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Persévérance de l'écriture

Par Le 02/11/2026

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Je participe de temps en temps à des échanges sur des forums de littérature et je lis parfois des messages de personnes qui disent ne pas parvenir à entamer un écrit. Ils ont toute l'histoire en tête mais n'arrivent pas à s'engager ou ne sont jamais satisfaits de ce qu'ils produisent au regard de ce qu'ils portent, intérieurement, de la puissance de l'histoire et de la platitude du rendu dès qu'ils se relisent. 

Oui, l'écriture est un travail ardu.

Imaginer qu'on va produire un écrit abouti en quelques semaines ou mois peut se révéler désastreux. Je l'ai déjà dit ici : l'espoir est un poison.

Pour écrire un roman, il faut de la ténacité, de l'abnégation, de la persévérance, accepter des heures qu'on croit perdues alors qu'elles sont des étapes indispensables. A moins de posséder un talent unique. Moi, il faut que je travaille. Je n'ai pas de talent mais de la persévérance.

Là, ce soir, j'ai relu le dernier chapitre écrit, celui sur lequel j'ai passé des dizaines d'heures. Je sentais qu'il manquait quelque chose, une idée incontournable, essentielle, le lien avec la suite et surtout l'éclaircissement. Comme une passerelle pour passer de l'autre côté alors que jusque-là, j'étais arrêté au bord d'un ravin.

Et l'idée a jailli, claire, nette, précise, évidente.

L'évidence qui ne pouvait se révéler parce que je n'avais pas encore assez travaillé. Non pas travailler dans l'idée de l'écriture en elle-même mais dans le ressenti de la personne concernée, Laure Bonpierre. Il fallait que je sois elle.

Sur les cinq tomes, je pense avoir dépassé le seuil des quatre-vingts personnages, hommes, femmes, enfants. Juste pour réaliser combien le vécu intérieur d'un écrivain ne peut pas se limiter à des "techniques" d'écriture. Ce que je reproche bien souvent d'ailleurs aux romans qu'il m'arrive de lire. Je trouve que les stéréotypes, les modèles d'écriture, les cadres, les structures, les canevas, ne sont que des limites à la création.

Je vois passer sur Facebook des propositions commerciales de "stages d'écriture" afin de réussir à être publié. C'est effroyable.

Je ne serai assurément jamais célèbre par mes écrits mais ils seront à moi. Et même s'ils ne sont jamais connus par le grand public, ils m'auront appris la persévérance. 

J'écris, encore et toujours.

Par Le 02/11/2026

"Tournez manège".

Je l'ai écrit ici il y a quelque temps. L'actualité me donne raison. Les crises sociales disparaissent, noyées par le flux, comme si elles ne pouvaient pas résister au courant de l'actualité, par épuisement, parce qu'elles sont entâchées par tous les mouvements violents qui les discréditent, elles lâchent prise et finissent par se déverser dans l'océan de la disparition.

Il n'y a qu'une solution à la contestation : stopper la machine économique, celle que nous entretenons nous-mêmes. Mais pas grand-monde n'en a envie. La désobéissance civique est une idée disparue.

Il y a par contre un élément qui retient mon attention ces derniers jours : Plusieurs gouvernements, dont ceux de la France, du Japon, des États-Unis et du Royaume-Uni, ont lancé des campagnes invitant leurs citoyens à se préparer individuellement à une crise majeure en constituant un kit de survie pour assurer trois jours d'autonomie, reconnaissant la vulnérabilité des infrastructures critiques. Je n'ai jamais vu, aussi loin que je remonte, un tel consensus gouvernemental.

