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Monsanto, fabricant d'armes chimiques.

Par Le 30/08/2013

Monsanto, un demi-siècle de scandales sanitaires

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

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En octobre, le groupe avait annoncé un bénéfice en hausse de 27 % sur l'ensemble de l'exercice 2012.

La condamnation, lundi 13 février, du géant américain de l'agroalimentaire Monsanto, poursuivi par un petit agriculteur charentais intoxiqué par un herbicide, est une première en France. A l'échelle de l'histoire de la multinationale, centenaire, cette condamnation ne constitue qu'une péripétie judiciaire de plus dans un casier déjà très chargé.

PCB, agent orange, dioxine, OGM, aspartame, hormones de croissance, herbicides (Lasso et Roundup)... nombre de produits qui ont fait la fortune de Monsanto ont été entachés de scandales sanitaires et de procès conduisant parfois à leur interdiction. Mais rien n'a jusqu'ici freiné l'irrésistible ascension de cet ancien géant de la chimie reconverti dans la biogénétique et passé maître dans l'art du lobbying. Portrait d'une multinationale multirécidiviste.

  • Un géant de la chimie... explosif

Depuis sa création en 1901 à Saint-Louis, le petit producteur de saccharine devenu un des principaux semenciers de la planète n'a cessé de défrayer la chronique. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l'explosion accidentelle d'une usine de plastique Monsanto provoquée par celle d'un cargo français chargé de nitrate, qui fit 500 morts à Texas City en 1947, est ainsi restée dans les annales comme l'un des premiers désastres de l'industrie chimique.

Deux ans plus tard, c'est au tour d'une deuxième usine de la firme, à Nitro en Virginie, de partir en fumée. Cette fois-ci, la responsabilité de l'entreprise est engagée. Plus de deux cents ouvriers développent des chloracnés, un trouble aussi rare que sévère de la peau, rapporte Marie-Monique Robin, lauréate du prix Albert-Londres, dans son documentaire Le monde selon Monsanto.

L'accident révèle que le produit phare de la marque, l'herbicide 2,4,5-T, contient des niveaux élevés de dioxines, des substances hautement toxiques et cancérigènes, de composition assimilable à celle des polychlorobiphényles (PCB). La première étude suggérant la dangerosité potentielle de la dioxine était connue de Monsanto dès 1938 : la commercialisation de l'herbicide se poursuivra pourtant pendant près de quarante ans, avant son interdiction dans les années 1970.

Monsanto, qui a dirigé l'usine de Nitro entre 1934 et 2000, a par ailleurs fait l'objet d'une plainte déposée en 2007 par 77 habitants de Virginie atteints de cancer, qui accusent la compagnie d'avoir diffusé "illégalement" de la dioxine dans les environs de l'usine.

  • PCB : le procès de la honte
L'usine de Monsanto à Anniston (Alabama).

En 2001, 3 600 habitants de la ville d'Anniston, en Alabama, attaquent Monsanto pour une contamination aux PCB. Selon un rapport déclassifié de l'Agence de protection de l'environnement des Etats-Unis (EPA), Monsanto a déversé pendant près de quarante ans des milliers de tonnes de déchets contaminés dans un ruisseau et une décharge à ciel ouvert, au cœur du quartier noir de la ville.

La façon dont The Washington Post rapporte l'histoire est édifiante : "Des milliers de pages de documents de Monsanto – dont beaucoup sont estampillés 'CONFIDENTIEL : lire et détruire' – montrent que pendant des décennies, la multinationale a dissimulé ce qu'elle faisait et surtout ce qu'elle savait. En 1966, des responsables de l'entreprise avaient découvert que des poissons immergés dans ce ruisseau se retournaient sur le dos en moins de dix secondes, pissant le sang et perdant leur peau comme s'ils avaient été bouillis vivants. Ils ne l'ont dit à personne", raconte le quotidien américain.

En 1975, une étude menée par Monsanto révèle que le PCB provoque des tumeurs chez le rat. La multinationale décide d'en changer les conclusions, de "légèrement tumorigènes" à "n'apparaît pas cancérigène". "Nous ne pouvons nous permettre de perdre un seul dollar" : ainsi se conclut l'un des mémos consultés par The Washington Post.

Monsanto a finalement été jugée coupable en 2002 d'avoir pollué "le territoire d'Anniston et le sang de sa population avec les PCB". La firme sera condamnée à payer 700 millions de dollars de dommages et intérêts et à assurer le nettoyage de la ville. Aucune peine de prison n'a été retenue contre les responsables de l'entreprise.

En février 2007, The Guardian révèle que le géant agrochimique a appliqué les mêmes méthodes sur plusieurs sites en Grande-Bretagne entre 1965 et 1972. Le quotidien a eu accès à un rapport gouvernemental montrant que 67 produits, dont l'agent orange, la dioxine et des PCB, ont été identifiés dans une carrière au pays de Galles. En France, la fabrication et l'utilisation des PCB sont interdites depuis 1987.

