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"L' autonomie est la clé de notre futur" ( 2)

Par Le 25/08/2026

Il y a bien longremps déjà que je ne crois plus au hasard, si tant que j'y ai cru à un moment de ma vie. Disons plutôt que je ne m'étais jamais posé la question. Il faut s'intéresser à tout ce que JUNG a écrit sur les synchronicités. 

Et donc, il y a deux jours, je tombe sur les articles de Martine MONTVERNAY.

On pourrait me dire qu'on ne trouve que ce qu'on cherche et bien évidemment, je ne passe pas mon temps à lire des articles de Voici ou Gala et donc, je suis plus disposé au regard de mes centres d'intérêt à tomber sur ces articles. Oui, mais des articles qui parlent de résilience, de collapsologie, de survivalisme, d'entraide, de solidarité, de solastologie, de troc, de communauté etc etc, il y en a des pages et des pages.

Mais les textes de Martine Montvernay sont un condensé de ce que j'écris en ce moment dans "TERRE SANS HOMMES".

Donc, merci au non-hasard.

 

 

L'autonomie est la clé de notre futur

e͏o͏t͏d͏r͏S͏n͏p͏s͏o͏g͏9͏û͏i͏4͏2͏3͏m͏ ͏6͏o͏1͏h͏g͏f͏h͏0͏l͏u͏7͏ ͏:͏e͏2͏à͏4͏ ͏6͏1͏2͏a͏a͏L͏f͏ ͏t͏6͏7͏1͏0͏1͏8͏2͏0͏m͏l͏8͏5͏4͏6͏  ·

PLUS D’UN MILLION DE VUES EN UN MOIS. ALORS, PARLONS-EN.

Depuis un mois, mes publications sur cette page ont dépassé le million de vues et je n' y gagne rien et je m 'en fous, je vis depuis des décennies avec des convictions.

Je ne vous dis pas ça pour collectionner les médailles Facebook. À mon âge, je survivrai très bien sans devenir influenceuse en courgettes et spécialiste internationale du bocal Le Parfait.

Ce qui m'intéresse, c'est pourquoi ces textes circulent autant.

Et je crois qu'il se passe quelque chose.

Les gens commencent à se poser des questions.

Beaucoup sentent confusément que le modèle qu'on leur propose les rend de plus en plus dépendants de systèmes qu'ils ne maîtrisent plus.

Dépendants pour manger.

Dépendants pour se chauffer.

Dépendants pour se déplacer.

Dépendants des banques.

Dépendants des plateformes.

Dépendants d'une alimentation mondialisée qui fait parfois parcourir 2 000 kilomètres à un poulet alors que nous avons élevé des poules en France pendant des siècles sans assistance satellitaire.

On voit disparaître des exploitations agricoles françaises, notamment des petites fermes et des producteurs qui font du bon travail.

Et pendant ce temps, nous importons.

Toujours plus loin.

Toujours plus compliqué.

Toujours plus dépendant.

Le local, lui, possède un défaut terrible : il rend libre.

Quand vous connaissez le maraîcher à cinq kilomètres, le producteur d'œufs au village voisin, l'éleveur un peu plus loin, celui qui vend ses pommes de terre directement, vous n'êtes déjà plus tout à fait dépendant du même système.

Quand vous avez un jardin, quelques poules, des conserves, une réserve d'eau, une solution énergétique et des gens autour de vous capables de réparer, produire et transmettre…

vous avez créé quelque chose d'extrêmement précieux :

une marge de liberté.

Et je crois que c'est cela que beaucoup commencent à comprendre.

LE NUMÉRIQUE AUSSI DOIT NOUS INTERROGER

On regarde souvent le système chinois de crédit social comme une curiosité très lointaine.

Je ne prétends pas que la France possède aujourd'hui un « crédit social chinois » : ce serait faux.

En revanche, je pense que nous devons surveiller attentivement tout ce qui permettrait demain de conditionner progressivement nos libertés quotidiennes à des identités numériques, des données personnelles, des comportements enregistrés ou des systèmes de notation.

Parce qu'une liberté se protège avant qu'elle disparaisse.

Après, cela s'appelle généralement remplir un formulaire.

Et il manque toujours la pièce 7B.

ALORS, QU’EST-CE QU’ON FAIT ?

On pourrait passer nos journées à râler.

C'est agréable.

Je pratique moi-même avec un certain talent.

Mais cela ne suffit pas.

IL FAUT RECONSTRUIRE DU LOCAL.

Pas contre les autres.

Entre nous.

Commencez à créer des groupes près de chez vous.

Dix personnes.

Vingt.

Cinquante.

Peu importe.

Repérez les producteurs.

Les maraîchers.

Les éleveurs.

Les producteurs d'œufs.

Les artisans.

Les gens qui savent réparer une voiture.

Ceux qui savent souder.

Cultiver.

Greffer.

Faire des conserves.

Installer une pompe.

Travailler le bois.

Réparer un moteur.

Posez une question toute simple :

« Qu'est-ce que nous savons faire ensemble que nous serions obligés d'acheter séparément ? »

Vous allez être surpris.

Parce qu'un groupe de vingt personnes possède parfois collectivement une quantité extraordinaire de compétences.

L'un possède une remorque.

L'autre une tronçonneuse.

Une autre sait faire pousser n'importe quoi.

Un autre connaît tous les producteurs du secteur.

Une autre sait conserver.

Un autre sait bricoler.

Et soudain, vous découvrez quelque chose que notre société de consommation nous avait presque fait oublier :

NOUS AVONS BESOIN LES UNS DES AUTRES, MAIS NOUS N'AVONS PAS BESOIN D'ACHETER TOUT CE DONT NOUS AVONS BESOIN.

Voilà toute la différence.

ET NOTRE ASSOCIATION ?

C'est précisément l'une des directions que nous préparons.

Doucement, mais sûrement.

Parce qu'on ne construit pas un véritable réseau local avec trois clics et un groupe Facebook créé un dimanche soir.

Il faut des gens.

De la confiance.

Des compétences.

Des lieux.

Des producteurs.

Des contacts.

Des habitudes d'entraide.

Et du temps.

Nous voulons progressivement permettre à des groupes locaux de se constituer, de se connaître, d'échanger leurs bonnes adresses, leurs compétences, leurs productions, leurs outils et leurs coups de main.

Pas pour attendre la fin du monde dans une cave avec 400 boîtes de sardines.

Mais pour vivre mieux maintenant et être beaucoup moins fragiles demain.

Parce que l'autonomie ne consiste pas à vivre seul.

C'est exactement l'inverse.

L'AUTONOMIE INDIVIDUELLE EST LIMITÉE.

L'AUTONOMIE COLLECTIVE, ELLE, DEVIENT UNE FORCE.

Et si plus d'un million de vues en quelques semaines montrent quelque chose, j'espère que c'est cela :

nous sommes de plus en plus nombreux à avoir envie de reprendre une partie de notre vie en main.

Alors ne restez pas simplement derrière votre écran à mettre .

Parlez à vos voisins.

Cherchez vos producteurs.

Retrouvez les savoir-faire.

Plantez.

Apprenez.

Réparez.

Échangez.

Créez votre petit réseau.

Nous, de notre côté, nous allons continuer à construire les outils pour aider ces groupes locaux à naître et à fonctionner.

Sans grand soir.

Sans tambour.

Sans attendre la permission de sauver ce qui peut encore l'être.

Doucement.

Localement.

Intelligemment.

Mais sûrement.

Parce qu'au fond, l'autonomie n'est pas de pouvoir vivre sans les autres.

C'est de pouvoir vivre avec eux sans être entièrement à la merci du système.

Les plus convaincus sur notre association, nous partageons tous les savoirs entre nous, et c 'est de l 'or. pas de bagarres, que des gens qui se connaissent et se respectent dans leurs différences qui nous enrichissent tous.

L 'autonomie est la clé de notre futur, il suffit de le taper sur google...

Martine Montvernay

"L'autonomie est la clé de notre futur"

Par Le 25/08/2026

Ce texte est issu d'une personne (Martine MONTVERNAY) oeuvrant dans l'association "L'autonomie est la clé de notre futur".

Pour ceux et celles qui suivent mon blog depuis un certain temps, vous comprendrez que j'adhère intégralement aux propos ci-dessous.

A la fin de l'article, j'ai mis le lien vers l'association et le bulletin d'adhésion. 

 

 

L'autonomie est la clé de notre futur (cliquez sur le titre)

S͏s͏o͏o͏e͏t͏r͏d͏p͏n͏u͏6͏c͏4͏6͏i͏c͏9͏8͏c͏u͏9͏u͏5͏3͏0͏7͏5͏ ͏5͏g͏1͏l͏a͏f͏0͏5͏3͏1͏i͏4͏4͏l͏1͏i͏c͏0͏a͏g͏c͏l͏0͏l͏9͏h͏t͏8͏t͏g͏u͏  ·

 

Ce qui disparaît en premier quand la normalité se rompt

On imagine toujours la rupture de la normalité avec des images de cinéma : plus d’électricité, des rues désertes, trois types en treillis qui se disputent la dernière boîte de raviolis.

Dans la vraie vie, c’est généralement beaucoup plus banal.

Le premier matin, on cherche des piles.

Le deuxième, un briquet.

Le troisième, on découvre qu’avoir vingt kilos de farine sans pouvoir cuire quoi que ce soit constitue une forme assez élaborée de décoration intérieure.

Une rupture de la normalité n’est d'ailleurs pas nécessairement l’effondrement de la civilisation. Une tempête, une inondation, une panne électrique prolongée, une route coupée, une grève logistique ou simplement quelques jours sans approvisionnement peuvent suffire à révéler à quel point notre confort quotidien repose sur une mécanique dont nous ne voyons plus les rouages.

Et certaines choses deviennent alors extraordinairement précieuses.

Le feu : avant la nourriture, la possibilité de la cuire

Allumettes, briquets, pierre à feu, amadou sec, allume-feu : il faut plusieurs moyens indépendants de produire une flamme.

Un briquet coûte aujourd’hui quelques euros. Lorsqu’il est le dernier moyen disponible pour allumer le poêle qui chauffe la maison et fait bouillir l’eau, sa valeur économique devient soudain très théorique.

Mais posséder des briquets ne suffit pas.

Il faut savoir allumer un feu avec du bois médiocre, conserver du petit bois au sec, préparer son combustible, utiliser correctement un poêle et entretenir un conduit.

Le véritable stock, c’est encore le savoir-faire.

Le sel : le petit caillou qui a fait des empires

Le sel paraît tellement banal qu’on oublie ce qu’il représente.

Pendant des siècles, il fut une richesse stratégique. On l’a taxé, transporté sur des centaines de kilomètres, stocké et parfois trafiqué au péril de sa liberté.

Pourquoi ?

Parce qu'avant le réfrigérateur et le congélateur, le sel était notamment un moyen majeur de conservation des aliments, avec le séchage, le fumage, la fermentation, le sucre ou le vinaigre selon les produits.

Quelques kilos se conservent très longtemps s'ils restent au sec.

Mais là encore, stocker ne suffit pas : apprendre à saler correctement, saumurer, sécher et fermenter vaut davantage que cinquante vidéos enregistrées quelque part sur un téléphone dont la batterie est morte.

La petite pharmacie

Antiseptiques adaptés, compresses, bandes, sparadrap, pansements, thermomètre, sérum physiologique, gants, pince à échardes et médicaments usuels dont on connaît réellement l'emploi.

Et surtout : les traitements personnels prescrits ne doivent jamais être oubliés dans un plan d'autonomie.

La pharmacie domestique doit être gérée comme le garde-manger : dates vérifiées, produits identifiés, notice conservée, renouvellement régulier.

L'autonomie médicale a cependant une frontière : elle ne transforme pas un particulier en médecin. Le but est de pouvoir gérer les petits incidents et tenir pendant une perturbation, pas de jouer au chirurgien de campagne sur la table de la cuisine.

L'hygiène : le savon devient soudain un produit stratégique

Savon, lessive, bicarbonate selon les usages, brosses à dents, produits d'hygiène, matériel permettant de maintenir mains, linge, cuisine et sanitaires propres.

Nous apprenons également au Pôtonome certains savoir-faire permettant de fabriquer des produits simples, notamment le savon et des produits d'hygiène courante.

L'hygiène n'est pas un luxe de société prospère.

Quand l'eau, l'assainissement ou les déchets deviennent difficiles à gérer, elle devient au contraire une question sanitaire fondamentale.

Il faut également penser à ce dont les listes de survie écrites autrefois par des hommes oubliaient assez commodément l'existence : les règles.

Protections périodiques lavables, sous-vêtements adaptés, savon et possibilité de faire bouillir ou laver correctement le textile constituent une autonomie très concrète.

L'électricité : quelques watts peuvent changer une journée

Lampes rechargeables, batteries, piles, chargeurs, petits panneaux photovoltaïques, batteries externes, radio autonome ou à manivelle : l'objectif n'est pas nécessairement de reproduire toute la consommation électrique d'une maison moderne.

Il faut d'abord préserver les fonctions essentielles :

éclairage, communication, information, recharge d'un téléphone, éventuellement pompage de l'eau et alimentation de quelques équipements indispensables.

Et il faut conserver une solution qui fonctionne sans électricité.

Car la batterie de secours qui nécessite une prise électrique pour être rechargée pendant une panne de réseau prolongée possède un certain sens de l'humour.

Les semences : une monnaie qui se reproduit

Les graines et semences reproductibles constituent probablement l'un des patrimoines les plus intelligents à conserver.

Mais posséder des sachets ne suffit pas.

Il faut savoir semer, récolter, sélectionner, sécher, identifier et conserver les graines jusqu'à la saison suivante.

Certaines plantes se croisent facilement. Certaines semences perdent rapidement leur pouvoir germinatif. D'autres se conservent plusieurs années dans de bonnes conditions.

Une grainothèque sans connaissances horticoles est une bibliothèque dont personne ne sait lire les livres.

La graine est précieuse. Le savoir qui permet de la reproduire l'est davantage encore.

Café, thé et ersatz : le confort compte aussi

Le café n'est évidemment pas indispensable à la survie.

Essayez néanmoins d'expliquer cela un lundi matin à quelques millions de Français.

Dans une situation de pénurie durable, café, thé, chocolat et autres produits importés peuvent rapidement devenir rares et donc servir d'objets d'échange.

Mais l'autonomie consiste aussi à connaître ce qui pousse autour de nous : tisanes, plantes aromatiques et différents substituts traditionnellement employés.

Nos arrière-grands-parents connaissaient quantité de solutions que la société d'abondance nous a fait oublier.

Les outils : revenir au muscle

Scie à main.

Hache et hachette.

Marteau.

Pinces.

Tournevis.

Clés.

Bêche, pelle, pioche, serpe, sécateur.

Aiguille, fil solide et matériel de réparation.

Affûtage.

Parce qu'une magnifique visseuse électrique avec deux batteries vides finit par devenir un presse-papier remarquablement sophistiqué.

Il faut donc posséder des outils manuels et savoir s'en servir, les réparer et les affûter.

Produire de l'énergie autrement

Savoir exploiter différentes sources d'énergie disponibles localement — solaire, bois et, dans certains projets adaptés, biogaz — permet de ne pas dépendre d'une seule solution.

Nous travaillons également sur ces questions dans nos activités d'autonomie.

Mais avec une règle essentielle : combustible, gaz, combustion et monoxyde de carbone ne pardonnent pas l'improvisation. L'autonomie intelligente n'est pas celle qui remplace EDF par les pompiers.

Retrouver la lumière

Bougies, lampes rechargeables, lampes solaires et, lorsqu'elles sont utilisées dans des conditions adaptées et sûres, certains éclairages à combustible.

Une lampe individuelle par personne est beaucoup plus pratique qu'une unique lampe familiale que tout le monde cherche simultanément.

Et quelques heures sans éclairage suffisent à comprendre une chose que nos ancêtres savaient parfaitement :

la lumière est un confort immense.

L'alcool : historiquement polyvalent, mais pas médicament miracle

L'alcool fort a longtemps été conservé dans les foyers pour différents usages et peut également devenir un produit d'échange.

Il faut néanmoins être précis : boire de l'alcool pour remplacer un véritable antalgique est une mauvaise stratégie médicale. Il peut altérer le jugement, favoriser les accidents et interagir avec des médicaments.