De notre côté, on est prêt, depuis longtemps. Donc, je n'écris plus ici parce que je n'ai rien à dire. Je travaille tous les soirs et une bonne partie des nuits à l'écriture des romans. J'ai entièrement repris le tome 1. J'en suis à la moitié. Au fil de l'écriture des quatre tomes suivants, j'ai réalisé combien il était indispensable que je reprenne ce tome 1 pour semer les graines de ce qui va advenir. Du point de vue de ce que les personnages principaux vont vivre et notamment Laure Bonpierre. Et du point de vue de l'effondrement. Car rien n'arrive par hasard. Tout s'enchaîne dès lors que le premier domino s'écroule.

On est le 2 novembre et les nappes phréatiques sont extrêmement basses. Hier, en rentrant d'une virée de huit jours en montagne, on a découvert des fraises vertes dans le potager.

Que l'humanité parte en vrille m'importe peu en réalité et je n'essaie plus vraiment de comptabiliser les éléments qui valident ce scénario. C'est la nature qui m'importe et c'est par elle, je pense, que le désordre majeur arrivera.

Je retourne écrire. Vingt pages de plus depuis que j'ai repris ce roman.

Je suis content d'avoir trouvé cette musique, elle m'accompagne. 

 

Relire les anciens textes.

Par Le 25/10/2026

Commenter sans relâche ce qui se passe en ce moment dans le pays ne changera rien aux événements eux-mêmes. C'est juste effrayant.

Il reste à lire ce qui en a déjà été dit et parfois, ça remonte à loin.

 

858121182 1540093548146562 3766461828778302059 nBertold BRECHT (1898-1956)

De la république de Weimar et son foisonnement artistique à la jeune République démocratique allemande où il terminera sa vie à la tête du Berliner Ensemble, compagnie et théâtre berlinois qu’il dirige avec sa femme Helene Weigel, en passant par les longues années passées en exil, Bertolt Brecht est un observateur de son temps, à la fois en retrait et engagé, nourri par la pensée marxiste qu’il découvrira au cours des années 1920. Il ne cessera de poser des questions sur la place, la responsabilitié et le pouvoir des individus et du collectif à travers ses textes qu’il modifie et réécrit sans cesse.

 

Encore plus ancien.

"Il n'est au monde aucun bien qui ne s'accompagne d'un mal à sa mesure." Giacomo Leopardi 

Giacomo Leopardi (29 juin 1798 - 14 juin 1837) est un écrivain, poète et philosophe italien. Il est souvent considéré comme l'écrivain italien le plus influent après Dante Alighieri.

Genre : Homme

Nationalité : Italien

Professions : Écrivain, Philosophe, Poète

Date de naissance : 29 juin 1798

Date de décès : 14 juin 1837

 

Au vu de l'ampleur du mal et de son ancienneté, faudra-t-il donc que nous en passions par une période aussi longue et aussi dévastatrice pour nous en extraire et voir briller le bien ? Si tant est qu'il ne soit pas déjà trop tard.

Je ne prends pas en compte que la violence étatique, ici comme dans d'autres états, ni celle de ceux qui s'en servent pour promouvoir leurs idées nauséabondes mais de la dévastation planétaire engendrée par ce système de pensées qui considère que tout doit être exploité, ressources naturelles et ressources humaines, quels qu'en soient les effets sur le long terme.

Au Brésil, Bolsonaro junior tente de remporter l'élection présidentielle. Trump s'en félicite déjà. Vous imaginez l'avenir de la forêt amazonienne si cela a lieu ?..."Drill, baby, drill, cut, burn, leverage resources."

Pour quelles raisons le peuple brésilien aurait en tête d'élire le fils de celui qui a été condamné à la prison mais "purge" sa peine chez lui ? Les mêmes que partout où ces idées trouvent un écho dans la population qui n'en peut plus du libéralisme qui les a condamnés à voir s'effondrer au fil du temps leurs conditions de vie.

Le terreau le plus efficace de la montée des extrêmes, c'est la colère. Et c'est là que la phrase de Leopardi est terriblement inquiétante. 