  • Agent orange : condamné pour "empoisonnement"
Un Vietnamien de 14 ans, victime supposée de l'agent orange.

Durant ces mêmes années, entre 1961 et 1971, Monsanto produit l'agent orange, constitué à partir de l'herbicide 2,4,5-T, dont la dangerosité est largement connue depuis l'explosion de l'usine de Nitro. Ce défoliant sera massivement déversé par l'aviation américaine au-dessus des forêts vietnamiennes pendant la guerre. Les conséquences se font encore sentir aujourd'hui, avec de nombreux cancers et des malformations de naissance au Vietnam, ainsi que des séquelles diverses chez nombre d'anciens combattants américains.

Dans les années 1970, des vétérans du Vietnam ouvrent une Class Action contre les producteurs de l'agent orange. Monsanto se retrouve, au côté de six autres entreprises, accusé principal d'un procès en réparation pour empoisonnement. En 1987, les sept producteurs de l'agent orange sont condamnés à verser 180 millions de dollars à un fonds de compensation destiné aux soldats américains.

Durant le procès, Monsanto présentera des études scientifiques démontrant l'absence de lien entre l'exposition à la dioxine et les nombreux cancers dont souffraient les vétérans, pour les débouter de leur action. Il sera démontré au début des années 1990 que ces études se fondant sur les conséquences de l'explosion de l'usine de Nitro en 1949 étaient biaisées.

Cette fraude scientifique sera confirmée par le National Research Council, qui constate que les études de Monsanto "souffraient d'erreurs de classification entre les personnes exposées et non exposées à la dioxine, et qu'elles avaient été biaisées dans le but d'obtenir l'effet recherché". L'affaire sera relatée en 1990 par Greenpeace et le chercheur Joe Thornton dans un rapport intitulé Science for Sale.

  • L'herbicide Roundup est-il toxique ?

Souvenez-vous de cette publicité et de ce bon chien Rex : "Roundup ne pollue ni la terre ni l'os de Rex". Elle a valu à Monsanto d'être condamnée deux fois, aux Etats-Unis et en France, pour des mentions mensongères placées sur l'emballage de cet herbicide total (qui élimine toutes les plantes).

En 1975, l'entreprise lance sur le marché Roundup, un herbicide très puissant présenté comme "biodégradable" et "bon pour l'environnement". En 1996, le procureur de New York condamne Monsanto à une amende de 50 000 dollars et au retrait des mentions jugées mensongères. En janvier 2007, la firme est condamnée en France (extrait du jugement) pour les même motifs à... 15 000 euros d'amendes. Roundup est aujourd'hui l'herbicide le plus vendu au monde.

Plusieurs études concordantes affirment pourtant que le pesticide phare de Monsanto – et son principe actif, le glyphosate – est potentiellement tératogène, c'est-à-dire responsable de malformations fœtales. L'une d'entre elles, publiée fin 2010 dans Chemical Research in Toxicology, montre que l'exposition directe d'embryons de batraciens à de très faibles doses d'herbicide à base de glyphosate entraîne des malformations.

Monsanto réfute ces conclusions : "Le glyphosate n'a pas d'effets nocifs sur la reproduction des animaux adultes et ne cause pas de malformations chez la descendance des animaux exposés au glyphosate, même à très fortes doses", affirme la firme sur son site.

Lundi 13 février, le rapporteur du Conseil d'Etat a asséné un nouveau coup dur au produit phare de Monsanto : il enjoint au ministère de l'agriculture d'en analyser la toxicité dans un délai de six mois et de statuer à nouveau sur l'autorisation de mise sur le marché du pesticide.

Reportage : En Argentine, les habitants exposés à l'herbicide se plaignent de multiples affections

Paul François, céréalier charentais victime des pesticides, a fait condamner Monsanto en première instance au TGI de Lyon, lundi 13 février.

La condamnation qui a frappé, lundi 13 février, le deuxième herbicide de Monsanto est plus significative. Les juges français ont en effet considéré que le fabricant de produits phytosanitaires devra indemniser "entièrement" le plaignant, Paul François. Ce céréalier ne travaille plus qu'à mi-temps, en proie à des fatigues chroniques et des maux de tête tenaces. Les médecins considèrent que son système nerveux central a été affecté à la suite de l'inhalation du Lasso.

Monsanto a fait appel. "Les produits de Monsanto sont conformes aux exigences de sécurité en place au moment de leur mise sur le marché. [La société] a une politique très rigoureuse en ce qui concerne l'évaluation scientifique de la sécurité des produits de protection des plantes", a réagi l'entreprise, dans un communiqué.

Jugé dangereux, cet herbicide est pourtant interdit au Canada depuis 1985, en Belgique et au Royaume-Uni depuis 1992 et en France depuis 2007 (il avait été autorisé le 31 décembre 1968).

