Articles de la-haut

    • Thierry LEDRU
    • Presle
  • "Le capitalisme de la finitude"

    Ce livre est sorti en février 2025.

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    On peut dire qu'avec les évènements USA-Venezuela, on a un exemple clair.

    Le prétexte du narco-trafiquant est bien évidemment un paravent. Il faudrait déjà que Trump s'occupe de l'hécatombe liée aux opioïdes vendus par les laboratoires américains...Oui, mais non, parce que ça rapporte aux labos.

    On peut aussi rappeler ceci : "La Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou le 21 novembre 2025. Ce mandat vise des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis dans la bande de Gaza occupée. Les accusations incluent notamment le crime de guerre de famine comme méthode de guerre, ainsi que des crimes contre l'humanité tels que meurtre, persécution et autres actes inhumains."

    Maduro n'a jamais été visé par la CPI. Je ne dis pas qu'il est blanc comme neige, on sait qu'il est surtout blanc comme la coke. Mais bon, deux poids, deux mesures, une fois de plus. 

    Bref, personne n'est dupe. On sait très bien que les interventions de ce type ont inévitablement des conséquences pires que le mal qu'elles sont suposées combattre (Chili, Panama, Syrie, Liban etc...)

    Le fait que la Chine achète le pétrole venezuelien laisse à penser qu'on assiste également à une "guerre froide énergétique" qui se renforce au fil de l'affaiblissement des ressources. 

    Le Venezuela possède officiellement les plus grandes réserves pétrolières mondiales, même si sa production est limitée par des sanctions et des problèmes d’infrastructure. Les exportations venezueliennes vers la Chine représentent une part significative de ses ventes — autour de 4 à 5 % des importations pétrolières chinoises, souvent via des circuits alternatifs.

    Cela reste modeste pour Pékin dans l’absolu, car la Chine importe surtout du Moyen-Orient, de l’Iran ou de la Russie. Mais ces approvisionnements ont une valeur stratégique :

    ils permettent à la Chine d’obtenir du brut à bon prix et ils donnent à Caracas une source d’exportation malgré les sanctions occidentales. L’intervention américaine risque donc d’affecter les exportations vers la Chine, en particulier si le blocus ou le contrôle des routes maritimes persiste.

    Ce qui est clair en tout cas, c'est que le capitalisme, état par état, va devenir inévitablement de plus en plus guerrier pour préserver sa croissance. Et les pays les plus puissants seront de plus en plus prédateurs. 

     

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    Grand entretien

    Arnaud Orain : “Nous entrons dans le capitalisme de la finitude”

     

    https://www.philomag.com/articles/arnaud-orain-nous-entrons-dans-le-capitalisme-de-la-finitude

    Arnaud Orain, propos recueillis par Frédéric Manzini publié le 04 février 2025 9 min

    Et si la politique prédatrice de Donald Trump, de la Chine de Xi Jinping, mais aussi la prise de conscience écologique actuelle, obéissaient à la même logique, celle d’un monde fini, qu’on ne peut pas exploiter à l’infini ?

    C’est la thèse de l’économiste Arnaud Orain, qui publie Le Monde confisqué. Essai sur le capitalisme de la finitude (XVIe-XXIe siècle) (Flammarion, 2025). Entretien. 

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    Qu’est-ce qui vous permet d’avancer l’idée que le monde serait confisqué ? Ne sommes-nous pas dans un monde où le libéralisme triomphe ? 

    Arnaud Orain : Pour écrire ce livre, je voulais sortir d’une dichotomie qui circule un peu partout, aussi bien au sein du grand public que dans la littérature savante, à savoir : celle qui oppose d’une part le libéralisme économique et de l’autre l’intervention de l’État. Je pense que cette dichotomie a fait long feu, autrement dit que son pouvoir heuristique est arrivé à son terme. Je lui oppose une autre dichotomie, avec d’un côté un monde ouvert et porteur d’une promesse – « libérale » en un sens – d’enrichissement généralisé (que ce soit pour les États, pour les entreprises privées ou pour les individus) et illimité, et de l’autre, une idéologie qui nous explique le contraire : que le monde est fini, que les ressources naturelles sont en quantité limitée et les exportations mondiales également, de sorte que l’enrichissement de toutes et tous apparaît lui-même borné, et même impossible. Le monde est ainsi pensé comme un gâteau dont la taille ne saurait grossir, de sorte que tout ce qu’on peut désormais gagner sera pris à quelqu’un d’autre, c’est-à-dire confisqué par des acteurs qui vont s’arroger la possibilité de monopoliser des ressources, des routes maritimes, des portions d’océan, l’espace, le cyberespace, etc. Et tout cela au détriment d’un univers concurrentiel.

    “L’augmentation du niveau de vie pour tous n’apparaît plus sérieusement envisageable”

    Est-ce que ce que vous décrivez n’est pas la fin de l’idée de progrès ?

    Il y a des liens, mais ce n’est pas exactement la même idée. Car c’est en effet de manière cyclique que je conçois ce que j’appelle « le capitalisme de la finitude », et si je me réfère par exemple à l’une de ses périodes, qui s’étend de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe, on croit encore au progrès. Cela n’empêche pas déjà, à ce moment-là, un certain nombre d’élites économiques et militaires d’estimer qu’il est urgent de s’accaparer des territoires et des ressources : d’où la deuxième vague de colonisation, qu’on appelle pour la France le « second empire colonial ». Et de nos jours, les firmes de la tech croient possible de faire progresser sinon les sciences, du moins les techniques. Mais l’idée d’un progrès pour l’ensemble de la population, autrement dit l’idée d’une abondance généralisée, est complètement décorrélée du capitalisme de la finitude. L’augmentation du niveau de vie pour tous, qui a longtemps été défendue par les Nations unies ou l’Organisation mondiale du commerce, n’apparaît plus sérieusement envisageable.

    Mais en quoi est-ce cyclique ?

    Quand il a commencé, au XVIe-XVIIe siècle, le capitalisme était déjà animé par cette volonté de s’accaparer le monde dans la précipitation, parce qu’on pensait par exemple qu’il n’y avait pas de marché textile pour tout le monde (à savoir les Français, les Espagnols, les Néerlandais et les Anglais notamment), pas suffisamment de colonies, etc., donc il était nécessaire de contrer les autres pour s’en emparer. Mais cette phase s’est terminée, à la fois avec l’émergence de l’économie libérale d’un point de vue théorique (les physiocrates, Adam Smith, David Ricardo, Jean-Baptiste Say, etc.) et avec la fin des guerres de la Révolution et de l’Empire, qui vont mettre un terme à la grande rivalité franco-britannique et ouvrir sur la pax britannica : les colonies des pays européens ont pu commercer avec d’autres que leur puissance métropolitaine, elles se sont ouvertes au monde au cours du XIXe siècle, les droits de douane ont baissé, les échanges multilatéraux se sont accrus avec la « liberté des mers »…

    “La nouvelle dichotomie n’est plus ‘libéralisme vs. interventionnisme’, mais d’un côté la promesse d’un monde d’enrichissement illimité, et de l’autre l’idée que le monde est fini et ses ressources limitées”

    Au sens de Hugo Grotius ? 

    On fait souvent de lui le génial promoteur de ce concept sur le fondement d’un ouvrage intitulé Mare liberum (« La mer libre ») paru en 1609, mais qu’on interprète en fait assez mal. Non seulement cet opuscule n’est qu’un chapitre d’un ouvrage plus grand jamais publié du vivant de l’auteur – le De jure praedae, « Du droit des prises » – mais en outre, il n’y défend jamais l’idée d’un droit de circuler librement et pacifiquement sur la mer. En réalité, il explique qu’il revient à chaque puissance de se militariser pour pouvoir naviguer. Grotius se fait même l’ardent défenseur de la monopolisation – par la violence – de produits et de routes maritimes. Il récuse complètement l’idée d’une puissance hégémonique qui dirait le droit d’aller librement sur les mers.

    La rectification est faite ! Que s’est-il passé après cette période libérale ?

    Il y a eu ensuite une nouvelle phase de finitude et de course à la ressource et aux colonies à la fin du XIXe siècle, avec une montée en puissance des marines de guerre et des marines marchandes rivales de la flotte britannique, jusqu’à cette « apogée » dans les années 1930 avec une Allemagne nazie pressée de s’accaparer des terres à l’Est et de détruire des populations, mais aussi avec les replis des autres pays européens sur leurs silos impériaux… Après la Seconde Guerre mondiale s’est produit une nouvelle rupture, car la pax americana a permis de retrouver une liberté des mers partout sur le globe comme le faisait la marine britannique en son temps. Les échanges ont repris, le multilatéralisme s’est développé, la communauté européenne s’est construite et le processus de décolonisation a été amorcé. Tout ce vaste mouvement a trouvé son acmé dans le néolibéralisme des années 1990 : la liberté des mers était alors assurée par les États-Unis tandis que la Chine s’installait comme puissance manufacturière, et le monde trouvait une sorte de complémentarité harmonieuse dans l’idée que le niveau de vie des populations autrefois colonisées allait pouvoir augmenter. Et puis tout cela ne tarde pas à se fracasser sur la désindustrialisation occidentale, puis la prise de conscience des limites écologiques de la planète, au début du XXIe siècle : depuis ce moment, nous sommes entrés dans une nouvelle phase de finitude.

    “Si le monde est comme un gâteau dont la taille ne saurait grossir, alors tout ce qu’on peut désormais gagner sera pris à quelqu’un d’autre”

    L’écologie est ce “principe de réalité” qui ramène les fantasmes libéraux sur terre ?

    Oui – à chaque fois, on vient buter sur la question de la quantité de ressources disponibles et de « marchés » à conquérir. À la fin du XIXe siècle, déjà, naît la crainte qu’il n’y ait pas de quoi nourrir l’ensemble des populations en augmentation exponentielle. Un siècle plus tard, c’est le principe du maintien du niveau de vie occidental ou de son exportation (avec tout ce que cela implique de consommation de protéines animales, d’utilisation de ressources fossiles mais aussi de minerai et de métaux) qui apparaît compromis, du moins inaccessible à l’ensemble du monde. Les émeutes de la faim de 2008 et l’épisode du Covid ont rendu cette évolution plus visible. Prenons l’exemple des terres : dans un monde néolibéral, les produits de la terre sont cotés pour être vendus sur le grand marché planétaire mondial, sous l’œil de l’Organisation mondiale du commerce. Mais ce qui s’est produit ces dernières années, c’est un grand mouvement d’accaparement des terres, et pas seulement de la part des firmes chinoises ! Des entreprises émiraties ou américaines louent ou achètent des terres dans les pays du sud, apportent des semences et récupèrent des produits finis, sans passer par le marché. Il se produit la même chose pour les mers et les mines – et ce n’est pas sans lien avec ce qui se passe actuellement en République Démocratique du Congo.

    Et Trump qui veut s’emparer des terres du Groenland et récupérer le canal de Panama ?

    Oui, mais il n’est pas le seul. Regardez les visées qu’a la Russie sur le Spitzberg (actuellement administré par la Norvège) ou les nouvelles routes de la soie chinoises avec des infrastructures portuaires, par exemple au Pakistan, qui sont entièrement financées par des firmes publiques chinoises : on y voit des navires marchands chinois mais aussi, si l’on en croit les satellites américains, des navires militaires. Les rebelles baloutches ne s’y trompent pas, quand ils y voient le retour de la Compagnie des Indes. Sauf qu’aujourd’hui, ce n’est pas la Compagnie anglaise, mais une sorte de Compagnie des Indes chinoise. On a aussi des États ou des « compagnies-États » qui sont en train de mettre en place, par endroits, de nouveaux types de colonisation semi-formels.

    “Par endroits, des États ou des ‘compagnies-États’ sont aujourd’hui en train de mettre en place de nouveaux types de colonisation semi-formels”

    Qu’appelez-vous des “compagnies-États” ?

    J’entends par là un certain nombre d’entreprises qui rappellent furieusement les compagnies à monopole d’autrefois, c’est-à-dire des firmes qui sont à la fois marchandes et souveraines. Elles ont des attributs étatiques et même régaliens. Comme les Compagnies des Indes avaient leur propre droit, leurs propres juges et leurs propres armées, nous avons aujourd’hui des entreprises qui ont leurs propres satellites (susceptibles de servir ou non des objectifs militaires) et qui font leur propre propagande à l’intérieur de l’espace public. Mark Zuckerberg disait lui-même que Facebook (aujourd’hui Meta) ressemblait plus à une forme de gouvernement qu’à une entreprise au sens traditionnel. Et si ces « compagnies-États » sont souvent alignées avec leurs puissances respectives, ce n’est pas toujours le cas : Elon Musk, par exemple, est assez réticent à ce que les militaires américains utilisent ses satellites à Taïwan car il préférerait ne pas se fâcher avec la Chine.

    Donald Trump a-t-il tout compris à ces nouveaux enjeux et au monde qui vient ?

    Attention : je ne veux pas laisser penser que le monde aurait soudainement basculé avec l’élection de Donald Trump. Une administration démocrate n’aurait pas mené une politique diamétralement opposée. Katherine Tai, la représentante au commerce du gouvernement Biden, avouait avoir beaucoup de points d’accord avec Robert Lightizer, qui conseillait Trump sur le commerce international, les droits de douane et la nécessité de relocaliser la production industrielle aux États-Unis. Avec Kamala Harris, on aurait certes eu moins de coups de menton et cette nouvelle recolonisation serait moins voyante, mais c’est tout. Au moins, pour nous, les choses sont plus claires avec les déclarations de Trump !

    “L’UE est la dernière institution à défendre un cadre néolibéral, à vouloir faire respecter la concurrence et casser les monopoles. Va-t-elle changer de paradigme ?”

    Et l’Europe ? Idéologiquement, économiquement, n’est-elle pas à la traîne ?

    L’Union européenne est la dernière institution à défendre un cadre néolibéral, à vouloir faire respecter la concurrence et casser les monopoles. Va-t-elle changer de paradigme ? Le plan présenté ces derniers jours par Ursula von der Leyen pour prévenir le déclin de compétitivité change-t-il la donne ? C’est assez flou, mais j’en ai retenu notamment la volonté de mettre la politique de la concurrence en pause et de favoriser une déréglementation au niveau des normes environnementales de façon à encourager l’exploitation minière : et cela, c’est de la finitude au sens strict, pour s’accaparer les dernières ressources disponibles, et le plus vite possible.

