Divin dilemme.

Osho, « maître spirituel » s’évertuait à condamner les religions. Je ne vais pas le blâmer…

Je suis par contre surpris par le raisonnement dont il usait.

 

Selon lui, Dieu ne peut pas exister étant donné que la création n’est pas achevée et que l’évolution est une théorie acceptée par tous les esprits objectifs depuis Darwin.

Dieu, en tant qu’être parfait, n’aurait pas pu se tromper dans sa création. Les Textes disent que ça lui a pris six jours et qu’ensuite, comme tout cela lui plaisait, il est parti se reposer…Est-ce qu’il aurait pu se tromper à ce point-là et ignorer que cette création ne resterait pas figée ? Qu’elle lui échapperait en quelque sorte…

C’est impensable si on accorde à Dieu le fait d’être parfait.

 

Voilà, en résumé. Je ne vais pas m’étendre sur le fait que tout ceci n’est issu que de Textes écrits par des humains et par conséquent hautement subjectifs…Le débat est sans fin.

 

Ce qui m’interpelle, c’est l’idée que Dieu, dans l’éventualité de son existence bien entendu (mais ça n’est pas le sujet), aurait nécessairement opté pour une création figée. Cette phrase « il vit que tout était bien », ne signifie pas obligatoirement, à mon sens, que les données insérées dans l’Univers et sur la Terre étaient définitivement intangibles. Il peut au contraire s’agir simplement d’une « mise en marche », comme les éléments précurseurs indispensables à l’évolution. Dieu est peut-être intéressé par l’évolution et non adepte d’une vie cristallisée. Comment d’ailleurs concevoir qu’un Dieu imaginerait que la Vie puisse être une création enkystée alors que tout ce que nous voyons de la Vie clame le contraire.   

A mon sens, l’erreur de Dieu aurait été de croire (c’est amusant d’associer ce verbe à Dieu) que la Vie n’évoluerait pas.

Imaginons maintenant qu’il savait très bien ce qu’il faisait et, qu’une fois, insufflé les éléments vitaux, il se serait reposé pour voir la suite.

Dieu serait un « expérimentateur » et non un simple Créateur.

 

Regardons les artistes, peintre, dessinateur, musicien, écrivain. Leurs créations sont figées. C’est ce qui les pousse d’ailleurs à en créer une autre. Celle qui est terminée n’a plus aucun intérêt. Comment imaginer que Dieu se serait éreinté à créer quelque chose qui n’aurait plus aucun intérêt ?

 

L’évolution est bien plus intéressante à observer. Dieu ne serait pas qu’un artiste. Sa création n’a pas de limite parce qu’elle est une expérience. Nous sommes quelques-uns des expérimentés.  Pas nécessairement les plus pertinents si on observe les dégâts occasionnés à l’expérience.

 

Se pose dès lors le problème de l’intérêt de l’expérience.

Si nous considérons que Dieu continue à observer l’évolution comme un expérimentateur assidu, on est en droit de se demander s’il n’est pas un peu déçu. Avait-il imaginé un tel désastre quant à l’ensemble des éléments insérés dans l’expérience ? Cette espèce humaine est éminemment un sérieux problème. Complexe, inattendue, brutale et parfois aimante, destructrice et parfois géniale, indifférente et parfois compatissante.

Imaginons que Dieu dans son interrogation pèse le pour et le contre. Il a déclenché l’expérience mais n’est jamais intervenu, comme tout bon scientifique. Il faut aller à terme sans influer sur les évènements naturels. Bon, très bien mais là, cet homme met en danger la totalité de l’expérience.  Que faire ? C’est intéressant d’imaginer un Dieu perturbé ! Ca l’humanise !  

