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Approvisionnement en hélium
- Par Thierry LEDRU
- Le 12/03/2026
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Le détroit d'Ormuz, ça ne concerne pas que le pétrole.
Le téléphone de Donald doit beaucoup sonner.
"Samsung et SK Hynix sont en alerte maximale.
Plus d'hélium. Plus de semi-conducteurs. Plus de téléphones. Plus d'IA. Plus d'avenir.
Les navires transportant de l'hélium ont cessé de circuler dans le Golfe.
Voici comment tout bascule, étape par étape :
1- L’hélium est utilisé pour refroidir les équipements de fabrication de semi-conducteurs.
2- Sans lui, les usines de semi-conducteurs sont à l’arrêt.
3- Il n’existe aucun substitut à l’hélium dans ce processus.
4- La plupart des navires transportant de l’hélium via le Golfe sont désormais menacés.
5- La Corée du Sud produit 60 % des puces mémoire mondiales.
6- Samsung et SK Hynix fournissent Apple, Nvidia, Tesla et toutes les entreprises d’IA du monde.
Et maintenant, observez l’effet domino :
1- Les livraisons d’hélium s’interrompent.
3- La production des usines de semi-conducteurs ralentit en quelques jours.
4- Nvidia ne trouve plus de puces mémoire.
5- Les centres de données d’IA ne trouvent plus de GPU.
6- Apple ne peut plus fabriquer d’iPhones.
7- Tesla ne peut plus fabriquer de voitures.
8- Tous les serveurs cloud, tous les ordinateurs portables, tous les appareils intelligents sont retardés.
9- L’industrie des semi-conducteurs, un secteur de 600 milliards de dollars, est paralysée.
Et il ne s'agit pas seulement d'hélium. Il y a aussi du néon, du palladium, et tous les gaz rares qui transitent par le Golfe et la mer Rouge.
L'Iran n'a pas eu besoin de tirer un seul missile sur une usine de semi-conducteurs.
Il lui a suffi de rendre les voies maritimes impraticables."
AfricaFoodResearch Review
Le blocus du détroit d'Ormuz réduit de 33% l'approvisionnement mondial en hélium, menaçant les fabricants de puces
Edgen Stock·Mar 10 2026, 02:17
https://www.edgen.tech/fr/news/stock/strait-of-hormuz-blockade-cuts-33-of-global-helium-supply-threatening-chipmakers
Points Clés
Un blocus du détroit d'Ormuz, provoqué par un conflit, a interrompu la production d'hélium au Qatar, déclenchant une grave crise d'approvisionnement pour l'industrie mondiale des semi-conducteurs. Cette perturbation supprime un tiers de l'approvisionnement mondial en hélium, un gaz essentiel pour le refroidissement des plaquettes de semi-conducteurs pendant la fabrication, exerçant une pression immense sur les principaux centres de production comme la Corée du Sud.
Choc d'approvisionnement mondial : Trois grandes installations d'hélium au Qatar ont cessé leurs opérations, retirant instantanément environ un tiers de l'approvisionnement mondial en hélium du marché.
Goulot d'étranglement des semi-conducteurs : L'industrie sud-coréenne des puces fait face à une perturbation critique, car elle s'approvisionne en 64,7% de ses importations d'hélium auprès du Qatar, exposant une vulnérabilité majeure de la chaîne d'approvisionnement.
Pressions sur les coûts imminentes : Bien que les entreprises utilisent les stocks existants, un conflit prolongé de plus de deux semaines pourrait créer des mois de chaos dans la chaîne d'approvisionnement, entraînant des augmentations de coûts significatives et des retards de production.

Le Qatar arrête sa production, 33% de l'approvisionnement mondial en hélium supprimé
Un conflit en Iran a déclenché un blocus du détroit d'Ormuz, forçant le Qatar à fermer ses trois installations de production d'hélium. Cette mesure a brusquement réduit l'approvisionnement mondial en hélium d'environ un tiers, provoquant des ondes de choc dans les industries dépendantes de ce gaz critique. L'hélium est un composant irremplaçable dans la fabrication de semi-conducteurs, où il est utilisé pour le refroidissement des plaquettes. Ce choc d'approvisionnement, combiné à une flambée des prix du pétrole à 111 dollars le baril, soulève de sérieuses inquiétudes quant à l'augmentation des coûts de production et à la stabilité opérationnelle pour l'ensemble du secteur technologique.
Le secteur des puces sud-coréen confronté à une perturbation de 64,7% de son approvisionnement
La crise représente une menace directe pour la formidable industrie sud-coréenne des semi-conducteurs. Selon la Korea Trade Association, le pays a importé 64,7% de son hélium du Qatar en 2025, ce qui le rend exceptionnellement vulnérable à la fermeture qatarienne. Le blocus a coupé la principale voie maritime pour ces expéditions. Cet événement met également en évidence les risques de concentration de la chaîne d'approvisionnement de la région, car la Corée du Sud dépend également d'Israël pour 97,5% de ses importations de brome, un autre matériau clé pour la gravure des puces. Bien que l'approvisionnement en brome ne soit pas encore affecté, la pénurie d'hélium expose la fragilité de l'approvisionnement en matériaux critiques provenant de zones géopolitiquement sensibles.
Les entreprises puisent dans leurs stocks alors que les coûts à long terme augmentent
En réponse à cette pénurie soudaine, de grands fabricants comme SK Hynix s'appuient sur les stocks d'hélium existants et recherchent activement des fournisseurs alternatifs pour atténuer les perturbations immédiates. Cela offre un amortisseur à court terme, mais ce n'est pas une solution durable. Les analystes avertissent que si le conflit et le blocus qui en résulte persistent pendant plus de deux semaines, le chaos qui en découlera pourrait prendre des mois à se résoudre. Les entreprises seraient confrontées à des coûts d'approvisionnement croissants et à des délais de livraison prolongés, même si elles peuvent se tourner vers de nouveaux fournisseurs validés. Une crise prolongée risque de retarder les investissements dans les centres de données et pourrait même entraîner des fermetures d'usines mondiales.
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ARTE : Guerre en Iran : va-t-on vers un choc énergétique mondial ?
- Par Thierry LEDRU
- Le 12/03/2026
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Des gens compétents qui savent de quoi ils parlent.
Quant à Trump, il n'est pas mécontent de la hausse du prix du baril étant donné que les USA sont exportateurs...Il faudra que les marchés financiers se décident à montrer leur mécontentement, non pas les entreprises pétrolières mais toutes les autres. Une guerre, aujourd'hui encore plus qu'autrefois, c'est d'abord et avant tout un problème d'argent, de beaucoup d'argent.
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La stagflation
- Par Thierry LEDRU
- Le 12/03/2026
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On se souvient tous de l'inflation déclenchée par la guerre en Ukraine.
Certains économistes commencent à parler d'une éventuelle stagflation au regard de l'enlisement éventuel du conflit USA-Israël-Iran.
On sait tous que le pétrole est une denrée indispensable à nos économies.
Un pétrole cher ajouté à un ralentissement du commerce mondial en raison du blocus sur le détroit d'Ormuz, à l'extension du conflit sur des pays considérés jusqu'ici comme des zones privilégiées (Dubaï, Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Koweit, etc ...), c'est le mélange détonnant pour que se mette en place une stagflation généralisée et par conséquent, ici, en France.
Qu'est-ce que la stagflation ?
Dernière modification : 10 mai 2023
Temps de lecture 3 minutes
L’essentiel
La stagflation décrit une situation dans laquelle l'économie souffre simultanément d'une forte inflation et d'une croissance faible, voire nulle.
La stagflation est un phénomène rare. Stricto sensu, elle s'est produite seulement une fois, dans l'histoire économique récente, durant les années 1970, à la suite du premier choc pétrolier.
En détail
Le terme de "stagflation" est né de la contraction des mots stagnation et inflation : l'économie souffre simultanément d'une forte inflation et d'une croissance faible, voire nulle. La stagflation s'accompagne souvent d'un taux de chômage élevé. Si le taux de croissance devient négatif, c'est-à-dire qu'il y a une chute du produit intérieur brut (PIB), on parle de "déclinflation" (ou slumflation).
La notion a été utilisée la première fois au milieu des années 1960 pour décrire la situation économique du Royaume-Uni. Elle a gagné de popularité au cours des années 1970, à la suite du premier choc pétrolier de 1973. Les prix du pétrole et d'autres matières premières montent en flèche, entraînant une forte accélération de l'inflation et un fort ralentissement de la croissance. Le "nouveau" phénomène économique se généralise à l'ensemble des pays industrialisés. Avec un taux de croissance à -1% en 1975 en France, le spectre de "déclinflation" a plané brièvement sur l'économie.
La stagflation est un phénomène très rare. Contrairement au boum et à la récession qui interviennent régulièrement lors de la succession des cycles économiques, elle reste exceptionnelle.
En 2023, avec la réapparition d'une forte inflation à la suite de la hausse des prix de l'énergie, le risque de stagflation est réapparu.
Le phénomène de stagflation est difficile à expliquer par la théorie économique car, en principe, les taux de croissance et d'inflation évoluent dans la même direction : en période de forte croissance, les prix augmentent et vice versa.
La stagflation pose également un problème à la théorie keynésienne classique qui suppose un arbitrage entre inflation et chômage (courbe de Philipps : l'augmentation de l'un provoque la baisse de l'autre).
La lutte contre la stagflation s'avère délicate. Relancer la croissance risque de stimuler encore plus l'inflation. Dans le même temps, lutter contre l'inflation via des politiques monétaire et budgétaire restrictives risque d'aggraver la chute de l'activité et augmenter le chômage.
La stagflation des années 1970 a ainsi contribué au basculement des politiques économiques dominées par un soutien à la demande vers des politiques de l'offre, des politiques expansionnistes vers des politiques de rigueur.
Dernières analyses du front...
"Donald Trump s'est retrouvé pris à son propre piège" : au Moyen-Orient, les Etats-Unis face au spectre d'une guerre sans fin contre l'Iran
Les objectifs du président américain ont plusieurs fois changé depuis le lancement de l'attaque contre la République islamique, le 28 février. Les experts interrogés par franceinfo imaginent un enlisement durable du conflit, avec de possibles conséquences délétères.
