Les pieds dans l'eau

"Un retour à la normale, il faut l'oublier car la normale est devant nous et non pas en arrière." François Gemenne

Voilà ce qu'il va bien falloir finir par comprendre. Ce ne sont donc pas des crues "extraordinaires". Ce sont des phénomènes appelés à devenir "normaux".

Si on s'attache à regarder le passé, ce qui se passe aujourd'hui est du domaine de l'inconnu mais il n'est plus temps de regarder ce passé sinon, on n'avance pas. L'année prochaine, les crues pourraient être bien pires encore.

On est ici dans le même registre que ces records de températures qui sont dépassés année après année.

Il y a longtemps déjà que les scientifiques nous disent que les phénomènes météorologiques sont amenés à être de plus en plus intenses, qu'il s'agisse des précipitations (pluie, neige, grêle) comme des canicules et des sécheresses. Là, maintenant, une partie importante du pays est sous les eaux et l'été prochain, les mêmes régions subiront peut-être une sécheresse "exceptionnelle".

Il est dit dans ce reportage que vingt millions de Français vivent en zones inondables. Quant à la sécheresse, plus aucune région du pays ne peut se targuer d'être en dehors de ce risque. Quand je vois les Monts d'Arrée en Bretagne touchés par les incendies de l'été, ça donne une  idée. Personnellement, j'ai quitté la Bretagne quand j'avais 24 ans parce que je ne supportais plus le climat breton... 

Un autre signe très éclairant, c'est de voir le  nombre de maisons à vendre à proximité d'un cours d'eau et qui ne trouvent pas d'acheteurs alors que ces mêmes maisons étaient considérées comme des "paradis" il y quelques décennies. Quand on a décidé de vendre la maison de la Creuse et de chercher à se rapprocher des Alpes, des agents immobiliers nous ont proposé des maisons en bord de rivière ou de ruisseau. Je les ai immmédiatement ramenés à la réalité. Pas pour nous.

Ni l'idée d'acheter une maison à flanc de colline dans une région connue pour ces précipitations diluviennes. Je suis abonné à la page d'un permaculteur en Lozère. Il y a dix jours, la moitié de son terrain est parti dans un glissement de terrain. Il a tout perdu... :(

Il y a des maisons qui vont devenir invendables.

Et je n'ose même pas imaginer les gens qui aujourd'hui ont les pieds dans l'eau. Un incendie, on a une chance de l'éteindre, l'eau, on ne l'arrête pas.

Je pourrais également parler de la bétonnisation, de l'artificialisation des sols, des haies qui ont été arrachées sur des milliers de kilomètres et qu'on commence à replanter maintenantd, du comblement des zones humides etc etc.... Mais si je me lance dans le catalogue des folies humaines, je vais y passer trop de temps. Tout est expliqué partout quand on cherche.

Bon courage à celles et ceux qui ont les pieds dans l'eau. 

 

 

 

 

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