    Les populations peuvent-elles l’accepter ?

    Ça paraît très compliqué. Si la politique de nos grands rivaux se poursuit – et il n’y a aucune raison que ce ne soit pas le cas –, nous allons nous retrouver au-devant d’une perte de souveraineté industrielle majeure. L’industrie allemande est en train de souffrir économiquement. Les populations vont devoir se rendre compte que fonctionner dans un cadre néolibéral concurrentiel comme elles l’ont connu, protégées par un État-providence relativement fort et rassurant, est peut-être intenable. Avec ces compagnies-États dans un monde multipolaire, les souverainetés se fragmentent et les enjeux en viennent à dépasser le monopole de la violence étatique. Et si cela n’est pas nouveau à l’échelle de l’histoire, cela l’est pour nos générations, car c’est une sorte de retour dans le monde d’avant la construction des grandes monarchies nationales… Autrement dit, pour nous, un monde dystopique et cyberpunk.

    Le Monde confisqué. Essai sur le capitalisme de la finitude (XVIe-XXIe siècle), d’Arnaud Orain, vient de paraître aux Éditions Flammarion. 368 p., 23,90€ en édition physique, 15,99€ en format numérique, disponible ici.

  • Voeux solaires

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    Le dernier coucher de soleil de l'année 2025 ce qui pour la Terre ne veut rien dire.


    Je voudrais juste lui souhaiter une année de respect.

    Pour ses couchers de soleil tout autant que ses aurores, pour la paix de ses forêts et les lumières d'altitude, le murmure des ruisseaux et le silence des lacs, les blancheurs de la neige et les teintes des roches, les nuages en partance et ceux qui arrivent, pour les pluies salvatrices et les chaleurs qui réjouissent, pour ces milliards d'animaux qui ne demandent qu'à vivre.


    Je voudrais qu'elle soit aimée, inconditionnellement, de tous.

    Je sais que ce soir les vœux s'adressent aux humains.

    Et elle ? Peut-on lui accorder un instant ?
    Qu'à minuit, l'humanité entière se joigne pour l'enlacer, la consoler, s'excuser. Et s'engage à l'aimer.

  • Pour un petit potager

    Bien sûr que tout le monde n'arrive pas à acheter 1 hectare. On connaît le prix de l'immobilier. On a construit notre première maison en Savoie avec un prêt sur 25 ans. Puis on l'a vendue et on est parti dans la Creuse et maintenant en Ardèche.

    On a 63 ans. On sait bien que c'est compliqué pour beaucoup, financièrement, et que l'achat d'un grand terrain est impensable.

    Maintenant, il faut voir aussi notre mode de vie. Nos dépenses sont très mesurées. On a les mêmes vêtements depuis bien longtemps. Il n'y a que les chaussures de montagne qu'on est obligé de changer régulièrement ^^ Et on ne les achète jamais en neuf, uniquement sur des sites de seconde main. La pension de retraite de Nathalie la place sous "le seuil de pauvreté". 

    Restaurant, cinéma, haute technologie, voiture, vêtement, alimentation, tout ce qu'on a pu supprimer ou réduire au strict minimum, on l'a fait. Et la différence se fait vite sentir. 

    Bref... A chacun, chacune d'identifier ses priorités.

    Ici, Damien Dekarz montre une façon d'avoir un potager nourricier sur une petite surface. Et il suffit de bien connaître son budget alimentaire pour réaliser combien c'est très bénéfique. 

    Et je ne parle pas bien entendu du bonheur de se nourrir de son travail avec des aliments de qualité.

  • Forêt comestible chez Damien Dekarz

    Pour Nathalie et moi, Damien est un exemple. Ses vidéos et ses livres sont une ressource. 

    En mars de cette année, on s'est installé sur 1 hectare (Nord Ardèche, 500 m d'altitude).

    Il n'y avait rien, quasiment pas de potager et surtout un sol qui était retourné tous les ans, donc pas vivant, pas d'arbres fruitiers, pas de grands arbres, de la pelouse et une immense prairie réservée à des chevaux, donc un sol piétiné avec juste de l'herbe et des bosquets de pruneliers et de ronces là où les chevaux n'allaient pas.

    Dès qu'on est arrivé, on a planté, planté, planté. Comme on a une source, on a arrosé ces plantations pour qu'elles tiennent pendant l'été. Le potager nous nourrit déjà.

    Là, maintenant, on plante des arbres fruitiers et des grands arbres (chênes, érables, frênes, hêtres, bouleaux, robiniers, châtaigners et quelques résineux dans les coins à l'ombre). On les prend en forêt, sur les bords de pistes forestières, dans des talus, là où ils n'ont aucune chance de pouvoir grandir.

    On a évidemment planté également des haies fruitières.

    Il n'est plus possible de dénombrer tout ce qu'on a mis en terre.

    On fera le bilan dans sept ans. 

     

    131 456 vues Sortie le 7 sept. 2025

    Il y a 7 ans, Damien Dekarz plantait 1000 arbres en Corrèze… Aujourd’hui, sa forêt comestible est devenue un véritable écosystème nourricier, foisonnant de vie et d’abondance. Dans ce reportage exceptionnel, Damien nous ouvre les portes de son jardin-forêt et partage son expérience autour de deux grands objectifs : l’autonomie et la préservation de la biodiversité.

  • "Antarctica, sur les traces de l'empereur "

    C'est fascinant, passionnant, merveilleux. 

     

    Mêlant les points de vue sous-marins et terrestres des photographes Vincent Munier et Laurent Ballesta, ce documentaire fascinant saisit la beauté de l'Antarctique. Une ode à la biodiversité du continent blanc, et à sa protection. Protégé en apparence des aléas du dérèglement climatique, l'Antarctique subit à distance les conséquences néfastes des activités humaines. Ce continent gelé d'environ 13 millions de kilomètres carrés a longtemps été préservé, notamment grâce à un traité international qui interdit l'exploitation de son territoire à des fins non pacifiques, et proscrit également les essais nucléaires. Mais aujourd'hui, des signaux inquiétants sur la biodiversité et le cycle de la glace apparaissent. Basée dans la station Dumont-d'Urville, une équipe scientifique observe ces phénomènes, dans le cadre de l'expédition Wild-Touch Antarctica. En 2015, elle a accueilli pour la première fois pendant trois mois deux photographes, les invitant à saisir les splendeurs de ce monde polaire. Sur la glace, Vincent Munier, spécialiste des milieux extrêmes, a pu capturer des instantanés de vie d'une colonie de manchots empereurs. De son côté, sous la banquise, le photographe des profondeurs et biologiste marin Laurent Ballesta (Planète Méditerranée, Cap Corse – Le mystère des anneaux) a relevé un défi humain et technique. Grâce à des autorisations inédites, il a pu prendre des images époustouflantes, jusqu'à 70 mètres de profondeur, dans les eaux de l'océan Antarctique. Expérience sensorielle Des animaux des glaces magnifiés par l'objectif de Vincent Munier aux paysages aquatiques découverts par Laurent Ballesta, le réalisateur Jérôme Bouvier parvient à révéler toutes les nuances de l'Antarctique et à interpeller sur la fragilité d'un univers polaire en pleine mutation. Ce documentaire invite aussi à partager les émotions des deux photographes. Bien plus qu'un portrait du continent, Antarctica, sur les traces de l'empereur est une remarquable expérience sensorielle. Documentaire de Jérôme Bouvier (France, 2016, 1h31mn)

  • Désindustrialisation (2)

    Un site vraiment très intéressant.

    https://www.arteacom.fr/la-desindustrialisation-de-la-france-petite-synthese-sourcee/

    Arteacom

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    NOTES DE SYNTHESE

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    Ouvriers dans une usine devant une console informatique Crédit photo : Sergey2025 Pixabay

    28 Juil 2025

    La désindustrialisation de la France : petite synthèse sourcée

    par | Classé dans : Economie, Notes de synthèse | 0

    A la suite du visionnage de la vidéo de la chaîne MoneyRadar – Mais que s’est-il passé avec l’industrie française ?! – que j’ai trouvée intéressante et de la lecture de certains commentaires qui m’ont semblé erronés ou à vérifier, j’ai fait quelques recherches en puisant parmi les sources académiques. Mon but était de clarifier certains points de la vidéo et rajouter quelques notions supplémentaires non évoquées ou peu développées. Voici cette note de synthèse.

    Le constat de la vidéo

    Selon la vidéo, la France aurait perdu environ deux millions d’emplois industriels en quarante ans. Cette baisse s’accompagne d’une chute de la part de l’industrie dans le PIB : on passe de 25 % dans les années 1970 à environ 11–13 % aujourd’hui. L’auteur affirme que la France est aujourd’hui l’un des pays les plus désindustrialisés du G7, avec un déficit commercial chronique et une forte dépendance aux importations.

    Ce constat est confirmé par les données de l’INSEE et de la Direction générale du Trésor. Selon une note de 2021 (La désindustrialisation en France), l’industrie représentait 24 % de la valeur ajoutée en 1974, contre 13,4 % en 2019. L’économiste Nicolas Dufourcq, dans La désindustrialisation de la France (2023), rappelle que la France est passée de 5,1 à 2,7 millions d’emplois industriels entre 1980 et 2020.

    Les causes évoquées

    La vidéo met en avant les délocalisations vers les pays à bas coûts, la faiblesse du soutien aux PME, le coût du travail et la perte de filières stratégiques (vente d’Alstom, Pechiney, Technip, etc.). L’Allemagne est montrée en contre-exemple, ayant conservé une base industrielle solide grâce à une politique cohérente.

    Cette analyse rejoint celle de Patrick Artus, qui dans La France sans ses usines (2011), explique que la désindustrialisation française tient à un désintérêt structurel pour l’outil productif, contrairement à l’Allemagne où les PME industrielles sont soutenues par des banques régionales, des instituts de formation et une politique publique cohérente.

    D’autres causes structurelles souvent oubliées

    Beaucoup de fonctions autrefois internes aux entreprises industrielles (maintenance, comptabilité, nettoyage, restauration, sécurité) ont été externalisées. Ces emplois sont désormais classés dans les statistiques comme emplois tertiaires alors qu’ils participent encore au fonctionnement de l’industrie. Cette transformation dans l’organisation explique une part de la baisse apparente des effectifs industriels.

    Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de désintégration verticale des entreprises : au lieu de produire en interne, les firmes se recentrent sur un cœur de métier et s’appuient sur des réseaux de sous-traitants. Ce phénomène a été largement analysé par Luc Boltanski et Ève Chiapello dans Le nouvel esprit du capitalisme (1999), expliquent comment les grandes organisations utilisent désormais des réseaux de relations entre les personnes plutôt que des structures hiérarchiques rigides.

    Autre facteur : les gains de productivité. Grâce à l’automatisation, à l’informatisation et à la modernisation des procédés une entreprise peut produire autant — ou plus — avec beaucoup moins de main-d’œuvre qu’il y a 40 ans. L’OCDE1 note dans un rapport de 2020 que la productivité du travail dans l’industrie a augmenté de 160 % en France entre 1980 et 2018.

    Le rôle central de la financiarisation de l’économie

    Ce que la vidéo aborde brièvement, mais qu’il faut expliciter davantage, c’est le basculement progressif du capital vers des activités non productives mais fortement rentables comme la finance, la spéculation ou l’immobilier.

    À partir des années 1980, les grands groupes industriels ne sont plus uniquement gérés par des ingénieurs ou des industriels, mais de plus en plus par des profils financiers, issus des banques d’affaires ou des cabinets de conseil. Leur objectif est souvent de maximiser la valeur pour l’actionnaire à court terme plutôt que de maintenir une activité productive à long terme.

    L’analyse est solidement développée par Frédéric Lordon, notamment dans La crise de trop (2009) et Capitalisme, désir et servitude (2010). Il y montre comment la priorité donnée aux profits rapides pour les actionnaires a profondément modifié les décisions d’investissement en détournant les entrepreneurs des activités industrielles jugées trop lentes ou trop coûteuses.

    L’industrie — avec ses coûts fixes élevés, ses délais de retour sur investissement, ses risques sociaux (grèves, coûts de licenciement…) et réglementaires (normes environnementales, règles de sécurité…) — devient alors moins attractive que la finance où les rendements sont plus rapides et plus élevés. Les groupes industriels se recentrent sur leur cœur de métier, vendent des filiales, arrêtent la production pour la sous-traiter ailleurs ou sont eux-mêmes démantelés.

    C’est par exemple le cas d’Alcatel, fleuron des télécommunications, dont les choix stratégiques — cessions d’activités, fusions mal maîtrisées (notamment avec Lucent en 2006) et logique de rentabilité immédiate — ont conduit à sa disparition effective en quelques années. L’entreprise a fini absorbée par Nokia en 2016, après avoir vendu la plupart de ses brevets.

    Ce mécanisme est aussi décrit dans les travaux de Michel Husson, économiste du collectif Économistes Atterrés, qui analysait la montée des logiques de rentabilité à court terme pour les actionnaires comme principale force de désintégration de l’industrie.

    Dans ce contexte, certaines corporations financières ont joué un rôle actif dans les ventes d’actifs industriels français, souvent avec l’assentiment de l’État. C’est le cas par exemple dans l’affaire Alstom où des banques d’affaires françaises ont accompagné la vente de la branche énergie au groupe américain General Electric. Emmanuel Macron, alors banquier d’affaires chez Rothschild, a participé à une opération emblématique de ce type : la vente de la branche lait infantile de Pfizer à Nestlé en 2012.

    L’économiste Pierre Cahuc souligne dans ses travaux sur l’État actionnaire que les élites françaises sont passées d’une logique de stratégie industrielle à une logique de « gestion de portefeuille », alignée sur les intérêts des marchés. Cahuc critique la confusion des objectifs de l’État actionnaire et recommande généralement de recentrer son action sur des missions d’intérêt général plutôt que de chercher à agir comme un investisseur privé.

    Une stratégie économique abandonnée

    À mesure que la finance prenait le pas sur l’industrie, les élites politiques françaises ont progressivement renoncé à porter une stratégie industrielle cohérente. L’idéologie dominante, dans les années 1980, 1990 et 2000, était que le pays devait devenir une “économie de services” ou de « commerçants » (dixit ma prof d’économie dans les années 80) et que la production industrielle pouvait être confiée à d’autres.