La connaissance des fermentations fait en revanche partie des très anciens savoir-faire alimentaires humains.

Pour la distillation, il faut aussi tenir compte des règles françaises applicables : fabriquer un alcool distillé n'est pas juridiquement la même chose que faire du vin, du cidre ou une fermentation alimentaire.

Et puis viennent les choses ridicules… jusqu'au jour où elles manquent

Papier toilette.

Mouchoirs.

Sacs-poubelle.

Seaux.

Ficelle.

Lingettes lavables.

Aiguilles.

Fil.

Savon.

Gants de travail.

Récipients avec couvercle.

Ce sont les petites intendances qui rendent une situation difficile supportable.

Et les déchets méritent un véritable plan : tri, stockage temporaire, compostage de ce qui peut l'être et filières appropriées. Brûler ses déchets au fond du jardin n'est ni une solution générale, ni anodin sur le plan sanitaire et réglementaire.

Mais il manque encore quelque chose à toutes ces listes.

On peut stocker 200 briquets.

Ils finiront par être vides.

On peut stocker du savon.

Il finira par être utilisé.

On peut remplir un congélateur.

Sans électricité, il peut devenir en quelques jours un problème plutôt qu'une réserve.

L'autonomie véritable commence donc lorsque nous passons de :

« Qu'est-ce que je dois acheter ? »

à :

« Qu'est-ce que je dois savoir faire lorsque je ne pourrai plus l'acheter ? »

Faire du feu.

Rendre une eau utilisable et, lorsque nécessaire, potable.

Cultiver.

Récolter ses graines.

Conserver les aliments.

Cuisiner avec peu d'énergie.

Réparer.

Coudre.

Affûter.

Entretenir les outils.

Produire un peu d'électricité.

Maintenir une hygiène correcte.

S'organiser avec ses voisins.

Et surtout transmettre ces compétences.

C'est exactement la philosophie que nous voulons développer au Pôtonome et dans nos universités d'été : ne pas transformer les gens en collectionneurs anxieux de boîtes de conserve, mais leur redonner des savoir-faire.

Car dans une rupture durable de la normalité, le plus riche n'est pas nécessairement celui qui possède le plus gros stock.

C'est souvent celui qui sait encore faire quelque chose lorsque le stock est terminé.

Pensez y avec quelques euros, quand vous ferez les brocantes, les petits outils qu 'on oublie dans un coin, ça fait des années que 'j ai 200 boites d 'allumettes, elles sont rangées, au cas où...

et bien des choses comme ça....

Martine Montvernay

 

Adhésion 2026 L'Autonomie est la Clé de Notre Futur

 

par L' autonomie est la clé de notre futur

Adhésion valable du 01 janvier 2026 au 31 décembre 2026

Cette association a pour objet, l ‘aide et l ‘apprentissage de l’autonomie dans tous les domaines de la vie sans aucun but lucratif. L’ensemble des actions est totalement gratuit, bénévole et humanitaire. Des partenariats sont mis en place afin d ‘œuvrer contre le gaspillage et lors de commandes groupées. L ‘association est apartisane et sans religion. Le seul but est le bien-être humain,animal et de la terre, dans le respect du développement durable.

L'adhésion annuelle minimum est de 20€ et comprend l'assurance RC pour les commandes groupées et les ramasses.

L'adhésion permet aussi de financer le fonctionnement de l'association, en particulier les frais pour le réseau potonome privé.

 Libre à ceux qui le peuvent de donner plus en solidarité pour les frais de l'association et de notre lieu de rencontre. Vous pouvez faire un don, déductible des impôts, ici :

https://www.helloasso.com/associations/l-autonomie-est-la-cle-de-notre-futur/formulaires/1

Ce qui n'est pas écrit.

Par Le 23/08/2026

Papier toilette

 

Depuis que j'ai commencé la quadrilogie (qui sera donc une pentalogie), j'ai lu beaucoup de romans de dystopie. Il faudra d'ailleurs que j'en fasse une liste ici, un jour.

Il y a des éléménts que je ne rencontre pas, qui sont passés sous silence, ignorés, peut-être parce qu'ils relèvent de l'intimité ou que les auteurs ne veulent pas s'y arrêter, je ne sais pas en fait.

1) LES BESOINS NATURELS : Nous faisons tous caca. Et nous nous essuyons l'anus. Caca, anus, excréments, diarrhée, constipation, vers, gastro, sont des réalités. Nous avons besoin de papier toilette. Il n'est qu'à se souvenir de la ruée pendant le covid sur les présentoirs. La question est donc de savoir par quoi nous pourrions remplacer le papier toilette...En Asie, on trouve des petites douchettes mais cela suppose qu'il y a encore un réseau d'eau potable fonctionnel. Donc, il reste la bassine qu'on remplit au lavoir, à la fontaine, au ruisseau, à la rivière. Et l'idéal est d'avoir encore du savon. 

2) LES RÈGLES MENSTRUELLES et les serviettes hygiéniques. S'il n'y a plus rien à vendre dans les magasins, il arrive un moment où le stock constitué par les femmes est épuisé. Plus de serviettes, plus de tampons, plus de cup menstruelles ou culottes menstruelles.

Comment faisaient nos arrières grands-mères ? Et bien avant encore ? 

Les protections hygiéniques de la préhistoire à l'antiquité

https://www.elia-lingerie.com/pages/histoire-protection-hygienique#titre1

C’est en 1550 avant Jésus Christ que l’on retrouve une trace d’utilisation de protections périodiques. Pendant l'Antiquité, les techniques utilisées sont différentes en fonction des pays : pour les Égyptiennes, elles vont fabriquer une sorte de tampon, avec du papyrus ramolli. En Grèce Antique, pendant leurs règles, les femmes se protégeaient un peu comme elles le pouvaient : avec des bouts de tissus ou des petits bâtonnets enroulés de lin.

Les protections au Moyen-âge

Mais avec la religion, au Moyen-âge, il est devenu inconcevable que la gente féminine puisse introduire quoi que ce soit dans leur vagin pour se protéger pendant les règles. Elles avaient donc des jupons de règles pour essuyer le flux qui s’écoulait le long des cuisses. Dans les familles les plus aisées, on avait des chiffons pour les règles, appelés chauffoirs et maintenus grâce à des ceintures de tissus… La majorité de leur protection étaient “faites maison”. Tout cela était très peu pratique.

Certains historiens pensent même qu’à cette époque les personnes menstruées étaient contraintes de s’isoler pendant leur règles, ce qui est appelé le rite de réclusion menstruelle. Beaucoup pratiquaient un peu, de façon contrainte d’ailleurs, le flux instinctif libre.

À cette période, les connaissances du cycle menstruel sont également moindres (l’ovulation n’a été découverte qu’au 19ème siècle). Qui dit méconnaissance, dit peur et méfiance : à l’époque du Moyen- âge et de toutes les croyances dans les sorcières etc., les pertes menstruelles pouvaient être vues comme maléfiques, en particulier les règles abondantes ou des maladies gynécologiques (comme l’endométriose). D’autres pensaient que les règles étaient en revanche un signe de vie et de fertilité.

L'apparition des premières protections menstruelles modernes au 20ème siècle

C’est à la fin du 19ème siècle que sont apparus des ceintures sanitaires pour retenir des bandes de tissus. Ce sont notamment les travaux de Louis Pasteur avec la théorie des germes, qui a contribué à montrer l’importance de l’hygiène intime. Pendant la révolution industrielle, la machine à filer le coton permet de rendre le tissu beaucoup plus accessible pour tout le monde. Les ceintures sanitaires étaient des méthodes d'absorption beaucoup plus absorbante et confortable pour les utilisatrices. Avec cette invention, les serviettes sont donc lavables et réutilisables.

La première serviette hygiénique en 1920

C’est pendant la première guerre mondiale que des infirmières vont expérimenter l’idée de la ouate enroulée dans des compresses de gaze. En effet, elles se rendent compte que ce qui sert à soigner les blessures des soldats et notamment ce qui absorbe leur sang, serait aussi très utile pour absorber le flux menstruel. Ce seront les débuts des serviettes jetables.

C’est l’entreprise Kimberly Clark qui va mettre au point la première serviette sanitaire jetable en coton. Elles étaient tenues par des ceintures à la taille.

Le tampon jetable Tampax en 1930

Dans les années 1930, le médecin Carl Cleveland Haas va mettre au point les premiers tampons jetables qui seront commercialisés sous la marque Tampax. Au début de cette invention, certains mythes persistaient, beaucoup étaient persuadés qu’en utilisant des tampons, on allait perdre sa virginité : il était donc encore plutôt mal vu par la société d’introduire quelque chose dans son vagin.

Les protections hygiéniques réutilisable en 1960

C’est après la seconde guerre mondiale que le tampon va réellement être démocratisé. À partir de 1960, les personnes menstruées peuvent acheter sans soucis leurs protections jetables, qui par ailleurs deviennent de plus en plus pratiques. C’est une vraie révolution. Mais en 1979 surviennent des drames dus au syndrome du choc toxique et l’utilisation de tampon. Ce qui ne va pas empêcher la progression de cette méthode, mais plutôt renforcer les contrôles.

Même si la parole semble peu à peu se libérer aux sujets du cycle féminin dans la culture populaire avec l’arrivée des protections sanitaires jetables, les marques ont continué à faire régner le tabou autour des menstruations pendant longtemps : en effet, dans la publicité, le sang était remplacé par un liquide bleu.

Le protège-slip dans les années 2000

Au début des années 2000, des variations de la serviette hygiénique apparaissent, avec le protège-slip, variante plus légère et adaptée à la mode du sous-vêtement échancré du moment (tanga, string…).
Les méthodes lavables et réutilisables des protections classiques commencent à apparaître timidement : cup, serviettes réutilisables…

En 2022, un large panel de protections hygiéniques pour les femmes

Depuis quelque temps déjà, on assiste à une vraie prise de conscience de la toxicité et dangerosité de certains produits chimiques utilisés dans les protections jetables. C’est notamment en 2018, que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a publié un rapport présentant les substances chimiques retrouvées dans la plupart des serviettes et tampons conventionnels. Ces substances, même à faible doses, sont d’importants perturbateurs endocriniens et ont des effets cancérigènes. Résultat, plusieurs alternatives se sont démocratisées : la cup, les serviettes lavables et les culottes menstruelles. La composition de ces dernières est beaucoup plus saine.

 

3) LA CONTRACEPTION. Les pharmacies ont tiré le rideau, les hôpitaux sont vides, il n'y a plus de pilules contraceptives, plus de préservatifs, les femmes qui portaient un stérilet sont confrontés à un problème au-delà d'une certaine durée. Je n'ai pas trouvé d'informations sur l'impossibilité de retirer un stérilet par manque de personnel compétent...Quels risques ? Je n'en sais rien. 

Suivant le modèle, un stérilet peut être gardé entre 4 et 10 ans et peut être retiré à n’importe quel moment par un gynécologue ou une sage-femme qui va alors tirer sur le fil attaché au bout du stérilet. Le retrait est indolore dès lors que le fil est accessible.

Le stérilet va glisser au travers du col dans le vagin pour être ôté.

Si le fil n’est pas accessible, il faudra alors avoir recours à l’hystéroscopie (endoscope qui se glisse dans le col et l’utérus) pour voir où le fil se trouve, puis l’abaisser et le retirer.

Il faut savoir qu’une fois le stérilet retiré il est possible de démarrer une grossesse dès le cycle qui commence.

Conclusions : Méthode OGINO : reconnue comme étant aléatoire / Abstinence / Pratiques sexuelles excluant la pénétration vaginale /

 

ALLUMER UN FEU : "Non, mais sérieux, tout le monde sait allumer un feu. Des allumettes ou un briquet et c'est bon."

Alors déjà c'est bien d'avoir du papier, sauf que le papier, tout le monde le garde pour remplacer le papier toilette et de toute façon, le stock va finir par être épuisé. Et il en sera de même avec les allumettes et les briquets. Bon et donc, comment on fait ensuite pour allumer le feu dans l'insert ou dans la cuisinière à bois ? Le papier, on peut le remplacer par des aiguilles de résineux, celles au sol qui sont bien sèches et des petites pommes de pin, des copeaux de bois très fins. Mais il faut une flamme et on ne peut pas utiliser une loupe le soir ou dans la maison. Alors, qui a une solution ? Faudra-t-il qu'il y ait "un gardien du feu" comme dans "La guerre du feu" ?  

 

URGENCE CHIRURGICALE : inutile que je précise de quoi il s'agit. Une simple crise d'appendicite peut être fatale.

RUPTURE DE TRAITEMENT MEDICAL : la liste est longue et pointe doulureusement la dépendance d'un grand nombre de personnes. 

 

Ces diverses problématiques sont bien évidemment décrites dans la pentalogie.

Il s'agit de se réveiller aujourd'hui pour être capable de survivre demain au cauchemar que nous avons engendré hier.

Bonne chance à toutes et tous :) 

Une musique indéfinissable

Par Le 20/08/2026

P8230002

 

Indéfinissable parce qu'à la première écoute, elle ne ressemble à rien.

Quelqu'un qui avancerait le curseur par étapes et écouterait des bribes passerait immédiatement à autre chose.

On dirait du "bruit", rien ne ressort, aucune mélodie, rien d'identifiable ou qui puisse être gardé en mémoire, c'est une lente montée vers on ne sait où, une accumulation de sons, c'est lent, comme une marée montante, on voit l'eau, les flux obstinés, l'eau qui monte et couvre le sable et les reflux, lentement, lentement, on peut voir aussi le chemin qui serpente vers le sommet, les longues diagonales dans la pente, le regard attentif aux pierres, la poussée des jambes, le souffle régulier, on monte, on monte et là, on réalise qu'on a été happé par cette musique qui ne ressemble à rien, qui semble ne mener nulle part, on s'élève, on s'absente, on absorbe, la musique s'installe, à l'intérieur de soi, et puis la puissance arrive, par paliers, comme le corps du marcheur qui a trouvé son rythme, le sommet n'est plus un objectif, il n'est qu'une étape, c'est dedans que le chemin se trace, la musique monte en puissance, encore et encore et on est surpris à chaque palier, comme si on ne pouvait pas imaginer la suite, comme s'il n'était pas possible de savoir où elle nous mène, des accalmies faites de longues vagues guident les pas, on monte en altitude.

Le crescendo prend de l'ampleur, plus rien ne l'arrêtera.

Et il est toujours impossible de trouver la moindre mélodie dans cet ensemble et c'est le plus fascinant pour moi.

La fin est un sommet, quand l'horizon est ouvert, que plus rien ne pousse le corps vers le haut, quand on est assis et qu'on contemple, que le souffle s'est posé, que le corps s'apaise, l'effort est fini et c'est parce que le corps est "vidé" que la beauté l'emplit.

Il m'arrive en journée de retrouver cette ambiance sans pouvoir retrouver le fil de cette musique, c'est juste une ambiance, un état, une façon d'être soi. 

Les violences des mâles.

Par Le 19/08/2026

Dans "TERRE SANS HOMMES", je parle des viols... Oui, je sais, ça ne donne pas forcément envie de lire le livre si tant est qu'il soit publié un jour.

Mais j'ajoute une projection. Ce que le mâle fait subir à la femme, il en fait autant à la vie toute entière.

 

TERRE SANS HOMMES

"- Si des hommes, des mâles, sont capables de tuer des femmes et même des enfants, -une voix si triste qu’il eut peur qu’elle s’effondre, -alors ils sont capables de tuer la Terre, de la martyriser sans jamais éprouver le moindre état d’âme. La planète est une entité féminine, notre mère à tous, celle qui donne la vie. On ne peut rien espérer pour la Terre tant que des femmes et des enfants succomberont sous les coups des hommes, des mâles, du mal. »

Silence.

« Je n’en peux plus de toutes ces noirceurs qui sont en moi. »

 

Interview

« L’espèce humaine est incroyablement coercitive envers les femmes »

Pascal Picq

Avec

Pascal Picq

Marina Bellot

Propos recueillis par

Marina Bellot

Publié le

22 novembre 2024

et modifié le 21 mai 2025

Image de couverture

"L'histoire du feu", Une d'un numéro du Petit Inventeur consacré à la préhistoire, 1923 - source : Gallica-BnF

La coercition envers les femmes est-elle une fatalité ? Dans son ouvrage Et l'évolution créa la femme, le paléoanthropologue Pascal Picq explore les origines de la domination masculine, en remontant à la préhistoire et aux plus proches cousins de l'homme, les grands singes.

