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Articles de la-haut
"Les irrespnsables" de Johann Chapoutot
"Ce qui est en train de se mettre en place en France, c'est le " macron-lepénisme " , selon l'historien Emmanuel Todd. Un concept qui repose sur un axe vertical de collaboration avec en haut une technocratie incompétente, un peu folle et sadique ( selon Todd) à qui le pouvoir politique et décisionnel a été confié et en bas un appareil judiciaire et policier répressif, brutal dans la gestion des crises et des mouvements sociaux . Il rejoint là Johann Chapoutot , autre historien professeur d'histoire à la Sorbonne qui dans son livre " Les irresponsables " parle lui d'un consortium libéral autoritaire, tissé de solidarités d'affaires, de partis conservateurs, nationalistes et libéraux, de médias réactionnaires et d'élites traditionnelles qui se sentent menacés. Quand les forces de répression avertissent qu'elles ne pourront faire face à un soulèvement généralisé, le pouvoir , qui ne repose sur aucune base électorale, décide de faire alliance avec l'extrême -droite, avec laquelle il partage au fond à peu près tout, et de l'installer au sommet. C'est ce qui s'est passé dans les années 30 en Allemagne."
Patrick Champagnac
Les irresponsables seraient donc parfaitement conscients de ce qui se passe aujourd'hui en France. Le comportement des "forces de l'ordre" n'en est qu'une méthode et non une perte de contrôle.
Forces de l'ordre en désordre
Je ne vais pas revenir sur tous les témoignages qui estiment que les forces de l'ordre n'ont pas assuré leur rôle. Elles ont gazé, nassé, tabassé des cortèges aucunement menaçants et laissé les pillages s'étendre à de très nombreux endroits.
Certains "responsables" (lol), estiment que les prévisions sur l'ampleur des manifestations a été sous-évaluée.
Mais alors, doit-on penser que le gouvernement n'a aucune conscience de l'état du pays et d'une très grande partie de sa population ? Evidemment qu'il y allait avoir du monde et DONC évidemment qu'il y aurait des casseurs.
Autre interrogation qui tourne en boucle : la volonté des forces de l'ordre et donc l'obéissance aux ordres reçus de ne pas chercher à limiter les dégâts des casseurs, les pillages et autres mises à sac. Pour quelles raisons ? Celle que je lis le plus souvent de la part de sociologues et pas d'un "micro-trottoir", c'est de condamner LFI, la gauche, l'ultra-gauche, bref, tout ce qui est à l'opposé du pouvoir en place et qui représente une menace pour les élections prochaines.
On entend dès lors que c'est la porte ouverte à l'élection du rassemblement national. Sauf que Macron et la droite en général(et bien évidemment les multinationales, les majors, les financiers, bref, tout ceux qui sont derrière les tribunes politiques) imaginent que les Français s'opposeront à l'élection de Le Pen et que, par conséquent, c'est de nouveau la droite qui l'emportera, par défaut.
Autre "rumeur" et qui s'appuie sur des enquêtes faites au sein même des "forces de l'ordre". Il existe une forte proportion de ces personnels ayant depuis un certain temps basculée du côté de l'extrême droite et qu'il est de leur intérêt de laisser "pourrir" les manifestations dans le but de redorer le blason du RN dans sa politique migratoire. L'idée rejoint d'ailleurs ce que j'écrivais hier mais avec une option légèrement oblique...Il ne s'agit pas de la part des forces de l'ordre d'un refus d'obéir aux ordres mais de mouvements internes qui induiraient un manque de rigueur volontaire. "On va laisser faire, on dira qu'on n'était pas assez nombreux."
Ce qui est clair, c'est que c'est un sacré bordel... Et que tous les petits commerçants qui ont été pillés, les magasins vandalisés, incendiés par les crétins décérébrés et tous les manifestants pacifistes qui ont été gazés, tabassés, poursuivis, insultés, arrêtés, mis en garde-à-vue, par les autres crétins décérébrés en uniforme, tous ces gens injustement maltraités et ça en fait beaucoup doivent avoir une vision bien sombre de l'état du pays.
Pour ma part, ça fait déjà un moment que c'est validé.
Dans deux mois, c'est Noël et les fêtes de fin d'année. Si on reste dans le registre du "Tournez manège", tout va s'éteindre. Et puis viendra la période pré-électorale. Et là...
Folie de la violence
J'ai lu beaucoup, beaucoup de documents sur les périodes de révolte, insurrection, et guerre civile, en France et dans bien d'autres pays. Il y a un élément récurrent, c'est celui de la folie de la violence, celle des casseurs, celle de ceux qui se réjouissent de ces moments de tension extrême et s'en servent.
On a vu dans cette journée du 17 octobre, des petits commerçants qui ont tout perdu de leurs biens, pharmacie, épicerie, librairie, bar-tabac, petit restaurant, kiosque, magasin de vêtements (et je ne parle pas des boutiques Hermès ou autres), des gens qui triment pour s'en sortir, des gens qui ne font pas partie de la population des "sans soucis" mais des "sans dents" juste du peuple de "base", celui qui bosse pour avoir de quoi vivre décemment et ça n'est même pas le cas pour tous.
Et les casseurs n'ont aucune retenue. Ils pillent, détruisent, saccagent.
Non, pour moi, rien n'est justifiable, explicable, compréhensible. Quel que soit le vécu de ces personnes. Ceux-là ont sombré, ils ne font plus partie de rien, sinon de ce néant qu'ils vénèrent. J'entends des "personnalités" dire que ces casseurs agissent proportionnellement au rejet, aux difficultés, au mal-être qu'ils endurent.
Mais si ces arguments étaient recevables, nous serions déjà en guerre civile car cette population malmenée, elle est considérablement plus nombreuse que les centaines de casseurs qui ont sévi. Non, ça n'est pas recevable, aucun argument de cet ordre ne peut justifier la folie de cette violence. Il y a nécessairement un choix, à un moment, celui de rejoindre le flot des casseurs ou celui de chercher une issue, encore et encore.
S'en prendre à Fatima qui tient une épicerie de quartier à Marseille depuis trente ans et mettre le lieu à sac, tout vider, piétiner, détruire au-delà de l'imaginable, ça n'est pas recevable.
Mais c'est un constat depuis le début des années 2000. Toute insurrection, rébéllion, contestation, manifestation s'accompagnent désormais de la folie de la violence. Je ne cherche pas à en comprendre les causes parce que ça ne peut pas rentrer dans le champ de mon raisonnement. Par contre, tous les documents que j'ai lus, visionnés, toutes les analyses qui en ont été faites montrent un point commun : les forces de l'ordre, malgré les très, très nombreux dérapages, violents, inconsidérés, injustifiables dont elles sont parfois et même désormais trop souvent coupables, ces comportements qui eux aussi relèvent de la folie de la violence, restent la seule et dernière barrière à une folie bien plus vaste encore, une folie qui devient meurtrière, n'a plus de limite, au point que le reste de la population en arrive à l'ultime solution : prendre elle-même les armes ou succomber. Et là, on entre dans la guerre civile. Ce ne sont pas les manifestants portant leurs revendications qui auraient pu stopper la folie des casseurs car ils auraient été mis à terre et piétinés. A moins qu'ils viennent armés et qu'ils s'en servent. Et là, on commence à compter les morts...
En attendant, on a le processus habituel qui s'est enclenché.
Macron 1 er a parlé, pour ne rien dire. On est habitué.
Le gouvernement dit que personne ne mettra la République au sol, et patati et patata. On est habitué.
Le gouvernement accuse LFI, le RN accuse le gouvernement, tout le monde est coupable sauf celui qui blâme les autres. On est habitué.
Les revendications des lycéens et lycéennes ne sont bien évidemment plus entendues, celles des retraités, des artisans, des petits entrepreneurs, des petits salariés, tout cela a disparu. On savait que ça se passerait comme ça. On est habitué.
On appelle ça "Tournez manège".
Mais, il se pourrait qu'un jour, le manège s'arrête, que le mécanisme déraille pour de bon, que les forces de l'ordre soient considérablement débordées, on peut même imaginer qu'elles refuseraient d'obéir. Mais alors, il faudra se souvenir que les casseurs seront là, fidèles au poste, prêts à en découdre et que personne, personne ne sera épargné.
C'est là qu'il est intéressant d'essayer d'imaginer ce qui se produirait en gardant à l'esprit ce qu'écrivait Balzac :
« Toutes les horreurs que les romanciers croient inventer sont toujours au-dessous de la vérité. »
Le casseur, cet auxiliaire précieux
Un texte dont je ne suis pas l'auteur mais qui explique, rationnalise, analyse. Le texte suivant en fait tout autant.
Des faits qui se répètent ne sont pas dû au hasard. Ils sont prémédités.
Une des leçons, rarement évoquée, de cette journée aussi catastrophique que chaotique devrait pourtant nous conduire à poser une question essentielle : qui avait intérêt à ce que la situation dégénère à ce point ? En d'autres termes, à qui profite le chaos ?
Au pouvoir politique ? À l'évidence, il pourrait en tirer un bénéfice. Les violences, les dégradations et les scènes d'émeutes éclipsent les revendications initiales et permettent de déplacer le débat : on ne parle plus des causes de la colère, mais du rétablissement de l'ordre. Une manière commode d'éviter de répondre aux demandes exprimées par les manifestants. Encore faudrait-il que le pouvoir ait réellement les moyens politiques et financiers d'y répondre.
Aux forces de l'ordre ? La question mérite également d'être posée.
Au vu des images et des informations rapportées, comment expliquer leur absence apparente, ou leur sous-effectif manifeste, dans plusieurs lieux particulièrement sensibles ?
Une seule compagnie de CRS aurait été mobilisée à Marseille, deuxième ville de France. À Bordeaux, la résidence du préfet, pourtant a priori facile à sécuriser, a été mise à sac. À Marseille comme à Limoges et à Lyon, des bâtiments municipaux, symboles de la République, auraient été laissés pratiquement sans protection.
Comment expliquer de telles défaillances, alors même que les risques de débordements étaient connus et abondamment documentés en ampnt des manifestations ?