  • Hormones de croissance : scandale chez Fox News

Au début des années 1990, Monsanto commercialise son premier produit issu des biotechnologies : Posilac, l'hormone de croissance bovine recombinante (rBGH), une hormone transgénique destinée à augmenter la lactation des vaches de près de 20 %. L'hormone entraîne des mammites, des inflammations de la mamelle, qui contraignent les éleveurs à traiter leurs vaches avec des antibiotiques, dont on retrouve ensuite la trace dans le lait. Ce produit miracle est aujourd'hui interdit partout, sauf aux Etats-Unis.

Un documentaire canadien, The Corporation, raconte comment Monsanto a fait pression sur Fox News (groupe Murdoch) pour l'empêcher de diffuser une enquête dévoilant les dangers du Posilac en 1997. Cet extrait illustre le lobbying particulièrement agressif de la firme : non seulement l'enquête n'a jamais été diffusée, mais ses auteurs ont été licenciés par la chaîne.

  • OGM : des procès en pagaille
Un champ de colza génétiquement modifié.

Entre 1995 et 1997, le soja génétiquement modifié Roundup Ready, le colza Roundup Ready et le coton Roundup Ready, tous trois résistants à l'herbicide Roundup, reçoivent les autorisations de commercialisation. Détentrice d'un brevet aujourd'hui périmé sur le glyphosate (commercialisé sous le nom de Roundup), l'entreprise décide de changer de stratégie et entreprend de breveter le vivant. Elle produit actuellement 90 % des OGM de la planète.

Un quasi-monopole que la firme défend chèrement. Au cours des années 2000, Monsanto assignera ainsi devant les tribunaux des centaines de paysans accusés d'avoir utilisé "frauduleusement" ses semences transgéniques brevetées, c'est-à-dire de les avoir replantées.

Monsanto revendique des droits à la propriété intellectuelle sur certaines semences. Ce qui ne l'empêche pas d'être elle-même poursuivie pour acte de "biopiraterie". En août 2011, l'Autorité nationale de biodiversité indienne a ainsi annoncé qu'elle portait plainte contre la compagnie, accusée d'avoir mis au point une aubergine génétiquement modifiée (BT-Brinjal) à partir de variétés locales sans en avoir demandé l'autorisation.

Autre condamnation, aux Etats-Unis cette fois. Monsanto a accepté en 2010 de payer 2,5 millions de dollars d'amende pour avoir vendu du coton OGM non autorisé. L'Agence de protection de l'environnement (EPA) reproche à l'entreprise d'avoir violé la législation lui interdisant de vendre des cotons génétiquement modifiés dans certaines régions du Texas, où ces variétés étaient prohibées par crainte d'une résistance aux pesticides.

  • Aspartame : vers nouveau scandale sanitaire ?
L'aspartame est présent dans de nombreux aliments et médicaments.

Monsanto le précise clairement sur son site Internet : après en avoir été l'un des principaux producteurs dans les années 1980 et 1990, l'entreprise ne produit plus d'aspartame depuis 2000. La firme tient pourtant à insister sur le fait que cet édulcorant, le plus utilisé au monde, "ne provoque aucune maladie".

Des études récentes ont cependant mis en évidence un risque accru de naissances prématurées chez les femmes qui consomment ce produit. L'Autorité européenne de sécurité des aliments a même été invitée en mai par la Commission européenne à anticiper la réévaluation complète de la sécurité de l'aspartame en 2012.

Dans les colonnes du Monde (abonnés), Yann Fichet, directeur des affaires institutionnelles de la filiale française de l'entreprise, déplore que Monsanto soit devenu "un nom attractif pour qui veut faire de l'audience". Une réputation malmenée que la firme tente de gommer en déclinant sur son site les principes de sa charte éthique : "Intégrité", "Dialogue", "Transparence", "Partage", "Utilité" et "Respect". Contacté par Le Monde.fr, Monsanto n'avait pas répondu à l'heure où cet article était publié.

Soren Seelow
Journaliste

Armes chimiques

Par Le 30/08/2013

Faut leur envoyer une armée !!

Oui, mais laquelle ?...

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L'évolution

Par Le 30/08/2013

Peter Russel, dont je conseille fortement la lecture, a établi un raccourci très parlant de l'évolution de l'Humanité et de la vitesse exponentielle des changements.


"Nous allons essayer de styliser le mouvement de l'évolution par le schéma du plus haut building de New York, plus de quatre-cents mètres, le WTC ( oui, ça date...il ne pouvait pas prévoir...) jusqu'à une profondeur de 1200 mètres.

Au-dessus du niveau de la rue, les cellules vivantes les plus simples apparaissent voici environ trois milliards et demi d'années, soit à la hauteur du vingt-cinquième étage de cette tour qui en compte hit-cent.

La photosynthèse commence aux environs du cinquantième étage et la première bactérie respirant de l'oxygène dix étages plus haut- soit plus haut que la mi hauteur de la tour. Les cellules plus complexes, capables de reproduction sexuelle et porteuses d'un noyau central, apparaissent aux environs du soixante-dixième étage. Les organismes multicellulaires se trouvent dix étages plus haut et les crustacés arrivent sur la vague du quatre-vingt-quatorzième étage.