Self-défense

Par Le 22/10/2026

La maison d'édtion qui me dit qu'elle ne publiera pas ma série parce que c'est "trop anxiogène", vraiment, ça ne passe pas comme argument. Soit c'est mal écrit (mais comme les manuscrits n'ont pas été lus, ça ne peut pas être ça), soit il s'agit d'un déni de réalité. 

Je disais dans un article précédent qu'au regard de l'évolution des comportements, qu'il s'agisse de ceux de l'état et des forces de l'ordre et de l'autre, ceux des casseurs de tous bords, il arrivera un moment où la population décidera de se défendre elle-même.

On y vient.

"On est obligés, on ne peut pas dépendre de la police" : des commerçants parisiens font le choix de s'armer avant la journée du 24 octobre

Tasers, bombes de défense, matraques... Dans le quartier des Halles, à Paris, des commerçants s'équipent pour protéger leurs établissements, après les violences du week-end des 17 et 18 octobre.

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Article rédigé par franceinfo

Radio France

Publié le 22/10/2026 07:50

Temps de lecture : 2min Un policier se tient derrière un ruban de délimitation dans le quartier des Halles, soumis à un couvre-feu partiel, à Paris, le 20 octobre 2026. (SIMON WOHLFAHRT / AFP)

Un policier se tient derrière un ruban de délimitation dans le quartier des Halles, soumis à un couvre-feu partiel, à Paris, le 20 octobre 2026. (SIMON WOHLFAHRT / AFP)

La mobilisation maximale des forces de l'ordre annoncée par le gouvernement n'a visiblement pas suffi. Les couvre-feux non plus. Dans le centre de Paris, dans le quartier des Halles, des gérants ou propriétaires de boutiques achètent de quoi se défendre. Des petits commerçants surtout, qui se sont sentis abandonnés par la police le week-end précédent. Ils se préparent à défendre eux-mêmes leur commerce, comme Claudie dans son restaurant de bánh mì vietnamiens. Jeudi 22 octobre, cette femme de 37 ans s'est équipée pour rester toute la nuit du samedi suivant, le 24 octobre, à défendre sa boutique en vue de la prochaine journée de mobilisation. Elle s'est équipée d'"un Taser" et d'"une matraque". "Je vais m'inscrire à un club de tir, comme ça, j'aurai le droit de porter une arme", dit-elle.

À lire aussi : Info franceinfo

Le préfet de police de Paris conseille aux commerçants de "renforcer leur sécurité" et "d'adapter leurs horaires" avant les prochaines manifestations

Claudie montre sur son téléphone les vidéos du week-end précédent. Jusqu'à deux heures du matin, elle est restée seule à garder son magasin, alors que les pillards tambourinaient à la porte. "Quand ils m'ont vue, se souvient-elle, ils m'ont dit 'sors si tu oses, la pute chinoise !' Ça m'a tellement affolée. Déjà, je ne suis pas chinoise... Malheureusement, je vois la police, toute la journée, prendre des molotov. On ne peut plus dépendre de la police pour nous défendre. Il ne faut compter que sur soi-même. Peut-être que c'est illégal, peut-être que c'est dangereux, mais je n'ai pas le choix."

"On est obligés de le faire, il n'y a aucune pitié"

À 500 mètres de ce commerce, à l'armurerie de la Bourse, la plus vieille de Paris, le patron Yves Gollety montre ses best-sellers du moment : "la bombe de défense" et "des appareils qui envoient deux décharges de gaz." Il a multiplié ses ventes par dix depuis samedi. Ceux qui viennent le voir "sont des commerçants, des restaurateurs, des gens qui ont les bandes de loubards et de barbares qui sont montés dans les immeubles".

"Les gens ont été traumatisés. Il y en a plein qui se sont retrouvés coincés dans leur magasin avec ces bandes de pillards. Et ils ont eu très peur."