Trois hypothèses, qui ne s'excluent d'ailleurs pas nécessairement, méritent d'être examinées :
1. Une démonstration de force par l'absence. Une manière de faire comprendre au pouvoir comme à la population : « Sans nous, vous êtes livrés au chaos. Notre rôle est indispensable et nous méritons donc davantage de considération, de moyens et de reconnaissance, notamment salariale. »
2. Une forme de solidarité tacite avec les manifestants. Une partie des forces de l'ordre pourrait partager, au moins en partie, les revendications exprimées et avoir choisi de ne pas intervenir avec la détermination habituelle. Une sorte de retrait passif, révélateur d'un malaise profond au sein de l'institution.
3. Un calcul politique aux conséquences potentiellement considérables. La proximité idéologique d'une partie du syndicalisme policier avec l'extrême droite est un sujet qui mérite d'être interrogé. Or, à six mois de l'élection, qui pourrait tirer le plus grand bénéfice politique d'un pays donnant le spectacle du désordre, de l'impuissance de l'État et de l'effondrement de l'autorité publique, sinon Marine Le Pen ?
Il ne s'agit évidemment pas d'affirmer, sans preuves, qu'une telle stratégie aurait été délibérément organisée. Mais l'ampleur des défaillances apparentes impose de poser des questions sur les décisions prises, les moyens réellement engagés et les consignes données.
Car au-delà de la condamnation indispensable des violences, une démocratie digne de ce nom devrait aussi chercher à comprendre pourquoi elles ont pu se développer avec une telle facilité.
Qui a décidé des dispositifs de sécurité ? Qui a donné les ordres ? Pourquoi certains lieux hautement symboliques ont-ils été si peu protégés ? Et surtout, qui sort politiquement renforcé de cette journée ?
Ces questions méritent autre chose que des indignations convenues et des appels rituels au retour à l'ordre.
Car le chaos n'est pas seulement un échec de l'État. Il peut aussi, pour certains, devenir une formidable opportunité politique.
Texte de Paolo BOLO
Rappelons une évidence que certains éditorialistes ont égarée entre deux plateaux : les casseurs ne sont ni les étudiants, ni les retraités. Ne l'oubliez pas, car on va s'employer à vous le faire oublier.
Le dangereux profil du retraité
Regardons les faits. D'un côté, des lycéens et des étudiants armés de pancartes, d'une enceinte Bluetooth et de la conviction que leur avenir mérite mieux qu'un CDD à perpétuité. De l'autre, des retraités équipés de gilets syndicaux, de thermos et de genoux fragiles, dont l'activité la plus violente consiste à entonner un refrain avec trois mesures de retard.
Pour briser une vitrine, il faut de l'élan, une cagoule et un certain sens de l'organisation. Pour une retraitée de 68 ans à la hanche en titane, il faut surtout un banc à proximité.
Pourtant, à entendre certains commentaires, on croirait que la place de la République est envahie par des hordes de licence de sociologie et de grands-pères en polaire, prêts à retourner une voiture entre deux pauses café. Le péril gris, voilà le nouvel ennemi intérieur. Qu'on se rassure : aucun retraité n'a jamais incendié une poubelle sans vérifier d'abord qu'elle était bien destinée au tri.
La grande théorie de l'amalgame
Le procédé est rodé, presque artisanal. On filme une vitrine brisée, on la passe en boucle, et on place à côté l'image d'un million de manifestants. Le téléspectateur, qui a l'esprit vif mais le temps court, fait lui-même le rapprochement. Le million, c'est la vitrine. La vitrine, c'est le million. Des gens qui ont défilé dans le calme deviennent ainsi, par la magie du montage, les complices de quelques cagoulés. C'est la division du travail à la française : les uns cassent, les autres en paient la réputation.
Et s'il reste un doute, il suffit de prononcer « ultra gauche », formule magique qui explique tout. Cette organisation tentaculaire serait donc capable de réunir étudiants, syndicats et retraités, de les faire marcher pacifiquement pendant des heures, puis de les transformer d'un coup de baguette en pilleurs d'enseignes. Quel talent. On songe à lui confier l'organisation des prochains Jeux olympiques.
Qui casse, alors ?
La question mérite d'être posée sans naïveté. Les casseurs, par définition, ne manifestent pas pour les retraites : ils ne connaissent pas le nombre de trimestres, se moquent de l'âge légal et n'ont aucune opinion sur la surcôte. Ils viennent pour autre chose, casser, parfois piller, rarement défendre quoi que ce soit. Cagoulés, mobiles, organisés en petits groupes, ils s'évaporent avant la fin du cortège, qualité remarquable pour des gens qu'on dit pourtant très repérables.
Et c'est là que le mystère s'épaissit. Pourquoi, dans plusieurs villes, ces groupes si identifiables ont-ils pu opérer longtemps, tandis que les cortèges étaient nassés et gazés en un temps record ? Manque de moyens, nous dit-on. Soit. Un manque de moyens très sélectif, qui s'évanouit comme par enchantement dès qu'il s'agit de lancer une grenade sur des gens qui chantent.
Y a-t-il un calcul derrière tout cela ? Nous n'en avons aucune preuve, et ce texte est une satire, pas une enquête. Mais quand le même scénario se reproduit à l'identique, on a le droit de poser la question, y compris à voix haute.
Le casseur, cet auxiliaire précieux
Car il faut le reconnaître, le casseur rend de grands services à la communication gouvernementale. Il permet de ne plus parler du fond (retraites, salaires, avenir) pour parler de la forme (vitrines, abribus, poubelles). Il transforme le débat public en bulletin météo : « des incidents sont à déplorer ». Il offre au ministre de l'Intérieur l'occasion de s'exprimer à la télévision, l'air grave, devant des images spectaculaires, plutôt que de répondre à la question qui fâche.
Imaginez la catastrophe pour l'exécutif : un million de personnes qui défilent sans un seul incident. Il faudrait alors discuter de ce qu'elles disent. Un cauchemar. Heureusement, le casseur est là, ponctuel, dévoué, d'une loyauté tout à fait involontaire. Personne ne l'a invité, mais il arrive toujours miraculeusement à l'heure, étonnant, non ?
Qui paie la note ?
La facture, elle, se partage équitablement. Le commerçant paie la vitrine. L'étudiant paie sa réputation. Le retraité paie en gaz dans les poumons. Et ceux qui souhaitaient que l'on ne parle surtout pas du fond du sujet ? Rien du tout. C'est l'avantage de la mutualisation : la dépense est collective, le bénéfice reste privé.
Conclusion
Alors souvenons-nous, et répétons-le à chaque plateau télé, à chaque dîner de famille, à chaque oncle qui commence sa phrase par « mais quand même » : les casseurs ne sont pas les étudiants, ils ne sont pas les retraités. Ils sont ceux dont la présence arrange tout le monde, sauf ceux qui défilent.
Qui casse ? Quelques-uns. Pour qui ? À chacun d'y réfléchir, en se rappelant simplement à qui profite le chaos, qui passe en boucle sur les chaînes d’info pour accuser les étudiants, LFI et une ultra-gauche qui n’a jamais existé en France? Qui veux que vous ayez peur ?
Texte satirique : l'hypothèse d'un chaos toléré ou voulu relève de l'ironie et n'est pas établie à ce jour.
Un nouveau tour de manège
Je vais passer pour le vieux de service qui vient nous raconter ses manifs quand il était jeune mais même pas, juste pour dire que le procédé est toujours le même et qu'il n'y a rien de nouveau à l'ouest : les GVT successifs saccagent la nation dans ce qu'elle a de plus essentiel (quand la qualité de l'instruction n'entre plus dans les exigences de l'état, c'est que la situation est plus que grave), on laisse monter un climat de contestation, contestation légitime mais qui ne sera pas entendue, par conséquent la contestation devient révolte, manifestation, grève, le GVT en place laisse s'installer un climat insurrectionnel, jette de l'huile sur le feu par des commentaires arrogants ou des décisions pitoyables au regard de la gravité des situations dénoncées et enfin, quand les manifestations s'organisent, qu'elles prennent une ampleur nationale, les forces de l'ordre entrent en action, les médias tournent en boucle les agissements des casseurs qui n'ont rien à faire des revendications et qui ne sont là que pour semer le chaos.
Puis alors s'enclenche la machine de propagande gouvernementale : justification de la répression, les ministres saluent le courage des forces de l'ordre, condamnent les violences des manifestants, les télés tournent ça en boucle, les radios tout autant, le calme revient peu à peu, les gens qui crachaient sur les manifestants sont contents que le gouvernement ait ramené l'ordre et pour finir, on enterre les revendications. Fin du tour de manège. Et j'en ai vu passer des tours...
J'ai toujours dit, écrit et pensé que les manifestations et encore plus les grèves n'avaient que peu d'utilité. Sinon celle de relier, parfois, les générations et les différents milieux sociaux.
Ce qui fonctionnerait mille fois mieux, c'est la désobéissance. Mais elle est beaucoup plus complexe à organiser et à installer.
Juste un exemple, celui que je connais : les enseignants refusent les inspections, font passer les évaluations nationales mais les résultats restent au niveau des écoles, aucun document ne remonte au ministère, refus de présence dans les formations obligatoires, aucun retour d'informations demandées par les inspections de circonscription ou par le rectorat, blocus complet de l'administratif. Les enfants vont à l'école, les enseignants font leur travail, les parents ne sont pas pénalisés. Même chose au ministère des impôts. Et dans tous les secteurs de la fonction publique. Les gens travaillent mais rien ne remonte vers le haut de la pyramide, toutes les demandes sont rejetées. Deuxièmement : grève du commerce, c'est à dire que tout ce qui n'est pas vital est stoppé; c'est un refus de consommer. Il suffirait de s'organiser pendant quelques mois, de faire des réserves alimentaires et ensuite de ne plus rentrer dans une grande surface. Achat local des produits de nécessité. Pour le carburant, organisation systématique de toute la population sur le covoiturage afin de faire tomber drastiquement les ventes de carburant. Un plein au lieu de quatre. Une désobéissance qui tape sur les portefeuilles des grosses industries ou sur le fonctionnement administratif de l'état. Je pourrais développer encore mais ça ne sert à rien : ça n'aura jamais lieu.
