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Égrégore (2)

Par Le 06/03/2012

Gurdjieff l'avait évoqué. La plus dangereuse mécanisation consiste à être soi-même une machine.
 

Au Japon, le drame humain lié au tsunami et à la radio activité est inimaginable, certains quartiers de Tokyo sont plus irradiés que Tchernobyl... Le traumatisme est effroyable, mais je ne parviens pas à comprendre comment l'humain peut en arriver là... Il me semble que cette cassure entre l'humain et la nature est absolue, qu'il existe désormais une négation complète de l'univers du vivant et je ne vois pas la nature comme responsable de quoi que ce soit.

C'est la mécanisation de l'existence qui porte en elle les causes de ce désastre. Une certaine forme de folie, d'aveuglement qui consiste à penser que l'homme est au-dessus de tout, qu'il possède le pouvoir, jusqu'à en oublier les lois naturelles. Construire des villes dans des fonds de vallée, en bord de mer, dans un pays sujet aux pires séismes, pour développer des industries, nucléaires ou autres, accroître les richesses, pousser les individus dans une voie unique de profits, sans garder à l'esprit que tout peut disparaître en quelques instants, c'est mener les hommes à la mort.

Le Japon s'est construit dans cette voie. Les individus sont mécanisés, extraits de leur lien avec la nature, ignorant des réalités, envoûtés par une idée de croissance agissant comme un aimant. Tout miser sur l'énergie nucléaire dans un pays sujet aux séismes...C'est consternant. Développer des villes côtières sans aucune protection contre les tsunamis, c'est hallucinant. Non seulement, la nature est ignorée mais la vie humaine elle-même est bafouée. Rien ne compte en dehors de cette course à la croissance.

On joue avec des allumettes parce qu'on a construit des camions de pompiers. On est dans l'absurde.
 

Tout aussi absurde d'ailleurs de ne plus parler du Japon aujourd'hui, comme si tout cela devait être effacé des mémoires, que seuls les Japonais étaient concernés. 
 

Les humains sont donc de véritables machines travaillant seulement sous la pression d'influences extérieures.

Les gouvernants, eux-mêmes, sont des machines. Ils ne sont pas des conducteurs de machines. Ils vivent eux aussi sous les influences d'égrégores qui les dépassent.
 

Un égrégore est, dans l'ésotérisme, un concept désignant un esprit de groupe, une entité psychique autonome ou une force produite et influencée par les désirs et émotions de plusieurs individus unis dans un but commun. Cette force vivante fonctionnerait alors comme une entité autonome. Le terme, apparu dans la tradition hermétiste, a été repris par les surréalistes, qui l'ont chargé d'un fort potentiel subversif.
 

Autant cet égrégore peut avoir un effet positif lorsqu'il est associé à une élévation spirituelle, autant il peut devenir la source d'un conditionnement lorsque des intentions perverses le sous-tendent...
 

Les connaissances qui sont développées depuis la révolution industrielle ne sont pas attachées à une voie spirituelle mais à une mécanisation des individus. La croissance est l'intention première.

La médecine, par exemple, est de la mécanique. L'aspect holistique de l'homme est ignoré.

La psychologie qui ne fonctionnerait pas en systémique est de la mécanique. Et encore doit-elle prendre en considération le sous-développement spirituel de l'individu.

L'environnement est d'ailleurs un mot très révélateur dans l'usage qu'on en fait actuellement. On considère à travers ce terme que la nature nous environne, ce qui revient à dire que nous n'en faisons pas partie, que nous nous en sommes extraits, que nous sommes des entités à part. L'environnement est ce qui est extérieur à nous. Consternant. Nous sommes l'environnement étant donné que nous sommes autour de nous-mêmes et non à l'intérieur...

On voit ce que cette "philosophie" donne avec l'exemple de la catastrophe au Japon. Et il est évident que nous allons entendre des "machines" accuser la nature d'être cruelle. C'est logique dans ce fonctionnement. Il faut un coupable. Et c'est la nature. Puisqu'elle est la seule vivante et que nous sommes des machines malmenées par sa violence. Effrayant.

