Là-Haut

blog

Cocktail mortel

Par Le 02/04/2026

L'abus d'alcool est dangereux et l'abus de mélange d'alcool est très dangereux.

Il en est de même avec les pesticides.

Je trouve effrayant que des scientifiques soient encore obligés de faire des études pendant des années pour prouver la toxicité de produits qui sont déversés sur le sol. Comment pourrait-on imaginer que tout ça ne se retrouve pas dans l'alimentation ? Les plantes trient ce qui est bon et pas bon ? Mais, oui, bien sûr...Nos premières années de potager, on n'utilisait pas de paille, de broyat et de compost et on en était même encore à retourner le sol. Bien évidemment les récoltes étaient faibles. Et puis, on a appris, on a expérimenté et maintenant on en arrive à donner aux voisins une partie de ce qu'on récolte. Et donc, le crottin de cheval, le compost et ses kilos de végétaux décomposés n'apporteraient rien du tout aux plantes ? Elles ne s'en nourriraient pas ? Rien ne se transmettrait ? Donc, les plantes n'absorbent rien et poussent uniquement avec la lumière. Ou alors, elles sont capables de trier les éléments nutritifs et les produits chimiques,

"Oh les copines, ça c'est bien et ça c'est mauvais, faut pas vous tromper."

Juste pour information, BAYER en 2024 a un chiffre d'affaires de plus de 50 milliards. Donc, d'un côté, il participe à l'empoisonnement des sols et donc des humains et de l'autre, il fabrique des médicaments pour les soigner. Jackpot. 

Bayer AG figure parmi les leaders mondiaux de la conception, de la production et de la commercialisation de produits pharmaceutiques et agrochimiques. Le CA par famille de produits se répartit comme suit :

- produits agrochimiques (47,5%) : herbicides, fongicides, insecticides, etc. ;

- produits pharmaceutiques (39,1%) : destinés à la prévention et au traitement des maladies cardio-vasculaires et respiratoires, du diabète, des disfonctionnements du système nerveux, etc. ;

Et bien évidemment, les états prennent leur part avec la TVA et les impôts sur les sociétés. (moins tout ce qui aura été détourné "légalement"). Les avocats fiscalistes sont très performants dans leur domaine...

 

Le lien entre exposition aux pesticides et cancers établi par des chercheurs français et péruviens

 

Aucun des 31 pesticides étudiés dans leurs recherches n'était classé comme cancérogène avéré par l'OMS. Pourtant, au terme de six années de recherches, ils ont constaté que "le risque de développer un cancer était en moyenne 150% plus élevé" dans les zones où les habitants étaient plus exposés à leur dispersion.

Article rédigé par franceinfo

Radio France

Publié le 01/04/2026 11:00

Temps de lecture : 4min Un agriculteur répand des pesticides sur un champs d'oignons au Pérou. (Milton Rodriguez / Moment Unreleased RF / VIA GETTY)

Un agriculteur répand des pesticides sur un champs d'oignons au Pérou. (Milton Rodriguez / Moment Unreleased RF / VIA GETTY)

Une nouvelle étude scientifique, publiée mercredi 1er avril dans la revue Nature Health(Nouvelle fenêtre) et que franceinfo a pu consulter, révèle "un lien solide entre l’exposition aux pesticides agricoles présents dans l’environnement et le risque d’apparition de cancers".

À lire aussi

Atmo France lance une carte interactive mesurant le taux de pesticides dans l'air

Cette étude est le fruit d'années de travail de chercheurs français et péruviens. Ils ont d'abord choisi un terrain d'étude, le Pérou, un pays "marqué par une agriculture intensive dans certaines régions, une grande diversité de climats et d’écosystèmes, ainsi que de fortes inégalités sociales et territoriales", expliquent les auteurs de cette étude. "Le cancer y est devenu une priorité de santé publique et les niveaux de contamination corporelle par les pesticides sont préoccupants."

Les chercheurs ont modélisé la dispersion de 31 pesticides dans l'environnement pendant six ans, ce qui permet d'avoir une cartographie particulièrement précise des risques d'exposition à ces substances. Ils ont ensuite croisé cette carte avec les données de 150 000 patients atteints de cancer et "diagnostiqués entre 2007 et 2020". Les scientifiques ont pu identifier des zones "où les populations sont à la fois plus susceptibles d’être exposées aux pesticides dans l’environnement et davantage touchées par certains cancers". "Dans ces territoires, le risque de développer un cancer était en moyenne 150% plus élevé", atteste l'étude.

"L'effet cocktail" des mélanges de pesticides

"C’est la première fois que l’on peut relier, à l’échelle nationale, l’exposition aux pesticides et des perturbations biologiques suggérant un risque accru de cancer", explique Stéphane Bertani, directeur de recherche en biologie moléculaire à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), au sein du laboratoire Pharma-Dev (Université de Toulouse). C'est la première étude à montrer un tel lien en conditions réelles.

En général, on examine chaque pesticide, un à un séparément, afin de fixer des seuils de dangerosité et les risques sur la santé. Or, cette étude prend en compte les différentes substances auxquelles nous pouvons être exposées dans notre environnement, ce qui représente une nouveauté. Les résultats remettent donc en question "les approches toxicologiques classiques, basées sur l’évaluation de substances isolées et la fixation de seuils considérés comme sûrs. Ils montrent l’importance de prendre en compte les mélanges de pesticides, l’exposition environnementale et les contextes socio-écologiques réels", insistent les chercheurs. Cette méthodologie permet de prendre en compte ce qu'on appelle "l'effet cocktail" ou comment plusieurs substances peuvent interagir entre elles et provoquer des effets nocifs supplémentaires.

Une altération "silencieuse" des cellules

Aucun des 31 pesticides étudiés dans ces recherches n'est classé comme cancérogène avéré par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), mais les résultats montrent pourtant bien un lien avec l'apparition de cancers. Les résultats de cette étude doivent amener la communauté scientifique et les autorités sanitaires à réévaluer la manière dont nous évaluons les risques de nos jours. Les auteurs appellent à revoir les politiques publiques sur les pesticides au Pérou. Mais cela peut aussi s'appliquer en France, parce que cet effet cocktail n'est pas aujourd'hui suffisamment pris en compte.

Les analyses à l'échelle moléculaire menées chez des Péruviens montrent que les pesticides perturbent le fonctionnement des cellules, la manière dont s'expriment nos gênes (notre ADN), et donc la manière dont la cellule fait son travail. Les scientifiques parlent "d'altérations biologiques" qui apparaissent avant le développement d'un cancer, une altération "silencieuse" selon leur mot, ce qui rend les cellules plus vulnérables.

Ecole : un énième article

Par Le 31/03/2026

En lisant l'article suivant, je me suis dit qu'il serait temps de créer une page "Thème" sur l'école et donc je suis allé voir dans les archives.

Il y a une cinquantaine d'articles. Alors, non, je ne vais pas créer de thème sur l'école. C'est très long de sélectionner et d'enregistrer les articles sur une nouvelle page. Peut-être un jour, quand je serai vraiment vieux et que l'école publique n'existera plus ^^ J'ai quand même reposté un des premiers textes du blog sous cet article. En 2010, déjà, je voyais mal la suite.

 

"Ils n'ont pas encore eu une leçon d'histoire de l'année", une "classe de rue" pour alerter sur le manque de professeur remplaçant

Des élèves et des parents de l'Ecole Jeanne d'Arc organisent une "classe de rue" pour protester contre l'absence d'un enseignant.

Des élèves et des parents de l'Ecole Jeanne d'Arc organisent une "classe de rue" pour protester contre l'absence d'un enseignant. • © Jean Forneris France TV

Jean Forneris

Publié le31/03/2026 à 16h53

Temps de lecture : 4 min

Paris Ile-de-France

Depuis trois mois, les élèves de CM1 de l’école Jeanne d’Arc subissent l’absence de leur professeur titulaire, remplacé de manière aléatoire. Parents et enfants ont organisé une "classe de rue" devant l’Inspection académique pour dénoncer le manque criant de remplaçants. Une situation loin d'être unique en Île-de-France.

La Quotidienne Société

De la vie quotidienne aux grands enjeux, recevez tous les jours les sujets qui font la société locale, comme la justice, l’éducation, la santé et la famille.

votre adresse e-mail

France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "La Quotidienne Société". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Munis de chaises d'école, des parents d'élèves et leurs enfants âgés de 8 à 9 ans se sont donné rendez-vous ce mardi matin devant l'école élémentaire Jeanne d'Arc avant de prendre la direction de l'Inspection académique pour y organiser une manifestation symbolique et insolite. Une "classe de rue" pour dénoncer le manque de professeurs remplaçants dans l'une des classes de leur école.

Voilà trois mois que ces élèves de CM1 subissent une situation scolaire jugée "chaotique" par ces parents mobilisés. Le professeur titulaire de leur classe est absent et il n’est remplacé que de manière épisodique et aléatoire.

"Les enfants voient des têtes différentes, doivent se réadapter, ont des professeurs qui n’ont pas du tout les mêmes méthodes. Et ça contribue finalement à un déséquilibre. Il n'y a aucune continuité pédagogique", déplore Claudia Guichard, mère d'un élève. "Dernièrement, on a eu un remplacement pendant trois semaines. Brutalement il a dû être affecté à une autre école et on ne connaît pas la raison", s'indigne-t-elle.

Les parents d'élèves devant l'Inspection académique dans le 5e arrondissement.

Les parents d'élèves devant l'Inspection académique dans le 5e arrondissement. • © Jean Forneris France TV

Devant les portes closes de l'Inspection académique dans le 5e arrondissement, la "classe de rue" improvisée prend forme sur le trottoir. Sous le regard attentif de leurs parents, une douzaine d'élèves, assis sur leurs chaises disposées en rangées, brandissent sagement des ardoises scolaires. "On veut un remplaçant !" peut-on y lire. "On n'a plus de maître et c'est plus possible. On est très déjà trop en retard dans notre programme", explique Camille, élève de CM1. "On s'ennuie et quand on est dispersé dans les classes, on est jamais avec nos copains", souligne amèrement Liliana.

"On sollicite l'Inspection académique depuis le mois de janvier et en fait, on n'a jamais de réponse. On voit nos enfants comme ça s'enfoncer et qui se sentent de plus en plus mal", regrette ce parent d'élève.

"Sur les bases actuelles de leur programme, ils n'ont fait qu'une moitié d'année scolaire. Ils n'ont pas encore eu une leçon d'histoire de l'année. C'est dire la vacuité pédagogique dans laquelle on les laisse et ça c'est insupportable. Pas une seule leçon d'histoire. On est dans une démocratie et c'est central pour comprendre le monde. Pour nous parents, c'est insupportable", dénonce-t-il.

Sollicitée, l'Inspection académique n'a pas pour l'instant répondu à notre demande d'entretien.

"Je ne peux pas me substituer à l'Education nationale"

En l'absence d'un enseignant attitré, les élèves de CM1 de l'école Jeanne sont répartis par groupe dans d'autres classes les surchargeant un peu plus. À l'école Elémentaire Clémenceau A au Perreux-sur-Marne dans le Val-de-Marne, un scénario similaire se joue.

Depuis le 16 janvier, une maîtresse titulaire de la classe de CE2 est absente pour maladie. Après trois semaines de remplacement avant les vacances d’hiver, les 27 élèves de cette classe se retrouvent sans encadrement pédagogique. Un remplacement de trois jours est bien prévu cette semaine, mais au-delà, les parents sont encore dans l'incertitude.

Des enfants commencent à être déjà tous démotivés d'aller à l'école

Cheida André, parent d'élève

"Il n'y a pas de cours, pas de pédagogie. Moi, j’habite au Perreux-sur-Marne et je travaille à Paris. Je ne peux pas consacrer deux heures le soir pour faire bosser mon enfant et le faire avancer sur son programme. Je ne peux pas me substituer à l'Education nationale", explique Cheida André, mère d'un élève.

"On leur a dit : 'mais donnez-nous des cahiers d'activités à leur niveau pour les faire bosser". On nous dit : 'mais on n'a pas le budget photocopies'. À un moment donné, il y a quand même un problème !", s'offusque-t-elle.

Ce 31 mars, les syndicats de l'Éducation nationale ont appelé à une grève générale contre les suppressions de postes, pour la revalorisation des salaires, et contre les fermetures de classes. Une classe de l'École Jeanne d'Arc du 13e arrondissement comme 151 autres à Paris pourraient être fermées dans la capitale à la rentrée prochaine d'après le rectorat.

 

Un des premiers articles sur l'école, c'était en 2010..

De l'école.

Thierry LEDRU Par Le 17/03/2010 0

Une réflexion que je me faisais sur mon rôle en tant qu'instituteur.


Il me suffit de regarder 20 ans en arrière pour voir déjà une dégradation. Dans les acquis mais également dans l'image associée à l'école. Cette institution a perdu de son aura. La faute aux enseignants, aux gouvernements, aux syndicats, à toutes les têtes dirigeantes de tous bords. Les parents dans tout ça ne font que subir et cherchent à sauver leur progéniture. Par le conflit, l'adhésion ou l'indifférence. Les enfants de leur côté s'adaptent ou tombent dans le fossé.
Personnellement, je pense que tout ça ne vaut plus grand-chose. Et que l'avenir de l'école publique est très sombre. C'est volontaire d'ailleurs. Une école privée majoritaire coûtera beaucoup moins cher à un gouvernement. On fera le point dans dix ans.
Quant aux enseignants, j'en connais d'extraordinaires. Il y en a même beaucoup. Et puis il y les autres. Ceux-là ont brisé le sanctuaire. Et je les hais.


Doit-on s'en tenir à l'instruction ou doit-on prendre en charge également l'éducation?

