.

On a vu dans cette journée du 17 octobre, des petits commerçants qui ont tout perdu de leurs biens, pharmacie, épicerie, librairie, bar-tabac, petit restaurant, kiosque, magasin de vêtements (et je ne parle pas des boutiques Hermès ou autres), des gens qui triment pour s'en sortir, des gens qui ne font pas partie de la population des "sans soucis" mais des "sans dents" juste du peuple de "base", celui qui bosse pour avoir de quoi vivre décemment et ça n'est même pas le cas pour tous.

Et les casseurs n'ont aucune retenue. Ils pillent, détruisent, saccagent.

Non, pour moi, rien n'est justifiable, explicable, compréhensible. Quel que soit le vécu de ces personnes. Ceux-là ont sombré, ils ne font plus partie de rien, sinon de ce néant qu'ils vénèrent. J'entends des "personnalités" dire que ces casseurs agissent proportionnellement au rejet, aux difficultés, au mal-être qu'ils endurent.

Mais si ces arguments étaient recevables, nous serions déjà en guerre civile car cette population malmenée, elle est considérablement plus nombreuse que les centaines de casseurs qui ont sévi. Non, ça n'est pas recevable, aucun argument de cet ordre ne peut justifier la folie de cette violence. Il y a nécessairement un choix, à un moment, celui de rejoindre le flot des casseurs ou celui de chercher une issue, encore et encore.

S'en prendre à Fatima qui tient une épicerie de quartier à Marseille depuis trente ans et mettre le lieu à sac, tout vider, piétiner, détruire au-delà de l'imaginable, ça n'est pas recevable.

Mais c'est un constat depuis le début des années 2000. Toute insurrection, rébéllion, contestation, manifestation s'accompagnent désormais de la folie de la violence. Je ne cherche pas à en comprendre les causes parce que ça ne peut pas rentrer dans le champ de mon raisonnement. Par contre, tous les documents que j'ai lus, visionnés, toutes les analyses qui en ont été faites montrent un point commun : les forces de l'ordre, malgré les très, très nombreux dérapages, violents, inconsidérés, injustifiables dont elles sont parfois et même désormais trop souvent coupables, ces comportements qui eux aussi relèvent de la folie de la violence, restent la seule et dernière barrière à une folie bien plus vaste encore, une folie qui devient meurtrière, n'a plus de limite, au point que le reste de la population en arrive à l'ultime solution : prendre elle-même les armes ou succomber. Et là, on entre dans la guerre civile. Ce ne sont pas les manifestants portant leurs revendications qui auraient pu stopper la folie des casseurs car ils auraient été mis à terre et piétinés. A moins qu'ils viennent armés et qu'ils s'en servent. Et là, on commence à compter les morts...

En attendant, on a le processus habituel qui s'est enclenché.

Macron 1 er a parlé, pour ne rien dire. On est habitué.

Le gouvernement dit que personne ne mettra la République au sol, et patati et patata. On est habitué.

Le gouvernement accuse LFI, le RN accuse le gouvernement, tout le monde est coupable sauf celui qui blâme les autres. On est habitué.

Les revendications des lycéens et lycéennes ne sont bien évidemment plus entendues, celles des retraités, des artisans, des petits entrepreneurs, des petits salariés, tout cela a disparu. On savait que ça se passerait comme ça. On est habitué.

On appelle ça "Tournez manège".

Mais, il se pourrait qu'un jour, le manège s'arrête, que le mécanisme déraille pour de bon, que les forces de l'ordre soient considérablement débordées, on peut même imaginer qu'elles refuseraient d'obéir. Mais alors, il faudra se souvenir que les casseurs seront là, fidèles au poste, prêts à en découdre et que personne, personne ne sera épargné.

C'est là qu'il est intéressant d'essayer d'imaginer ce qui se produirait en gardant à l'esprit ce qu'écrivait Balzac :

« Toutes les horreurs que les romanciers croient inventer sont toujours au-dessous de la vérité. »

 

 

Le casseur, cet auxiliaire précieux

Le 18/10/2026

Un texte dont je ne suis pas l'auteur mais qui explique, rationnalise, analyse. Le texte suivant en fait tout autant.

Des faits qui se répètent ne sont pas dû au hasard. Ils sont prémédités. 

 

Une des leçons, rarement évoquée, de cette journée aussi catastrophique que chaotique devrait pourtant nous conduire à poser une question essentielle : qui avait intérêt à ce que la situation dégénère à ce point ? En d'autres termes, à qui profite le chaos ?