Consulter le Dossier : Tout comprendre à la guerre au Moyen-Orient
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Article rédigé par Fabien Jannic-Cherbonnel
France Télévisions
Publié le 12/03/2026 05:48
Temps de lecture : 8min
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Un incendie touchant un dépôt de pétrole après une frappe, à Téhéran (Iran) le 7 mars 2026. (NEGAR / MIDDLE EAST IMAGES / AFP)
Combien de temps durera encore la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran ? Washington semble bien en peine de répondre à la question. Interrogé, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, s'est ainsi refusé mardi 10 mars à toute précision : "Ce n'est pas à moi de dire si c'est le début, le milieu ou la fin." La veille, Donald Trump avait affirmé que la guerre était "quasiment" terminée. Quelques jours plus tôt, le président américain parlait pourtant d'une guerre de "quatre semaines". "Nous ne voulons pas partir avant l'heure, n'est-ce pas ? Nous devons finir le boulot, non ?", a-t-il encore lancé, mercredi, pendant un meeting à Hebron, dans le Kentucky.
Les objectifs mouvants des Etats-Unis n'aident pas à y voir plus clair. Donald Trump a multiplié les déclarations contradictoires, assurant tour à tour vouloir mettre fin au programme nucléaire iranien, éradiquer les capacités balistiques du pays, aboutir à un changement de régime, ou encore contrer une menace imminente. "Les choses semblent échapper à Donald Trump, qui a voulu dupliquer le modèle de la guerre des douze jours contre l'Iran [en juin 2025], sans avoir les mêmes cartes en main", analyse auprès de franceinfo Sylvain Gaillaud, chercheur en histoire contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Le spécialiste de l'Iran estime le chef d'Etat américain "y est allé à l'instinct", pensant "que le régime iranien, affaibli, allait s'effondrer" après la mort du guide suprême, Ali Khomeini, et plusieurs dirigeants iraniens dès le premier jour du conflit, le 28 février. Or la République islamiste résiste, et a déjà désigné Mojtaba Khamenei comme nouveau leader.
La Maison Blanche et les fantômes du passé
"Il y a un manque total de préparation de l'administration américaine, on a pu l'observer avec le rapatriement des ressortissants, qui n'avait pas été anticipé", estime également Tara Varma, directrice du programme de prospective stratégique du German Marshall Fund of the United States. Washington fait face "à un risque d'enlisement" en Iran, qui a touché "de nombreux présidents américains" au Moyen-Orient, ajoute l'experte. La guerre en Irak, décidée par George W. Bush en 2003, a ainsi duré près de huit ans et a déstabilisé la région pour deux décennies, causant la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes. La décision américaine d'intervenir en Afghanistan pour chasser les talibans, après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, a finalement mené à leur retour au pouvoir, par la force, en 2021. Bien conscient de cet historique, Donald Trump avait promis de "ne pas démarrer de guerre" lors de la dernière campagne pour la présidentielle.
Entre-temps, "Donald Trump s'est retrouvé pris à son propre piège, avec une surenchère rhétorique sur les négociations, pour finir par s'aligner sur les objectifs d'Israël, qui sont la fin du régime iranien", souligne Sylvain Gaillaud. Mardi, le Premier ministre de l'Etat hébreu, Benyamin Nétanyahou, a ainsi affirmé ne pas "pas encore terminé" avec son ennemi. En face, "l'Iran ne cherche pas de victoire militaire immédiate" mais veut "garder la face le plus longtemps possible", notamment en élargissant la guerre au Liban ou aux pays du Golfe, expliquait le 2 mars à France Culture(Nouvelle fenêtre) Julia Tomasso, spécialiste de la région à l'Institut de relations internationales et stratégiques. L'objectif : installer une guerre d'usure.
Les prix de l'énergie scrutés
Cette perspective inquiète le reste du monde, notamment sur le plan économique. Le prix du baril de pétrole a frôlé les 120 dollars en début de semaine, avant de redescendre. Mais le blocage du détroit d'Ormuz, contrôlé de facto par le pouvoir iranien et par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié, fait craindre une flambée durable du coût de l'énergie. La Commission européenne a mis en garde(Nouvelle fenêtre) lundi contre un "choc stagflationniste majeur", soit une forte inflation combinée à une absence de croissance, capable d'ébranler l'économie mondiale.
Les Etats-Unis ont laissé entendre qu'ils pourraient escorter les pétroliers transitant dans le détroit. Mais la promesse est jugée irréaliste par les spécialistes, alors que Téhéran laisse entendre qu'il pourrait miner le passage. Mercredi, plusieurs navires se trouvant dans la zone ont été touchés par des "projectiles inconnus", provoquant un incendie à bord de l'un d'eux, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO. Dans le même temps, la production d'hydrocarbures par les pays du Golfe tourne au ralenti. La raffinerie de Ruwais aux Emirats arabes unis, l'une des plus grandes au monde, a ainsi suspendu son activité mardi après une attaque de drone.
"Aucune unité nationale" pour Donald Trump
Plus largement, le conflit risque de déstabiliser un peu plus le Moyen-Orient. "Les pays du Golfe voient d'un très mauvais œil ce conflit, analyse Sylvain Gaillaud. La disparition du régime iranien ne suscitera la détresse de personne, mais la question est de savoir ce qu'il y a après, de trouver un substitut qui donne de la stabilité régionale." Un enlisement du conflit poserait aussi la question "de la crédibilité et validité des garanties de sécurité américaine" pour les Etats de la région, dont certains sont des alliés de Washington, comme un écho aux questionnements européens après l'épisode groenlandais.
"Les pays du Golfe se sont construits comme des îlots de stabilité et de richesse. S'ils ne sont plus correctement protégés, cela deviendra très compliqué pour eux."
Tara Varma, directrice du programme de prospective stratégique du German Marshall Fund of the United States
à franceinfo
Du côté des Etats-Unis, se pose par ailleurs la question de l'opinion publique, alors que plusieurs soldats américains ont perdu leur vie depuis le début du conflit. Seuls 29% des Américains approuvent l'opération en Iran, selon un sondage Ipsos(Nouvelle fenêtre) publié lundi. "L'unité nationale sur ce sujet n'existe pas aux Etats-Unis, contrairement à ce qu'il se passe en Israël", souligne Tara Varma. La guerre pourrait réduire les chances des candidats républicains aux élections de mi-mandat, prévues en novembre, déjà traditionnellement défavorables au pouvoir en place. "Une victoire des démocrates à la Chambre des représentants et au Sénat redonnerait au Congrès son rôle de contre-pouvoir", rappelle la spécialiste.
Mais arrêter la guerre pourrait s'avérer compliqué. "Le problème est que les deux parties sont actuellement déterminées à ne pas céder en premier", estime sur X(Nouvelle fenêtre) la chercheuse Kelly Grieco, spécialiste de la politique étrangère américaine au centre Stimson, basé à Washington. "Un camp augmente le coût [d'une possible fin] du conflit, puis l'autre en fait de même à son tour. Trouver une porte de sortie devient alors à chaque fois de plus en plus difficile. C'est ça le danger", ajoute-t-elle.
"Il est difficile de trouver un scénario dans lequel Donald Trump pourra dire : 'J'ai obtenu ce que je souhaitais", résume Sylvain Gaillaud. La suite du conflit dépendra aussi de l'attitude du gouvernement israélien et de sa stratégie jusqu'au-boutiste. Donald Trump parviendra-t-il à imposer une fin des hostilités à son allié ? "Il est en tout cas tout à fait possible qu'il décide de se désengager de manière abrupte de cette guerre", estime Tara Varma, tant les décisions du chef d'Etat américain sont imprévisibles. Mais même si la guerre s'arrêtait demain, elle laisserait "d'importants dégâts et une situation très instable dans la région", prévient l'experte.
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Restaurer les haies
- Par Thierry LEDRU
- Le 11/03/2026
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L'aubépine pousse dans presque toutes les haies de France, et pourtant rares sont ceux qui savent qu'elle servait autrefois de clôture vivante bien avant l'invention du fil barbelé. Nos campagnes regorgent d'arbustes natifs dont les rôles écologiques et les usages anciens sont tombés dans l'oubli
Aubépine (Crataegus monogyna) : reine des haies bocagères, elle nourrit plus de 150 espèces d'insectes et ses baies tiennent tout l'hiver pour les grives et les merles.
Prunellier (Prunus spinosa) : premier arbuste à fleurir en fin d'hiver, ses épines protègent les nids des prédateurs. Ses prunelles servent à préparer le vin d'épine.
Sureau noir (Sambucus nigra) : chaque partie a un usage — fleurs en beignets, baies en sirop, bois creux pour les sifflets. Les anciens l'appelaient la pharmacie du pauvre.
Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea) : ses rameaux rouges illuminent les haies en hiver. Son bois, parmi les plus durs d'Europe, servait à fabriquer des manches et des flèches.
Troène commun (Ligustrum vulgare) : arbuste des lisières calcaires, ses fleurs parfumées en juin attirent une diversité de pollinisateurs difficile à égaler.
Viorne obier (Viburnum opulus) : spectaculaire en automne avec ses grappes rouge translucide, elle pousse en sol frais et nourrit les fauvettes dès septembre.
Fusain d'Europe (Euonymus europaeus) : ses fruits roses éclatants cachent des graines orange vif. Toxiques pour l'homme, elles sont indispensables aux rouges-gorges en migration.
Noisetier commun (Corylus avellana) : ses chatons apparaissent dès janvier, première source de pollen pour les abeilles en sortie d'hivernage. Ses branches souples servaient en vannerie.
Bourdaine (Frangula alnus) : discrète et méconnue, elle est pourtant la plante hôte exclusive du citron de Provence, un papillon jaune emblématique.
Genêt à balais (Cytisus scoparius) : colonisateur des terres pauvres, il fixe l'azote et prépare le sol pour les espèces forestières qui lui succéderont.
Églantier (Rosa canina) : ancêtre sauvage de nos rosiers, ses cynorrhodons contiennent vingt fois plus de vitamine C que l'orange. Les confitures d'églantine restent une spécialité régionale.