Bernard Werber : "Troisième humanité"
On lit beaucoup, tous les soirs, (après avoir écrit pour ma part) et après un an et demi ici, la petite bibliothèque du village ne répondait plus à nos attentes et donc on a pris un abonnement dans un autre village il y a quelques mois et on s'est rendu compte que là aussi, le choix ne suffisait plus et par dépit, la semaine dernière, j'ai pris ce roman de Bernard Werber...Avec quelques doutes au regard de ma lecture précédente, au point que j'en ai oublié le titre. J'avais trouvé ça d'une platitude absolue.
Rebelotte.
Je suis allé jusqu'au chapitre 5, péniblement. Un livre publié chez Albin Michel...J'ai lu des romans publiés à compte d'auteur qui valait mille fois ce pavé indigeste, voire ridicule. Tout est construit sur des faits pseudo scientifiques mêlés de spritualité sauce Mc Do, avec des analyses des personnages similaires aux épisodes des pires séries télé de TF1.
Je ne comprends pas.
On me dirait que c'est écrit par une IA débutante que ça ne me surprendrait pas. L'impression d'assister à un brain storming d'une équipe chargée de pondre un oeuf.
"J'ai une idée -ah, oui, c'est bien et puis ça pourrait coller avec celle d'hier- oui, ça permettrait de lier les deux situations- mais ça ne serait pas un peu tiré par les cheveux ? -mais, non, c'est dans le style, ça plaît bien- il ne faut pas déstabiliser notre lectorat, restons simple".
Oui, c'est ça , restons simple...
La psychologie des personnages...La quoi ? L'introspection...De quoi ?
On a quand même la planète Terre qui se plaint que les hommes sont vilains...Non, mais allo quoi ?
Un commentaire sur Babelio :
"Quelle déception !
Depuis "les Fourmis" et en passant par "L'ultime secret" et autres joyeusetés, j'ai toujours beaucoup apprécié les ouvrages de Bernard Weber. Une prose simple, des intrigues originales et ces braconnages réguliers sur le terrain scientifique m'ont toujours semblé de bon ton. Sauf cette fois-ci.
Cela ne fonctionne pas. Les personnages ne paraissent guère crédibles, l'intrigue plutôt absurde... Pour tout dire, on n'y croit pas un instant.
Cette histoire d'humanité géante en marche vers la miniaturisation ne me semble guère palpitante, cette invention d'un micro-peuple espion féminin censé représenter l'avenir de l'espèce n'est pas plus convaincante. Et tout cela est enrobé par tout un bric-à-brac scientifique tournant autour de la notion de l'évolution qui s'avère au final plutôt indigeste (et je passerais sur la personnification de la Terre qui m'a semblé plutôt risible).
Mis à part quelques épisodes sympathiques, dont celui de la grande grippe mondiale, on n'est guère tenu en haleine par le rythme de l'intrigue. Ouvrir le roman ou le laisser fermé, au final peu importe. Un livre d'une effrayante simplicité. Une écriture des plus plates, un scénario à moitié pompé sur La Nuit des temps de Barjavel, le degré zéro de la réflexion, bref, à éviter lorsqu'on a un niveau d'exigence minimum.
En effet, l'on peut être séduit par les scénarii de Werber, mais dans ce livre, la mise en scène de l'histoire vient tout briser. Que de clichés ! Que d'autoréférences satisfaites ! Un livre simpliste qui tourne sur lui-même et ne fait que se répéter : cf. la scène dans le bureau du Président de la République.
Bref, je ne comprends pas. Des écrivains, hommes et femmes de talent, il y en a beaucoup et ils ne vendent pas le dixième des ventes de Werber. Est-ce donc que les lecteurs et lectrices ont acepté d'être tirés par le bas, le très bas, les abysses ? Et que vont donc faire des éditeurs de renom à cautionner des bouses pareilles ? Faut-il donc admettre que la peapolisation de la littérature suffit à créer des best-sellers ? Il faut donc admettre dans ce cas que la qualité du livre n'y est pour rien mais que les méthodes de promotion sont fabuleusement performantes.
C'est triste à pleurer. Sur ce, je retourne écrire des romans qui ne seront pas lus mais dans lesquels, jamais, jamais, jamais, je ne me serais avisé de considérer les lecteurs et lectrices comme de gentils abrutis.
Une baissière
C'est quoi t'est-ce ? ^^
Bon, tous les gens qui ont un jardin et bien plus encore ceux qui ont un potager-verger ont vu leur terrain souffrir considérablement de la sécheresse et des canicules.
Avoir une source ou un puits, c'est comme le saint Graal. Sauf que son approvisionnement peut finir par s'affaiblir et qu'il convient de laisser passer quelques jours pour que ça se recharge en eau.
Par conséquent, il est indispensable de préparer le terrain à subir des périodes de sécheresse et pour ça, il faut capter l'eau et la garder donc avoir des citernes (c'est fait) mais aussi favoriser l'hydratation du sol pendant les périodes de pluie, une hydratation non pas juste en surface mais en profondeur et pour que l'eau aille directement en profondeur, rien de mieux que de creuser un fossé, donc de dégager toutes les herbes et les pierres. C'est le principe de la baissière.
Il ne s'agit pas d'un fossé avec une pente régulière destiné à évacuer l'eau du terrain et à l'envoyer dans des collecteurs gérés par la DDE mais bien de la garder sur le terrain. Donc, de creuser en laissant des "reliefs", des creux et des bosses à des endroits stratégiques. Pour ma part, les creux sont perpendiculaires à l'emplacement des jeunes arbres.
Une baissière se creuse donc en suivant une courbe de niveau, en amont du terrain. L'infiltration se fait naturellement. Je mets en place quelques "barrages" de pierres pour contenir l'eau à des endroits précis.Il y a deux évacuations par des drains à chaque extrémité. Comme le terrain est très drainant, je ne pense pas avoir à gérer des débordements, même en cas de déluge et si même ça arrivait, vu le nombre d'arbres qu'on a plantés, il n'y a pas de risques que la couche superficielle de terre soit entrainée.
J'ai commencé il y a une semaine, sur cent cinquante mètres de long, entre vingt et trente centimètres de profondeur et cinquante centimètres de large et comme je tamise la terre avec un tamis très fin pour la garder pour des boutures et que j'utilise les gravats pour tracer des chemins dans une autre prairie en vue de gros travaux de plantations à venir, c'est long et bien "cassant". la pioche, la pelle, le tamisage, les brouettes, les roches, cailloux et gravats, de 9 h le matin à 17 h le soir, disons que ma séance de musculation est faite. ^^
La vidéo parle des arbres fixateurs d'azote et ils sont déjà en place pour certains. D'autres à venir pendant l'autome (si jamais il finit par arriver...) Aujourd'hui, on travaillait en tee-shirt et on ruisselait...On continue à arroser les plantes...Une sécheresse sans fin.
Alimentation connectée.
L'alimentation en local, c'est la clé de la résilience alimentaire. C'est la première ressource.
La deuxième ressource, c'est la capacité à gérer des réserves en quantité.
La troisième, c'est de ne rien en dire autour de soi et d'être capable, malgré tout, de les protéger.
Nos sociétés ultra connectées sont des Titanic gigantesques.
Piratage en supermarchés: "Pas besoin de chars pour faire la guerre", dit un expert
information fournie par AFP •13/10/2026 à 19:14

Des rayons frais vides le 12 octobre 2026 dans un Intermarché de Névez, dans le Finistère après une cyberattaque ( AFP / Fred TANNEAU )
En entraînant indirectement la destruction de produits frais, la cyberattaque inédite qui a visé lundi les installations frigorifiques de nombreux supermarchés met en lumière la "vulnérabilité" de l'approvisionnement alimentaire en France, indissociable de la "sécurité collective", estime auprès de l'AFP Stéphane Linou, expert associé au laboratoire sécurité défense du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).
QUESTION: En 2019, vous avez publié un livre-enquête, "Résilience alimentaire et sécurité nationale", sur les conséquences qu'aurait une cyberattaque paralysant tous les acteurs de l'approvisionnement alimentaire dans le pays. Quel est votre constat ?
REPONSE: "Que le plus vieux sujet du monde, le lien entre alimentation et sécurité collective - et je ne parle pas que des aspects sanitaires - n'est ni pensé ni traité, ni dans le monde de la production alimentaire, ni dans celui de la sécurité, ni dans celui de la gouvernance, et qu'un tel scénario entraînerait des troubles à l'ordre à public.
Tous les maillons de notre continuum de sécurité défense, du sous-marin au vigile de supermarché, seraient saturés. On l'a vu les premiers jours du confinement en 2020. Lorsqu'il y avait une incertitude sur le maintien des transports, c'est là qu'il y a eu des bagarres, des tensions dans les supermarchés.
Il n'y a pas besoin de chars pour faire la guerre, il suffit de bloquer les chaînes d'approvisionnement.
Q: Ces chaînes sont-elles si fragiles ?
R: La vulnérabilité essentielle, c'est les flux, et on a perdu la main sur l'essentiel. 98 % de ce qui remplit nos assiettes arrive par les camions venant d'autres régions et d'autres nations, et 97 % de ce que nous produisons dans nos territoires est envoyé par camions vers d'autres régions et d'autres nations. Et tout ça, c'est interconnecté avec l'informatique.
On se fournit en grandes surfaces pour 70% de notre alimentation et la production dans les territoires n'est pas assez variée.
A cela s'ajoute une impréparation des populations devenues intolérantes à la frustration, le fait qu'on a perdu les savoir-faire de base comme cuisiner, qu'il n'y a pas de stock chez les gens, ni dans les collectivités locales, ni au niveau stratégique d'État.
Q: Que faudrait-il pour renforcer notre sécurité alimentaire ?
R: Il faudrait déjà permettre aux collectivités locales d'écrire "je veux du local" dans leurs appels d'offres, ce qui est pour l'instant interdit par une directive européenne. En éloignant l'assiette du producteur, on met des maillons intermédiaires, et plus il y a de maillons, plus il y a de portes d'entrée pour des virus ou autre. (...) Lorsqu'on cuisine des produits locaux, correctement payés à nos producteurs, on fabrique de la sécurité dans le territoire, parce que cela permet de maintenir en vie des infrastructures nourricières de proximité.
Il faut aussi financer les projets alimentaires territoriaux et les mettre en haut des priorités dans les collectivités.
Ce serait bien d'ajouter un deuxième A à la future PAC, pour en faire une politique agricole et alimentaire commune, et qu'il y ait des fonds dédiés à la reterritorialisation de la production et de la consommation alimentaires.