    En parallèle, à partir des années 1990, les règles européennes de la concurrence ont limité les possibilités de soutien direct aux entreprises françaises (aides d’État, subventions ciblées) au nom du libre marché et de la lutte contre les “distorsions de concurrence”

    Ces tendances sont décrites par Robert Boyer, économiste, dans Les capitalismes à l’épreuve de la pandémie (2020) où il montre comment les politiques industrielles ont été abandonnées sous l’influence de l’idéologie de marché, au profit d’un capitalisme financiarisé.

    En résumé

    La désindustrialisation de la France est bien réelle mais ne s’explique pas uniquement par la mondialisation ou des coûts salariaux élevés.

    Elle résulte aussi :

    – de l’externalisation (sous-traitance) de nombreuses fonctions,
    – de gains de productivité (on produit plus avec moins de salariés),
    – d’un basculement stratégique de l’investissement vers la finance,
    – et de décisions politiques orientées vers la rentabilité financière de court terme plutôt que vers le maintien d’un tissu productif solide.

    La vidéo de MoneyRadar pose de bonnes questions et propose une lecture accessible du problème. Mais pour en comprendre toutes les dimensions, il faut y ajouter la réflexion sur le rôle des logiques financières, des élites économiques et de l’abandon progressif d’une stratégie industrielle nationale.

    Pour information, la chaîne YouTube MoneyRadar – dont on ne connait pas les propriétaires, ce qui pose un problème déontologique selon moi – propose depuis 2020 des contenus vulgarisés sur l’économie, la finance et les enjeux géopolitiques contemporains. Elle s’adresse à un large public avec un ton accessible et un certain effort pédagogique. Si certains développements peuvent parfois manquer de nuances ou de sources explicites, cette approche a le mérite de susciter l’intérêt pour des sujets complexes.

    La vidéo de MoneyRadar : MAIS QUE S’EST-IL PASSÉ AVEC L’INDUSTRIE FRANÇAISE ?!

    Crédit photo : Sergey2025 Pixabay

    L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) est un forum stratégique et un centre d’expertise unique en matière de données, analyses et bonnes pratiques dans le domaine des politiques publiques. Nous travaillons à l’élaboration de politiques meilleures pour des vies meilleures en étroite collaboration avec les pouvoirs publics, les responsables politiques et les citoyens. ↩︎

  • Désindustrialisation

     

    L'économie m'intéresse parce qu'elle concerne les hommes et la planète. Donc, je lis aussi beaucoup de documents, j'écoute beaucoup de podcasts, je regarde des vidéos. Mais si je décidais de publier tout ce que je vois, ça ferait vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup...Là, ce qui m'interpelle avec les agriculteurs, c'est que j'ai l'impression que le parallèle avec le maillage industriel est de plus en plus évident. Et ça n'est évidemment pas réjouissant. 

     

    "La liquidation de Brandt, décidée jeudi 11 décembre par le tribunal des activités économiques de Nanterre, avec la suppression de 750 emplois, est un nouvel exemple de la crise économique et sociale qui frappe l’industrie tricolore. Ces derniers mois, les plans sociaux et les fermetures se multiplient, tous secteurs confondus : métallurgie (ArcelorMittal, NovAsco, Erasteel), automobile (Valeo, Forvia, Michelin, Stellantis), verrerie (O-I Glass), pharmaceutique (Sanofi), agroalimentaire (Teisseire, Ynsect, Blédina)…"

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/12/11/la-liquidation-de-brandt-nouvel-episode-de-la-desindustrialisation-en-france_6656932_3234.html

     

    Entre défaillances et crises, «la France est à l'aube d'une nouvelle vague de désindustrialisation»

     

    L'industrie française traverse une crise majeure : les spécialistes s'attendent à ce que les fermetures d'usines soient plus nombreuses que les ouvertures en 2025. La chercheuse Anaïs Voy-Gillis, géographe et chercheuse associée à l'université de Poitiers, auteure de Pour une révolution industrielle, pointe la nécessité d'un sursaut européen dans un contexte rendu encore plus difficile par le retour de Donald Trump au pouvoir. 

    Publié le : 10/02/2025 - 17:16Modifié le : 11/02/2025 - 16:43

    9 min Temps de lecture

    Un ouvrier inspecte un bol dans l'usine du verrier français Duralex, à La Chapelle Saint-Mesmin, dans le centre de la France, mercredi 7 septembre 2022. (Image d'illustration)

    Un ouvrier inspecte un bol dans l'usine du verrier français Duralex, à La Chapelle Saint-Mesmin, dans le centre de la France, mercredi 7 septembre 2022. (Image d'illustration) © Thibault Camus / AP

    Par : Nathanaël Vittrant Suivre

    RFI : Quelle place occupe l'industrie aujourd'hui en France ?

    Anaïs Voy-Gillis : Le poids de l'industrie représente environ dix points de PIB, contre une vingtaine en Allemagne et une quinzaine en Italie, ce qui est à peu près la moyenne de la zone euro. La France s'est désindustrialisée plus fortement que les autres pays européens. Aujourd'hui, le poids de l'industrie dans le PIB est proche de celui de la Grèce, alors que la Grèce n'a jamais été une grande nation industrielle.

    Comment expliquez-vous la vague de défaillances d'entreprises et de fermetures d'usines à laquelle on assiste depuis fin 2023 ?

    D'abord, je suis convaincue qu'il y a un phénomène de rattrapage post-Covid, puisque dans les années 2021-2022, on avait moins de défaillances que dans la période qui a précédé la pandémie. Les prêts garantis par l'État, qui ont été massivement accordés en 2020, ont commencé à être exigibles, et certaines entreprises se sont retrouvées en difficulté pour les rembourser. Et depuis la crise énergétique de 2022, les prix de l'énergie restent structurellement plus élevés en Europe qu'aux États-Unis ou en Chine. La France se retrouve donc à être moins compétitive, et dans un contexte de guerre de prix, les entreprises françaises perdent face à des acteurs non-européens qui sont extrêmement agressifs.

    Tous les secteurs sont concernés par ces défaillances ?

    Tous les secteurs industriels et toutes les régions sont concernés. Néanmoins, l'est et le nord de la France sont particulièrement touchés, du fait de leur spécialisation dans l'automobile. Le secteur est en pleine conversion vers l'électrique, ce qui pénalise un certain nombre de sous-traitants, soit parce qu'ils fabriquaient des pièces spécifiques aux voitures thermiques, soit parce qu'ils sont victimes d'une stratégie des constructeurs qui, dans le cadre de la réorganisation de leur chaîne de valeur, se détournent massivement du territoire français. Le secteur automobile européen est dans une situation critique, confronté dans l'électrique à la concurrence de nouveaux acteurs chinois ou américains, une situation inimaginable il y a 10 ans.

    Au-delà de l'automobile, la chimie et la métallurgie sont aussi touchées. Quand le bâtiment et l'automobile, qui sont des industries de l'aval, connaissent un ralentissement comme c'est le cas aujourd'hui, les industries de l'amont sont touchées par effet de contamination. L'Allemagne est aussi concernée. Le phénomène s'est accentué depuis la guerre en Ukraine et l'arrêt de la livraison de gaz russe.

    Quelles sont les conséquences sociales de ce phénomène pour les territoires concernés ?

    À partir du moment où vous avez une usine qui ferme, vous avez un effet de contamination sur tout le territoire. Si vous avez un grand donneur d'ordres qui ferme, l'effet sur le territoire est important, puisque les salariés de l'usine vont être concernés, mais aussi les emplois indirects : les sous-traitants et les fournisseurs, ce qu'on appelle les emplois induits, c'est-à-dire tout ce qui est lié à la consommation et à la fiscalité générées par les gens qui travaillent dans l'usine, par l'entreprise et par les sous-traitants. On a observé des territoires qui ont perdu des habitants, des cafés, des commerces, des services publics, des classes dans les écoles... Certains territoires parviennent à rebondir. Pour d'autres, c'est plus difficile. On voit certaines régions toujours pénalisées par les vagues de désindustrialisation qui ont commencé dans les années 1980.

    Quand on se rend sur place à la rencontre des salariés concernés, ils ont l'impression d'une forme d'attentisme, voire d'inaction de la part des autorités.

    Il n'y a pas de doctrine d'État en matière industrielle, et encore moins sur le rôle que l'État peut jouer via les participations qu'il possède dans les grands donneurs d'ordre, comme Renault. Tant que l'on n'aura pas de vision et que l'Europe ne sera pas un peu plus agressive sur la réciprocité dans les normes et dans l'accès au marché européen, cette situation va perdurer. Après la pandémie, on avait réussi à stabiliser le mouvement de désindustrialisation. Nous sommes dans un moment de crise économique qui va entraîner la destruction d'emplois industriels. Cela appelle à un sursaut. Si on veut assurer la réindustrialisation, il faut qu'on prenne acte du contexte géopolitique dans lequel on se trouve.

    Il est plus difficile de réindustrialiser que de conserver une industrie existante ?

    Oui. Quand vous perdez les savoir-faire, l'outil industriel, et que le territoire est en perte de dynamique économique, il est beaucoup plus compliqué de faire revenir une activité que de la maintenir ou d'accompagner une mutation. Pendant un temps, on a pensé compenser en créant des emplois dans la logistique, mais la logistique, ce sont des emplois à moins forte valeur ajoutée et moins bien rémunérés que ceux de l'industrie. Il faut que l'État, les politiques et le ministre de l'Industrie aient une vision de ce qu'ils veulent faire de l'industrie en France. Ça ne suffit pas, de parler de réindustrialisation. La réindustrialisation s'inscrit dans un contexte, dans un projet de société. C'est parce qu'on a créé un cadre, qu'on a mis en place des réformes sur la fiscalité, qu'on a un dynamisme économique, que les usines vont venir s'implanter. Mais se dire « je veux des usines », et donner des subventions, c'est risquer de les voir partir au premier changement de conjoncture économique. C'est ce qu'a connu le Royaume-Uni : plein d'entreprises étrangères sont venues, ont bénéficié de millions de livres d'aides publiques, et sont reparties sans tenir leurs engagements et sans qu'on leur demande de restituer le moindre cent. C'est aussi cette gestion de la désindustrialisation et des années d'inégalités économiques qui a conduit au Brexit.

    Cela fait pourtant une quinzaine d'années que la question de la réindustrialisation s'est imposée dans le débat public, et encore plus depuis la pandémie de covid-19. Ça n'a rien donné ?

    C'est vrai qu'on reparle beaucoup d'industrie depuis 2020. Mais dès 2008, la crise économique et financière a conduit à l'organisation, l'année suivante, des états généraux de l'industrie. En 2012, il y a eu le ministère du Redressement productif, piloté par Arnaud Montebourg et ses 34 plans pour une nouvelle France industrielle. Sauf que dès qu'il est parti, ces plans ont été balayés et remplacés par autre chose. La nécessité de réindustrialiser pour des questions d'autonomie et de souveraineté fait consensus dans la classe politique française, mais il n'y a pas de consensus sur le « comment ». On parle beaucoup d'industrie, mais on n'a pas réussi à inscrire cette notion de réindustrialisation dans le temps long. Il n'y a pas de doctrine d'État en matière industrielle.

    Plus récemment il y a eu France 2030, avec des investissements publics d'ampleur…

    C'est vrai que des moyens massifs ont été alloués à la réindustrialisation, avec 54 milliards d'euros mis dans une dizaine de plans. Mais on avait des objectifs très clairs, comme celui de produire deux millions de véhicules électriques, et d'autres beaucoup plus flous, comme « prendre notre part dans l'exploration des fonds marins ». Et puis, dans ces 54 milliards d'euros, qu'est-ce qui était vraiment de l'argent frais et qu'est-ce qui relève simplement de la bascule de fonds existants ? Néanmoins, même si c'était insuffisant, il faut saluer l'initiative.

    La période qui a suivi, entre 2020 et 2023, a semblé plus favorable, avec une augmentation du remplissage des carnets de commande. On recrutait beaucoup. Mais c'est une situation très fragile, dans un contexte géopolitique de concurrence entre les pays qui veulent tous renforcer leur base industrielle, au moment où la demande mondiale est complètement atone, notamment en Chine. Et ce alors même que la Chine est déjà en surcapacité de production, notamment concernant les biens clés pour la transition écologique : l'éolien, les panneaux solaires, les véhicules électriques... À cela s'ajoutent les barrières tarifaires aux États-Unis qui poussent les entreprises chinoises à exporter encore plus vers l'Europe, le prix de l'énergie toujours très élevé en Europe... Et puis, il y a les normes environnementales et sociales, nécessaires mais exigeantes, que doivent respecter les entreprises européennes, mais pas leurs concurrents. Tout cela mis bout à bout : nous sommes plutôt à l'aube d'une nouvelle vague de désindustrialisation en France qu'à un véritable mouvement de réindustrialisation. 

    Il y a pourtant eu des ouvertures d'usines, notamment de batteries électriques dans le nord de la France…

    Oui, mais cela reste fragile. On ne produit pas encore massivement des batteries électriques en Europe. Et quand bien-même ce serait le cas, si les constructeurs n'assemblent pas les véhicules en Europe, la chaîne de valeur ne va jamais se reconstituer.

    Est-ce que c'est un risque qui pèse sur ces usines, cette « vallée de l'électrique » que les pouvoirs publics tentent d'encourager ?

    J'aimerais vous dire que la réponse est non. Malheureusement, je ne suis pas convaincue que toutes les usines ouvertes survivent. Pour différentes raisons : à la fois le manque de dynamisme du marché, les difficultés à reconstituer les chaînes de valeur (de la fabrication des batteries électriques à leur recyclage en passant par la fabrication des pièces des véhicules et leur assemblage, NDLR) sur le territoire européen, la concurrence entre les différents projets européens, le fait qu'on ne maîtrise pas la chimie derrière la production des batteries, parce que la Chine a plusieurs années d'avance sur nous... Aujourd'hui, l'Europe va se retrouver dans la situation de certains pays émergents, et elle va devoir assurer des transferts de technologie si elle veut assurer sa pérennité.

  • "Les salauds devront payer"

     

    Quel est le rapport entre le monde agricole qui s'écroule et celui des usines qui ont fermé ? La misère et ses conséquences.