Nerprun purgatif (Rhamnus cathartica) : arbuste des coteaux secs, il produit un colorant vert utilisé par les enlumineurs du Moyen Âge et reste un refuge pour les insectes auxiliaires.
Ces arbustes forment le maillage invisible qui tient nos paysages ensemble — corridors pour la faune, brise-vent pour les cultures, garde-manger pour les pollinisateurs. Replanter une haie d'espèces locales, c'est restaurer un patrimoine vivant que trois générations de remembrement ont failli effacer.
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Une fois la tempête passée
- Par Thierry LEDRU
- Le 10/03/2026
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« Je ne sais pas quelles seront les armes de la Troisième Guerre mondiale, mais celle de la quatrième seront des pierres et des bâtons. »
Albert EINSTEIN
On sait tous que la folie humaine rend possible l'éclatement d'une troisième guerre mondiale. Le nier relèverait d'un déni aux conséquences fâcheuses. Nous savons aujourd'hui quelles en seraient les armes. Missiles et drones et éventuellement le recours fatal à l'arme nucléaire. Et dans cette hypothèse, il est clair que le retour à l'âge préhistorique est envisageable, pour ceux et celles qui auraient survécu.
Ce qui est effrayant dans cette citation, c'est d'entendre le savant lancer l'hypothèse que ces survivants porteraient toujours en eux, cette idée que la guerre est une chose juste, justifiable, que les gains à saisir sont plus importants que les pertes à subir, que rien de bon n'aurait émergé dans l'esprit des survivants de la troisième guerre mondiale ou de leurs descendants, que l'Histoire est un éternel recommencement et que rien ne pourrait guérir l'humain de ses travers les plus profonds.
C'est justement l'inverse de cette idée que je cherche à développer dans le tome 4 de la dystopie en cours.
Voilà le texte en exergue :
«Une fois la tempête passée, tu te demanderas comment tu as fait pour la traverser, comment tu as fait pour survivre. Tu ne seras pas très sûr, en fait, qu’elle soit vraiment achevée. Mais sois certain d’une chose : une fois que tu auras essuyé cette tempête, tu ne seras plus le même. »
Haruki MURAKAMI
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Journalistes en danger.
- Par Thierry LEDRU
- Le 10/03/2026
- 0 commentaire
Des journalistes en danger quand ils essaient d'alerter et donc de nous protéger.
«Je ne pensais pas que le sujet de mes articles pouvait m’attirer des problèmes» : la journaliste experte des PFAS Stéphane Horel cible de pressions
https://vert.eco/articles/je-ne-pensais-pas-que-le-sujet-de-mes-articles-pouvait-mattirer-des-problemes-la-journaliste-experte-des-pfas-stephane-horel-cible-de-pressions
PFAS aux faits. La journaliste d’investigation, qui coordonne des enquêtes internationales sur le scandale sanitaire des «polluants éternels», a été la cible de vols et de tentatives d’effraction de son domicile. Dans cet entretien à Vert, elle revient sur ces événements et sur la spécificité de son travail sur les PFAS.
10/03/2026
Par Mathilde Picard
À l’origine de nombreuses révélations sur les scandales de pollutions chimiques, Stéphane Horel est journaliste au Monde depuis 2018. Ciblée par des intimidations depuis 2023, elle a porté plainte mi-février aux côtés de son média pour «entrave à la liberté d’expression, atteinte à l’intimité de la vie privée, tentative de violation de domicile, vol et détérioration de biens privés».
Reporters sans frontières lui a apporté son soutien et affirme que si les faits sont avérés et organisés par une seule personne, «ce serait une atteinte très grave à la liberté de la presse et au droit des citoyen·nes à avoir accès à de l’information d’intérêt général». L’ONG rappelle que «de telles méthodes qui relèvent de moyens criminels sont rares en France, mais existent bien, comme l’ont montré les pressions exercées sur le média Fakir».
Quels évènements ont mené à la plainte contre X que vous avez déposée aux côtés du Monde ?
J’ai coordonné le Forever pollution project, une enquête transfrontalière qui a révélé l’ampleur de la contamination aux PFAS. Elle a donné lieu à une carte des zones les plus polluées en Europe. Dans la continuité, nous avons lancé le Forever lobbying project, une investigation collective sur le lobbying de l’industrie afin d’empêcher l’interdiction de ces substances dans la réglementation. J’ai rassemblé une équipe de 46 personnes pour mener ces enquêtes. C’est un projet collaboratif et je me sens responsable de la sécurité de mes collègues et de notre travail.
Or, le 3 janvier 2025, à dix jours de la publication du Forever lobbying project, j’étais chez moi et j’ai entendu un bruit métallique à l’extérieur de mon appartement. Peu après, je suis sortie sur mon palier et j’ai vu une marque autour de la serrure, la peinture était abîmée et le cylindre enfoncé. J’étais quasi seule dans l’immeuble, j’ai vérifié toutes les serrures de mes voisins : aucune autre n’avait été abîmée. J’en ai parlé avec les collègues avec qui je bosse sur le projet. Ils m’ont fait remarquer que c’était la troisième fois cette année que j’avais «un problème avec ma porte».

Stéphane Horel coordonne une enquête transfrontalière sur les PFAS, ces polluants toxiques pour la santé et ultra-persistants dans l’environnement. © Lisa Drian/Vert
Je me suis souvenue qu’en mai 2024, le lendemain de mon arrivée à une conférence de journalisme d’investigation à côté de Bruxelles, mes voisins m’avaient prévenue que ma serrure avait été cassée. Quelques mois plus tard, j’intervenais dans une autre conférence à Bologne : même scénario, ma serrure était de nouveau abîmée. J’ai compris que ces deux incidents étaient arrivés à des moments où mon absence était connue publiquement.
«Sur la question de la pollution aux PFAS, les enjeux économiques sont colossaux.»
Le vol de mon sac à dos dans un bar en juillet 2024 était-il un hasard ? En juin dernier, je me suis aussi fait voler mon téléphone à la terrasse d’un café, dans des circonstances un peu bizarres. Je ne m’étais jamais retrouvée dans des commissariats, et là j’y suis allée quatre fois en 18 mois, dans une période où je travaillais uniquement sur les PFAS. Le 3 septembre dernier, un homme m’a suivie en vélo jusqu’à l’endroit où je m’étais garée, au pied des locaux du Monde. Il a uniquement volé ma sacoche et ne s’en est pris à aucun autre vélo autour. Nous avons donc porté plainte avec Le Monde. Heureusement, aucun collègue ou chercheur du projet collaboratif n’a vécu ce même type d’incident.
Travailler sur les questions environnementales est-il devenu risqué pour les journalistes ?
Je ne pensais pas que le sujet de mes articles pouvait m’attirer des problèmes. J’ai des collègues qui travaillent sur des oligarques et des trafiquants de drogue au quotidien… Je n’envisageais pas que mes enquêtes pouvaient être aussi sensibles par rapport aux leurs. Je me suis dit que, peut-être, les gens visés par nos enquêtes voulaient savoir ce qu’on allait révéler, et qu’après la publication de nos articles on allait me laisser en paix. Mais ça n’a pas été le cas.
© Lisa Drian/Vert
En dehors de l’Europe, les journalistes les plus ciblés par des menaces et des assassinats, ce sont ceux qui travaillent sur l’environnement. Est-ce que ça devient aussi problématique en France ? Sur la question de la pollution aux PFAS, les enjeux économiques sont colossaux, on parle de dizaines ou centaines de milliards d’euros. Sans compter que, sur les questions environnementales, des personnes qui ont d’autres rôles dans la société subissent également des intimidations gravissimes. C’est le cas de Claire Nouvian, directrice de l’ONG Bloom, qui lutte pour une meilleure réglementation de l’industrie de la pêche et pour la protection des océans.
Ces intimidations ont-elles changé votre quotidien de journaliste ?
Il y a des périodes où j’étais aux aguets, mais on ne peut pas l’être tout le temps. Maintenant, je me demande beaucoup plus ce qui, dans mon travail, peut susciter ce genre d’évènements. Je ne bosse que sur les PFAS depuis 2022. Est-ce qu’il s’agit d’intimidations, ou de personnes qui voulaient se renseigner sur ce que nous allions publier ? Impossible de savoir, on peut seulement émettre des hypothèses.
Comment en êtes-vous venu à travailler sur les PFAS, ces polluants persistants toxiques ?
Les PFAS, c’est mon obsession journalistique, ça fait partie des sujets qui te percutent. C’est un sujet total qui recoupe toutes les problématiques liées à la pollution. Cela révèle les manquements de nos gouvernements, qui n’ont pas instauré de règles adéquates pour protéger la population.
«Rendre visible l’invisible.»
En enquêtant sur ces substances, j’ai découvert le concept du state-facilitated corporate crime : ce sont les dommages industriels facilités par l’État. Ce ne sont pas les entreprises les méchantes de l’histoire, et les pouvoirs publics les victimes : les normes sont coconstruites avec les pouvoirs publics, donc il y a une véritable absence de curiosité de leur part sur ce qu’il se passe à l’intérieur des usines. On compromet notre santé pour une molécule qui sert à protéger la moquette. Aujourd’hui, les bébés naissent pré-pollués, on a tous des PFAS dans le sang – et les enfants dans une proportion bien plus importante.
Comment faire pour informer sur une pollution d’une telle ampleur et aux conséquences si graves sans se décourager ni accabler le public ?
Il faut une énergie joyeuse pour travailler sur des sujets comme ça. Avoir de l’humour peut apporter de nouvelles idées, une perspective neuve sur les problèmes. Il y a une quinzaine de jours, lors d’une réunion pour préparer un voyage à Bruxelles, où certains d’entre nous ont suivi des «habitants de la pollution» [qui vivent dans des zones hautement contaminées, NDLR], j’ai fait une blague en disant : «I am a PFAS hotspot» [«Je suis une zone de haute contamination aux PFAS»], et ça a fini sur des autocollants qu’ils ont distribués pendant leurs rendez-vous.