Les poissons nagent au quatre-vingt-dix-septième étage puis sortent de l'eau au quatre-vingt-dix-neuvième.

Les dinosaures règnent du cent quatre au cent septième étage.

Les mammifères vivent au dernier étage.

L'homo erectus se dresse sur ses deux jambes, à quelques centimètres du plafond du cent-huitième étage. Il a fallu parcourir 99,99% du voyage avant d'arriver à cette étape qu'est le tout début de l'humanité.

L'homme de Néanderthal avec son cerveau élargi, ses très simples outils et sa culture tribale, apparaît dans les six derniers millimètres.

Puis vient l'homme de Cro-Magnon avec ses vêtements, sa peinture, son langage et peut-être sa religion. 

les Pharaons règnent sur l'Egypte à 0,5 millimètre du sommet de la tour et les empires romains et grecs à 0,25 millimètre plus haut.

La Renaissance, quant à elle, se situe à un micron (1/1000mm) du sommet (plus fin que la couche de peinture).

l'ensemble de l'Histoire moderne est de la dimension d'une bactérie microscopique et l'âge de la puce électronique, du rock'n'roll, de la télécommunication mondiale, de la bombe atomique, la marche sur la lune et le réchauffement planétaire est d'une dimension impossible à mesurer...

Où que nous allions, nous y allons de plus en plus vite.

Mais où allons-nous ?"

"Que ma joie demeure" : Alexandre Astier

Par Le 29/08/2013

Que ma joie demeure !

un spectacle de et par Alexandre Astier mise en scène Jean-Christophe Hembert (Commentaire)
afficher toute la distribution

durée 1h20


[PDF]> télécharger Dossier de presse Que ma joie demeure !

 
Synopsis
 
 
 
coup de coeur
 
 
la presse
 

[spectacle COMPLET]

Ce cours est ouvert à tous, et aucune connaissance musicale n’est requise.
Encore là où on l’attend le moins. Après Kaamelott ou son premier long-métrage qu’il tourne et interprète aux côtés d’Isabelle Adjani, Alexandre Astier joue les Kapellmeister. Maître de musique, claveciniste ou joueur de viole de gambe, l’acteur devient Jean-Sébastien Bach. Génie absolu de la musique baroque, pasteur protestant, organiste, le compositeur signe au xviiie siècle mille chefsd’oeuvre, préludes et passions, fugues et variations. Herr J. S. Bach donne enfin en 2012 une master class. « Introduction au contrepoint fleuri et rigoureux », avec illustrations sonores et extraits live. Lui le « cantor de Leipzig » reçoit ses élèves dans son appartement de Saint-Thomas. Exposé sur l’harmonie tonale, mais il peut déraper. Et Bach grogne, vocifère contre Dieu. Le musicien et ses épouses ont perdu dix de leurs vingt enfants. L’homme en deuil offre pourtant à Dieu des messes et des cantates inouïes de beauté et de dévotion.
Musicien dès l’âge de six ans, Alexandre Astier intègre le Conservatoire National Supérieur de musique. Il joue, dirige, compose, mais « tombe à vingt ans par mégarde dans la comédie » avoue-t-il. Depuis, il écrit, joue, réalise, met en scène. L’humeur, les mots et le ton sont vifs et libres : de quoi pulvériser les clichés. Mais Astier reste sérieux quant aux costumes et aux instruments d’époque. « Comme dans Kaamelott, je ne veux ni décors en carton-pâte ni accessoires bidons. Tout doit être vrai. C’est le langage et la parole qui s’émancipent du vérisme. » Inusable, fascinant, le génie de Bach fait l’objet d’un portrait craché sans retenue. Un homme fort et rocailleux, arrogant, douloureux, loin des images convenues du religieux pratiquant, cloué sur sa chaise et ses partitions. Hommage savoureux et déglingué à J.S.B., Que ma joie demeure ! décortique gaiement la musique de Bach comme on ouvre un capot de bagnole pour comprendre un moteur.

producteurs Alexandre Astier et Agathe Sofer / Regular, productrice associée Marie Guibourt / Chauffe Marcel !, chargés de production Gaëlle Marko et Claude Le Guen, stagiaires de production Jonathan Puppe dit Poppé
avec le soutien de la SACD

Un génie et c'est très rare.

Ontogenèse et phylogenèse

Par Le 28/08/2013

Ontogenèse et phylogenèse

L'ontogenèse (ou ontogénie) décrit le développement progressif d'un organisme depuis sa conception jusqu'à sa forme mûre, voire jusqu'à sa mort. En biologie du développement, ce terme s'applique aussi bien aux êtres vivants non-humains qu'aux êtres humains mais on le retrouve aussi dans le domaine de la psychologie du développement où l'ontogenèse désigne le développement psychologique d'un individu depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte et plus généralement, pour désigner les transformations structurelles observés dans un système vivant qui lui donne son organisation ou sa forme finale.

