Les trois tamis.

"Les trois tamis"
Un jour, quelqu'un vint voir Socrate et lui dit :
- Écoute, Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s'est conduit.

- Arrête ! interrompit l'homme sage. As-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ?

- Trois tamis ? dit l'autre, rempli d'étonnement.

- Oui, mon bon ami : trois tamis. Examinons si ce que tu as à me dire peut passer par les trois tamis. Le premier est celui de la vérité. As-tu contrôlé si tout ce que tu veux me raconter est vrai ?

- Non, je l'ai entendu raconter et...

- Bien, bien. Mais assurément tu l'as fait passer à travers le deuxième tamis. C'est celui de la bonté. Ce que tu veux me raconter, si ce n'est pas tout à fait vrai, est-ce au moins quelque chose de bon ?

Hésitant, l'autre répondit : Non, ce n'est pas quelque chose de bon, au contraire...

- Hum ! dit le Sage, essayons de nous servir du troisième tamis, et voyons s'il est utile de me raconter ce que tu as envie de me dire...

- Utile ? Pas précisément.. .

- Eh bien ! dit Socrate en souriant,

si ce que tu as à me dire n'est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l'oublier...

Apologue grec

Auteur inconnu




Vrai, bon, utile.
Il a bien fallu à une époque épique de ma vie que je fasse l'épreuve de Dieu, comme un dernier recours.
Ca n'est pas passé à travers les trois tamis.

Vrai : impossible à vérifier.
Bon : pas avec ce que les hommes en ont fait.
Utile : ça ne me l'était pas.

J'étais déjà sous l'emprise de la douleur. Je ne voulais pas ajouter la soumission ou la servitude.
Mais j'ai réalisé plus tard, que le filtre des trois tamis subissaient dans mon cas de multiples influences. Ca n'était pas moi qui avait répondu. Je n'avais fait que me soumettre à un rejet généré par les hommes et leurs errances. Ce Dieu que je refusais n'était pas le mien mais une image flouée par l'humanité.
Alors que je prônais la lucidité et la liberté spirituelle, je rejetais sans vergogne une entité que je n'avais même pas cherché à rencontrer. C'était juste un déni rageur. Une réaction à travers laquelle je pensais pouvoir vénérer ma force de caractère...Risible...Je n'avais rien cherché. J'étais sous influence. A ne pas vouloir me soumettre, j'adoptais une attitude insignifiante camouflée sous des prétentions intellectuelles.

Je n'avais rien éprouvé.
Puisque tout est là. Le ressenti et pas l'intellect. Je critiquais les oeillères présumées des croyants et je calquais mes regards sur les incroyants. Le même fonctionnement. Aucune liberté.

Une révélation.
Pour répondre à la question de Dieu, je devais engager mes propres recherches. Ne rien adopter, ignorer les clans, effacer les influences, briser les résistances, mettre l'âme à nu.
Vaste programme.
J'ignorais encore à quel point la douleur est un épurateur redoutable. Il a suffi que ça monte d'un cran. Puis un autre, un autre...

Et que ce chemin de vie me mène à un "amplificateur". C'est comme ça que j'ai appelé la personne qui m'a montré comment me soigner.
Rencontre avec le flux vital. Le nom de Dieu ne convient pas. Il porte trop de déviances.
Je n'ai pas de nom précis d'ailleurs. L'énergie, la vibration, la source, le coeur... le mot est une limitation et on ne peut pas limiter ça. Ne pas commettre la même erreur que les hommes.

Je n'ai pas de croyance. Mais une certitude. Mais je ne sais pas en quoi puisque ça n'a pas de nom et que l'incomplétude de notre esprit souffre de ce qui n'est pas nommé. Mais je sais ce qui vibre en moi. Et quand je m'assois au sommet d'une montagne, quand je marche, quand je contemple le ciel, quand je ne pense plus, je suis relié.


Là, c'est vrai, bon et utile. Puisque c'est à moi. Uniquement à moi. Et donc au Tout.

Commentaires (2)

Thierry
  • 1. Thierry | 18/09/2010
Oh que oui...Mais il faut réussir à s'en servir en lâchant prise...
  • 2. | 18/09/2010
La douleur morale, physique, nous aide peut-être à franchir cette première porte qui ouvre sur l'humilité où déjà il fait un peu plus clair.
Françoise.

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