C’était une blague qui attrapait quelque chose de très réel : une des femmes italiennes que j’ai rencontrées a plus de 100 nanogrammes par millilitre (µg/l/ml) de PFAS dans le sang. Les Académies nationales des sciences, de l’ingénierie et de médecine américaines estiment que les patients présentant une concentration supérieure à 20 ng/ml devraient subir une série d’examens pour prévenir des effets importants sur la santé. Elle a eu un cancer du sein. L’humour permet de vulgariser ces sujets-là parce que, quand on parle de polluants, on doit rendre visible l’invisible. Et on peut avoir de la fantaisie tout en étant très carré.
«On n’a pas encore pris la mesure du problème.»
Le journalisme cross-border [transfrontalier, en collaboration avec des enquêteur·ices de différents pays, NDLR] crée aussi un espace de liberté énorme pour développer les sujets environnementaux. Il permet de sortir l’investigation des scandales politico-financiers sur lesquels elle se concentrait traditionnellement, et de féminiser la profession.
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Détruire les datacenters
- Par Thierry LEDRU
- Le 10/03/2026
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C'est une nouveauté : le bombardement de datacenters.
Le cloud héberge des services financiers, des systèmes de santé, des communications d’État et des données industrielles critiques, quels critères géopolitiques doivent guider le choix d’une région d’hébergement ? Les Émirats arabes unis sont devenus ces dernières années une destination prisée pour les grandes infrastructures numériques, attirées par une fiscalité avantageuse, une connectivité dense et une stabilité perçue comme solide.
La nuit du 1er mars a mis un sérieux bémol à cette perception.
C'est le système informatique qui est visé et on sait tous l'importance considérable de cette technologie.
Guerre en Iran : les datacenters américains dans le viseur
En ciblant les datacenters d’AWS au Moyen-Orient, l’Iran désigne les infrastructures numériques comme des cibles de guerre.
Par Philippe Leroy, Le 6 mars 2026, 17h18
3 min
Des drones iraniens ont frappé délibérément cette semaine les data centers d’AWS aux Émirats arabes unis et à Bahreïn. Selon le Financial Times (FT), c’est la première fois qu’une opération militaire prend pour cible les infrastructures d’une entreprise technologique américaine de premier plan.
L’agence Fars News, proche des Gardiens de la révolution islamique, a revendiqué ce jeudi des frappes contre des installations d’Amazon et de Microsoft dans la région. Si Microsoft a démenti tout incident opérationnel, AWS a confirmé que deux de ses sites aux Émirats avaient été « directement touchés » par des drones, mettant hors service deux de ses trois zones de disponibilité régionales.
Un data center en Bahreïn a également été atteint lors d’une attaque à proximité. AWS a conseillé à ses clients de migrer leurs données vers d’autres régions, reconnaissant que « l’environnement opérationnel au Moyen-Orient reste imprévisible ».
Des cibles difficiles à défendre
Les data centers présentent des caractéristiques qui en font des cibles vulnérables : des groupes électrogènes diesel, des turbines à gaz, et surtout d’imposants systèmes de refroidissement. « Ce sont des installations tentaculaires, et si vous mettez hors service les refroidisseurs, vous pouvez les mettre entièrement hors ligne », explique au FT Sam Winter-Levy, chercheur à la Carnegie Endowment for International Peace.
Lire aussi : OpenAI se raccroche à AWS pour avancer sur l'agentique
Matt Pearl, du think-tank américain CSIS, résume la logique de ces offensvives : « Les Iraniens voient les data centers comme une composante du conflit. C’est une façon d’avoir un impact réel dans la région. »
L’eldorado de l’IA du Golfe remis en question ?
Les conséquences de ces frappes dépassent largement le cadre militaire. Le Golfe avait misé sur son image de havre de stabilité pour attirer des investissements colossaux dans l’intelligence artificielle. L’Arabie saoudite, via son entité Humain, et les Émirats arabes unis, via G42, ont engagé des milliards aux côtés de Nvidia, Amazon et Microsoft pour construire de vastes clusters de data centers.
Abu Dhabi accueille également l’un des gigantesques projets « Stargate « d’OpenAI. Le mois dernier encore, Microsoft annonçait l’ouverture prochaine d’un nouveau centre Azure en Arabie saoudite.
« Ces frappes pourraient fondamentalement changer le calcul de risque pour les investisseurs privés, les assureurs et les entreprises technologiques elles-mêmes », avertit Jessica Brandt, du Council on Foreign Relations. « Le Golfe s’était vendu comme une alternative sûre à d’autres marchés. Cet argument vient de perdre de sa force. »
Un avertissement mondial
Au-delà des capitaux, c’est le recrutement de personnel d’ingénierie et de construction qui pourrait pâtir du nouveau climat d’insécurité, selon un vétéran américain de l’industrie tech installé dans la région, cité par le FT. Il compare le projet « Stargate » aux usines de fabrication de puces d’Intel en Israël, protégées par l’armée et entourées de défenses anti-aériennes : « Il faut intégrer la protection dès le départ, c’est incontournable pour un projet de cette envergure. »
Reste que l'attaque soulève une question qui dépasse le seul Moyen-Orient. « C'est un avant-goût de ce qui va venir, et ces types d'attaques ne se limiteront pas à cette région », prévient Winter-Levy. À l'heure où les infrastructures numériques deviennent le nerf de la guerre économique et technologique mondiale, leur protection physique s'impose désormais comme un enjeu de souveraineté à part entière.
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Risque d'enlisement
- Par Thierry LEDRU
- Le 08/03/2026
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Je tente de suivre les événements au Moyen-Orient. Non pas avec BFMTV ou TF1 mais sur les pages de personnes que je suis depuis longtemps et que j'ai toujours trouvé pertinentes, informées, objectives. Le détroit d'Ormuz, l'approvisionnement en pétrole (bien que 80 % du pétrole passant par Ormuz part vers l'Asie), on est dans une problématique explosive au regard de la hausse des cours du pétrole et par conséquent d'un retour violent de l'inflation. Et donc d'un impact majeur sur les économies occidentales. On sait tous que les marchands vont répercuter les coûts sur les consommateurs. La durée du conflit va être déterminante pour la suite. J'ai déjà parlé ici des risques systémiques, inflation, économie, finance, dette, banqueroute, effondrement du commerce mondial. Encore une fois, les puissants affûtent la lame du rasoir.
Nous tous, on regarde, on observe, on cherche à comprendre, à anticiper, à notre humble niveau.
Depuis une semaine, avec le beau temps, on a pu reprendre les activités dans le potager.
On sait à quel point, c'est une situation de privilégiés.
Là-bas, ils comptent les morts.
Cyrus Farhangi
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Contrairement à ce que j'imaginais intuitivement au départ, l'Iran aurait en fait la capacité, par ses drones pas chers et ses mines maritimes, de bloquer le Détroit d'Ormuz pendant "des mois".
Ce n'est évidemment pas le seul risque d'enlisement de ce conflit, mais ce serait un choc de grande ampleur sur l'économie mondiale et la sécurité alimentaire (le pétrole-gaz est déjà critique pour l'approvisionnement alimentaire, mais par le détroit d'Ormuz transite également un tiers du commerce mondial d'engrais azotés).
L'Iran est un important fabricant de drones et dispose d’une capacité industrielle permettant d’en produire environ 10 000/mois, selon le Centre for Information Resilience, groupe de recherche financé par le ministère britannique des Affaires étrangères.
« L’Iran ne va pas céder facilement ni rapidement ; il dispose des moyens de rendre dangereuse la circulation commerciale dans le détroit d’Ormuz », déclare à Reuters Bob McNally, président du cabinet Rapidan Energy Group.
« Les États-Unis donnent la priorité aux attaques contre les munitions, les bases et les installations iraniennes qui menacent le détroit. Mais il suffit à l’Iran de montrer qu’il peut frapper quelques pétroliers, et l’inquiétude fera le reste : les navires n’oseront tout simplement plus passer ».
La dernière génération de drones Shahed-136 possède une portée de 700 à 1 000 kilomètres, suffisante pour atteindre n’importe quel point de la côte sud du Golfe, selon Farzin Nadimi, chercheur au Washington Institute.
Ces drones parviennent à pénétrer les systèmes de défense aérienne des États du Golfe : 65 d’entre eux sont entrés aux Émirats arabes unis depuis le début du conflit.
Ils ont frappé des centres de données d’Amazon, l’aéroport international de Dubaï et un hôtel Fairmont. Bahreïn a subi des dommages matériels sur des infrastructures, une base navale américaine et une tour comprenant un hôtel et des appartements.
Des négociants pétroliers se préparent à de nouvelles hausses des prix.
« Je suis très inquiet : ce risque est actuellement sous-évalué sur les marchés pétroliers », a déclaré un cadre dirigeant de Vitol, société mondiale de négoce de matières premières. « La théorie dominante est que l’Iran utilise d’abord des missiles et des drones plus anciens pour épuiser les défenses aériennes. Si c’est le cas, leur véritable riposte n’a pas encore vraiment commencé. »
Si les missiles et les drones venaient à manquer, l’Iran pourrait déployer des mines marines. Téhéran disposerait d’un stock de 5 000 à 6 000 mines de ce type, selon Dryad Global, société spécialisée dans l’analyse des risques maritimes.
« Si des mines marines sont posées, il faudra beaucoup de temps pour s’en débarrasser », a déclaré Cormac McCarry, directeur chez Control Risks spécialisé dans le renseignement maritime et les services de sécurité. « C’est à ce moment-là que l’on pourrait parler de plusieurs mois de perturbations. »
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Un rappel à l'ordre.
- Par Thierry LEDRU
- Le 07/03/2026
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Il y a bien longtemps déjà que je rêve des personnages de mes romans. Je les vois dans les situations déjà écrites.
Je me souviens particulièrement de Luc, dans "NOIRCEUR DES CIMES", il allait mourir de froid, il m'a appelé, il fallait que je le sauve.
La nuit dernière, j'ai eu une nouvelle visite.
Martha, petite fille, dans " TERRE DES HOMMES" est venue pour me dire que j'avais oublié de lui rapporter ses vêtements restés dans la maison de ses parents, qu'elle n'avait rien pour se changer et qu'il fallait que j'y remédie.
J'ai ressenti une certaine honte de l'avoir laissée aussi démunie.
Ce soir, je vais rectifier cet oubli.
Il est tout de même surprenant de se voir rappeler à l'ordre par des personnages de fiction et en même temps, je finis par trouver ça logique au regard de la place qu'ils tiennent dans ma tête.