En biologie de l'évolution, on contraste souvent l'ontogenèse, l'histoire d'un individu particulier, et la phylogenèse, l'histoire évolutive de l'espèce à laquelle appartient cet individu.

phylogenèse /fi.lo.ʒə.nɛz/ féminin

  1. Histoire évolutive d'une espèce ou d'un groupe d'espèces.
    • Selon Haeckel, « l'ontogenèse récapitule la phylogenèse » : la formation de l'embryon récapitule l'histoire évolutive de l'espèce.

Source Wikipédia

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Il existe un parallèle troublant dans ces deux termes et notre évolution au regard de l’humanité.

Les étapes du développement humain semblent refléter celles de l’Humanité à ses débuts. Au commencement, la conscience globale était probablement similaire à celle d’un nouveau-né.

Les individus étaient conscients de l’environnement et aussi d’eux-mêmes en tant qu’êtres physiques mais possédaient sans doute une très faible notion du Soi individuel. L’unité avec l’univers du vivant restait ancrée, stable, profonde.

Dans la vie de l’enfant, le sens de l’individualité commence à s’installer seulement à partir du moment où il devient autonome par rapport à sa mère. Le « je » prend forme et l’entité indépendante se développe.

Nous agissons de la même façon, non seulement au regard de l’Humanité mais bien plus profondément encore par rapport à la vie.

Le jeune enfant découvre, jour après jour, le pouvoir qu’il détient et sa capacité à agir sur l’environnement. Le groupe humain n’a de sens pour lui qu’à partir du moment où il participe à ce pouvoir, qu’il lui donne des outils supplémentaires. L’école, par exemple, peut devenir un allié tout comme il peut devenir une menace. L’échec scolaire, c’est l’anéantissement de ce pouvoir, l’interdiction faite par l’humanité d’user de ce pouvoir naturel. Un désastre que l’individu cherchera à atténuer par des ersatz allant jusqu’à l’embrigadement.

Les parents sont bien évidemment les alliés prioritaires, les tuteurs, le fil conducteur, la ligne d’horizon vers laquelle le jeune enfant va diriger ses rêves, ses attentes, sa volonté.

Que l’aura parentale vienne à être affadie ou même brisée relève d’un drame existentiel effroyable.  

Mais tout cela n’est que le résumé superficiel de l’existence.

Le véritable problème n’est pas là.

L’existence humaine, socialement intégrée dans des conditionnements archaïques, est un étouffoir de la conscience de la vie.

L’individu au cours de l’ontogenèse, prend conscience et développe son pouvoir, devient autonome, indépendant, construit un projet, s’insère dans le monde social, se bat pour pérenniser sa place, l’accroître, amplifier son pouvoir et simultanément, il efface en lui sa participation à l’univers du Vivant. Cette conscience primaire des débuts de l’Humanité a été balayée.

Les produits de substitution à cette appartenance sont innombrables : la famille, le clan, la bande d’amis, la meute, les castes sociales, les statuts professionnels, les groupes de supporters, le nationalisme, les syndicats… L’intention est toujours la même : le pouvoir, l’accroissement de la puissance, la reconnaissance, la sécurité, la protection lorsque l’émancipation familiale s’est installée.

Tout cela est connu mais ce sont les effets qu’il faut observer et plus encore l’évolution probable.

L’ontogenèse est marquée par un moment délicat, c’est celui de l’émancipation. Beaucoup de Peuples Racines ont instauré un rite de passage permettant de symboliser ce basculement dans la vie de l’individu, de l’enfance à l’âge adulte. Mais ils ont surtout préservé le sentiment profond d’appartenance à la Terre-Mère. C’est là que notre rupture occidentale s’est perdue. L’errance spirituelle, l’inconnaissance de soi, la solitude existentielle. Il nous fallait un produit de substitution pour combler le vide. A défaut de « se » posséder, nous avons appris à posséder. L’attachement au monde des objets prend sa source dans l’incomplétude spirituelle et la peur qui en émane.

Ce n’est pas l’argent qui est à l’origine de tous nos maux mais l’amour de l’argent comme un produit de substitution à l’incomplétude spirituelle. L’amour de l’argent, de la possession, du monde des objets, des appartenances sociales, des adhésions aux mouvements de masse, tout cela n’est que le symptôme d’un mal spirituel.

Nous ne nous appartenons pas, intérieurement. Il n’y a pas de paix en nous mais des désirs infinis, une volonté de marquer notre territoire, notre environnement, comme on établirait des clôtures, la sédentarisation est un mal spirituel et une source de profits immenses.

Les Marchands du temple le savent. Ils vivent dans le même espace mais ils ont su en tirer profit. Tout notre fonctionnement est basé sur la douleur et sur la peur.

« Je souffre d’un mal-être profond que je n’identifie pas mais si je possède et que j’accrois mon pouvoir, j’aurai moins peur de l’avenir. »

Nous grandissons dans la peur et elle est le carburant idéal du monde matériel.