Q: En septembre, la Cour des comptes, qui avait pointé en 2022 des "faiblesses structurelles" sur la sécurité des approvisionnements alimentaires, a appelé à prendre en compte la grande distribution dans les diagnostics de vulnérabilité. Que préconisez-vous pour ce maillon particulier ?
R: Quelles que soient les mesures de protection, on ne sera jamais à l'abri. Jamais. On est en train de quitter un monde d'abondance et on est déjà rentrés dans un monde instable où les pénuries diverses seront toujours récurrentes.
Il faut arrêter de mettre tous ses oeufs dans le même panier. Il faut que les gens constituent des stocks tampons, réapprennent à cuisiner et ne délèguent pas leur alimentation aux grandes surfaces et à leur fragilité.
Je ne dis pas que les grandes surfaces sont inutiles mais tout miser sur elles, ce n'est pas responsable.
Et au milieu coulait une rivière
On aime bien randonner en mode "exploration", hors chemin, hors balisage, avec une carte au 25/000 ème. Ces gorges-là, on les a remontées, descendues, quittées par des vires ruiniformes, on y est descendu par des pentes raides, accrochés aux arbres, on peut dire qu'on les connaît bien et que certains secteurs ne doivent pas voir passer grand-monde, voire personne.
Mais, là, vraiment, on n'aurait jamais imaginé ça.
La rivière a disparu.
On est parti d'un pont submersible sur une toute petite route, tout en bas de la vallée. Le pont ne risque pas d'être submergé de sitôt, il n'y a plus d'eau, rien, pas une goutte. On a donc commencé à marcher dans le "lit" de la rivière, sur les galets. Des arbres ont déjà commencé à pousser. Ils ont eu tout l'été pour ça. Les robiniers faux-acacias sont des rudes, ils poussent entre les pierres, ont des filaments racinaires qui peuvent être très longs. On en a vu des dizaines et on est donc retourné en chercher pour les mettre sur notre terrain. Ceux-là auront une chance d'obtenir une vie tranquille et protégée.
Plus on descend et plus les gorges se resserrent et on pensait qu'on retrouverait au moins un filet d'eau mais non, rien. On a vu quelques mares aux eaux croupies, noires. Aucun poisson visible, juste des gerris et une grenouille. Sur les parois, on voit très bien les marques qui indiquent le niveau d'eau habituel et c'est effarant d'essayer d'imaginer les quantités de pluies qui seront nécessaires pour retrouver un débit "normal".
Mais est-ce que ça sera possible ou est-ce qu'on assiste à la disparition d'une rivière ? On sait qu'elle peut être passée en mode "souterrain", on a déjà vu ça dans les gorges de la Jonte par exemple, ou dans le canyon d'Oppédette. Mais ici, les anciens disent qu'ils n'ont jamais vu ça. Autrefois, c'était une rivière à truites, l'eau coulait toute l'année et puis dans les cinq dernières années, le débit s'est affaiblie mais jamais, ils n'ont vu la rivière disparaître intégralement. Il faut bien penser que toutes les photos prises le sont depuis le lit de la rivière, nomrlament donc, dans l'eau...
On verra au printemps...
il y a 2 jours
2 j ·
[Sécheresse] "Sur les derniers chiffres, la sécheresse de 2026 PULVERISE littéralement tous les antécédents connus en France (et même 1976 et 2022). Le fameux "on a déjà vécu ça en 1976" n'est plus qu'un vague mythe.
En 50 ans, la sévérité des sécheresses a été multipliée par 3 en France principalement à cause des déficits de pluies estivaux et de la hausse de l'évapotranspiration due à la hausse de la température.
Et c’est particulièrement préoccupant, car ce phénomène s’auto-amplifie : un sol plus sec se réchauffe davantage sous l’effet du rayonnement solaire. La diminution de l’évaporation réduit le refroidissement naturel du sol, favorisant ainsi une hausse des températures de surface et un transfert accru de chaleur vers l’atmosphère. Cet échauffement accentue la demande évaporative de l’air, accélère l’assèchement de la végétation et des sols encore humides, et aggrave ainsi la sécheresse.
Je le répète : cette boucle de rétroaction positive entre chaleur et sécheresse est extrêmement préoccupante. La revégétalisation de nos paysages, la préservation de nos forêts, la gestion des écoulements de l'eau et la protection de nos sols par l'évolution des pratiques agricoles sont des urgences absolues. Elles constituent des leviers essentiels pour atténuer cette rétroaction, préserver l'humidité des sols et limiter l'aridification progressive de nos territoires"






Montagne et jardin
Voilà le résumé de notre été.
On peut considérer avec le retour timide mais bienfaiteur de la pluie et la baisse des températures que cet interminable été est terminé.
Il n'en reste pas moins que la sécheresse des sols n'est pas encore effacée et qu'il faudra des jours et des jours de belles journées pluvieuses pour que la nature se rétablisse et qu'elle se prépare à l'été prochain qui pourrait de nouveau démarrer au mois de mai et se finir début octobre.
On a donc alterné entre les montagnes et le terrain, le potager et les jeunes arbres à maintenir en vie. Le fourgon offre une liberté dont nous ne pourrions pas nous passer. Voilà trente-trois ans qu'on se déplace en fourgon à chaque escapade. Avec les cartes IGN au 25/000 ème, on déniche les lieux isolés où dormir. Seuls, le silence, des paysages ouverts ou au milieu des forêts. Debout à 6 heures, on commence à marcher à 7 h, on est de retour à 15, 16, parfois 17 heures. Il y a encore des massifs peu fréquentés. Parce qu'ils sont rudes, raides avec des sentiers parfois techniques. Cet été, on est encore passé dans des endroits où il ne faut pas tomber. On commence à réaliser que certains sommets atteints ne nous seront bientôt plus accessibles. Et puis, on rentre et on retourne sur le terrain.
Cette semaine, j'ai creusé une baissière de cent cinquante mètres de long, sur le haut du terrain afin de collecter l'eau de pluie et qu'elle s'infiltre en profondeur. La pioche, la pelle, la brouette, tamiser la terre pour garder celle qui servira pour les boutures, répandre les gravats dans la prairie des chevaux (le nom qu'on a donné à cette vaste prairie pentue où vivaient les trois chavaux des anciens propriétaires) pour faciliter mon passage avec la débroussailleuse et la plantation d'arbres, encore et encore. On prépare les trous en attendant novembre. On considère que cet été, on a perdu 10 % des jeunes arbes ce qui est peu finalement. La source nous a sauvés. L'ombrage aussi avec les tipis qu'on a installés au-dessus des arbres. Il ne suffit plus d'arroser, il faut protéger de la brûlure du soleil. Encore deux étés et on pourra penser que ces arbres-là seront assez résistants pour grandir sans être menacés de disparaître. Peut-être...Tout dépendra de l'ampleur des canicules. En tout cas, les deux congélateurs sont bien remplis, légumes pour tout l'hiver. Dans quatre, cinq ans, on aura nos pommes, poires, abricots, pêches. Mais qui peut dire où on en sera dans quatre, cinq ans...





Grenade de désencerclement
Au pays des Droits de l'homme

https://fr.wikipedia.org/wiki/Grenade_de_d%C3%A9sencerclement
Une grenade de désencerclement (appelée sting-ball grenade en anglais) est une grenade à main utilisée par les forces de l'ordre dans certains pays pour repousser les manifestants. Leur utilisation est généralement régie par des règles précises car elles peuvent blesser très gravement.
Description
Un plot montrant son picot de fixation sur la grenade.
Ces grenades, aussi nommées « Hornet's Nest » (nid de frelon) dans les pays anglophones, sont basées sur le fonctionnement des grenades à fragmentation. Cependant, au lieu de contenir une coque de métal destinée à exploser en shrapnel, elles sont formées de trois rangées de six plots de caoutchouc dur, en plus du bouchon allumeur qui est lui aussi gainé de caoutchouc. À l'explosion, elles projettent leur plots de caoutchouc de façon circulaire et incontrôlée. Certaines d'entre elles peuvent également contenir une charge de gaz CS ou de gaz poivre.
En France
En France, la grenade de désencerclement est officiellement nommée « grenade à main de désencerclement » (GMD)[1], mais aussi « dispositif balistique de désencerclement » (DBD)[1] ou « dispositif manuel de protection » (DMP)[1]. Elle est définie comme « arme de force intermédiaire » (AFI), au même titre que le « pistolet à impulsions électriques » (PIE), et le « lanceur de balles de défense » (LBD), qui permet « dans le respect des lois et des règlements, une réponse graduée et proportionnée à une situation de danger lorsque l’emploi légitime de la force s’avère nécessaire »[2], avant utilisation de l’arme individuelle (pistolet 9 mm)[1]. La grenade de désencerclement est classée au « 6° de la catégorie A2 »[1],[3],[4], soit comme « matériel de guerre », rubrique 2.
En Europe, seules les forces de police françaises l'utilisent[5]. La grenade offensive OF F1, plus utilisée depuis 2017, et la grenade lacrymogène instantanée GLI-F4, produites par Alsetex, ne sont pas des grenades de désencerclement.
Réglementation et sécurité
Le droit français permet de l'utiliser en cas de danger, lorsque les forces de l'ordre sont encerclées et menacées ; une circulaire de la police nationale précise :
« lorsque les forces de l’ordre se trouvent prises à partie par des groupes violents ou armés […]. Après usage, il convient de s’assurer aussitôt de l’état de santé de la personne et de la garder sous surveillance ; au besoin, un examen médical doit être effectué dans les meilleurs délais. »
— Renaud Lecadre, Un manifestant dans le coma : de nouvelles images à charge contre les policiers[6]
Elles peuvent être lancées jusqu'à trente mètres et doivent l'être au ras du sol.[réf. nécessaire]
Cette arme peut toutefois blesser gravement, si elle est tirée en direction de la tête, comme l'a prouvé le cas Romain Dussaux (voir plus bas). En outre, son potentiel de létalité n'a jamais été pleinement évalué, comme l'a révélé un témoignage : « aucune évaluation pour des tirs en zone crânio-faciale n’a été effectuée[7]. » La formation des policiers n'est donc pas adaptée à cette létalité potentielle : « on nous a parlé d’une arme non létale, de galets qui montent jusque maximum la hauteur de la taille[7]. »
Mise en œuvre
Les policiers utilisent ce dispositif lorsqu'ils se sentent en insécurité[réf. nécessaire].