Yves Gollety, patron de l'armurerie de la Bourse

sur franceinfo

Philippe, 62 ans, ressort avec un gros sac qui contient une "bombe lacrymogène" et "un pistolet à balles en caoutchouc." C'est le patron du Bouillon, juste en face. "On est obligés de s'armer maintenant. Il n'y a aucune pitié. Les vidéos qu'on a vues, où les gens protègent leur magasin et se ramassent des coups de pied dans la gueule, ce n'est pas possible." Barricader sa vitrine avec des plaques de bois comme les grandes chaînes, c'est trop cher pour lui : samedi, Philippe sera à sa terrasse, assis, à faire le guet, le pistolet à caoutchouc dans son blouson.

"Au nom du maintien de l'ordre"

Par Le 21/10/2026

982 628 vues 7 oct. 2026 #manifestation #police #arte

Partout dans le monde, des foules en colère affrontent des forces de l’ordre surarmées. Le journaliste Paul Moreira s’immerge dans des manifestations et interroge des spécialistes pour éclairer les causes de ce glissement répressif.

La partie 2    • Au nom du maintien de l'ordre (2/2) | ARTE  

L'interview du réalisateur Paul Moreira    • Au nom du maintien de l'ordre, interview d...  

Paris, 8 décembre 2018, acte IV des "gilets jaunes". Pour la première fois à Paris, des véhicules blindés sont utilisés pour contenir un mouvement social. Des manifestants sont blessés, certains vont garder des séquelles.

En 2020, aux États-Unis, lors des manifestations contre le racisme et les violences policières organisées après la mort de George Floyd, des images similaires circulent. Le tournant a été pris une vingtaine d'années plus tôt : les mouvements sociaux, jadis disciplinés, ont laissé place à des explosions de colères collectives à laquelle les autorités répondent par une militarisation croissante. Norm Stamper, l'ancien chef de la police de Seattle qui a participé à ce changement de doctrine du maintien de l'ordre, plaide désormais pour une réforme de la police : "Je me suis raconté des mensonges pendant des années.

Pourquoi gazons-nous des citoyens non-violents ?" Comment a-t-on évolué du maintien de l'ordre à un contrôle des foules qui ressemble à une guerre de basse intensité ?

Réalisé par le journaliste et reporter Paul Moreira, qui a couvert notamment les manifestations des "gilets jaunes", ce documentaire se penche sur les nouvelles doctrines de maintien de l'ordre en donnant la parole à de nombreux témoins et spécialistes, dont des responsables policiers et des vendeurs d'"armes à létalité réduite".

Mêlant leurs propos d'une désarmante franchise et des immersions, parfois rudes, au sein de cortèges en France, en Allemagne ou aux États-Unis, ces deux épisodes livrent une démonstration : cette évolution du contrôle des manifestants, symbolisée par l'usage massif et non contrôlé des armes à balles en caoutchouc, résulte de schémas pensés et assumés par les hiérarchies policières. La peur se répand dans les cortèges et le constat apparaît aussi évident qu'inquiétant : ce glissement répressif menace les libertés publiques. Documentaire de Paul Moreira (France, 2023, 56mn) Disponible en rediffusion jusqu'au 07/04/2027

"Les irresponsables" de Johann Chapoutot

Par Le 21/10/2026

 

"Ce qui est en train de se mettre en place en France, c'est le " macron-lepénisme " , selon l'historien Emmanuel Todd. Un concept qui repose sur un axe vertical de collaboration avec en haut une technocratie incompétente, un peu folle et sadique ( selon Todd) à qui le pouvoir politique et décisionnel a été confié et en bas un appareil judiciaire et policier répressif, brutal dans la gestion des crises et des mouvements sociaux . Il rejoint là Johann Chapoutot , autre historien professeur d'histoire à la Sorbonne qui dans son livre " Les irresponsables " parle lui d'un consortium libéral autoritaire, tissé de solidarités d'affaires, de partis conservateurs, nationalistes et libéraux, de médias réactionnaires et d'élites traditionnelles qui se sentent menacés. Quand les forces de répression avertissent qu'elles ne pourront faire face à un soulèvement généralisé, le pouvoir , qui ne repose sur aucune base électorale, décide de faire alliance avec l'extrême -droite, avec laquelle il partage au fond à peu près tout, et de l'installer au sommet. C'est ce qui s'est passé dans les années 30 en Allemagne."