RetroNews : Quel est le point de départ de votre démarche ? S’agit-il avant tout de désinvisibiliser les femmes dans l’histoire de l’évolution ?

Pascal Picq : Quand vous regardez l'iconographie de la préhistoire, vous vous apercevez que seule l’évolution de l’homme est représentée. Il y a une vingtaine d’années, j’ai fait un livre pour la jeunesse en demandant à ce que la représentation de la grotte de Lascaux montre un homme et une femme peignant la paroi. Je me suis bagarré avec l’illustrateur et, finalement, l’illustration montre l’homme qui peint la paroi et la femme qui pile les pigments… De même, pour mon ouvrage Le Retour de Madame Néandertal, je voulais en couverture une femme de Néandertal dans des habits modernes – je n’ai pas réussi à l’obtenir.

Ce genre d’anecdotes est très révélateur de ce qu’on appelle l’idéologie intégrée. Quand les petits garçons et les petites filles n’ont que ce genre de représentations, à la fois dans les livres illustrés, dans les reconstitutions des documentaires et même dans les fictions, ils ont nécessairement l’impression que la domination masculine est dans l’ordre naturel des choses… Par ailleurs, il y avait un manque énorme et des biais immenses dans la manière de reconstituer la préhistoire d’un point de vue scientifique. J’ai été l'un des rares à commencer à parler de l’évolution du côté des femmes, notamment des femelles sapiens et du genre humain qui ont des particularités tout à fait claires en termes de sexualité, de reproduction et, bien sûr, d’action.

Vous vous êtes intéressé dans votre ouvrage à la place des femelles chez les primates, qui s’avère très différente d’une espèce à une autre…

D’une manière générale, chez tous les mammifères, une constante se dégage : quand il existe des groupes sociaux, ce sont les femelles qui restent ensemble toute leur vie sur leur territoire et les mâles qui migrent à l'adolescence. Les femmes sont endogames et les mâles exogames. Dans la lignée des hominidés, c’est-à-dire celle des grands singes africains, à laquelle nous appartenons, la situation est inverse : les sociétés sont patrilocales. Les mâles restent ensemble toute leur vie dans leur groupe social et ce sont les femelles qui migrent à l’adolescence. Or si les femelles restent ensemble toute leur vie, il leur est plus facile de résister ensemble à la pression et à la violence des mâles, et, inversement, si les mâles restent ensemble toute leur vie, il est plus facile pour eux de se coaliser et d’exploiter et de contrôler les femelles.

Quand on regarde dans le détail, et notamment la diversité des babouins, on s’aperçoit qu’on a toutes les situations possibles, avec dans certains cas les femelles qui arrivent à tirer leur épingle du jeu et à contrôler la violence des mâles et d’autres situations où c’est l’inverse. Ce qui est intéressant, c’est qu’il n’y a pas de fatalité entre matrilinéarité (femelles ensemble) et patrilinéarité (mâles ensemble). Si l’on en revient à notre lignée à nous, celle des grands singes africains - dont nos systèmes sociaux sont hérités – nous avons l’exemple des bonobos où existe une certaine égalité entre les mâles et les femelles, une co-domination, dans ce qu’on appelle une gynocratie, c’est-à-dire un système dominé par les femmes qui ne sont pas apparentées (contrairement au système matriarcal dans lequel les femmes sont apparentées). Les chimpanzés, eux, se montrent beaucoup plus coercitifs et violents.

 

Vous montrez que l'accaparement des femmes a atteint chez l'homme un niveau inégalé par les autres espèces. Comment expliquer la mise en place de ces formes de coercition très fortes ?

Le tableau que je dresse dans le livre n’est pas très encourageant : l’espèce humaine se montre en effet une espèce incroyablement violente, la plus violente de toutes. Les cas de viols, par exemple, sont extrêmement rares dans la nature. Surtout, le meurtre d’une femelle est absolument rarissime. Il n'y avait pas de fatalité à ce que la lignée humaine instaure un modèle coercitif. La coercition n'est pas génétique, et ne peut pas non plus s’expliquer par les conditions environnementales : il n’existe pas de système socio-économique dans lequel les femmes ne sont pas dominées.

Il y a bien sûr la théorie, qui vient du marxisme, selon laquelle les conditions économiques déterminent les infrastructures. Certes, lorsqu'on regarde les sociétés mésolithiques, à la charnière de la fin de la préhistoire et du néolithique, on voit que la production de richesses augmente et que la coercition envers les femmes va, elle aussi, croissante. Mais il est troublant de s'apercevoir que même dans les sociétés où il y a très peu de production et d'échanges de biens, qu’on appelle les sociétés acrématiques, la violence et la coercition s’exercent malgré tout sur les femmes - les Aborigènes australiens Aranda, par exemple, sont extrêmement machistes voire violents. Il n’y a donc pas de fatalité liée au système économique.

Pour résumer, il n’y a ni déterminisme génétique, ni déterminisme écologique ou économique : cela montre bien qu’on est dans le cadre de conflits et de rapports de pouvoir entre les deux sexes, ce que les Anglo-Saxons appellent la guerre des sexes.

« Les civilisations ne sont pas les amies des femmes », écrivez-vous. Des sociétés humaines se sont-elles déjà développées sur un modèle matriarcal ou au moins, égalitaire ?

Nous les connaissons très mal car nous avons ignoré les expériences de matriarcat passées et présentes. Or le matriarcat a existé dans beaucoup plus de sociétés qu’on ne l'imagine. Il faut repenser notre évolution et prendre en compte des réalités qui ont été ignorées, occultées, ou considérées comme archaïques. Il faut également avoir en tête que la majorité des données dont on dispose en archéologie préhistorique sont basées sur les exemples du Proche-Orient, du Moyen-Orient et de l'Europe. Or c’est là qu’existent les sociétés patriarcales.

On ne sait pas réellement ce qui s'est passé ailleurs. Un exemple : pendant très longtemps, lorsqu'on tombait sur une tombe avec un squelette, s’il y avait des armes, on en déduisait que c’était forcément un homme, et s’il y avait des bijoux, on en déduisait que c’était nécessairement une femme. Or on s’aperçoit que l’inverse était tout aussi possible. Il y a eu de nombreux biais de ce genre. Tout est à revoir.

Prenez les grands schémas qu’on a appris à l’école : l’histoire vue du côté de l’Occident qui domine le monde, avec une vision linéaire, progressiste, améliorative, selon laquelle l’humanité n’a fait que progresser depuis la préhistoire – la Renaissance, puis les Lumières, etc. En réalité, la condition des femmes était plus enviable au XVIIIe siècle qu’elle ne l’était au XIXe. Le code napoléonien de 1804 et la Révolution industrielle et bourgeoise ont été catastrophiques pour la condition des femmes.

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Quelles perspectives évolutionnistes s’ouvrent aujourd’hui ?

En cinquante ans, on a assisté à de grandes évolutions. Aujourd’hui, on a l'exemple de femmes seniors qui occupent des postes extrêmement importants dans les entreprises, les gouvernements, les ONG, les médias etc. Ce n’était jamais arrivé auparavant, et pour cause : les sociétés à forte domination masculine ont toujours eu peur de la colère des femmes, et en particulier des femmes âgées, ménopausées. Elles ne sont plus dans le circuit de la reproduction mais elles ont de la connaissance et du pouvoir. De nombreux récits sur les commencements du monde, dans différentes grandes ethnies, disent que les femmes âgées dominaient et que les hommes organisaient de grands banquets pour les exterminer…

Les évolutions indéniables qui sont en train de se mettre en place aujourd’hui ne doivent pas conduire à s’illusionner : une résistance très forte s’organise. Il est frappant de constater que c’est dans les sociétés où les femmes ont plus de libertés qu’elles subissent aussi le plus de violences, qu’il s’agisse de viols ou de féminicides.

Quelles sont les conditions qui permettraient selon vous que nos sociétés mettent fin à la domination masculine ?

Si l’on regarde la distribution des métiers entre les femmes et les hommes, on retrouve des divisions qui remontent à la préhistoire : les femmes sont engagées dans les métiers du textile, elles traitent les matières en les caressant, en les frottant, en les cousant. Les hommes, eux, sont dans les matériaux durs avec des gestes lancés, frappés. Comment sortir de cela ? On voit bien que changer les moyens de production ne suffit pas – avec le numérique, nous pourrions tous être égaux derrière notre clavier, mais ça n’est pas le cas.

D’un point de vue anthropologique, la vraie révolution concerne la question de la procréation. Il existe deux stratégies globales : les stratégies R et K. La première est quantitative : on fait le plus d'enfants possible pour parer aux aléas, en espérant que certains des enfants survivent. Cette stratégie n'est pas du tout caractéristique de la lignée des hominidés. Elle a émergé avec le néolithique, dans une volonté nataliste qu’on a connue jusqu'aux Trente Glorieuses. L’autre stratégie est notre stratégie naturelle : ce sont les stratégies K, qui favorisent une approche hautement qualitative. Les femmes font peu d’enfants dans une société où l'investissement parental est partagé, et dans des conditions qui permettent une éducation et un soutien adaptés, et où les petites filles, en particulier, peuvent s’intégrer dans le monde et participer à le changer. Revenir à cette stratégie serait fermer une parenthèse de 10 000 ans qui a permis la domination des hommes, notamment par le contrôle du corps et des moyens de reproduction.

Pascal Picq est paléoanthropologue, maître de conférences au Collège de France. Il a écrit notamment Au commencement était l’homme, Lucy et l’obscurantisme, De Darwin à Lévi-Strauss et, plus récemment, L’Intelligence artificielle et les Chimpanzés du futur. Son ouvrage Et l'évolution créa la femme est paru aux éditions Odile Jacob en octobre 2020.

Mots-clés

Voldomination masculineviolencescondition fémininemisogynieévolution

Marina Bellot

Ecrit par

Marina Bellot

Marina Bellot est journaliste indépendante, diplômée de l'Ecole de journalisme de Sciences Po. Elle a co-fondé en 2009 Megalopolis, un magazine d'enquêtes et de reportages sur la métropole parisienne, qu'elle a dirigé pendant trois ans. Elle est l'auteure de plusieurs ouvrages pédagogiques à destination des adolescents et a co-écrit une biographie de Jean-François Bizot, L'Inclassable, parue chez Fayard en 2017.

C'était pourtant écrit.

Par Le 19/08/2026

Un article sur un livre oublié. Un de ceux qui n'auraient jamais dû disparaître.

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Patrick Maurieres

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Comment avons-nous pu passer totalement à côté ?

En cette période caniculaire, j’ai trouvé dans une boîte à livres un ouvrage de René Dumont que j’ai lu avec cette question comme fil conducteur.

Je parle de ma génération, celle qui a été, pour reprendre une formule, « biberonnée au marxisme ».

L’ouvrage date de 32 ans.

Et pourtant, à sa lecture, une question s’impose : comment ai-je pu à ce point, passer à côté de ce que René Dumont nous disait déjà ?

Que développe-t-il ?

Que les risques écologiques sont dramatiquement sous-estimés et que l’avenir de l’humanité est menacé.

Le propos est précis, documenté, affûté. Et, à mes yeux d’aujourd’hui, d’une actualité saisissante.

On lit ainsi, page 53 :

« Un système économique âpre et défaillant aboutit à dilapider un patrimoine essentiel : celui des ressources rares non renouvelables. D’abord les combustibles fossiles et les minerais que les formations géologiques ont accumulés dans le sous-sol et que l’on devrait traiter comme le patrimoine de l’humanité. »

Et page 107 :

« Pour la première fois nous sommes en train de démolir systématiquement — dans l’indifférence générale — les climats de la planète. »

René Dumont ne déclame pas, jamais. Il démontre.

Il détaille l’effet de serre et la détérioration des climats avec des chiffres et des faits. Il parle de biodiversité, de déforestation, de l’eau qui, prévient-il, « va manquer presque partout — même en Bretagne ».

Et ma génération, celle qui se voulait critique du capitalisme, a largement ignoré, occulté ou, plus simplement, pas pris au sérieux ces avertissements.

Dumont dénonce également « l’inacceptable droit d’embargo », dont Cuba crève littéralement en ce moment, et analyse la guerre du Golfe comme une guerre du pétrole.

Il écrit :

« Les complexes militaro-industriels, pour prospérer, ont besoin de guerre donc d’ennemis. »

Difficile, aujourd’hui, de ne pas penser aux profits colossaux engendrés par une industrie qui fabrique et vend les engins de mort utilisés par les protagonistes des conflits actuels.

Il perçoit également, alors que le fascisme national n’est pas encore la menace qu’il deviendra, que le Front national pourra surfer sur les problèmes de la misère et de l’immigration.

Il voit l’agonie du monde paysan et, dans le même temps, les gros céréaliers protégés par l’Europe.

Son discours anticapitaliste ferait aujourd’hui pâlir bien des écologistes autoproclamés.

René Dumont, qui votera non au référendum sur la ratification du traité de Maastricht, développe également une réflexion sur la dette qui résonne singulièrement avec le débat politique actuel : il milite pour l’annulation des dettes, « le temps de respirer » écrit-il

Et surtout, l’ensemble s’articule comme un véritable programme politique qui, 32 ans plus tard, fait toujours sens :

« Réhabiliter le chemin de fer. »

Développer l’énergie géothermique.

Refuser la politique du tout-autoroutier.

Je ne peux évidemment pas m’empêcher de penser à l’A69, voulue par Mme Delga, dans ma région. Il est fort à parier que René Dumont aurait été aux côtés des « écureuils » pour tenter de préserver les arbres.

Il développe aussi toute une série de propositions en direction de « la femme, grande oubliée des droits de l’homme ».

Il cherche « où trouver l’espoir », dénonce déjà les renoncements socialistes et combat évidemment la droite.

Bref, sans vouloir refaire l’histoire, je me demande vraiment comment ma génération, « biberonnée au marxisme », a pu passer à ce point à côté de ses réflexions.

Pourquoi, à quelques exceptions près, n’avons-nous ni écouté ni entendu René Dumont ?

Et je terminerai avec cet extrait, page 170 :

« Cherchons à regrouper les associations, et les personnes qui s’inquiètent des menaces écologistes ; les pacifistes qui refusent de tuer, les groupes qui œuvrent contre la misère… et tous les bénévoles qui s’efforcent d’aider les chômeurs, les exclus, les sans-logis ; les organisations qui défendent les prisonniers politiques… et enfin l’ensemble des tiers-mondistes qui n’acceptent pas que les 15 % de privilégiés du globe continuent à accaparer et dilapider 80 % de ses ressources limitées. »

Lui qui se définissait comme un héritier« des communes organisées au Moyen Âge, de 1789, de 1871 », concluait :

« Il nous faut accorder le premier rang au social, à l’écologie, aux droits des humains (de tous les humains) à ne plus être dominés et écrasés-piétinés… »

Cette phrase résonne particulièrement en moi, à l’aube d’un combat décisif dans quelques mois.

Nous avions sous les yeux, il y a 32 ans, une partie des réponses aux questions que nous nous posons aujourd’hui.

Regarder la vie

Par Le 19/08/2026

Regarder la vie autour de soi, voir les "petits", les discrets, ceux auprès de qui on peut passer si on ne reste pas attentif, aux aguets, près à dégainer l'appareil photo, chasseur de clichés.

Je me suis pris la tête avec un chasseur sur FB, dans une publication qui parle de la chasse aux oiseaux migrateurs et que les chasseurs veulent continuer à abattre "puisqu'ils n'ont pas eu à souffrir de la canicule"...Et ce hkhdlkjsdvkks de chasseur me sort la phrase suivante : "Tant qu'il y aura des chasseurs, les animaux sauvages et la nature seront préservés".

Qu'est-ce que vous voulez faire de ça ?

Ben, je retourne "chasser" les insectes et autres habitants sur le terrain pour tenter d'oublier ça. 

 

Ce matin, alors que je faisais le tour des jeunes arbres, j'ai le bonheur de tomber sur un machaon qui venait juste de sortir de sa chrysalide.

Les feuilles de l'érable sont grillées mais de nouvelles feuilles poussent au pied, à l'abri de la paille et de l'humidité du sol. Il ne lâche pas l'affaire :) 

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Crise de l'eau, planète terre invivable ? Emma Haziza

Par Le 18/08/2026

"L'écologie punitive". Cette expression, elle me rend dingue.