    J'ai fini cette nuit la lecture de ce roman (très bon roman) et bien évidemment que la correspondance existe. Les gens de ma génération ont suivi le démantèlement de la filière industrielle du nord de la France et quand on regarde aujourdhui les statistiques sur le niveau de vie des populations concernées, le milieu ouvrier, on ne peut que faire le rapprochement avec le monde paysan.

    Des travaux usants, des salaires dérisoires, des physiques cassés avant même l'âge de la retraite et des pensions de retraite juste bonnes à survivre. Dans ce roman, les salauds sont des individus qui profitent de la misère pour prêter de l'argent sans passer par les banques, avec des intérêts élevés bien évidemment. Mais dans la réalité, les premiers salauds de l'histoire, à mon sens, ce sont les gens qui ont détruit le maillage industriel de ce pays. Tout comme ils vont envoyer à l'abattoir, les paysans en même temps que leurs vaches.

    Quasiment un suicide par jour...

     

    Les salauds devront payer par Grand


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    3,75★

    250 notes

    EAN : 9782867467981
    378 pages

    Liana Lévi (07/01/2016)
     
    Existe en édition audio

    Résumé :

    Wollaing. Une petite ville du Nord minée par le chômage. Ici, les gamins rêvent de devenir joueurs de foot ou stars de la chanson. Leurs parents ont vu les usines se transformer en friches et, en dehors des petits boulots et du trafic de drogue, l’unique moyen de boucler les fins de mois est de frapper à la porte de prêteurs véreux. À des taux qui tuent... Aussi, quand la jeune Pauline est retrouvée assassinée dans un terrain vague, tout accuse ces usuriers modernes et leurs méthodes musclées. Mais derrière ce meurtre, le commandant de police Erik Buchmeyer distingue d’autres rancœurs. D’autres salauds. Et Buch sait d’expérience qu’il faut parfois écouter la petite idée tordue qui vous taraude, la suivre jusque dans les méandres obscurs des non-dits et du passé.

     

    Luttes

    https://reporterre.net/Agriculture-au-dela-de-la-dermatose-la-mobilisation-d-un-monde-qui-se-voit-mourir

    Agriculture : au-delà de la dermatose, la mobilisation d’un « monde qui se voit mourir »

     

    Agriculture : au-delà de la dermatose, la mobilisation d'un «<small class="fine d-inline"> </small>monde qui se voit mourir<small class="fine d-inline"> </small>»

    Si la mobilisation agricole contre la gestion de la dermatose bovine est si puissante, c’est que la colère est profonde : revenus bas, signature du traité Mercosur, aides de la PAC bientôt revues...

    Autoroutes bloquées, trafic ferroviaire perturbé, préfectures et services de l’État dégradées… Malgré les annonces du Premier ministre et de la ministre de l’Agriculture sur la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine, la colère d’une partie des agriculteurs ne faiblit pas. Les mobilisations agricoles se poursuivent et débordent désormais largement le Sud-Ouest, avec des rassemblements en Moselle, en Isère et dans la Manche.

    « C’est une colère qui vient de loin. Il faut la mesurer, il faut la comprendre », a dit sur RTL la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. De fait, si l’épidémie de DNC, qui a débuté en juin en Savoie et Haute-Savoie a mis le feu aux poudres, les raisons du malaise agricole sont bien plus profondes : grandes difficultés économiques de la filière, traité Mercosur honni, budget de la PAC attaqué...

    « C’est l’amour des vaches qui pousse beaucoup à devenir éleveurs »

    Déjà, l’épidémie ne semble pas terminée. Le 16 décembre, la ministre de l’Agriculture a déclaré qu’il n’y avait plus de foyer actif et a annoncé une accélération de la campagne de vaccination. Mais à ce stade, pas d’abandon de l’abattage total d’un troupeau en cas de découverte d’un cas, ni de généralisation de la vaccination à tout le territoire — ce que réclament une partie des agriculteurs et notamment la Confédération paysanne et la Coordination rurale (CR).

    Lire aussi : Dermatose bovine : la colère agricole s’intensifie

    « On est atterrés. On voit bien que la ministre n’a pas choisi la sortie de crise. À la Confédération paysanne, on va continuer le combat, les mobilisations », a réagi un des porte-parole du syndicat, Thomas Gibert.

    Lire aussi : Dermatose bovine : des gendarmes répriment violemment des éleveurs opposés à l’abattage d’un troupeau

    Le fait que la mobilisation soit née d’une maladie affectant les bovins n’est pas un hasard, pour Amelia Veitch. La chercheuse en anthropologie à l’université de Lausanne (Unil) et à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) a réalisé une étude ethnographique des mobilisations paysannes de 2024 en Bretagne. À cette occasion, elle a constaté le lien viscéral des éleveurs à leurs bêtes. « C’est un amour très fort des vaches qui pousse beaucoup de jeunes hommes à devenir éleveurs, et pas tractoristes ou éleveurs de porcs. En témoignent aujourd’hui les vidéos d’éleveurs qui fondent en larmes. »

    Les grandes difficultés économiques que rencontre cette filière mettent à mal les trésoreries aussi bien que la relation des éleveurs avec leurs bêtes. Les éleveurs bovins ont aussi une conscience très forte de la précarité de leur secteur, « alors même que ce sont souvent des profils très attachés au modèle de l’agriculture familiale, qui s’érode progressivement au profit de fermes plus grandes. L’abattage des troupeaux symbolise l’accélération d’un sentiment de fin imminente ».

    Colère contre le Mercosur

    À cette crise sanitaire s’ajoute le rejet du traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen espère signer ce texte lors d’un déplacement au Brésil le 20 décembre, malgré une demande de report de la France. Les agriculteurs français craignent que des produits agricoles sud-américains — viande bovine, poulet, sucre, maïs, etc. — moins chers et ne répondant pas aux normes européennes inondent le marché communautaire, provoquant une concurrence accrue et une baisse de leurs revenus.

    « Ça participe à un climat ambiant de désinformation, où les éleveurs disent “c’est voulu, ils veulent tuer l’élevage français pour favoriser le Mercosur”, rapporte Nicolas Fortin, membre de la Confédération paysanne. Ce sont des arguments que je ne partage pas, mais les éleveurs ont un sentiment d’abandon face à un ensemble de décisions qui vont à l’encontre de leurs intérêts et c’est gravissime. » Si l’accord avec le Mercosur « devait être signé à la fin de la semaine, évidemment que ça amènerait à des mouvements beaucoup plus importants », a prévenu le président de la FNSEA Arnaud Rousseau, invité sur France Inter le 17 décembre.

    Lire aussi : Mercosur : des centaines de paysans manifestent contre une « agriculture bradée »

    Sur les politiques européennes, s’expriment aussi des inquiétudes concernant le budget 2028-2034 de la PAC — principal dispositif de soutien économique de l’Union européenne aux agriculteurs —, qui pourrait être réduit de 20 % par rapport à la période 2021-2027, et sur l’entrée en vigueur du mécanisme européen de tarification du carbone aux frontières le 1er janvier 2026, qui pourrait augmenter le prix des engrais de plus de 10 %.

    Effondrement du modèle familial historique

    Ces différents problèmes ont été les gouttes d’eau qui ont fait déborder le vase, déjà rempli à ras bord de difficultés économiques. « Il y a presque deux ans, les seules réponses apportées aux colères agricoles, déroulées par la FNSEA [et reprises dans la loi Duplomb], ne correspondaient en rien aux attentes des paysans, explique Nicolas Fortin. Ce qui a mis les gens dans la rue, ce ne sont pas les contraintes environnementales, mais le revenu. »

    Si le revenu médian annuel des ménages agricoles en 2020 (22 800 euros) pouvait paraître correct, il dissimulait des disparités importantes. 17,7 % des exploitants agricoles vivaient sous le seuil de pauvreté, contre 14,4 % parmi l’ensemble de la population. Parmi les filières les plus fragiles, les maraîchers (24,9 % sous le seuil de pauvreté), les éleveurs ovins et caprins (23,6 %) et les éleveurs de bovins allaitants (21,5 %). Fin septembre, 57 % des agriculteurs pensaient que leur situation financière s’est dégradée pendant l’année.

    Entre 2000 et 2023, environ 40 000 fermes de petite taille ont disparu (image d’illustration). © Emilie Massemin / Reporterre

    François Purseigle, sociologue, voit dans cette mobilisation celle « d’un monde qui se voit mourir ». L’auteur du livre Une agriculture sans agriculteurs (Presses de Sciences Po, 2022) relate l’effondrement du modèle agricole familial historique au profit d’une agriculture dominée par les grosses structures, les associations entre exploitations et la sous-traitance. « Jusqu’à présent, ça tenait parce que les familles se sacrifiaient sur l’autel de l’exploitation. Mais on voit aujourd’hui les fragilités de l’exploitation familiale », couplées au vieillissement des agriculteurs, explique le sociologue à l’AFP, qui note dans son ouvrage que ce modèle « ne tient plus qu’à un fil ».

    Des revenus particulièrement faibles dans le Sud-Ouest

    Entre 2000 et 2023, environ 40 000 fermes de petite taille ont disparu, avalées par des exploitations plus vastes. La Confédération paysanne dénonce un « plan de licenciement massif et silencieux délétère pour le bien-être des paysan·nes ». Avec des conséquences parfois tragiques : presqu’un agriculteur se suicide chaque jour.

    Lire aussi : Suicide des agriculteurs : une loi examinée à l’heure où le mal-être augmente

    Dans ce contexte, le fait que la mobilisation parte du Sud-Ouest n’est pas étonnant. Samuel Legris prépare un doctorat de sociologie à l’université de Pau et des Pays de l’Adour. Il s’était rendu sur les barrages agricoles dans les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées en janvier 2024 et est allé observer le rassemblement devant la préfecture de Pau, le 15 décembre. « Le revenu mensuel moyen des exploitants agricoles est particulièrement faible dans le Sud-Ouest, parfois inférieur à 1 000 euros par mois dans les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées et l’Ariège », explique-t-il. Le modèle agricole s’y est transformé moins rapidement que dans d’autres régions : exploitations plus petites, élevage et polyculture-élevage encore très présents dans les contreforts pyrénéens. »

    « L’Occitanie est un territoire où les aléas climatiques sont énormes »

    L’outil agroalimentaire local y est en déclin. « Abattoirs en grande difficulté financière, laiteries, ateliers de transformation, coopératives… Tout ce qui permettait aux exploitations de taille moyenne ou petite d’être résilientes devient défaillant, observe Samuel Ouahab, doctorant en sociologie sur les politiques publiques agricoles à l’université de Toulouse, qui se rend lui aussi régulièrement sur les barrages. L’Occitanie, c’est aussi un territoire où les aléas climatiques sont énormes et ont tendance à progresser très significativement. »

    Pour toutes ces raisons, la mobilisation pourrait bien durer. Des agriculteurs ont d’ailleurs sorti des sapins de Noël sur les barrages, avec la ferme intention d’y rester pendant les fêtes de fin d’année.

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  • Samuel Barber : Agnus Dei

    Depuis quelques jours, avant d'aller me coucher, j'écoute ça.

    Juste parce que c'est beau. 

  • Foutez le bordel

     

    Le rassemblement des luttes a été savamment désorganisé depuis des années par les politiques, les médias et les syndicats. Je serais même incapable de dire de quand ça date mais quand je repense à mon adolescence, la dernière fois que j'ai vu toute une population se regrouper dans une lutte, c'est à Plogoff, contre la centrale nucléaire. La seule fois où j'ai éprouvé de l'amour pour l'intégralité du groupe humain. Les années qui ont suivi m'ont ramené à la réalité..

    Fonctionnaires, chômeurs, profs, immigrés, retraités, LGBT, hétéros, catho, juifs, musulmans, agriculteurs empoisonneurs et paysans bios, etc etc... l'idée, c'est de créer des clans, des castes, des groupes, des entités, des gens qui défendent "leurs" intérêts, leur job, leurs droits, leurs acquis sociaux...

    Ca marche car chacun veut sauver ses miettes et ne surtout pas prendre le risque de perdre le peu qu’il lui reste. Les gouvernants savent d'ailleurs depuis bien longtemps qu'en annonçant des changements rudes, très rudes, ils vont déclencher des rébellions et qu'il suffira ensuite de lâcher un peu de lest pour que les "sans dents" se réjouissent. Et ça marche, encore et toujours. 

    Le « petit plus » ça serait le mouvement des policiers. Il est difficile pour eux de rejoindre les mouvements en cours, mais il serait intéressant que le peuple les soutienne car eux aussi sont sacrifiés depuis longtemps. Les militaires pourraient eux aussi rentrer dans la partie. Parce qu'en fait, il n'y a plus que les "forces de l'ordre" qui tiennent le bazar en place. 

    La colère des agriculteurs est présentée comme une colère sectorielle.

    " Les paysans ne sont pas contents". Ils risquent de bloquer les routes des vacances.

    Mais bordel de merde, personne ne devrait partir en vacances, les routes devraient être vides. Pourquoi est-ce que Lecornu et toute la clique veulent que les Français partent en vacances ? Mais pour oublier bien évidemment, pour se vider la tête, pour claquer du pognon, pour calmer les colères, pour recharger les batteries et ensuite remonter au front, bref, pour continuer à faire marcher le bazar qui leur permet de toucher leurs émoluements (oui, oui, c'est nous qui les payons).

    Le mouvement des agriculteurs inquiète les gouvernants (de toute l'UE, c'est une certitude) parce qu'il peut devenir un mouvement déclencheur, un mouvement commun, un regroupement de toutes les colères, celle des artisans, celle des PME, celle des rmistes, celle des chomeurs, celle des sous-payés, celle des miséreux et ils sont nombreux, très nombreux, celle des épuisés et ils sont nombreux, très nombreux, celle des dégoûtés et ils sont nombreux, très nombreux, celle de tous ceux qui ne croient plus en rien dès lors que c'est l'état, le politique, l'UE, l'assemblée, les députés, les sénateurs, les corrompus, les hors sol, ceux qui n'ont plus aucune idée de ce que la populace endure. Manquerait plus un dérapage majeur dans une banlieue, un "incident" qui mettrait le feu. Là, le potentiel de révolte, il est au top. 