« Quand j’aurai une maison, tout ira mieux. Quand j’aurai une nouvelle voiture, tout ira mieux. Quand je serai célèbre, tout ira mieux. Quand je serai amoureux, tout ira mieux. »

Il n’y a pas d’amour qui se fonde sur la peur. Il n’y a que les êtres en paix intérieure qui peuvent aimer. Les autres posent simplement un cataplasme sur leurs douleurs.

Notre ontogenèse récapitule la phylogenèse.

Et rien ne changera tant que nous n’apprendrons pas à explorer nos abîmes.

Le monde n’est que l’extension de ce que nous sommes.

Nos guerres sont en nous et nous les projetons.

Il n’y aura jamais de paix tant que nous aurons peur de nos vides intérieurs.      

Syrie

Par Le 27/08/2013

Il ne faut SURTOUT pas se contenter des médias officielles.

Ici, on a un avis divergent.


Syrie : "Les attaques chimiques sont un coup monté"

http://www.levif.be/info/actualite/international/syrie-les-attaques-chimiques-sont-un-coup-monte/article-4000384171801.htm

François Janne d’Othée

mardi 27 août 2013 à 15h28

En exil depuis 35 ans, l’opposant Haytham Manna, responsable à l’étranger du Comité de Coordination nationale pour le changement démocratique (opposition syrienne non armée), s’oppose avec force à toute intervention étrangère contre son pays. 

Haytham Manna © Reuters

L’utilisation d’armes chimiques en Syrie pourrait amener les Occidentaux à "punir" le régime. Qu’en pensez-vous ?

HAYTHAM MANNA : Je suis totalement contre, tout comme la coordination que je dirige. Cela ne fera que renforcer le régime. Ensuite, une intervention risque d'attiser encore plus la violence, d'ajouter de la destruction à la destruction et de démanteler un peu plus la capacité de dialogue politique. Le régime est le premier responsable car il a choisi l’option militaro-sécuritaire. Mais comment peut-on parler de guerre contre le terrorisme et donner un coup de main à des extrémistes affiliés à Al Qaeda ?

Les Occidentaux choisissent la mauvaise option, selon vous ?

Depuis le début, c’est une succession d’erreurs politiques. Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont poussé les parties à se radicaliser. Ils n’ont pas empêché le départ de djihadistes vers la Syrie et ont attendu très longtemps avant d’évoquer ce phénomène. Où est la démocratie dans tout ce projet qui vise la destruction de la Syrie ? Et pensez-vous que ce soit la morale qui les guide ? Lors du massacre d’Halabja [commis par les forces de Saddam Hussein en 1988], ils ont fermé les yeux. Je m’étonne aussi de voir que les victimes d’armes chimiques sont bien davantage prises en considération que les 100 000 morts qu’on a déjà dénombrés depuis le début du conflit.

Qui est responsable du dernier massacre à l’arme chimique ?

Je n’ai pas encore de certitude mais nos informations ne concordent pas avec celles du président Hollande. On parle de milliers de victimes, alors que nous disposons d’une liste de moins de 500 noms. On est donc dans la propagande, la guerre psychologique, et certainement pas dans la vérité. Ensuite, les armes chimiques utilisées étaient artisanales. Vous pensez vraiment que l’armée loyaliste, surmilitarisée, a besoin de cela ? Enfin, des vidéos et des photos ont été mises sur Internet avant le début des attaques. Or ce matériel sert de preuve pour les Américains !

Pensez-vous qu’une partie au conflit a voulu provoquer les Occidentaux à intervenir ?

C’est un coup monté. On sait que les armes chimiques ont déjà été utilisées par Al Qaeda. Or l’Armée syrienne libre et les groupes liés à Al Qaeda mènent en commun 80% de leurs opérations au nord. Il y a un mois, Ahmad Jarba [qui coordonne l’opposition armée] prétendait qu’il allait changer le rapport de forces sur le terrain. Or c’est l’inverse qui s’est produit, l’armée loyaliste a repris du terrain. Seule une intervention directe pourrait donc aider les rebelles à s’en sortir… Alors, attendons. Si c’est Al Qaeda le responsable, il faudra le dire haut et fort. Si c’est le régime, il faudra obtenir une résolution à l’ONU. Et ne pas laisser deux ou trois payer fédérer leurs amis, pas tous recommandables d’ailleurs.

Entre Occidentaux et Russes, quelle position vous semble la plus cohérente ?

Les Russes sont les plus cohérents car ils travaillent sérieusement pour les négociations de Genève 2 [sensées mettre autour d’une même table le régime et les opposants]. Les Américains ont triché. Deux ou trois fois, ils se sont retirés, au moment où s’opérait un rapprochement.

Une solution politique est-elle encore possible ?

Tout est possible mais cela dépendra surtout des Américains. Les Français se contentent de suivre. Une solution politique est la seule qui permettra de sauver la Syrie. Mais l’opposition armée ne parvient pas à se mettre d’accord sur une délégation.

Que deviendra Bachar al Assad?