Pour ma part, la réponse est évidente. Sans éducation l'instruction est impossible. Il ne s'agirait que d'un intérêt pour le contenu et pas le contenant. J'entends par "éducation" non pas l'adhésion à une morale mais l'ouverture de l'humain à des notions spirituelles. L'instruction se limite à l'instruction d'un savoir. Pas nécessairement d'un savoir être. On peut être instruit et totalement inapte à la vie. L'éducation suppose une connaissance de soi, une conscience de la vie dans ce qu'elle a de plus profond. L'éducation doit promouvoir le développement de l'individu, un être sensible, intelligent, cultivé, respectueux, ouvert, critique et auto critique, responsable, aimant, contemplatif et déterminé. Un être engagé et non passif. Celui qui reçoit de l'instruction est un être passif que l'on remplit. Mais dont le vide intérieur est un gouffre gigantesque quand son mental se complaît dans le gavage.

Je n'aime pas ce que l'école propose aux enfants. S'il ne s'agit que d'instruction, je ne suis qu'un subordonné aux mains d'un despote. Je ne veux pas formater, je ne veux pas de statistiques, pas de graphiques, pas de remédiations dès lors qu'on laisse croire que cela suffit à éveiller l'individu.

Je pense que l'enseignant est avant tout un éducateur, "un passeur de sens", comme le dit René Barbier. L'éducateur est en premier lieu celui qui "est" ce qu'il propose de transmettre. Il ne s'agit pas de leurrer l'auditoire, ça serait un mensonge inacceptable. L'enseignant est celui qui met toute sa passion, son énergie, son enthousiasme, sa joie de connaître et de "vivre" ses connaissances au service des enfants. Il est impossible de délivrer un message, quel qu'il soit, s'il n'y a pas de messager. Et il ne s'agit pas d'être simplement un facteur. Mais un éveilleur. La meilleure évaluation se trouve au fond des yeux des enfants. Qu'ils soient brillants d'ardeur et la mission est menée. Le reste suivra. Peu importe le temps que ça prendra. Il convient de respecter les rythmes de chacun. Ce qui compte, c'est que le brasier soit allumé. Chaque individu y apportera le combustible nécessaire en fonction de ses désirs, de ses forces. Il n'y a pas de technique, il n'y a que l'énergie. Et l'Amour.

Selon l'étymologie, l'éducation signifie "nourrir" par le latin "educare" et également "conduire hors de" par une seconde version, "educere".

Il n'est pas difficile de comprendre qu'il ne s'agit pas de gaver mais bien d'apporter les éléments et les ressources favorables à une auto-suffisance..."Donne-moi un poisson et j'aurai à manger aujourd'hui. Apprends-moi à pêcher et j'aurai à manger toute ma vie." Il ne faut pas oublier d'apprendre à connaître et à aimer le poisson. Ca évite le pillage...

Dans l'idée de conduire l'individu "hors de", j'entends par là la nécessité d'extraire l'individu de son petit moi, de sa suffisance ou de son hébétude, de sa léthargie, de sa complaisance envers lui-même, de ses conditionnements, de ses formatages, de ses abandons, de ses hallucinations...Si l'instruction scolaire entretient, développe, favorise cet embrigadement, elle va à l'encontre de l'homme pour ne s'occuper que du citoyen...Mais le citoyen est manipulable, il croit et se satisfait des "nourritures " qu'il reçoit. Juste des farines animales dont il se délecte au point de jalouser celles du voisin...Consternant. Et magistralement entretenu par les masses opaques du pouvoir. Pas les politiciens, ceux-là ne sont que des marionnettes infatuées. Le pouvoir est aux mains de ceux qui ne se montrent pas, ceux qui possèdent les richesses, ceux qui manipulent les marionnettes. Toutes les marionnettes...

Si l'instruction est destinée à forger des esprits martelés et cadenassés afin que ces individus s'engagent dans une vie sociale légiférée, réglementée et qu'ils s'en satisfassent, alors c'est que l'éducation est morte. Car l'éducation est sans fin. Elle est toujours ce brasier qui ne s'éteindra qu'à la mort. Cette idée répétée aux enfants qu'ils doivent aller à l'école pour avoir un bon métier est une abomination.

Lorsque des enseignants se contentent de recevoir une "formation continue" et s'imaginent dès lors évoluer favorablement parce qu'ils sont au courant des dernières techniques d'apprentissage, ils ne sont que des vaches à lait adorant leur avoine et la main condescendante du fermier qui les trait... Je hais les enseignants qui ne sont que des fonctionnaires. 


L'instruction est politique.

L'éducation, quant à elle, s'intéresse à l'homme.


Si on calcule le temps que passent les enfants en face d'enseignants, je ne pense pas qu'on puisse exclure ceux-ci de la dimension éducative. Il me semble même qu'elle reste à la source et qu'une fois ce rapport humain établi il est possible d'envisager l'instruction. C'est parce que l'enfant sentira que l'enseignant le considère avant tout comme un individu et pas uniquement comme un élève qu'il acceptera pleinement ce rôle d'élève.
Il est impossible à mes yeux d'envisager des apprentissages scolaires en dehors de ce rapport humain. Quand je parle d'éducation, je ne limite pas ça à des règles de vie mais je l'étends à la dimension existentielle.



Dès lors qu'on légifère l'enseignement, on n'éduque pas. On soumet.
La loi est un garde-fou quand plus rien d'autre n'est envisageable. Il suffirait pourtant de créer des groupes de paroles dans les villes, des réunions de parents avec des gens formés, créer des postes d'éducateurs, de psychologues, d'enseignants éveillés et non de simples "techniciens de surfaces", pour aider profondément. On va me dire que ceux qui en ont besoin ne viendront pas et c'est faux, archi faux, je le vois dans mon métier, rares sont ceux qui refusent qu'on les aide, ça n'est qu'une excuse pour se dédouaner... Il faut créer des lieux de rencontres encadrés par du personnel, créer des postes, construire des salles d'accueil, des foyers sociaux éducatifs, des salles de jeux, favoriser les rencontres mais pas dans l'abri bus ou près des containers à poubelle. Il n'y a plus rien dans les villes, tout disparaît, les salles sont fermées, il n'y a plus assez d'éducateurs de rues, on travaille à l'envers.
Faire une loi, c'est ce qui coûte le moins cher à l'Etat. Et on renvoie chacun avec ses problèmes. On condamne avant même d'avoir cherché à aider.



" Je me demande si nous nous sommes jamais posé la question du sens de l'éducation. pourquoi va t-on à l'école, pourquoi étudie t-on diverses matières, pourquoi passe t-on des examens, pourquoi cette compétition pour l'obtention de meilleures notes?
Que signifie cette prétendue éducation et quels en sont les enjeux?
C'est une question capitale, non seulement pour les élèves, mais aussi pour les parents, les professeurs, et pour tous ceux qui aiment cette terre où nous vivons.
Pourquoi nous soumettons nous à cette épreuve qu'est l'éducation?...

... La fonction de l'éducation n'est-elle pas plutôt de nous préparer, tant que nous sommes jeunes, à comprendre le processus global de l'existence?

... Assurément la vie ne se résume pas à un travail, un métier; la vie est une chose extraordinaire, un grand mystère, ample et profond, un vaste royaume au sein duquel nous fonctionnons en tant qu'êtres humains..."

" C'est pourquoi il est d'une grande importance que nous soyons éduqués de façon authentique- sans être étouffés par la tradition, sans tomber dans le destin tout tracé d'un groupe racial, culturel ou familial particulier, sans de venir des êtres mécanisés en marche vers une fin déterminée.
...Celui qui comprend l'ensemble de ce processus, qui rompt avec lui et qui fait front tout seul,- cet homme là est le moteur de son propre élan..."


Krisnamurti
Le Sens du Bonheur: Chapitre I) l'Education Chap XIII) Egalité et liberté


Une liste de questions débattues en classe avec mes élèves pendant les "débats-philo"

Doit-on supprimer l’école ?
A-t-on le droit de désobéir ?
Un ami et un copain, est-ce que c’est pareil ?
Peut-on dépasser ses peurs ?
Tout le monde peut-il être courageux ?
Tout le monde peut-il être heureux ?
Doit-on toujours éviter les situations dangereuses ?
Est-ce que la peur peut être utile ?
Est-il raisonnable de risquer sa vie pour une passion ?
Est-il possible d’arrêter d’apprendre ?
Peut-on apprendre en s’amusant ?
Peut-on définir clairement l’intelligence ?
Est-il nécessaire de faire ses propres expériences pour comprendre une idée ?
Apprendre et comprendre, est-ce que c’est pareil ?
Est-ce que le progrès suffit à prouver que nous sommes intelligents ?
Est-il nécessaire de toujours progresser ?
Peut-on se contenter de vivre comme nos ancêtres ?
Est-ce que notre opinion peut changer ?
Une personne handicapée a-t-elle les mêmes droits que les personnes valides ?
Doit-on toujours respecter les idées des autres ?
Est-il possible de vivre seul ?
Sommes-nous influencés par les autres ?
Est-ce que quelqu’un d’intelligent peut être méchant ?
Est-ce qu’il suffit de vivre pour exister ?
Un enfant dans sa famille a-t-il les mêmes droits que ses parents ?
Un adulte doit-il toujours répondre à la question d’un enfant ?
Peut-on ne pas avoir peur de la mort ?
Peut-on combattre l’injustice par la violence ?
Est-ce qu’il suffit d’être riche pour être heureux ?
Est-ce que nos erreurs sont utiles ?
Est-ce que le passé est utile dans le présent ?
Est-ce que le présent sert uniquement à préparer l’avenir ?
Est-il possible de définir ce qui est beau ?
Est-il possible de définir la beauté intérieure ?
Mon corps est-il à moi ?
Est-ce qu’il suffit d’être intelligent pour être sage ?
Qu’appelle-t-on la sagesse ?
Peut-on apprendre la sagesse tout seul ?
Est-ce que l’animal a conscience de lui-même ?
Nos cinq sens suffisent-ils à tout comprendre ?
Existe-t-il des formes de communication que nous ne comprenons pas ?
Tous les animaux ont-ils un langage ?
Est-ce qu’il est grave de tuer un insecte ?
Doit-on respecter un animal comme on respecte un être humain ?
Doit-on respecter une plante comme on respecte un animal ?
Est-ce que toutes les formes de vie ont une importance ?
Est-ce qu’une grande personne est toujours plus intelligente qu’un enfant ?
Les autres sont-ils indispensables à notre bonheur ?
Est-ce que les autres peuvent nous empêcher d’évoluer ?
Est-ce que les modes sont importantes ?
La télévision nous apprend-elle autant que les livres ?
Sommes-nous dépendants du progrès ?
Est-il nécessaire d’avoir des idoles ?
Est-il dangereux d’avoir des idoles ?
Est-ce que les héros d’aujourd’hui sont les mêmes qu’autrefois ?
Est-il important de se souvenir ?
Est-il important de se souvenir des morts ?
Est-ce qu’il est possible de définir l’âme ?
Est-ce qu’il est possible de définir l’esprit ?
Notre corps a-t-il une volonté ?
Est-ce que les sociétés modernes s’intéressent autant à l’esprit qu’au corps ?
Est-ce qu’il suffit de connaître son corps pour se connaître ?
Est-ce que le fait de souffrir peut être utile ?
Est-il possible de contrôler toutes ses pensées ?
Est-il possible de définir la conscience ?
Est-ce que notre conscience suffit à nous empêcher de faire du mal ?
Peut-on avoir clairement conscience de la vie ?
Est-ce que l’existence est nécessairement rattachée à un objectif ?
Peut-on affirmer que nous sommes maîtres de nous-mêmes ?
Sommes-nous réellement libres ?
Comment définir l’amour ?
Est-ce que l’amour nous rend prisonnier ?
L’amour permet-il à l’homme de progresser ?
L’amour est-il limité à quelques personnes ?
A-t-on besoin d’être aimé ?
A-t-on besoin d’aimer ?
Est-il utile de faire partie d’un groupe ?
Est-ce que la compétition est utile ?
Est-ce que les notes sont nécessaires ?
Doit-on avoir nécessairement une bonne note pour être fier de soi ?
La poésie peut-elle servir à défendre des idées ?
Peut-on vivre sans machine ?
Peut-on définir clairement la vérité ?
Peut-on perdre son temps ?
La science peut-elle tout expliquer ?
Peut-on définir clairement la morale ?
La morale est-elle toujours au bénéfice de l’homme ?
La morale est-elle partout la même ?
Doit-on s’occuper de la Terre comme d’un être vivant ?
Comment définir ce qui est vivant ?
Est-ce que nous pensons par nous-mêmes ?
Sommes-nous responsables de tous nos actes ?
Est-il important de s’interroger ?
L’état est-il ennemi de la liberté ?
Liberté et égalité sont-elles compatibles ?
Le plaisir conduit-il au bonheur ?
Peut-on être maître de son destin ?
Conscient et inconscient, qu’est-ce que ça veut dire ?
Notre éducation détermine-t-elle notre vie ?

C'est à travers ces débats que tout le reste prend forme, que le travail cognitif s'instaure de lui-même. Sans aucune réticence. Pour une simple raison : ce sont les enfants qui s'expriment et qui acceptent dès lors d'endosser la tâche d'être aussi des élèves.

L'enfant est un individu. L'élève est une fonction. Et la fonction ne doit jamais l'emporter sur l'intégrité de l'individu. Tant que l'éducation nationale et ses sbires n'admettront pas qu'il est inacceptable de nier les individus pour les enfermer dans une fonction, les écoles ne seront que des enceintes carcérales.  

Ecologie théorique (2)

Par Le 31/03/2026

Léo, le benjamin de la famille, a un doctorat en écologie. Les vidéos qu'il produits ont pour but de présenter ce qu'est l'écologie théorique de manière ludique. Voilà la quatrième vidéo. Cette réflexion se nourrit d'études scientifiques et la modélisation permet d'en avoir une vision animée, ce qui pour des "non scientifiques" de formation, comme moi, est d'une aide précieuse.