Combien de fois j'ai entendu des journalistes dire : "La montagne a tué" lorsque des alpinistes ou des skieurs sont emportés. Comme si la montagne avait eu une intention...Comme si ce tsunami était responsable de ces milliers de morts...On regarde la situation à l'envers.

C'est un drame humain qui concerne des machines. C'est ça la première catastrophe. C'est ce que l'homme est devenu le plus dramatique.

Nous sommes notre propre environnement parce que nous vivons dans une agitation mécaniste qui nous a privé de notre propre centre. Nous ignorons jusqu'à l'existence du noyau.
Là où l'expression écologiste est encore plus absurde, c'est lorsque nous prenons en considération le fait que chacun de nos actes a une influence sur nous-mêmes en portant atteinte à l'environnement. Nous sommes impliqués dans cet environnement que nous voyons comme extérieur. Il n'y a pas d'extérieur. Il n'y a qu'une bulle existentielle dans laquelle chaque individu est relié, chaque être vivant, chaque phénomène nourri par le flux vital. Lorsque nous comprendrons que la disparition des orangs-outans est une atteinte à nous-mêmes, nous comprendrons qu'il n'y a pas d'environnement mais une unité absolue.

 

Les scientifiques dénoncent l'acidité de plus en plus forte des océans et des dangers immenses que cela fait courir à toute la chaîne alimentaire. Comment est-il possible que les humains en viennent à ignorer la source de toute la vie ? L'Océan... La Source de vie.

Sommes-nous donc condamnés à être des assassins jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien ?

Philosenfants (école)

Par Le 06/03/2012

Je suis toujours aussi ébahi par l'intérêt extraordinaire des enfants pour des questions à visées philosophiques. Je pourrais passer des journées entières à parler avec eux, de tout ce qui les touche et qu'ils ne parviennent pas à exprimer parce qu'ils ne sont pas assez sollicités, parce qu'ils ne sont pas assez amenés à observer ce qui se passe en eux, parce que le monde adulte ne considère pas assez que leur interrogations silencieuses méritent d'être écoutées, partagées, assouvies, parce que l'aspect cognitif de l'école se doit d'être mis en avant, qu'ils doivent réussir leurs "études"...

Mais c'est la Vie en soi qu'il faut étudier !

Et amener par mimétisme des enfants à penser que les questions existentielles sont des pertes de temps qui disparaîtront avec l'âge adulte est une condamnation de l'individu.

On a parlé du "désir mimétique" aujourd'hui. Une heure à analyser les comportements associés à la dérive des individus qui se perdent dans des "conflits" d'ego et des actvités insignifiantes.

"Les gens ne devraient pas tant penser à ce qu'ils doivent faire mais bien davantage à ce qu'ils doivent être". Maître Eckhart.

Une élève a lu ce texte affiché au mur de la classe, parmi d'autres, et elle a demandé ce que ça signifiait. Elle avait elle-même la réponse d'ailleurs. Il a juste suffi que je la mette sur la voie et qu'elle sente qu'elle pouvait exprimer ce qu'elle portait. 

"Si tu n'es pas toi-même, qui pourrait l'être à ta place ?" Henry David Thoreau.

Toujours le même chemin de lucidité, toujours ces textes et citations philosophiques qui tapissent les murs de la classe et qui sont bien plus importants que les tables de multiplication ou les règles d'orthographe.

C'est parce qu'ils peuvent échanger, interroger, partager, raconter, explorer les émotions associées à toutes ces questions vitales qu'ils sont disponibles ensuite pour apprendre ce qu'ils doivent acquérir pour continuer à progresser "scolairement".

Toujours cette impression qu'en concentrant le travail à son aspect cognitif, en bridant l'aspect existentiel, nous formons des jarres en ignorant la qualité des nourritures qu'elles transportent. Le contenant et le contenu...Est-ce que le fait de "juger" de la qualité scolaire d'un enfant, je suis capable de "juger" de la qualité humaine de l'enfant ? Absolument pas.

