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L'ombrage, le paillage, l'arrosage.

Thierry LEDRU Par Le 30/07/2026 0

Voilà ce qui nous guide dans notre "travail" quotidien sur le terrain.

L'ombrage, le paillage, l'arrosage.

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Mathieu Foudral

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Le changement climatique nous oblige à repenser même nos gestes les plus quotidiens, et l’arrosage s’est bien intégré dans le nôtre ces dernières semaines !

Voici comment optimiser cette étape désormais indispensable, en qualité comme en quantité, pour favoriser des systèmes racinaires profonds et autonomes.

Quantité avant tout : le bassinage

L’idée phare est d’arroser les racines et pas le sol. L’arrosage superficiel oblige le système racinaire à pousser en surface et il perd toute robustesse en cas de sécheresse (ou de vacances du jardinier). Je privilégie toujours des arrosages longs et abondants plutôt que des apports quotidiens superficiels. L’objectif ? saturer le sol en eau. Le meilleur réservoir d’eau est DANS le sol, pas dans les cuves ni les tuyaux. J’attends alors (c’est long) jusqu’à ce que la terre n’arrive plus à boire : l’excédent s’infiltre et se stocke alors en profondeur. Les racines s’y développeront alors naturellement et puiseront dans la réserve utile, plutôt que de rester vers la surface brûlante. L’arrosage devient plus long mais n’est plus quotidien car la réserve utile peut rester plusieurs jours (surtout si paillage+ombrage).

Le goutte-à-goutte induit un chemin préférentiel de l’eau et limite donc la surface de réserve utile dans le sol, préférer les tuyaux microporeux, quand c’est possible.

Qualité : adaptée au cycle physiologique du végétal

L’observation est indispensable et arroser uniformément n’a pas de sens car les différents stades n’ont pas les mêmes besoins :

Plantes en phase végétative : jeunes pousses fraîches et tendres. J’arrose abondamment pour maintenir la pousse, même en cas de canicule. Si le cycle repart au végétatif, ça va être lent, voire trop tard pour repartir en croissance.

Plantes en repos physiologique : feuilles vert foncé et dures. Je peux modérer mes apports et les limiter à la survie car elles sont beaucoup moins fragiles.

Timing optimal

Le soir est le pire moment : amplitude thermique importante entre l'eau d'arrosage, souvent froide (issue du réseau), et un sol surchauffé. Une bonne partie de l’eau va s’évaporer en formant de plus des conditions idéales pour les maladies fongiques (coucou mildiou).

« L’eau appelle l’eau », un adage à inscrire partout : un sol déjà humide sera plus apte à accueillir l’arrosage, une pluie ou un bon vieil orage cévenol des familles car le VRAI BON moment pour arroser : c’est avant la pluie !

Paillage, mais est-ce encore nécessaire de le mentionner ? « Sol nu, sol foutu », surtout avec les UV qu’il y a en ce moment, vous stérilisez littéralement votre sol, tout en créant une autoroute pour l’évaporation de l’eau du sol. « Sol couvert, sol prospère » : paillage vivant, mulch divers, tout est bon.

L’ombrage : encore exotique et « novateur » il y a dix ans, est devenu une urgence absolue désormais. Elle fera l’objet d’un prochain post (je suis toujours trop long).

Mathieu Foudral

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L'étymologie du mot crise en grec, crisis, signifie : nécessité de discerner et de faire un choix. Et cette cata climatique à défaut d’autre chose nous offre un regard sur nos choix pour demain.

La problématique actuelle n’est pas que le manque d’eau : chaleur, effet sèche-cheveux et brûlures du soleil. Et, pour un sujet encore exotique il y a une dizaine d’année, l’ombrage devient non une « innovation » ou un sujet de discussion, mais une absolue nécessité. Plusieurs possibilités d'ombrage, pour ce post je me contenterais de parler de l’étage clairement grand vainqueur de l’été : les lianes.

Cette année c’est une révélation : tout crève, les lianes restent vertes et poussent. Petit topo sur ce qui me semble LA stratégie pour ce climat de l’enfer qui nous attend.

Pour cela une stratégie gagnante et rapide est d’utiliser les plantes grimpantes pour apporter rapidement protection pour les autres végétaux.

Pourquoi ce super-pouvoir ?

Une facilité à optimiser les ressources en eau :

- la rosée (via des feuilles légèrement pubescentes chez certaines vignes par exemple),

- la condensation ( lierre et clématite),

- l’absorption foliaire : la passiflore peut absorber jusqu’à 30% de ses besoin en eau par les feuilles (études de l’INRAE, 2020).

⛱️ L’effet parapluie limite

- l’évaporation du sol (jusqu’à 40% d’économie d’eau vs. plantes au sol, source : FAO, 2021)

- le stress thermique : le couvert végétal (grimpantes, arbres, arbustes) réduit la température de surface de 10 à 27°C, avec un moyen de -18°C (étude de l’INRA PACA en 2024)

- La dessiccation par le vent (jusqu’à 30% de perte d’eau en plus sans protection, source : Météo France, 2022).

Physiologiquement, elles peuvent se rapprocher des plantes du désert, par leur :

- feuilles : souvent épaisses avec une large cuticule, parfois cireuses. Pour la vigne, c’est une réduction de 30% de la transpiration vs. feuilles tendres. Certaines les perdent rapidement en cas de sécheresse (stratégie « dormante »), c’est le cas de la bignone. Chez les passiflores, les stomates sont ouverts seulement la nuit pour limiter les pertes la journée.

- tiges : certaines stockent l’eau dans les tiges (kiwi, akebia)

- d’autres dans des rhizomes (glycine tubéreuse).

️ Contre un mur, l’effet "cheminée" pour l’air chaud :

Les grimpantes sur treillis ou murs créent une circulation d’air qui évacue la chaleur. Ex : une clématite sur un mur en pierre réduit la température du mur de 10°C en 2 heures (étude thermique, 2024).

Pourquoi les grimpantes sont la 1ère solution pour adapter nos systèmes au monde de demain ?

- Elles poussent vite : la glycine tubéreuse peut couvrir 100m² en 6 mois, la vigne pousser de 2 à 5 m/an, etc.

- elles sont adaptées à la canicule et la sècheresse,

- il leur suffit d'un support, simple et rapide : grillage, filets, pergolas, murs,

- une majorité sont comestibles

- elles sont un havre pour la biodiversité.

Le temps de l'adaptation est là et nous n'avons pas les moyens de rater le train !

 

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