Au pouvoir politique ? À l'évidence, il pourrait en tirer un bénéfice. Les violences, les dégradations et les scènes d'émeutes éclipsent les revendications initiales et permettent de déplacer le débat : on ne parle plus des causes de la colère, mais du rétablissement de l'ordre. Une manière commode d'éviter de répondre aux demandes exprimées par les manifestants. Encore faudrait-il que le pouvoir ait réellement les moyens politiques et financiers d'y répondre.

Aux forces de l'ordre ? La question mérite également d'être posée.

Au vu des images et des informations rapportées, comment expliquer leur absence apparente, ou leur sous-effectif manifeste, dans plusieurs lieux particulièrement sensibles ?

Une seule compagnie de CRS aurait été mobilisée à Marseille, deuxième ville de France. À Bordeaux, la résidence du préfet, pourtant a priori facile à sécuriser, a été mise à sac. À Marseille comme à Limoges et à Lyon, des bâtiments municipaux, symboles de la République, auraient été laissés pratiquement sans protection.

Comment expliquer de telles défaillances, alors même que les risques de débordements étaient connus et abondamment documentés en ampnt des manifestations ?

Trois hypothèses, qui ne s'excluent d'ailleurs pas nécessairement, méritent d'être examinées :

1. Une démonstration de force par l'absence. Une manière de faire comprendre au pouvoir comme à la population : « Sans nous, vous êtes livrés au chaos. Notre rôle est indispensable et nous méritons donc davantage de considération, de moyens et de reconnaissance, notamment salariale. »

2. Une forme de solidarité tacite avec les manifestants. Une partie des forces de l'ordre pourrait partager, au moins en partie, les revendications exprimées et avoir choisi de ne pas intervenir avec la détermination habituelle. Une sorte de retrait passif, révélateur d'un malaise profond au sein de l'institution.

3. Un calcul politique aux conséquences potentiellement considérables. La proximité idéologique d'une partie du syndicalisme policier avec l'extrême droite est un sujet qui mérite d'être interrogé. Or, à six mois de l'élection, qui pourrait tirer le plus grand bénéfice politique d'un pays donnant le spectacle du désordre, de l'impuissance de l'État et de l'effondrement de l'autorité publique, sinon Marine Le Pen ?

Il ne s'agit évidemment pas d'affirmer, sans preuves, qu'une telle stratégie aurait été délibérément organisée. Mais l'ampleur des défaillances apparentes impose de poser des questions sur les décisions prises, les moyens réellement engagés et les consignes données.

Car au-delà de la condamnation indispensable des violences, une démocratie digne de ce nom devrait aussi chercher à comprendre pourquoi elles ont pu se développer avec une telle facilité.

Qui a décidé des dispositifs de sécurité ? Qui a donné les ordres ? Pourquoi certains lieux hautement symboliques ont-ils été si peu protégés ? Et surtout, qui sort politiquement renforcé de cette journée ?

Ces questions méritent autre chose que des indignations convenues et des appels rituels au retour à l'ordre.

Car le chaos n'est pas seulement un échec de l'État. Il peut aussi, pour certains, devenir une formidable opportunité politique.

Texte de Paolo BOLO

Rappelons une évidence que certains éditorialistes ont égarée entre deux plateaux : les casseurs ne sont ni les étudiants, ni les retraités. Ne l'oubliez pas, car on va s'employer à vous le faire oublier.

Le dangereux profil du retraité

Regardons les faits. D'un côté, des lycéens et des étudiants armés de pancartes, d'une enceinte Bluetooth et de la conviction que leur avenir mérite mieux qu'un CDD à perpétuité. De l'autre, des retraités équipés de gilets syndicaux, de thermos et de genoux fragiles, dont l'activité la plus violente consiste à entonner un refrain avec trois mesures de retard.

Pour briser une vitrine, il faut de l'élan, une cagoule et un certain sens de l'organisation. Pour une retraitée de 68 ans à la hanche en titane, il faut surtout un banc à proximité.

Pourtant, à entendre certains commentaires, on croirait que la place de la République est envahie par des hordes de licence de sociologie et de grands-pères en polaire, prêts à retourner une voiture entre deux pauses café. Le péril gris, voilà le nouvel ennemi intérieur. Qu'on se rassure : aucun retraité n'a jamais incendié une poubelle sans vérifier d'abord qu'elle était bien destinée au tri.

La grande théorie de l'amalgame

Le procédé est rodé, presque artisanal. On filme une vitrine brisée, on la passe en boucle, et on place à côté l'image d'un million de manifestants. Le téléspectateur, qui a l'esprit vif mais le temps court, fait lui-même le rapprochement. Le million, c'est la vitrine. La vitrine, c'est le million. Des gens qui ont défilé dans le calme deviennent ainsi, par la magie du montage, les complices de quelques cagoulés. C'est la division du travail à la française : les uns cassent, les autres en paient la réputation.