Je rencontre tous les ans des enfants qui sont "performants" scolairement et qui sont perdus dans leur connaissance d'eux-mêmes, qui ne sont pas capables d'établir durablement cette observation de leur fonctionnement et qui sont juste "soumis" ou formatés à des réponses liées à des apprentissages techniques. Mais dès que j'aborde avec eux des discussions d'ordre existentiel, il n'y a plus personne. Comme un gouffre immense qui souvre en eux et que les savoirs scolaires ne peuvent combler. Ils ne savent pas ce qu'ils font, ils ne savent pas ce qu'ils vivent, ils sont vécus...

D'autres sont en conflit permanent avec d'autres enfants ou d'autres adultes, n'ont aucune limite, aucune conscience morale, tout leur est permis, ils n'ont aucun regard sur leur attitude et se laissent aller à toutes leurs impulsions.

"Vérifie toujours à chaque instant, que tes pensées, tes choix, tes décisions et tes actes sont à l'image de la personne que tu es et de celle que tu veux être. "

Toujours les amener à établir cette vigilance envers ce qu'ils font afin que ça corresponde à ce qu'ils veulent être. Bien souvent, ces enfants-là se placent en "victimes", essaient de justifier leurs actes, renvoient la faute sur les autres et sont incapables d'observer ce qu'ils ont déclenché. Ils n'en voient que les effets. Qu'on ne vienne pas me dire que ce travail d'exploration de l'individu est du temps perdu. C'est long à mettre en place et j'ai parfois l'impression d'un travail inutile...Je me force à oublier l'intention et j'accepte l'idée des errances.

Je sais bien aussi que le collège ne proposera pas ce genre de "développement personnel" parce que le système ne le permet pas, que l'organisation est beaucoup trop rigide et que les professeurs vivent eux aussi une pression beaucoup trop importante pour qu'ils s'autorisent ce genre de travail.

J'entends parfois d'anciens parents d'élèves me dire que la transition avec le collège est vraiment très difficile pour leur enfant, que la pression scolaire est énorme et que tout le reste est rejeté. La prise en considération de l'individu est quasi inexistante. Les rébellions se multiplient, les échecs s'installent. Quand je reçois dans ma classe d'anciens élèves, je suis effaré de ce qu'ils racontent...L'impression qu'ils montent au "front", qu'ils y sont en danger.

Je ne comprends pas ce déni de l'existence...Comment peut-on envisager participer à la construction du contenant si le contenu ne devient qu'un poison qu'il faut ingérer de force. Le contenant sera immanquablement "souillé", avili, dégradé étant donné qu'il est intoxiqué par le gavage permanent qu'il subit.

Quand je regarde la population obèse américaine, j'ai une image matérielle de ce contenant perverti par le contenu ingéré. Malbouffe, malculture, malexistence. Un résumé effroyable de combien d'existences...

Que l'école participe à cette extinction des élans existentiels des enfants me désole au plus haut point. Un mal qui me ronge.

Le ministre actuel veut instaurer une "morale laïque". Bien, mais de quoi s'agit-il ? Une nouvelle matière, avec un programme, des évaluations, toujours le fonctionnement compétitif, comparatif ? Mais dans ce cas-là, on travaille à l'envers. On réduit l'humain encore une fois, on ne le porte pas, on l'encadre, on ne l'élève pas, on le formate. Cette "morale", je la nomme philosophie existentielle et elle est constante, elle n'appartient pas à un horaire, à un cadre précis, elle est à la source de tout ce qui se passe en classe. Je ne l'évalue pas par une norme chiffrée et qui serait inévitablement subjective mais juste par le bonheur que les enfants éprouvent à être là, à se grandir grandir, à s'observer, à oeuvrer à ce bonheur de la vérité en eux.

Le reste ne sera jamais et encore qu'un conditionnement et le résultat sera encore et toujours la disparition de l'individu. Les gouvernants s'imaginent que l'école participe à l'émergence des citoyens. Vaste fumisterie. Il n'y a pas de citoyens quand il n'y a pas, a priori, d'individus.

Il n'y a qu'une masse inconsciente qui noie ses errances intérieures dans les possessions matérielles et l'insignifiance. 

Beaucoup s'en contentent. Certains se révoltent. Beaucoup aussi en meurent.

 

L'Islande

Par Le 05/03/2012

Faut vraiment que j'aille faire un tour là-bas...