    La France a toujours été reconnue comme une terre agricole, la bonne bouffe, la gastronomie, les campagnes, les paysans, les bêtes dans les champs, la multitude et la diversité des produits locaux, c'est plus qu'une image d'Epinal, c'est une réalité qui a un véritable fondement. Et tout ça est taillé en brèche depuis des décennies par les mesures de Bruxelles, par l'agro industrie fomentée par les lobbies, par les conditions de vie des paysans, par cette réalité effroyable que c'est la profession qui compte le plus de suicides, bordel de merde, quand est-ce que ça va péter pour de bon ?

    Les agriculteurs doivent reconnaitre les artisans. Les commerçants doivent comprendre les pêcheurs. Le bâtiment doit discuter avec les taxis. Les profs doivent soutenir l'hôpital, les fonctionnaires des impôts doivent cesser le travail, les flics doivent poser les armes. Les petites entreprises doivent parler aux salariés, les retraités échanger avec les actifs. Ils parlent tous la même langue. Pas celle des discours. Celle des chiffres. Des factures. Des charges. Des normes, de l'administration de l'UE, celle qui plombe mais qui autorise la mondialisation. De la pression permanente. De cette étrange sensation d’être indispensable au fonctionnement du pays, tout en étant systématiquement sacrifié quand il faut “ajuster”, "négocier", "discuter" "trouver un "compromis".

    Macron 1er a dit qu'il repoussait le calendrier du Mercosur jusqu'en janvier. Oh, magnifique. Le temps, en fait, de calmer "les bouseux" sur leurs tracteurs.

    La méthode préférée des politiciens et donc des financiers qui les gouvernent, c'est de jouer sur l'épuisement.

    La rage, c'est dangeureux, l'épuisement, c'est la solution. Il faut jouer la montre.

    "On fait passer Noël et ça ira mieux".

    Ils ont peur d'une seule chose, c'est que les maltraités finissent par s'écouter les uns les autres, que se mette en place une convergence, une unité.

    Je me souviens de certains commentaires sur le mouvement des Gilets Jaunes. J'espère que ceux qui leur ont craché dessus sont aujourd'hui dans une merde noire, que le système les broie jusqu'à la moelle et qu'ils ne s'en relèveront pas. Qu'ils crèvent. 

     

    Oh, les paysans, barrez les routes, cramez des pneus, pétez les péages, balancez le lisier sur les préfectures, foutez le bordel, bloquez tout et que les putains de vacanciers de Noël bouffent leurs dindes et leurs marrons dans le cul avec la peur au ventre ou qu'ils descendent dans la rue.

     

    Bon, demain, faut vraiment que j'aille courir. 

  • La nature de la conscience : Sylvie Dethiollaz

    Je ne connaissais pas cette femme, ni ses travaux.

    Je l'ai écoutée avec un ressenti de plus en plus joyeux pour finir par une profonde reconnaissance. Je réalise à quel point toutes mes pensées les plus "étranges" sont justifiées, que tout ce que j'ai pu chercher à traduire dans mes romans ne vient pas de rien, que mon histoire personnelle depuis mon enfance m'a mené là, que je ne pouvais échapper à ce cheminement, heureusement.

    Il me plaît de réaliser que ces interrogations et ces cheminements personnels ont pris forme à travers des expériences uniques et non a priori des voies intellectuelles. J'avais 14 ans quand j'ai vécu pour la première fois une "sortie corporelle". J'avais 16 ans quand j'ai rencontré la mort, physiquement, spirituellement, émotionnellement, dans ma chair, que j'ai découvert ce que signifiait le néant. J'avais 24 ans quand j'ai exploré le Réel, c'est à dire ce champ de conscience en tant que l'au-delà de notre infime réalité.

    Et puis, ensuite, j'ai entamé des recherches, intellectuelles, cognitives, j'ai cherché à savoir si d'autres personnes expérimentaient des situations similaires. Et puis ensuite, j'ai commencé à écrire.

    Alors, oui, entendre cette femme est un réel bonheur parce qu'elle oeuvre dans la dimension scientifique et spirituelle et que donc, ma vie intérieure ne relève pas de la psychiatrie. 

    "La conscience est le substrat de l'Univers à partir duquel tout prend forme."

    Sylvie Déthiollaz

    Sylvie Déthiollaz est une docteure en biologie moléculaire, spécialisée dans l'étude des états modifiés de conscience. Elle a fondé à Genève le centre Noêsis, qui est devenu en 2012 l'Institut suisse des sciences noétiques (ISSNOE). Son objectif est d'étudier la conscience à travers des phénomènes tels que les perceptions extrasensorielles, les expériences de mort imminente (EMI) et les phénomènes de décorporation.

    Parcours et contributions

    Formation : Elle a effectué des études post-graduées à l'Université de Berkeley.

    Fondation de l'ISSNOE : L'institut qu'elle a créé se concentre sur la recherche pluridisciplinaire autour des relations entre l'esprit et la matière.

    Publications : Elle a co-écrit plusieurs ouvrages, dont un sur les états modifiés de conscience publié en 2011.

    Collaborations et projets

    Collaboration avec Claude Charles Fourrier : Elle a travaillé avec Fourrier, un psychothérapeute ayant vécu une expérience de mort imminente, pour mieux comprendre et accompagner les personnes ayant vécu des expériences similaires.

    Projets de recherche : L'ISSNOE mène des recherches sur les états modifiés de conscience non ordinaires, les EMI et les perceptions extrasensorielles.

    Vision scientifique

    Sylvie Déthiollaz encourage une approche scientifique ouverte et méthodique pour explorer les phénomènes de conscience. Elle soutient que la science actuelle admet que la réalité perçue est seulement une partie de ce qui existe, laissant la porte ouverte à l'idée que la conscience pourrait exister en dehors du corps physique.

     

     

  • Contre-nature

     

    "Il n'y a pas de fait contre nature ; la nature n'est jamais contre elle-même". Paul Toupin 

     

    Les coïncidences, c'est tout de même un phénomène fascinant. Comme à chaque fois que je croise la route d'une phrase qui m'interpelle, m'interroge, me trouble, je la malaxe, la mâche, la décortique, l'autopsie jusqu'à plus faim.

    Depuis deux jours, c'est la phrase de Spinoza, présentée dans l'article précédent. Alors, je cherche, je fouille, je sors d'autres ouvrages de ma bibliothèque ou je surfe sur les vagues infinies de l'océan du net et bien évidemment, au fil de mes recherches, il arrive que je croise la route d'une autre phrase, tout aussi importante à ce moment-là. Et cette fois, c'est celle-là, la phrase de Monsieur Paul Toupin dont je n'avais jamais entendu parler et qui me happe au détour d'une lecture.

    Et toute la journée, alors que j'avais décidé de repartir en forêt chercher de jeunes arbres à déterrer pour les installer bien à l'abri dans notre terrain, alors que je faisais des trous, que j'installais les nouveaux résidents, que je couvrais le sol de broyats divers et que j'expliquais à ces arbres que ce changement de lieu, aussi perturbant puisse-t-il être, est destiné à leur offrir un espace protégé, je tournais l'expression du "contre nature" dans le terreau de mes pensées. 

    Larousse : Contre nature est une locution adjectivale signifiant monstrueux ou contraire à l'ordre naturel, s'opposant à ce qui est naturel ou normal.

    Mais alors, si la nature n'est jamais contre elle-même, comment l'humanité peut-elle parvenir à être aussi destructrice ? Serait-ce donc que l'humanité ne puisse être reliée à la nature ou s'en est-elle extraite au fil du temps ? Et comme la quadrilogie sur laquelle je ne travaille plus depuis quelque temps s'intéresse principalement aux comportements humains et à leurs effets, j'ai inséré dans l'histoire cette interrogation de l'idée d'une nature inhumaine ou d'une humanité dénaturée.

    TERRE SANS HOMMES (texte qui sera changé, repris, rechangé, revu, modifié, effacé, réécrit, et ne sera peut-être jamais publié)

    Chapitre 8

    Joachim Nichols avait rencontré Nancy. Et à la fin de la troisième journée à ses côtés, participant avec enthousiasme aux activités de la communauté, écoutant cette femme comme il n’avait jamais écouté ses anciennes compagnes, bouleversé, fasciné, comblé, envahi d’une sérénité joyeuse qu’il n’imaginait pas ressentir un jour, il avait compris qu’il ne retournerait pas dans son fortin, que l’invitation de Nancy ne pouvait plus être rejetée, que sa solitude n’était aucunement une nécessité, que son histoire n’existait plus, que tout avait été effacé, qu’il n’avait plus aucune mission, qu’il était juste un survivant, au même titre que Josh Randall et les autres occupants du centre. Un survivant qui se devait de saisir les opportunités que la vie lui proposait.

    Nancy. Ses robes colorées, sa longue chevelure noire, cette silhouette féline, une personnalité mystérieuse et pourtant intégralement disponible, un phrasé posé, modulé par une voix captivante, un sourire lumineux qui réjouissait instantanément celui ou celle à qui il était destiné, des yeux bleus d’océan, des regards pénétrants, aimants, l’impression d’être déshabillé. Oui, c’est la première impression qu’il avait eue, comme s’il n’était pas possible devant elle d’être autre chose que soi.

    Il en avait eu peur.

    Puis, il avait réalisé que c’était absurde.

    Nancy embaumait la vie d’un amour immense.

    « Tu portes des choses lourdes, Joachim, lui avait-elle dit. Et tu ne veux pas en parler mais elles parlent pour toi. »

    Au potager, en soins pour les plantes aromatiques, à la taille des arbres fruitiers, à l’aménagement des combles pour accueillir de nouveaux arrivants, pendant la préparation des repas, n’importe quand, n’importe où, Nancy pouvait prononcer des paroles inattendues et d’une justesse absolue, avec un sourire délicat, amusé et respectueux, pleinement consciente de la portée des mots et essentiellement tournée vers l’éveil de son interlocuteur, une révélation à entendre, un nœud à défaire, un lien à créer, un soulagement à offrir, une vérité à saisir.

    « Oui, Nancy. »

    Il n’en disait rien de plus.

    Elle souriait. Lui aussi.

    Il avait rencontré l’intégralité de la communauté, des gens ouverts, solidaires, impliqués, tous actifs, tous reconnaissants, tous désireux de se montrer utile, de construire un avenir commun.

    Il avait été considérablement surpris de réaliser que Walter Zorn ne tournait plus dans ses pensées, que cette mission qui lui avait été attribuée s’effaçait dans une brume opaque, comme une vie lointaine qui ne lui appartenait plus, que cette nouvelle humanité dont il aurait été un organisateur n’avait pas eu besoin de lui pour s’établir, elle était là, devant ses yeux, il y avait trouvé une place, il en était heureux. Chaque soir, une fois rejoint la salle commune où dormaient les hommes célibataires, il voyait s’éparpiller dans son esprit les pièces du puzzle de son ancienne vie et alors qu’il craignait intensément cette idée d’une disparition existentielle, une perte de sens, une dilution morbide dans une continuité morne, il réalisait avec bonheur que ses journées dans le centre le comblaient au-delà de toutes projections. Un basculement. Il avait bien conscience que Nancy jouait un rôle prépondérant dans cette sérénité joyeuse. Il s’amusait en lui-même de cette frivolité juvénile, de ce pétillement interne, cette chaleur en lui quand elle l’invitait à travers le camp, pour une activité précise ou juste pour s’asseoir sur un banc, au bord de la baie.

    « On pourrait penser que la nature ne peut agir contre elle-même et pourtant le comportement des humains depuis bien longtemps est contre-nature puisqu’il contribue à porter atteinte à cette nature elle-même. Est-ce que ça signifie que l’humain est un être dénaturé ? Ou est-ce que la nature est inhumaine dans le sens où elle ne peut être associée à l’humanité entière ? »

    Elle le regarda en souriant. Le ciel gris plombait les eaux de la baie d’une lourde tristesse, comme un monde éteint à tout jamais et les vents tournoyants ne plaidaient aucunement à une contemplation prolongée. Et Joachim rayonnait intérieurement.

    « Une nature inhumaine, j’aime beaucoup la tournure, répondit-il. Les humains qui accusent la nature dans le cas des catastrophes et qui omettent que rien dans ces situations ne relèvent d’une quelconque volonté, d’une intention, d’un projet, d’un objectif. Pour être coupable, il faut être conscient de ses actes. La nature est neutre alors que l’humain est conscient. Il sait ce qu’il fait même s’il est souvent incapable d’identifier les conséquences de ses actes. Donc, oui, l’humain s’est dénaturé, il s’est mis de côté.

    -Ou au-dessus, intervint Nancy. Ce qui est encore bien pire. »

    Ils s‘étaient levés lorsque le bateau de pêche de George était venu se ranger le long du quai et ils avaient aidé au déchargement des caisses de crabes.

    « C’est impressionnant la vitesse avec laquelle les populations de crabes se sont multipliées depuis le début du bordel, lança le marin. Et même chose pour les poissons. Je laisse traîner cinq lignes et au bout de trois heures, je reviens avec dix-sept poissons. Cinq espèces différentes. Plus qu’à les saler. »

    Depuis plus de dix ans, le centre avait développé un système de marais salants et la production était réputée pour sa qualité. La vente assurait un revenu en plus des séjours touristiques ou à visées scientifiques. George et Jack avaient même construit un fumoir cinq ans auparavant et la vente des poissons sur les marchés locaux s’était révélée fructueuse. Tout ce qu’il produisait était écoulé. Désormais, tout entrait dans les réserves alimentaires.

    « Tout ce qui est contraire à la nature est contraire à la raison, énonça Nancy. C’est un texte de Spinoza. »

    Ils avaient rejoint la salle commune du centre, une grande pièce toute lambrissée et au bout de laquelle trônait une belle cheminée. La chaleur des bûches attirait les résidents après les travaux du jour.

    Nancy et Joachim étaient assis dans un canapé. Nancy avait couvert ses jambes avec un plaid. Joachim lui avait apporté un mug rempli d’eau chaude. Elle y avait versé un sachet de thé. Et devant la danse des flammes, elle reprenait le fil de ses idées.

    « Alors, c’est que l’humanité est déraisonnable depuis bien longtemps, intervint Joachim.

