Là-Haut

De la peine à l'élan

Thierry LEDRU Par 0

 

J'ai discuté aujourd'hui avec la responsable de ma maison d'édition. Encore une fois, je comprends parfaitement sa décision. Je sais que les temps sont durs pour l'édition en général. Lire ne fait pas partie des besoins fondamentaux quand on peine à finir le mois sur le plan alimentaire et il est évident que c'est le cas d'une frange importante de la population. Il ne s'agit pas de la qualité des publications mais bien d'une capacité financière. Même si j'ai lu que le bouquin "C'était ça ou mourir" explose les résultats. Un livre pour combien de publiés ? 

Je récupère mes droits sur le roman "Les héros sont tous morts".

Voilà ce qui m'importait. Je dispose donc à ce jour de quatre romans achevés et d'un cinquième à venir, une série sur l'effondrement et ses conséquences. La maison d'édition se concentre sur les polars et ne souhaite pas étendre son catalogue sur "un thème anxiogène". Mais c'est le monde qui l'est, pas ce que j'en écris. Peu importe.

Je vais donc reprendre le tome 1 parce qu'au fil des tomes suivants, j'ai pris conscience qu'il y avait des manques. Le titre changera et donc celui du tome 2 également puisqu'il ne pourra plus convenir. Je ne sais pas combien de temps il me faudra mais il devrait m'en rester assez, sauf accident. Reprendre le tome 1 et écrire le tome 5. Aucune idée des maisons d'éditions vers lesquelles je me tournerai lorsque ça sera fini. Débarquer avec cinq tomes, ça risque d'être surprenant. J'ai donc huit romans publiés et je repars à zéro. Mais finalement, après avoir encaissé le coup, je suis maintenant empli d'un élan vital parce que tous mes personnages m'appartiennent, bien qu'ils aient leurs vies propres, je vais pouvoir aller au bout de leurs histoires et si personne, plus tard, ne veut de ces romans, si personne ne veut connaître tous ces gens, je mourrai avec eux. Accompagné. 

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