 

http://fr.news.yahoo.com/lislande-juge-son-ancien-premier-ministre-pour-la-154342299.html

 

REYKJAVIK (Reuters) - Le procès de l'ancien Premier ministre islandais Geir Haarde s'est ouvert lundi, dans ce qui semble être un cas unique au monde de poursuites engagées contre un responsable politique pour la crise financière de 2008.

Le Parlement islandais s'est prononcé en 2010 en faveur de la comparution de Geir Haarde devant une cour spéciale qui n'avait jamais été saisie depuis sa création en 1905.

L'ancien chef du gouvernement, de 2006 à début 2009, est accusé de manquements manifestes pour son incapacité à prendre des mesures susceptibles d'éviter l'effondrement du système bancaire islandais fin 2008. Il lui est aussi reproché son inaction face aux banques, qui ont gonflé leurs bilans jusqu'à un niveau représentant neuf fois la taille de l'économie du pays dans les années précédant la crise.

Geir Haarde, qui dément les accusations portées à son encontre, risque deux ans de prison en cas de condamnation.

"Aucun d'entre nous n'avait réalisé à l'époque que quelque chose clochait au sein du système bancaire lui-même, comme il semble désormais que cela fut le cas", a-t-il répondu lundi au procureur spécial chargé de l'enquête.

Après des années d'expansion par endettement, les principales banques d'Islande se sont écroulées fin 2008 lorsque la faillite de Lehman Brothers a gelé les échanges internationaux de liquidités entre établissements.

Elles ont été secourues par des fonds publics et l'Islande a dû emprunter environ 10 milliards de dollars auprès du Fonds monétaire international (FMI) et d'autres créanciers.

Omar Valdimarsson, Bertrand Boucey pour le service français

Aux enseignants et parents d'élèves

Par Le 03/03/2012

Un arrêté rédigé par le ministère dans l'urgence au lendemain des élections professionnelles de 2011 dont le taux de participation a été très faible.
 EXTRAIT DU PROJET DE B.O.
  Enseignements élémentaire et secondaire
  Vacances scolaires
  Calendrier scolaire des années 2013-2014, 2014-2015 
  Article 1 - Le présent arrêté fixe le calendrier scolaire national des années 2013- 2014 et 2014-2015.
  Article 2- L'année scolaire s'étend du jour de la rentrée des élèves au jour  précédant la rentrée suivante. 

  Annexe 1
> > > > > Année scolaire 2013-2014
> > > > > Périodes Zone A Zone B Zone C
 Début des vacances d'été des élèves Samedi 12 juillet 2014

 Début des vacances d'été des enseignants (*) Samedi 19 juillet 2014 
 
A lire attentivement et à diffuser
 
Objet : ce qui attend les profs : à faire suivre absolument
> >

Infos à lire et à suivre pour vérification....Tenons-nous prêts.
A tous ceux qui ne se demandaient pas encore, « pourquoi est-ce que je fais ce métier déjà…….. ? »  au secours !!! Regardez ce qui nous attend :

  EXCLUSIVITÉ (information sous embargo)  :  Une source ministérielle préférant rester anonyme dévoile les premiers éléments du B.O. fixant les vacances scolaires à partir de l'année scolaire 2013-2014.

> > Annexe 2
> > > > > Année scolaire 2014-2015
> > > > > Périodes Zone A Zone B Zone C
> > > > > Rentrée des enseignants (**) Lundi 25 août 2014 Rentrée scolaire des élèves Lundi 1 septembre 2014 


> >   (*) Huit demi-journées en juillet (ou un horaire équivalent), prises en dehors des  heures de cours, seront consacrées à l'aide personnalisée en direction des élèves présentant des difficultés.
> >

  (**) quatre demi-journées fin août seront consacrées à l'accueil des stagiaires et des étudiants sur poste remplaçant
> > deux demi-journées fin août seront consacrées à la préparation des évaluations de rentrée
> > deux demi-journées fin août seront consacrées à de la télé formation          et pourtant nous ne sommes pas payés > > pendant les vacances...alors ils nous rajoutent du travail, ça veut dire qu'il faudrait qu'on paye pour travailler bientôt !!!
> >

_____________________________________________________________________________________________________________________


> >  IL FAUT REVOIR LE TEMPS DE TRAVAIL DES ENSEIGNANTS !