On sait, en tout cas pour ceux et celles qui s'informent, que nous allons dans le mur.

Les scientifiques qui ne sont pas écoutés et quand ils le sont sont moqués, je n'imagine même pas ce qu'ils doivent éprouver.

Diffusée en direct le 17 mai 2022 Environnement

Emma Haziza est hydrologue, spécialiste de la résilience des territoires face aux risques climatiques extrêmes. Fondatrice de Mayane, centre de recherches appliquées dédié à l'adaptation climatique.

Mega-bassines : état des lieux

Par Le 18/08/2026

Texte de Rémi Camus

"Une mégabassine n’est pas une immense piscine qui récupère simplement l’eau de pluie.

Ce serait presque trop simple.

Ce qu’on appelle plus précisément une réserve de substitution est généralement remplie grâce à des prélèvements réalisés dans les nappes ou les cours d’eau, principalement en période hivernale, pour stocker cette eau et l’utiliser ensuite en période d’irrigation.

L’idée défendue est assez simple : prélever lorsque la ressource est davantage disponible pour éviter de pomper l’été lorsqu’elle est sous tension.

Sur le papier, ça peut sembler logique.

Mais la vraie question est peut-être ailleurs.

Pourquoi avons-nous besoin de stocker autant d’eau pour maintenir certaines productions agricoles dans des territoires où l’eau devient justement de plus en plus problématique ?

Parce que derrière le débat technique sur les mégabassines se cache aussi un débat sur notre modèle agricole.

Quelles cultures voulons-nous continuer à irriguer ?

Pour quels usages ?

Avec quelle quantité d’eau ?

Et surtout : est-ce à notre environnement de continuer à s’adapter à notre modèle agricole, ou est-ce désormais à notre agriculture de s’adapter aux ressources réellement disponibles sur nos territoires ?

Je n’ai rien contre l’irrigation par principe.

Un agriculteur a évidemment besoin d’eau pour produire.

Mais entre irriguer ponctuellement une production adaptée au territoire et construire des réserves de plusieurs centaines de milliers de mètres cubes pour maintenir un système fortement dépendant de l’irrigation, il me semble qu’on a le droit de poser des questions.

D’autant qu’il existe d’autres pistes : restaurer les zones humides, ralentir les écoulements, améliorer l’infiltration dans les sols, travailler sur les haies, les pratiques culturales, les variétés cultivées ou encore la capacité des sols à retenir naturellement l’eau.

Finalement, c’est peut-être ça le débat que j’aimerais avoir.

Est-ce qu’on veut adapter nos territoires à notre agriculture actuelle, ou adapter progressivement notre agriculture aux territoires de demain ?

Parce qu’avec le changement climatique, cette question risque de se poser de plus en plus souvent."

 

Rendements en chute libre, évaporation record… Le bilan des méga-bassines de l’été 2026

 

Publication :

15/08/2026

Picture of Thibaut Schepman

Thibaut Schepman

©Crédit Photographie : DAMIEN MEYER / AFP La bassine de Sainte Soline en 2023

Le bon sens serait de stocker de l’eau en hiver, pour arroser les cultures en été. Défendue par le syndicat agricole majoritaire FNSEA, cette solution technique est relayée par un large bloc politique réunissant l’extrême droite du Rassemblement national, l’extrême droite de la droite de Bruno Retailleau et François-Xavier Bellamy mais aussi la droite et la majorité présidentielle. 

Ensemble, ce bloc politique vient de voter une loi d’urgence facilitant la construction d’ouvrages de stockage de l’eau et limitant le débat démocratique à leur sujet. Alors que l’on vient de vivre un hiver extrêmement pluvieux suivi d’une fin de printemps et d’un été caniculaire, tous crient à l’unisson pour aller encore plus loin afin de s’adapter à la sécheresse qui mine le monde agricole. 

Mais qu’en est-il des dizaines de bassines déjà construites ? Peut-on mesurer leur efficacité et leur utilité dans ce contexte caniculaire ? Comment a été utilisée l’eau de ces réserves depuis le début de l’été ? Entre opacité totale sur le partage de l’eau et évaporation monstre, les chiffres que diffusons pour la première fois montrent une solution loin d’être satisfaisante. 

Guerre de l’eau : où se trouvent les méga-bassines ?

Si on trouve des méga-bassines dans beaucoup de départements, les réserves les plus nombreuses et les plus célèbres se situent dans un vaste triangle allant de La-Roche-sur-Yon à Angoulême et à Poitiers. Ce territoire entoure le marais poitevin et se situe sur plusieurs bassins versants (la Sèvre Niortaise, Mignon, Charente) et plusieurs départements (Vendée, les Deux-Sèvres, la Vienne et la Charente-Maritime). 

Depuis les années 1980, des milliers d’hectares ont été drainés dans et autour du marais poitevin, dans le but d’arroser les cultures céréalières et notamment le maïs. L’assèchement de cette zone humide a été terrible et a réduit d’un tiers la surface du marais. Cette catastrophe écologique a valu une condamnation de la France par la Cour de justice européenne en 1999.   

Par la suite, des autorisations de pompage gigantesques ont malgré tout été accordées aux agriculteurs locaux afin de les autoriser à pomper dans les cours d’eau dans des proportions largement supérieurs aux capacités du milieu.

Depuis le début des années 2010, une partie du monde agricole défend en prime la construction de bassines, dites réserves de substitution. Ces réserves sont des trous artificiels qui peuvent stocker plusieurs centaines de milliers de m3 d’eau et se remplissent via des pompes qui puisent l’hiver dans les nappes ou dans les rivières. L’argument en leur faveur est d’affirmer que ces prélèvements se substituent et donc seraient préférables à des prélèvements faits en période estivale. De nombreux arguments en leur défaveur ont été détaillés
sur Bon Pote : l’eau stagnante dans les bassines chauffe, s’évapore et se détériore, cette eau bénéficie à un petit nombre d’usagers, ces réserves maintiennent un modèle agricole gourmand en eau au lieu de le faire évoluer. 

La construction d’une partie de ces ouvrages était illégale, ce qui n’a pas empêché le soutien de l’Etat et de certains préfets. Au bout de longues procédures, la justice a récemment ordonné la destruction de plusieurs ouvrages. Par ailleurs, la tristement célèbre bassine de Sainte-Soline, connue pour avoir été le théâtre de violences policières, a aussi fait l’objet d’une interdiction de remplissage l’hiver dernier par une décision de justice visant à prévenir les impacts sur la biodiversité locale. En dehors de ces cas précis, plusieurs dizaines de bassines ont bien été remplies pendant l’hiver dernier. 

Combien d’eau reste-t-il dans les méga-bassines ? 

Aujourd’hui, ces bassines sont en majorité quasiment vides. Selon les informations partagées par le système d‘Information sur l‘Eau du Marais Poitevin et que nous avons pu consulter,  il ne restait ainsi que 2000 mètres cubes d’eau dans la réserve de Mauzé-sur-le-Mignon (l’une des plus anciennes du coin) ce vendredi 14 août. Elle était presque pleine avec encore plus de 200 000 m3 au 10 juin dernier.

Volume d’eau dans la réserve de Mauzé sur le mignon Source : SIEMP

La bassine de Priaires est vide depuis le 7 août. Celle d’Epannes le sera d’ici à quelques jours. Beaucoup de réserves ne comptent plus que quelques dizaines de milliers de mètres cubes. Les réserves les plus grandes ont encore des quantités d’eau un peu plus importantes en stock, dont celle de Sainte Gemme la Plaine avec 110 000 mètres cubes. Mais cela ne durera pas : la courbe de son stock s’effondre aussi vite que les autres, au rythme actuel elle sera vide avant la fin du mois. 

Volume d’eau dans la réserve de Sainte Gemme la Plaine Source : SIEMP

Cette chute s’explique par des consommations d’eau importantes pour l’irrigation. Mais ce n’est pas tout, comme le montre le cas de la bassine de Sainte-Soline. Inexploitée, elle est tout de même complètement vide depuis mi-juillet alors qu’elle a stocké jusqu’à 50 000 m3 au 2 juin dernier.

Ce n’est pas une surprise pour l’hydroclimatologue Florence Habets qui rappelle pour Bon Pote un point important : l’évaporation énorme dans ces réserves : « On a du mal à faire comprendre à quel point l’évaporation peut être conséquente. L’ordre de grandeur, c’est la consommation de plusieurs centaines de personnes qui s’évapore chaque jour dans chaque réserve ». L’hydrologue, qui travaille justement sur un
projet de mesure de l’évaporation des réserves, partage par ailleurs les résultats d’une étude récente menée en Afrique du Nord et qui montre que ces réservoirs perdent une quantité d’eau considérable par évaporation, parfois jusqu’au double de leur capacité de stockage annuelle. 

Les quantités d’évaporation constatées dans les réserves d’eau destinées à l’agriculture en Afrique du Nord

Source :
Water storage paradox of reservoir expansion and evaporative losses in the MENA region

Ce qui donne un paradoxe : pour sécuriser l’accès à l’eau, les agriculteurs construisent davantage de bassines qui subissent des taux d’évaporation tels qu’elles contribuent in fine au manque d’eau. Dans ce contexte, certains souhaitent encore plus de bassines… Jusqu’à quand ?

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Qui a exploité l’eau stockée dans les méga-bassines ? 

Ces réserves, largement subventionnées, servent principalement à alimenter de grosses exploitations produisant des céréales, dont du maïs. Une enquête de Médiapart a montré que les douze exploitants bénéficiaires de la bassine de Sainte-Soline sont liés à l’agro-industrie intensive, possèdent des structures nettement supérieures à la moyenne nationale et bénéficient d’importantes subventions publiques. La quasi-totalité de leurs parcelles irriguées est dédiée à deux cultures clés de ce modèle industriel : le maïs et le blé tendre d’hiver, souvent destinés à l’exportation. C’est aussi le cas dans beaucoup d’autres territoires. Dans la vidéo ci-dessous, on peut voir un exploitant céréalier installé dans le bassin versant du Mignon expliquer qu’il irrigue 400 hectares de maïs.

La plupart des agriculteurs locaux estiment le système inéquitable. C’est le cas, il faut le dire, des bénéficiaires des bassines à l’arrêt qui crient à l’injustice. Ils ont mis à l’arrêt leurs forages privés et s’estiment doublement victimes, n’ayant plus accès ni à leur forage privé ni aux réserves de substitution qu’ils ont contribué à financer. 

Mais d’autres voisins s’estiment encore plus floués. De nombreux agriculteurs locaux dénoncent la hausse du prix de l’eau causé par les méga-bassines auxquels ils n’ont pas accès.  Dans une interview à Médiapart, une maraîchère dénonce :  « Pour les petits maraîchers et pépiniéristes, il est difficile d’avoir accès à l’eau, même en petites quantités. Globalement, la priorité est donnée à des productions qui sont loin d’être indispensables. C’est totalement déraisonnable. » Un témoignage auquel il faut ajouter la réaction scandalisée de beaucoup d’habitants des Deux-Sèvres, qui voient les champs locaux arrosés massivement pendant la canicule. Est-ce bien raisonnable, alors que les températures élevées rendent le pollen stérile et les récoltes minables, le maïs restant sans épis ? Est-ce même rentable économiquement de récolter aussi peu de maïs en arrosant autant ?

Le caractère très inégalitaire de l’accès à l’eau stockée dans les bassines est confirmé et dénoncé par l’hydrologue Florence Habets, qui rappelle : « Rien n’est prévu pour gérer la pénurie en cas de crise. Il faudrait prendre des décisions courageuses, pour mieux décider à qui et à quoi on consacre l’eau disponible. Beaucoup d’eau est perdue pour arroser des parcelles qui ne vont de toute façon pas ou peu produire, alors qu’à l’inverse des agriculteurs aux besoins beaucoup plus faibles, comme les maraîchers, auraient pu en profiter. Cela demande des discussions collectives, avec bien sûr des indemnisations pour les agriculteurs lésés ». 

Au lieu de ça, c’est bien la règle du chacun pour soi qui semble prédominer. D’où les prélèvements très rapides et l’effondrement des réserves constatés dans les bassines, même si, déplore Florence Habets la situation manque beaucoup de transparence : aucun outil ne permet de suivre en direct qui utilise l’eau des bassines, les déclarations de font a posteriori et ne peuvent être connue qu’avec deux ans de retard. Dans un contexte de véritable bataille pour l’eau, plusieurs affaires de vol d’eau et d’irrigations illégales ont été constatés. Trois barrages ont notamment été vandalisés fin juin pour dévier l’eau sur la Sèvre niortaise. En 2022, un agriculteur avait déjà été condamné pour avoir capté illégalement de l’eau d’irrigation en Charente-Maritime. Une situation qui n’a pas empêché la Coordination rurale d’appeler officiellement dans un communiqué de presse les agriculteurs à ne pas respecter la loi et à irriguer les cultures de façon illégale. 

Un système non seulement injuste mais aussi inefficace

La situation serait peut-être acceptable si elle permettait des productions agricoles décentes. C’est loin d’être le cas. Dans les Deux-Sèvres, le préfet a récemment alerté sur une situation désastreuse pour l’agriculture locale, avec des rendements “catastrophiques» pour le blé, le maïs, les pois, les féveroles, le maraîchage, les vergers et le fourrage… Le président de la FNSEA locale annonce des pertes de 60 à 70% sur sa propre exploitation de maïs. En Poitou-Charentes, les récoltes de maïs sont nulles dans certains territoires. Suffirait-il de remplacer le maïs par du sorgho, comme on le lit souvent ? Cette enquête de Mediapart montre que les plants de sorgho du coin sont si petits qu’ils sont toxiques pour les vaches, alors qu’à l’échelle nationale les rendements ont décliné pendant cet été caniculaire.

Légende : Source / Agreste

Malgré tout, les bassines semblent encore et toujours présentées comme la solution unique et incontestable au chaos climatique qui nous frappe. L’Etat, à travers le préfet de Charente, s’est même opposé à la destruction des bassines jugées illégales et dont la destruction a été demandée par le rapporteur public dans le cadre d’une procédure judiciaire qui a démarré il y a plus de quinze ans. 

Très contestable, la focalisation du débat sur les bassines empêche de mettre sur la table des solutions urgentes et validées par la recherche scientifique : réduire l’artificialisation des sols, protéger les zones humides, freiner l’eau, protéger les nappes phréatiques et réduire la vitesse de l’écoulement de l’eau et, bien sûr, végétaliser notre alimentation et diminuer de façon massive les émissions de gaz à effet de serre.

Les opportunités des marchés financiers

Par Le 18/08/2026

Les financiers et leurs alliés politiques vendraient père, mère et la Terre tant est que ça leur rapporte. 

On sait depuis longtemps qu'après chaque cyclone aux USA, les marchands de bateaux de luxe remplissent leurs carnets de commandes. Juste un exemple parmi des dizaines d'autres. 

Et rien ne change et rien ne changera. 

Ce sont nos vies qui sont entre leurs mains car il faut bien comprendre que toutes les marchandisations des désastres nourrissent les prochaines. 

 

"Les opportunités du désastre".

Un copié/collé de Daniel Tanuro :

CATASTROPHE CLIMATIQUE: LA BARCLAYS BANK VANTE A SES CLIENTS LES "OPPORTUNITES" DU DESATRE

Les effets d'un "super El Nino" s'ajouteront dans les mois qui viennent a ceux du rechauffement croissant, qui provoque des incendies meurtriers en Europe et au Canada, des inondations gigantesques en Asie (170.000 personnes evacuees en Chine) et autres phénomènes météo extrêmes un peu partout.

Selon les Nations unies, l'impact d'El Nino accroîtra dans le domaine agricole les difficultés déjà créées par les accidents climatiques, difficultés amplifiées par la guerre contre l'Iran du genocidaire Netanyahou et du roi Ubu Trump (accès aux engrais passant par Ormuz!). 150 millions de gens auront besoin d'aide alimentaire dès décembre de cette année. La situation risque de devenir dramatique au Sud Soudan et en Somalie, notamment.

