Je vais passer pour le vieux de service qui vient nous raconter ses manifs quand il était jeune mais même pas, juste pour dire que le procédé est toujours le même et qu'il n'y a rien de nouveau à l'ouest : les GVT successifs saccagent la nation dans ce qu'elle a de plus essentiel (quand la qualité de l'instruction n'entre plus dans les exigences de l'état, c'est que la situation est plus que grave), on laisse monter un climat de contestation, contestation légitime mais qui ne sera pas entendue, par conséquent la contestation devient révolte, manifestation, grève, le GVT en place laisse s'installer un climat insurrectionnel, jette de l'huile sur le feu par des commentaires arrogants ou des décisions pitoyables au regard de la gravité des situations dénoncées et enfin, quand les manifestations s'organisent, qu'elles prennent une ampleur nationale, les forces de l'ordre entrent en action, les médias tournent en boucle les agissements des casseurs qui n'ont rien à faire des revendications et qui ne sont là que pour semer le chaos.
Puis alors s'enclenche la machine de propagande gouvernementale : justification de la répression, les ministres saluent le courage des forces de l'ordre, condamnent les violences des manifestants, les télés tournent ça en boucle, les radios tout autant, le calme revient peu à peu, les gens qui crachaient sur les manifestants sont contents que le gouvernement ait ramené l'ordre et pour finir, on enterre les revendications. Fin du tour de manège. Et j'en ai vu passer des tours...
J'ai toujours dit, écrit et pensé que les manifestations et encore plus les grèves n'avaient que peu d'utilité. Sinon celle de relier, parfois, les générations et les différents milieux sociaux.
Ce qui fonctionnerait mille fois mieux, c'est la désobéissance. Mais elle est beaucoup plus complexe à organiser et à installer.
Juste un exemple, celui que je connais : les enseignants refusent les inspections, font passer les évaluations nationales mais les résultats restent au niveau des écoles, aucun document ne remonte au ministère, refus de présence dans les formations obligatoires, aucun retour d'informations demandées par les inspections de circonscription ou par le rectorat, blocus complet de l'administratif. Les enfants vont à l'école, les enseignants font leur travail, les parents ne sont pas pénalisés. Même chose au ministère des impôts. Et dans tous les secteurs de la fonction publique. Les gens travaillent mais rien ne remonte vers le haut de la pyramide, toutes les demandes sont rejetées. Deuxièmement : grève du commerce, c'est à dire que tout ce qui n'est pas vital est stoppé; c'est un refus de consommer. Il suffirait de s'organiser pendant quelques mois, de faire des réserves alimentaires et ensuite de ne plus rentrer dans une grande surface. Achat local des produits de nécessité. Pour le carburant, organisation systématique de toute la population sur le covoiturage afin de faire tomber drastiquement les ventes de carburant. Un plein au lieu de quatre. Une désobéissance qui tape sur les portefeuilles des grosses industries ou sur le fonctionnement administratif de l'état. Je pourrais développer encore mais ça ne sert à rien : ça n'aura jamais lieu.
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