Les précédentes vidéo sont disponibles dans la page "Ecologie théorique" 

Pascal Boniface

Par Le 28/03/2026

Pascal Boniface

Pascal Boniface

Directeur de l’IRIS

 

Pascal Boniface est le fondateur et directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

 

Pascal Boniface dirige également La Revue internationale et stratégique (parution trimestrielle depuis 1991) et L’Année stratégique (parution annuelle depuis 1985).

Il a écrit plus de quatre-vingt ouvrages ayant pour thème les relations internationales, les questions nucléaires et de désarmement, les rapports de force entre les puissances, la politique étrangère française, l’impact du sport dans les relations internationales (il a développé le concept de géopolitique du sport), le conflit du Proche-Orient et ses répercussions en France. Nombre d’entre eux sont devenus des classiques réédités régulièrement et traduits dans plusieurs langues.

Pascal Boniface publie de nombreux articles dans des revues internationales de géopolitique, intervient régulièrement dans les médias, nationaux ou internationaux, écrits ou audiovisuels et fait de nombreuses conférences et débats en France et à l’étranger. Il est l’un des géopolitologues les plus suivis sur les réseaux sociaux, notamment Twitter, Facebook et TikTok. Il décrypte l’actualité internationale en vidéo sur sa chaîne YouTube et son podcast hebdomadaire « Comprendre le monde » où il est suivi par plus de 450 000 abonnés, ainsi qu’à travers ses différents blogs : IRIS, Mediapart et personnel.

Pascal Boniface est consultant pour les questions géopolitiques du Musée de l’Olympisme et consultant géopolitique pour l’ONG Peace and Sport.

Pascal Boniface est Chevalier de l’Ordre national du mérite, Officier de la Légion d’honneur et Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Il a également reçu le prix Vauban en 2011.

 

 

L'accès barré au canal de Suez, là, on comprendrait vraiment ce qu'est un effondrement économique.

La force et la justice

Par Le 28/03/2026

 

C'est assurément la première fois que je poste une ITW d'un homme politique pour autre chose que de le critiquer ^^. Mais s'il y a bien un diplomate que j'aime encore écouter, c'est bien Dominique de Villepin.

"La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite, parce qu'il y a toujours des méchants ; la force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort, ou que ce qui est fort soit juste".

Blaise Pascal

Comprendre la guerre

Par Le 28/03/2026

Oui, je sais, le titre est quelque peu ambigu, car comment comprendre un évènement qui devrait être incompréhensible au regard de la folie qui le nourrit ? Il n'en reste pas moins que l'évènement lui-même peut passer par le filtre de l'analyse et par conséquent de la raison... Aïe, utiliser la raison pour comprendre la folie de la guerre... On est bien confronté là à la particularité de cette espèce connue sous le nom de "sapiens sapiens"...

"L'expression Homo sapiens sapiens désigne l'homme moderne, avec sapiens signifiant "sage" en latin, et le doublement de sapiens indiquant une sous-espèce de l'espèce Homo sapiens."

On doit donc chercher les personnes les plus compétentes pour l'usage de leur raison objective pour comprendre la folie de la guerre.

Julia Tomasso en fait partie. 

https://www.iris-france.org/chercheurs/julia-tomasso/

"Julia Tomasso est enseignante-chercheuse au sein des Programmes Industrie de défense et de haute technologie et Moyen-Orient / Afrique du Nord à l’IRIS. Elle est spécialisée dans les politiques industrielles de défense et les cultures stratégiques en Europe et au Moyen-Orient. Julia Tomasso s’intéresse notamment à l’industrie de l’armement iranienne et turque.

Elle est diplômée d’une double Licence en science politique et islamologie à l’Université McGill de Montréal, ainsi que d’un Master spécialisé sur le Moyen-Orient à l’Université SOAS de Londres. Durant ses études, elle s’est spécialisée sur la défense iranienne, les partenaires non-étatiques de l’Iran ainsi que les questions islamiques, notamment l’instrumentalisation de concepts théologiques coraniques par les groupes terroristes. Elle maîtrise le farsi et le turc à un niveau intermédiaire.

Avant de rejoindre l’IRIS, Julia Tomasso a réalisé des stages au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en Équateur ainsi qu’auprès du ministère des Armées sur la doctrine militaire iranienne. Elle a ensuite travaillé pour le Cambridge Middle East and North Africa Forum, un think tank londonien, en tant que rédactrice spécialisée sur les enjeux de défense en Iran et en Syrie."

 

51 520 vues Diffusée en direct le 24 mars 2026

Chaque mardi, je reçois un membre de l'équipe de recherche de l'‪‪ @institutiris  pour décrypter un fait d'actualité internationale. Aujourd'hui, échange avec Julia Tomasso, chercheuse à l’IRIS au sein des programmes Défense, Stratégie, Armement et Moyen-Orient / Afrique du Nord, autour de la stratégie iranienne dans le conflit qui l’oppose aux États-Unis et à Israël.

 

Casse-tête informatique

Par Le 28/03/2026

Comme vous avez pu le constater, le blog a changé et je n'en suis pas responsable. Je n'avais aucunement envie de changer le graphisme, les couleurs, la mise en page etc...

C'est l'hébergeur qui m'a envoyé un message pour me dire que le "thème" que j'utilisais allait disparaître et que je devais en choisir un autre...

Bon, pourquoi changer quelque chose qui convient, je n'en sais rien. Cette mode du changement me déplaît fortement. 

D'autant plus que je ne suis pas informaticien, que ça me saoule, que je n'aime pas passer des plombes à chercher comment faire ci, comment faire ça pour au final ne rien réussir. 

Donc, je suis désolé pour ce changement soudain. Personnellement, je n'aime pas du tout cette présentation.

J'ai demandé aux personnes responsables du site d'hébergement de m'aider mais la dernière fois que j'ai eu besoin d'une intervention, je n'ai rien compris à leur réponse... C'est pénible, et même très pénible, ces gens très compétents dans leur domaine et qui pensent que quand un néophyte comme moi a besoin d'aide, on peut lui répondre avec des termes et des phrases incompréhensibles. 

Je viens de passer une bonne partie de la matinée (qui du coup était une mauvaise partie) à essayer d'améliorer les choses mais sans succès. 

A voir la semaine prochaine quand j'aurai eu une réponse (si tant est qu'elle soit compréhensible et applicable...)

Les éditions au pluriel

Par Le 27/03/2026

Je partage parce que j'aime les gens passionnés, habités par la détermination, la foi dans leur travail et parce qu'en plus, il s'agit des livres, de la littérature, de cette création des esprits qui sans les maisons d'édition ne pourrait être partagé.

 

En Ardèche, une maison indépendante entre artisanat du livre et pari sur les auteurs

 

https://actualitte.com/article/130174/edition/en-ardeche-une-maison-independante-entre-artisanat-du-livre-et-pari-sur-les-auteurs

Aux Vans, en Ardèche méridionale, LEAP | Les éditions au pluriel avance à rebours des logiques industrielles du livre. Peu de titres chaque année, un catalogue hétérogène, des paris éditoriaux, une imprimerie à l’origine de l’aventure, et un ancrage local qui ne se confond pas avec une ligne de terroir. La maison dirigée par Fabienne De Dyn s’est construite au fil des rencontres, des manuscrits inattendus et d’un rapport très concret à l’objet imprimé. 

Publié le :

26/03/2026 à 12:06

Hocine Bouhadjera

7

Commentaires

57

Partages

Partager cet article sur Facebook Partager cet article sur Bluesky Partager cet article sur Mastodon Partager cet article sur Twitter Partager cet article sur Linkedin Partager cet article par mail Imprimer cet article

ActuaLitté

Fabienne De Dyn ne vient pas du sérail éditorial au sens classique. Son entrée dans le métier procède d’un désir ancien, longtemps différé, puis réactivé par une opportunité entrepreneuriale. « J’ai toujours eu une passion pour le livre et si j’avais pu choisir mes études, à l’époque j’aurais pu devenir prof en littérature, en lycée, ou à la fac. Voilà. C’est des rêves qui ne sont pas arrivés. »

De l’imprimerie à l’édition indépendante

Avant de créer sa propre structure, elle a travaillé dans des univers très différents, des mairies au privé, de la comptabilité à d’autres fonctions administratives. Puis, en 2014, la reprise d’une petite imprimerie lui ouvre enfin une porte vers ce qu’elle voulait faire depuis longtemps : « Quand j'ai la possibilité de reprendre une petite imprimerie, je me suis dit que c’était l’occasion de commencer ce boulot d’éditeur que j’avais touché auparavant en travaillant pour une autre maison d’édition, La Fontaine de Siloé. »

Cette reprise n’a pas seulement représenté un changement professionnel. Elle a constitué le point de départ d’une activité qui articule très étroitement indépendance, technique et goût du contact. « C’était à la fois l’envie d’être indépendante et de m’ancrer dans un univers qui me correspond : le papier, la création. Un travail très enrichissant, qui mêle le contact humain, une dimension créative forte, mais aussi un savoir-faire manuel et technique qui me plaît énormément. »

Dans cette configuration, la maison d’édition naît moins d’un « business plan » que d’une extension naturelle de l’atelier. Le premier livre ne sortira qu’en 2017, mais la logique est déjà là : faire du lieu de fabrication un espace de circulation des textes, des auteurs et des projets.

Une maison façonnée par l’atelier

La particularité de LEAP | Les éditions au pluriel tient d’abord à leur lien organique avec l’Atelier Pluriel. Cette proximité ne relève pas seulement de l’image, mais détermine une manière de penser le livre depuis sa matérialité, ses contraintes et ses possibilités. Connaissance des papiers, des finitions, des coûts, des limites de fabrication : pour Fabienne De Dyn, cette compétence change la relation au texte comme au projet éditorial. 

L’atelier reçoit ainsi des particuliers venus avec des projets intimes, parfois destinés à rester dans un cercle familial ou amical. Il peut s’agir d’autobiographies, de témoignages ou de recueils personnels qui ne relèvent pas nécessairement du catalogue de la maison, mais qui bénéficient d’une véritable expertise.

« C’est un véritable travail d’édition, mais appliqué à des projets personnels, à plus petite échelle et avec une finalité différente. » Ce travail passe par la relecture, la mise en page, la présentation, parfois par un accompagnement plus substantiel sur le texte lui-même, afin d’éviter aux auteurs de se contenter d’un objet bricolé ou impersonnel.

Le point de départ d’une aventure

C’est aussi dans cet espace, à la frontière entre service, conseil et écoute, que surgissent certains livres publiés ensuite par la maison. Le premier titre édité est né de cette manière. Un homme arrive avec un classeur rempli de poèmes manuscrits, sans projet défini, sinon celui de ne pas laisser ces feuilles volantes se perdre. « Pendant des années, il avait accumulé des poèmes, sans vraiment savoir qu’en faire. Des feuilles volantes, éparses, qui risquaient de se perdre. Il voulait simplement leur donner une forme, en faire quelque chose. »

À mesure que les textes sont saisis à l’ordinateur, Fabienne De Dyn découvre une véritable qualité poétique. « On a découvert des textes d’une grande profondeur, d’une vraie beauté, avec une force poétique évidente - alors même que leur auteur menait une vie très précaire. Là, je me suis dit qu’on ne pouvait pas passer à côté : ces textes méritaient d’exister. »

Le livre ne fait plus partie du catalogue aujourd’hui, mais l’éditrice continue d’y voir un moment fondateur. « C’était un très beau livre qui a d’ailleurs bénéficié d’une préface de Hugues Aufray. C’est quand même un petit gage de qualité. »

y

Le coin Des livres dans notre atelier.

Des rencontres qui deviennent des livres

Cette manière d’éditer par rencontre, plutôt que par construction de collection en chambre, se retrouve dans d’autres histoires de la maison. Le cas de Rémy Belhomme est emblématique. Devenu l’un des auteurs importants du catalogue, il s’est d’abord présenté à l’atelier avec une vingtaine de pages « de La maman de casa, une autobiographie. Il m’a dit : “On m’a parlé de toi comme d’une grande lectrice, d’une éditrice — je viens avoir ton regard”. »

La réponse de Fabienne De Dyn : « Oui, c’est très bien que tu écrives. Il m’a dit : “Je peux continuer ?” Tu peux continuer, tu dois continuer. »

Le manuscrit reviendra deux ans plus tard, retravaillé, puis retravaillé encore avec l’éditrice. Sorti pendant le Covid, le livre n’a pas bénéficié de l’exposition qu’elle espérait. « Dans d’autres conditions, le livre aurait sans doute rencontré un écho plus large : nous aurions pu l’accompagner en salons, lui donner une visibilité que le contexte ne permettait pas. »

Cette remarque dit aussi quelque chose du modèle des petites maisons : un livre ne vit pas seulement par sa publication, mais par la possibilité d’être porté, défendu, montré, mis en circulation dans des salons, des rencontres, des librairies et des médias.

Une ligne ouverte, mais pas sans boussole

Le catalogue de la maison est large : romans, imaginaire, essais, cuisine, poésie, art et voyage, polar avec la collection Ultra Violet. « Au départ, on avance forcément à tâtons : on a des envies, des intuitions, sans toujours savoir où elles vont nous mener. Certains projets séduisent, mais on ignore s’ils trouveront leur public. Alors j’ai choisi d’explorer, d’ouvrir plusieurs pistes plutôt que de me limiter d’emblée. »

Certaines expériences restent ponctuelles. Une bande dessinée locale a été publiée à petit tirage, sans ambition de diffusion large. Un livre de cuisine, né lui aussi d’une rencontre, a au contraire trouvé son public, avec 800 exemplaires écoulés, ce qui représente un très bon résultat pour une petite structure. D’autres voies ont été refermées. C’est le cas de la poésie, non par désintérêt, mais faute de moyens suffisants pour entrer dans les bons réseaux de librairies et de festivals. 