Par exemple, cet outil a été utilisé en 2020 par des policiers intervenant dans le cadre d'un tapage nocturne. Après avoir été attaqués, les policiers auraient fait usage de grenades de désencerclement pour pouvoir quitter la fête dans le département du Val-de-Marne[8].
Incidents notables
Le 25 juin 2013, une femme a perdu un œil à la suite de l'utilisation soit d'un lanceur de balle de défense soit d'une grenade de désencerclement à Villemomble (Seine-Saint-Denis)[9].
À Rennes, en avril 2016, un CRS se blesse à la main, et un autre est atteint de surdité, lorsque la grenade lui explose dans la main[10].
Le 26 mai 2016, à Paris, un journaliste indépendant du nom de Romain Dussaux est gravement blessé à la tête — « fracture temporale avec enfoncement de la boîte crânienne » — par l'explosion d'une grenade de désencerclement lancée en marge d'une manifestation[11]. Il sort du coma le lundi 4 juin 2016, soit 9 jours après l’événement[12]. Le lanceur n'a manifestement pas respecté les règles d'utilisation de l'engin[6] ; en particulier, la gravité de l'état serait due au lancement d'une grenade lacrymogène à proximité du blessé[13]. En outre, selon Le Monde, « les premiers éléments d’enquête […] font apparaître de fortes contradictions entre le récit des policiers et l’exploitation des vidéos filmées par des témoins[7] » : les policiers auraient en effet exagéré l'hostilité de la foule.
Le 15 septembre 2016, Laurent Theron, un syndicaliste de SUD est lourdement touché à l'œil par une grenade de désencerclement place de la République à Paris, il y perd la vue[14],[15].
Le 26 novembre 2017, à Nantes, un syndicaliste CGT reçoit un éclat de grenade de désencerclement et subit une « triple fracture au pied droit avec un mois d’arrêt de travail »[16].
En mai 2018, à Toulouse, lors d'une opération d'évacuation de l'université Jean Jaurès en grève, une grenade de désencerclement explose dans la poche d'un policier, blessant légèrement deux policiers et plus grièvement un étudiant, dont un poumon est gravement touché. Il est reconnu comme ayant des « lésions pulmonaires entraînant une incapacité totale de travail de 15 jours »[17],[18].
En février 2019, à Paris, lors de l'acte XIII des Gilets Jaunes, un manifestant, présent devant l’Assemblée nationale, a eu la main arrachée après avoir ramassé une grenade qui a explosé. Selon un témoin, il s’agit d’une « grenade de désencerclement » lancée par les forces de l’ordre[19].
D'après des avocats, depuis le début du mouvement des Gilets jaunes en France et jusqu'à fin janvier 2019, 17 personnes ont perdu un œil, au moins trois ont perdu une main et d'autres ont eu leur visage ou des membres de leur corps mutilés par des lanceurs de balle de défense et des grenades de désencerclement[5].
Le 25 mars 2023, lors des manifestations contre le projet de megabassine à Sainte Soline, des gendarmes ont utilisé abusivement les GENL contre des manifestants, comme l'a révélé Libération et Mediapart[20],[21].
Notes et références
Ministère de l'Intérieur, « BULLETIN OFFICIEL DU MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR, n°2014-10 : Instruction du 2 septembre 2014, annexe IV, pp. 340 à 342 [archive] » [PDF], Délégation à l’information et à la communication du ministère de l’intérieur, 2 septembre 2014 (consulté le 18 novembre 2019)
Ministère de l'Intérieur, « BULLETIN OFFICIEL DU MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR, n°2014-10 : Instruction du 2 septembre 2014, p. 327 [archive] » [PDF], Délégation à l’information et à la communication du ministère de l’intérieur, 2 septembre 2014 (consulté le 18 novembre 2019)
Site officiel de l'administration française (service-public.fr [archive]), « Arme à feu et matériel de guerre de catégorie A [archive] », second onglet : « Matériels de guerre (A2) », « Direction de l'information légale et administrative : (DILA) [archive] » (Premier ministre) (consulté le 18 novembre 2019)
Ministère des Armées & ministère de l'Intérieur, « Arme à feu et matériel de guerre de catégorie A : Matériels de guerre (A2) [archive] », Rubrique 2, 6° – version consolidée au 24 octobre 2019, (Article R311-2 modifié par le « décret n°2018-1195 du 20 décembre 2018 - art. 26 [archive] » ), Journal officiel de la République française sur legifrance.gouv.fr [archive], 24 octobre 2019 (consulté le 18 novembre 2019)
(en-GB) Angelique Chrisafis, « French police weapons under scrutiny after gilets jaunes injuries », The Guardian, 30 janvier 2019 (ISSN 0261-3077, lire en ligne [archive], consulté le 9 février 2019)
Renaud Lecadre, « Un manifestant dans le coma : de nouvelles images à charge contre les policiers », Libération, 5 juin 2016 (lire en ligne [archive])
Julia Pascual, « Manifestant blessé : la version policière contredite par les vidéos », Le Monde.fr, 7 octobre 2016 (ISSN 1950-6244, lire en ligne [archive], consulté le 7 octobre 2016)
France Info, « Val-de-Marne : une fête clandestine de 300 personnes dégénère à Joinville-le-Pont, au moins un des participants [archive] », sur francetvinfo.fr, 14 novembre 2020 (consulté le 13 novembre 2023).
« VIDEO. Villemomble : l'opération de police filmée par un habitant [archive] », sur Le Parisien, 11 juillet 2013
« Rennes : un CRS se blesse avec sa grenade de désencerclement [archive] », sur spi0n.com, 13 avril 2016
Karl Laske, « A Nation, la grenade de trop » [archive], Mediapart, 30 mai 2016.
« Le jeune homme blessé par une grenade "est réveillé" et "a dit quelques mots" [archive] », sur BFMTV, 6 juin 2016
Sylvain Mouillard, « Manifestant blessé à Paris : le témoignage inédit des pompiers », Libération, 8 juin 2016 (lire en ligne [archive])
Ismaël Halissat, « Grenades de désencerclement, dangers collatéraux [archive] », 2 novembre 2017
« Blessure d’un manifestant par un policier : la CEDH ouvre une procédure contre l’Etat français », Le Monde.fr, 4 décembre 2023 (lire en ligne [archive], consulté le 4 décembre 2023)
Stéphanie Lambert, « Manifestation à Nantes. Blessé par une grenade de désencerclement, il témoigne [archive] », sur Ouest France, 24 novembre 2017
« Toulouse : trois blessés légers,dont deux policiers, après l'évacuation de l'Université Jean Jaurès [archive] », sur France3-régions
« Toulouse. Un étudiant blessé par une grenade de désencerclement, une enquête ouverte [archive] », sur Ouest France, 10 mai 2018
« « Gilets jaunes » : 12 100 manifestants à 14 heures, un manifestant grièvement blessé à Paris », Le Monde, 9 février 2019 (lire en ligne [archive], consulté le 9 février 2019)
Thomas Legrand, « Vidéos de Sainte-Soline : les images mais surtout le son montrent que la violence policière est bien structurelle et politique [archive] », sur Libération (consulté le 8 novembre 2025)
Camille Polloni, Laura Wojcik, « « Faut leur tirer dans la gueule ! » : la manifestation de Sainte-Soline vue par les gendarmes [archive] », sur Mediapart, 5 novembre 2025 (consulté le 8 novembre 2025)
Disparition
Pour celles et ceux qui suivent ce blog de près, vous avez peut-être constaté la disparition de certains éléments :
LES HEROS SONT TOUS MORTS n'apparaît plus sur la page d'accueil, couverture supprimée et la page dédiée également.
TOUS SAUF ELLE
LE DESERT DES BARBARES
TERRE SANS HOMMES
Les quatre pages ont disparu parce que ces romans n'ont pour l'instant aucun avenir étant donné que la maison d'édition ne veut pas donner suite. Il est fort probable que ces quatre romans et le cinquième à venir restent un certain temps, voire indéfiniment des écrits sans suite, sur le plan de l'édition.
J'ai laissé de côté le tome 5 pour reprendre intégralement le tome 1, LES HEROS SONT TOUS MORTS, qui ne s'appellera plus comme ça et qui comportera un nombre important de pages supplémentaires. Je n'avais pas imaginé à la fin de l'écriture de ce roman qu'un jour l'idée d'une suite deviendrait nécessaire et il est donc impératif que j'adapte ce tome 1 aux éléments qui sont apparus dans les trois suites. Et je m'aperçois en le retravaillant combien il était évident qu'une suite devait être écrite. Manque d'expérience, pas assez de recul, pas assez vieux, trop pressé, les raisons sont multiples. Ca ne m'arrivera plus.
Pour le tome 5, un titre m'est venu dernièrement : "CE QUI RESTE NOUS SUFFIT."
Je vais donc travailler, même si beaucoup de gens considèrent que l'écriture d'un roman ne relève pas d'un travail. Ce qui me réjouit, parfois, ce n'est pas l'instant d'écriture mais l'instant où je relis ce que j'ai écrit.
L'instant d'écriture, en lui-même, réclame une grande, grande concentration et en même temps une absence de concentration. C'est un état que je ne sais toujours pas décrire. Mais ce qui est certain, au regard des décennies d'écriture, c'est que lorsque j'atteins cette "zone" où tout s'écrit, dans laquelle je suis concentré et simultanément dans une totale perception de tout ce qui vient, je sais que c'est similaire à ces situations en montagne où je savais que je ne devais pas tomber, que les conséquences seraient désastreuses. J'écris comme si j'escaladais une paroi vierge de toute trace humaine. Concentré sur chaque geste et en même temps dans une totale réception de ce qui relève de l'intuition, de l'instinct, de l'expérience.
La répression
J'ai 64 ans.
Des manifestations auxquelles j'ai participé, je ne les compte plus. Oui, j'en ai lancé des pavés, tiré des billes de plomb au lance-pierre, couru, hurlé, frappé. J'ai pulvérisé la vitre arrière de la voiture officielle de Alliot-Marie qui était venue filer un chèque monstrueux à l'école privée, en Bretagne quand moi j'entassais depuis trois ans mes 30 élèves de CM2 dans un Algeco "provisoire". J'avais 25 ans.
