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  • "Comment s'organiser dans un monde instable ? "

    Si vous avez davantage de temps ^^

    Pour ma part, quand j'écoute des vidéos, j'augmente la vitesse dans les paramètres ^^ 

     

    183 964 vues 2 nov. 2025 ✪ Priorité aux membres le 2 novembre 2025 GÉOPOLITIQUE

    L'humanité entre dans une phase chaotique. Un monde instable. Pour Olivier Hamant, le monde va radicalement changer dans les années à venir. Notre monde, basé sur un climat stable, va en grande partie s'effondrer. L'économie globalisée, reposant sur des infrastructures, des transports, ou des technologies ultra-performantes va être violemment percutée par un climat chaotique comme par l'effondrement du vivant. Pour Olivier Hamant, le paradigme de la performance va être remplacé par celui de la robustesse.

    Interview réalisée par Maxime Thuillez à l'Académie du climat Montage : Michael Granier

  • Olivier HAMANT, biologiste.

    Encore une personne dont je regarde les publications car il a une vision très large de tous les problèmes inhérents à un futur incertain mais sa vision reste fondamentalement créatrice, compliquée dans les mises en forme mais positives dès lors qu'un mouvement de masse s'enclenche. Et à mon sens, tout le problème est là. Les résultats des écologistes aux municipales reflètent bien "l'intérêt" très modéré des Français envers l'écologie qui reste pour beaucoup une "écologie punitive" alors que c'est justement en niant l'écologie que l'humain se punit. Nous n'avons plus le choix et tous les retards qui seront pris compliqueront encore davantage la résolution des problèmes. Pour ma part, j'attends davantage des individus en tant que masse de citoyens que de l'ensemble de la sphère politique. Il vaut mieux cent mille "colibris" qui oeuvrent de leur mieux que cent "rapaces" qui gouvernent. 

     

    21 571 vues 14 mars 2026 #ecologie #climat #futur

    Dans cet extrait publié sur la chaîne de la Ville de Grenoble, le biologiste Olivier Hamant, directeur de recherche à l’INRAE, chercheur à l’École normale supérieure de Lyon et directeur de l’Institut Michel-Serres, décrit à quoi pourrait ressembler le monde en 2040. Il évoque la fin possible de l’agriculture intensive, la montée de l’agroécologie, les technologies réparables, les low tech, l’économie circulaire et les biomatériaux. Inspiré par la robustesse du vivant, il explique pourquoi nos sociétés devront s’adapter à un monde plus instable et repenser énergie, technologie, santé et modes de vie.

     

    52 306 vues 21 mars 2026 #environnement #ecologie #nature

    Conférence de Olivier Hamant, biologiste et directeur de recherche à l’INRAE, à l’Académie du Climat. Il explique pourquoi réduire la crise écologique au CO2 est une erreur et comment certaines solutions aggravent biodiversité, pollution et ressources. Il défend une approche centrée sur le vivant, l’agroécologie et la robustesse pour répondre aux enjeux climat, écologie et transition. Une analyse forte sur le climat, la biodiversité, le carbone, les batteries et les limites des solutions technologiques.

     

  • Magouilles "Trumpistes"

    C'est important d'aller fouiller dans les archives quand on veut comprendre les réelles intentions de certains dirigeants de ce monde...Depuis le début du conflit Iran, Israël, USA, le pétrole a passé la barre des 100 dollars, une hausse tout aussi importante sur le gaz et je ne parle pas des sociétés d'armement. Maurel Prom, Exail technologies, Exosens, Dassault Aviation, Thalès, elles sont très nombreuses à avoir profité de la guerre.

    "Profiter de la guerre", l'expression est monstrueuse mais on sait tous que c'est la réalité.

    Je pourrais également parler de la vente à découvert, la fameuse "VADE" qui consiste à vendre un titre pour faire tomber sa valeur boursière et gagner à la baisse puis ensuite, quand une information positive tombe, profiter de ce cours boursier descendu très bas pour en racheter et enclencher la hausse. Des valeurs qui sont tombées bien en-dessous de leur valeur réelle, celle qui devrait refléter la bonne santé de l'entreprise, seront recherchées par les investisseurs.Tous les traders connaissent ce système. Je vous laisse imaginer les sommes stratosphériques que les financiers les plus proches de Donald viennent d'encaisser. Ces gens n'ont strictement aucune morale. Et ils sont au pouvoir. Et comme les "citoyens" leur ont donné tous pouvoirs, ils s'assoient sur les règles et s'enrichissent. Et les citoyens se réjouissent de vivre en "démocratie". LOL ^^ Est-ce qu'on a une idée du nombre de morts dans le conflit en cours ? Non, personne. Et les milliardaires comptent leurs sous. 

     

    Trump se vante dans Oval Office que ses amis milliardaires ont fait un meurtre dans les actions après qu'il a tiré le bouchon sur les droits de douane

    Mary Papenfuss à San Francisco

    Vendredi 11 avril 2025 11:00 BST

    https://www.independent.co.uk/news/world/americas/us-politics/trump-billionaire-profits-dropped-tariffs-b2731386.html

     

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    Trump se vante de faire courir des pilotes que l'ami Charles Schwab a gagné $2bn du chaos boursier

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    Le président Donald Trump a joyeusement raconté combien d'argent ses amis milliardaires ont gagné sur le marché boursier après qu'il a soudainement suspendu la plupart de ses droits de douane mondiaux.

