Essence et personnalité.

J'essaie de comprendre...

D'où vient ce flegme des Japonais, cette étonnante sérénité, acceptation, stoïcisme, impassibilité ? S'agit-il bien de ça d'ailleurs ou plutôt d'un abattement, d'une stupeur qui les fige? ...

Je ne connais pas assez ce peuple pour pouvoir en juger. Mais l'interrogation m'amène à cette distinction entre l'essence et la personnalité. Y a-t-il en eux une part qui prédomine ou la fusion des deux explique-t-elle cette attitude ?

 

L'essence est ce que l'individu porte avant que l'éducation ne vienne y développer une personnalité fluctuante et amovible.

Et je fais un parallèle avec le fonctionnement des Kogis, cette maîtrise des émotions, cet amour ineffable de la Nature, cette bénédiction constante de la source de vie.

En écoutant les commentaires des Japonais, leur conscience soudaine de la force brute de la Nature, je sens poindre un retour à cette essence, comme si cette personnalité rapportée avait volé en éclat, ces certitudes balayées par le tsunami. Ce peuple qui vit dans une euphorie matérielle et qui voit disparaître tout ce sur quoi leur existence et leur personnalité se sont bâties...Et ce retour instantané, extrêmement violent à cette humilité que les Kogis n'ont jamais délaissée. Cette impression que nos sociétés matérialistes, celle des Japonais comme celle de l'Occident survivent dans une illusion particulièrement fragile, des personnalités issues d'un conditionnement sociétal, organisé, planifié, mercantile.

J'entends des individus ébahis par la puissance de la nature prendre conscience de leur infinie fragilité et en même temps être fascinés par cette hégémonie de cette Nature. Comme si, soudainement, jaillissait en eux une essence originelle, une conscience mise à jour devant le désastre et l'effacement de tous les paravents.

J'en suis immensément ému... Je rêve d'un nouveau monde.  

L'essence et la personnalité fusionnées au coeur des âmes. Plus jamais ce détachement prétentieux, ni pour autant un retour à la "préhistoire" mais une conscience maintenue d'un partage respecteux entre une Nature indomptable et un établissement des êtres humains dans une sérénité contemplative. Cette impression que nous arrivons à un terme. Celui d'une exploitation inconsidérée et de la violence incommensurable qui en résulte.

 

Je rêve d'une humanité sereine. Cette "décroissance" dont nous connaissons les objectifs survient sous la fome d'un désastre humain. En faudra-t-il d'autres pour que nous comprenions que cette voie matérialiste est une erreur ?

Les Kogis ont développé une société spirituelle et nous les regardons comme des individus primitifs parce qu'ils ne cherchent pas l'exploitation outrancière de la Nature à laquelle ils appartiennent. Ils ne sont pas malheureux, ils ne refusent pas la modernité tant qu'elle ne les entrave pas bien qu'ils aient considérablement souffert de la violation de leurs terres, du massacre de leurs clans, du pillage de leur culture, des tentatives de christiannisation...Ils ont su maintenir cet équilibre duquel nous nous sommes extraits parce que la croissance nous apparaissait comme une voie de progrès, parce que certains individus habiles y trouvaient des intérêts et qu'ils ont su entraîner la masse dans leurs intentions possessives. Nous sommes éduqués à la croissance, nos personnalités ont pris le pas sur cette essence étouffée.

Il suffit d'un cataclysme pour que tout retombe.

Je rêve aujourd'hui d'une croissance de l'éveil.    

Commentaires (1)

Lajotte Françoise
  • 1. Lajotte Françoise | 17/03/2011

En ce moment, je ne sais même plus quoi dire... Mais mon abattement ne servira à rien!
Je partage ton rêve, peut-être que le temps de sa réalisation arrive mais faudra-t-il encore voir davantage d'horreurs avant?
Les Kogis et d'autres semblables, que nos yeux et notre comprhénsion se tournent vers eux puisque nous avons tant oublié.
Françoise.

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