Patrick Champagnac

Les irresponsables seraient donc parfaitement conscients de ce qui se passe aujourd'hui en France. Le comportement des "forces de l'ordre" n'en est qu'une méthode et non une perte de contrôle. 

 

Forces de l'ordre en désordre

Par Le 20/10/2026

 

Je ne vais pas revenir sur tous les témoignages qui estiment que les forces de l'ordre n'ont pas assuré leur rôle. Elles ont gazé, nassé, tabassé des cortèges aucunement menaçants et laissé les pillages s'étendre à de très nombreux endroits.

Certains "responsables" (lol), estiment que les prévisions sur l'ampleur des manifestations a été sous-évaluée.

Mais alors, doit-on penser que le gouvernement n'a aucune conscience de l'état du pays et d'une très grande partie de sa population ? Evidemment qu'il y allait avoir du monde et DONC évidemment qu'il y aurait des casseurs.

Autre interrogation qui tourne en boucle : la volonté des forces de l'ordre et donc l'obéissance aux ordres reçus de ne pas chercher à limiter les dégâts des casseurs, les pillages et autres mises à sac. Pour quelles raisons ? Celle que je lis le plus souvent de la part de sociologues et pas d'un "micro-trottoir", c'est de condamner LFI, la gauche, l'ultra-gauche, bref, tout ce qui est à l'opposé du pouvoir en place et qui représente une menace pour les élections prochaines.

On entend dès lors que c'est la porte ouverte à l'élection du rassemblement national. Sauf que Macron et la droite en général(et bien évidemment les multinationales, les majors, les financiers, bref, tout ceux qui sont derrière les tribunes politiques) imaginent que les Français s'opposeront à l'élection de Le Pen et que, par conséquent, c'est de nouveau la droite qui l'emportera, par défaut.

Autre "rumeur" et qui s'appuie sur des enquêtes faites au sein même des "forces de l'ordre". Il existe une forte proportion de ces personnels ayant depuis un certain temps basculée du côté de l'extrême droite et qu'il est de leur intérêt de laisser "pourrir" les manifestations dans le but de redorer le blason du RN dans sa politique migratoire. L'idée rejoint d'ailleurs ce que j'écrivais hier mais avec une option légèrement oblique...Il ne s'agit pas de la part des forces de l'ordre d'un refus d'obéir aux ordres mais de mouvements internes qui induiraient un manque de rigueur volontaire. "On va laisser faire, on dira qu'on n'était pas assez nombreux." 

Ce qui est clair, c'est que c'est un sacré bordel... Et que tous les petits commerçants qui ont été pillés, les magasins vandalisés, incendiés par les crétins décérébrés et tous les manifestants pacifistes qui ont été gazés, tabassés, poursuivis, insultés, arrêtés, mis en garde-à-vue, par les autres crétins décérébrés en uniforme, tous ces gens injustement maltraités et ça en fait beaucoup doivent avoir une vision bien sombre de l'état du pays.

Pour ma part, ça fait déjà un moment que c'est validé. 

Dans deux mois, c'est Noël et les fêtes de fin d'année. Si on reste dans le registre du "Tournez manège", tout va s'éteindre. Et puis viendra la période pré-électorale. Et là...

 

Folie de la violence

Par Le 19/10/2026

J'ai lu beaucoup, beaucoup de documents sur les périodes de révolte, insurrection, et guerre civile, en France et dans bien d'autres pays. Il y a un élément récurrent, c'est celui de la folie de la violence, celle des casseurs, celle de ceux qui se réjouissent de ces moments de tension extrême et s'en servent.