Et s'il reste un doute, il suffit de prononcer « ultra gauche », formule magique qui explique tout. Cette organisation tentaculaire serait donc capable de réunir étudiants, syndicats et retraités, de les faire marcher pacifiquement pendant des heures, puis de les transformer d'un coup de baguette en pilleurs d'enseignes. Quel talent. On songe à lui confier l'organisation des prochains Jeux olympiques.

Qui casse, alors ?

La question mérite d'être posée sans naïveté. Les casseurs, par définition, ne manifestent pas pour les retraites : ils ne connaissent pas le nombre de trimestres, se moquent de l'âge légal et n'ont aucune opinion sur la surcôte. Ils viennent pour autre chose, casser, parfois piller, rarement défendre quoi que ce soit. Cagoulés, mobiles, organisés en petits groupes, ils s'évaporent avant la fin du cortège, qualité remarquable pour des gens qu'on dit pourtant très repérables.

Et c'est là que le mystère s'épaissit. Pourquoi, dans plusieurs villes, ces groupes si identifiables ont-ils pu opérer longtemps, tandis que les cortèges étaient nassés et gazés en un temps record ? Manque de moyens, nous dit-on. Soit. Un manque de moyens très sélectif, qui s'évanouit comme par enchantement dès qu'il s'agit de lancer une grenade sur des gens qui chantent.

Y a-t-il un calcul derrière tout cela ? Nous n'en avons aucune preuve, et ce texte est une satire, pas une enquête. Mais quand le même scénario se reproduit à l'identique, on a le droit de poser la question, y compris à voix haute.

Le casseur, cet auxiliaire précieux

Car il faut le reconnaître, le casseur rend de grands services à la communication gouvernementale. Il permet de ne plus parler du fond (retraites, salaires, avenir) pour parler de la forme (vitrines, abribus, poubelles). Il transforme le débat public en bulletin météo : « des incidents sont à déplorer ». Il offre au ministre de l'Intérieur l'occasion de s'exprimer à la télévision, l'air grave, devant des images spectaculaires, plutôt que de répondre à la question qui fâche.

Imaginez la catastrophe pour l'exécutif : un million de personnes qui défilent sans un seul incident. Il faudrait alors discuter de ce qu'elles disent. Un cauchemar. Heureusement, le casseur est là, ponctuel, dévoué, d'une loyauté tout à fait involontaire. Personne ne l'a invité, mais il arrive toujours miraculeusement à l'heure, étonnant, non ?

Qui paie la note ?

La facture, elle, se partage équitablement. Le commerçant paie la vitrine. L'étudiant paie sa réputation. Le retraité paie en gaz dans les poumons. Et ceux qui souhaitaient que l'on ne parle surtout pas du fond du sujet ? Rien du tout. C'est l'avantage de la mutualisation : la dépense est collective, le bénéfice reste privé.

Conclusion

Alors souvenons-nous, et répétons-le à chaque plateau télé, à chaque dîner de famille, à chaque oncle qui commence sa phrase par « mais quand même » : les casseurs ne sont pas les étudiants, ils ne sont pas les retraités. Ils sont ceux dont la présence arrange tout le monde, sauf ceux qui défilent.

Qui casse ? Quelques-uns. Pour qui ? À chacun d'y réfléchir, en se rappelant simplement à qui profite le chaos, qui passe en boucle sur les chaînes d’info pour accuser les étudiants, LFI et une ultra-gauche qui n’a jamais existé en France? Qui veux que vous ayez peur ?

Texte satirique : l'hypothèse d'un chaos toléré ou voulu relève de l'ironie et n'est pas établie à ce jour.

Un nouveau tour de manège

Le 17/10/2026

 

Je vais passer pour le vieux de service qui vient nous raconter ses manifs quand il était jeune mais même pas, juste pour dire que le procédé est toujours le même et qu'il n'y a rien de nouveau à l'ouest : les GVT successifs saccagent la nation dans ce qu'elle a de plus essentiel (quand la qualité de l'instruction n'entre plus dans les exigences de l'état, c'est que la situation est plus que grave), on laisse monter un climat de contestation, contestation légitime mais qui ne sera pas entendue, par conséquent la contestation devient révolte, manifestation, grève, le GVT en place laisse s'installer un climat insurrectionnel, jette de l'huile sur le feu par des commentaires arrogants ou des décisions pitoyables au regard de la gravité des situations dénoncées et enfin, quand les manifestations s'organisent, qu'elles prennent une ampleur nationale, les forces de l'ordre entrent en action, les médias tournent en boucle les agissements des casseurs qui n'ont rien à faire des revendications et qui ne sont là que pour semer le chaos.