Vous voyez un changement avec la situation actuelle ? Moi, rien, que dalle, nada.
Donc, je ne manifeste plus. Les gouvernements, de quelque bord qu'ils soient, n'écoutent pas la rue.
Non pas que les manifestations n'ont jamais aucun effet et qu'elles n'aboutissent jamais à rien de tangible mais elles restent des épiphénomènes et les effets tout autant.
Il y a vingt ans que les enseignants dénoncent leurs conditions de travail et celles des élèves, en premier plan sur le nombre d'heures non assurées en cas d'absence. Ici, dans le secteur, il y a un lycée où les élèves n'ont toujours pas de professeur de Français depuis la rentrée avec le bac de Français en fin d'année. Et il semblerait que ça puisse durer encore un certain temps. Le rectorat ne trouve personne. Je pense que si je me déclarais volontaire, il me prendrait, même avec mon diplôme d'instituteur de 1982...
Quant aux gens qui disent que les lycéens interpellés, frappés, mutilés "l'ont bien cherché", j'imagine qu'ils sont issus de famille pétainiste.
J'ai lu un tag sur un mur : "Quand les jeunes montrent du doigt leur avenir, l'idiot regarde la poubelle qu'ils brûlent."
Huit mois
Evidemment que le problème majeur des années à venir, c'est celui de l'eau. Tout ce qui agite constamment la sphère médiatique est insignifiant au regard de cet avenir très incertain. Aujourd'hui, j'ai fait une sortie de vélo, on est à 600 mètres d'altitude dans le nord de l'Ardèche. C'est effrayant le nombre d'arbres dont les feuillages sont déjà grillés et tombent au sol, tout autant que ceux qui sont déjà morts. La Daronne, rivière du secteur est totalement morte depuis la mi juillet, plus une goutte, même pas quelques mares. Les prairies sont jaunes.
J'ai pédalé en cuissard court, avec juste le maillot de vélo et au sommet du premier col, je ruisselais de sueur. Depuis le mois de mai et la première canicule, on a eu ici une seule journée de pluie continue. C'est à dire rien du tout au regard de la sécheresse des sols.
Il reste huit mois avant le début du prochain "été".
Quelle quantité d'eau y a t-il sur terre ?
R: Sur la photo, on se rend compte du volume d'une sphère contenant toute l’eau se trouvant sur Terre !
Le diamètre de la GRANDE SPHERE BLEUE est de 1 385 kilomètres. et son volume est de 1,4 millions de kilomètres cube.
Cette grande sphère contient l'ensemble des océans, mers, lacs, fleuves, rivières, calottes polaires, glaciers, ainsi que dans l'atmosphère. On estime notamment que l'eau qui compose tous les êtres vivants sur terre, les fruits, les légumes représente 1 100 km3 de cette eau dite biologique.
L'eau recouvre en temps normal plus de 70 % des 510 millions de km2 que compte la Terre.
Sur la SPHERE DE TAILLE MOYENNE, à droite de la grosse, il s'agit de l'eau douce qui représente une très faible part du total : environ 35 millions de km3.
Enfin, LE PETIT POINT BLEU que l'on peut apercevoir fait moins de 60 km de diamètre. Il contient toute l'eau douce disponible pour la vie terrestre. C'est dans cette minuscule réserve que 7 milliards d'hommes puisent pour boire, irriguer leurs cultures, abreuver leurs animaux d'élevage, faire tourner leurs usines, alimenter leurs centrales électriques, etc.
On se rend donc compte à quel point l'eau paraît être une denrée rare sur terre.
On a donc encore énormément d'efforts à faire pour limiter les 3 types de pollutions existants : organique, chimique et médicamenteux.
Pour information, les calculs ne prennent pas en compte la découverte en 2014 d'un réservoir d'eau sous terre contenant l'équivalent de 3 fois le volume de l'ensemble des océans de la planète.
Il faut savoir que ce réservoir gigantesque est à l'état SOLIDE et se trouve sous une couche de roches bleues connues sous le nom de ringwoodite à plus de 600 km de profondeur.
Cette découverte amène à une nouvelle théorie selon laquelle les océans auraient progressivement suinté de l'intérieur de la Terre. "C'est une preuve tangible que l'eau sur Terre est venue de l'intérieur", estime Steven Jacobsen, de la Northwestern University dans l'Illinois, et auteur principal de l'étude.
Pour en savoir un peu plus :
- Le centre d'information sur l'eau pour apprendre plein de choses intéressantes
© Photo : Jack Cook, Woods Hole Oceanographic Institution
Un rappel
Au vu des évènements violents dans la contestation lycéenne, il est justifié de rappeler ceci :
« Il y a trois sortes de violence.
La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’Hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.
La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.
La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.
Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. »
Don Helder Camara
De la peine à l'élan
J'ai discuté aujourd'hui avec la responsable de ma maison d'édition. Encore une fois, je comprends parfaitement sa décision. Je sais que les temps sont durs pour l'édition en général. Lire ne fait pas partie des besoins fondamentaux quand on peine à finir le mois sur le plan alimentaire et il est évident que c'est le cas d'une frange importante de la population. Il ne s'agit pas de la qualité des publications mais bien d'une capacité financière. Même si j'ai lu que le bouquin "C'était ça ou mourir" explose les résultats. Un livre pour combien de publiés ?
Je récupère mes droits sur le roman "Les héros sont tous morts".
Voilà ce qui m'importait. Je dispose donc à ce jour de quatre romans achevés et d'un cinquième à venir, une série sur l'effondrement et ses conséquences. La maison d'édition se concentre sur les polars et ne souhaite pas étendre son catalogue sur "un thème anxiogène". Mais c'est le monde qui l'est, pas ce que j'en écris. Peu importe.
Je vais donc reprendre le tome 1 parce qu'au fil des tomes suivants, j'ai pris conscience qu'il y avait des manques. Le titre changera et donc celui du tome 2 également puisqu'il ne pourra plus convenir. Je ne sais pas combien de temps il me faudra mais il devrait m'en rester assez, sauf accident. Reprendre le tome 1 et écrire le tome 5. Aucune idée des maisons d'éditions vers lesquelles je me tournerai lorsque ça sera fini. Débarquer avec cinq tomes, ça risque d'être surprenant. J'ai donc huit romans publiés et je repars à zéro. Mais finalement, après avoir encaissé le coup, je suis maintenant empli d'un élan vital parce que tous mes personnages m'appartiennent, bien qu'ils aient leurs vies propres, je vais pouvoir aller au bout de leurs histoires et si personne, plus tard, ne veut de ces romans, si personne ne veut connaître tous ces gens, je mourrai avec eux. Accompagné.
Mise en quarantaine
L'éditrice de mes romans (Les éditions du 38) m'a averti ce matin que la publication de "TOUS, SAUF ELLE" était renvoyée à plus tard. Tant est que la lecture du manuscrit réponde aux attentes du comité.
Je connais la difficulté du milieu de l'édition, j'en lis assez sur divers forums pour en avoir une idée claire : la conjoncture, la difficulté d'exister face aux mastodontes du secteur, le coût des publications et les incertitudes de ventes, le fait bien évidemment que je ne sois pas connu, que je n'ai aucune "entrée" dans le milieu, que je ne fréquente pas les salons parisiens ni même ceux de l'Ardèche, que je ne serai jamais invité à la grande librairie mais plutôt à la petite épicerie du coin ^^
Les prévisions de publications pour 2027 et sans doute 2028 sont fortement revues à la baisse. Et les suites (3 tomes achevés) de "Les héros sont tous morts" sont donc mises sur liste d'attente... Je le craignais sans vouloir m'attarder sur l'idée mais c'est clair maintenant qu'au regard du temps que j'ai consacré à écrire ces trois tomes, j'ai du mal à encaisser cette mise en quarantaine, non pas envers la maison d'édition mais dans l'idée que ces romans ne seront peut-être jamais publiés.
La situation est particulière étant donné que le tome 1 est publié, il ne m'appartient plus...Il serait vain que je prenne mon bâton de pélerin pour aller chercher une autre maison d'édition. Personne n'irait éditer la suite d'un roman déjà existant. Je me retrouve donc pieds et mains liés à la cave, en quarantaine. C'est clair que si je vendais autant de romans qu'il y a de gens qui viennent lire mon blog, la situation ne serait pas la même. Mais ça n'est pas le cas.
J'avais commencé le tome 5... Je vais essayer de faire abstraction de cette nouvelle et continuer à faire vivre les personnages. Je ne me vois pas les laisser tomber. Ils ne sont pas responsables. Et puis, ça m'intéresse d'imaginer la suite pour l'humanité survivante. J'avais une idée de titre d'ailleurs : "Ce qui reste nous suffit". Juste pour poser l'idée principale. Comment vivre au mieux quand les repères ont disparu pour la plupart d'entre eux ?
Et pendant ce temps-là, les ventes de "C'était ça ou mourir" sont en hausse continuelle depuis le début de la polémique. Je n'ai aucune idée de la véracité des faits mais je m'aperçois juste que n'importe quel "buzz", qu'il soit positif ou négatif, suffit à faire vivre un roman. D'ailleurs, au sujet de l'écriture d'un livre sous la "plume" d'une intelligence artificielle, je me demande comment les éditeurs vont pouvoir gérer tout ça... Est-ce qu'au final, ils n'ont pas intérêt à prendre le "risque" de publier un livre pour lequel ils auraient un doute étant donné que c'est la garantie d'un succès quand la rumeur jaillit ?
Drôle de monde.
"L'autonomie est la clé de notre futur" (3)
Je n'écris plus vraiment d'articles personnels ici. Je n'ai pas le temps.
Et de toute façon, quand je lis la qualité de certains articles comme celui-ci, je n'ai aucune raison d'aller écrire autre chose.
J'ai le tome 5 à écrire.
L'autonomie est la clé de notre futur
3 460 MILLIARDS DE DETTE : ET SI DEMAIN IL FALLAIT ÊTRE SOUVERAINS… NOUS SOMMES AUTONOMES EN QUOI, EXACTEMENT ?
Commençons avec Valéry Giscard d’Estaing.
Pourquoi lui ?