On a vu dans cette journée du 17 octobre, des petits commerçants qui ont tout perdu de leurs biens, pharmacie, épicerie, librairie, bar-tabac, petit restaurant, kiosque, magasin de vêtements (et je ne parle pas des boutiques Hermès ou autres), des gens qui triment pour s'en sortir, des gens qui ne font pas partie de la population des "sans soucis" mais des "sans dents" juste du peuple de "base", celui qui bosse pour avoir de quoi vivre décemment et ça n'est même pas le cas pour tous.

Et les casseurs n'ont aucune retenue. Ils pillent, détruisent, saccagent.

Non, pour moi, rien n'est justifiable, explicable, compréhensible. Quel que soit le vécu de ces personnes. Ceux-là ont sombré, ils ne font plus partie de rien, sinon de ce néant qu'ils vénèrent. J'entends des "personnalités" dire que ces casseurs agissent proportionnellement au rejet, aux difficultés, au mal-être qu'ils endurent.

Mais si ces arguments étaient recevables, nous serions déjà en guerre civile car cette population malmenée, elle est considérablement plus nombreuse que les centaines de casseurs qui ont sévi. Non, ça n'est pas recevable, aucun argument de cet ordre ne peut justifier la folie de cette violence. Il y a nécessairement un choix, à un moment, celui de rejoindre le flot des casseurs ou celui de chercher une issue, encore et encore.

S'en prendre à Fatima qui tient une épicerie de quartier à Marseille depuis trente ans et mettre le lieu à sac, tout vider, piétiner, détruire au-delà de l'imaginable, ça n'est pas recevable.

Mais c'est un constat depuis le début des années 2000. Toute insurrection, rébéllion, contestation, manifestation s'accompagnent désormais de la folie de la violence. Je ne cherche pas à en comprendre les causes parce que ça ne peut pas rentrer dans le champ de mon raisonnement. Par contre, tous les documents que j'ai lus, visionnés, toutes les analyses qui en ont été faites montrent un point commun : les forces de l'ordre, malgré les très, très nombreux dérapages, violents, inconsidérés, injustifiables dont elles sont parfois et même désormais trop souvent coupables, ces comportements qui eux aussi relèvent de la folie de la violence, restent la seule et dernière barrière à une folie bien plus vaste encore, une folie qui devient meurtrière, n'a plus de limite, au point que le reste de la population en arrive à l'ultime solution : prendre elle-même les armes ou succomber. Et là, on entre dans la guerre civile. Ce ne sont pas les manifestants portant leurs revendications qui auraient pu stopper la folie des casseurs car ils auraient été mis à terre et piétinés. A moins qu'ils viennent armés et qu'ils s'en servent. Et là, on commence à compter les morts...

En attendant, on a le processus habituel qui s'est enclenché.

Macron 1 er a parlé, pour ne rien dire. On est habitué.

Le gouvernement dit que personne ne mettra la République au sol, et patati et patata. On est habitué.

Le gouvernement accuse LFI, le RN accuse le gouvernement, tout le monde est coupable sauf celui qui blâme les autres. On est habitué.

Les revendications des lycéens et lycéennes ne sont bien évidemment plus entendues, celles des retraités, des artisans, des petits entrepreneurs, des petits salariés, tout cela a disparu. On savait que ça se passerait comme ça. On est habitué.

On appelle ça "Tournez manège".

Mais, il se pourrait qu'un jour, le manège s'arrête, que le mécanisme déraille pour de bon, que les forces de l'ordre soient considérablement débordées, on peut même imaginer qu'elles refuseraient d'obéir. Mais alors, il faudra se souvenir que les casseurs seront là, fidèles au poste, prêts à en découdre et que personne, personne ne sera épargné.

C'est là qu'il est intéressant d'essayer d'imaginer ce qui se produirait en gardant à l'esprit ce qu'écrivait Balzac :

« Toutes les horreurs que les romanciers croient inventer sont toujours au-dessous de la vérité. »