Cette perspective ne désole pas tout le monde. Dans un courrier à ses clients, la Barclays Bank rassure: ces phénomènes ne doivent pas être vus comme "unilatéralement négatifs". En effet, "si un El Niño plus intense engendre des risques pour certains secteurs et régions (sic), il crée également des opportunités, les épisodes historiques entraînant souvent d'importantes fluctuations de prix sur les marchés sensibles aux conditions météorologiques." (Cité par "Investigative journalism")

Sous-entendu: ces "importantes fluctuations de prix" sont pour les speculateurs autant d'occasions de se faire très vite beaucoup d'argent. Elle est pas belle, la vie? Profitons-en, Messieurs! "Let's look on the bright side of life"...

Monstrueux? Évidemment! Mais cette monstruosité est systémique. C'est celle du capitalisme, ce système de prostitution généralisée dont Marx, évoquant le banquier Shylock de Shakespeare, disait qu'il marche sur la tête, fait voir tout à l'envers, et noie l'humanité "dans les eaux glacées du calcul égoïste". On peut ajouter: ou dans les flammes attisees par l'esprit de lucre!...

Pour information, Barclay est la banque européenne qui a investi le plus dans les combustibles fossiles ces dernières années. Elle continue à le faire et accélère même le rythme. À lire la prose adressée à ses clients, on comprend que ce n'est pas un hasard, une erreur, ou le résultat d'une quelconque inertie: le Capital investit dans le désastre parce que le désastre crée des "opportunités ".

"Les marchés financiers ont commencé à fixer des prix selon El Niño", par Roberta Boscolo, cheffe de l'unité Energie et Climat de l'Organisation Météorologique Mondiale.

Un article précis dans le Financial Times cette semaine illustre comment un fonds spéculatif lève un fonds spécialement conçu pour tirer profit de l’El Niño de cette année et pourquoi les banques du secteur publient désormais des guides clients sur ses implications sur le marché.

☕ Les prix du café et du cacao ont grimpé alors que les commerçants anticipent des dégâts liés aux récoltes en Afrique de l’Ouest et au Brésil

Le blé en Australie et le riz en Inde font face à de sérieuses menaces, car les précipitations de mousson indienne sont déjà plus d’un dixième en dessous de la moyenne

Les prix des enchères de transit du canal de Panama ont atteint des sommets records, alors que les inquiétudes concernant la baisse du niveau de l’eau font écho à la sécheresse sévère de 2023–24

⚡ L’exploitation minière du cuivre est perturbée en Zambie par la sécheresse et au Chili par les inondations sous le même effet de l’événement, générant des risques opposés dans des endroits différents

Un impact sur la production sucrière indienne est suivi de près par les analystes

Le réchauffement climatique augmente les impacts de chaque événement qui se produit, superposant l’augmentation typique de température de 0,1 à 0,2°C d’El Niño à un réchauffement déjà dangereux de 1,4°C, et chargeant une atmosphère plus chaude d’humidité pour alimenter des averses plus fortes là où El Niño apporte déjà de la pluie.

Le chiffre le plus alarmant n’est pas un chiffre de marché. Le World Food Programme avertit que cet événement menace de plonger au moins 49 millions de personnes supplémentaires dans l’insécurité alimentaire, rappelant que les vrais dégâts touchent le plus durement ceux qui ont le moins de capacité à les absorber. Et cela va durer : une étude publiée en 2023 dans Science a révélé que les épisodes majeurs d’El Niño freinent la croissance dans les pays touchés pendant des années.

Les marchés se positionnent déjà autour de cet événement, des mois avant son pic. La question est de savoir si cette même prévoyance atteint les petits exploitants, les planificateurs de la sécurité alimentaire et les communautés vulnérables avec la même urgence qu’elle atteint les fonds spéculatifs. ️

Source : Financial Times, "How will El Niño hit the world economy?" (Moral Money, 12 August 2026)

Lien vers le post de Roberta Boscolo : https://www.linkedin.com/.../urn:li:activity.../

(par Adrien Couzinier)

 

Camp fire

Par Le 18/08/2026

Y a-t-il eu une prise de conscience ? 85 morts, 296 disparus. Coût total de l'incendie  : 16 milliards de dollars. 

On parle toujours d'écologie punitive ? 

Imaginons 85 morts et 296 disparus en France. 

Est-ce qu'il y aurait une prise de conscience de l'urgence climatique, de l'urgence à changer notre mode de vie ? 

wikipedia

Le Camp Fire est un feu de forêt actif du 8 au 26 novembre 2018 dans le comté de Butte, en Californie. En détruisant notamment la ville de Paradise, il est le plus meurtrier de l'histoire de cet État américain, avec 85 morts, selon le bilan officiel du 3 décembre 2018[1]. Au 26 novembre 2018, date à laquelle les pompiers américains ont annoncé que le feu était « maîtrisé à 100% », on comptabilisait encore 296 disparus[2].

Déroulement

Le feu aurait débuté le 8 novembre 2018 au lever du jour. Les pompiers sont alertés à 6 h 33 heure locale (UTC−08:00), pour un feu de végétation. Un feu qui a commencé sous des lignes électriques haute tension de l'entreprise Pacific Gas and Electric Company (PG&E). L'enquête devra déterminer si l'origine du feu a un lien avec ces lignes électriques. Les premiers pompiers arrivent 10 minutes plus tard, à 6 h 43[3]. Les vents soufflant à plus de 56 kilomètres par heure aident à la propagation du feu.

Bilan

Le feu fut plus destructeur que le Tubbs Fire (en) d'octobre 2017. Il s'inscrit dans la lignée des incendies majeurs qui ont ravagé la Californie à la suite de la sécheresse que connaît cet État depuis plusieurs années. Cet incendie a ravagé 620 km2 de forêt, détruit 13 500 maisons. Le bilan humain au 3 décembre 2018 s'élevait à 85 morts, 3 blessés et 11 disparus et plusieurs dizaines de milliers d'habitants[1] ont été déplacés. La population de la ville de Paradise dans la Sierra Nevada au moment de l'incendie était estimée à elle seule à environ 26 000 habitants[4].

L'incendie a couvert une superficie de 620,5 km2 et a détruit plus de 18 000 structures, la plupart des destructions se produisant dans les quatre premières heures. Les villes de Paradise et Concow ont été presque complètement détruites, chacune perdant environ 95 % de leurs structures. Les villes de Magalia et Butte Creek Canyon ont également été en grande partie détruites[5]. En janvier 2019, le total des dommages était estimé à 16,5 milliards de dollars ; un quart des dommages, 4 milliards de dollars, n'était pas assuré. Le feu de forêt a également coûté plus de 150 millions de dollars en coûts de suppression des incendies, portant le coût total de l'incendie à 16,65 milliards de dollars.

Le même mois, Pacific Gas and Electric Company (PG&E), la société de services publics responsable de la ligne électrique défectueuse, dépose son bilan, invoquant un passif prévu pour les incendies de forêt de 30 milliards de dollars. Basé à San Francisco, PG&E est, selon le Figaro, « depuis des années accusé de faire passer les profits et ses actionnaires avant la sécurité du public, avec des installations désuètes et des manquements répétés à l'entretien et au débroussaillage de ses lignes à haute tension »[6]. Le 6 décembre 2019, le service public a fait une offre de règlement de 13,5 milliards de dollars pour les victimes des incendies de forêt ; l'offre couvrait plusieurs incendies dévastateurs causés par le service public, y compris le Camp Fire. Le 16 juin 2020, le service public a plaidé coupable de 84 chefs d'accusation d'homicide involontaire[7].

Dans la culture populaire

En 2025, le film The Lost Bus : Au cœur des flammes, distribué par Apple TV+, s'inspire de l'histoire de Kevin McKay et Mary Ludwig, un chauffeur et une enseignante, ayant sauvé 22 enfants lors de l'incendie. Ces personnages sont joués par Matthew McConaughey et America Ferrera. Le film a été principalement produit par Jamie Lee Curtis.

Un cinquième

Par Le 14/08/2026

J'écris beaucoup, tous les jours, tous les soirs et parfois la nuit.

Et j'y pense énormément, quand la situation s'y prête, ils sont tous là, Laure, Théo, Tim, Francis, Ange, tous les autres, plus de 70 personnages il me semble, je ne sais plus, je ne les compte plus, ils surviennent quand ils sont nécessaires. Je raconte l'élimination partielle de l'humanité et je n'ai jamais usé d'autant de personnages. Mais ce soir, je suis allé ouvrir les quatre tomes sur mon ordinateur et j'ai regardé la taille des documents en word

LES HÉROS SONT TOUS MORTS : 134 pages / 42 613 mots

TOUS SAUF ELLE : 335 pages / 85 170 mots

LE DÉSERT DES BARBARES : 334 pages / 109 146 mots

TERRE SANS HOMMES : 312 pages / 91 674 mots 

Je ne m'explique pas la différence du nombre de mots pour un nombre quasi identique de pages dans le tome 2 et le tome 3.

Mais le problème majeur, c'est que je suis loin du point final dans le tome 4. Je sais tout ce que je dois encore raconter, sans parler de ce qui pourrait survenir et que je n'ai pas encore imaginé...

Donc, c'est bien vers un tome 5 que je me dirige.

Et lorsque j'en ai pris conscience, j'ai vraiment eu un vertige, quelque chose qui alternait entre la joie et l'inquiétude. Le plaisir de prolonger cette aventure créatrice et le délai que ça va me prendre.

 

J'ai écrit "Les héros sont tous morts" en 2016. Il a été publié en 2018.

J'ai écrit "Tous, sauf elle", en 2017

"Le désert des Barbares" en 2018

Puis, je les ai repris, réécrits, transformés, raccourcis, rallongés, lus, relus, recorrigés, lus, relus, recorrigés.

J'ai beaucoup lu aussi, des tas d'ouvrages, essais, documentaires, romans, visionné des tas de vidéos, écouté un grand nombre de personnes.

J'ai commencé "Terre sans hommes" en 2023.

Je n'en revenais pas quand j'ai lu cette date, le premier texte de ce roman sur mon blog. En 2023...

Il y a donc dix ans que j'ai commencé cette quadrilogie, du tome 1, en 2016, à celui en cours.

Et maintenant, je réalise qu'un cinquième tome va devenir indispensable. Et je ne sais même pas si ces romans seront publiés un jour. Je connais les difficultés des petites maisons d'édition et les éditions du 38 ne jouent pas encore dans la cour des grands. La directrice m'a dit que le tome 2 pourrait paraître fin 2026, début 2027. Mais sera-t-il retenu par le comité de lecture ? 

J'en suis toujours à la même question en fait. Depuis mon premier roman publié, rien n'a changé. Que valent mes romans ? 

 

Se ressourcer encore et encore.

Par Le 07/08/2026

Ce que je vais écrire est affreux : c'est parce qu'il existe des moyens de se ressourcer que malgré les multiples alertes données par les scientifiques, les sociétés matérialistes perdurent et que perdurent avec elles toutes les dégradations, dévastations, et les canicules et sécheresses et dans quelque temps, les inondations et les tempêtes du siècle" (qui ne sont en fait que celles de l'année en attendant l'année suivante.)

Nous avons mis en place des méthodes pour tenir. Ces méthodes n'étant que le prolongement de ce qui aurait dû cesser. Les centres de "bien-être", les "soignants" de toutes sortes, les vacances, la consommation, la course au pouvoir d'achat, les vols en avion pour cinquante euros, les fêtes, et même les arts, tout est bon pour se ressourcer. Il ne s'agit pas de s'interroger sur les raisons qui mènent à un besoin de ressourcement mais uniquement de quoi se reconstruire, respirer, se refaire une santé.

J'en ai fait tout autant jusqu'à penser et c'est le comble au regard de ce que je dis aujourd'hui, qu'il serait utile, juste et bon que je m'installe comme sophrologue. J'ai suivi une formation, obtenu une certification mais je ne suis pas allé jusqu'à l'ouverture d'un cabinet. L'éducation nationale m'avait refusé la prime de départ volontaire, nécessaire financièrement mais j'avais de toute façon dans un coin de ma tête ronde un doute existentiel quant à la justesse de cette voie. 

Cette crise estivale génère un stress important, en tout cas, chez les gens conscients que nous ne sommes qu'à l'orée du désert.

Je plains ceux et celles qui ont perdu leurs maisons et leurs souvenirs.

Je pleure les forêts calcinées et les centaines de milliers d'animaux morts.

Je pleure pour les pompiers morts.

L'automne finira par arriver et cette crise estivale disparaîtra sous le flot permanent de l'actualité. Et dès le mois de mai 2027, dès les premières chaleurs, on recommencera à s'inquiéter. Car rien n'aura changé. Le processus de réchauffement est enclenché depuis longtemps déjà. On ne peut que tenter d'en réduire les effets, freiner des quatre fers pour éviter de faire grimper encore plus le thermomètre planétaire.

Alors, se ressourcer pour tenir dans les difficultés de la vie quotidienne devient peu à peu un sujet secondaire. Car il ne s'agira pas de tenir dans son travail, dans les difficultés de la vie de couple, dans les tourments associés aux enfants, dans le coût de la vie, dans l'inflation, dans les emmerdes en tous genres mais de tenir dans le registre de la survie. Et je sais, en utilisant le terme de survie, que beaucoup penseront que j'exagère. Et je l'espère.  

 

 

Pourquoi se ressourcer ?

 

Série :  Anti-manuel de philosophie

Mardi 23 juin 2020

France Culture

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Provenant du podcast

Le Journal de la philo

Par Géraldine Mosna-Savoye

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Il y a un paradoxe dans l'injonction à se ressourcer : pourquoi vouloir reprendre des forces, puiser de l’énergie, si c’est, au final, pour reprendre la course telle quelle, pour continuer, pour tenir coûte que coûte ? Pourquoi ne pas réfléchir sur le pourquoi du besoin de se ressourcer ?

Prendre du recul, faire le plein d’énergie, revenir à l’essentiel, ce sont les quelques expressions que l’on entend et qu’on lit un peu tout le temps, sur les couvertures des magazines, sur les plateaux télé et parfois radio, et que même des amis ou nos parents peuvent nous dire quand on se dit fatigué ou inquiet. Elles culminent à l’approche de l’été et se condensent souvent en cette injonction : se ressourcer. 

Les moyens et la fin 

Se ressourcer est vraiment un très joli mot. On y entend le bruit d’une source d’eau, on y distingue le calme d’un lieu champêtre, à l’abri de la rumeur citadine. On y perçoit aussi les origines, un retour aux sources salvateur et authentique. En un peu moins poétique, c’est aussi l’argent, les ressources humaines, le mental : tout ce qui nous donne l’énergie d’agir, de continuer, de tenir. 

De manière générale, qu’on puise dans un cours d’eau, en nous, ou dans notre compte bancaire, se ressourcer, a, malgré ses allures bucoliques, un aspect intéressé.
On ne se ressource pas comme ça, de manière gratuite, pour le plaisir, mais en vue d’une fin qui dépasse largement ces moyens et ce moment.
La ressource, quoiqu’on en dise, quoi qu’on y voie, est la petite musique typique du développement personnel dont la finalité n’est bizarrement jamais la personne mais le développement en tant que tel.
Et c’est une des choses qui m’a toujours frappée dans cette littérature. Pourquoi vouloir se développer ? Et pourquoi vouloir se ressourcer pour se développer ?
Le paradoxe est là : pourquoi vouloir arrêter sa course, reprendre des forces, puiser de l’énergie si c’est, au final, pour reprendre la course telle quelle, pour continuer, pour tenir coûte que coûte ?
Là est le problème posé par le fait de se ressourcer : tient-il aux ressources disponibles pour se développer ou dans le développement en tant que tel ? Faut-il ainsi s’interroger sur les moyens (de la ressource) ou sur la fin (de la ressource) ? 

Avoir de la ressource ou revenir aux sources 

La critique est classique : le développement personnel, en prônant des règles pour s’extraire de la course existentielle, fournit au final tous les remèdes pour s’y remettre de plus bel. Autrement dit, alors qu’on pense trouver les outils spirituels pour contrer la fameuse “société de la performance” (dont je me demande encore en quoi elle consiste), ces outils-là, et il y en a plein (de l’art d’être zen au retour à l’essentiel), ne font qu’entériner cette efficacité de tous bords. 