    Les actions ont zoomé mercredi après que Trump a tiré le bouchon sur les tarifs.

    « C’EST UN EXCELLENT MOMENT POUR ACHETER !!! » Il a exhorté à Truth Social peu de temps après l'ouverture du marché et avant de suspendre les prélèvements pendant 90 jours seulement quatre heures plus tard.

    Les actions ont bondi de plus de 7% mercredi dans les minutes qui ont suivi son annonce suspendant le tarif pendant 90 jours. Le marché a finalement clôturé plus de 9% de plus.

    Au bureau ovale de la Maison Blanche ce jour-là, Trump a pointé du doigt une paire de visiteurs milliardaires.

    « Il a gagné $2,5 milliards, et il a gagné $900 millions! Ce n’est pas mal ! » Trump a déclaré, pointant vers l'investisseur financier Charles Schwab, puis le propriétaire de l'équipe NASCAR, Roger Penske. Les hommes faisaient partie d'un contingent d'invités en visite de notables de course.

    Schwab est estimé à $12,9 milliards et Penske $5,6 milliards.

    Bloomberg a rapporté que mercredi était le « meilleur jour de tous les temps » pour les milliardaires alors que les personnes les plus riches du monde ratissaient $304 milliards alors que les marchés remontaient en puissance.

    Les mannes de mercredi ont déclenché des accusations de manipulation du marché et même de délit d’initié, alors que les critiques de Trump accusaient le président de faire basculer ses amis bien talonnés pour acheter, sachant qu’une suspension des tarifs sur sa commande stimulerait les cours des actions.

    Le démocrate de Californie Adam Schiff demande une enquête du Congrès.

    Le sénateur démocrate de l’Arizona, Ruben Gallego, s’est joint à Schiff pour signer une lettre envoyée à la Maison Blanche jeudi matin pour « demander une enquête urgente sur la question de savoir si le président Trump, sa famille ou d’autres membres de l’administration se sont livrés à des transactions d’initiés ou à d’autres transactions financières illégales » avec une connaissance approfondie des informations non publiques sur le changement de politique tarifaire.

    Un porte-parole de la Maison Blanche a accusé les démocrates de jouer à des «jeux partisans» après des appels à une enquête.

  • La résonance

     

    La résonance, ce n’est pas fusionner avec la nature.
    C’est cesser de se croire séparé d’elle.

    Depuis combien de temps l'humanité s'est-elle fourvoyée ? Depuis combien de temps considère-t-elle la nature comme un espace à exploiter, à contrôler, à transformer, à comprendre non pas pour la protéger mais pour l'assujettir.

    Je sais que je me suis déjà posé la question, que j'ai déjà écrit là-dessus mais je ne sais plus quand ni encore moins le titre de l'article. C'est déprimant d'ailleurs de voir que je me pose sempiternellement les mêmes questions au regard des mêmes constats.

    Rien ne change.

    Le ministère de l'écologie est une aberration, parler d'environnement est une absurdité, classifier les espèces selon leur côté utile ou nuisible est une abomination. La nature ne nous entoure pas, nous sommes aussi de la nature et c'est parce que nous nous sommes extraits de ce "Réel" que nous considérons notre "réalité" comme juste. Non, notre réalité est une fausse route.

    Le ministère de l'écologie, de la nature, de la transition écologique ou n'importe quel autre nom qu'on donne à cette entité ne sera jamais que la continuité d'une démarche spirituelle obsolète mais que les gouvernants et une bonne partie de l'humanité s'acharnent à péréniser. Il ne s'agit pas de chercher à fusionner avec la nature mais de prendre conscience que, fondamentalement, nous ne pouvons pas être séparés d'elle. Et c'est parce que, intellectuellement, nous nous sommes persuadés que nous lui étions supérieurs que nous nous condamnons en même temps qu'elle. 

     

    LE DESERT DES BARBARES

    Extrait

    « Nous sommes la Terre et la Terre est ce que nous sommes, reprit Tim, avec une voix déterminée, une intonation appuyée.

    - Qu’est-ce que tu veux dire ?

    - Tant qu’il y a aura l’idée d’un ministère de l’environnement, quel que soit son nom, c’est que les humains n’auront toujours rien compris. Il n’y a pas nous d’un côté et la Terre de l’autre. Il y a nous, Terre et humains, dans une même entité, englobée par la galaxie, elle-même englobée par l’univers. Et tout ça forme un tout. Les humains exploitent la Terre sans aucune modération parce que les humains s’exploitent eux-mêmes sans aucune modération depuis des siècles mais maintenant la dégradation spirituelle des humains a des effets sur la vie spirituelle de la Terre.

    - La vie spirituelle de la Terre ? reprit Francis, dubitatif.

    - Je t’ai dit il y a quelques temps que mes travaux personnels n’entrent pas dans la logique cartésienne et dans l’esprit formaté des humains. Je suis au-delà. Est-ce que tu veux vraiment que je continue ?