À l’inverse, la collection Ultra Violet est aujourd’hui clairement identifiée comme un axe fort. Son identité visuelle a été conçue par Florence Vandenbrouck, fille de l’éditrice et graphiste de la maison. Le choix du nom ? « Je ne voulais pas d’une collection “noire” », explique Fabienne De Dyn. « Ce n’est pas un univers qui me correspond. Alors on a cherché autre chose — quelque chose d’encore plus radical. Et on s’est dit : finalement, ce qui est plus noir que le noir, c’est l’ultraviolet. »

Et pourquoi les éditions « au pluriel » ? Le nom prolonge d’abord celui de l’atelier d’origine et reflète une structure aux activités multiples, tournée vers différentes manières d’accompagner les textes. Mais Fabienne De Dyn reconnaît ses limites, évoquant un nom difficile à mémoriser, d’où la mise en avant progressive du sigle LEAP. Au-delà de cette question d’identité, la maison se définit surtout par son approche humaine du métier, évoquant « les découvertes et les partages avec les auteurs » comme véritable cœur de son projet éditorial.

h

Florence Vandenbrouck et Fabienne de Dyn. 

Une ruralité revendiquée, mais pas folklorisée

L’ancrage cévenol et ardéchois de la maison est réel. Il se traduit par la localisation, par la vie quotidienne de l’équipe - composée de Fabienne De Dyn et Florence Vandenbrouck, mais aussi de Stéphanie Geel, correctrice et traductrice, et d’Agnès Catet, commerciale - par les événements organisés sur place, par la relation avec les acteurs culturels des Vans.

Mais cet ancrage ne définit pas une ligne « locale » au sens où l’entendent beaucoup de petites structures régionales. Fabienne De Dyn insiste sur ce point : « J’aime profondément cette région, mais la maison n’a pas vocation à publier uniquement des auteurs locaux ni des textes ancrés dans le territoire. Ce n’est pas l’orientation que nous avons choisie. » Elle revendique néanmoins une implantation hors des centres culturels dominants, en valorisant ce que les territoires offrent de diversité et de liberté. 

Malgré l'afflux massif de manuscrits, la sélection repose sur une lecture approfondie, loin des jugements expéditifs. Fabienne De Dyn se méfie des premières impressions : « Il y a des auteurs qui sont très mauvais en début, même des bons auteurs. Il faut 50 à 80 pages pour se rendre compte, et s’il y a quelque chose, on a envie de continuer. » La maison publie entre trois et huit titres par an. Ce rythme reste modeste, mais s'appuie uniquement sur des nouveautés. 

Le nerf de la guerre : libraires, médias, temps long

Les livres sont accompagnés par la maison elle-même, avec le soutien d’une commerciale, mais Fabienne De Dyn juge cet accompagnement encore insuffisant. La place laissée aux petites structures dans les librairies s’est réduite, notamment sous l’effet des grands diffuseurs et de la multiplication d’ouvrages issus de l’autoédition, parfois déguisée. 

Dans cette masse, une maison sérieuse doit d’abord convaincre de son sérieux. Une fois ce cap franchi, la relation peut devenir durable. « Dès qu’on a un libraire qui nous suit, ils nous suivent. Une fois qu’ils ont lu deux ou trois livres de la maison, là, c’est bon. On sait qu’on aura une place et ils vendent très bien. »

Même diagnostic pour les médias. Sans relais, le livre existe mal. Sans événement, il circule peu. « Pour exister, un livre a besoin de visibilité médiatique. Une simple mention à la radio peut suffire : immédiatement, les commandes suivent. » Les dédicaces, les festivals, les lectures, les salons demeurent par ailleurs des outils décisifs.

À la question de l’équilibre financier, Fabienne De Dyn répond sans détour qu’une petite maison ne se juge pas à l’année. « Une telle initiative se construit dans la durée : son équilibre ne se mesure pas à court terme, ni en quelques années, mais dans une vision de long cours. » Dans cette temporalité longue, l’atelier joue un rôle décisif pour le financement global de la structure.

tt

Agnès Catet et l'auteur Frank Andriat.

Le salon comme vitrine, mais pas comme simple outil maison

L’autre grand chantier de LEAP | éditions au pluriel est le salon « Les livres & Les Vans », dont la troisième édition est annoncée du 24 février au 1er mars 2026. La manifestation est née d’un constat simple : malgré une forte demande culturelle locale, la région manque de salons généralistes hors des grandes villes. Les Vans, petite ville dotée de deux librairies, d’un bouquiniste, d’une médiathèque et d’un cinéma, offrait un terrain propice.

« Il y a un peu plus de 2500 habitants mais ça draine une population d’environ 15.000 habitants. » À partir de là, l’idée du salon s’impose comme une réponse à un manque, appuyée par la volonté de la municipalité et de la communauté de communes. « On s’est dit : nous sommes là, avec une maison d’édition, des librairies, un bouquiniste, et le soutien de la municipalité comme de la communauté de communes. Il fallait tenter. Et le succès a largement dépassé nos attentes. »

Aujourd’hui, l’événement occupe une place importante dans la vie de la maison. Il sert de vitrine, crée une échéance de publication, permet de mettre en avant certains auteurs, mais garde une vocation plus large, malgré l'absence de soutien au niveau régional.

Pour 2026, des animations ont été portées par différents acteurs culturels du village, et la présence annoncée de Laura Vazquez comme marraine, ainsi que celle d’invités comme Frank Andriat, Rémy Belhomme, Olivier Bertrand, Denis Infante, Gaëlle Perrin-Guillet ou Nelly Pons, marquent une montée en ambition.

Reste la contrainte majeure du lieu : faire venir jusqu’aux Vans. « Parce que c’est à deux heures de la première gare, du premier aéroport, de l’autoroute. » Mais l’éditrice le dit avec un sourire : ceux qui y viennent une fois reviennent.

t

Avec Laura Vasquez sur le stand des éditions au pluriel au Salon Les Livres & Les Vans. 

Les livres du moment et la suite

Après le dernier salon, la maison a enchaîné plusieurs sorties marquantes. Fabienne De Dyn cite notamment Le musée de monsieur Marteau de Rémy Belhomme, qu’elle décrit comme « une farce électorale jubilatoire », L’Île aux fous de Jean-Marc Gibert, dans la collection Ultra Violet, ou encore Une vie sous le vent de Fabrice Sluys, roman d’aventure traversé par des questions d’insularité, d’écologie et de bifurcation intime.

Elle met aussi en avant Transhumance, un beau livre de photographies de Pierre Merle, accompagné de textes recueillis par Tassadite Favrie auprès de bergers.

Cette diversité résume assez bien la ligne de la maison : peu de titres, beaucoup de confiance dans les singularités, une attention constante à l’objet livre, et une capacité à accueillir des textes très différents dès lors qu’ils suscitent un véritable engagement.

À LIRE - Blitz et Blast ensemble pour reprendre le livre à l’extrême droite

Dans un paysage éditorial saturé, LEAP | Les éditions au pluriel avance sans recette ni accélération forcée. Ici, les livres prennent le temps de se faire - souvent à partir d’une voix, d’un texte, ou d’un classeur posé sur une table. Et c’est peut-être là que tout commence.

Quelques auteurs de la maison, en 2022.

Quelques auteurs de la maison, en 2022.

Crédits photo : Anniversaire des 10 ans de LEAP | Les éditions au pluriel, avec Fabienne De Dyn et Florence Vandenbrouck

L'historique sur le cadnium

Par Le 27/03/2026

Je commence par une ITW de l'ancien ministre de l'agriculture et ensuite un article dans les archives de l'INA.

A chacun d'en tirer ses conclusions. 

 

"Ne reprochons pas aux politiques de ne rien faire" : Marc Fesneau réagit aux alertes de l'Anses sur le cadmium

 

Publié le 25/03/2026 22:34 Mis à jour le 25/03/2026 22:52

Temps de lecture : 5min - vidéo : 23min

Article rédigé par franceinfo - Édité par l'agence 6Medias

France Télévisions

Sur le plateau de l'émission "Tout est politique", Marc Fesneau, président du groupe Modem à l'Assemblée nationale et ancien ministre de l'Agriculture, s'exprime sur la surexposition des Français au cadmium.

Ce texte correspond à la retranscription d'une partie de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.

Marc Fesneau, président du groupe Modem à l'Assemblée, a également été ministre de l'Agriculture entre 2022 et 2024. Face à Sonia Chironi et Nathalie Saint-Cricq, mercredi 25 mars, il réagit à l'alerte lancée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) sur une "imprégnation forte et croissante" des Français en cadmium(Nouvelle fenêtre), un métal lourd présent dans les sols et qu'on retrouve dans l'alimentation.

Sonia Chironi : Quand on mange tous les jours des pâtes, du pain, des céréales... Je crois que c'est le cas à peu près de tout le monde, on s'empoisonne au quotidien ? C'est un scandale de santé publique ?

Marc Fesneau : On ne veut pas dire que c'est à chaque fois un scandale de santé publique. Le sujet est posé depuis un certain temps, d'ailleurs on attendait des résultats de l'Anses. Je pense que ce qui est important, ce que vous avez dit d'une certaine façon, c'est qu'il faut se baser sur la science.

Le mieux, c'est qu'on laisse la science dire et qu'après, en fonction de ce que dit la science de l'exposition, du facteur de risque... qu'on prenne les décisions qui s'imposent. On savait que c'était un produit cancérogène, la question, c'était la dose, comme dans des tas de choses.

Le sujet principal, c'est que les engrais phosphatés, un certain nombre contiennent une teneur en cadmium qui est importante. On a besoin de phosphate pour faire pousser des plantes. C'est juste la dose de cadmium à l'intérieur du phosphate qu'il faut essayer de réduire. C'est là-dessus qu'il va falloir travailler, qu'on enlève du cadmium aux engrais phosphatés, ce qui va renchérir le coût quand même. C'est ça le sujet sur lequel il faut qu'on travaille.

Sonia Chironi : Mais en attendant, plus de la moitié de la population a un niveau supérieur aux limites ?

Marc Fesneau : Ne reprochons pas aux politiques de ne rien faire. L'important, c'est qu'on ait des données sur lesquelles on puisse se baser. Ce n'est pas pour perdre du temps. Le mieux, c'est que la science nous dise. Et qu'après, avec ce qu'on sait, ce que dit l'Anses, c'est l'utilité des autorités scientifiques.

Nathalie Saint-Cricq : Vous savez très bien qu'il y a des choses que la science a pu dire et qui n'ont pas été forcément suivies d'effets, parce qu'on disait soit qu'il n'y avait pas de substituts. Regardez pour le glyphosate...

Marc Fesneau : Si vous écoutez l'Anses et si vous écoutez l'Agence européenne, on dit que sur le glyphosate, justement, il n'y a pas les effets que certains, en particulier certains internautes (dénoncent)...

Nathalie Saint-Cricq : Mais dans certains cas, on nous dit également qu'il y a eu une surestimation en France pour protéger la population et que dans d'autres pays européens on est beaucoup plus laxistes.

Marc Fesneau : Mais ce n'est pas laxiste. Je ne peux pas remettre en cause une autorité sanitaire européenne parce que si je commence à dire je ne suis pas d'accord avec l'autorité sanitaire européenne, il y aura beau jeu de dire aussi je ne suis pas d'accord avec l'autorité sanitaire française. Ce sont les mêmes autorités sanitaires, enfin les mêmes. Ce sont dans les deux cas des scientifiques.

Nathalie Saint-Cricq : Vous comprenez que les Français, ou les gens, ou l'opinion, ou nous, soient inquiets en se disant, d'abord il faut attendre qu'il y ait une étude, deuxièmement qu'elle soit sérieuse, troisièmement qu'elle soit confirmée, quatrièmement qu'elle soit sûre, et ensuite après que ça passe à l'échelon européen. Comment faire quand on dit aussi que l'eau en bouteille est dangereuse, que l'eau filtrée est dangereuse, que l'eau du robinet est dangereuse...

Marc Fesneau : J'essaie de mettre un peu de rationalité dans ce monde. La rationalité, c'est quand même les faits. Et les faits, c'est la science. Je sais que la science, parfois, a besoin de démontrer, et c'est long de démontrer. La science, ce n'est pas les réseaux sociaux. La science, ce n'est pas le fil Twitter. La science a besoin de démontrer des choses. À partir de là, il faut avancer.

Nathalie Saint-Cricq : Le chlordécone, par exemple, ça a mis du temps.

Marc Fesneau : En vérité, la science l'avait dit. Ce sont des décisions politiques à l'époque, sous pression d'un certain nombre de gens, y compris des élus locaux, qui ont laissé faire. Alors que le chlordécone était déjà interdit dans un pays dont on dit qu'il est laxiste sur le sujet : les États-Unis.

Donc la question c'est une fois que la science dit des choses, l'objectif c'est de prendre les décisions puis de trouver une trajectoire. Parce qu'on ne peut pas sortir non plus du jour au lendemain. Donc après, c'est de trouver une trajectoire.

 

Le cadmium en 1982 : «Une chose certaine, on ne peut pas continuer comme ça»

 

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/alerte-cadmium-pollution-sante

Une nouvelle étude de l'Anses alerte sur une surexposition de la population française au cadmium, un métal toxique présent dans l'alimentation. Début juin 2025, des médecins libéraux avaient déjà alerté sur la contamination massive des Français au cadmium, notamment issu des engrais phosphatés. Cette prégnance dans notre environnement est une préoccupation ancienne.

Par Romane Laignel Sauvage - Publié le 12.06.2025 - Mis à jour le 25.03.2026

Alain Bombard sur la pollution de la mer Méditerranée par les métaux lourds - 1982 - 02:29 - vidéo

L'ACTU.

Dans une nouvelle expertise publiée le mardi 24 mars, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) confirme une surexposition de la population française au cadmium dans l’alimentation. Dans son étude, l'Anses a évalué « l'ensemble des sources et voies d'exposition à ce métal tout au long de la vie ». Le cadmium est un métal lourd présent naturellement dans les sols et dont la présence peut être augmentée par l'activité de l'homme. l'étude souligne que « les données les plus récentes témoignent d'une situation préoccupante » et d'une « exposition diffuse touchant une grande variété d’aliments de notre quotidien ». L'alimentation représente 98% de l'imprégnation de la population. Parmi les aliments « les plus contributeurs » l'étude pointe les produits céréaliers : les céréales du petit-déjeuner, les viennoiseries ainsi que les gâteaux et biscuits sucrés. Mais le cadmium est aussi présent dans les pâtes, le riz ou encore les pommes de terre et certains légumes. L'Anses conseille de limiter ces produites et d'introduire plus de légumineuses dans les repas en substitution au blé.