“Se ressourcer”, à cet égard, l’idée de se ressourcer, me semble paradigmatique de cette bizarrerie. Pourquoi se ressourcer si c’est juste pour continuer à faire la même chose mais en plus fort, en plus armé, en plus performant ? Là est le problème de ce terme de “ressources”, il est hypocrite, car il n’est qu’un moyen de plus pour persévérer sans s’interroger sur ce dans quoi et pour quoi on persévère. Mais pourquoi court-on ? Pourquoi faudrait-il être efficace, énergique, avoir de la ressource ?
Cette question-là aussi est classique, elle est même existentielle, traitée et surtraitée par les philosophes : qu’est-ce qui nous anime ? quel est le but d’une vie ? à quoi bon la vivre ? Et sans tomber dans la dépression ou le nihilisme, ce simple terme, cette injonction bête et méchante de “se ressourcer” nous révèle cette quête insensée et absurde. Mais quand on y pense, et c’est là l’ironie, l’idée de “se ressourcer” porte pourtant bien son nom : il s’agit de revenir aux sources, et la source, s’il y en a une, c’est celle-ci : se demander “à quoi bon ?”. 

Du comment au pourquoi 

Si je récapitule, voici donc le problème : on prend au mot l’idée de se ressourcer comme de reprendre de l’énergie, en soi ou ailleurs, sans pourtant revenir à la source même de la ressource, de ce pourquoi on a à se ressourcer, de ce pourquoi on devrait à tout prix avoir de l’énergie pour agir, exister, pour vivre.
À l’injonction “il faut se ressourcer”, on trouve moult conseils : méditer, faire du sport, voir ses amis, prendre du temps pour soi… comme si on avait besoin de le voir écrit noir sur blanc pour le savoir. On trouve, quoiqu’il en soit, moult déclinaisons pour répondre à la question du “comment se ressourcer”.
Mais pourquoi ne jamais poser la question du pourquoi : pourquoi se ressourcer ? vers quoi, en vue de quoi, pour obtenir quoi, se développer pour quoi ? 

Il y aurait beaucoup à dire sur cette fameuse société de la performance que beaucoup fustige tout en la réactivant avec des mantras comme se ressourcer, mais je suis pourtant d’accord : oui, il faut se ressourcer, oui, il faut revenir à la source et se demander sans cesse pourquoi on veut tant tenir. 

Le problème majeur de l'eau

Par Le 03/08/2026

Reconstituer les zones humides que le milieu agricole et économique se sont acharnés à faire disparaître.

Favoriser la réintroduction des castors qui sont de formidables alliés. 

Les bassines, non, on le sait, c'est juste du vol et de la destruction.

Quant au maïs, si on veut que ça diminue, la réponse est simple : arrêter de manger de la viande.

Le constat des incendies ne doit pas s'arrêter à la détresse des gens et au monstrueux désastre sur la faune et la flore.

Sinon, les catastrophes se reproduiront encore et encore.

 

Idées

« C’est la loi du plus fort » : comment l’agro-industrie accapare l’eau

 

«<small class="fine d-inline"> </small>C'est la loi du plus fort<small class="fine d-inline"> </small>» : comment l'agro-industrie accapare l'eau

Dans leur livre, paru le 8 avril, Fabien Benoit et Nicolas Celnik décrivent la privatisation grandissante de l’eau, notamment par les acteurs de l’agro-industrie et avec la complicité de l’État. En voici les bonnes feuilles.

Les Assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau (éditions Les Liens qui libèrent), paru le 8 avril, est un livre qui justifie amplement son titre. Les journalistes Fabien Benoit et Nicolas Celnik, collaborateurs réguliers de Reporterre, y décrivent comment l’agro-industrie, les industries d’eaux en bouteille, celles du numérique et d’autres encore privatisent toujours plus ce bien commun que devrait être l’eau.

Souvent avec la complicité du gouvernement et en faisant régner la loi du plus fort. Nous en publions les bonnes feuilles, consacrées au premier des consommateurs d’eau : l’agro-industrie.

Un rapport de 2024 a tenté de chiffrer ce que l’agriculture conventionnelle coûtait à la France : pas loin de 45 milliards d’euros par an [1]. D’après ses calculs, 19 milliards d’euros (le double du budget alloué à la planification écologique) sont engagés pour compenser les dégâts de l’agriculture industrielle. Le reste, outre les 9,5 milliards d’euros touchés au titre de la PAC (Politique agricole commune), est une série de subventions perçues par les agriculteurs, les maillons intermédiaires, et la distribution, sous forme d’exonérations de cotisations sociales, d’exonérations fiscales et de dépenses budgétaires propres à l’État.

Des voix se font bien sûr entendre pour demander un rééquilibrage des subventions et plus d’aides fléchées vers une agriculture moins gourmande en eau. Encore faudrait-il qu’elles puissent trouver un écho dans les parlements de l’eau. Et que les esprits soient apaisés lorsque l’on évoque la gestion de l’eau — ce qui est loin d’être le cas.

La loi du plus fort

On peut aujourd’hui se promener le long de la retenue d’eau de Caussade, dans le Lot-et-Garonne, et n’y voir qu’un bucolique étang artificiel dans lequel les hirondelles viennent s’abreuver au printemps. Pour les connaisseurs du dossier, cette retenue d’eau de 920 000 m³ raconte autre chose : elle témoigne de la manière dont l’État a cédé face aux irrigants. « C’est un sujet ahurissant tant il est révélateur de la dynamique du pouvoir dans la gestion de l’eau, s’étrangle un ancien conseiller de deux ministres de l’Écologie à l’époque des faits. Ce que ça dit par rapport aux tensions liées à l’eau pour les années qui viennent, c’est que finalement c’est la loi du plus fort. »

Dès le début des années 2010, une poignée d’agriculteurs locaux réclament la construction d’une retenue, tout en refusant de participer aux discussions collectives sur la gestion de l’eau dans le territoire. En juin 2018, la préfète autorise la construction du barrage de Caussade — et suscite un tollé, l’ensemble des institutions de l’État garantes de la protection de l’environnement s’y opposant vertement. Il faut que les ministres de l’Agriculture et de l’Environnement demandent l’annulation du projet pour que la préfète revienne sur sa décision.

Mais les agriculteurs n’entendent pas en rester là : mobilisant à leurs frais pelleteuses et main-d’œuvre, ils érigent eux-mêmes le barrage. Les multiples dénonciations de l’illégalité du chantier ne suffiront pas à ralentir l’action des pelleteuses. Même les gendarmes sont impuissants : lorsqu’ils tentent d’interrompre les travaux, la démonstration de force tourne en faveur des agriculteurs, qui continuent leur labeur. Ultime provocation, une fois la digue construite, les maîtres d’œuvre improvisés se filment en train de sabrer le champagne, enivrés par leur impunité. L’une des plus grandes réserves artificielles de France vient d’être construite, dans l’illégalité la plus complète, et malgré l’opposition du gouvernement.

Violence verbale et physique

Si les agriculteurs ont pu ériger Caussade, c’est en partie parce qu’ils pouvaient compter sur « Dieu ». Pas celui de l’Église : « Dieu », c’est le surnom donné à l’homme qui fait la loi sur le territoire du Lot-et-Garonne, Serge Bousquet-Cassagne. Ancien joueur de rugby connu pour sa violence verbale et physique (qui lui vaut aussi le sobriquet « Bousquet-Castagne »), il se fait connaître au début des années 2000 par une première action : un de ses proches décède en percutant un platane avec sa voiture, Bousquet-Cassagne sort la tronçonneuse pour abattre les arbres le long de la route.

[...]

Serge Bousquet-Cassagne [membre de la Coordination rurale, un syndicat agricole qui ne cache pas ses liens avec l’extrême droite] abhorre les médias : « Pourquoi je perdrais mon temps à vous parler puisqu’à la fin vous allez me traiter de facho », s’agace-t-il lorsque nous parvenons à le joindre au téléphone. Il abhorre surtout tout ce qui peut avoir trait à l’écologie. Il essaie d’interdire à la présidente des Verts, Marine Tondelier, d’entrer sur son département : « Ma poule, lui annonce-t-il par téléphone, je vais t’attraper et te plumer. »

« Il a essayé de me balancer par-dessus la barrière de la quatre-voies »

Serge Bousquet-Cassagne a eu l’occasion de croiser la route d’un militant écologiste avec lequel nous avons déjà cheminé : Jean-Jacques Guillet. Ça ne s’est pas bien passé. « Il a essayé de me balancer par-dessus la barrière de la quatre-voies, raconte Jean-Jacques avec une étonnante indifférence. C’était pendant une manifestation, je lui ai fait un doigt d’honneur et il a envoyé ses gorilles s’occuper de moi, mais les copains ont réussi à les faire dégager. »

Jean-Jacques balaie le jardin du regard et ajoute : « À part ça, je m’en sors pas trop mal : j’en suis qu’à ma troisième boîte aux lettres, ils m’ont bousillé les deux autres quand j’étais passé à la télé. Bon, ils ont aussi goudronné ma cour. Et puis il y a les lettres anonymes qui arrivent souvent. Mais faut bien reconnaître que je les ai copieusement fait chier. »

Avec les bassines, les Pays de la Loire sous tension

Les Pays de la Loire sont eux aussi sous tension depuis l’arrivée des bassines. Rémi, le débonnaire maraîcher qui bataille pour être relié à la bassine de Sainte-Soline, perd son sourire quand on aborde le sujet : « Je vois des collègues qui pleurent parce qu’ils ont peur pour leurs gosses. Mon collègue Guillaume [2] se trimballe toujours avec une batte de baseball dans sa voiture depuis que deux gros bras de la Coop de l’eau sont venus lui mettre la pression. Moi, j’ai eu du glyphosate épandu dans mon champ, quand ce n’est pas les chasseurs qui tirent dans ma direction. »

Ces déboires, Benoît Biteau les a tous subis. Maïsiculteur bio, député des Deux-Sèvres, ardent opposant aux bassines et fort en gueule, il avait tout pour attirer les foudres. « Depuis que je suis élu, on m’a tiré deux fois dessus, versé des substances toxiques sur un lot de sarrasin, ce qui aurait pu empoisonner ceux qui en mangeraient, balancé du liquide allume-feu chez moi, et libéré mes vaches pour les envoyer se promener sur la route un nombre incalculable de fois », énumère-t-il avec colère.

« Depuis que je suis élu, on m’a tiré deux fois dessus »

Concernant les tirs, la plainte a été classée sans suite : le porteur de l’arme affirme avoir tiré vers son propre champ pour faire fuir des corbeaux. L’officier de police qui prenait sa déposition n’a pas cru nécessaire de vérifier ses dires : les champs du tireur sont à plus de 3 km de l’endroit du tir, dans la direction opposée. L’élu a voulu saisir la cellule Demeter, dédiée aux violences dans le monde agricole : « L’agent a eu l’air franchement surpris, et il m’a répondu : “Mais enfin, monsieur Biteau, c’est pas pour vous, la cellule Demeter, vous, vous êtes un écologiste !” »

Le climat est devenu si tendu que bon nombre des agriculteurs opposés aux bassines que nous avons rencontrés songent à changer de territoire. Olivier, maraîcher qui a grandi dans les Deux-Sèvres, a prospecté des terrains à l’autre bout de la France. Il soupire, dépité : « Ici, c’est la Corse. Avant, entre éleveurs, il y avait de l’entraide. Quand j’étais gamin, même le voisin qu’on ne pouvait pas saquer, s’il avait un vêlage difficile, on venait l’aider. Aujourd’hui, les céréaliers, s’ils pouvaient se bouffer entre eux, ils le feraient. Ce territoire a énormément changé, humainement. »

[...]

Lors d’une mobilisation d’agriculteurs, à l’appel de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs, sur la RN124, à l’ouest de Toulouse, en janvier 2024. © Patrick Batard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Les institutions ciblées

Quand ce ne sont pas les militants qui sont ciblés, ce sont carrément les institutions. Les manifestations agricoles de janvier 2024 ont été l’occasion de montrer les muscles. Les agriculteurs déversent tellement de fumier qu’ils polluent des cours d’eau [3], jettent des déchets amiantés, brûlent des pneus devant les mairies ou les agences de l’État, incendient les locaux de la Mutualité sociale agricole (MSA) à Narbonne ou le bureau des douanes à Nîmes...

Ils labourent un parking de supermarché, dégradent le réseau routier à l’échelle nationale à force d’incendier des palettes, occasionnent plusieurs millions d’euros de pertes aux opérateurs des autoroutes en les bloquant — si l’État se garde soigneusement de communiquer sur le coût des dégradations, plusieurs sources les évaluent à plus d’une dizaine de millions d’euros.

Ces dégradations n’ont presque jamais donné lieu à des poursuites, confortant le sentiment d’impunité de la FNSEA. Gérald Darmanin, qui avait piloté le dispositif de maintien de l’ordre d’une violence sans précédent lors des manifestations de Sainte-Soline, assure cette fois qu’« on ne répond pas à la souffrance en envoyant des CRS », avant d’ajouter : « En tant que ministre de l’Intérieur, à la demande du président et du Premier ministre, je les laisse faire [4]. » Si le syndicat a les coudées franches pour mener ses actions, c’est qu’il peut compter sur des alliés de poids : les membres du gouvernement.

FNSEA et ministère de l’Agriculture main dans la main

L’omniprésence de la FNSEA dans les instances de décision a une autre conséquence : elle a l’oreille du ministère de l’Agriculture et du président. Plusieurs anciens ministres de l’Écologie soupirent : les grandes orientations de la politique de l’eau ne se jouent « pas du tout au niveau local », mais bien via ces grandes orientations nationales. Car le président, à son tour, donne des orientations au ministère de l’Intérieur, qui transmet ces ordres par l’intermédiaire des préfets, qui incarnent la voix de l’État dans les territoires.

Depuis la loi de décentralisation des collectivités locales de 2022, les présidents des conseils d’administration des Agences de l’eau sont les préfets de bassin. À mesure que l’administration territoriale se retire de la politique locale, le corps préfectoral gagne en importance : des chercheurs parlent aujourd’hui d’une « préfectoralisation de la politique de l’eau [5] ». Les préfets déterminent [6] le volume d’eau qui peut être prélevé ; ils peuvent abréger l’élaboration d’un plan territorial de gestion de l’eau (PTGE) si le consensus tarde à émerger ; ils édictent les arrêtés sécheresse, et décident de qui est concerné par les restrictions et qui en est exempté.

Lire aussi : Comment les lobbies agricoles manipulent la gestion de l’eau

Plusieurs magistrats, et jusqu’à François Molins, procureur général près la Cour de cassation, dressent ce constat : « Il est souvent reproché aux préfets d’effectuer leurs arbitrages entre les intérêts économiques et les intérêts écologiques généralement en défaveur de l’environnement [7]. »

Les explications sont nombreuses. Des primes sont versées aux préfets en fonction de la construction de bassines [8], d’après la feuille de route envoyée par le Premier ministre de l’époque, Jean Castex [9]. La réussite de leur mission, et donc la poursuite de leur carrière, est conditionnée au maintien de l’ordre public : avec leurs tracteurs et leur capacité à se mobiliser, les agriculteurs sont une force de pression considérable.

Delphine Batho, ancienne ministre de l’Écologie, se souvient de la réaction des préfets lorsqu’elle a pris un moratoire pour suspendre le financement public des bassines, en 2012 : « J’ai reçu une série de longues lettres de préfets, expliquant que si je voulais éviter des désordres publics, il fallait retirer ce moratoire. » L’actuelle députée des Deux-Sèvres laisse filer un temps de silence, avant de poursuivre, bravache : « J’ai résisté. » Un an plus tard, elle était évincée du gouvernement ; une des premières décisions de son successeur a été de révoquer le moratoire.

De fortes accointances entre préfets et monde agricole

La proximité des préfets avec le monde agricole peut parfois prendre une tournure presque caricaturale : les frères Gutton en sont un bon exemple. En 2012, Martin Gutton, le frère cadet, est directeur régional de l’agriculture et des forêts de la région Poitou-Charentes. Il devient, en 2015, directeur général de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, où il pousse le programme d’implantation des bassines. En parallèle, son frère aîné, Jérôme Gutton, est nommé préfet des Deux-Sèvres : c’est lui qui supervise le projet de bassines de la Coop de l’eau, sur le territoire administré par son cadet.

