Là-Haut

J'écris, encore et toujours.

Thierry LEDRU Par 0

"Tournez manège".

Je l'ai écrit ici il y a quelque temps. L'actualité me donne raison. Les crises sociales disparaissent, noyées par le flux, comme si elles ne pouvaient pas résister au courant de l'actualité, par épuisement, parce qu'elles sont entâchées par tous les mouvements violents qui les discréditent, elles lâchent prise et finissent par se déverser dans l'océan de la disparition.

Il n'y a qu'une solution à la contestation : stopper la machine économique, celle que nous entretenons nous-mêmes. Mais pas grand-monde n'en a envie. La désobéissance civique est une idée disparue.

Il y a par contre un élément qui retient mon attention ces derniers jours : Plusieurs gouvernements, dont ceux de la France, du Japon, des États-Unis et du Royaume-Uni, ont lancé des campagnes invitant leurs citoyens à se préparer individuellement à une crise majeure en constituant un kit de survie pour assurer trois jours d'autonomie, reconnaissant la vulnérabilité des infrastructures critiques. Je n'ai jamais vu, aussi loin que je remonte, un tel consensus gouvernemental.

De notre côté, on est prêt, depuis longtemps. Donc, je n'écris plus ici parce que je n'ai rien à dire. Je travaille tous les soirs et une bonne partie des nuits à l'écriture des romans. J'ai entièrement repris le tome 1. J'en suis à la moitié. Au fil de l'écriture des quatre tomes suivants, j'ai réalisé combien il était indispensable que je reprenne ce tome 1 pour semer les graines de ce qui va advenir. Du point de vue de ce que les personnages principaux vont vivre et notamment Laure Bonpierre. Et du point de vue de l'effondrement. Car rien n'arrive par hasard. Tout s'enchaîne dès lors que le premier domino s'écroule.

On est le 2 novembre et les nappes phréatiques sont extrêmement basses. Hier, en rentrant d'une virée de huit jours en montagne, on a découvert des fraises vertes dans le potager.

Que l'humanité parte en vrille m'importe peu en réalité et je n'essaie plus vraiment de comptabiliser les éléments qui valident ce scénario. C'est la nature qui m'importe et c'est par elle, je pense, que le désordre majeur arrivera.

Je retourne écrire. Je suis content d'avoir trouvé cette musique, elle m'accompagne. 

 

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