    - Oui, je t’écoute, désolé, je ne t’interromps plus.

    - La Terre est un être vivant, les anciens grecs l’appelaient Gaïa. Elle est dotée d’ondes, des vibrations, une fréquence électromagnétique, imagine des vagues qui enveloppent la planète, des vagues de pulsations, on ne les voit pas mais on sait les enregistrer, c’est ça la résonance de Schumann dont je t’avais parlé. C’est le nom du scientifique qui les a identifiées et ça date des années 1960. »

    Tim était parti dans son univers, Francis le sentait, un débit mesuré mais une voix affirmée, un esprit délié, une parfaite connaissance de son sujet. Il émanait de lui un plaisir évident, une forme de joie profonde qui le transformait et le rendait passionnant. Il rappelait à Francis un professeur d’université qu’il avait beaucoup apprécié.
     

    « La Terre émet des ondes et notre cerveau entre en résonance avec ces ondes. Les humains sont des antennes cosmo-telluriques. Les animaux également et les plantes. Tout ce qui est animé par la vie. Nous sommes tous dans un état de perception des phénomènes électromagnétiques de la Terre. Le cerveau, lorsqu’il est en mode d’ondes alpha, est particulièrement réceptif. Pendant la méditation par exemple. Ou dans l’usage de drogues pour d’autres, le LSD particulièrement, quand on sait s’en servir, bien évidemment. Tout ça se passe dans l’ionosphère et bien que l'existence de la résonance de Schumann soit un fait scientifique établi, il y a très peu de scientifiques qui sont conscients de l'importance de cette fréquence mais ça n’a rien d’étonnant. Le développement de cette connaissance balayerait une bonne partie de l’industrie pharmaceutique. C’est toujours pareil. On ne trouve que ce qu’on cherche et pas grand-monde n’explore cet espace parce que financièrement, ça ne serait pas rentable et ça contesterait très fortement l’hégémonie de la médecine allopathique. Ces découvertes ont été reprises par d’autres scientifiques en 1979. Tu imagines le temps perdu. Et ça n’est pas parce que ça ne tenait pas debout mais uniquement parce qu’il n’y a pas de subventions pour des études qui ne rapporteraient pas dix fois ce qu’elles ont coûté.

    - Et donc, toi, tu as repris tout ça ?

    - Oui, mais sans en parler. Je profite de mon job. Le gouvernement met à ma disposition tout ce que je demande. Je leur file ce qui les intéresse et je garde le reste.

    - Bon, et c’est quoi le problème avec cette résonance ?

    - Tu as entendu parler des orages dernièrement ?

    - Oui et j’en ai même connu certains, des phénomènes surpuissants.

    - Pas grand-chose puisque tu es toujours en vie.

    - Ah, oui, d’accord. Et donc ?

    - Depuis plusieurs mois la recrudescence des orages et leur ampleur est reconnue par tous les organismes chargés de les enregistrer. Partout sur la planète et plus étrange encore à des périodes inhabituelles. L’ionosphère se charge de l’énergie propagée par les éclairs. Le niveau vibratoire s’amplifie. La résonance n’est plus de 7,83 hertz mais aux environs de 30. Les scientifiques qui bossent là-dessus ont des explications rationnelles. Moi, j’en ai une autre. Mais il faut que je t’explique en détail le phénomène pour que tu comprennes bien mon hypothèse. 

    - Ah, parce que là, tu n’as pas encore expliqué ?

    - T’es un marrant. J’ai à peine commencé. Tu crois peut-être que je vais te résumer dix ans de mes recherches en trois phrases ?

    - Ouais, évidemment. Vas-y, je t’écoute. »

  • Le détroit d'Ormuz

    Inutile de présenter Jean-Marc Jancovici. 

    Cyrus Farhangi est moins connu du grand public.

    Pour ma part, je lis attentivement tout ce qu'il publie. Tout comme le fait JM Jancovici.

    La qualité, ça se partage. 

     

    Jean-Marc Jancovici 

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    "Le nerf de la guerre n’est pas comme on le dit parfois abstraitement de contrôler le détroit d’Ormuz — mais bien d’assurer la sécurité de navigation le long d’un rail de plus de 1500 kilomètres de long, et dans une zone maritime de plus de 200 000 kilomètres carrés, jamais située à plus de 100 kilomètres de la menace."

    Un extrait instructif parmi d'autres de cet article de Stéphane Audrand, permettant de comprendre la difficulté à securiser le trafic maritime dans le Golfe persique. Difficulté géographique mais également militaire, l'article faisant le tour des nombreux avantages asymétriques de l'Iran, avant de conclure sur les leviers d'action pour sécuriser à nouveau le trafic.

    https://legrandcontinent.eu/.../17/tactique-bataille-ormuz/ (cliquer sur le lien)

     

  • Crise après crise

    Crise après crise, rien ne change

    J'avais regroupé dans la rubrique des "THEMES" les articles évoquant les périodes de crise. Certains articles ont plusieurs années. Il doit certainement en manquer. Je ne suis pas assez rigoureux dans mes archives. En mêmes temps, avec plus de 5000 articles, je m'y perds un peu.