En 2024, Martin Gutton est nommé délégué interministériel à la gestion de l’eau. Dans le cadre de cette fonction, il se rend au congrès de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM), une filière spécialisée de la FNSEA, pour prodiguer ses conseils sur la manière d’accélérer le déploiement des bassines [10]. Jérôme Gutton, une fois sa mission de préfet accomplie, travaille pour le plan de relance de la France à flécher les Contrats de relance pour la transition écologique (CRTE). Entre-temps, Martin Gutton est nommé à FranceAgriMer, l’organisme chargé d’assurer la productivité de l’agriculture française.

Lire aussi : Le moratoire sur l’eau pourrait entraver l’adoption du plus grand schéma de l’eau de France

La nomination de Martin Gutton au poste de délégué interministériel à la gestion de l’eau est particulièrement intéressante. Il s’agit d’une fonction tout fraîchement créée, qui vise à placer la gestion de l’eau entre les mains des agriculteurs. De manière protocolaire, c’est le ministère de l’Écologie qui a autorité sur les enjeux liés à l’eau, et qui doit trancher lorsqu’il y a litige entre agriculture et écologie. Le délégué interministériel a pour but de concentrer, entre ses mains, les dossiers liés à l’eau. Avec un détail : ses bureaux sont installés… rue de Varenne, au ministère de l’Agriculture ; et, depuis la création du poste, tous les délégués sont connus pour leurs positions favorables à l’irrigation.

La création de ce rôle était d’ailleurs une demande de longue date de la FNSEA. Ou, pour être plus précis, d’un organisme interne de la FNSEA : son organisation professionnelle spécialisée sur le maïs, l’AGPM. Ou, pour être encore plus précis, d’une petite structure interne de l’AGPM à laquelle pas grand monde ne s’intéresse : le lobby tout particulièrement consacré à la promotion de l’irrigation, Irrigants de France.

Les Assoiffeurs. Enquête sur ces entreprises qui accaparent notre eau, de Fabien Benoit et Nicolas Celnik, éditions Les Liens qui libèrent, 2026, 272 p, 21,80 euros.

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Agriculture

Comment les lobbies agricoles manipulent la gestion de l’eau

Notes

[1] L’Injuste prix de notre alimentation. Quels coûts pour la société et pour la planète  ?, Secours catholique, Civam, Solidarité paysans, Fédération française des diabétiques, septembre 2024.

[2] Le prénom a été modifié.

[3] Élodie Auffray, Éva Fonteneau, «  Déchets amiantés, eau polluée par du lisier... Pour les collectivités locales, la lourde facture après les dégradations du mouvement agricole  », Libération, 20 novembre 2024.

[4] Lors du journal de 20h de TF1, jeudi 25 janvier 2024.

[5] Sylvain Barone, L’eau, une affaire d’État. Enquête sur le renoncement écologique, (éditions Raisons d’agir, 2024).

[6] En accord avec l’organisme unique de gestion de l’eau (OUGC).

[7] Le Traitement pénal des contentieux de l’environnement, Parquet général, Presses universitaires d’Aix-Marseille, 2022.

[8] Alexandre Léchenet, «  Sainte-Soline : une prime à la bassine pour le préfet des Deux-Sèvres  », Politico, 30 novembre 2023.

[9] Courrier de Jean Castex à Laurent Prévost, daté du 8 septembre 2021, référence 0996/21/SG.

[10] Stéphanie Ayrault, «  Le déréglement climatique avance plus vite que les décisions publiques  », M. Gutton, gouvernement, Agro matin, 25 novembre 2024.

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Les guildes

Par Le 03/08/2026

 

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Dans un verger classique, un pommier pousse seul, au milieu d'une pelouse tondue. On le traite, on le nourrit, on désherbe à son pied, on lutte contre ses ravageurs. En permaculture, on fait quelque chose de radicalement différent : on entoure l'arbre d'une communauté de plantes choisies qui, ensemble, le nourrissent, le protègent et l'entretiennent presque à notre place. Cette communauté porte un nom : une guilde.

Une guilde, c'est un arbre fruitier au centre, et autour de lui un cercle de plantes compagnes dont chacune remplit une fonction précise au service de l'ensemble. L'idée est d'imiter la façon dont les plantes s'organisent naturellement en communautés qui coopèrent, plutôt que de cultiver un arbre isolé et dépendant de nous pour tout.

Prenons l'exemple d'une guilde de pommier. Au centre, l'arbre. Et autour, chaque plante joue un rôle.

Il y a d'abord les fixatrices d'azote. Des plantes comme le trèfle, la luzerne ou certains arbustes fixent l'azote de l'air dans le sol grâce à leurs racines. Elles fabriquent gratuitement l'engrais azoté dont le pommier a besoin, en continu.

Il y a ensuite les accumulatrices de nutriments. Des plantes à racines profondes, comme la consoude, plongent chercher dans le sous-sol des minéraux inaccessibles à l'arbre, les stockent dans leurs feuilles, et les libèrent en surface quand ces feuilles se décomposent. La consoude, au pied d'un fruitier, est un véritable distributeur d'engrais.

Il y a les répulsives et les protectrices. Des plantes à odeur forte comme l'ail, la ciboulette et les alliacées plantées au pied de l'arbre repoussent certains ravageurs et limitent les maladies. La capucine attire les pucerons loin de l'arbre.

Il y a les attractrices de pollinisateurs et d'auxiliaires. Des fleurs comme l'achillée, la bourrache, le souci attirent abeilles, syrphes et coccinelles, qui pollinisent l'arbre et dévorent ses ravageurs.

Il y a enfin les couvre-sol. Des plantes qui tapissent le pied de l'arbre, gardent l'humidité, étouffent l'herbe concurrente et protègent le sol — une couverture vivante permanente.

Le résultat, au bout de quelques années, est un petit écosystème quasi autonome. L'arbre est nourri en azote et en minéraux par ses voisines, protégé des ravageurs par les répulsives et les auxiliaires, pollinisé grâce aux fleurs, et son pied est couvert et vivant. On n'a plus besoin de désherber, de fertiliser ou de traiter comme avec un arbre isolé : la communauté fait le travail. On a remplacé l'entretien par le design.

C'est là toute la beauté de l'idée : au lieu d'un arbre qu'il faut assister en permanence, on crée un système qui se soutient lui-même. On ne jardine plus une plante. On orchestre une communauté.

TERRE SANS HOMMES : écrire le monde à venir

Par Le 02/08/2026

Quand je dis que l'actualité va trop vite par rapport à ma capacité à écrire...

Je peux bien mettre des extraits vu qu'il y a quatre tomes :) 

 

 

TERRE SANS HOMMES

CHAPITRE 39

Cette impression de sentir encore les mouvements du bateau. Allongé dans une chambre, les yeux grands ouverts, comme s’il était encore à la barre, la surveillance du cap et des voiles et de la houle, que ça ne pouvait pas s’arrêter.

Et cette arrivée au port, l’accueil des gens, des questions par wagons, des visages, des mains serrées, des regards curieux, un tel périple, de l’admiration, de l’étonnement, de l’incompréhension aussi, pourquoi faire toute cette route pour arriver ici, c’est un désastre et d’autres qui répliquaient, mais non, on s’en sort bien, c’est bien pire sur le continent, un bouleversement dans leurs vies de marins au long cours, un retour assommant.

Tout était là dans sa tête dans un tohu-bohu qu’il ne pouvait contrôler, des pensées qui surgissaient et le tenaient éveillé.

« On a barré l’accès du pont, avec une pelleteuse, on a creusé une faille d’un mètre de large puis on a entassé des véhicules, on s’est coupé du continent quand on a compris que le Hum n’aimait pas le nombre, qu’on devait repousser les réfugiés. »

Elle s’appelait Geneviève, elle avait dit qu’elle était la femme du maire, qu’il était mort d’une crise cardiaque, il était malade, il n’avait plus de traitement, tout le monde la respectait, tout le monde l’appelait Madame, ils étaient cinquante-huit à Saint-Martin en Ré et trente-neuf à Ars et quelques personnes éparpillées sur l’île à Sainte-Marie, la Flotte et les quelques hameaux et qui se débrouillaient. Il y avait des puits, il y en avait toujours eu sur l’île, ceux qui avaient été condamnés par des dalles de béton avaient été remis à jour, l’eau potable, l’enjeu majeur, plus une goutte ne venait du continent et tout le monde s’était mis à cultiver un potager, ils avaient regroupé toutes les réserves alimentaires, de l’outillage, des bidons de carburant qui s'étaient vite épuisés, il y avait des pêcheurs tous les jours, à la rame ou à la voile maintenant, ça avait été très dur au début, des conflits armés, des vandales qui avaient remplacé la solidarité des premiers temps, des morts, des morts et encore des morts, des gens qui étaient partis pour l’hôpital à la Rochelle, ils n’étaient jamais revenus, les trois pharmacies de l’île avaient été surveillées, jours et nuits, les stocks avaient diminué, inexorablement, les pharmaciens avaient cherché à répondre à toutes les demandes et puis très vite, les traitements les plus lourds n’avaient plus été suivis, rupture fatale. Il avait fallu creuser des tombes, encore et encore. Ils avaient eu des cas de Hum à l’EHPAD de Saint-Martin et à celui d’Ars et dans une résidence seniors et les soignants qui avaient survécu ne s’en remettaient pas.

Toutes ces paroles délivrées par les habitants, Joseph, le chef des pompiers de l’île, il faisait le tour à vélo deux fois par semaine. Jean-François, un instituteur à la retraite, président de l’amicale des anciens, s’était pendu. Sa femme était morte, aucune nouvelle des enfants, la désespérance de beaucoup était plus forte que le désir de vivre.

Toutes ces paroles délivrées, comme si les habitants rencontrés avaient absolument besoin de partager avec de nouveaux arrivants ce qu’ils enduraient depuis si longtemps.

Ils avaient accepté l’accostage du voilier parce qu’il venait du large, ils avaient été repérés par Joseph qui était à la pointe ouest de l’île, il avait expliqué aux autres.

Ce vacarme dans sa tête, la plénitude du voilier avait volé en éclats, le silence, la contemplation, l’attention aux voiles, la maîtrise des pensées, rien ne venant les perturber. Et là, ces gens qui voulaient savoir, qui posaient mille questions et qui racontaient ce que ni Tim, ni lui, ne cherchaient à savoir. Ils auraient voulu s’isoler, tout de suite, qu’on leur laisse le temps de se réajuster. Se réajuster...Est-ce que le terme était recevable alors qu’ils avaient l’impression d’avoir été agressés ?

Geneviève avait accueilli Jenny chez elle. Elle avait une fille de son âge. Elle avait disparu, aucune nouvelle. Jenny avait accepté. Il n’y avait pas d’homme dans la maison. Elle avait remercié ses deux sauveurs, de loin, sans les enlacer, juste quelques mots, un regard de biche effarouchée et elle était partie.

Tim était dans la chambre voisine. L’un comme l’autre, les dernières heures sur le voilier, ils ne les oublieraient jamais. La vue de la Terre, du continent, de la côte, l’inconnu alors qu’ils auraient dû savoir ce qui les attendait. Quand un marin rentre au port, il retrouve, normalement, ce qu’il a quitté.

Deux hommes les avaient suivis depuis la côte, ils avaient marché sur les sentiers, Tim avait sorti les jumelles, il avait vu un cycliste aussi et lorsque le voilier avait franchi l’entrée du port, sept personnes les attendaient.

Juste sept. Mais, finalement, c’était beaucoup trop.

« Je suis épuisé », avait avoué Tim, alors qu’il venait de fermer la porte après avoir remercié Joseph. Une petite maison à quelques encablures du port, un couple de retraités que personne n’avait revu. Comme pour beaucoup d’autres maisons. Ceux qui étaient partis sur le continent, ceux qui étaient morts pendant l’hiver, ceux qui avaient été tués, les habitations vides, les volets fermés, les jardins délaissés, les herbes sauvages qui poussaient partout, l’impression d’une ville fantôme.

Tim et Francis avaient tout imaginé mais pas ce choc du retour.

Ce vertige alors qu’ils espéraient le sommeil, c’était un mal de terre, un mal d’humains, un mal de mots.

Francis avait songé qu’ils auraient dû accoster dans un lieu désert. Puis il se corrigea en pensant à la nécessité des vélos, de tout ce qu’ils devaient trouver pour la suite du périple.

Un voyage en mer, un voyage en terre.

Ils n’étaient pas au bout de la route. L’enchaînement n’était pas un problème mais l’intermède était compliqué, inattendu, troublant.

Trop de mots.

Tim ne dormait pas et savait que Francis n’y parviendrait pas. Il décida de se lever. Il frappa à la porte.

« Ouais, entre, je t’attendais.

-Putain, quelle merde.

-Ouais.

-Je me doutais bien que c’était pareil pour toi.

-Pareil.

-Faut qu’on se barre.

-Ouais.

-Qu’est-ce qu’ils nous arrivent ? Ils sont bien les gens, on n’a vraiment pas à se plaindre, putain, qu’est-ce qu’on a ?

-J’ai pas de mots, et puis j’ai pas envie de causer en fait.

-Moi non plus.

-Ben, alors, pourquoi t’es venu ?

-Et pourquoi tu m’as dit d’entrer ? »

Ils sourirent.

« Tu me fais une place ? demanda Tim, en désignant le lit.

-Putain, là, c’est grave. »

Ils éclatèrent de rire.

« Ouais, on a bien reçu. Pas foutu de dormir, pas foutu de rester seul, mais on ne supporte pas les autres, faut qu’on se casse, Francis.

-Pareil. »

Le lendemain matin, ils retournèrent au voilier et commencèrent à en sortir les réserves alimentaires. Le sac de billets, les armes, les filtres à eau, les vêtements.

Des gens se regroupèrent sur le quai. Les questions reprirent. Et ils s’efforcèrent d’y répondre. Ils ne parlèrent pas de l’incongruité de la météo, des vents modérés, du passage du Cap Horn. Juste que tout s’était bien passé. Oui, c’était le bordel aussi en Nouvelle-Zélande, oui, il y avait le Hum et les vandales, non, plus rien ne fonctionnait, comme ici, l’éruption solaire, tout est hors service, non, ils ne se sont pas arrêtés, ils veulent aller dans les Alpes, mais pourquoi, pour la famille, mais comment, on a besoin de vélos et ils listèrent le nécessaire, il y avait un loueur de vélos ici, un couple qui avait une boutique, des passionnés de randos, ils iraient les rencontrer, ils sont à Sainte-Marie de Ré, ils ont tout ce qu’il faut, oui, on a du pognon pour les payer, oui, on va laisser le voilier, on reviendra peut-être un jour.

Au café des sports, petit resto, petite épicerie, loto et cartes postales, Marcel et Josiane leur préparèrent un repas, des spécialités de la mer.

« Moi aussi, j’ai pas mal navigué quand j’étais plus jeune, raconta Marcel, un moustachu bedonnant, un visage rieur, comme si rien de triste ne pouvait s’y accrocher, j’ai un voilier, un quinze mètres et on se balade encore avec mon fils.

-Vous êtes sortis en mer depuis le début du merdier ? demanda Francis.

-Ouais, avec mon fils, on a voulu voir d’où venait ce ciel de fumées qu’on a eu pendant deux semaines. On est descendu au sud et on a vu. Toute la côte de la Gironde et celle des Landes, ça a tout brûlé, c’était la fumée des incendies. Cette odeur jusqu’en mer, c’était fou. Il y avait des murs de feu, gigantesques. Je pense qu’il n’y a plus un seul endroit habité de l’estuaire de la Gironde jusqu’à Biarritz. On a vu la dune du Pilat, elle est noire de cendres, ça fait un choc, le sable noir, partout, Lacanau, Biscarosse, partout, c'est noir, cramé, plus rien.

-Mais, il s’est passé quoi ?

-Ben, la même chose que les étés précédents, c’est pas des forêts là-bas, c’est juste des exploitations forestières et les millions de pins, c’est juste des allumettes plantées par terre. Quand il y avait les pompiers et les canadairs, c’était déjà compliqué mais maintenant, y’a plus rien, plus personne pour monter au front et un feu, c’est la guerre alors ça a tout cramé. Des pyromanes sans doute, comme la plupart du temps. Quand tout fout le camp, les fous sont les rois. Nous aussi, on en a eu un, un taré, il a été surpris par deux gars qui faisaient une ronde, il commençait à allumer un feu, y’a quoi, je sais plus.

Il se tourna vers sa femme qui préparait des apéritifs au bar.