    -C’est évident. Mais j’en reviens dès lors à cette hypothèse selon laquelle l’humain n’est plus un être de nature, qu’il est une excroissance, une mutation, un virus, un extra-terrestre en fait. En tout cas, une entité qui par le truchement de son cortex s’est extirpé de son statut de nature. Dès lors qu’il porte atteinte à la nature et donc à lui-même, c’est qu’il ne raisonne plus et si sa raison le conduit à détruire la nature, c’est qu’il n’en fait plus partie. Il est devenu un être contre-nature. »

     

  • Hors sol et hors de raison.

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    Il faut prendre conscience du désastre, prendre conscience que le comportement humain est "hors de raison" depuis très longtemps, beaucoup trop longtemps, que l'attitude de l'humain envers l'ensemble de la nature relève de la pathologie étant donné qu'il s'agit de porter atteinte à la vie en nous.

    Les climatologues identifient le début des problèmes du dérèglement climatique à l'entrée dans l'ère industrielle, à la découverte et à l'usage des énergies fossiles. Mais, non, en fait, c'est bien avant ça. Les énergies fossiles n'ont été que la conséquence, que la continuité d'une attitude néfaste bien plus ancienne. Je ne chercherai pas à en situer l'émergence. Est-ce que c'est possible d'ailleurs ? Est-ce que ça n'est pas propre à l'humain ? Ne sommes-nous pas en tant qu'espèce "évoluée" destinés à détériorer un mécanisme naturel parfaitement conçu ?

    Car si nous établissons un état des lieux en prenant comme point de départ l'an 1000, juste pour donner une date précise, il est évident et indéniable que l'humanité ne peut être considéré autrement que comme un fléau. Au point qu'aujourd'hui, elle met en péril la pérénnité de la vie sur Terre.

    J'entends déjà brailler ceux qui diront que la vie ne disparaîtra pas, que c'est l'humanité qui se condamne, que la nature saura se prolonger etc... Mais faut-il donc rappeler sans cesse que l'humanité par son activité a déjà fait disparaître de la terre des espèces entières et qu'elle contribue chaque jour, à chaque heure, à chaque instant à la mort de millions d'animaux, que les océans ne fonctionnent plus normalement, que l'atmosphère est atteinte, que l'eau est polluée, que les sols sont considérablement impactés etc etc... Que la terre nous survive, oui, bien évidemment, le globe tournera toujours mais qu'en sera-t-il de la vie à sa surface ?

    Tout ce qui est contraire à la nature est contraire à la raison et nous sommes déraisonnables, condamnés même par notre hégémonie à un comportement de serial killer. 

    En ce moment les éleveurs se battent pour préserver leurs animaux, qu'ils ne soient pas abattus sur ordre du gouvernement. Des bêtes qui sont condamnés à l'abattoir pour nourrir grassement des populations qui n'ont pourtant aucunement besoin de viande. Je n'en mange plus depuis vingt ans. Mes prises de sang sont excellentes. Je fais bien plus de sport que beaucoup d'hommes de mon âge. Alors, non, je n'arrive pas à prendre partie pour les éleveurs. Par contre, je comprends parfaitement leur détresse dès lors que c'est leur moyen de subsistance et qu'ils ne roulent pas sur l'or malgré un labeur très dur. Je comprends leur colère mais sur le fond, je ne peux pas défendre leur mode de subsistance. Qu'ils contestent le mercorur, ok, très bien, je suis solidaire de ça parce que les viandes qui viendront du Brésil seront gavés de produits interdits en France. Et qu'il est effectivement possible que l'UE "sacrifie" l'agriculture européenne pour favoriser celle de pays moins "exigeants" en échange de voitures européennes ou d'autres produits. Je n'en sais rien, je l'ai lu, je n'ai aucune preuve et je n'en cherche pas. Je n'ai confiance en rien dès lors que les décisions sont prises à des niveaux politiques qui sont bien trop éloignés de ma vie pour que je puisse m'y opposer. Van der Leyen comme tous les grands pontes de l'UE se contrfichent totalement de ce que je pense, comme ils se fichent des agriculteurs français. Nous ne sommes rien d'autre que des consommateurs. Nous n'existons qu'au regard de notre pouvoir d'achat et de notre carte d'électeur.

    Par contre, pour ce qui est de la souffrance animale, des vaches, des cochons, des lapins, des poulets, des canards, des poussins broyés, des poissons d'élevage, je pourrai par exemple poster ici les vidéos du dernier abattoir visé par L214 et dans lesquelles les animaux sont tués dans des conditions effroyables. Hors de raison.

    L'élevage n'est qu'un problème parmi des centaines d'autres. Nous avons porté atteinte à la vie depuis bien trop longtemps.

    Nous sommes, en tant qu'espèce, hors sol et hors de raison.

    Et ça ne pourra pas durer éternellement.

  • Un shoot d'endorphines

    Je sais bien que ça n'est pas recommandé de courir avec une sténose, trois hernies, des crampes liées à la dégénérescence des nerfs.

    Marche et petit trot

    18,66 km

    3:01:02

    9:42 /km

    Dénivelé positif

    703 m

    Temps écoulé

    3:05:04

     

     

    Oui, le parcours était rude, montées, descentes, montées, descentes, dix-huit kilomètres, 700 mètres de dénivelée, trois heures à trottiner, toutes les montées en poussant avec les bâtons, en appui à chaque foulée dans les descentes. J'ai toujours mes bâtons de randonnée parce que les dégâts neurologiques font que mes chevilles se tordent facilement, trop facilement. Je cours avec des chaussures montantes qui serrent la malléole. Elles sont plus lourdes que des chaussures de trail classiques mais je n'ai pas le choix. Une entorse au fin fond d'une gorge, seul, à des kilomètres d'une route fréquentée, je n'ai pas envie de tester.

    Donc, je cours. Pas vite mais je tiens le rythme qui me convient. Et là, aujourd'hui, je finissais par une montée de deux kilomètres, avec des portions bien raides, dans la caillasse.

    J'avais les écouteurs dans les oreilles, comme toujours et j'ai bien senti arriver le moment du "shoot", quand les endorphines prennent la relève, qu'elles deviennent le carburant alors que les muscles sont durs.

    "Les endorphines sont des neurotransmetteurs produits naturellement par le corps, agissant comme des analgésiques naturels et procurant une sensation de bien-être."

    Je ne veux pas arrêter. C'est ma drogue. Je ne fume pas, je ne bois pas, je cours. Là, ce soir, je suis cassé, je marche au ralenti, j'ai mal partout, les jambes, le dos, la nuque, je sais que cette nuit, les crampes seront sans doute plus violentes que d'habitude. Mais demain, ça ira.

    Et il me reste en mémoire cette dernière montée, quand j'ai ri tout seul, juste pour ce plaisir qui ne se raconte pas, la puissance, la force, les appuis, la bave aux lèvres, les souffles, les yeux exorbités pour déceler les pièges, les pierres de travers, les ornières sous les feuilles, et la poussée des bâtons, la poussée des bâtons, les abdos serrés, ne rien lâcher, tenir, tenir et boire jusqu'à la lie les flots d'endorphines. J'avais dans les oreilles les battements de mon coeur comme une rythmique qui accompagnait la musique, boum, boum, boum, le sang qui gicle et parcourt les artères, l'oxygène nécessaire, c'est tellement insignifiant de se contenter de respirer calmement, c'est tellement insuffisant, il faut pousser la machine, arracher la viande, que ça brûle, que ça soit dur, que les muscles crient misère jusqu'à ce moment libérateur du shoot préhistorique, les endorphines qui ont permis à nos ancêtres de courir plus vite que les prédateurs.

    Le seul prédateur qui me concerne aujourd'hui, c'est la vieillesse mais pour l'instant, je cours plus vite qu'elle. Je n'ai aucunement envie de me préserver, de marcher à l'économie, de viser le grand âge. Je l'ai déjà écrit ici : que mon coeur lâche d'un coup au milieu d'une crue d'endorphine me comblerait de bonheur.

  • Méditer dans son cercueil

    Un exercice que je pratique régulièrement.

    Le soir. Après avoir lu.

    J'éteins, je suis allongé sur le dos, je place mes bras le long du corps. Si la température n'est pas suffisante, je laisse un drap sur moi mais si je ne risque pas d'avoir froid, je retire tout. L'idéal est d'avoir le moins de contact possible avec des éléments extérieurs.

    Lumière éteinte, yeux fermés.

    L'objectif est de se défaire des sensations corporelles, les points de contact du dos sur le matelas, le drap sur soi s'il est en place, de suspendre totalement les mouvements, jusqu'à la moindre vibration, de ne plus penser, de respirer avec la plus petite dépense d'énergie. Et de ne pas s'endormir.

    L'idée est d'être comme mort en sachant pertinemment que c'est impossible. L'idée est de tout limiter, tout rappel à la vie. Puis, lorsque ce "vide" est instauré et malgré les soubresauts infimes qui peuvent survenir, cet orteil qui vient de frotter son voisin, ce point de l'omoplate droite qui gratte, ce gargouillis dans les intestins, il est temps d'engager la suite, la visualisation d'une boule lumineuse, une boule sans matière, juste une énergie condensée, elle a la taille d'un oeuf de poule mais avec la capacité à se réduire selon le lieu où elle se trouve. Cette boule va être guidée pa la pensée, juste une pensée, une volonté, un contrôle permanent, elle va circuler dans l'intégralité du corps, visiter les moindres recoins, des pieds à la tête. L'objectif est de conscientiser à travers cette énergie chaque point du corps, chaque zone, chaque ressenti en sachant que simultanément à cette énergie diffusée par cette boule d'énergie, le reste du corps est "éteint".

    Faire en sorte que la vie rayonne dans un corps mort à travers un cheminement guidé.

    Je peux vous assurer que les effets sont fascinants. Il m'est arrivé à de multiples reprises de pratiquer cet exercice avec une douleur précise, un point, un noeud, une irradiation, une contracture et m'apercevoir en me réveillant le lendemain que la boule d'énergie l'avait absorbé, effacé, dilué. 

  • Se préparer au pire

    Bien évidemment que ça n'a rien de dépressif et c'est même un moyen extrêmement efficace de saisir pleinement le miracle d'être en vie. 

     

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    Se préparer au pire, praemeditatio malorum

    Auteur/autrice de la publication :

    Post published:16 juin 2019

    Post category:Exercices spirituels / Stoïcisme

    Post comments:0 commentaire

    Les exercices spirituels des stoïciens sont une pratique mentale qui a pour but de nous aider à mieux vivre tous les jours. On les appelle des exercices car il faut s’entraîner à les faire pour récolter les fruits de leurs effets sur notre santé et notre bien-être. Un des exercices les plus célèbres chez les stoïciens est le pré-exercice des maux (praemeditatio malorum). Il consiste à se projeter dans l’avenir avec pour but d’imaginer tout ce qui peut mal se passer afin d’être préparé au cas où le mal arrive.

    À première vue, on dirait un exercice de dépressif et d’hyper-anxieux. Certains diront qu’ils pensent déjà au pire naturellement, et que cela ne fait que les rendre encore plus anxieux. Mais le but de l’exercice n’est pas de déprimer davantage. Ce n’est pas juste de visualiser la situation qu’on craint, et ce n’est certainement pas de penser ensuite qu’on est condamné et impuissant.

    Car la situation que l’on craint ne va peut-être pas arriver et les stoïciens diront qu’il ne faut pas souffrir du mal avant qu’il n’arrive. Et si jamais le mal arrive, le fait d’y avoir pensé permet déjà de ne pas être jeté dans l’inconnu car on aura au moins imaginé la situation au préalable, et cela permet aussi de réfléchir à l’avance à comment agir dans ces circonstances malheureuses et de ne pas être complètement sans ressources. En ayant fait l’exercice, on peut savoir ce qui est en notre contrôle et ce qui ne l’est pas, afin d’agir ce qu’il l’est et accepter ce qui ne l’est pas.

    Voici ce que dit Pierre Hadot sur la pratique du praemeditatio malorum dans Qu’est-ce que la philosophie antique :

    « En le pratiquant, le philosophe ne veut pas seulement amortir le choc de la réalité, mais il veut plutôt, en se pénétrant bien des principes fondamentaux du stoïcisme, restaurer en lui-même la tranquillité et la paix de l’âme. Il ne faut pas avoir peur de penser à l’avance aux événements que les autres hommes considèrent comme malheureux, il faut même y penser souvent, pour se dire, tout d’abord, que des maux futurs ne sont pas des maux, puisqu’ils ne sont pas présents, et surtout que les événements, comme la maladie, la pauvreté et la mort, que les autres hommes perçoivent comme des maux, ne sont pas des maux, puisqu’ils ne dépendent pas de nous et ne sont pas de l’ordre de la moralité.1 »

    En vous projetant dans l’avenir et en déroulant toutes les conséquences que vous craignez, vous pouvez vous rendre compte que finalement même si cela arrive, vous pouvez garder votre calme et essayer de vous en sortir car il dépend de vous de réagir avec fermeté devant tout mal dans toute situation. Votre vision de vous-mêmes est que vous êtes capables d’être courageux, que vous avez la volonté de faire le meilleur possible, et que vous n’allez pas être déstabilisés aussi facilement car vous pouvez démontrer toute votre résolution face aux épreuves que les autres n’arrivent pas à surmonter. Le stoïcisme est une construction de soi, et on ne construit pas des châteaux de sable mais des forteresses et des citadelles.

    1 Pierre Hadot, Qu’est-ce que la philosophie antique ? Les écoles hellénistiques, le stoïcisme.

  • La nature côtée en bourse

    Cet article date de 2022 et il est depuis rangé dans mes archives. De temps en temps, je relance des recherches pour voir si d'autres articles seraient sortis entre-temps. Car l'idée doit plaire sur les marchés financiers et donc, il s'agit de rester en veille...Je rappelle que les financiers ont bien réussi à instaurer les crédits-carbone, système qui a abouti à un fameux scandale. Je vous laisse chercher, tout est sur le net. 

    "Car c’est de notre capacité à imposer une vision anti-utilitariste de la nature que dépendra au final notre survie."

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    La nature bientôt cotée en Bourse?

     

    Face au déclin alarmant de la faune et de la flore, l’Union européenne s’est déclarée résolue à protéger et restaurer la biodiversité d’ici à 2030. Mais, au cœur de sa stratégie, se trouve un projet extrêmement inquiétant : la possible création de marchés sur la destruction de l’environnement. Une mesure qui aboutirait, ni plus ni moins, à la financiarisation de la nature.