LE CONTEXTE.

« L’État ne peut plus ignorer ce problème. » Début juin 2025, les Unions régionales de professionnels de santé-médecins libéraux (URPS) adressaient une lettre pour alerter l’exécutif sur la prégnance du cadmium, un métal lourd notamment issu de l’épandage d’engrais phosphatés, dans l'alimentation. « Une explosion de la contamination des jeunes enfants existe bel et bien, en rapport avec leur alimentation – en particulier les céréales, pains et dérivés et les pommes de terre et apparentés, qui sont des aliments de la vie courante », explique l'URPS.

Le collectif appelait à adapter l'alimentation, à soutenir l'agriculture biologique et à faciliter le dépistage de la contamination au cadmium. Et de conclure : « L’augmentation de la contamination au cadmium n’est pourtant pas une fatalité comme en atteste l’imprégnation des Américains qui a baissé régulièrement entre les années 1960 et 2020, grâce notamment à une meilleure gestion des boues d’épuration dans les sols agricoles. » Le 10 juin 2025, le ministre chargé de la Santé Yannick Neuder annonçait le remboursement des dépistages du cadmium « à l'automne en médecine de ville ».

En février 2026, un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) relevait déjà un « risque sanitaire » pour trois métaux dont le cadmium.

Le cadmium se trouve de manière naturelle dans l'environnement, mais sa présence est accrue par les activités humaines, en particulier par les rejets de certaines industries et l'utilisation d'engrais phosphatés en agriculture. C'est la raison pour laquelle il est aujourd'hui retrouvé en grande quantité dans l'eau et l'alimentation. L'exposition prolongée à ce métal peut induire une atteinte rénale, une fragilité osseuse, des effets sur l’appareil respiratoire, des troubles de la reproduction ainsi qu’un risque accru de cancer. Il a été classé par le Circ en 2012, cancérogène de groupe 1, c'est-à-dire cancérogène certain pour l’humain.

Les autres grandes causes de l'exposition à ce métal sont le tabagisme et certains secteurs professionnels comme les industries de la métallurgie du zinc ou de la production de pigments. L'intoxication au cadmium (par inhalation) est par ailleurs reconnue comme maladie professionnelle en France depuis 1973. À la télévision, les premières alertes concernant une prégnance toxique du cadmium dans l'environnement datent des années 1980.

LES ARCHIVES.

« Le grand problème, c'est de savoir comment va se terminer cette accumulation dans la chaîne alimentaire. En tout cas, il y a une chose certaine, on ne peut pas continuer comme ça. » 1982, dans l'émission scientifique « Planète bleue » s'intéressait aux risques alimentaires. Alain Bombard, médecin et homme politique brièvement secrétaire d'État à l'environnement en 1981, alertait sur les conséquences des rejets de métaux lourds comme le cadmium en mer Méditerranée. Ceux-ci étaient ensuite retrouvés dans les poissons de grande consommation.

Dans l'archive en tête d'article, il notait l'urgence à agir. « Notre travail à l'heure actuelle doit se centrer sur la diminution de la quantité de métaux lourds qui entre dans l'eau, dans le milieu où va se développer cette chaîne alimentaire. (...) Premièrement, arrêter l'injection de poison. Donc faire des stations d'épuration qui soient des stations d'épuration efficaces. Et ensuite, nettoyer, c'est-à-dire restituer les lieux. »

Au moment où Bombard s'exprime, les rejets de cadmium dans l’environnement et l’alimentation étaient déjà sous surveillance depuis plusieurs années. En 1976, Le Monde rapportait les conclusions d'une enquête sur les quantités de substances toxiques ingérées par les Français. Grâce aux données « analysées par l'ordinateur de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale », le Comité interministériel d'action pour la nature et l'environnement concluait à une alimentation peu polluée, les quantités moyennes ingérées de cadmium correspondant à moins de la moitié des « doses journalières acceptables » déterminées par la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Conclusion « rassurante ».

À peu près à la même époque, le journal rapportait des négociations européennes ayant pour vocation de « limiter la pollution des eaux », notamment par le cadmium. Quelques années plus tard, en 1983 on cherchait à dépolluer le Rhin où se trouvent de nombreux résidus de l'industrie, dont des métaux lourds comme le cadmium.

Des rejets sur le littoral

C'est d'abord cette pollution industrielle que la télévision montre. En 1988, un documentaire intitulé « Pitié pour la Méditerranée », dont un extrait est disponible ci-dessous, montrait les conséquences de la pollution au cadmium sur les fonds marins du proche littoral italien. Sur les images, un « désert » écologique : « Dans cette zone, il faut bien constater que le milieu a pratiquement cessé d'exister », détaillait un plongeur italien. À la place des prairies de posidonie, poumon de la Méditerranée, « le cadmium permet la prolifération de ces petites algues rousses typiques de la pollution industrielle ». Un enjeu méditerranéen qui n'est aujourd'hui pas entièrement réglé, en témoigne une enquête récente de Radio France sur une usine de Gabès en Tunisie.

Pollution de la Meditérranée au Cadmium
1988 - 02:28 - vidéo

Le responsable de cette pollution : les résidus industriels, comme le phosphogyspe notamment issu de la production de l'acide phosphorique et des engrais phosphatés. En 1989, France 3 Normandie alertait sur une pollution du genre dans l’estuaire de la Seine. Les usines havraises incriminées assuraient que l'impact sur l'écosystème était circonscrit à la zone de rejet et faire le nécessaire pour diminuer leur volume.

Présent, donc, en grande quantité dans les eaux à proximité de ces zones industrielles, le cadmium était ensuite retrouvé dans les produits pêchés. En août 1990, une nouvelle alerte concernait les huitres sauvages de l'estuaire de la Gironde, comme le dévoilait l’archive ci-dessous. Une pollution découverte en 1983 par les scientifiques de l'Ifremer : « Il s'agit d'une pollution par un métal industriel qui provient de la région du Lot, ce sont des mines qui produisent du zinc, et il y a un sous-produit de cette activité, ce métal le cadmium qui a été déversé dans l'eau de la Garonne et le Lot ». Le préfet envisageait de dynamiter les gisements naturels d'huitre « pour empêcher toute cueillette sauvage ».

Huîtres sauvages polluées dans l'estuaire de la Gironde
1990 - 02:05 - vidéo

Concernant la persistance de métaux lourds sur le littoral français, l'État assurait en 2019 : « La teneur en cadmium dans les mollusques, indicateurs quantitatifs de contamination du milieu marin, décroit globalement depuis les années 1980, du fait du durcissement des réglementations, voire de l’arrêt de certains de ses usages. Localement, l’estuaire de la Gironde et les pertuis charentais sont toutefois marqués par de fortes contaminations provenant d’anciens rejets industriels sur le bassin du Lot. »

Les engrais phosphatés

Désormais l'inquiétude porte sur les conséquences de l'utilisation d'engrais phosphatés. D'une part, leur fabrication peut impliquer de nouveaux rejets industriels toxiques, comme le montre l'enquête à Gabès de Radio France précédemment citée. D'autre part, ce fertilisant peut lui-même contenir du cadmium en grande quantité et passer dans les produits alimentaires qui font le quotidien des Français. Cet aspect apparait beaucoup plus tard dans les archives. Exemple en 2020, en Bretagne avec l'archive ci-dessous.

Etude sur les pommes de terre au cadmium
2020 - 02:14 - vidéo

Du cadmium était retrouvé dans des pommes de terre bretonnes. L'enquête de France 3 sur un petit échantillon de Bretons dévoilait une quantité plus importante que celle recommandée par l'ANSES de ce métal lourd chez 21 % des sondés. Le commentaire se montrait cependant rassurant : « Le seuil de toxicité du cadmium est de cinq microgrammes par gramme de créatinine, soit dix fois plus que la norme recommandée par l'ANSES. »

Une première étude de Santé publique France avait estimé l'imprégnation du cadmium dans la population française en 2006-2007, puis une seconde fois en 2014-2016. « Une sur-imprégnation était observée dans la population de l’étude Esteban par rapport aux autres pays européens et nord-américains. Les niveaux d’imprégnation par le cadmium en France en 2014-2016 en population générale chez les adultes étaient plus élevés par rapport aux niveaux en 2006-2007 », concluait Santé publique France. C'est notamment sur cette base que les médecins appellent aujourd'hui à une action de l'État.

"Comment s'organiser dans un monde instable ? "

Par Le 25/03/2026

Si vous avez davantage de temps ^^

Pour ma part, quand j'écoute des vidéos, j'augmente la vitesse dans les paramètres ^^ 

 

183 964 vues 2 nov. 2025 ✪ Priorité aux membres le 2 novembre 2025 GÉOPOLITIQUE

L'humanité entre dans une phase chaotique. Un monde instable. Pour Olivier Hamant, le monde va radicalement changer dans les années à venir. Notre monde, basé sur un climat stable, va en grande partie s'effondrer. L'économie globalisée, reposant sur des infrastructures, des transports, ou des technologies ultra-performantes va être violemment percutée par un climat chaotique comme par l'effondrement du vivant. Pour Olivier Hamant, le paradigme de la performance va être remplacé par celui de la robustesse.

Interview réalisée par Maxime Thuillez à l'Académie du climat Montage : Michael Granier

Olivier HAMANT, biologiste.

Par Le 25/03/2026

Encore une personne dont je regarde les publications car il a une vision très large de tous les problèmes inhérents à un futur incertain mais sa vision reste fondamentalement créatrice, compliquée dans les mises en forme mais positives dès lors qu'un mouvement de masse s'enclenche. Et à mon sens, tout le problème est là. Les résultats des écologistes aux municipales reflètent bien "l'intérêt" très modéré des Français envers l'écologie qui reste pour beaucoup une "écologie punitive" alors que c'est justement en niant l'écologie que l'humain se punit. Nous n'avons plus le choix et tous les retards qui seront pris compliqueront encore davantage la résolution des problèmes. Pour ma part, j'attends davantage des individus en tant que masse de citoyens que de l'ensemble de la sphère politique. Il vaut mieux cent mille "colibris" qui oeuvrent de leur mieux que cent "rapaces" qui gouvernent. 

 

21 571 vues 14 mars 2026 #ecologie #climat #futur

Dans cet extrait publié sur la chaîne de la Ville de Grenoble, le biologiste Olivier Hamant, directeur de recherche à l’INRAE, chercheur à l’École normale supérieure de Lyon et directeur de l’Institut Michel-Serres, décrit à quoi pourrait ressembler le monde en 2040. Il évoque la fin possible de l’agriculture intensive, la montée de l’agroécologie, les technologies réparables, les low tech, l’économie circulaire et les biomatériaux. Inspiré par la robustesse du vivant, il explique pourquoi nos sociétés devront s’adapter à un monde plus instable et repenser énergie, technologie, santé et modes de vie.

 

52 306 vues 21 mars 2026 #environnement #ecologie #nature

Conférence de Olivier Hamant, biologiste et directeur de recherche à l’INRAE, à l’Académie du Climat. Il explique pourquoi réduire la crise écologique au CO2 est une erreur et comment certaines solutions aggravent biodiversité, pollution et ressources. Il défend une approche centrée sur le vivant, l’agroécologie et la robustesse pour répondre aux enjeux climat, écologie et transition. Une analyse forte sur le climat, la biodiversité, le carbone, les batteries et les limites des solutions technologiques.

 

Magouilles "Trumpistes"

Par Le 23/03/2026

C'est important d'aller fouiller dans les archives quand on veut comprendre les réelles intentions de certains dirigeants de ce monde...Depuis le début du conflit Iran, Israël, USA, le pétrole a passé la barre des 100 dollars, une hausse tout aussi importante sur le gaz et je ne parle pas des sociétés d'armement. Maurel Prom, Exail technologies, Exosens, Dassault Aviation, Thalès, elles sont très nombreuses à avoir profité de la guerre.

"Profiter de la guerre", l'expression est monstrueuse mais on sait tous que c'est la réalité.

Je pourrais également parler de la vente à découvert, la fameuse "VADE" qui consiste à vendre un titre pour faire tomber sa valeur boursière et gagner à la baisse puis ensuite, quand une information positive tombe, profiter de ce cours boursier descendu très bas pour en racheter et enclencher la hausse. Des valeurs qui sont tombées bien en-dessous de leur valeur réelle, celle qui devrait refléter la bonne santé de l'entreprise, seront recherchées par les investisseurs.Tous les traders connaissent ce système. Je vous laisse imaginer les sommes stratosphériques que les financiers les plus proches de Donald viennent d'encaisser. Ces gens n'ont strictement aucune morale. Et ils sont au pouvoir. Et comme les "citoyens" leur ont donné tous pouvoirs, ils s'assoient sur les règles et s'enrichissent. Et les citoyens se réjouissent de vivre en "démocratie". LOL ^^ Est-ce qu'on a une idée du nombre de morts dans le conflit en cours ? Non, personne. Et les milliardaires comptent leurs sous. 

 

Trump se vante dans Oval Office que ses amis milliardaires ont fait un meurtre dans les actions après qu'il a tiré le bouchon sur les droits de douane

Mary Papenfuss à San Francisco

Vendredi 11 avril 2025 11:00 BST

https://www.independent.co.uk/news/world/americas/us-politics/trump-billionaire-profits-dropped-tariffs-b2731386.html

 

61Commentaires

Allez aux commentaires

Marque-page popover

Retiré des signets

Trump se vante de faire courir des pilotes que l'ami Charles Schwab a gagné $2bn du chaos boursier

À l'intérieur de Washington

Inscrivez-vous à l'e-mail quotidien Inside Washington pour une couverture et une analyse exclusives aux États-Unis envoyées à votre boîte de réception

Email*

Le président Donald Trump a joyeusement raconté combien d'argent ses amis milliardaires ont gagné sur le marché boursier après qu'il a soudainement suspendu la plupart de ses droits de douane mondiaux.