Puis alors s'enclenche la machine de propagande gouvernementale : justification de la répression, les ministres saluent le courage des forces de l'ordre, condamnent les violences des manifestants, les télés tournent ça en boucle, les radios tout autant, le calme revient peu à peu, les gens qui crachaient sur les manifestants sont contents que le gouvernement ait ramené l'ordre et pour finir, on enterre les revendications. Fin du tour de manège. Et j'en ai vu passer des tours...

J'ai toujours dit, écrit et pensé que les manifestations et encore plus les grèves n'avaient que peu d'utilité. Sinon celle de relier, parfois, les générations et les différents milieux sociaux.

Ce qui fonctionnerait mille fois mieux, c'est la désobéissance. Mais elle est beaucoup plus complexe à organiser et à installer.

Juste un exemple, celui que je connais : les enseignants refusent les inspections, font passer les évaluations nationales mais les résultats restent au niveau des écoles, aucun document ne remonte au ministère, refus de présence dans les formations obligatoires, aucun retour d'informations demandées par les inspections de circonscription ou par le rectorat, blocus complet de l'administratif. Les enfants vont à l'école, les enseignants font leur travail, les parents ne sont pas pénalisés. Même chose au ministère des impôts. Et dans tous les secteurs de la fonction publique. Les gens travaillent mais rien ne remonte vers le haut de la pyramide, toutes les demandes sont rejetées. Deuxièmement : grève du commerce, c'est à dire que tout ce qui n'est pas vital est stoppé; c'est un refus de consommer. Il suffirait de s'organiser pendant quelques mois, de faire des réserves alimentaires et ensuite de ne plus rentrer dans une grande surface. Achat local des produits de nécessité. Pour le carburant, organisation systématique de toute la population sur le covoiturage afin de faire tomber drastiquement les ventes de carburant. Un plein au lieu de quatre. Une désobéissance qui tape sur les portefeuilles des grosses industries ou sur le fonctionnement administratif de l'état. Je pourrais développer encore mais ça ne sert à rien : ça n'aura jamais lieu.

Bernard Werber : "Troisième humanité"

Le 16/10/2026

On lit beaucoup, tous les soirs, (après avoir écrit pour ma part) et après un an et demi ici, la petite bibliothèque du village ne répondait plus à nos attentes et donc on a pris un abonnement dans un autre village il y a quelques mois et on s'est rendu compte que là aussi, le choix ne suffisait plus et par dépit, la semaine dernière, j'ai pris ce roman de Bernard Werber...Avec quelques doutes au regard de ma lecture précédente, au point que j'en ai oublié le titre. J'avais trouvé ça d'une platitude absolue.

Rebelotte.
Je suis allé jusqu'au chapitre 5, péniblement. Un livre publié chez Albin Michel...J'ai lu des romans publiés à compte d'auteur qui valait mille fois ce pavé indigeste, voire ridicule. Tout est construit sur des faits pseudo scientifiques mêlés de spritualité sauce Mc Do, avec des analyses des personnages similaires aux épisodes des pires séries télé de TF1.

Je ne comprends pas.

On me dirait que c'est écrit par une IA débutante que ça ne me surprendrait pas. L'impression d'assister à un brain storming d'une équipe chargée de pondre un oeuf.

"J'ai une idée -ah, oui, c'est bien et puis ça pourrait coller avec celle d'hier- oui, ça permettrait de lier les deux situations- mais ça ne serait pas un peu tiré par les cheveux ? -mais, non, c'est dans le style, ça plaît bien- il ne faut pas déstabiliser notre lectorat, restons simple".

Oui, c'est ça , restons simple...

La psychologie des personnages...La quoi ? L'introspection...De quoi ?

On a quand même la planète Terre qui se plaint que les hommes sont vilains...Non, mais allo quoi ?