Il ne va pas rester. Si les négociations aboutissent, elles mèneront de facto à un régime parlementaire. Si du moins on accepte de respecter le texte de base de Genève 2 qui est le meilleur texte, avec par-dessus un compromis international. Mais laissez-moi dire ceci : quand on parle de massacrer des minorités, et que le président fait partie d’une minorité, comment peut-on lui demander de se retirer ou ne pas se retirer ? Aujourd’hui, la politique occidentale a renforcé sa position de défenseur de l’unité syrienne et des minorités. Cela dit, personne ne pourra revendiquer de victoire : la violence est devenue tellement aveugle qu’il faudrait vraiment un front élargi de l’opposition et du régime pour en venir à bout.

François Janne d’Othée

Jarwal le lutin (tome 4)

Par Le 26/08/2013

 

« Le plus simple, désormais, est que vous entriez dans le cœur de la vie. Toutes les questions obtiendront une réponse. Il en est ainsi. »

Le vieux Sage se leva et invita les enfants à le suivre. Les autres Sages ne bougèrent pas. Ils suivirent les enfants des yeux et Rémi perçut dans un regard échangé une douceur rassurante, une invitation à se laisser guider.

Ils serpentèrent entre les racines et s’arrêtèrent à l’ouverture de l’antre. Aucune trace d’outils, de coups de haches ou autres ustensiles, le tronc semblait s’être soulevé du sol, soutenu par des piliers de temples.

Des visages inscrits dans la matière semblaient les observer, des regards rieurs, comme des gargouilles ligneuses, singes, lutins, herbivores, oiseaux, serpents, des dizaines d’animaux dont ils ignoraient l’identité.

Des rayons rectilignes transperçaient le rideau de lierre qui obstruait l’entrée. Au-delà de ces tentures végétales, un espace sombre se laissait deviner, une obscurité fossilisée dans le silence. Rien, aucun mouvement, aucun bruit, même pas un insecte fureteur, comme si le lieu interdisait toutes intrusions.

« Suivez-moi » annonça le vieux Sage. Il écarta délicatement les dentelles de feuilles et disparut.

Les cinq enfants se regardèrent, sans un mot, des regards croisés chargés de curiosité et d’incertitude.

Léo bougea le premier, il avança lentement, posa une main sur les cascades immobiles des frondaisons, sembla jeter un œil scrutateur en penchant la tête puis, d’un coup, il franchit le seuil. Rémi lui emboîta le pas, puis les trois compagnons s’élancèrent en même temps.

Leurs yeux s’habituèrent difficilement à l’obscurité. Kiak était invisible. La fraîcheur les surprit, une température plus agréable que la moiteur de la forêt, cette impression étrange d’avoir quitté le monde ou d’être entré dans son ventre, comme si le lieu contenait tous les mystères les plus anciens, la source des révélations les plus bouleversantes, ils sentirent couler en eux des rayonnements inexplicables, des flux électriques qui les firent frissonner.

« Asseyez-vous, les uns à côté des autres et donnez-vous les mains. Il est important que vous soyez reliés physiquement pour réaliser aussi que vous l’êtes par la pensée, par l’énergie, par l’amour, par tout ce que crée la Vie. »

Dans les noirceurs, la voix monocorde de Kiak les figea. L’impression d’un espace immense qui renvoyait les paroles en écho. Léo pensa à cette nef de cathédrale que leurs parents leur avaient montrée. Ils s’obligèrent à bouger, prudemment, pour s’extraire de cette appréhension qui les raidissait.

Les pupilles dilatées parvenaient désormais à se nourrir des flux infimes de lumière qui perçaient. Lou se retourna vivement, comme pour vérifier que personne ne se tenait dans son dos. Cette impression étrange d’être observée…

Tian trouva la main de Marine. Les autres se joignirent. Lou, Rémi puis Léo qui ferma le cercle. Ils se souvinrent alors qu’ils devaient s’asseoir. Ils lâchèrent leurs emprises, s’installèrent puis reformèrent le lien.

Les mouvements de leurs corps s’estompèrent. Ils sentirent à travers leurs habits la fraicheur de la terre. Aucune sensation de froid pourtant mais une douceur agréable, un bien-être de cocon, un placenta protecteur qui les isolait de tout. 

La voix de Kiak les surprit de nouveau. Elle ne venait plus du même endroit et ils étaient pourtant persuadés de ne pas l’avoir entendu se déplacer.

« Maintenant, vous allez fermer les yeux et arrêter de vouloir distinguer quelque chose. C’est dedans qu’il faut regarder et vous n’avez pas assez appris à vous libérer de vos yeux. Ne vous occupez pas du temps qui passe, c’est une idée fausse. C’est vous qui passez dans le temps. Mais ici, vous êtes immobiles, dans votre corps et dans le temps. Il ne vous reste qu’à immobiliser votre esprit et tout sera en paix. »

Il avait dit « immobiles dans le temps. » Marine voulut comprendre puis elle se reprocha cette pensée inopportune. Elle devait trouver la paix de son esprit.