Les actions ont zoomé mercredi après que Trump a tiré le bouchon sur les tarifs.

« C’EST UN EXCELLENT MOMENT POUR ACHETER !!! » Il a exhorté à Truth Social peu de temps après l'ouverture du marché et avant de suspendre les prélèvements pendant 90 jours seulement quatre heures plus tard.

Les actions ont bondi de plus de 7% mercredi dans les minutes qui ont suivi son annonce suspendant le tarif pendant 90 jours. Le marché a finalement clôturé plus de 9% de plus.

Au bureau ovale de la Maison Blanche ce jour-là, Trump a pointé du doigt une paire de visiteurs milliardaires.

« Il a gagné $2,5 milliards, et il a gagné $900 millions! Ce n’est pas mal ! » Trump a déclaré, pointant vers l'investisseur financier Charles Schwab, puis le propriétaire de l'équipe NASCAR, Roger Penske. Les hommes faisaient partie d'un contingent d'invités en visite de notables de course.

Schwab est estimé à $12,9 milliards et Penske $5,6 milliards.

Bloomberg a rapporté que mercredi était le « meilleur jour de tous les temps » pour les milliardaires alors que les personnes les plus riches du monde ratissaient $304 milliards alors que les marchés remontaient en puissance.

Les mannes de mercredi ont déclenché des accusations de manipulation du marché et même de délit d’initié, alors que les critiques de Trump accusaient le président de faire basculer ses amis bien talonnés pour acheter, sachant qu’une suspension des tarifs sur sa commande stimulerait les cours des actions.

Le démocrate de Californie Adam Schiff demande une enquête du Congrès.

Le sénateur démocrate de l’Arizona, Ruben Gallego, s’est joint à Schiff pour signer une lettre envoyée à la Maison Blanche jeudi matin pour « demander une enquête urgente sur la question de savoir si le président Trump, sa famille ou d’autres membres de l’administration se sont livrés à des transactions d’initiés ou à d’autres transactions financières illégales » avec une connaissance approfondie des informations non publiques sur le changement de politique tarifaire.

Un porte-parole de la Maison Blanche a accusé les démocrates de jouer à des «jeux partisans» après des appels à une enquête.

La résonance

Par Le 22/03/2026

 

La résonance, ce n’est pas fusionner avec la nature.
C’est cesser de se croire séparé d’elle.

Depuis combien de temps l'humanité s'est-elle fourvoyée ? Depuis combien de temps considère-t-elle la nature comme un espace à exploiter, à contrôler, à transformer, à comprendre non pas pour la protéger mais pour l'assujettir.

Je sais que je me suis déjà posé la question, que j'ai déjà écrit là-dessus mais je ne sais plus quand ni encore moins le titre de l'article. C'est déprimant d'ailleurs de voir que je me pose sempiternellement les mêmes questions au regard des mêmes constats.

Rien ne change.

Le ministère de l'écologie est une aberration, parler d'environnement est une absurdité, classifier les espèces selon leur côté utile ou nuisible est une abomination. La nature ne nous entoure pas, nous sommes aussi de la nature et c'est parce que nous nous sommes extraits de ce "Réel" que nous considérons notre "réalité" comme juste. Non, notre réalité est une fausse route.

Le ministère de l'écologie, de la nature, de la transition écologique ou n'importe quel autre nom qu'on donne à cette entité ne sera jamais que la continuité d'une démarche spirituelle obsolète mais que les gouvernants et une bonne partie de l'humanité s'acharnent à péréniser. Il ne s'agit pas de chercher à fusionner avec la nature mais de prendre conscience que, fondamentalement, nous ne pouvons pas être séparés d'elle. Et c'est parce que, intellectuellement, nous nous sommes persuadés que nous lui étions supérieurs que nous nous condamnons en même temps qu'elle. 

 

LE DESERT DES BARBARES

Extrait

« Nous sommes la Terre et la Terre est ce que nous sommes, reprit Tim, avec une voix déterminée, une intonation appuyée.

- Qu’est-ce que tu veux dire ?

- Tant qu’il y a aura l’idée d’un ministère de l’environnement, quel que soit son nom, c’est que les humains n’auront toujours rien compris. Il n’y a pas nous d’un côté et la Terre de l’autre. Il y a nous, Terre et humains, dans une même entité, englobée par la galaxie, elle-même englobée par l’univers. Et tout ça forme un tout. Les humains exploitent la Terre sans aucune modération parce que les humains s’exploitent eux-mêmes sans aucune modération depuis des siècles mais maintenant la dégradation spirituelle des humains a des effets sur la vie spirituelle de la Terre.

- La vie spirituelle de la Terre ? reprit Francis, dubitatif.

- Je t’ai dit il y a quelques temps que mes travaux personnels n’entrent pas dans la logique cartésienne et dans l’esprit formaté des humains. Je suis au-delà. Est-ce que tu veux vraiment que je continue ?

- Oui, je t’écoute, désolé, je ne t’interromps plus.

- La Terre est un être vivant, les anciens grecs l’appelaient Gaïa. Elle est dotée d’ondes, des vibrations, une fréquence électromagnétique, imagine des vagues qui enveloppent la planète, des vagues de pulsations, on ne les voit pas mais on sait les enregistrer, c’est ça la résonance de Schumann dont je t’avais parlé. C’est le nom du scientifique qui les a identifiées et ça date des années 1960. »

Tim était parti dans son univers, Francis le sentait, un débit mesuré mais une voix affirmée, un esprit délié, une parfaite connaissance de son sujet. Il émanait de lui un plaisir évident, une forme de joie profonde qui le transformait et le rendait passionnant. Il rappelait à Francis un professeur d’université qu’il avait beaucoup apprécié.
 

« La Terre émet des ondes et notre cerveau entre en résonance avec ces ondes. Les humains sont des antennes cosmo-telluriques. Les animaux également et les plantes. Tout ce qui est animé par la vie. Nous sommes tous dans un état de perception des phénomènes électromagnétiques de la Terre. Le cerveau, lorsqu’il est en mode d’ondes alpha, est particulièrement réceptif. Pendant la méditation par exemple. Ou dans l’usage de drogues pour d’autres, le LSD particulièrement, quand on sait s’en servir, bien évidemment. Tout ça se passe dans l’ionosphère et bien que l'existence de la résonance de Schumann soit un fait scientifique établi, il y a très peu de scientifiques qui sont conscients de l'importance de cette fréquence mais ça n’a rien d’étonnant. Le développement de cette connaissance balayerait une bonne partie de l’industrie pharmaceutique. C’est toujours pareil. On ne trouve que ce qu’on cherche et pas grand-monde n’explore cet espace parce que financièrement, ça ne serait pas rentable et ça contesterait très fortement l’hégémonie de la médecine allopathique. Ces découvertes ont été reprises par d’autres scientifiques en 1979. Tu imagines le temps perdu. Et ça n’est pas parce que ça ne tenait pas debout mais uniquement parce qu’il n’y a pas de subventions pour des études qui ne rapporteraient pas dix fois ce qu’elles ont coûté.

- Et donc, toi, tu as repris tout ça ?

- Oui, mais sans en parler. Je profite de mon job. Le gouvernement met à ma disposition tout ce que je demande. Je leur file ce qui les intéresse et je garde le reste.

- Bon, et c’est quoi le problème avec cette résonance ?

- Tu as entendu parler des orages dernièrement ?

- Oui et j’en ai même connu certains, des phénomènes surpuissants.

- Pas grand-chose puisque tu es toujours en vie.

- Ah, oui, d’accord. Et donc ?

- Depuis plusieurs mois la recrudescence des orages et leur ampleur est reconnue par tous les organismes chargés de les enregistrer. Partout sur la planète et plus étrange encore à des périodes inhabituelles. L’ionosphère se charge de l’énergie propagée par les éclairs. Le niveau vibratoire s’amplifie. La résonance n’est plus de 7,83 hertz mais aux environs de 30. Les scientifiques qui bossent là-dessus ont des explications rationnelles. Moi, j’en ai une autre. Mais il faut que je t’explique en détail le phénomène pour que tu comprennes bien mon hypothèse. 

- Ah, parce que là, tu n’as pas encore expliqué ?

- T’es un marrant. J’ai à peine commencé. Tu crois peut-être que je vais te résumer dix ans de mes recherches en trois phrases ?

- Ouais, évidemment. Vas-y, je t’écoute. »

Le détroit d'Ormuz

Par Le 22/03/2026

Inutile de présenter Jean-Marc Jancovici. 

Cyrus Farhangi est moins connu du grand public.

Pour ma part, je lis attentivement tout ce qu'il publie. Tout comme le fait JM Jancovici.

La qualité, ça se partage. 

 

Jean-Marc Jancovici 

dntorseSpo127l496i8tam1g70m57ci6mc655c8alg6c62h3lc59i05gh g7  ·

"Le nerf de la guerre n’est pas comme on le dit parfois abstraitement de contrôler le détroit d’Ormuz — mais bien d’assurer la sécurité de navigation le long d’un rail de plus de 1500 kilomètres de long, et dans une zone maritime de plus de 200 000 kilomètres carrés, jamais située à plus de 100 kilomètres de la menace."

Un extrait instructif parmi d'autres de cet article de Stéphane Audrand, permettant de comprendre la difficulté à securiser le trafic maritime dans le Golfe persique. Difficulté géographique mais également militaire, l'article faisant le tour des nombreux avantages asymétriques de l'Iran, avant de conclure sur les leviers d'action pour sécuriser à nouveau le trafic.

https://legrandcontinent.eu/.../17/tactique-bataille-ormuz/ (cliquer sur le lien)

 

Crise après crise

Par Le 21/03/2026

Crise après crise, rien ne change

J'avais regroupé dans la rubrique des "THEMES" les articles évoquant les périodes de crise. Certains articles ont plusieurs années. Il doit certainement en manquer. Je ne suis pas assez rigoureux dans mes archives. En mêmes temps, avec plus de 5000 articles, je m'y perds un peu.

THÈME : Crise (12)

Je pense en fait que les peuples ne veulent pas entrer dans la phase de deuil, ce deuil qui consisterait à reconnaître, à valider, à accepter que notre monde "moderne" est en soins palliatifs et qu'il serait temps, grandement temps, d'anticiper sur l'après. Car il y aura un après.  

Cet article date de 2021. 

Crise et processus de deuil

Par

Le 07/02/2021

0 commentaire

Si je mets ce processus en ligne, c'est parce qu'à mon avis, c'est ce que l'humanité vit déjà et va connaître dans les décennies à venir au regard du paradigme consumériste et de croissance infinie. Nous sommes dans les premières phases, à des degrés divers, selon les individus.

"Celui qui croit qu'une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou ou un économiste". Kenneth Boulding (économiste américain (1910-1983)

Chacune de ces étapes peut être utilisée dans le cadre de la dégradation de la biodiversité, de toutes les atteintes à la vie, et elles sont aujourd'hui planétaires. 

Tous ceux qui refusent de l'admettre contribuent en fait à l'accélération du processus. Ceux-là sont dans le "déni". Ils constituent le "moteur" de la croissance, un carburant dont se servent les instances dirigeantes. Je l'ai écrit maintes fois : les responsables ne sont pas à chercher en haut de la pyramide mais à sa base. 

D'autres, ceux qui cherchent à savoir et refusent de se voiler la face, sont dans la phase de "choc".

D'autres sont entrés dans la "sidération".

Beaucoup, je l'ai dit, sont donc figés dans le "déni."

D'autres sont entrés dans le domaine de la "colère." Ceux-là agissent. Autant qu'ils le peuvent. Il ne s'agit pas de tout brûler et de prôner la guerre civile ou la révolution ou la pendaison de tous les instigateurs du "système". Nous sommes tous "le système" dès lors que nous n'avons conscience de rien.  

La "résignation", la "dépression", on voit de plus en plus d'individus qui en sont frappés. Il ne s'agit pas de "dépression évènementielle" liée aux aléas de l'existence mais d'une dépression générée par un état des lieux planétaire. C'est ce qu'a vécu Greta Thunberg par exemple. 

Il n'y a pas d'évolution planifiée et régulière mais des phases de retour puis des progressions. Comme des vagues, des flux et reflux mais la progression continue, chaotique pour certains, progressive pour d'autres. Ou inexistante pour beaucoup. 

J'ai longtemps alterné entre les phases d'abattement et de colère.

J'ai le sentiment aujourd'hui d'être parvenu à ce fameux "fatalisme", le lâcher-prise, le fameux "agir dans le non-agir" asiatique qui permet de gérer les émotions. Et de construire.

 

 

 

Étapes du deuil

Les travaux d'Elisabeth Kübler-Ross font retenir cinq étapes d'un deuil.

Le choc ou la sidération

Le terme de sidération peut tout à fait convenir pour qualifier la réaction de la personne face à l'information. Selon les personnalités, cette réaction peut se traduire par une grande agitation ou une paralysie. C'est ce que nous nommons un choc.

Le déni

Ensuite, à ce premier état va s'ajouter le refus de croire l'information. Arguments et comportements de contestation, rejet de l'information apportée et vécue comme choquante. Une discussion intérieure ou/et extérieure peut porter sur la vraisemblance de l'évènement annoncé : - Ce n'est pas vrai, pas possible…

La description de ce moment est succincte, mais il ne faut pas croire que cette brièveté signifie que l'état n'est pas important. Il arrive que des personnes restent bloquées dans cet état… ou qu'elles y reviennent, comme dans un refuge. C'est ce que nous nommons le déni.