J'ai écrit "LES HEROS SONT TOUS MORTS" en 2017, il a été publié en 2018.
En 2018, j'avais déjà commencé l'écriture du tome 2.
En 2022, je commençais l'écriture du tome 3.
Je suis environ au premier tiers du tome 4.
On peut considérer que je vis avec ces personnages depuis 9 ans.
Inévitablement, ça crée des liens.
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Mon père
- Par Thierry LEDRU
- Le 01/03/2026
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Mon père a 91 ans. Il y a cinq ans, il a été victime d'un AVC qui l'a rendu aveugle. Il n'a plus l'usage de ses jambes. Touché par la "démence sénile" (expression que je trouve particulièrement violente), il perd la parole, il n'a quasiment plus aucun souvenir.
Il ne se souvient plus de sa femme, ma mère, décédée en septembre 2025. Elle aussi a été victime d'un AVC en 2019. A la démence sénile s'est ajoutée la maladie d'Alzheimer. La dernière année de son existence n'a été qu'un calvaire.
Mon père est dans un EHPAD à dix kilomètres de chez moi. Je vais donc le voir souvent. Il ne se souvient pas de mon prénom mais ça lui revient à chaque fois au bout d'un certain temps d'échanges. Je lui parle de sa vie, de sa femme, de leurs voyages, de leurs métiers, de nos années en Bretagne. Il ne se souvient pas de mon frère, mort à 39 ans.
Il a énormément de mal à s'exprimer et moi à le comprendre. Il peut s'endormir en quelques secondes pendant que je lui parle. Demain matin, il sera peut-être mort mais il est également possible que dans un an, je passerai l'après-midi avec lui.
Depuis plusieurs mois, quand je vais le voir, on écoute des chansons de son époque. Charles Trénet, Charles Aznavour, Yves Montand, Georges Brassens, Jean Ferrat, Edith Piaf, Barbara, Dalida, Serge Lama, etc... Parfois, il y a quelques paroles de refrain qui lui reviennent et il est heureux. Je ne lui dis jamais a priori de qui il s'agit, ni de quelle chanson. Il est très rare qu'il arrive à retrouver les noms.
Aujourd'hui, j'ai eu l'idée de lui faire écouter une musique de film, un de ces films préférés.
Ce morceau-là.
Et au bout de trente secondes, il a dit, fort et distinctement selon ses capacités, " Il était une fois dans l'ouest, ennio morriconne" et j'ai vu son visage s'illuminer, il a écouté encore puis il a continué "Comme c'est beau, comme c'est beau." L'harmonica avait suffi, dans sa mémoire, une étincelle avait jailli.
Et j'ai vu les larmes couler sur ses joues, sur son visage réjoui, extatique et j'ai pleuré avec lui.
Puis enfin, quand la musique s'est arrêté, il a pris ma main, il l'a serrée fort, très fort, il a dit "Merci Thierry, merci mon chéri."
Il y avait bien longtemps que je ne l'avais entendu parler autant.
Et encore moins exprimer son amour pour moi avec un visage aussi illuminé. Pas juste des mots, tout son corps, tout ce qui est encore en état de fonctionner.
La musique a un pouvoir immense.
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L'urgence d'écrire
- Par Thierry LEDRU
- Le 01/03/2026
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Tout le monde est au courant des évènements en Iran.
Au-delà des drames inhérents à tous conflits armés, conflits armés que je suis dans l'incapacité de comprendre, où que ce soit, je me rends compte, depuis un moment déjà, que je n'écris pas assez vite et que la folie humaine est plus rapide que ma capacité à finir cette quadrilogie dans les temps, c'est à dire avant qu'elle ne devienne une fresque historique.
L'acheminement du pétrole, c'est le sang dans les veines des pays occidentaux.
LE DESERT DES BARBARES
Ils contemplèrent le coucher du soleil. Silencieux.
Lorsqu’ils rentrèrent, Théo prépara le contact.
« J’ai mis en place un système de traduction automatique sur l’écran de l’ordi. C’est pas de l’instantané mais ça permet de suivre sans être perdu. Tu verras, il y a des protocoles de prise de paroles. En général, Alec invite cinq personnes en fonction de leur situation géographique.
- Il est en Angleterre ?
- En Écosse, exactement. Mais lui, il a un système d’antennes tellement puissantes qu’il peut contacter quasiment n’importe qui en Europe. Et le réseau qu’il a établi permet de passer de l’un à l’autre, comme des sauts de puce, pour aller jusqu’à Vladivostok s’il en a envie. Moi, je suis limité à une partie de l’Europe, les pays limitrophes avec le Portugal, la Grèce, le Danemark pour les plus éloignés et pas toujours avec une bonne qualité. Mais, bon, ça me suffit et je n’ai ni le temps ni l’envie de passer des heures là-dessus. Tu n’imagines pas les passionnés qu’il y a dans ce milieu. Certains, pour que tu te fasses une idée, rêvent de contacter des extra-terrestres. Et leur installation, c’est autre chose que mon bricolage. Je ne suis qu’un tout petit amateur comparé à eux.»
Ils attendirent en parlant des prochains trails. Laure avait envie de s’inscrire à une course à la fin du mois de septembre.
« J’ai juste envie de voir où j’en suis. Si j’ai de nouveau du plaisir à la compet.
- Tu serais toujours sponsorisée ?
- Oui, ils ne me laissent pas tomber. Ils attendent que je retrouve mon niveau de l’an passé, quand j’étais au Kilimandjaro. Ils aimeraient bien que je tente le prochain UTMB, l’ultra trail du Mont-Blanc, l’été prochain. Je l’ai gagné il y a trois ans. Première féminine et vingt quatrième du général.
- Tu es vraiment impressionnante.
- Je l’étais. Mais, c’est sans pitié le sport de haut niveau. Un an d’arrêt, c’est minimum deux ans d’entraînement pour retrouver le rythme.
- Contact », lança Théo.
Les premiers mots d’Alec.
Un accent très marqué.
Laure se concentra immédiatement sur la traduction à l’écran.
Elle lut et sentit aussitôt son ventre se nouer.
« Changement de programme pour une alerte majeure. Il y a deux heures, attaques de drones missiles en Arabie Saoudite, terminaux pétroliers en feu, raffinerie, cuves, plusieurs explosions. Missiles et drones envoyés depuis le Yémen. Aramco, propriétaire des centres pétroliers, a dit que 50% de sa production était concernée. Hausse du prix du baril inévitable, réaction militaire des États-Unis, tensions sur les marchés financiers. L’Iran est accusé. Embrasement possible au Moyen-Orient. Plusieurs pays arabes, Égypte et pays du Golfe, ont appelé à des représailles contre l’Iran. L’arraisonnement de pétroliers dans le golfe d’Ormuz il y a quatre semaines avait déjà marqué un point chaud. Si des attaques de drones-missiles avaient lieu sur cette zone, la voie d’acheminement prioritaire du pétrole vers l’Occident pourrait être bloquée. À surveiller également des représailles terroristes envers les pays qui soutiennent l’Arabie Saoudite. La France lui a vendu des frégates l’an passé. La complexité de toutes les factions religieuses en place rend l’avenir très incertain. Craindre dans les prochains jours une extension du conflit. Approvisionnement du pétrole affaibli avec une possible rupture en cas d’aggravation. »
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"Effondrée" d'Olivier Escalon
- Par Thierry LEDRU
- Le 28/02/2026
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Un film amateur qui prouve combien l'amateurisme peut être très, très talentueux.
Je suis un écrivain amateur et j'espère que la quadrilogie que je terminerai un jour sera aussi talentueuse.
Effondrée : Le film
433 abonnés
35 212 vues 23 janv. 2026 DRÔME
Résumé : La civilisation s'effondre. Tim a fuit la ville pour trouver à manger et rejoindre ses parents, en vain. Affamé et assoiffé, il tombe par hasard sur la maison de Manon, une femme solitaire qui vie en autonomie dans la nature. Elle accepte de le nourrir en échange de son aide au potager mais dans deux semaines, il devra partir.
Effondrée est un moyen-métrage auto-produit.
Pour en découvrir plus sur le film, vous trouverez sur la Chaîne Youtube Olivier Escalon le making-of réalisé par Axel Bove, et un lien vers une émission de l’Atelier 7 présentée par Guillaume Desjardins de la chaîne RougeVertBleu où on rentre vraiment dans le détail de chaque rôle sur le tournage avec les membres de l’équipe.
Écriture et réalisation : Olivier Escalon Manon : Murielle Huet Des Aunay Tim : Arnaud de Grandry Homme affamé : Roland Pistoresi Première assistante de réalisation : Kasia Balas Deuxième assistante de réalisation : Anna-Lena Rebaud Script : Lorette Faivre Chef Opérateur : Alexandre Mottart Chef électro : Adrien Picq Assistant cam et lumière : Matéo Colzi Baptiste Bertrand Alexandre Tornier Chef opérateur son : Nathan Morlevat-grivot Assistants son : Lina Badreddine Nicolas Noclin Cheffe Déco : Angélique Monbeig Assistante déco et accessoiriste plateau : Inga Adeline-Eshuis Maquillage coiffure : Nina Le Roux Costumes : Célia Poufarin Régisseuse générale : Julie Le Garignon Régisseur adjoint : Axel Bove Cuisine : Catherine Parmentier Damien Cécillon Aide Logistique : Laurent Montmagnon Montage : Olivier Escalon Assistant monteur : Baptiste Bertrand Étalonnage : Adrien Picq Mixage son : Rémi Bastianelli Effets spéciaux : Clément Delord Xavier De Capèle Adrien Picq Making-of : Axel Bove
Musique 1 titres
Runes
Richard Lacy, Sonia Slany
ANW2578 - Northern Lights
Transcription
Suivez la vidéo à l'aide de la transcription.
Olivier Escalon
18:39
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Hydrologie régénérative
- Par Thierry LEDRU
- Le 20/02/2026
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Ce constat, je le lis depuis une dizaine d'années. Et il est certain qu'il avait déjà été établi bien avant. Et pourtant, on continue à voir fleurir des zones commerciales avec des parkings gigantesques, sur des zones autrefois humides et qui ont été asséchées. Juste un exemple parmi beaucoup d'autres.