LE DECRET DE 1950  EST VRAIMENT TROP VIEUX ! 
> >  
> > Actuellement, le temps de travail d'un enseignant de collège ou de lycée est de 18  heures par semaine. C'est, pour les professeurs certifiés, le seul élément fixe et clair  relatif au temps de travail qui leur est demandé. Il a été fixé par une décret datant de 1950. 
> > Rendez-vous compte! 18 heures par semaines! Quel salarié ne voudrait pas travailler aussi peu pour d'aussi bons salaires? Comment le législateur a-t-il pu créer en 1950 un statut aussi avantageux? 
> > En fait, ce temps a été conçu en prévoyant qu'un enseignant travaille 1,5 heures chez lui pour une heure devant élève afin de préparer ses cours, évaluer les élèves et actualiser ses connaissances dans sa discipline. Cela fait 18 fois 2,5 heures (1 devant  les élèves et 1,5 à la maison), soit 45 heures hebdomadaires. En effet, le temps de travail légal de l'époque s'il était légalement de 40 heures par semaine, était en réalité de environ 42 h par semaine, sur 50 semaines. Mais que s'est-il passé depuis pour les enseignants? Rien ! Alors que pour les autres salariés il y a eu la troisième semaine de congé payé en 1956, puis quatre en 1969. Les 40 heures réelles ont été atteintes au début des années 70 (elles étaient un droit depuis 1936). Mais ça n'est pas fini : il y a eu les 39 heures et la cinquième semaine en 1982,  puis les 35 heures en 2000. 

En somme le temps de travail hebdomadaire pour les salariés a baissé de 25 %. Mais les enseignants doivent toujours le même service. C'est au moins un enseignant qui écrit cela vous dîtes-vous, en lecteur éclairé! Certes je l'avoue, je fais partie de ces privilégiés. Car, comment peut-on parler de temps de travail sans parler des vacances? Eh bien justement, le législateur a tout prévu et cela de deux façons. D'abord 45 heures dues quand les autres devaient 42, ça c'est pour les petites vacances (Toussaint, Noël...). Donc notre temps de travail était annualisé. 
> >  Mais, et les deux mois d'été alors ? Là, c'est un tout petit peu plus compliqué. Certains enseignants ne le savent même pas, d'ailleurs. Cela se situe au niveau de la grille des salaires. Notre grille a été, elle aussi, fixée en 1950 au même niveau que les autres cadres de la fonction publique recrutés avec un concours au niveau bac + 3. Mais à cette grille, il nous a été retiré deux mois de salaires, puis le résultat a été divisé par 12. (Par exemple si un inspecteur des impôts est payé 2000 € par mois il recevra 24 000 € par an, alors que pour la même qualification, un enseignant recevra aussi 2000 €  par mois mais sur 10 mois, soit 20 000 € par an. Cette somme est ensuite divisée par 12 et donne 1667 € par mois). 
> > Eh oui, chers lecteurs, les enseignants ne sont pas payés pendant les grandes vacances. 
> > Oui bon d'accord, peut-être que nous ne sommes pas si privilégiés que cela concernant le temps de travail. Mais côté salaires, quand même, nous ne sommes pas à plaindre ! Eh bien soit, comparons. Nous sommes nettement en dessous de la moyenne des cadres du privé comme du public (qu'on nous prouve le contraire). Mais, à mes yeux, l'exemple le plus frappant de la dégradation de la valeur que la nation accorde à ceux  qui éduquent ses enfants est le suivant. Le salaire de départ d'un enseignant en 1970  était 2 fois supérieur au SMIC. Aujourd'hui, il n'est plus que 1,2 fois plus élevé. 
> > Autrement dit si, comme le PS l'a écrit dans son projet, le SMIC augmentera de 25 % au cours des cinq ans à venir (et l'UMP l'a augmenté au même rythme annuel dès cette année), un enseignant débutant gagnera moins que le SMIC. 
> > Faudra-t-il en arriver là pour que la société se rende compte de la dégradation de  notre situation ?

