De la responsabilité
- Par Thierry LEDRU
- Le 17/02/2026
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C'est une notion fondamentale mais qui au fil du temps n'est devenue qu'un ersatz de sa réalité.
Aujourd'hui, l'idée de responsabilité est très souvent associée à une intention personnelle. Se montrer responsable ne se fait pas avec un objectif universel mais avec une intention égotique, intéressée.
"Je suis responsable de ma voiture" ne signifie pas que je ne peux pas conduire n'importe comment en mettant les autres en danger, mais que je dois l'entretenir parce qu'elle est à moi !
"Je suis responsable de mes enfants" ne signifie pas que je dois leur apprendre à être conscient de la vie et à la respecter, sous toutes ses formes, mais juste à les amener à ne pas se comporter de façon à ce que des problèmes me retombent dessus.
Oui, je sais, une bonne partie de l'humanité me désole...
Dans l'article précédent, je parlais des inondations et des phénomènes naturels d'ampleur.
La question qui se pose est inévitable : dans quelle mesure, chacun et chacune parmi nous est responsable de l'état actuel de la planète ? Dans quelle mesure participons et entretenons-nous les dérèglements que nous avons sous les yeux ? Combien parmi nous se sont déjà posés la question et combien ont été amenés en fonction de leurs propres réponses à changer ?
Alors, le débat, pour certains, est vite clos :
"Mais on n'est rien du tout face au gigantisme de l'humanité, c'est pas moi qui vais y changer quelque chose."
On trouve aussi les défaitistes :
"De toute façon, c'est foutu alors autant que j'en profite."
et puis ceux qui n'ont absolument aucune conscience des autres et de la vie toute entière :
"Mais j'en ai rien à foutre des Chinois ou du plancton, des Balouchistans ou des fougères, me casse pas les couilles."
Bon... Bien évidemment, le fait que je ne mange pas d'animaux et que par conséquent, je ne contribue pas à l'élevage intensif ne va pas mettre un terme au réchauffement climatique, ni que je ne prenne pas l'avion, ni que je parte en vacances à vélo, à pied ou avec un fourgon et que ça ne va jamais au-delà des frontières du pays. Que je n'achète que ce qui m'est indispensable ne va pas arrêter la hausse du niveau des océans ou le blanchiment du plancton, ni rien de ce que je fais, moi tout seul, absolument rien.
Sauf que je ne suis pas tout seul. Et donc, l'impact est réel. C'est l'accumulation des grains de sable qui constitue la plage.
Et ajoutée à cette masse, il y a ma conscience, ma bonne conscience, celle qui fait que je peux me coucher le soir avec le sentiment d'avoir été "juste" envers la vie.
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