Josette, c’était quand le taré avec son briquet ?

-Y’a quinze jours, dans le secteur de Trousse-chemise.

-Ah oui, c’est ça, c’était un jeune, personne ne le connaissait, pas foutu de nous dire d’où il venait, c’était pas bien rangé dans sa tête. On l’a ramené au pont, on a foutu une planche, on lui a dit de traverser, il en menait pas large, c’était pas passé loin du lynchage, une fois qu’il était côté continent, on a tiré en l’air avec les fusils de chasse, il a détalé, putain, et on a tous gueulé, dis aux autres du continent de pas venir ici ou on les pend à un arbre, faut pas toucher à l’île.

-Vous avez eu besoin de repousser des gens ?

-Oui, au début, on a laissé entrer du monde et puis on a arrêté, les gens venaient parce que c’était la guerre sur le continent, mais bon dieu, on pouvait pas ramasser toute la misère du monde, y’a des puits ici mais on rationne et c’est pas simple, alors on a décidé de redevenir une île.

-Mais des voiliers, des bateaux à moteur, y’en a eu aussi ?

-Oui, mais les fusils de chasse, ça arrête les envahisseurs. Tu viens pas accoster au port quand ça canarde et ceux qui voulaient se poser sur le sable, on les a repoussés, tout pareil, bon, y’en a qui sont sûrement passés, on n’a pas vérifié toutes les maisons qui étaient vides mais tant qu’ils ne font pas chier, on va dire qu’on accepte. Et puis, ça a fini par se calmer tout seul, vous êtes les premiers depuis un sacré bout de temps, plusieurs mois et on s’attendait pas à voir arriver un voilier, franchement, y’a plus personne. Il reste quoi de vivant de l’autre côté ?

-C’est à ce point-là ? interrogea Francis.

-Et même peut-être pire que ça. La Rochelle, ça a bien cramé là-bas, bon dieu on voyait les flammes, je crois que les pyromanes et les racailles n’ont jamais été autant à la fête. Je sais que vous voulez aller dans les Alpes à vélo, ben, j’espère que vous savez vous servir d’un flingue, ça risque d’être tendu.

-Peut-être pas si y’a plus personne, intervint Tim.

-C’est pas faux, mon gars. Et je vous le souhaite. Joseph vous amènera à Sainte-Marie demain, il a trouvé deux vélos chez des voisins mais c’est pas du matériel pour votre périple, il vous faut mieux que ça.

-Quand ça a commencé les attentats et tout ce qui a suivi, c’était la pleine saison ici ?

-Oui, mon gars, tu n’imagines pas le bordel. Une panique comme ça, ça valait le coup. Il y a trois cent mille personnes ici en été. T’imagines les bouchons, même quand tout va bien, René avec sa dépanneuse, il a sorti un paquet de bagnoles des fossés, ça partait dans tous les sens, des vrais lapins. Y’a que le pont, hein, alors je te laisse imaginer la ruée. Sont cons d’ailleurs. Ils auraient mieux fait de rester planqués ici. Mais qu’est-ce que tu veux, putain, faut rentrer protéger la maison, faut s’occuper de mémé, faut barricader le magasin, faut récupérer Pépette au chenil, faut aller arroser les fleurs, il rigola un grand coup, les gens sont cons, hein, c’est rien de le dire, enfin tous les trucs qui font que tu réfléchis pas bien, tu vois. Avec Josiane on ne partait jamais en vacances, on se remplissait les poches avec les vacanciers et puis on attendait qu’ils foutent le camp pour reprendre la vie avec les potes, les parties de pétanque ou les belotes. Et finalement, on continue comme ça maintenant. Et tant pis pour le pognon, de toute façon, y’a rien à acheter, qui serait assez cons pour s’inquiéter du fric, ça reviendra pas comme avant, hein, on le sait bien avec ma Josiane, y’en a, ici, sur l’île, ils sont là à attendre des nouvelles du gouvernement, le gouvernement, purée, mais réveillez-vous, ils en ont rien à foutre, ils sont partis avec leurs jets privés, tu te rends compte y’a des anciens, ils pleurent parce qu’ils ont plus la télé et des jeunes parce qu’ils ont plus internet, quand je pense aux gens biens qui sont claqués et aux cons qui sont toujours là, ça me fait chier, tu vois, j’avais deux potes, des gars extra, claqués tous les deux, un avec le Hum et un autre quand les racailles sont venus nous attaquer, c’est là qu’on a dit qu’il fallait péter le pont. Y’a plus de gouvernement, y’en aura plus, y’aura plus de camions de livraisons, y’aura plus la télé, y’aura plus de clopes. Fallait que j’arrête de fumer, ben, c’est fait et pour l’alcool, on se dit qu’on va faire de la gnôle. Alors maintenant, la vie, c’est faire pousser les patates, aller à la pêche, remplir les jerricans au puits et ça laisse du temps pour jouer aux cartes. De toute façon, faut bien qu’on s’occupe.

-Oui, c’est long la fin du monde, lança Francis.

- Ah oui, bon dieu, elle est bonne celle-là ! Allez santé, les jeunes. »

La forêt des Landes

Par Le 02/08/2026

Il faut toujours chercher dans le passé les explications du présent. C'était donc en 1949 mais la monoculture a continué. De ce que j'ai trouvé, il y a juste eu la mise en place des pare-feux, des pistes d'accès. On sait aujourd'hui que ça ne suffit pas. Les pins, uniquement des pins, ce sont des allumettes plantées en terre. Les incendies de 2022 n'ont pas été suivis de modifications au regard de la sylviculture. Qu'en sera-t-il cette fois-ci ? Je ne maîtrise pas le sujet, je sais que ces terres sont particulières, qu'on y trouvait autrefois des zones humides et des feuillus. Le chêne liège et le chêne vert sont connus pour leur adaptation à ces terrains. 

Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/For%C3%AAt_des_Landes

"La plus grande partie du territoire aujourd'hui occupée par la forêt des Landes était une zone humide habitée et travaillée, voire possédée en commun jusqu'au XIXe siècle par une population d'éleveurs ovins. Les photos des derniers paysans de cette région tel le berger landais perché sur ses échasses, sont témoins de ce mode d'existence, alors viable pour le plus grand nombre : le système agropastoral permettait de nourrir les familles en tirant un profit des terres de la lande, et fut pratiqué jusqu'à l'ensemencement massif des pins. Cet ensemencement signa l'expropriation et la disparition de ces populations, qui se recyclèrent tant bien que mal dans l'industrie du bois et du gemmage (après plusieurs essais infructueux de « valorisation » différente de ces terres pourtant déjà exploitées, c'est finalement au pin maritime, parfaitement adapté à ces régions alors présentées comme des « colonies de l'intérieur », que l'État confiera la tâche de peupler le plateau landais en instaurant des semis en grand nombre, sorte de « grands travaux » de l'époque)[8].

https://fr.wikipedia.org/wiki/Incendie_de_1949_dans_la_for%C3%AAt_des_Landes

 

Bilan 

Le feu de forêt de 1949 est l'incendie le plus meurtrier qu'ait connu la France. Il a fait 82 victimes (des fonctionnaires des Eaux et Forêts encadrant des pompiers, des bénévoles — dont le maire de Saucats, Roger Giraudeau[4] — et 23 militaires du 33e régiment d'artillerie de Poitiers stationnés à Chatellerault)[5]. La commune de Canéjan a perdu plus d'habitants que lors de la Première et la Seconde Guerre mondiale[3].

Au cours de l'année 1949, le massif landais totalise une dévastation par le feu de 131 300 hectares, chiffre record inégalé, au moins jusque 2025. Lors des incendies de 2022, la surface ravagée du même massif atteint 32 000 hectares. Pour mémoire, le massif des Landes totalise environ 1,4 million d'hectares[6].

Besoin-envie-nécessité-impatience

Par Le 01/08/2026

J'avais écrit ça en 2015, il y a plus de dix ans. Je m'en souvenais, je savais que c'était quelque part dans le blog, le classement par années est bien utile.

Dix ans. Je réalise parfois le chemin tracé dans ce blog, tout ce temps marqué par des articles, des traces de mes pensées, de mes centres d'intérêt, mes questionnements, mes colères, mes bonheurs. 

L'inspiration, donc.

Elle me fascine toujours autant. Depuis qu'on est rentré de notre dernière virée en montagne, je n'avais pas ouvert le roman en cours, rien écrit, je n'y ai même pas réfléchi, le jardin-potager occupait mon esprit, la sécheresse, les jeunes arbres, les points d'eau pour les oiseaux et les insectes, les ombrages qu'il faut changer, modifier, arranger, les allers-retours avec mes arrosoirs. 

Et puis, là, aujourd'hui, juste après le repas du soir, j'éprouve soudainement ce besoin-envie-nécessité-impatience à écrire. 

Je relis les dernières lignes écrites il y a quinze jours et tout s'enchaîne. Cinq pages s'écrivent, sans aucune hésitation, comme un texte déjà là et que je dois juste retranscrire.

C'est fascinant. 

 

L'inspiration

 Par Le 08/06/2015 

INSPIRATION : Action par laquelle, l'air entre dans les poumons.

INSPIRATION : Mouvement intérieur, impulsion qui porte à faire, à suggérer ou à conseiller quelque action. Souffle créateur qui anime l'écrivain, l'artiste, le chercheur....

J'aime bien l'idée que l'inspiration artistique soit associée à la notion d'air entrant dans les poumons. La création est un mouvement généré par une énergie extérieure à l'individu. Il ne s'agit pas de fabriquer en soi les éléments nécessaires mais de "s'ouvrir" pour les recevoir et d'apprendre ensuite à les matérialiser par des actes. 

Tous les invisibles

Par Le 31/07/2026

Ceux qu'on voit à peine, les petits, ceux qu'il faut chercher pour les trouver ou tout au moins être vigilants pour ne pas les manquer.

Ceux-là sont dans le potager, ils viennent boire quand on arrose les plantations, quand on remplit les assiettes avec les pierres où ils peuvent se poser, ils viennent à l'ombre, ils se reposent, je connais certaines de leurs cachettes, je sais où je peux les voir, parfois, un mur, un tas de tuiles, le lierre, une haie, le tronc du saule pleureur, celui qui doit être centenaire, incroyable tout ce qui vit là.

Ils chassent aussi.

On est heureux de savoir qu'ils ont un refuge en ces temps de canicule et de sécheresse.

Et je pense aux millions d'entre eux qui meurent dans les incendies. On voit des images de chevreuils et de biches, les grands animaux qui tentent de s'enfuir. Mais les autres, les petits, les invisibles, ils sont condamnés.

Je veux planter une forêt entière avant de mourir, une petite forêt préservée, un mélange de tout, avec un bassin, une mare, des cachettes pour tous ceux qu'on ne voit pas.

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Avec un temps de retard...

Par Le 30/07/2026

Depuis plus de trois semaines que les gens en parlent sur les réseaux sociaux, les "décideurs" ont enfin réagi...C'est bien aussi que des "forces de l'ordre" se retrouvent auprès des pompiers. Ils hésiteront peut-être à leur taper dessus la prochaine fois qu'ils demanderont des moyens supplémentaires. On n'oublie pas...

Des camions lanceurs d'eau de la police nationale désormais engagés contre l'incendie en Gironde

 

Utilisés traditionnellement lors des manifestations, ces engins auront pour mission de protéger des sites sensibles et d'attaquer la lisière du feu, depuis les routes praticables.

Article rédigé par franceinfo

France Télévisions

Publié le 30/07/2026 14:48 Mis à jour le 30/07/2026 14:51

Temps de lecture : 2min Plusieurs camions lanceurs d'eau des CRS sont arrivés en Gironde pour prêter assistance aux pompiers. (POLICE NATIONALE)

Plusieurs camions lanceurs d'eau des CRS sont arrivés en Gironde pour prêter assistance aux pompiers. (POLICE NATIONALE)

Et maintenant, des camions de la police nationale contre les flammes. Sept engins lanceurs d'eau sont mobilisés contre l'incendie en Gironde, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, jeudi 30 juillet. "Ce sont des moyens employés traditionnellement pour la gestion des manifestations qui ont été mis à disposition", a-t-il déclaré devant la presse. Ils auront pour mission de "protéger des sites sensibles" ou "d'attaquer la lisière du feu", à "partir de voies carrossables". Cela faisait plusieurs jours que cette option était évoquée, alors que le traitement des lisières de l'incendie mobilise d'importants moyens (feux tactiques, déboisement, etc.).

Plusieurs véhicules lanceurs d'eau des CRS ont été envoyés en Gironde pour sécuriser des bâtiments sensibles potentiellement menacés par les flammes. (CRS UN1TE)

Plusieurs véhicules lanceurs d'eau des CRS ont été envoyés en Gironde pour sécuriser des bâtiments sensibles potentiellement menacés par les flammes. (CRS UN1TE)

Les premiers camions sont arrivés de Bordeaux et Rennes (CRS 14 et CRS 9) durant la soirée, avant d'être rejoints durant la nuit par des véhicules venus de Lyon (CRS 45), explique à franceinfo Fabien Compayrot, secrétaire régional du syndicat Alliance CRS. Ils sont déployés à Saint-Médard-en-Jalles, près du feu en cours au camp militaire de Souge, et se tiennent prêts pour épauler les pompiers en bordure de route, si les flammes devaient se propager vers la Direction générale de l'armement. "Il ne s'agit pas de véhicules tout-terrain, et ils ne pourront pas partir en forêt ou sur des zones sableuses", avertit toutefois le syndicaliste.

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La mission actuelle de ces véhicules est de protéger les bâtiments sensibles, précise à franceinfo la police nationale. "Ils sont donc plutôt en statique, avec le réservoir plein, et ils sont prêts à arroser si le feu devait arriver." A ce stade, aucun autre renfort supplémentaire n'est prévu concernant ces lanceurs d'eau.

Une possible réserve pour les véhicules de pompiers

Ces véhicules ont une capacité de 6 000 litres ou 10 000 litres, selon les modèles. En fonction des situations, ils peuvent tirer des jets d'eau directs ou pulvériser le liquide depuis les lances. Si besoin, ces véhicules pourront également se brancher aux bornes incendie pour alimenter les véhicules de pompiers, depuis leurs réserves. "Nous sommes là comme une assistance, en renfort des pompiers, précise Fabien Compayrot. Ce sont eux qui décideront et nous, on s'adaptera." A 14 heures, jeudi, les camions des CRS n'avaient pas encore été sollicités par le commandement des sapeurs-pompiers.

"Cela faisait plusieurs jours que nous réclamions à la Direction générale de la sécurité civile le déploiement de ces lanceurs d'eau", explique à franceinfo Olivier Cappe, secrétaire national CRS Un1té, "car on trouvait dommage que des agriculteurs et de simples citoyens viennent en aide aux pompiers avec de simples tuyaux, alors que nous avions du matériel au garage." Le syndicaliste explique que ces véhicules ont "pour vocation de travailler en deuxième ou en troisième ligne" et qu'ils permettront peut-être de soulager un peu les pompiers, dans une phase critique où la fatigue commence à gagner. Olivier Cappe évoque également d'autres pistes, comme celle des motopompes, des moteurs reliés à de longs tuyaux aux bornes à incendie, qui peuvent également arroser. Ou l'acheminement de camions cuisines autonomes, pour venir en aide aux sinistrés.

Plusieurs véhicules lanceurs d'eau des CRS ont été envoyés en Gironde pour sécuriser des bâtiments sensibles potentiellement menacés par les flammes. (CRS UN1TE)

Plusieurs véhicules lanceurs d'eau des CRS ont été envoyés en Gironde pour sécuriser des bâtiments sensibles potentiellement menacés par les flammes. (CRS UN1TE)

Au total, une cinquantaine de CRS sont venus prêter main-forte dans le secteur. "Les collègues étaient demandeurs de cette mission, avec vraiment le sentiment de se sentir utile", constate Fabien Compayrot. A ce stade, il est encore trop tôt pour savoir combien de temps va durer l'opération. La police nationale n'est pas la seule composante à avoir engagé ses véhicules. La gendarmerie nationale avait déjà déployé dix blindés Centaure, afin d'appuyer les secours, et les militaires du génie civil avaient dépêché d'importants moyens aériens ainsi que des bulldozers pour élargir des pistes forestières et créer des pare-feu.

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