Parce que c’est sous sa présidence que commence une remarquable tradition française :
DEPUIS 1975, LA FRANCE N’A PLUS CONNU UN SEUL BUDGET PUBLIC À L’ÉQUILIBRE.
Pas une année. Pas une petite rechute accidentelle. Pas même un mardi après-midi où, par mégarde, les comptes seraient tombés juste.
50 ans.
À ce niveau-là, ce n’est plus un déficit.
C’est du patrimoine culturel immatériel. On devrait demander son classement à l’UNESCO.
La dette publique représentait encore environ 20 % du PIB à la fin des années 1970.
En 1981, lorsque Giscard quitte l’Élysée, elle atteint environ 110 milliards d’euros, soit environ 22 % du PIB.
Puis arrive François Mitterrand.
Il reçoit environ 110 milliards et quitte l’Élysée en 1995 avec 663,5 milliards.
+553 milliards en quatorze ans.
La dette a été multipliée par six en valeur nominale.
Il fallait déjà une certaine application. IL nous a augmenté en mai 1981 les salaires de 10 %; ça faisait du bien aux gens, et il est parti avec une dette supportable, finalement, entre les 35 heures et le reste, il savait à l ‘avance que les robots nous remplaceraient et qu ‘on devait gagner plus en travaillant moins, eh oui, Monsieur Sarko, celui qui a gerbé sur nos votes en 2005 !
Arrive Jacques Chirac : 663,5 milliards à l’entrée → 1 211,6 milliards à la sortie. Soit +548 milliards.
On venait de découvrir le passage du milliard au millier de milliards.
Une sorte de passage à l’euro, mais sans la monnaie dans le portefeuille.
Puis Nicolas Sarkozy récupère les clés du découvert : 1 211,6 milliards à l’entrée → 1 833,8 milliards à la sortie. Soit +622 milliards. Et au passage, il vide les caisses de la CADES, que Jospin mettait en place, en bon père de famille, justement pour les retraites du public à venir… Mais Sarko, rien à foutre des comptes de la France en bon père de famille, mais alors rien.
Avec, évidemment, la gigantesque crise financière de 2008.
Rendons à Lehman Brothers ce qui appartient à Lehman Brothers.
Même si, curieusement, quand la finance attrape une pneumonie, c’est toujours le contribuable qui prend les antibiotiques.
Puis François Hollande : 1 833,8 milliards à l’entrée → 2 258,7 milliards à la sortie. Soit environ +425 milliards.
Encore un petit étage. Il hérite des conneries antérieures, et il paient les intérêts, les gens sont deçus.
À ce stade, la dette française ne ressemblait plus tellement à une dette.
Ça commençait à ressembler à un projet architectural.
Alors là grandiose, Macron, il ne veut pas laisser que des vitraux moches à « Notre dame », non non il veut laisser sa trace, et préparer sa sortie avec ses copains banquiers…
Et arrive Emmanuel Macron : 2 258,7 milliards en 2017 → 3 460,5 milliards fin 2025. Soit environ +1 202 milliards.
Oui.
MILLE DEUX CENT DEUX MILLIARDS SUPPLÉMENTAIRES.
Évidemment, il y a eu le Covid et le fameux « quoi qu’il en coûte ». mais personne ne lui demandait de sauver les grandes entreprises, ni de confier tout le monde, c était un exercice de « soumission »...
Soyons honnêtes : la pandémie a provoqué une explosion exceptionnelle de l’endettement.
Les banquiers se frottent les mains, c ‘est bon petit, celui là...
Mais le Covid est parti. Les attestations sont parties. Les masques obligatoires sont partis.
Les files d’attente devant les pharmacies sont parties. Les milliards, eux, ont demandé l’asile politique. Ils sont restés.
Maintenant, imaginons une famille gérée de la même façon.
Appelons le père Gérard. Au hasard ce prénom, hein, vous me connaissez…
Gérard gagne 3 000 € par mois. C ‘est déjà pas un smicard !
Gérard en dépense 3 500.
Depuis cinquante ans.
Tous les ans, il réunit solennellement Christine et ses trois enfants dans la cuisine :
— Cette année, nous allons réduire le déficit familial.
Christine regarde le relevé bancaire.
— Gérard, tu as encore emprunté, pour faire trop de courses, mets toi au régime un peu !
— Oui, mais moins vite que prévu dans notre trajectoire pluriannuelle.
— Gérard, nous sommes à découvert.
— Non Christine . Nous traversons une tension temporaire de trésorerie.
— Gérard, le banquier vient de saisir la voiture. Pas grave, la France me paiera un chauffeur (toute ressemblance n est pas forfuite)
— C’est une restructuration de nos actifs de mobilité.
— Gérard, il reste trois coquillettes dans le placard.
— Nous conduisons une politique ambitieuse de sobriété alimentaire.
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Au bout d’un moment, dans une famille normale, Christine ne demande plus un audit.
Elle planque la carte bleue.
Le banquier, lui, reste étonnamment calme.
Pourquoi ?
Parce que Gérard paie les intérêts.
Et c’est là que notre petite histoire familiale devient franchement intéressante.
La charge des intérêts de la dette de l’État représente environ 51 milliards d’euros en 2025 et devrait approcher 59 milliards en 2026.
59 milliards= 59 000 000 000 € oui je sais, on ne sait pas compter avec autant de zéro.
PAR AN.
Attention : contrairement au raccourci facile, ces milliards ne vont pas uniquement aux banques françaises. Les créanciers sont multiples : banques, assurances, fonds d’investissement, fonds de pension, institutions financières, investisseurs français et étrangers.
Mais ils partagent une charmante particularité :
ILS NE NOUS PRÊTENT PAS PAR PHILANTHROPIE.
Personne n’achète de la dette française parce qu’il trouve notre drapeau particulièrement joli.
Il attend une rémunération. Et nous la payons. Tous les ans.
Avec une ponctualité qui ferait pleurer d’émotion n’importe quel fournisseur attendant le règlement d’une administration française.
Mais le véritable problème n’est même pas là.
Parce que s’endetter peut être parfaitement intelligent.
Un père de famille emprunte pour acheter sa maison.Un agriculteur emprunte pour acheter une terre ou un tracteur. Une entreprise emprunte pour construire une usine. Et un État peut emprunter pour construire des barrages, des centrales électriques, des chemins de fer, des hôpitaux, des réseaux d’eau, des infrastructures, des usines, une défense, des réserves stratégiques et des capacités agricoles.
Bref :
DES CHOSES QUI RESTENT QUAND LE CRÉDIT EST DÉPENSÉ.
Alors prenons maintenant notre magnifique ardoise de :
3 460 500 000 000 €
et promenons-nous dans la maison. Pour ce prix-là, normalement, on devrait avoir la cuisine équipée. Alors faisons l’inventaire. Sommes-nous souverains en énergie ? Sommes-nous souverains en médicaments ? Sommes-nous souverains en engrais ? Sommes-nous souverains en composants électroniques ? Avons-nous constitué d’immenses réserves stratégiques ? Nos réseaux d’eau sont-ils impeccables ? Nos infrastructures sont-elles entretenues comme des bijoux ?Nos industries essentielles sont-elles toutes chez nous ? Et surtout :
SOMMES-NOUS ENCORE CERTAINS DE POUVOIR NOURRIR LA FRANCE PAR NOUS-MÊMES EN CAS DE CRISE MAJEURE ?
Parce que là, voyez-vous, Gérard commence à m’inquiéter. Il a emprunté pendant cinquante ans.
Et maintenant qu’on ouvre son garage…
le tracteur est parti, l’usine a déménagé, les médicaments viennent d’ailleurs et le maraîcher du village remplit des formulaires pour expliquer pourquoi ses salades ne sont pas administrativement assez heureuses et calibrées.
Mais nous avons 3 460 milliards de dette.
Quelque part, forcément, nous devons posséder un magnifique rond-point.
Et voilà que l’Europe reparle sérieusement de guerre. De réarmement. De stocks. De résilience. De sécurité. Formidable. Après avoir passé des décennies à considérer l’autonomie comme un truc de vieux paysan légèrement suspect qui conserve des bocaux dans sa cave…
on redécouvre soudain qu’avoir de quoi manger, boire, se loger, produire et se chauffer pourrait présenter un léger intérêt stratégique.
Quelle découverte. Encore deux réunions à Bruxelles et quelqu’un va peut-être inventer la pomme de terre.
C’est précisément pour cela que je parle sans arrêt d’AUTONOMIE. Pour une personne. Pour une famille. Pour un village. Mais aussi pour une nation.
Produire une partie de ce dont nous avons besoin. Protéger nos terres agricoles. Garder nos paysans. Conserver nos semences. Préserver notre eau. Produire notre énergie. Maintenir nos industries essentielles. Constituer des stocks. Former les gens. Réparer. Cultiver. Transformer. Conserver.
Au lieu de ça, on laisse les lobyistes se balader dans les couloirs de l ‘Europe, pour faire passer leurs daubes, au détriment de toutes les nations européennes.
Et arrêter de considérer qu’il suffira éternellement de sortir le chéquier pour acheter à l’autre bout de la planète ce que nous avons décidé de ne plus savoir fabriquer chez nous.
Parce qu’en temps de paix : la dépendance est pratique. En temps de crise : elle devient chère.
Et en temps de guerre : ELLE DEVIENT DANGEREUSE.
Nos grands-parents avaient pourtant développé une doctrine économique extrêmement sophistiquée.
Elle tenait en quelques lignes : Ne dépense pas continuellement plus que tu ne gagnes.
Entretiens ce que tu possèdes. Ne jette pas ce qui peut servir. Garde des réserves.
Produis autant que possible ce dont tu as besoin. Et ne dépends jamais entièrement de quelqu’un qui peut décider demain de ne plus te vendre.
À l’époque, on appelait cela :
GÉRER EN BON PÈRE DE FAMILLE.
Aujourd’hui, on organiserait probablement un colloque de trois jours pour lui trouver un nom anglais avec Mc Kinsey et sa facture hors de prix.
Resilience Sustainable Sovereignty Management.
Avec buffet. Financé à crédit.
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Pourtant, appliqué à un pays, ce vieux principe porte un nom français parfaitement convenable :
LA SOUVERAINETÉ NATIONALE.
Car la véritable souveraineté n’est pas seulement un drapeau, un hymne et un siège à l’ONU, ni un parti politique, surtout pas !