    THÈME : Crise (12)

    Je pense en fait que les peuples ne veulent pas entrer dans la phase de deuil, ce deuil qui consisterait à reconnaître, à valider, à accepter que notre monde "moderne" est en soins palliatifs et qu'il serait temps, grandement temps, d'anticiper sur l'après. Car il y aura un après.  

    Cet article date de 2021. 

    Crise et processus de deuil

    Par

    Le 07/02/2021

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    Si je mets ce processus en ligne, c'est parce qu'à mon avis, c'est ce que l'humanité vit déjà et va connaître dans les décennies à venir au regard du paradigme consumériste et de croissance infinie. Nous sommes dans les premières phases, à des degrés divers, selon les individus.

    "Celui qui croit qu'une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou ou un économiste". Kenneth Boulding (économiste américain (1910-1983)

    Chacune de ces étapes peut être utilisée dans le cadre de la dégradation de la biodiversité, de toutes les atteintes à la vie, et elles sont aujourd'hui planétaires. 

    Tous ceux qui refusent de l'admettre contribuent en fait à l'accélération du processus. Ceux-là sont dans le "déni". Ils constituent le "moteur" de la croissance, un carburant dont se servent les instances dirigeantes. Je l'ai écrit maintes fois : les responsables ne sont pas à chercher en haut de la pyramide mais à sa base. 

    D'autres, ceux qui cherchent à savoir et refusent de se voiler la face, sont dans la phase de "choc".

    D'autres sont entrés dans la "sidération".

    Beaucoup, je l'ai dit, sont donc figés dans le "déni."

    D'autres sont entrés dans le domaine de la "colère." Ceux-là agissent. Autant qu'ils le peuvent. Il ne s'agit pas de tout brûler et de prôner la guerre civile ou la révolution ou la pendaison de tous les instigateurs du "système". Nous sommes tous "le système" dès lors que nous n'avons conscience de rien.  

    La "résignation", la "dépression", on voit de plus en plus d'individus qui en sont frappés. Il ne s'agit pas de "dépression évènementielle" liée aux aléas de l'existence mais d'une dépression générée par un état des lieux planétaire. C'est ce qu'a vécu Greta Thunberg par exemple. 

    Il n'y a pas d'évolution planifiée et régulière mais des phases de retour puis des progressions. Comme des vagues, des flux et reflux mais la progression continue, chaotique pour certains, progressive pour d'autres. Ou inexistante pour beaucoup. 

    J'ai longtemps alterné entre les phases d'abattement et de colère.

    J'ai le sentiment aujourd'hui d'être parvenu à ce fameux "fatalisme", le lâcher-prise, le fameux "agir dans le non-agir" asiatique qui permet de gérer les émotions. Et de construire.

     

     

     

    Étapes du deuil

    Les travaux d'Elisabeth Kübler-Ross font retenir cinq étapes d'un deuil.

    Le choc ou la sidération

    Le terme de sidération peut tout à fait convenir pour qualifier la réaction de la personne face à l'information. Selon les personnalités, cette réaction peut se traduire par une grande agitation ou une paralysie. C'est ce que nous nommons un choc.

    Le déni

    Ensuite, à ce premier état va s'ajouter le refus de croire l'information. Arguments et comportements de contestation, rejet de l'information apportée et vécue comme choquante. Une discussion intérieure ou/et extérieure peut porter sur la vraisemblance de l'évènement annoncé : - Ce n'est pas vrai, pas possible…

    La description de ce moment est succincte, mais il ne faut pas croire que cette brièveté signifie que l'état n'est pas important. Il arrive que des personnes restent bloquées dans cet état… ou qu'elles y reviennent, comme dans un refuge. C'est ce que nous nommons le déni.

    La colère

    La personne est confrontée à la vérification entêtante de l'authenticité de l'information. Son état va se complexifier avec des attitudes de révolte, tournée vers soi et les autres. Les intensités sont variables, selon l'amplitude du système affectif de la personne. Dès lors, la pensée de la personne se nourrit de fortes contradictions. Elle peut passer de l'accusation à la plus grande considération. Emportée par des réactions paradoxales liées à son système de fonctionnement et à ses interactions, elle peut être entraînée dans le plus grand mutisme ou aller dans une volubilité incontrôlable. Elle vit de la même manière des sentiments de culpabilité. Elle intériorise ou / et exprime toutes sortes de critiques, de jugements.

    La personne est dans des états hors de soi. Des pulsions de vengeance peuvent ainsi la pousser à avoir des comportements qu'elle ne comprend pas elle-même. Confrontée à l'impossibilité d'un retour à la situation dont elle doit faire le deuil, la personne vit avec incompréhension une répétitivité de la cause du deuil. Elle subit ses propres reproches, ses remords, ses ressentiments, des dégoûts, de la répulsion. Elle se bat et se débat. Elle peut agir de manière déroutante pour autrui. Tout en elle cherche à ne pas "plonger". Selon ses ressources, elle va agir en séduction ou en agression. Mais tout semble la ramener sur le sujet qui l'obsède. C'est la colère animée par une sorte de disque rayé et parfois une frénésie compensatoire pour contrecarrer l'éventuel sentiment de rejet ou de dévalorisation.