Crues : « On a détruit tout ce qui permettait d’absorber la pluie »

Rues bétonnées, haies arrachées, rivières rectifiées... Nos pratiques ont appauvri les sols, aggravant davantage les crues dans l’ouest de la France, explique l’ingénieure hydrologue Charlène Descollonges.
Après le passage de la tempête Nils, toute la moitié ouest de la France était encore en vigilance pluies et inondations le 18 février. Si ces crues sont des aléas naturels, « certaines pratiques et activités humaines aggravent fortement la situation », explique l’ingénieure hydrologue Charlène Descollonges.
Dans son livre Eaux vives, paru le 4 février (éd. Actes Sud), elle résume : « En accélérant les flux d’eau en surface, en surexploitant l’eau douce et en l’évacuant rapidement vers la mer, nous nous rendons vulnérables aux sécheresses comme aux pluies intensifiées par le changement climatique. »
Reporterre — Une grande partie de la France connaît des crues et des inondations exceptionnelles. Comment expliquez-vous ces phénomènes ?
Charlène Descollonges — Nous assistons à un phénomène de crues généralisées, qui touchent plusieurs bassins versants, essentiellement sur la partie ouest de la France. Les inondations sont dues à un aléa naturel — des cumuls de précipitation importants sur un temps très court — intensifié par le changement climatique, et à des vulnérabilités — des constructions en zone inondable, par exemple.
Mais entre les deux, il existe tout un tas de facteurs aggravants : des sols agricoles drainés, des villes imperméables, des haies arrachées, des rivières rectifiées, transformées en autoroute à eau. En gros, tout ce qui permettait de ralentir et d’infiltrer l’eau a été détruit ou dégradé. Sur la carte de Vigicrues, les tronçons en rouge sont en aval des bassins versants, ce qui veut bien dire que l’eau qui tombe en amont n’est pas retenue, tout se concentre dans les cuvettes, dans les exutoires, et déborde.
Dans votre livre, vous expliquez que « les crues violentes et les sécheresses sont les deux faces d’une même pièce : celle de cycles de l’eau dégradés ». Qu’entendez-vous par là ?
On a perturbé le cycle de l’eau bleue, en rectifiant les rivières, en détruisant des zones humides. Résultat, il y a une accélération, on évacue très vite l’eau des territoires vers la mer — et quand il y en a trop, elle déborde en aval.
« On a détruit la capacité des milieux à absorber et à recycler la pluie »
On a également altéré le cycle de l’eau verte, cette eau essentielle, contenue dans les premiers mètres du sol, qui est évapotranspirée par les végétaux. Avec nos sols appauvris, nos forêts uniformes, nos villes imperméables, on a détruit la capacité des milieux à absorber et à recycler la pluie.
Quelles activités humaines participent à cette dégradation des cycles de l’eau ?
Depuis l’après-guerre, les pratiques agricoles intensives ont engendré une perte de la capacité d’absorption et de stockage des sols. On a asséché les zones humides, arraché des haies et converti les prairies humides pour faire de grandes cultures. Par-dessus, le surlabour et les produits chimiques ont appauvri les sols en espèces vivantes. Sans matière organique, ils ne sont plus capables de retenir l’eau.
« Nous avons développé un rapport de contrôle vis-à-vis de l’eau »
La sylviculture industrielle a produit les mêmes effets. Dans les forêts cultivées de manière intensive, l’eau de pluie est évacuée par des fossés, pour avoir une humidité et une croissance des arbres homogènes. On peut aussi s’interroger sur les conséquences des monocultures de résineux sur le cycle de l’eau.
Autre problème, les rivières en France ont été fortement artificialisées, d’abord pour le trafic fluvial. Endiguement, mise à grand gabarit, canalisation... Les barrages, hydrauliques ou hydroélectriques, induisent également une surévaporation de l’eau.
Lire aussi : Mares, haies, fossés… Face aux inondations, ils tentent de guider l’eau
En amont, les petits chevelus — ces ruisseaux en tête de bassin — ont bien souvent été comblés ou curés comme des fossés. On a supprimé des méandres et des zones humides qui sont des éponges naturelles. Enfin, l’étalement urbain, le développement d’infrastructures ont totalement imperméabilisé les sols.
Vous pointez également le rapport de domination et d’hypercontrôle que nous entretenons sur l’eau douce. Qu’entendez-vous par là ?
Nous avons développé un rapport de peur vis-à-vis de l’eau — peur de manquer ou d’en avoir trop — et donc un rapport de contrôle. C’est une vision très technique, héritée des ingénieurs, notamment ceux des ponts et chaussées, formés depuis des décennies à drainer, canaliser, irriguer. Il faudrait qu’on retrouve un rapport de respect et de soin pour les hydrosystèmes, passer d’un paradigme de contrôle à un paradigme de confiance et de libération.
On en est encore loin, semble-t-il. Aujourd’hui, face aux crues, on entend surtout parler de curage, de bassins de rétention, de digues…
C’est une fuite en avant. Tant qu’on n’aura pas pris la mesure de l’altération des cycles de l’eau, on risque de persévérer dans l’hypercontrôle hydraulique, avec un coût économique énorme. Construire des digues, canaliser des rivières, entretenir ces ouvrages… c’est extrêmement cher ! Ce faisant, on occulte les causes réelles des inondations, et on ne tient pas du tout compte des effets à venir du changement climatique.
Vous prônez plutôt la diffusion de l’hydrologie régénérative : de quoi s’agit-il ?
L’hydrologie régénérative est la science de la régénération des cycles de l’eau, bien que la notion fasse encore débat parmi les scientifiques [cette science est en phase d’émergence et doit faire l’objet d’études approfondies par un travail de recherches académiques]. Il s’agit d’un ensemble de pratiques, de principes — ralentir, infiltrer, stocker l’eau dans les sols — qui permettent de conserver l’eau dans les territoires. On cherche à réactiver des processus naturels qui permettent de régénérer les hydrosystèmes, en s’alliant avec les autres vivants.
« Il s’agit de cultiver l’eau »
À l’inverse de ce que j’ai décrit plus haut, on va chercher à cultiver l’eau, comme le fait la vie terrienne depuis des centaines de millions d’années. Des forêts diversifiées, des rivières libres, des paysages agricoles multispécifiques et agroforestiers, de l’hydraulique douce, des villes éponges.
Concrètement, en quoi peut-elle apporter des solutions aux extrêmes hydriques que nous traversons ?
Il ne s’agit pas d’une méthode miracle. On ne propose pas de creuser des mares partout ni de recréer des méandres à la pelle mécanique. L’idée est plutôt de partir du territoire, de privilégier le low tech à des méthodes interventionnistes, et de favoriser la participation citoyenne. L’objectif, c’est de viser l’autonomie des milieux naturels et des habitants.
Lire aussi : Cette paysanne qui voulait « cultiver l’eau »
Par exemple, autour de Valence, des agriculteurs travaillent à concevoir des agrosystèmes qui ralentissent et répartissent l’eau de pluie. Cela passe par des ouvrages d’hydraulique douce comme des baissières ou des mares, mais également par des pratiques agroécologiques pour nourrir les sols, et par l’agroforesterie. Autrement dit, il s’agit de cultiver l’eau.
À quelques semaines des élections municipales, que peuvent les communes pour régénérer les cycles de l’eau ?
Elles peuvent beaucoup ! Il existe déjà une dynamique forte en faveur des villes éponges. Cela consiste à désartificialiser, à désimperméabiliser là où on peut — dans les parkings, les cours d’école —, à créer des jardins de pluie, des noues [sortes de fossés végétalisés], des toitures végétalisées… Tout ce qui permet d’infiltrer l’eau à la parcelle plutôt que de l’envoyer vers les égouts. À la campagne aussi, les bourgs ruraux peuvent le faire.
Quelles sont les marges de manœuvre des citoyens face aux inondations et aux sécheresses ?
Quand on a la chance d’avoir un jardin, on peut faire plein de choses : planter des arbres, faire une mare, récupérer l’eau de pluie... Je recommande à ce propos le livre de Samuel Bonvoisin [Cultiver l’eau douce, éd. Ulmer]. Et dans tous les cas, en ville ou à la campagne, on peut s’engager, car les citoyens ont un énorme pouvoir pour impulser des projets sur leur territoire.
Encore une fois, l’hydrologie régénérative n’est pas une baguette magique ni une liste de techniques à dérouler. C’est une approche globale, à l’échelle d’un bassin versant. Si on se limite à quelques jardins ou parcelles agricoles, cela ne restaurera pas les cycles de l’eau. On a besoin de dynamiques collectives pour pousser ce changement, rendre la terre à l’eau.
Mon espoir, c’est que cela peut aller très vite. Autour de Valence, où nous travaillons avec l’association Pour une hydrologie régénérative (Puhr), un seul élu a finalement réussi à embarquer une dizaine d’agriculteurs, avec le soutien de la chambre d’agriculture. Le projet se fait désormais à l’échelle du bassin… C’est très encourageant !
On ne va pas vous le cacher : à Reporterre, on est inquiets.
Ici comme ailleurs, les tensions montent, les démocraties s’essoufflent, le débat public se polarise. Tout semble instable.
Le vent peut tourner très vite. Et quand l’extrême droite arrive au pouvoir, les médias indépendants en sortent rarement indemnes.Mais au milieu de la tempête, Reporterre garde le cap.
Nous refusons de céder au sensationnalisme, à la panique et aux raccourcis.
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Pavlov's dog
- Par Thierry LEDRU
- Le 17/02/2026
- 0 commentaire
Sur une page d'adeptes du "free pop rock" des années 1970, je retombe sur ça.
Pour celles et ceux qui ont connu "Pavlov's dog" en 1976...
Je suis fasciné par le fait que j'ai toujours ce morceau en mémoire alors que je ne l'ai sans doute pas entendu depuis plus de trente ans.
J'écoutais ça dans mon "walkman" à cassettes quand je courais dans les bois, à fond !! J'avais quatorze ans ^^
"Did you see him cry"
Un final à courir comme un lapin, à rire de bonheur, tout seul dans les bois :)
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De la responsabilité
- Par Thierry LEDRU
- Le 17/02/2026
- 0 commentaire
C'est une notion fondamentale mais qui au fil du temps n'est devenue qu'un ersatz de sa réalité.