Alors oui le décret de 1950 est vieux ! Il est vraiment temps de le toiletter comme le disent nos gouvernants !
Mais dans quel sens ?
> >  PS : Ce texte est libre de droits. Vous pouvez le faire circuler autant que vous le voulez.

Christian LANNOY
> >  
ch.lannoy@gmail.com

Le Loup et le Chien

Par Le 03/03/2012

Merci à Françoise pour ce rappel de mes années d'école primaire.

Qu'avons-nous fait du Loup en nous ?...

 

La Fontaine.

Un Loup n'avait que les os et la peau ;
        Tant les Chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
        L'attaquer, le mettre en quartiers,
        Sire Loup l'eût fait volontiers.
        Mais il fallait livrer bataille
        Et le Mâtin était de taille
        A se défendre hardiment.
        Le Loup donc l'aborde humblement,
    Entre en propos, et lui fait compliment
        Sur son embonpoint, qu'il admire.
        Il ne tiendra qu'à vous, beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
        Quittez les bois, vous ferez bien :
        Vos pareils y sont misérables,
        Cancres, haires, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? Rien d'assuré, point de franche lippée.
        Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi ; vous aurez un bien meilleur destin.
    Le Loup reprit : Que me faudra-t-il faire ?
Presque rien, dit le Chien : donner la chasse aux gens
        Portants bâtons, et mendiants;
Flatter ceux du logis, à son maître complaire ;
        Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
        Os de poulets, os de pigeons,
........Sans parler de mainte caresse.
Le loup déjà se forge une félicité
        Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant il vit le col du Chien, pelé :
Qu'est-ce là  ? lui dit-il.  Rien.  Quoi ? rien ? Peu de chose.
Mais encor ?  Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
    Où vous voulez ?  Pas toujours, mais qu'importe ?
 Il importe si bien, que de tous vos repas
        Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.

Comme c'est beau...

Par Le 03/03/2012

En fermant les yeux...

Le mépris de l'Education Nationale

Par Le 02/03/2012

Pourquoi écrire ça avec des majuscules d'ailleurs?

Une amie, Françoise, institutrice puis Maîtresse E pour enfants en difficulté a appris par un courrier envoyé par l'Inspecteur d'académie que son poste, parmi des milliers d'autres, étaient supprimés...

Mais pour couronner le désastre, la lettre était adressée à Mr François LAJOTTE au lieu de Françoise LAJOTTE...

 

Mépris total de l'administration, de la hiérarchie la plus haute, qui ne sait même pas à qui elle s'adresse, qui nie de la façon la plus odieuse une carrière entière dédiée aux enfants. Je connais l'engagement, la passion, l'empathie et le professionnalisme de Françoise et je suis écoeuré de cette attitude. A en avoir honte de travailler pour eux.

Heureusement qu'il y a les enfants.

Avec l'autorisation de Françoise, qui ne souhaite pas cacher son identité, je poste ici la réponse faite par Françoise à l'Inspecteur et aux autres "sommités" dégénérées.

Que quelques lecteurs et lectrices sachent avec quel mépris les enseignants sont traîtés.

A savoir aussi que Françoise a toute sa carrière été en opposition avec cette hiérarchie qui ne parle que de finances, de statistiques, de réductions de poste, d'objectifs cognitifs et qui bafoue sans vergogne toutes les valeurs humaines. A se demander si cette "erreur" n'est pas intentionnelle...Ils sont capables de tout.

J'avais écrit à une époque directement au ministre de l'EN pour contester le système des inspections. Je l'avais fait sans passer par la voie hiérarchique. Convocation chez l'Inspecteur d'académie, blâme et blocage de salaire pendant sept ans en me privant d'inspection et par conséquent d'avancement de carrière...

Bienvenue dans l'Education nationale. Sois fonctionnaire et tais-toi, devoir de réserve et autres censures et humilations. La fonction publique, comme un monde professionnel de privilégiés...Mais bien sûr...

 


 

 

M (me) Lajotte François(e)
Maître(esse) G
Rased de Caumont l’éventé                à
                                M(me) l’inspecteur (trice)
                                De l’académie de Caen 

                M(me) le ministre de

l’éducation nationale

M (me)Le président de la   république


                                Le 27 février 2012

Objet : Réponse à la lettre d’information de la suppression du poste d’adaptation (Oh ? Un nouveau terme…) maître G rattaché l’EEPU ( ???) Caumont l’éventé.