    L'abattement, la tristesse jusqu'à la dépression

    La tension violente que peut provoquer l'état de colère, entretenu malgré soi, peut engendrer un épuisement organique. Mêlant tout à la fois le choc initial, le déni et la colère, la personne peut en arriver à vivre un abattement, plus ou moins profond.

    La personne subit un état de résistance à la soumission. Une guerre en soi, avec le sentiment déchirant d'une guerre perdue d'avance. Cet état peut aller jusqu'à la dépression, laquelle peut se caractériser par des douleurs physiques, maux de tête, de ventre, douleurs dans le dos, courbatures, ainsi que des attitudes et comportements suicidaires. Néanmoins, l'ensemble interagissant des états internes peut lui faire revivre les émotions et les comportements antérieurs. Elle devient ici particulièrement "difficile à vivre". Le plus souvent, elle est dans la fuite intérieure et parfois extérieure, avec des tentatives dispersées, imprévisibles, de recherche du retour - que nous pourrions désigner comme des régressions dans les divers états vécus depuis le début du processus. Cet état qui se développe pour arriver parfois à des points culminants de la dépression et de destruction peut être exprimé de manière paradoxale : dramatique en soi et non exprimé vis-à-vis des autres. Sa durée n'est pas liée à l'intensité des sentiments que la personne éprouvait pour le tiers. C'est au moins en tout cas un état de désespérance qui peut s'estomper, mais rarement disparaître soudainement.

    La résignation

    La résistance de l'organisme peut ensuite conduire la personne vers l'abandon de cette lutte au cours de laquelle elle peut avoir le sentiment d'avoir tout essayé pour revenir à la situation perdue. Elle peut parfois se réfugier dans l'étape du déni. C'est le cas de ces personnes qui mettent le couvert des personnes décédées (ou parties). Le plus souvent, suivant cette "boucle infernale", elle en arrive à un véritable abandon. Parfois dépressive, parfois redevenant sociable, la personne se laisse porter par le déroulement de la vie. Elle n'a aucune visibilité de ce qu'elle peut faire. Elle agit au gré des circonstances, selon ce à quoi la renvoie l'évènement auquel elle est confrontée. C'est la résignation. Mais cette résignation peut se composer de soumission ou de rejet.

    L'acceptation fataliste

    Le précédent état a provoqué une relative ouverture. Le caractère obsédant de la cause du deuil s'estompe. C'est la vie. L'heure est au fatalisme. Il arrive encore que la personne manifeste des états antérieurs. L'intensité est plus faible. Les périodes d'abattement sont moins longues. Elle conçoit quelques projets. C'est l'acceptation. Ce contexte interne est fortement entretenu dans nombre de cultures, avec la fatalité, l'attente du revers de la fortune, la volonté de dieu.

    L'accueil ou la résilience

    accueil - intégration de l'expérience, construction, anticipation, projection. La cause du deuil devient un souvenir.

    Pourquoi n'est-il pas plus simple de bien prendre les choses tout de suite ? La question est vaine. Le passé est devenu un héritage d'existence, le présent se vit de manière relativisée et en fonction de projets et d'un regard agréable de l'existence. Ce qui était cause de souffrance est devenu une ressource en soi, apaisement, sourire, voire un "merci" d'expérience… Il s'est opéré une transformation qui n'a rien à voir avec la relativisation de l'étape précédente. Une transformation bénéfique, non un lissage d'expérience de vie. C'est l'étape nommée résilience, terme popularisé en France par l'éthologue Boris Cyrulnik.

    Mais lorsque l'on ne connaît pas ce positionnement, il est inimaginable.

  • Les engrais verts

    Sur l'intégralité de notre terrain, potager et verger, on place des "negrais verts", les fixateurs d'azote et bien évidemment, on récupère également notre urine pour "nourrir" le sol en plus du compost, du broyat, de la paille et du foin. Un sol doit toujours être "couvert". Rien ne se perd, tout se transforme. Des choses simples, efficaces, naturelles. 

     

    Flambée du prix des engrais : “Je ne suis pas du tout impacté par le contexte international”, nous explique cet agriculteur

    Vincent Marrand est un producteur de céréales installé à Gerzat, près de Clermont-Ferrand.

    Vincent Marrand est un producteur de céréales installé à Gerzat, près de Clermont-Ferrand. • © Vincent Marrand

    Écrit par Catherine Lopes

    Publié le11/03/2026 à 06h00

    Temps de lecture : 6 min

    Auvergne-Rhône-Alpes

    Le blocage du détroit d’Ormuz engendre des perturbations sur le marché des engrais. En France, la hausse des prix des intrants inquiète les agriculteurs. Pour le moment, les agriculteurs bio ne sont pas touchés par ces fluctuations. Ils n’utilisent pas d’engrais azotés. Un céréalier du Puy-de-Dôme s’estime privilégié. 