Aujourd'hui, l'idée de responsabilité est très souvent associée à une intention personnelle. Se montrer responsable ne se fait pas avec un objectif universel mais avec une intention égotique, intéressée.
"Je suis responsable de ma voiture" ne signifie pas que je ne peux pas conduire n'importe comment en mettant les autres en danger, mais que je dois l'entretenir parce qu'elle est à moi !
"Je suis responsable de mes enfants" ne signifie pas que je dois leur apprendre à être conscient de la vie et à la respecter, sous toutes ses formes, mais juste à les amener à ne pas se comporter de façon à ce que des problèmes me retombent dessus.
Oui, je sais, une bonne partie de l'humanité me désole...
Dans l'article précédent, je parlais des inondations et des phénomènes naturels d'ampleur.
La question qui se pose est inévitable : dans quelle mesure, chacun et chacune parmi nous est responsable de l'état actuel de la planète ? Dans quelle mesure participons et entretenons-nous les dérèglements que nous avons sous les yeux ? Combien parmi nous se sont déjà posés la question et combien ont été amenés en fonction de leurs propres réponses à changer ?
Alors, le débat, pour certains, est vite clos :
"Mais on n'est rien du tout face au gigantisme de l'humanité, c'est pas moi qui vais y changer quelque chose."
On trouve aussi les défaitistes :
"De toute façon, c'est foutu alors autant que j'en profite."
et puis ceux qui n'ont absolument aucune conscience des autres et de la vie toute entière :
"Mais j'en ai rien à foutre des Chinois ou du plancton, des Balouchistans ou des fougères, me casse pas les couilles."
Bon... Bien évidemment, le fait que je ne mange pas d'animaux et que par conséquent, je ne contribue pas à l'élevage intensif ne va pas mettre un terme au réchauffement climatique, ni que je ne prenne pas l'avion, ni que je parte en vacances à vélo, à pied ou avec un fourgon et que ça ne va jamais au-delà des frontières du pays. Que je n'achète que ce qui m'est indispensable ne va pas arrêter la hausse du niveau des océans ou le blanchiment du plancton, ni rien de ce que je fais, moi tout seul, absolument rien.
Sauf que je ne suis pas tout seul. Et donc, l'impact est réel. C'est l'accumulation des grains de sable qui constitue la plage.
Et ajoutée à cette masse, il y a ma conscience, ma bonne conscience, celle qui fait que je peux me coucher le soir avec le sentiment d'avoir été "juste" envers la vie.
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Les pieds dans l'eau
- Par Thierry LEDRU
- Le 17/02/2026
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"Un retour à la normale, il faut l'oublier car la normale est devant nous et non pas en arrière." François Gemenne
Voilà ce qu'il va bien falloir finir par comprendre. Ce ne sont donc pas des crues "extraordinaires". Ce sont des phénomènes appelés à devenir "normaux".
Si on s'attache à regarder le passé, ce qui se passe aujourd'hui est du domaine de l'inconnu mais il n'est plus temps de regarder ce passé sinon, on n'avance pas. L'année prochaine, les crues pourraient être bien pires encore.
On est ici dans le même registre que ces records de températures qui sont dépassés année après année.
Il y a longtemps déjà que les scientifiques nous disent que les phénomènes météorologiques sont amenés à être de plus en plus intenses, qu'il s'agisse des précipitations (pluie, neige, grêle) comme des canicules et des sécheresses. Là, maintenant, une partie importante du pays est sous les eaux et l'été prochain, les mêmes régions subiront peut-être une sécheresse "exceptionnelle".
Il est dit dans ce reportage que vingt millions de Français vivent en zones inondables. Quant à la sécheresse, plus aucune région du pays ne peut se targuer d'être en dehors de ce risque. Quand je vois les Monts d'Arrée en Bretagne touchés par les incendies de l'été, ça donne une idée. Personnellement, j'ai quitté la Bretagne quand j'avais 24 ans parce que je ne supportais plus le climat breton...
Un autre signe très éclairant, c'est de voir le nombre de maisons à vendre à proximité d'un cours d'eau et qui ne trouvent pas d'acheteurs alors que ces mêmes maisons étaient considérées comme des "paradis" il y quelques décennies. Quand on a décidé de vendre la maison de la Creuse et de chercher à se rapprocher des Alpes, des agents immobiliers nous ont proposé des maisons en bord de rivière ou de ruisseau. Je les ai immmédiatement ramenés à la réalité. Pas pour nous.
Ni l'idée d'acheter une maison à flanc de colline dans une région connue pour ces précipitations diluviennes. Je suis abonné à la page d'un permaculteur en Lozère. Il y a dix jours, la moitié de son terrain est parti dans un glissement de terrain. Il a tout perdu... :(
Il y a des maisons qui vont devenir invendables.
Et je n'ose même pas imaginer les gens qui aujourd'hui ont les pieds dans l'eau. Un incendie, on a une chance de l'éteindre, l'eau, on ne l'arrête pas.
Je pourrais également parler de la bétonnisation, de l'artificialisation des sols, des haies qui ont été arrachées sur des milliers de kilomètres et qu'on commence à replanter maintenantd, du comblement des zones humides etc etc.... Mais si je me lance dans le catalogue des folies humaines, je vais y passer trop de temps. Tout est expliqué partout quand on cherche.
Bon courage à celles et ceux qui ont les pieds dans l'eau.
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Quadrilogie : beaucoup de monde
- Par Thierry LEDRU
- Le 15/02/2026
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Dans mon projet d'une éventuelle adaptation en bande dessinée de ma quadrilogie, il était utile que j'identifie les personnages principaux des trois tomes achevés. Il me restera à compléter la liste du tome 4 puisque d'autres personnages sont prévus.
Et ça fait du monde.
Certaines et certains disparaissent d'un tome à l'autre, d'autres arrivent.
A savoir que Laure Bonpierre reste le personnage principal des quatre tomes.
De la Savoie au Kenya, à la Colombie, à la Nouvelle-Zélande, d'un hémisphère à l'autre, des montagnes à la jungle, des villes à la campagne, de la vie à la mort, de la détresse à l'amour.
Si je m'en tiens aux propos de mon éditrice, il se pourrait qu'elle trouve une place en 2026 pour le tome 2, "TOUS, SAUF ELLE". Ce qui me laisse le temps de bien fignoler le tome 4 et de me rendre compte de la nécessité ou pas d'un tome 5.
L'écriture, c'est prenant :)
LES HÉROS SONT TOUS MORTS
PERSONNAGES
Laure Bonpierre : sportive professionnelle, adepte de l'ultra-trail et records d'ascension.
Gaston Floc’h: chasseur
Lucas Marcieux : lieutenant à la SRPJ, ancien compagnon de Laure
Lucie : compagne actuelle de Lucas
Moses : guide africain, accompagnateur de Laure au Kilimandjaro (Tanzanie)
Fabien Dumont : lieutenant de police
Mathieu Denis : lieutenant de police
Francis Thiébaut : flic, équipier de Mathieu et Fabien
Thomas Blanchard : militaire, ami de Lucie.
Raphaël Guérini : truand
Paolo Midugno : porte-flingue
Martin Kravanski : diamantaire, receleur.
TOUS, SAUF ELLE
PERSONNAGES
Laure Bonpierre : sportive professionnelle, adepte de l'ultra-trail et records d'ascension.
Théo Bréchet : lieutenant de police, survivaliste
Fabien Dumont : lieutenant de police
Francis Thiébaut : flic, en fuite.
Pierre Favre : deuxième identité de Francis Thiébaut
Tariq : fanatique islamiste de Daech (Irak)
Farid : frère de Tariq, mort à Mossoul (Irak)
Figueras : Indien Aruhaco, ami des Indiens Kogis. (Colombie)
Kalén ; Mamu (sage) Indien Kogis (Colombie)
Ayuka : Indien, guide. (Colombie)
Alfonso : ami italien de Francis, receleur (Italie)
Vincenzo : ami italien d’Alfonso, faussaire (Italie)
Walter Zorn : Chef suprême de l’Ordre des Immortels. Concepteur du plan Némésis. (Nouvelle-Zélande)
Fabiola Mesretti : banquière, première femme intégrant l’Ordre des Immortels (Nouvelle-Zélande)
Jonas : père de Walter Zorn (Nouvelle-Zélande)
Abraham : grand-père de Walter Zorn (Nouvelle-Zélande)
Zack : garde du corps de Walter Zorn. (Nouvelle-Zélande)
Docteur Flaurent : chirurgien, hôpital sud de Grenoble
Terence : trader pour Walter Zorn
Nacer : islamiste, coordonnateur des attentats à Paris.
Sélim Karmaz : banquier à Istanbul (Turquie)
Akram : homme de main de Sélim Karmaz
Aziz : islamiste, héberge Tariq à Paris.
Tian : étudiant
Louna : étudiante
Tim : frère de Laure, survivaliste
Aurore : femme de Tim
Boris Strogo: milliardaire russe, membre de l’Ordre des Immortels
Hans Van de Kerkoff : milliardaire belge, membre de l’Ordre des Immortels
Gros Bill : tenancier à Christchurch (Nouvelle-Zélande)
Langlois : flic, patron de la brigade
Didier : père de Louna
Fabienne : mère de Louna
Anne : compagne de Didier
LE DÉSERT DES BARBARES
PERSONNAGES :
Laure Bonpierre : sportive professionnelle, adepte de l'ultra-trail et records d'ascension.
Théo Bréchet : lieutenant de police, survivaliste
Tian : étudiant
Louna : étudiante
Tim : frère de Laure, survivaliste
Aurore : femme de Tim (décédée)
Fabien Dumont : lieutenant de police
Francis Thiébaut : flic, en fuite.
Pierre Favre : deuxième identité de Francis Thiébaut
Tariq : fanatique islamiste de Daech (Irak)
Figueras : Indien Aruhaco, ami des Indiens Kogis. (Colombie)
Walter Zorn : Chef suprême de l’Ordre des Immortels. Concepteur du plan Némésis. (Nouvelle-Zélande)
Fabiola Mesretti : banquière, première femme intégrant l’Ordre des Immortels (Nouvelle-Zélande)
Joachim Nichols : militaire, Pentagone, bras droit de Walter Zorn.