La colère

La personne est confrontée à la vérification entêtante de l'authenticité de l'information. Son état va se complexifier avec des attitudes de révolte, tournée vers soi et les autres. Les intensités sont variables, selon l'amplitude du système affectif de la personne. Dès lors, la pensée de la personne se nourrit de fortes contradictions. Elle peut passer de l'accusation à la plus grande considération. Emportée par des réactions paradoxales liées à son système de fonctionnement et à ses interactions, elle peut être entraînée dans le plus grand mutisme ou aller dans une volubilité incontrôlable. Elle vit de la même manière des sentiments de culpabilité. Elle intériorise ou / et exprime toutes sortes de critiques, de jugements.

La personne est dans des états hors de soi. Des pulsions de vengeance peuvent ainsi la pousser à avoir des comportements qu'elle ne comprend pas elle-même. Confrontée à l'impossibilité d'un retour à la situation dont elle doit faire le deuil, la personne vit avec incompréhension une répétitivité de la cause du deuil. Elle subit ses propres reproches, ses remords, ses ressentiments, des dégoûts, de la répulsion. Elle se bat et se débat. Elle peut agir de manière déroutante pour autrui. Tout en elle cherche à ne pas "plonger". Selon ses ressources, elle va agir en séduction ou en agression. Mais tout semble la ramener sur le sujet qui l'obsède. C'est la colère animée par une sorte de disque rayé et parfois une frénésie compensatoire pour contrecarrer l'éventuel sentiment de rejet ou de dévalorisation.

L'abattement, la tristesse jusqu'à la dépression

La tension violente que peut provoquer l'état de colère, entretenu malgré soi, peut engendrer un épuisement organique. Mêlant tout à la fois le choc initial, le déni et la colère, la personne peut en arriver à vivre un abattement, plus ou moins profond.

La personne subit un état de résistance à la soumission. Une guerre en soi, avec le sentiment déchirant d'une guerre perdue d'avance. Cet état peut aller jusqu'à la dépression, laquelle peut se caractériser par des douleurs physiques, maux de tête, de ventre, douleurs dans le dos, courbatures, ainsi que des attitudes et comportements suicidaires. Néanmoins, l'ensemble interagissant des états internes peut lui faire revivre les émotions et les comportements antérieurs. Elle devient ici particulièrement "difficile à vivre". Le plus souvent, elle est dans la fuite intérieure et parfois extérieure, avec des tentatives dispersées, imprévisibles, de recherche du retour - que nous pourrions désigner comme des régressions dans les divers états vécus depuis le début du processus. Cet état qui se développe pour arriver parfois à des points culminants de la dépression et de destruction peut être exprimé de manière paradoxale : dramatique en soi et non exprimé vis-à-vis des autres. Sa durée n'est pas liée à l'intensité des sentiments que la personne éprouvait pour le tiers. C'est au moins en tout cas un état de désespérance qui peut s'estomper, mais rarement disparaître soudainement.

La résignation

La résistance de l'organisme peut ensuite conduire la personne vers l'abandon de cette lutte au cours de laquelle elle peut avoir le sentiment d'avoir tout essayé pour revenir à la situation perdue. Elle peut parfois se réfugier dans l'étape du déni. C'est le cas de ces personnes qui mettent le couvert des personnes décédées (ou parties). Le plus souvent, suivant cette "boucle infernale", elle en arrive à un véritable abandon. Parfois dépressive, parfois redevenant sociable, la personne se laisse porter par le déroulement de la vie. Elle n'a aucune visibilité de ce qu'elle peut faire. Elle agit au gré des circonstances, selon ce à quoi la renvoie l'évènement auquel elle est confrontée. C'est la résignation. Mais cette résignation peut se composer de soumission ou de rejet.

L'acceptation fataliste

Le précédent état a provoqué une relative ouverture. Le caractère obsédant de la cause du deuil s'estompe. C'est la vie. L'heure est au fatalisme. Il arrive encore que la personne manifeste des états antérieurs. L'intensité est plus faible. Les périodes d'abattement sont moins longues. Elle conçoit quelques projets. C'est l'acceptation. Ce contexte interne est fortement entretenu dans nombre de cultures, avec la fatalité, l'attente du revers de la fortune, la volonté de dieu.

L'accueil ou la résilience

accueil - intégration de l'expérience, construction, anticipation, projection. La cause du deuil devient un souvenir.

Pourquoi n'est-il pas plus simple de bien prendre les choses tout de suite ? La question est vaine. Le passé est devenu un héritage d'existence, le présent se vit de manière relativisée et en fonction de projets et d'un regard agréable de l'existence. Ce qui était cause de souffrance est devenu une ressource en soi, apaisement, sourire, voire un "merci" d'expérience… Il s'est opéré une transformation qui n'a rien à voir avec la relativisation de l'étape précédente. Une transformation bénéfique, non un lissage d'expérience de vie. C'est l'étape nommée résilience, terme popularisé en France par l'éthologue Boris Cyrulnik.

Mais lorsque l'on ne connaît pas ce positionnement, il est inimaginable.

Les engrais verts

Par Le 21/03/2026

Sur l'intégralité de notre terrain, potager et verger, on place des "negrais verts", les fixateurs d'azote et bien évidemment, on récupère également notre urine pour "nourrir" le sol en plus du compost, du broyat, de la paille et du foin. Un sol doit toujours être "couvert". Rien ne se perd, tout se transforme. Des choses simples, efficaces, naturelles. 

 

Flambée du prix des engrais : “Je ne suis pas du tout impacté par le contexte international”, nous explique cet agriculteur

Vincent Marrand est un producteur de céréales installé à Gerzat, près de Clermont-Ferrand.

Vincent Marrand est un producteur de céréales installé à Gerzat, près de Clermont-Ferrand. • © Vincent Marrand

Écrit par Catherine Lopes

Publié le11/03/2026 à 06h00

Temps de lecture : 6 min

Auvergne-Rhône-Alpes

Le blocage du détroit d’Ormuz engendre des perturbations sur le marché des engrais. En France, la hausse des prix des intrants inquiète les agriculteurs. Pour le moment, les agriculteurs bio ne sont pas touchés par ces fluctuations. Ils n’utilisent pas d’engrais azotés. Un céréalier du Puy-de-Dôme s’estime privilégié. 

L’actu des régions

Chaque jour, un tour d’horizon des principales infos de toutes les régions.

votre adresse e-mail

France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "L’actu des régions". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Depuis les premières frappes israéliennes et américaines sur l’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, on a beaucoup parlé des conséquences sur le commerce du pétrole et du gaz. Un peu moins du marché des engrais. Le secteur agricole est aussi inquiet. Le marché des engrais, lié aux fournitures d’urée et d’ammoniac, est lui aussi touché par le contexte international. En effet, 33 % du commerce mondial transite par le détroit d’Ormuz. La majorité des engrais utilisés dans l’agriculture actuelle sont faits à base d’urée. Pour cela, il faut de l’ammoniac et pour l’obtenir, du méthane est nécessaire.

La production d’engrais se fait majoritairement dans le golfe persique, où l’accès au gaz naturel est moins cher. C’est pourquoi beaucoup d’usines de transformation du gaz se sont implantées dans la zone. Dès les premiers bombardements en Iran, l'urée, principal fertilisant utilisé, est passée de 505 à 580 euros la tonne. En France, les dirigeants de la FNSEA ont fait part de leurs craintes face à l’inflation des prix des engrais.

Pas d'engrais chimiques

Vincent Marrand, agriculteur bio à Gerzat, près de Clermont-Ferrand, au domaine de Villevaud, semble serein. Il produit du blé, de l'orge, du maïs, du tournesol, du soja, des féveroles, du lin, de la cameline, des pois chiches, des lentilles et du petit épeautre. Son exploitation fait 200 hectares. Il est passé au bio en 2020. Il raconte : “Je ne suis pas du tout impacté par le contexte international et le cours des engrais azotés, car je n’en utilise pas. J'ai fait le choix de passer en bio, pas pour cette raison, mais j'arrive à faire pousser mes céréales sans engrais chimiques”.

Il utilise la rotation des cultures comme moyen de substitution. L’agriculteur détaille comment il fonctionne : “Je place des légumineuses dans mes cultures, comme la féverole, le pois chiche, la lentille et la luzerne. Ce sont des plantes qui rejettent naturellement de l’azote dans le sol par leurs racines”.

Des économies réalisées

Vincent apporte également du fumier, qu’il échange contre de la paille de blé auprès d’un agriculteur de Sauxillanges. Il ajoute : “Je réalise aussi des économies par rapport à l’époque où j’étais en agriculture conventionnelle et où j’utilisais des engrais. Mais je n'ai pas le même modèle économique qu'un conventionnel qui ferait du blé avec de l'engrais. Je le fais en bio et je ne vise pas les mêmes rendements”. Vincent savoure les conséquences du choix de l’agriculture biologique : “Aujourd'hui, je n'ai pas le stress de savoir si j'ai acheté mon engrais au bon moment, si c'était le bon prix. Je ne suis pas embêté avec ça”.

Des conséquences en cascade

Bio 63 est une association de développement de l’agriculture biologique qui regroupe des producteurs, des personnes morales, des transformateurs, des magasins bio et des citoyens. Nathanaël Jacquart en est le coprésident. Il explique pourquoi son secteur est protégé de ces fluctuations internationales : “L’agriculture bio est un peu à l’abri. On est très peu dépendants de l’azote minéral, qui est l’azote issu du pétrole. L’azote minéral est interdit en agriculture biologique, dans le cahier des charges”.

Mais l’agriculture bio n’est pas totalement épargnée : “Toutes les autres sources d’azote sont liées à ces cours de l’azote minéral mondial. La demande initiale sur l’azote en agriculture conventionnelle peut se reporter sur les autres sources d’azote et peut faire mécaniquement monter les prix”. Le cours du fumier pourrait ainsi augmenter. “Il n'y a pas d'augmentation réelle pour l'instant, mais en tout cas, c'est le risque”, prévient Nathanaël Jacquart.

Le rôle des engrais verts

En agriculture biologique, les agriculteurs peuvent acheter du fumier à un voisin ou à d’autres producteurs proches. Par exemple, dans la plaine de la Limagne, il existe un système d’échanges. Les agriculteurs peuvent aussi utiliser du fumier déshydraté, acheté en sacs. D’après le coprésident de Bio63, le fumier épandu est à environ 16 euros la tonne. L’agriculture biologique dispose d’un autre levier, les engrais verts. Nathanaël Jacquart détaille comment cela fonctionne : “On sème de l'engrais vert, par exemple, en septembre. Ce sont différentes sortes de plantes, soit en mélange, soit pur : cela peut être une légumineuse ou des céréales, par exemple, mais qui ne vont pas être récoltées, mais qui vont être broyées, et réincorporées au sol”. Cela constitue une source de carbone, quand il s’agit de céréales. Quand il s’agit de légumineuses, ces dernières captent l’azote de l’air. Les agriculteurs bio misent beaucoup sur les rotations d’engrais verts positionnés entre deux cultures. Nathanaël Jacquart rappelle : “Avec cela, on est beaucoup plus indépendants de tous ces cours mondiaux. C’est une vraie force de l’agriculture biologique”.

Un argument de poids

Cette relative indépendance vis-à-vis des cours mondiaux peut constituer un argument qui permet de convertir des agriculteurs de passer à l’agriculture biologique. Nathanaël Jacquart insiste : “Cela pourrait être un élément déclencheur. Certains vont peut-être se dire que c’est le moment de sauter le pas”. En revanche, sur la question du GNR, gazole non routier, les agriculteurs bio ne sont pas épargnés. Le prix a quasiment doublé en quelques jours, passant de 800 euros les 1000 litres à 1400 euros. Dans un avenir proche, Vincent Marrand, agriculteur à Gerzat, se dit plus préoccupé par l’envolée du prix du GNR : “C'est vraiment le poste le plus inquiétant. Pour le moment, je le stocke dans des citernes mais d’après ce que j’ai compris, cela va augmenter”. Avec l’arrivée du printemps et le redémarrage des travaux des champs, cette hausse du prix du GNR va être ressentie encore plus durement.

Approvisionnement en engrais chimiques

Par Le 21/03/2026

Tous ceux et celles qui pratiquent la permaculture connaissent l'importance considérable des fixateurs d'azote... Cette crise met en avant l'usage immodéré des engrais chimiques et encore une fois, on peut commencer à parler d'une crise utile. 

 

Comment la guerre au Moyen-Orient a fait exploser les prix des engrais et sème le chaos dans les champs

 

Article rédigé par Marie-Adélaïde Scigacz

France Télévisions

Publié le 21/03/2026 07:05

Temps de lecture : 7min Un agriculteur procède à l'épandage d'engrais dans un champs de colza, à Neuensien, en Allemagne, le 18 mai 2017. (JENS BUTTNER / AFP)

Un agriculteur procède à l'épandage d'engrais dans un champs de colza, à Neuensien, en Allemagne, le 18 mai 2017. (JENS BUTTNER / AFP)

Du détroit d'Ormuz aux plaines céréalières de l'Hexagone, les impacts du conflit sur le prix du gaz – et donc des engrais – interrogent sur la dépendance de l'agriculture française aux engrais azotés de synthèse.

"Si le conflit au Moyen-Orient se poursuit jusqu'en juin, 45 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans l'insécurité alimentaire aiguë." Le directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial des Nations unies, Carl Skau, a sonné l'alerte mardi 17 mars. En raison de la hausse des prix de l'énergie, mais aussi des engrais produits en grande partie dans les pétromonarchies du Golfe, la faim dans le monde menace.

Qu'ils soient organiques (issus du fumier ou du lisier des élevages) ou synthétiques, les engrais azotés visent, en quelque sorte, à "nourrir notre nourriture". Les plantes cultivées à destination de l'alimentation humaine ou animale en ont toutes besoin pour se développer, fabriquer des protéines, etc. A l'exception des légumineuses, toutes puisent une partie de l'azote dont elles ont besoin dans les sols.