Lou se demandait comment elle pourrait bien s’y prendre pour arrêter de penser. Un état qui lui paraissait totalement inaccessible. Elle ne cessait de penser à l’impensable.

Rémi cherchait à savoir si Kiak se déplaçait de nouveau, il voulait pouvoir le suivre et ne plus être surpris par cette voix qui surgissait n’importe où. Il s’efforça de calmer les battements de son cœur et de tendre les oreilles. Il crut percevoir un infime frottement droit, devant lui, dans le dos de Tian.

« Rien, ne rien vouloir, ne rien attendre, ne rien penser. Entrer au-dedans pour  voir l’Univers. Le silence maintenant.»

Ils eurent un peu l’impression d’entendre un professeur dans une classe mais ils n’en avaient jamais connu de Sage.

Rémi dut constater encore une fois que Kiak se déplaçait à son gré, sans qu’il ne soit possible de deviner sa position. Il était partout et nulle part. Incompréhension.

Plus aucun mouvement. Juste cette conscience retrouvée de la respiration. Il fallait cesser de bouger pour réaliser que ce mouvement-là ne cessait jamais.

 

« Fermez les yeux, dicta la voix grave de Kiak. Ne vous contentez pas de fermer les paupières, arrêtez aussi de regarder en dedans et de fabriquer des images, laissez-vous couler. Tout ce que vous portez appartient à la réalité que vous avez créée. Maintenant, vous allez découvrir le réel. »

 

Marine sentit la main de Tian se crisper légèrement lorsque la chaleur les envahit, une chaleur bienfaisante, comme un câlin maternel qui vous enlace et que le bonheur ruisselle dans les fibres, la plénitude du petit enfant qui s’abandonne et l’amour de la mère qui se diffuse en lui, le contact établi, le lien au-delà des corps, le lien des âmes.

Une blancheur indéfinissable les emplit, une clarté sonore qui murmurait dans les tréfonds de leurs corps immobiles, une marée montante qui les couvrait de sa chaleur, une sève surgissant de la terre, aimantée par le ciel.

Comme un bateau soulevé au-dessus des flots, ils virent en eux l’immensité de l’Océan s’étendre sous leurs regards, une vision sans tête, comme si rien en eux ne possédait de centre, comme s’ils n’existaient plus individuellement.

Accélération du processus.

Une pulsation naissante, infime, dérisoire, puis des crépitements d’étincelles qui jaillissent et s’éteignent, se ravivent, se propagent, s’entretiennent, une énergie qui se répand et les pulsations qui s’étendent, se renforcent, les flux électriques nourrissent le cœur de l’étoile, des courants de matière liquide déboulent sous la surface, des flots qui gorgent le lit des veines, les pulsations prennent une ampleur insoupçonnée, les étincelles deviennent des flux constants qui ruissellent, tous reliés dans une aura fabuleuse, une couronne lumineuse qui s’agite, palpite, respire.

Un noyau enveloppé de lumière, des particules animées par une vie interne s’infiltrant amoureusement dans un univers nimbé de phosphorescences.

L’espace en eux s’étendit jusqu’aux confins des horizons, plus de limite, plus de structure, aucune frontière et cette impression inexplicable de relier par leurs mains unifiées des particules communes, une cohésion originelle retrouvée.

Ils étaient l’un, ils étaient l’autre, ils étaient tous.

 

C’est là qu’ils sentirent l’évaporation s’enclencher. Un maelstrom flamboyant prit forme et les emporta dans une colonne rectiligne qui plongeait vers le haut. Incompréhensible structure. Des coulées colorées qui tressautaient en laissant derrière elles des arabesques de fleurs.

Ils disparurent.

     

 

Combien de temps ? Combien de vies ? Dans quelle dimension voyagèrent-ils ?

Ils n’auraient rien su expliquer, pas avec les mots connus, pas avec des pensées étroites et des repères humains, tout aurait été limité, insignifiant, insuffisant, comme une marque d’irrespect. On ne raconte pas l’indescriptible. On s’en nourrit.

Ils ouvrirent les yeux tous les cinq en même temps, dans le même instant, une réincorporation simultanée, un retour conjoint dans leur enveloppe corporelle. Ils ressentirent tous, avec la même détresse, le poids terrifiant de cette masse de chair alors que résonnait en eux la légèreté délicieuse de l’âme évaporée.

Ils ne dirent rien. L’insignifiance des paroles alors que les visions résonnaient en eux avec une force indescriptible.

« Une autre version de la Vie, » avait expliqué Léontine.

Ils auraient pu en parler pendant des années mais incapables à l’instant d’entamer la moindre phrase. Que peut-on dire de ce qu’on ne comprend pas et qui vous bouleverse ?

Putains de guerre.

Par Le 26/08/2013

C'est à vomir mais il faut pourtant le savoir...Puisque ça a toujours lieu.

Il est facile de comprendre pourquoi, encore aujourd'hui, le viol d'une femme est si peu condamné.