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    Depuis les premières frappes israéliennes et américaines sur l’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, on a beaucoup parlé des conséquences sur le commerce du pétrole et du gaz. Un peu moins du marché des engrais. Le secteur agricole est aussi inquiet. Le marché des engrais, lié aux fournitures d’urée et d’ammoniac, est lui aussi touché par le contexte international. En effet, 33 % du commerce mondial transite par le détroit d’Ormuz. La majorité des engrais utilisés dans l’agriculture actuelle sont faits à base d’urée. Pour cela, il faut de l’ammoniac et pour l’obtenir, du méthane est nécessaire.

    La production d’engrais se fait majoritairement dans le golfe persique, où l’accès au gaz naturel est moins cher. C’est pourquoi beaucoup d’usines de transformation du gaz se sont implantées dans la zone. Dès les premiers bombardements en Iran, l'urée, principal fertilisant utilisé, est passée de 505 à 580 euros la tonne. En France, les dirigeants de la FNSEA ont fait part de leurs craintes face à l’inflation des prix des engrais.

    Pas d'engrais chimiques

    Vincent Marrand, agriculteur bio à Gerzat, près de Clermont-Ferrand, au domaine de Villevaud, semble serein. Il produit du blé, de l'orge, du maïs, du tournesol, du soja, des féveroles, du lin, de la cameline, des pois chiches, des lentilles et du petit épeautre. Son exploitation fait 200 hectares. Il est passé au bio en 2020. Il raconte : “Je ne suis pas du tout impacté par le contexte international et le cours des engrais azotés, car je n’en utilise pas. J'ai fait le choix de passer en bio, pas pour cette raison, mais j'arrive à faire pousser mes céréales sans engrais chimiques”.

    Il utilise la rotation des cultures comme moyen de substitution. L’agriculteur détaille comment il fonctionne : “Je place des légumineuses dans mes cultures, comme la féverole, le pois chiche, la lentille et la luzerne. Ce sont des plantes qui rejettent naturellement de l’azote dans le sol par leurs racines”.

    Des économies réalisées

    Vincent apporte également du fumier, qu’il échange contre de la paille de blé auprès d’un agriculteur de Sauxillanges. Il ajoute : “Je réalise aussi des économies par rapport à l’époque où j’étais en agriculture conventionnelle et où j’utilisais des engrais. Mais je n'ai pas le même modèle économique qu'un conventionnel qui ferait du blé avec de l'engrais. Je le fais en bio et je ne vise pas les mêmes rendements”. Vincent savoure les conséquences du choix de l’agriculture biologique : “Aujourd'hui, je n'ai pas le stress de savoir si j'ai acheté mon engrais au bon moment, si c'était le bon prix. Je ne suis pas embêté avec ça”.

    Des conséquences en cascade

    Bio 63 est une association de développement de l’agriculture biologique qui regroupe des producteurs, des personnes morales, des transformateurs, des magasins bio et des citoyens. Nathanaël Jacquart en est le coprésident. Il explique pourquoi son secteur est protégé de ces fluctuations internationales : “L’agriculture bio est un peu à l’abri. On est très peu dépendants de l’azote minéral, qui est l’azote issu du pétrole. L’azote minéral est interdit en agriculture biologique, dans le cahier des charges”.

    Mais l’agriculture bio n’est pas totalement épargnée : “Toutes les autres sources d’azote sont liées à ces cours de l’azote minéral mondial. La demande initiale sur l’azote en agriculture conventionnelle peut se reporter sur les autres sources d’azote et peut faire mécaniquement monter les prix”. Le cours du fumier pourrait ainsi augmenter. “Il n'y a pas d'augmentation réelle pour l'instant, mais en tout cas, c'est le risque”, prévient Nathanaël Jacquart.

    Le rôle des engrais verts

    En agriculture biologique, les agriculteurs peuvent acheter du fumier à un voisin ou à d’autres producteurs proches. Par exemple, dans la plaine de la Limagne, il existe un système d’échanges. Les agriculteurs peuvent aussi utiliser du fumier déshydraté, acheté en sacs. D’après le coprésident de Bio63, le fumier épandu est à environ 16 euros la tonne. L’agriculture biologique dispose d’un autre levier, les engrais verts. Nathanaël Jacquart détaille comment cela fonctionne : “On sème de l'engrais vert, par exemple, en septembre. Ce sont différentes sortes de plantes, soit en mélange, soit pur : cela peut être une légumineuse ou des céréales, par exemple, mais qui ne vont pas être récoltées, mais qui vont être broyées, et réincorporées au sol”. Cela constitue une source de carbone, quand il s’agit de céréales. Quand il s’agit de légumineuses, ces dernières captent l’azote de l’air. Les agriculteurs bio misent beaucoup sur les rotations d’engrais verts positionnés entre deux cultures. Nathanaël Jacquart rappelle : “Avec cela, on est beaucoup plus indépendants de tous ces cours mondiaux. C’est une vraie force de l’agriculture biologique”.