"Mais en général, cette offre du sol ne suffit pas pour obtenir des rendements élevés", explique Sylvain Pellerin, directeur de recherche à l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae). "C'est pour ça que l'on complète cette offre du sol par des apports d'engrais." Or, la guerre qui enflamme le Moyen-Orient depuis le 28 février sème le chaos dans la production et l'exportation de cette précieuse ressource.

Une production énergivore

Pour produire des engrais de synthèse, il faut pouvoir fabriquer de l'ammoniac. Et pour pouvoir fabriquer de l'ammoniac ? Il faut du gaz. Beaucoup de gaz. "Pour fixer l'azote de l'air et le transformer en ammonium, le processus chimique est extrêmement énergivore", explique Alain Carpentier, chercheur à l'Inrae. Puisqu'il n'existe pas à ce jour de technologie mature pour produire des engrais de manière décarbonée, les pays qui disposent de grande quantité de gaz, comme les pétromonarchies du Golfe, l'Iran ou encore la Russie, dominent ce marché.

Jusqu'à 30% des engrais commercialisés transitent habituellement par le détroit d'Ormuz, estime l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture(Nouvelle fenêtre) (FAO). Mais avec la fermeture de ce passage stratégique depuis près de trois semaines et les frappes répétées (américaines, israéliennes ou iraniennes) contre les infrastructures pétrogazières du Moyen-Orient, il devient de plus en plus compliqué de se fournir, alerte l'agence onusienne.

Si certains pays sont capables d'assurer une partie de la production sur leur territoire – y compris la France, qui produisait en 2022 environ un tiers de ses besoins(Nouvelle fenêtre) – encore faut-il pouvoir importer du gaz pour faire tourner ces usines qui produisent ces engrais. En trois semaines de conflit, le prix du gaz naturel liquéfié a bondi de 35%.

"On estime que les prix mondiaux des engrais pourraient augmenter en moyenne de 15 à 20% au cours du premier semestre 2026 si la crise persiste."

L'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO)

dans une note datée du 15 mars

Selon une note(Nouvelle fenêtre) publiée par le cabinet Global Sovereign Advisory, "les pays qui produisent des engrais à partir de gaz importé du Golfe sont déjà contraints de réduire leur production (Pakistan, Inde, Bangladesh) ou de limiter leurs exportations afin de protéger leur marché intérieur (Chine)". Alors que s'ouvre la période des semis de printemps dans tout l'hémisphère nord, le gouvernement américain a pour sa part annoncé qu'il autorisait désormais l'importation d'engrais en provenance du Venezuela.

Plus de coûts ou moins de rendement ?

Tensions sur les marchés, hausse des prix... Si la crise venait à durer, tous les agriculteurs dont les cultures dépendent de ces intrants seront touchés, y compris ceux qui ne se fournissent pas au Moyen-Orient. Pour un céréalier ou un producteur de pommes de terre ou de betteraves, "les engrais représentent 30% des charges opérationnelles", a rappelé Yannick Fialip, président de la commission économique de la FNSEA, sur franceinfo. Selon lui, une multiplication par deux du prix des engrais azotés représenterait "une hausse qui peut avoisiner 15 à 20 000 euros [annuels] de plus par exploitation".

Heureusement, "plus de 80% des besoins en fertilisants pour la campagne agricole actuelle 2025-2026 ont déjà été couverts", rassure France Fertilisants, l'union des industries de la fertilisation, dans un communiqué(Nouvelle fenêtre). Pour ceux qui, comme Fabrice Berge, n'avaient pas encore fait le plein d'engrais, la facture est d'ores et déjà douloureuse. Pour sa parcelle de tournesols, ce céréalier de la Vienne rencontré par France 2 déplore un surcoût de 2 300 euros.

La veille, en Côte-d'Or, Driss Jacquet faisait le calcul : +12 000 euros pour son exploitation qui utilise chaque année environ 300 tonnes d'engrais. "Quand on a vu les prix partir à la hausse, on a décidé de sécuriser notre prix d'achat à 450 euros la tonne auprès de notre fournisseur, mais on avait déjà pris 40 euros par rapport à ce qu'on avait budgétisé", raconte le céréalier à France 3(Nouvelle fenêtre).

Les craintes concernent surtout l'année prochaine, assure Alain Carpentier. "En cas de forte hausse des prix, deux possibilités s'offrent aux agriculteurs : réduire la surface des cultures gourmandes en azote ou réduire les rendements", résume-t-il. Bref, produire moins.

"Un agriculteur qui vise un rendement de 9,5 tonnes de blé à l'hectare utilise à peu près 200-230 kg d'engrais à l'hectare. Si le prix est trop élevé par rapport à celui auquel il vendra son blé, ce sera trop cher d'aller chercher cette dernière tonne. Il préfèrera viser un rendement à 8,5 tonnes."

Alain Carpentier, chercheur à l'Inrae

à franceinfo

Là encore, le marché dictera la marche à suivre. Celui du gaz, mais aussi celui du maïs, du blé, de l'orge, etc. "Tout va dépendre du ratio entre le prix auquel ils peuvent acheter les engrais et celui auquel ils peuvent vendre leurs récoltes", note le chercheur.

Des alternatives à développer

Agriculteur dans le Puy-de-Dôme, Vincent Marand ne se préoccupe plus du prix des engrais azotés de synthèse. "J'ai fait le choix de passer en bio, pas pour cette raison, mais j'arrive à faire pousser mes céréales sans engrais chimiques", confie-il à France 3(Nouvelle fenêtre).

"Je place des légumineuses dans mes cultures, comme la féverole, le pois chiche, la lentille et la luzerne. Ces plantes rejettent naturellement de l'azote dans le sol par leurs racines."

Vincent Marand, agriculteur bio

à France 3

S'il vise des rendements moindres que ses confrères qui travaillent de manière conventionnelle, il assure s'y retrouver avec cet autre modèle économique. Surtout en ces temps troublés. En 2022 déjà, la hausse du prix du gaz à cause de la guerre en Ukraine avait fait exploser le prix des engrais azotés de synthèse.

"Contrairement au pétrole, le secteur des engrais ne dispose pas de réserves stratégiques coordonnées à l'échelle internationale", rappelle ainsi la FAO. Pour faire face à ces chocs, la "Ferme France" doit "réfléchir à ce qu'elle peut faire pour réduire sa demande en engrais", estime Alain Carpentier. A commencer par "développer la production de légumineuses". Ces cultures (comme le soja, les lentilles, le pois...) ne nécessitent pas d'engrais et contribuent à fixer l'azote dans le sol. Mais dans un pays qui a fait le choix de l'élevage et des céréales, elles restent "peu valorisées sur les marchés" et "manquent encore de débouchés", constate Lucile Rogissart, spécialiste de la transition agricole à l'Institut de l'économie pour le climat (I4CE).

Une autre solution serait d'optimiser l'utilisation des engrais organiques, en rapprochant les animaux des cultures alors que "les élevages sont de plus en plus concentrés territorialement". Les spécialistes évoquent encore d'autres possibilités pour l'avenir, plus ou moins simples à mettre en place, coûteuses, ambitieuses ou abouties. Parmi celles-ci : manger des lentilles plus souvent (et surtout moins de protéines animales), construire des "pipelines à lisiers" pour transporter les engrais organiques entre les territoires, favoriser la production d'engrais au sein de l'UE à travers le mécanisme de marché carbone ou valoriser l'urine humaine comme fertilisant.

Approvisionnement en hélium

Par Le 12/03/2026

Le détroit d'Ormuz, ça ne concerne pas que le pétrole.

Le téléphone de Donald doit beaucoup sonner. 

 

"Samsung et SK Hynix sont en alerte maximale.

Plus d'hélium. Plus de semi-conducteurs. Plus de téléphones. Plus d'IA. Plus d'avenir.

Les navires transportant de l'hélium ont cessé de circuler dans le Golfe.

Voici comment tout bascule, étape par étape :

1- L’hélium est utilisé pour refroidir les équipements de fabrication de semi-conducteurs.

2- Sans lui, les usines de semi-conducteurs sont à l’arrêt.

3- Il n’existe aucun substitut à l’hélium dans ce processus.

4- La plupart des navires transportant de l’hélium via le Golfe sont désormais menacés.

5- La Corée du Sud produit 60 % des puces mémoire mondiales.

6- Samsung et SK Hynix fournissent Apple, Nvidia, Tesla et toutes les entreprises d’IA du monde.

Et maintenant, observez l’effet domino :

1- Les livraisons d’hélium s’interrompent.

3- La production des usines de semi-conducteurs ralentit en quelques jours.

4- Nvidia ne trouve plus de puces mémoire.

5- Les centres de données d’IA ne trouvent plus de GPU.

6- Apple ne peut plus fabriquer d’iPhones.

7- Tesla ne peut plus fabriquer de voitures.

8- Tous les serveurs cloud, tous les ordinateurs portables, tous les appareils intelligents sont retardés.

9- L’industrie des semi-conducteurs, un secteur de 600 milliards de dollars, est paralysée.

Et il ne s'agit pas seulement d'hélium. Il y a aussi du néon, du palladium, et tous les gaz rares qui transitent par le Golfe et la mer Rouge.

L'Iran n'a pas eu besoin de tirer un seul missile sur une usine de semi-conducteurs.

Il lui a suffi de rendre les voies maritimes impraticables." 

AfricaFoodResearch Review

 

Le blocus du détroit d'Ormuz réduit de 33% l'approvisionnement mondial en hélium, menaçant les fabricants de puces

Edgen StockEdgen Stock·Mar 10 2026, 02:17

 

https://www.edgen.tech/fr/news/stock/strait-of-hormuz-blockade-cuts-33-of-global-helium-supply-threatening-chipmakers

Points Clés

Un blocus du détroit d'Ormuz, provoqué par un conflit, a interrompu la production d'hélium au Qatar, déclenchant une grave crise d'approvisionnement pour l'industrie mondiale des semi-conducteurs. Cette perturbation supprime un tiers de l'approvisionnement mondial en hélium, un gaz essentiel pour le refroidissement des plaquettes de semi-conducteurs pendant la fabrication, exerçant une pression immense sur les principaux centres de production comme la Corée du Sud.

Choc d'approvisionnement mondial : Trois grandes installations d'hélium au Qatar ont cessé leurs opérations, retirant instantanément environ un tiers de l'approvisionnement mondial en hélium du marché.

Goulot d'étranglement des semi-conducteurs : L'industrie sud-coréenne des puces fait face à une perturbation critique, car elle s'approvisionne en 64,7% de ses importations d'hélium auprès du Qatar, exposant une vulnérabilité majeure de la chaîne d'approvisionnement.

Pressions sur les coûts imminentes : Bien que les entreprises utilisent les stocks existants, un conflit prolongé de plus de deux semaines pourrait créer des mois de chaos dans la chaîne d'approvisionnement, entraînant des augmentations de coûts significatives et des retards de production.

Le blocus du détroit d'Ormuz réduit de 33% l'approvisionnement mondial en hélium, menaçant les fabricants de puces

Le Qatar arrête sa production, 33% de l'approvisionnement mondial en hélium supprimé

 

Un conflit en Iran a déclenché un blocus du détroit d'Ormuz, forçant le Qatar à fermer ses trois installations de production d'hélium. Cette mesure a brusquement réduit l'approvisionnement mondial en hélium d'environ un tiers, provoquant des ondes de choc dans les industries dépendantes de ce gaz critique. L'hélium est un composant irremplaçable dans la fabrication de semi-conducteurs, où il est utilisé pour le refroidissement des plaquettes. Ce choc d'approvisionnement, combiné à une flambée des prix du pétrole à 111 dollars le baril, soulève de sérieuses inquiétudes quant à l'augmentation des coûts de production et à la stabilité opérationnelle pour l'ensemble du secteur technologique.

Le secteur des puces sud-coréen confronté à une perturbation de 64,7% de son approvisionnement

La crise représente une menace directe pour la formidable industrie sud-coréenne des semi-conducteurs. Selon la Korea Trade Association, le pays a importé 64,7% de son hélium du Qatar en 2025, ce qui le rend exceptionnellement vulnérable à la fermeture qatarienne. Le blocus a coupé la principale voie maritime pour ces expéditions. Cet événement met également en évidence les risques de concentration de la chaîne d'approvisionnement de la région, car la Corée du Sud dépend également d'Israël pour 97,5% de ses importations de brome, un autre matériau clé pour la gravure des puces. Bien que l'approvisionnement en brome ne soit pas encore affecté, la pénurie d'hélium expose la fragilité de l'approvisionnement en matériaux critiques provenant de zones géopolitiquement sensibles.

Les entreprises puisent dans leurs stocks alors que les coûts à long terme augmentent

En réponse à cette pénurie soudaine, de grands fabricants comme SK Hynix s'appuient sur les stocks d'hélium existants et recherchent activement des fournisseurs alternatifs pour atténuer les perturbations immédiates. Cela offre un amortisseur à court terme, mais ce n'est pas une solution durable. Les analystes avertissent que si le conflit et le blocus qui en résulte persistent pendant plus de deux semaines, le chaos qui en découlera pourrait prendre des mois à se résoudre. Les entreprises seraient confrontées à des coûts d'approvisionnement croissants et à des délais de livraison prolongés, même si elles peuvent se tourner vers de nouveaux fournisseurs validés. Une crise prolongée risque de retarder les investissements dans les centres de données et pourrait même entraîner des fermetures d'usines mondiales.

ARTE : Guerre en Iran : va-t-on vers un choc énergétique mondial ?

Par Le 12/03/2026

Des gens compétents qui savent de quoi ils parlent. 

Quant à Trump, il n'est pas mécontent de la hausse du prix du baril étant donné que les USA sont exportateurs...Il faudra que les marchés financiers se décident à montrer leur mécontentement, non pas les entreprises pétrolières mais toutes les autres. Une guerre, aujourd'hui encore plus qu'autrefois, c'est d'abord et avant tout un problème d'argent, de beaucoup d'argent.