Les années Woodstock, la guerre du Vietnam, la contestation de cette frange anticapitaliste, la libération sexuelle, l'usage des drogues, le livre de Jerry Rubin "Do it", les mouvements de masse qui regroupaient toutes les couleurs de peau...
Et puis tout est parti à vau-l'au et un grand nombre des leaders (il ne devrait jamais y avoir de leaders) a fini trader, chef d'entreprise, capitaliste jusqu'au bout des ongles.
Et pourtant, il y avait moyen, là, de construire un autre monde. Ceux et celles qui y ont cru ont et n'ont pas supporté l'échec de ce mouvement ont bien souvent fini par overdose. J'en ai lu des bouquins là-dessus et c'est juste d'une tristesse infinie.
Et pourtant, ce chant, cette foi, cet amour, cette puissance de vie, ce lien entre humains, n'est-il pas ce qu'il y a de plus beau dans l'humanité ?
Et c'est bien à travers tous les échecs de ce type que je n'ai plus aucune confiance dans le moindre changement VOLONTAIRE de paradigme.
Hair est une comédie musicale rock de James Rado (en) et Gerome Ragni (en) (paroles) et de Galt MacDermot (musique) créée « off-Broadway », dans une cave de Greenwich village, en octobre 1967 puis jouée à Broadway au Public Theater à partir d'avril 1968 pendant quatre ans sans interruption[1]. Le New York Times en dit : « C'est enfin la première comédie musicale qui parle d'aujourd'hui. »[2]
Produit de la contre-culture hippie et de la révolution sexuelle des années 1960, certaines de ses chansons, inspirées de la théorie du New Age, sont devenues des hymnes des mouvements pacifistes contre la guerre du Viêt Nam. Une adaptation cinématographique est réalisée par Milos Forman en 1979.
Après une première exportation à Londres, la version française est créée à Paris au théâtre de la Porte-Saint-Martin le 30 mai 1969[3].
Elle rompt avec le spectacle traditionnel et révolutionne le genre[4].
Hair est remonté à Broadway en 2009[5] et à Paris en 2011.
Argument
Hair raconte l'histoire d'un groupe de hippies qui s'initient aux substances hallucinogènes et à la vie en communauté dans les rues de New York.
Claude Bukowski, jeune fermier dans l'Oklahoma, doit quitter son ranch pour combattre au Viêt Nam. Avant de se présenter aux services de l'armée, le futur soldat décide de visiter New-York. Il y rencontre un groupe de jeunes contestataires qui protestent contre la guerre au Vietnam, avec qui il participe à la révolution sexuelle et à la lutte contre la société conservatrice américaine[3].
Une comédie controversée
En 1969, l'adaptation française surprend le public par ses scènes dénudées[6] et provoque en décembre une protestation de l'Armée du salut, qui fait irruption dans la salle pour arrêter le spectacle[7],[8],[9]. Pourtant, le New York Times écrit que la version de Paris « est sans doute la meilleure, la plus hippie et la plus festive[10] ».
La même année, le gouvernement mexicain interdit la comédie musicale à la suite de la première représentation à Acapulco[11].
À Londres, les producteurs attendent un allègement des lois sur la censure pour ouvrir la comédie dans le West End[11].
En 2019, la chaine américaine NBC déprogramme une émission consacrée à la comédie musicale suggérant que celle-ci, en raison des thèmes abordés, n'est pas adaptée à une heure de grande écoute[12],[13].
Succès mondial
La comédie musicale se joue dans le monde entier à guichet fermé[6],[14]. Les producteurs comprennent vite que les préoccupations de la jeunesse de Tokyo ou de Berlin sont semblables à celles des jeunes américains. Le spectacle est un triomphe aux quatre coins du globe : São Paulo, Sydney, Hambourg, Amsterdam, Tel-Aviv, Londres et Belgrade[15].
Dès sa sortie, l'adaptation française connaît un immense succès[16]. Elle attire un million de spectateurs[17].
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