    Un argument de poids

    Cette relative indépendance vis-à-vis des cours mondiaux peut constituer un argument qui permet de convertir des agriculteurs de passer à l’agriculture biologique. Nathanaël Jacquart insiste : “Cela pourrait être un élément déclencheur. Certains vont peut-être se dire que c’est le moment de sauter le pas”. En revanche, sur la question du GNR, gazole non routier, les agriculteurs bio ne sont pas épargnés. Le prix a quasiment doublé en quelques jours, passant de 800 euros les 1000 litres à 1400 euros. Dans un avenir proche, Vincent Marrand, agriculteur à Gerzat, se dit plus préoccupé par l’envolée du prix du GNR : “C'est vraiment le poste le plus inquiétant. Pour le moment, je le stocke dans des citernes mais d’après ce que j’ai compris, cela va augmenter”. Avec l’arrivée du printemps et le redémarrage des travaux des champs, cette hausse du prix du GNR va être ressentie encore plus durement.

  • Approvisionnement en engrais chimiques

    Tous ceux et celles qui pratiquent la permaculture connaissent l'importance considérable des fixateurs d'azote... Cette crise met en avant l'usage immodéré des engrais chimiques et encore une fois, on peut commencer à parler d'une crise utile. 

     

    Comment la guerre au Moyen-Orient a fait exploser les prix des engrais et sème le chaos dans les champs

     

    Article rédigé par Marie-Adélaïde Scigacz

    France Télévisions

    Publié le 21/03/2026 07:05

    Temps de lecture : 7min Un agriculteur procède à l'épandage d'engrais dans un champs de colza, à Neuensien, en Allemagne, le 18 mai 2017. (JENS BUTTNER / AFP)

    Un agriculteur procède à l'épandage d'engrais dans un champs de colza, à Neuensien, en Allemagne, le 18 mai 2017. (JENS BUTTNER / AFP)

    Du détroit d'Ormuz aux plaines céréalières de l'Hexagone, les impacts du conflit sur le prix du gaz – et donc des engrais – interrogent sur la dépendance de l'agriculture française aux engrais azotés de synthèse.

    "Si le conflit au Moyen-Orient se poursuit jusqu'en juin, 45 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans l'insécurité alimentaire aiguë." Le directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial des Nations unies, Carl Skau, a sonné l'alerte mardi 17 mars. En raison de la hausse des prix de l'énergie, mais aussi des engrais produits en grande partie dans les pétromonarchies du Golfe, la faim dans le monde menace.

    Qu'ils soient organiques (issus du fumier ou du lisier des élevages) ou synthétiques, les engrais azotés visent, en quelque sorte, à "nourrir notre nourriture". Les plantes cultivées à destination de l'alimentation humaine ou animale en ont toutes besoin pour se développer, fabriquer des protéines, etc. A l'exception des légumineuses, toutes puisent une partie de l'azote dont elles ont besoin dans les sols.

    "Mais en général, cette offre du sol ne suffit pas pour obtenir des rendements élevés", explique Sylvain Pellerin, directeur de recherche à l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae). "C'est pour ça que l'on complète cette offre du sol par des apports d'engrais." Or, la guerre qui enflamme le Moyen-Orient depuis le 28 février sème le chaos dans la production et l'exportation de cette précieuse ressource.

    Une production énergivore

    Pour produire des engrais de synthèse, il faut pouvoir fabriquer de l'ammoniac. Et pour pouvoir fabriquer de l'ammoniac ? Il faut du gaz. Beaucoup de gaz. "Pour fixer l'azote de l'air et le transformer en ammonium, le processus chimique est extrêmement énergivore", explique Alain Carpentier, chercheur à l'Inrae. Puisqu'il n'existe pas à ce jour de technologie mature pour produire des engrais de manière décarbonée, les pays qui disposent de grande quantité de gaz, comme les pétromonarchies du Golfe, l'Iran ou encore la Russie, dominent ce marché.

    Jusqu'à 30% des engrais commercialisés transitent habituellement par le détroit d'Ormuz, estime l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture(Nouvelle fenêtre) (FAO). Mais avec la fermeture de ce passage stratégique depuis près de trois semaines et les frappes répétées (américaines, israéliennes ou iraniennes) contre les infrastructures pétrogazières du Moyen-Orient, il devient de plus en plus compliqué de se fournir, alerte l'agence onusienne.

    Si certains pays sont capables d'assurer une partie de la production sur leur territoire – y compris la France, qui produisait en 2022 environ un tiers de ses besoins(Nouvelle fenêtre) – encore faut-il pouvoir importer du gaz pour faire tourner ces usines qui produisent ces engrais. En trois semaines de conflit, le prix du gaz naturel liquéfié a bondi de 35%.

    "On estime que les prix mondiaux des engrais pourraient augmenter en moyenne de 15 à 20% au cours du premier semestre 2026 si la crise persiste."

    L'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO)

    dans une note datée du 15 mars

    Selon une note(Nouvelle fenêtre) publiée par le cabinet Global Sovereign Advisory, "les pays qui produisent des engrais à partir de gaz importé du Golfe sont déjà contraints de réduire leur production (Pakistan, Inde, Bangladesh) ou de limiter leurs exportations afin de protéger leur marché intérieur (Chine)". Alors que s'ouvre la période des semis de printemps dans tout l'hémisphère nord, le gouvernement américain a pour sa part annoncé qu'il autorisait désormais l'importation d'engrais en provenance du Venezuela.