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    Carte blanche -

    Par Philippe Lamberts, coprésident du Groupe des Verts/ALE au Parlement européen; Marie Toussaint, eurodéputée EELV et membre de la Commission de l’environnement; Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations unies sur l’extrême pauvreté et les droits de l’Homme

    Publié le 8/12/2022 à 17:00 Temps de lecture: 6 min

    La finance ne connaît aucune frontière. Après avoir étendu son emprise à l’ensemble du champ économique et social, elle s’apprête à conquérir un nouvel eldorado : la nature.

    Sous l’impulsion notamment de la Commission européenne, la création de marchés sur la destruction de l’environnement pourrait en effet être promue à l’issue de la COP15 de la biodiversité de Montréal, qui s’est ouverte ce mercredi 7 décembre.

    Dans un futur proche, donc, les entreprises pourraient avoir la possibilité d’acheter et de vendre en bourse de véritables « permis de détruire » la nature. Concrètement, au lieu d’arrêter la destruction de la nature, ces instruments financiers donneraient à leur détenteur le droit de causer des dommages à la biodiversité dans un lieu donné car ceux-ci seraient « compensés » par la conservation ou la restauration d’un écosystème de « valeur » équivalente ailleurs.

    Ces futurs marchés sur la destruction de la nature reposent pourtant sur une double fiction, qui rend leur utilité plus que douteuse.

    Illusion de substituabilité

    La première est l’idée qu’il serait possible de « compenser » la destruction de biodiversité. Selon cette approche, une entreprise souhaitant, par exemple, construire un aéroport en Espagne à un endroit où se trouve un habitat de flamants roses pourrait en compenser la destruction en plantant des arbres en Roumanie. Or, les écosystèmes ne sont pas substituables : il ne suffit pas de recréer des milieux artificiels pour compenser la destruction de milieux naturels. La biodiversité est en effet une réalité biophysique unique et complexe. Et, à supposer même que les restaurations envisagées soient jugées équivalentes, d’autres problèmes se posent. Tout d’abord, si les dégâts causés sont immédiats et irrémédiables, les restaurations sont par essence progressives et bien souvent temporaires. On ne compte d’ailleurs plus les projets de compensation carbone (boisement, reboisement, etc.) qui sont déjà partis en fumée ces dernières années sous l’effet du changement climatique.

    En outre, ces futurs marchés financiers sur la nature poseraient un véritable problème de justice : en suscitant une forte demande pour de vastes espaces naturels destinés à accueillir des projets de compensation biodiversité, ils donneraient lieu à des accaparements de terres et à des expulsions de peuples autochtones et communautés locales. Sans parler du risque de flambée des prix alimentaires mondiaux qui en résulterait, compte tenu de la concurrence accrue pour les terres arables et l’eau.

    Marchandisation du vivant

    La seconde fiction sur laquelle reposent ces nouveaux marchés est l’idée qu’il est possible de mettre un prix sur la nature. À l’opposé de la logique des écosystèmes, cette approche purement financière s’attache à découper la nature en différents services environnementaux indépendants (tels que la pollinisation, l’épuration des eaux, la protection contre les inondations, etc.), qui peuvent être quantifiables et monnayables. La valorisation monétaire de la nature est en effet un préalable à la compensation : pour pouvoir neutraliser les pertes en biodiversité via des actions de restauration d’une « valeur » équivalente, il est nécessaire de décomposer la nature en unités comparables et échangeables.

    Dans un rapport publié en juin 2021, la Commission européenne a ainsi évalué la valeur totale des dix principaux services environnementaux en Europe à 234 milliards d’euros pour l’année 2019. Soit un montant équivalent aux revenus générés chaque mois par l’industrie pétrolière et gazière au niveau mondial. Ce qui démontre l’absurdité d’un tel exercice. En réalité, la nature n’a tout simplement pas de prix, car elle est la condition même de la vie humaine sur Terre. Ce sens commun se heurte néanmoins à l’approche néolibérale de la biodiversité défendue par la Commission, selon laquelle tout doit être mesuré en « valeur de marché ». Elle transparaît notamment très clairement dans son récent projet visant à introduire de nouveaux comptes environnementaux sur les forêts et les écosystèmes dans les statistiques de l’UE.

    À ces problèmes conceptuels intrinsèques aux futurs marchés sur la destruction de l’environnement s’ajoute la réalité des faits : dans les pays où des projets de compensation biodiversité ont déjà été mis en œuvre, les résultats sont très largement négatifs. En Australie, par exemple, un rapport du Nature Conservation Council a conclu que dans 75 % des cas, les compensations donnaient lieu à des résultats « pauvres » ou « désastreux » pour la vie sauvage et les terres non cultivées, avec 25 % seulement de résultats « adéquats ». Aucune n’a donné lieu à un résultat « bon » pour la nature. Ce même constat d’échec a été observé pour des projets similaires réalisés aux États-Unis et au Canada.

    À tel point qu’aujourd’hui, la compensation biodiversité est devenue très difficile à « vendre » politiquement. C’est la raison pour laquelle la Commission européenne n’y fait plus directement référence dans ses propositions législatives. Elle l’a remplacé par un nouveau terme doté d’un grand capital sympathie : les « solutions fondées sur la nature ». Une pirouette discursive qui lui permet de pousser son agenda en faveur de la financiarisation de la nature, tout en contournant la vigilance citoyenne.

    Réguler, interdire, protéger

    Alors qu’une sixième vague d’extinction des espèces se dessine, nous ne pouvons pourtant plus nous permettre de privilégier des dispositifs de marché voués à l’échec. La compensation « à la découpe » prônée par la Commission n’est en réalité qu’une diversion visant à maintenir le statu quo, tout en créant de nouvelles opportunités de profits pour le secteur financier. Les scientifiques nous alertent sur l’importance d’une gestion durable des terres, fondée sur le maintien d’une biodiversité dans les sols leur permettant de remplir leurs fonctions dans le stockage du carbone et dans le cycle de l’eau : au lieu de cela, les projets de « compensation » ne sont qu’une continuation de la tendance à exploiter les terres en vue d’objectifs économiques, pour en rentabiliser l’usage autant que possible, aux dépens des communautés locales.

    Le déclin massif de la biodiversité appelle à protéger l’existant, plutôt que de recréer artificiellement la nature. D’où la nécessité de revenir à des politiques environnementales traditionnelles et contraignantes : plus simples et moins coûteuses, elles ont déjà prouvé par le passé leur efficacité, que ce soit l’interdiction des gaz aérosols pour stopper le trou dans la couche d’ozone, l’interdiction de l’amiante ou encore des pots catalytiques.

    L’année qui vient sera donc cruciale. Car c’est de notre capacité à imposer une vision anti-utilitariste de la nature que dépendra au final notre survie.

  • Octobre rose

    Une autre demande de dons qui m'interpelle, tous les ans. Evidemment que c'est hypocrite, évidemment que c'est commercial, évidemment que ça ne règle pas le problème à la source.

     

    ReportageLuttes 

    https://reporterre.net/Bisounours-Des-malades-du-cancer-critiquent-Octobre-rose

    « Bisounours ! » Des malades du cancer critiquent Octobre rose

    «<small class="fine d-inline"> </small>Bisounours<small class="fine d-inline"> </small>!<small class="fine d-inline"> </small>» Des malades du cancer critiquent Octobre rose

    Des membres du collectif Cancer Colère, postés devant un hôpital parisien, appelaient à politiser la campagne Octobre rose, jugée « bisounours ». Dans leur viseur, l’agro-industrie et ses pesticides cancérogènes.

    Paris, reportage

    Posté devant l’hôpital, il porte une casquette bleu nuit un poil trop grande, sous laquelle poussent à nouveau de fins cheveux un temps dérobés par la chimiothérapie. Les premiers éclats d’une renaissance : « Il est en rémission d’un cancer du cerveau », sourit sa mère en attrapant le tract que lui tend une dame.

    En cette matinée d’octobre, le parvis de l’Institut Curie — centre hospitalier spécialisé en cancérologie du 5e arrondissement de Paris — s’est mué en forum. Cinq bénévoles du collectif Cancer Colère apostrophent les passants, d’abord un brin fuyant face à ce qu’ils imaginent être une énième prospection publicitaire.

    Pour Cancer Colère, Thérèse sensibilise les passants au lien entre cancers et pesticides. © Mathieu Génon / Reporterre

    « La dernière fois que j’ai mis un pied ici, c’était pour fermer le cercueil d’une de mes meilleures amies », confie Julie. Extirpant de son sac à dos un pavé de dépliants à distribuer, la militante décrit la démarche de cette opération éminemment politique : « La célèbre campagne de communication Octobre rose [contre le cancer du sein] est précieuse à bien des égards, mais regorge d’angles morts. Elle multiplie les injonctions culpabilisatrices, notamment à la féminité, et met uniquement l’accent sur les comportements individuels. Pas un mot n’est consacré aux causes structurelles du cancer. Nous devons briser ce silence. »

    Pesticides : la colère monte

    Destiné à sensibiliser les femmes au dépistage du cancer du sein et à récolter des fonds pour la science, Octobre rose est né en 1985 aux États-Unis sous l’impulsion de l’association American Cancer Society et d’Imperial Chemical Industries, une société britannique. Cotée en bourse jusqu’à son rachat en 2008, cette entreprise aux milliards d’euros de chiffre d’affaires fabriquait certes un médicament contre cette maladie… mais surtout des produits chimiques et des insecticides.

    Quatre décennies plus tard, la campagne automnale n’a rien perdu de son aspect commercial. Bien au contraire, elle est pour certaines entreprises un alibi béton pour s’assurer une image progressiste. En communiquant à gogo sur l’émoi que suscite le cancer chez elles, des marques l’utilisent comme véritable levier marketing.

    Inès est l’une des bénévoles mobilisées ce jour. Une discrète ligne de maquillage permanent, esquissée sous ses sourcils, témoigne de l’épreuve affrontée ici même « il y a deux ans tout pile ». La trentenaire se remémore les intervenants venus lui dispenser des conseils pour soigner sa peau, fortement abîmée par la chimio. Une fois terminé le cours de make-up, un coffret rempli de produits cosmétiques lui avait été offert. « Pas un seul n’était bio… Seulement des marques comme L’Oréal. Et ça ne choquait personne. »

    Et ce alors que les produits toxiques contenus dans les cosmétiques jouent un rôle dans l’apparition des cancers du sein.

    Lire aussi : Des produits toxiques dissimulés dans les cosmétiques

    La monotonie des injonctions médicamenteuses qu’elle affrontait en cette période a offert à Inès le terreau d’une colère, longtemps restée silencieuse : une obsession pour la responsabilité des pesticides et des perturbateurs endocriniens dans l’apparition de cancers.

    Deux ans plus tard, le déclic lui est venu d’une vidéo. Celle dans laquelle Fleur Breteau, perchée sur un balcon de l’Assemblée nationale, hurlait aux députés de droite et d’extrême droite : « Vous êtes les alliés du cancer, et nous le ferons savoir. » La bénévole poursuit : « À ce moment-là, j’ai su que je voulais en être. »

    © Mathieu Génon / Reporterre

    Face à la viralité de cette séquence, intervenue le jour de l’adoption de la loi Duplomb au Parlement, Fleur Breteau est devenue le visage d’une révolte. En quelques mois, son collectif s’est structuré en une constellation d’antennes locales aux plus de 450 têtes pensantes.

    Lire aussi : Des produits toxiques dissimulés dans les cosmétiques

    Des malades, et ex-malades, fatigués que seuls le tabagisme et l’alcoolisme soient jugés coupables alors même que les études scientifiques montrant la corrélation entre les cancers et exposition aux pesticides se multiplient. [1] Fatigués que les lobbies et les politiques continuent de cultiver la fabrique du doute pour préserver les intérêts de l’agrochimie.

    6 milliards d’euros versés par l’Assurance maladie

    En 2021, près de 6 milliards d’euros ont été versés par l’Assurance maladie aux sociétés privées fabriquant des médicaments contre le cancer — et bien souvent, en parallèle, des pesticides et produits chimiques. C’est le cas de Bayer qui commercialise des substances comme le Larotrectinib — une molécule utilisée dans le traitement contre le cancer de la thyroïde par exemple — et dont la filiale Monsanto produit du Round-up, contenant du glyphosate.

    « Ce coût [déboursé par l’Assurance maladie] a doublé en quatre ans et augmente de 20 % chaque année, détaille le tract que Thérèse brandit aux passants. L’épidémie explose et les laboratoires imposent des prix exorbitants pour leurs anticancéreux. »

    « Les laboratoires imposent des prix exorbitants pour leurs anticancéreux »

    Psychologue de profession, cette bénévole a adopté une stratégie bien à elle pour convaincre les inconnus de l’écouter… Les poursuivre, où qu’ils aillent. Tout sourire, elle détaille les combats de Cancer Colère, aborde le scandale du chlordécone et ponctue ses conversations d’un appel au soutien : « Suivez-nous sur Instagram, ce sera déjà un sacré coup de pouce. » Comme Marianne et Inès, elle aussi a eu un cancer. « Du rein, précise-t-elle sans épiloguer. Je m’en suis bien sortie. »

    Épandage à l’hélicoptère

    Un pin’s à l’effigie du collectif accroché au gilet, Marianne, ancienne professeure d’arts plastiques, interpelle une coquette septuagénaire prête à s’engouffrer dans l’institut. « Le cancer ? Oui, je ne le connais que trop bien malheureusement », lui rétorque cette dénommée Brigitte. Fille d’un éleveur de vaches de Bourgogne, elle énumère ses proches emportés par la maladie. Son père et son grand-père ont succombé au cancer de la prostate. Son cousin céréalier, au cancer du rectum. « Je le vois encore survoler ses champs en hélicoptère pour balancer des cochonneries. L’épandage n’avait aucune limite, regrette cette infirmière retraitée. C’était hallucinant. »

    Sa sœur et elle ont aussi eu un cancer du sein. « J’avais 35 ans et venais d’accoucher de mon troisième enfant, poursuit Brigitte. J’ai dû arrêter mon travail. » Une fois achevée la mastectomie, elle a dû changer à plusieurs reprises de prothèse. Traité en 1982, son cancer la poursuit encore aujourd’hui.