Un commentaire sur Babelio :

"Quelle déception !
Depuis "
les Fourmis" et en passant par "L'ultime secret" et autres joyeusetés, j'ai toujours beaucoup apprécié les ouvrages de Bernard Weber. Une prose simple, des intrigues originales et ces braconnages réguliers sur le terrain scientifique m'ont toujours semblé de bon ton. Sauf cette fois-ci.
Cela ne fonctionne pas. Les personnages ne paraissent guère crédibles, l'intrigue plutôt absurde... Pour tout dire, on n'y croit pas un instant.
Cette histoire d'humanité géante en marche vers la miniaturisation ne me semble guère palpitante, cette invention d'un micro-peuple espion féminin censé représenter l'avenir de l'espèce n'est pas plus convaincante. Et tout cela est enrobé par tout un bric-à-brac scientifique tournant autour de la notion de l'évolution qui s'avère au final plutôt indigeste (et je passerais sur la personnification de la Terre qui m'a semblé plutôt risible).
Mis à part quelques épisodes sympathiques, dont celui de la grande grippe mondiale, on n'est guère tenu en haleine par le rythme de l'intrigue. Ouvrir le roman ou le laisser fermé, au final peu importe. Un livre d'une effrayante simplicité. Une écriture des plus plates, un scénario à moitié pompé sur La Nuit des temps de Barjavel, le degré zéro de la réflexion, bref, à éviter lorsqu'on a un niveau d'exigence minimum.
En effet, l'on peut être séduit par les scénarii de Werber, mais dans ce livre, la mise en scène de l'histoire vient tout briser. Que de clichés ! Que d'autoréférences satisfaites ! Un livre simpliste qui tourne sur lui-même et ne fait que se répéter : cf. la scène dans le bureau du Président de la République. 

Bref, je ne comprends pas. Des écrivains, hommes et femmes de talent, il y en a beaucoup et ils ne vendent pas le dixième des ventes de Werber. Est-ce donc que les lecteurs et lectrices ont acepté d'être tirés par le bas, le très bas, les abysses ? Et que vont donc faire des éditeurs de renom à cautionner des bouses pareilles ? Faut-il donc admettre que la peapolisation de la littérature suffit à créer des best-sellers ? Il faut donc admettre dans ce cas que la qualité du livre n'y est pour rien mais que les méthodes de promotion sont fabuleusement performantes.

C'est triste à pleurer. Sur ce, je retourne écrire des romans qui ne seront pas lus mais dans lesquels, jamais, jamais, jamais, je ne me serais avisé de considérer les lecteurs et lectrices comme de gentils abrutis. 

Une baissière

Le 14/10/2026

C'est quoi t'est-ce ? ^^

Bon, tous les gens qui ont un jardin et bien plus encore ceux qui ont un potager-verger ont vu leur terrain souffrir considérablement de la sécheresse et des canicules.

Avoir une source ou un puits, c'est comme le saint Graal. Sauf que son approvisionnement peut finir par s'affaiblir et qu'il convient de laisser passer quelques jours pour que ça se recharge en eau.

Par conséquent, il est indispensable de préparer le terrain à subir des périodes de sécheresse et pour ça, il faut capter l'eau et la garder donc avoir des citernes (c'est fait) mais aussi favoriser l'hydratation du sol pendant les périodes de pluie, une hydratation non pas juste en surface mais en profondeur et pour que l'eau aille directement en profondeur, rien de mieux que de creuser un fossé, donc de dégager toutes les herbes et les pierres. C'est le principe de la baissière.

Il ne s'agit pas d'un fossé avec une pente régulière destiné à évacuer l'eau du terrain et à l'envoyer dans des collecteurs gérés par la DDE mais bien de la garder sur le terrain. Donc, de creuser en laissant des "reliefs", des creux et des bosses à des endroits stratégiques. Pour ma part, les creux sont perpendiculaires à l'emplacement des jeunes arbres.

Une baissière se creuse donc en suivant une courbe de niveau, en amont du terrain. L'infiltration se fait naturellement. Je mets en place quelques "barrages" de pierres pour contenir l'eau à des endroits précis.Il y a deux évacuations par des drains à chaque extrémité. Comme le terrain est très drainant, je ne pense pas avoir à gérer des débordements, même en cas de déluge et si même ça arrivait, vu le nombre d'arbres qu'on a plantés, il n'y a pas de risques que la couche superficielle de terre soit entrainée.

J'ai commencé il y a une semaine, sur cent cinquante mètres de long, entre vingt et trente centimètres de profondeur et cinquante centimètres de large et comme je tamise la terre avec un tamis très fin pour la garder pour des boutures et que j'utilise les gravats pour tracer des chemins dans une autre prairie en vue de gros travaux de plantations à venir, c'est long et bien "cassant". la pioche, la pelle, le tamisage, les brouettes, les roches, cailloux et gravats, de 9 h le matin à 17 h le soir, disons que ma séance de musculation est faite. ^^

La vidéo parle des arbres fixateurs d'azote et ils sont déjà en place pour certains. D'autres à venir pendant l'autome (si jamais il finit par arriver...) Aujourd'hui, on travaillait en tee-shirt et on ruisselait...On continue à arroser les plantes...Une sécheresse sans fin.