    Plus de coûts ou moins de rendement ?

    Tensions sur les marchés, hausse des prix... Si la crise venait à durer, tous les agriculteurs dont les cultures dépendent de ces intrants seront touchés, y compris ceux qui ne se fournissent pas au Moyen-Orient. Pour un céréalier ou un producteur de pommes de terre ou de betteraves, "les engrais représentent 30% des charges opérationnelles", a rappelé Yannick Fialip, président de la commission économique de la FNSEA, sur franceinfo. Selon lui, une multiplication par deux du prix des engrais azotés représenterait "une hausse qui peut avoisiner 15 à 20 000 euros [annuels] de plus par exploitation".

    Heureusement, "plus de 80% des besoins en fertilisants pour la campagne agricole actuelle 2025-2026 ont déjà été couverts", rassure France Fertilisants, l'union des industries de la fertilisation, dans un communiqué(Nouvelle fenêtre). Pour ceux qui, comme Fabrice Berge, n'avaient pas encore fait le plein d'engrais, la facture est d'ores et déjà douloureuse. Pour sa parcelle de tournesols, ce céréalier de la Vienne rencontré par France 2 déplore un surcoût de 2 300 euros.

    La veille, en Côte-d'Or, Driss Jacquet faisait le calcul : +12 000 euros pour son exploitation qui utilise chaque année environ 300 tonnes d'engrais. "Quand on a vu les prix partir à la hausse, on a décidé de sécuriser notre prix d'achat à 450 euros la tonne auprès de notre fournisseur, mais on avait déjà pris 40 euros par rapport à ce qu'on avait budgétisé", raconte le céréalier à France 3(Nouvelle fenêtre).

    Les craintes concernent surtout l'année prochaine, assure Alain Carpentier. "En cas de forte hausse des prix, deux possibilités s'offrent aux agriculteurs : réduire la surface des cultures gourmandes en azote ou réduire les rendements", résume-t-il. Bref, produire moins.

    "Un agriculteur qui vise un rendement de 9,5 tonnes de blé à l'hectare utilise à peu près 200-230 kg d'engrais à l'hectare. Si le prix est trop élevé par rapport à celui auquel il vendra son blé, ce sera trop cher d'aller chercher cette dernière tonne. Il préfèrera viser un rendement à 8,5 tonnes."

    Alain Carpentier, chercheur à l'Inrae

    à franceinfo

    Là encore, le marché dictera la marche à suivre. Celui du gaz, mais aussi celui du maïs, du blé, de l'orge, etc. "Tout va dépendre du ratio entre le prix auquel ils peuvent acheter les engrais et celui auquel ils peuvent vendre leurs récoltes", note le chercheur.

    Des alternatives à développer

    Agriculteur dans le Puy-de-Dôme, Vincent Marand ne se préoccupe plus du prix des engrais azotés de synthèse. "J'ai fait le choix de passer en bio, pas pour cette raison, mais j'arrive à faire pousser mes céréales sans engrais chimiques", confie-il à France 3(Nouvelle fenêtre).

    "Je place des légumineuses dans mes cultures, comme la féverole, le pois chiche, la lentille et la luzerne. Ces plantes rejettent naturellement de l'azote dans le sol par leurs racines."

    Vincent Marand, agriculteur bio

    à France 3

    S'il vise des rendements moindres que ses confrères qui travaillent de manière conventionnelle, il assure s'y retrouver avec cet autre modèle économique. Surtout en ces temps troublés. En 2022 déjà, la hausse du prix du gaz à cause de la guerre en Ukraine avait fait exploser le prix des engrais azotés de synthèse.

    "Contrairement au pétrole, le secteur des engrais ne dispose pas de réserves stratégiques coordonnées à l'échelle internationale", rappelle ainsi la FAO. Pour faire face à ces chocs, la "Ferme France" doit "réfléchir à ce qu'elle peut faire pour réduire sa demande en engrais", estime Alain Carpentier. A commencer par "développer la production de légumineuses". Ces cultures (comme le soja, les lentilles, le pois...) ne nécessitent pas d'engrais et contribuent à fixer l'azote dans le sol. Mais dans un pays qui a fait le choix de l'élevage et des céréales, elles restent "peu valorisées sur les marchés" et "manquent encore de débouchés", constate Lucile Rogissart, spécialiste de la transition agricole à l'Institut de l'économie pour le climat (I4CE).

    Une autre solution serait d'optimiser l'utilisation des engrais organiques, en rapprochant les animaux des cultures alors que "les élevages sont de plus en plus concentrés territorialement". Les spécialistes évoquent encore d'autres possibilités pour l'avenir, plus ou moins simples à mettre en place, coûteuses, ambitieuses ou abouties. Parmi celles-ci : manger des lentilles plus souvent (et surtout moins de protéines animales), construire des "pipelines à lisiers" pour transporter les engrais organiques entre les territoires, favoriser la production d'engrais au sein de l'UE à travers le mécanisme de marché carbone ou valoriser l'urine humaine comme fertilisant.