Mais que peut-il faire ? Intervenir pour extraire cet élément qui échappe à toute raison (ou qui se sert de sa raison contre lui-même…) afin de laisser l’expérience se poursuivre tranquillement ? Après tout, on peut envisager une multitude de voies évolutives une fois l’humanité retirée du manège…Ca peut être intéressant pour Dieu alors que là, franchement, il doit un peu s’en mordre les doigts…Ca sent le roussi (radioactif entre autre.) Et puis, après tout, c’est lui le patron. Le bocal lui appartient.

 

En même temps, c’est un constat d’échec et ça, c’est dur à encaisser, même quand on est Dieu.

Se peut-il que cet homme change de voie un jour prochain, évolue enfin vers une conscience non duale et cesse de se prendre pour le nombril du monde ? Dieu a bien dû voir que tous ces êtres humains ne sont pas à mettre dans le même sac. Ils sont, tout de même parfois, d’une richesse intérieure éblouissante et il serait malheureux de se passer de ces grands moments de bonheur que ces êtres lui procurent. Cruel dilemme divin. D’autant plus que Dieu ne peut pas demander son avis à qui que ce soit. Ca doit le miner un peu parfois d’ailleurs cette solitude. Heureusement qu’il y a parfois ces « Eveillés » qui se connectent. Tiens, oui, c’est vrai. Ca serait vraiment malheureux de supprimer l’humanité et de se priver de l’immense sérénité de ces individus. Et puis cette multitude d’enfants, comment les condamner alors qu’ils n’ont encore rien pu décider ? Ca serait injuste.  

  

Que peut-il faire ? S’il veut rester objectif, et on est en droit d’espérer que Dieu le soit, il ne peut pas laisser ses émotions l’envahir et lui dicter une décision arbitraire et inique.

Du coup, il est peut-être retourné s’asseoir et il regarde la suite. 

Commentaires (1)

Lajotte Françoise
  • 1. Lajotte Françoise | 03/04/2011
A tord où à raison, j'ai imaginé Dieu comme une intention. Impossible pour moi en regardant la complexité si intelligente de l'univers entier, en observant que tout est intrinsèquement lié (un seul être, élément, manque et tout est détraqué, voire dépeuplé)impossible donc que ce soit pour rien,sans sens, sans "intelligence" autre, sans intention.
Cependant, nous ne sommes pas en mesure de connaître cette intention, tout au plus et très personnellement, j'y vois peut-être bien un terrain mis en place pour une évolution, cela ne répond pas au "pourquoi une évolution, quelle en estla raison?" mais nous est-il nécessaire, en incarnés que nous sommes, de pouvoir répondre à cette question?
A partir de la, la question du bien et du mal... Je vois aussi cette humanité autant merveilleuse que destructrice. Deux facettes, deux choix pour nous? L'une bonne, l'autre mauvaise? Je ne sais pas. Je n'arrive pas à me convaincre totalement que le "mal" n'a pas sa raison d'être, comme un passage obligé, comme connaître le froid pour comprendre le chaud, etc... Peut-être aussi, pourquoi pas, pour apprendre à unifier les deux et créer la douce tièdeur? Ou bien avoir la possibilité du choix? Ou que sais-je d'autre. N'est-ce pas à travers nos maux qu'il nous arrive d'ouvrir nos yeux, de comprendre, de grandir, si nous le voulons bien? Pourquoi pas alors au niveau universel?
Je doute que "Dieu-intention" soit déçu, je ne peux m'empêcher de penser qu'il ne "voit" pas le bien, le mal mais seulement un mouvement en évolution dont les remous seraient tout simplement normaux.
Ceci ne signifie pas que nous puissions nous autoriser à faire n'importe quoi!!! Si les horreurs sont là et nous apparaissent comme telles,c'est bien pour quelque chose non? Nous nous sommes poussés aux extrêmes, nous avons fait semblant d'être Dieu tout puissant, nous sommes devant l'évidence de notre erreur, c'est très bien, changeons de route, réintégrons notre humilité. L'apprentissage se fait par essais erreurs... Je suis persuadée que l'univers, un jour (selon notre notion du temps)répondra à l'intention.

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