 

Madsieur, Mondame,

 

Je confirme la réception, le 25 février 2012, d’un courrier faisant acte de la suppression du maître G rattaché à l’école de Caumont l’Eventé adressé à MONSIEUR LAJOTTE FRANCOIS.

Dans un premier temps j’ai regretté que la poste ait fait une erreur d’acheminement, en effet, à ma connaissance, aucun Monsieur Lajotte François n’habite à cette adresse.

Lisant, curieusement et illicitement donc, ce courrier, je me suis aperçue qu’il évoquait la suppression d’un poste que j’occupe, ce courrier me concernait-il ?

Pleine de doute, je suis remontée précipitamment dans mon appartement et directement dans ma salle de bain. Culotte en bas des chevilles et face à la glace, j’ai vérifié : en place d’un pénis, il n’y a qu’un timide clitoris, pas le moindre soupçon de scrotum, des lèvres, grandes et petites et, un peu plus haut, oui, hélas, deux protubérances mamellaires pourvues de tétons saillants. Je ressemble à ce que l’on nomme le genre féminin.

Il y a donc erreur quelque part mais, enfin, l’administration a loi et ne peut se méprendre !!!

Alors, trois heures durant, j’ai sauté d’un pied sur l’autre, pour faire descendre la vérité, rien… irrémédiablement je demeure femme physiquement ! Je me suis alors rappelé la naissance de mes trois fils… plus aucun doute je crois être bel et bien une femme. Quoi que…

Ces naissances ne sont pas reconnues par l’éducation nationale. En effet, étant nés hors temps d’appartenance à cette suprême institution… Ils ne comptent pas dans le calcul des annuités. S’ils ne comptent pas, ils n’existent donc pas.

Je récapitule, je crois être une femme mais suis un homme, j’ai eu trois fils qui, travaillant contribuent, à la retraite de chacun mais ne sont nullement reconnus comme tels.

J’en conclue que je suis un homme célibataire n’ayant pas eu d’enfant. Et m’étant pris depuis septembre1985 pour une femme institutrice et depuis septembre 1998 pour une institutrice spécialisée, passionnée et dévouée, je mérite un blâme au minimum !

Il est grand temps que je fasse l’aveu de ma féminité et que je me rende coupable d’avoir, déguisée telle Eon mais à son inverse, usurpé ainsi la joie d’un autre être, de voir tant d’enfants renouer avec le scolaire, passer dans la classe supérieure ou au collège, le sourire aux lèvres, le désir d’apprendre revenu, la confiance en soi enfin conquise.

Sans doute, je me méprends puisque me pensant femme, je suis homme à vos yeux. Pire, ne suis-je pas, pour vous, un Don Quichotte, n’ayant livré batailles qu’à des moulins oniriques ? Si, très certainement, puisque de toute façon, homme ou femme, je me vois réduite à vos yeux que comme ce chevalier burlesque, inutile et à détruire et même dont on peut se railler ! Dont, en sus,  on se moque de savoir s’il est mâle ou femelle.

Il me vient cette pensée qu’en ce cas je n’ai qu’à me plier devant vous et implorer votre grâce, votre pardon, votre reconnaissance, oui, me traîner à terre.

Et pourtant… Oh, je suis suffisamment maitresse des mes doigts pour dompter mon majeur, droit ou gauche.

Ce que je ne maîtrise pas : ma profonde douleur, ma détresse, traduites ici dans une acide ironie.

Je vous prie Monsieur l’inspecteur d’académie, Monsieur le ministre de l’éducation nationale, Monsieur  le président de la république, d’accepter mes sentiments les plus douloureux et déçus.

 

MADAME LAJOTTE FRANCOISE 

Stand by

Par Le 29/02/2012

Un éditeur s'intéresse à Jarwal.

Je me replonge dans une énième relecture des trois tomes et j'entame ensuite l'écriture du quatrième tome.

C'est parti pour quelques mois d'écriture et par conséquent d'une mise en sommeil partiel du blog. Pas le choix.

Il faut battre le fer pendant qu'il est chaud bouillant :)