Risque d'enlisement
- Par Thierry LEDRU
- Le 08/03/2026
- 0 commentaire
Je tente de suivre les événements au Moyen-Orient. Non pas avec BFMTV ou TF1 mais sur les pages de personnes que je suis depuis longtemps et que j'ai toujours trouvé pertinentes, informées, objectives. Le détroit d'Ormuz, l'approvisionnement en pétrole (bien que 80 % du pétrole passant par Ormuz part vers l'Asie), on est dans une problématique explosive au regard de la hausse des cours du pétrole et par conséquent d'un retour violent de l'inflation. Et donc d'un impact majeur sur les économies occidentales. On sait tous que les marchands vont répercuter les coûts sur les consommateurs. La durée du conflit va être déterminante pour la suite. J'ai déjà parlé ici des risques systémiques, inflation, économie, finance, dette, banqueroute, effondrement du commerce mondial. Encore une fois, les puissants affûtent la lame du rasoir.
Nous tous, on regarde, on observe, on cherche à comprendre, à anticiper, à notre humble niveau.
Depuis une semaine, avec le beau temps, on a pu reprendre les activités dans le potager.
On sait à quel point, c'est une situation de privilégiés.
Là-bas, ils comptent les morts.
Cyrus Farhangi
rSetdsoonp78fi362il7ttltl7a4u4:2g80187mis8a 4mr7g 1l c1i66t7 ·
Contrairement à ce que j'imaginais intuitivement au départ, l'Iran aurait en fait la capacité, par ses drones pas chers et ses mines maritimes, de bloquer le Détroit d'Ormuz pendant "des mois".
Ce n'est évidemment pas le seul risque d'enlisement de ce conflit, mais ce serait un choc de grande ampleur sur l'économie mondiale et la sécurité alimentaire (le pétrole-gaz est déjà critique pour l'approvisionnement alimentaire, mais par le détroit d'Ormuz transite également un tiers du commerce mondial d'engrais azotés).
L'Iran est un important fabricant de drones et dispose d’une capacité industrielle permettant d’en produire environ 10 000/mois, selon le Centre for Information Resilience, groupe de recherche financé par le ministère britannique des Affaires étrangères.
« L’Iran ne va pas céder facilement ni rapidement ; il dispose des moyens de rendre dangereuse la circulation commerciale dans le détroit d’Ormuz », déclare à Reuters Bob McNally, président du cabinet Rapidan Energy Group.
« Les États-Unis donnent la priorité aux attaques contre les munitions, les bases et les installations iraniennes qui menacent le détroit. Mais il suffit à l’Iran de montrer qu’il peut frapper quelques pétroliers, et l’inquiétude fera le reste : les navires n’oseront tout simplement plus passer ».
La dernière génération de drones Shahed-136 possède une portée de 700 à 1 000 kilomètres, suffisante pour atteindre n’importe quel point de la côte sud du Golfe, selon Farzin Nadimi, chercheur au Washington Institute.
Ces drones parviennent à pénétrer les systèmes de défense aérienne des États du Golfe : 65 d’entre eux sont entrés aux Émirats arabes unis depuis le début du conflit.
Ils ont frappé des centres de données d’Amazon, l’aéroport international de Dubaï et un hôtel Fairmont. Bahreïn a subi des dommages matériels sur des infrastructures, une base navale américaine et une tour comprenant un hôtel et des appartements.
Des négociants pétroliers se préparent à de nouvelles hausses des prix.
« Je suis très inquiet : ce risque est actuellement sous-évalué sur les marchés pétroliers », a déclaré un cadre dirigeant de Vitol, société mondiale de négoce de matières premières. « La théorie dominante est que l’Iran utilise d’abord des missiles et des drones plus anciens pour épuiser les défenses aériennes. Si c’est le cas, leur véritable riposte n’a pas encore vraiment commencé. »
Si les missiles et les drones venaient à manquer, l’Iran pourrait déployer des mines marines. Téhéran disposerait d’un stock de 5 000 à 6 000 mines de ce type, selon Dryad Global, société spécialisée dans l’analyse des risques maritimes.
« Si des mines marines sont posées, il faudra beaucoup de temps pour s’en débarrasser », a déclaré Cormac McCarry, directeur chez Control Risks spécialisé dans le renseignement maritime et les services de sécurité. « C’est à ce moment-là que l’on pourrait parler de plusieurs mois de perturbations. »
Ajouter un commentaire