C’est aussi pouvoir dire : nous pouvons nourrir notre population et pas que ces messieurs de Paris, avec une certaine brigade qui sillonne la France, pour réperer les greniers à bouffe.
Nous avons de l’eau. Nous avons de l’énergie. Nous pouvons soigner. Nous pouvons produire. Nous pouvons réparer. Nous avons des réserves.
Et surtout :
NOUS POUVONS TENIR SI LES AUTRES NE NOUS VENDENT PLUS RIEN.
Voilà ce que signifie réellement être autonome.
Et après cinquante ans de déficit et 3 460 milliards de dette, peut-être serait-il enfin temps de poser la seule question qui vaille :
TOUT CET ARGENT EMPRUNTÉ NOUS A-T-IL RENDUS PLUS SOUVERAINS…
…OU SIMPLEMENT PLUS ENDETTÉS ET PLUS DÉPENDANTS ?
Parce qu’une nation peut parfaitement avoir une carte bleue Gold.
Si elle ne sait plus produire son dîner, ce n’est pas de la souveraineté.
C’est juste Gérard avec un drapeau.
et un fauteuil hors de prix et à crédit sur notre dos.
Martine Montvernay
L'injustice climatique
FRANCE INFO
Trois jours après la gigantesque crue qui a touché son pays et son voisin chinois, le Népal a mis en garde, samedi 29 août, contre la menace croissante du changement climatique dans l'Himalaya. "Le Népal émet moins de 0,01% des gaz à effet de serre, mais nous, le peuple népalais, sommes parmi les principales victimes du changement climatique", a critiqué le ministre des Affaires étrangères népalais, Shisir Khanal. "Nous appelons donc la communauté internationale à s'unir pour préserver l'écosystème himalayen", a-t-il ajouté. Les glaciers de l'Himalaya, source d'eau vitale pour près de deux milliards de personnes, fondent plus rapidement sous l'effet du réchauffement climatique, exposant les populations à des catastrophes.
Une bonne partie des occidentaux ne savent sans doute pas situer le Népal sur une carte du monde... Je rappelle qu'en 2010, une enquête dans la population américaine avait révélé que 30 % de la population ne savaient pas clairement où se trouvait la France.
Rien ne va changer si on regarde par le biais économique, politique et financier par contre notre impunité sur la planète va être sacrément remise en question. Là, ça va changer, beaucoup, inévitablement.
"Cette catastrophe si peu naturelle"
Cet article vient de "Nepaltimes" et on peut supposer que ces gens savent de quoi ils parlent.
"Cette catastrophe si peu naturelle" est un titre qui veut mettre en avant la transformation de la planète et de son climat par les activités humaines. Bien sûr qu'il y a déjà eu des catastrophes au Népal ou au Tibet mais elles étaient principalement dûes à des séismes et ce que les scientifiques suggèrent aujourd'hui, après quelques jours d'études, c'est qu'il s'agit du décrochement d'une partie d'un glacier et si cela se produit, on peut penser que le réchauffement de la planète en est la cause. Il faut lire les études sur la fonte du permafrost et l'affaiblissement considérable des masses glaciaires. Viennent ensuite s'ajouter tout ce qui est décrit dans l'article sur l'implantation humaine le long des cours d'eau, dans des vallées étroites.
https://nepalitimes.com/not-if-but-when-next
Pas si, mais quand la prochaine ?
Personne n'aurait pu prédire que cette catastrophe se produirait quand elle se produirait, mais nous savions tous que cela se produirait un jour.
27 août 2026·Éditorial
Tsunami de l'Himalaya: Kirti Tamang, 5 ans, était dans sa salle de classe à Betrawati mercredi matin lorsque le déluge est arrivé avec un rugissement. Elle a couru aussi vite qu'elle le pouvait avec deux camarades de classe. Son oncle l'a trouvée la nuit dans une forêt. Elle a vu sa mère et sa sœur aînée être balayées par les Trisuli. Son père est un travailleur migrant en Malaisie. Elle n'a pas parlé depuis qu'elle a été retrouvée. Photos: SUMAN NÉPALIEN
Tsunami de l'Himalaya: Kirti Tamang, 5 ans, était dans sa salle de classe à Betrawati mercredi matin lorsque le déluge est arrivé avec un rugissement. Elle a couru aussi vite qu'elle le pouvait avec deux camarades de classe. Son oncle l'a trouvée la nuit dans une forêt. Elle a vu sa mère et sa sœur aînée être balayées par les Trisuli. Son père est un travailleur migrant en Malaisie. Elle n'a pas parlé depuis qu'elle a été retrouvée. Photos: SUMAN NÉPALIEN
Alors que ce document est diffusé jeudi après-midi, l’ampleur inimaginable de la catastrophe de l’inondation du centre du Népal devient évidente. À chaque avis sur une agence bancaire qui a perdu tout son personnel, un poste de police sans un seul survivant, des bus remplis de pèlerins Janai Purnima ont balayé, et des appels téléphoniques à ce bureau de familles indiennes demandant à localiser leurs proches – nous avons dû nous adapter au coût tragiquement élevé de la vie humaine.
Pas depuis le séisme de 2015 le Népal a connu une catastrophe de cette ampleur. En termes de dommages économiques aux infrastructures et aux biens, c’est le pire de l’histoire de ce pays. La télédétection nous a permis de localiser l'emplacement de l'avalanche sur la face nord de Langtang au Népal qui a bloqué la Lhende Khola qui se jette dans le Trisuli au Népal et qui a éclaté mercredi matin juste avant 9h (page 3).
Le flux de débris à Timure à la frontière était de près de 80m de haut, et alors que l'inondation courait en aval, il a tout balayé sur son passage. Ça n'a rien épargné.
Personne n'aurait pu prédire que cette catastrophe se produirait quand elle l'aurait fait. Mais n'importe qui aurait pu dire que cela devait arriver un jour. Dans cet article, nous avons nous-mêmes nous-mêmes souvent rappelé aux décideurs politiques la nécessité de se préparer aux inondations déclenchées par les conditions météorologiques extrêmes, les inondations flagrantes des lacs glaciaires et les catastrophes climatiques transfrontalières.
Nous avons dit qu’après l’inondation de Barun Khola de 2017, après la catastrophe de Melamchi de 2021, et après l’inondation de Teesta dans le Sikkim qui a balayé un barrage de $1 milliard, nous avons écrit dans cet espace sur les leçons pour les propres centrales hydroélectriques du Népal sur l’Arun, Marsyangdi et Trisuli. Et l'inondation de Bhote Kosi le 8 juillet de l'année dernière a été une autre sonnette d'alarme.
https://nepalitimes.com/not-if-but-when-next
Affirmer que ce problème n’est pas de notre fait et que nous devons être indemnisés pour les émissions historiques de carbone, c’est bon pour les discours lors des sommets de l’ONU sur le climat. Il n’y aura pas d’argent pour les pertes et dommages. Nous sommes seuls face à cette situation et devons élaborer notre propre stratégie de survie.
Ce désastre n’était pas une catastrophe « naturelle ». Rien de tout cela n’était naturel — ni la fonte du glacier provoquée par l’accumulation de gaz à effet de serre due à la combustion des énergies fossiles, ni l’implantation de coûteuses centrales hydroélectriques sur les rivières transhimalayennes, ni la conception des autoroutes suivant le tracé des rivières, ni les habitations qui se sont développées autour d’elles, ni la corruption et la cupidité, ni la mauvaise gouvernance.
Nos ancêtres savaient qu’il ne fallait pas vivre à proximité des rivières himalayennes. Au Népal, les bourgs étaient autrefois installés sur les lignes de crête élevées, tandis que les plaines inondables n’étaient utilisées que pour cultiver la nourriture ou moudre le grain. Les ponts étaient provisoires et conçus pour être reconstruits après que les crues de la mousson les avaient emportés.
Le désespoir économique, l’exode des populations rurales et la proximité des routes ont poussé les habitants à s’installer sur les berges des rivières — malgré la parfaite connaissance des risques. Une cartographie des zones dangereuses et l’application, par les autorités locales, de règles concernant les habitations situées sur les berges auraient pu sauver de nombreuses vies cette semaine.
Les systèmes d’alerte précoce ne serviront à rien si les maisons sont construites juste au bord de rivières qui descendent de la plus jeune chaîne de montagnes du monde et de l’une des plus actives sur le plan sismique, désormais soumise de plein fouet aux conséquences de la crise climatique.
Nous le répétons ad nauseam après chaque catastrophe : ne mettons pas tous nos œufs dans le même panier. Au lieu de contracter d’énormes emprunts pour investir dans des cascades de coûteuses centrales hydroélectriques sur les rivières transhimalayennes, le Népal devrait privilégier des projets de moindre ampleur répartis sur l’ensemble du pays et ainsi répartir les risques.
En l’espace de quelques heures, mercredi matin, le Népal a perdu 440 MW provenant de douze centrales hydroélectriques — soit 10 % de la capacité totale de production du pays. Les lignes de transport d’électricité et les sous-stations situées le long du corridor fluvial ont été détruites.
Une culture du fatalisme peut expliquer le manque d’intérêt pour la préparation à une catastrophe dont nous savons qu’elle se produira, et avec une fréquence accrue à l’avenir. Mais ce n’est pas une excuse. Même si les gouvernements précédents ont ignoré le problème, la nouvelle administration du Népal, avec ses technocrates et ses titulaires de doctorats, doit prendre des mesures pour faire face aux risques combinés sismiques et climatiques.
Winston Churchill a dit un jour : « Ne laissez jamais une bonne crise se perdre. » Cette catastrophe offre également au Premier ministre Balendra Shah et à son gouvernement l’occasion de démontrer une approche proactive en matière de recherche, de sauvetage, de reconstruction et de mise en place d’une stratégie de préparation pour l’avenir.
Nous ne devrions pas avoir besoin d’une catastrophe pour nous rappeler qu’il faut être préparés. À ce moment-là, il est déjà trop tard pour beaucoup de gens, comme cela a tragiquement été le cas cette semaine. Nous n’avons une fois de plus pas su tirer les leçons du passé. Cette période de deuil national appelle les Népalais à s’unir et à faire preuve du même esprit de compassion et de générosité que celui dont nous avons été témoins en 2015.
Sonia Awale