Zack : garde du corps de Walter Zorn.
Nacer : islamiste, coordonnateur des attentats à Paris.
Didier : père de Louna
Fabienne : mère de Louna
Anne : compagne de Didier
Yves : père de Laure Bonpierre
Lisette : mère de Laure Bonpierre
Alec : radio-amateur (Écosse)
Raymond et Yolande Balthuzar : couple ami de Théo, paysans.
Sophie et Tristan : le couple qui a fondé un groupe de survivalistes
Emma et David : couple ami
Moussad : ancien combattant de Daech, intégré au groupe de Sophie
Kenza : ancienne otage de Daech, libérée par Moussad
Delphine et Jean Mangin : Couple survivalistes voisins du groupe de Sophie
Martha : fille de Delphine et Jean
Valentin Volkoff : ancien militaire russe
Fanfan : ami de Valentin
Marion : compagne de Fanfan
Markus Solberg : norvégien, homme d’entretien de l’université de biologie de Longyaerbyen. (Svalbard)
Ahmed , Kevin, Mouloud, Dylan, Jason, Ernesto, Domi, Kimberley, Rihanna, Stacy, Aldo, Romuald, Diego : des barbares. (Nice)
Loris : frère de Delphine Mangin.
Stella et Isabelle : étudiantes en fuite.
Harry Boyd : ami de Tim (Nouvelle-Zélande)
Kathleen : épouse de Harry
Matt : fils de Harry et Kathleen
Jodie : fille de Harry et Kathleen
Daniel et Mireille : couple de survivants du groupe de Valentin
Francine et Jean : couple de survivants du groupe de Valentin
TERRE SANS HOMMES
PERSONNAGES
Laure Bonpierre : sportive professionnelle, adepte de l'ultra-trail et records d'ascension.
Théo Bréchet : lieutenant de police, survivaliste
Tim : frère de Laure, survivaliste
Figueras : Indien Aruhaco, ami des Indiens Kogis. (Colombie)
Joachim Nichols : militaire, Pentagone, bras droit de Walter Zorn.
Loris : frère de Delphine Mangin.
Stella et Isabelle : étudiantes en fuite.
Sophie et Tristan : le couple qui a fondé un groupe de survivalistes
Emma et David : couple ami
Didier : père de Louna
Anne : compagne de Didier
Moussad : ancien combattant de Daech, intégré au groupe de Sophie
Kenza : ancienne otage de Daech, libérée par Moussad
Tian : étudiant
Louna : étudiante
Martha : fille du couple Mangin
Valentin Volkoff : ancien militaire russe
Fanfan : ami de Valentin
Daniel et Mireille : couple de survivants du groupe de Valentin
Francine et Jean : couple de survivants du groupe de Valentin
Josh Randall, ancien Marines, tireur d'élite. (USA, Maryland)
Donald Prumpt : pasteur, leader du groupe de L'arche. (USA, Maryland)
Marguerite et Fernand : habitants dans le marais poitevin
Ange : membre commando de Walter Zorn
Nancy : responsable d’un centre d’accueil. (USA, Maryland)
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Le fil conducteur
- Par Thierry LEDRU
- Le 14/02/2026
- 0 commentaire
Je travaille, beaucoup, beaucoup. Ou plutôt, puisque l'éthymologie du mot travail trouve sa source dans la torture, je m'amuse à écrire.
J'ai écrit un document pour chacun des trois romans achevés de la quadrilogie et j'entame le même "travail" sur "TERRE SANS HOMMES" pour la partie déjà achevée. Mais en même temps, j'ai un nombre sidérant d'articles que j'ai envie d'écrire sur le blog.
J'ai pris conscience ces derniers jours que le fil conducteur de chacun de mes romans publiés consiste à amener mes personnages à prendre conscience de ce qu'ils portent car je suis convaincu, par expérience, que nous ne connaissons qu'une partie infime de notre potentiel et que nos pensées limitantes nous empêchent d'accéder à cet espace inconnu.
Les personnages de mes romans sont tous confrontés à des situations qui les révèlent à eux-mêmes. Qu'il s'agisse de la haute montagne, de la nature, de l'amour, de la souffrance, de la détresse, des drames, des joies. Il ne s'agit pas de "reconstruire" car cela implique de rétablir ce qui a disparu. Surtout pas. Ce qui compte, ce qui conduit l'individu, c'est de laisser émerger l'être nouveau, celui qui va vers son apogée ou en tout cas ce qui à l'instant donné constitue ce qui est le plus beau, le plus juste, l'idéal de ce qu'il peut être.
Si je reprends "VERTIGES", mon premier roman publié en 2004, Jonathan, le personnage principal dit à la fin du roman: "Jonathan est mort, mais pas moi." Voilà ce qui m'importe, ce qui constitue le fil conducteur. Il ne m'intéresse pas de décire des existences si ces existences ne brisent pas les enceintes, les limites, les cadres.
Il y a des prisons qu'on subit mais pire que tout des prisons qu'on s'invente. L'existence n'a de valeur qu'au regard des destructions de ces prisons et de l'émergence de ce qui est en nous, notre moi réel et non l'assemblage des pièces d'un puzzle sociétal, familial, professionnel, relationnel. Jonathan dans "VERTIGES" était le précurseur et je n'avais pas conscience, à l'époque, de l'importance considérable de ce cheminement intérieur.
J'ai pensé aujourd'hui que je devais lister sur le blog les personnages principaux de mes romans et en cherchant à les identifier tous, je me suis aperçu que les femmes sont en tête de liste. Non pas qu'elles soient systématiquement le personnage principal de chaque roman mais elles tiennent toujours un rôle prépondérant. Et je n'en suis aucunement surpris car à mes yeux, les femmes sont les plus à mêmes d'explorer la part cachée qui est en chacun, de révéler les âmes, d'en extraire le plus beau.
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Cliffhanger et page turner
- Par Thierry LEDRU
- Le 11/02/2026
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Je m'anglicise ^^
En littérature, ces deux techniques concernent des méthodes d'accroche.
Le "cliffhanger" consiste à tenir le lecteur (oui, les lectrices aussi ^^) en haleine en fin de chapitre, à le laisser haletant, face à une énigme, un danger, une interrogation, un drame et ses conséquences, une nouvelle joyeuse et ses effets, bref, l'obligation de tourner la page et donc on se retrouve pris par le "page turner". L'idéal étant d'être tellement accroché (cliffhanger) qu'on tourne les pages jusqu'à la fin ^^(page turner)
"Le cliffhanger est une technique narrative qui consiste à interrompre le récit à un moment crucial, souvent à la fin d'un chapitre ou d'un livre, pour maintenir l'intérêt du lecteur et susciter l'envie de connaître la suite.
Un page turner est un livre si captivant que le lecteur ne peut s'empêcher de tourner les pages pour découvrir la suite, souvent grâce à un début accrocheur, des rebondissements et une intrigue haletante."
Comme je l'ai dit dans le message précédent, je me suis en tête de chercher un éditeur ou un auteur, autrice, dessinateur, dessinatrice pour une adaptation de ma quadrilogie. Et donc, depuis plusieurs soirs, je relis les trois tomes achevés (je rappelle que le tome 1, "Les héros sont tous morts" est publié.)
L'idée est de construire un synopsis, chapitre par chapitre, avec un résumé et un extrait. Et au fil de ce travail, je me suis aperçu que je m'étais quelque peu inscrit dans cette technique du "cliffhanger". En même temps, dans une catégorie polar-anticipation, il serait assez désastreux de ne pas avoir envie de tourner la page.
Néanmoins, je me suis appliqué à ne pas finir chaque chapitre par un "suspense" parce qu'on sait que la répétition tue l'effet. Je pense même que les réflexions existentielles tiennent autant de place que les situations d'actions. Et je m'en réjouis.
Il n'était pas question pour moi de délaisser le cogito ...
Il ne s'agit donc pas de romans d'actions, avec des super héros (voir le titre du tome 1...) mais des gens comme tout le monde qui se retrouvent dans des situations dont personne ne voudrait. Et qui tentent de s'en sortir.
L'objectif principal étant que les lecteurs et lectrices en arrivent à se demander : "Et moi, comment je ferais si ça m'arrivait ? "
C'est d'ailleurs ce que l'éditrice avait mentionné dans la présentation du tome 1 sur son site : Dans un registre plus noir que d’habitude, et sur fond de polar, on retrouve l’excellente écriture de Thierry Ledru, qui nous livre une analyse en miroir de l’âme humaine, et nous pousse à nous interroger : que ferions-nous avec cette mallette ?
L'âme humaine. Voilà ce qui m'importe.
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Une idée, un projet.
- Par Thierry LEDRU
- Le 07/02/2026
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Je travaille à l'écriture du tome 4, "TERRE SANS HOMMES"
J'aime beaucoup la bande dessinée et je me suis rendu compte au fil des années qu'il m'arrive de plus en plus souvent de construire un chapitre comme s'il m'apparaissait découpé dans des pages et des cases, de voir le dessin.
Je le faisais déjà sur le plan cinématrographique mais je trouve que la "fixité" du dessin oblige à se concentrer sur les éléments essentiels, sur une forme de cadrage qui ne doit rien délaisser et ne doit rien surcharger. C'est la quête de la justesse, ni trop, ni trop peu. Il s'agit d'identifier le point central et de construire autour. Et de savoir s'arrêter quand tout est en place.
Puis, une nuit, une idée m'est venue.
Et si je cherchais une maison d'édition de bande dessinée et un dessinateur ?
Proposer une adaptation.
Alors, voilà, je reprends les trois tomes déjà écrits et je les mets en forme pour les présenter. Une sorte de scénario et un extrait par chapitre pour donner le ton, l'idée centrale.
Il me restera à finir le tome 4 et à réaliser le même travail.
Motivation totale.
Un projet sur le long terme.
Il va me falloir également établir la liste des éditeurs publiant des albums dans le style polar-thriller-anticipation, avec un dessin réaliste.
Je vais devoir naviguer un certain temps au vu du nombre de maisons existantes.
Affaire à suivre :)