    « Le plus difficile, c’est cet inconnu, abonde Inès. Mon oncologue m’a prévenu que les risques de récidives demeureraient toute ma vie. Comment avancer paisiblement en sachant que cette épée de Damoclès plane au-dessus de votre tête ? »

    Le nombre de cancers chez les moins de 50 ans a bondi de 80 % en trente ans. © Mathieu Génon / Reporterre

    À ses yeux, la campagne Octobre rose revêt en ce sens un aspect « bisounours » : « Le cancer du sein est évoqué comme un petit cancer. Non, c’est le cancer le plus meurtrier chez les femmes. » Et lorsqu’il ne tue pas, il pousse parfois les victimes au divorce, au licenciement ou à l’abandon de projets. Débarrassée depuis deux ans de la tumeur, la militante est toujours sous traitement. Des piqûres et des comprimés annihilant ses hormones, jusqu’à placer son corps en ménopause. « Résultat : j’ai dû renoncer pour l’heure à avoir un enfant », déplore-t-elle.

    Un « tsunami » de cancers

    « Personne ne se sent vraiment concerné par le cancer, avant d’avoir rendez-vous chez l’oncologue, poursuit Inès. Lorsque le mien m’a été diagnostiqué, un immeuble m’est tombé sur la tête. Pour moi, ça n’arrivait qu’aux autres. »

    Dans une enquête publiée en mars, Le Monde dévoilait que le nombre de nouveaux cas de cancers chez les moins de 50 ans avait bondi de près de 80 % en moins de trente ans. Les tumeurs digestives et du sein sont les plus concernées par ce que certains chercheurs qualifient déjà d’« épidémie ». Un mois plus tôt, le Pr Fabrice Barlesi, directeur général de l’Institut Gustave Roussy, appelait même à se préparer à « un tsunami » de cancers chez les jeunes. « Ce n’est plus juste la faute à pas de chance », dit Marianne.

    En 2022, plus de 164 000 personnes sont mortes du cancer en France. © Mathieu Génon / Reporterre

    La bouille débordante d’entrain, Candice contorsionne sa poupée sous l’œil amusé d’un taxi. Il y a un an, un rétinoblastome — tumeur cancéreuse intraoculaire — a été diagnostiqué à la fillette qui soufflera en janvier sa deuxième bougie. « J’ai aperçu un reflet blanchâtre dans sa pupille, témoigne Ingrid, sa mère. Le même que l’on observe chez les chats la nuit. » Dès le lendemain, un pédiatre l’invitait à sauter dans un avion en direction de Paris pour procéder aux analyses. « Nous avons multiplié les allers-retours entre ici et La Réunion le temps du traitement. Et par bonheur, son œil a pu être sauvé. »

    Enfouissant le tract de Cancer Colère dans une pochette de la poussette, Ingrid salue les bénévoles et disparaît. Comme pour bien des passants croisés ce jour-là, la polémique entourant la loi Duplomb et le rôle des pesticides dans l’émergence de cancers ne lui étaient guère familiers.

    « À force de sensibilisation, ces sujets seront incorporés dans le débat public », espère Thérèse. À la nuit tombée, une autre équipe du collectif s’en ira d’ailleurs placarder les murs de la ville d’affiches appelant à briser le silence.

    On ne va pas vous le cacher : à Reporterre, on est inquiets.
    Les gouvernements se succèdent, la confiance s’effrite, le débat public se polarise : tout semble instable.
    Le vent peut tourner très vite. Et quand l’extrême droite arrive au pouvoir, les médias indépendants en sortent rarement indemnes.

    Mais au milieu de la tempête, Reporterre garde le cap.
    Nous refusons de céder au sensationnalisme, à la panique et aux raccourcis.
    Chaque jour, nous enquêtons, nous expliquons, nous documentons avec une ligne claire : informer plutôt qu’enflammer les esprits.

    Chez Reporterre, il n’y a ni actionnaire, ni propriétaire milliardaire : le média est à but non lucratif. Nous sommes financés à 98% par 1,6% de nos lectrices et lecteurs.

    Concrètement, ça veut dire que :

    Personne ne modifie ce que nous publions.

    Nous ne cherchons pas à capter votre attention mais à traiter les sujets qui méritent votre attention.

    Nous pouvons laisser tous nos articles en accès libre pour toutes et tous, sans conditions de ressources.

    Il n’y a pas d’action collective sans information libre.
    Et c’est grâce à vous qu’elle peut exister.

  • Des entreprises engagées

    Bien évidemment que les grandes entreprises ont les moyens de financer des mouvements oeuvrant pour la planète et donc pour l'humanité, tout comme elles peuvent le faire pour la recherche médicale.

    1 % par an ne les met pas en danger. On peut même imaginer que ces 1 % seraient inscrits dans une rotation sectorielle de la protection de la nature à la protection de l'humanité. Les missions à mener sont si nombreuses qu'elles ne sont justement pas dénombrables, malheureusement. Imaginons 1% des revenus de Total, LVMH, la sphère Bolloré, Hermès, regardez l'évolution des cours de bourse de ces entreprises... N'ont-elles pas les moyens de subvenir annuellement aux besoins de la recherche médicale par une donation de 1 % ?... Le Téléthon ne devrait pas exister, tout comme les Restos du coeur. Ils existent parce que les individus lambda ont encore en eux la notion de solidarité, d'empathie, de compassion, d'humanité. 

    S’engager pour le vivant
    et pour la Planète.

    Les entreprises membres 1% for the Planet s’engagent à reverser 1% de leur chiffre d’affaires annuel directement aux associations agréées de leur choix.

    Nous facilitons leurs choix philanthropiques en les mettant en relation avec les organisations qui leur correspondent.

    Et nous vérifions chaque année que la promesse est bien tenue.

    Tous ensemble pour la Planète.

     

    https://www.onepercentfortheplanet.fr/

     

    1 % for the Planet France est un fonds de dotation français, affilié au mouvement international 1% for the Planet, qui encourage les entreprises à reverser 1 % de leur chiffre d'affaires à des associations oeuvrant pour la protection de l'environnement. Créé en 2014[2], il constitue la première structure du réseau en dehors de l'Amérique du Nord.

    Origines du mouvement

    Le mouvement[3] 1% for the Planet a été fondé en 2002 par deux entrepreneurs américains : Yvon Chouinard, fondateur de Patagonia, et Craig Mathews, créateur de Blue Ribbon Flies. Souhaitant systématiser leur engagement en faveur de la nature, ils ont décidé que leurs entreprises reverseraient 1% de leur chiffre d'affaires annuel à des causes environnementales. Leur initiative a donné naissance à un réseau mondial d'entreprises engagées dans la philanthropie environnementale.

    En 2024, le mouvement comptait plus de 4 800 entreprises membres dans plus de 110 pays.

    Création de la structure française

    En 2014[2], face à la dynamique croissante en France, l'organisation décide de créer un fonds de dotation local. 1 % for the Planet France devient ainsi la première antenne hors Amérique du Nord du réseau. Son siège situé à Bluffy, en Haute-Savoie, et une antenne complémentaire est ouverte à Paris depuis 2022. Le réseau français regroupe plus de 1 100 entreprises membres réparties sur l'ensemble du territoire.

    Fonctionnement

    Les entreprises membres du collectif s’engagent à reverser 1 % de leur chiffre d'affaires annuel à des associations agréées. Environ 70 % des dons sont versés directement aux associations, tandis que le reste peut transiter par le fonds de dotation. Des contrôles sont effectués chaque année afin de vérifier la conformité des engagements.

    L'équipe 1% for the Planet France, dirigée par Isabelle Susini [archive], est composée de professionnels de la philanthropie, de la communication, du développement commercial et de la gestion de projets environnementaux. Un conseil d'administration [archive] composé de personnalités issues du réseau mondial et local encadre l'organisation.

    Mission

    La protection de l’environnement reste encore marginale dans le domaine de la philanthropie, ne représentant qu’environ 3 % des montants issus du mécénat aux États-Unis et 7 % en France.

    Pourtant, les enjeux environnementaux sont considérables. La mission de 1% for the Planet France est de favoriser le développement de la philanthropie environnementale et de renforcer l’impact des actions menées par les associations œuvrant pour la protection de l’environnement, en facilitant notamment leur accès aux financements.

    Face aux dérèglements climatiques visibles, à la fragilisation des systèmes alimentaires, à la dégradation des milieux naturels ou encore à la raréfaction des ressources en eau, le modèle proposé par 1% for the Planet se veut simple et accessible, avec pour objectif de permettre une action concrète face à ces défis.

    Impact : des actions concrètes, un changement global

    Depuis sa création, 1% for the Planet prouve qu’un modèle simple peut produire des effets puissants : celui de rassembler des entreprises pour financer des solutions concrètes à la crise environnementale. Grâce à ce mouvement, plus de 728 millions de dollars ont déjà été reversés à des associations environnementales partout dans le monde.

    Ce financement a un impact direct sur le terrain :

    Des lois ont été modifiées ou empêchées grâce à la mobilisation d’associations.

    Des écosystèmes et des espèces menacées ont été protégés.

    Des communautés locales ont pu renforcer leur résilience face aux dérèglements climatiques.

    Ces avancées sont rendues possibles par des acteurs de terrain convaincus et compétents. Les associations soutenues par 1% for the Planet sont des expertes des enjeux écologiques et mènent des actions ciblées, au plus près des causes des déséquilibres.

    En France, l’impact est tout aussi significatif.

    Depuis 2004, 74,5 millions d’euros ont été mobilisés au profit de plus de 853 associations agréées [archive] qui agissent pour la préservation de la nature, la transition écologique, la justice environnementale ou la régénération des écosystèmes.

    Aujourd’hui, plus de 1122 membres français [archive] s’engagent chaque année à reverser 1 % de leur chiffre d’affaires pour soutenir ces actions. Cela représente 14 millions d’euros par an pour la France à elle seule, sur près de 100 millions à l’échelle mondiale.

    Ce 1 % symbolique mais significatif est une preuve d’engagement fort, qui donne naissance à un impact durable, visible et mesurable.

    L'impact ne se limite pas à l'aspect financier. Les événements permettent aux entreprises mécènes et aux associations de se rencontrer et de co-créer des projets. De nombreuses collaborations fructueuses voient le jour, telles que celle entre l'association ASPAS et l'entreprise Nümorning [archive], ou entre l'association Water Family et l'entreprise SRDI [archive], parmi d'autres. Ces partenariats et leurs retours d'expérience enrichissent les moments-clés du collectif.

    Une démarche simple, transparente et à impact

    Un engagement concret pour la planète

    Adhérer à 1% for the Planet, c’est bien plus qu’un soutien financier : c’est un engagement à reverser 1 % de son chiffre d’affaires annuel à des associations environnementales agréées, tout en s’impliquant activement dans la transition écologique. Ce modèle simple et transparent permet de soutenir des actions concrètes en faveur du climat, de la biodiversité, de la préservation des ressources naturelles et d’une transition écologique juste.

    Soutenir des causes qui ont du sens

    Les membres du collectif ont la possibilité de choisir les causes et les projets qu’ils souhaitent soutenir, en fonction de leurs valeurs et de leur ancrage territorial. Ce fléchage permet de redonner du sens à l’impôt, en orientant une partie de ses ressources vers des initiatives environnementales locales ou internationales.

    Mobiliser ses équipes autour d’un engagement partagé

    Rejoindre 1% for the Planet permet également d’impliquer ses collaborateurs, notamment via du mécénat, dans une démarche porteuse de sens. L’adhésion devient ainsi un levier d’engagement interne, en cohérence avec la raison d’être ou les valeurs de l’entreprise.

    Accéder à une communauté active et engagée

    Les membres sont invités à participer à des événements tout au long de l’année (cafés, afterworks, webinaires… [archive]), favorisant les échanges, la montée en compétences et les synergies entre acteurs engagés. L’événement phare du collectif, les Rencontres pour la Planète [archive], a lieu chaque année début octobre. Pendant deux jours, des associations environnementales présentent leurs projets directement devant des mécènes, dans une logique de mise en relation et de financement direct. C’est un temps fort de la communauté, propice à la rencontre, à l’inspiration et à la création de liens durables.

    Un mouvement mondial, un impact global

    Intégrer le collectif 1% for the Planet, c’est rejoindre un mouvement mondial d’entreprises et d’individus déterminés à avoir un impact positif pour la planète. C’est aussi renforcer la crédibilité et la transparence de son engagement environnemental grâce à un modèle reconnu, efficace et accessible.

    Modalités d'adhésion

    Pour rejoindre le collectif 1% for the Planet France, les entreprises suivent un processus en trois étapes :

    Définir un plan philanthropique : il s’agit pour l’entreprise d’évaluer son engagement actuel ou de construire une première démarche de mécénat, en lien avec ses valeurs et ses capacités financières.

    Choisir le périmètre d’engagement : l’entreprise décide si l’engagement du 1 % de son chiffre d’affaires concerne l’ensemble de sa structure, une marque spécifique ou une gamme de produits.

    Compléter le formulaire d’adhésion : une inscription en ligne est à effectuer, suivie de la signature d’une lettre d’engagement et du règlement d’une contribution annuelle, incluse dans le calcul du 1 %. Cette contribution, appelée « proportion minimale », est due dès l’entrée dans le collectif. Elle permet notamment de soutenir les actions de l’organisation et le développement du réseau.

    Une fois membre, l’entreprise peut répartir ses dons sur l’année et bénéficier des avantages liés à son engagement, tels que des réductions fiscales, une visibilité renforcée ou encore la participation à des événements du réseau.

    L’ensemble des modalités de versement, des délais de dons et du calcul du 1 % est détaillé sur le site de l’organisation.

    Voir aussi

    Site officiel de 1% for the Planet France [archive]

    Les entreprises et associations du collectif [archive]

    Les belles histoires de nos membres et associations [archive]

    Rejoindre le collectif [archive]

  • L'effondrement de l'éducation nationale

    Je viens de recevoir une notification pour un commentaire posté à la suite du mien. Le mien date de deux ans, je l'avais oublié. Bon, bien évidemment, depuis ce temps, rien ne s'est arrangé. Et croire que ça va aller mieux dans les années à venir est juste risible. Si tant est que ça soit drôle...