Là-Haut

Les principes de l'agroforesterie

Thierry LEDRU Par Le 30/07/2026 0

 

Publié : 18 Juillet 2026

https://www.librairie-permaculturelle.fr/blog/l-agroforesterie-a-l-echelle-du-jardin-une-agriculture-pensee-pour-100-m-a-1-h-n58

L'agroforesterie à l'échelle du jardin, une agriculture pensée pour 100m² à 1 ha

 

Catégories : Jardinage , Permaculture

 

1. À quoi sert l'agroforesterie sur un petit terrain ?

2. Qu'est-ce que l'agroforesterie, et en quoi diffère-t-elle de la permaculture ?

3. Passer à l'action : les voies agroforestières adaptées à un petit terrain

3.1 La haie, la porte d'entrée la plus accessible

3.2 Le verger permaculturel, la méthode Sobkowiak

3.3 Le verger classique et la haie fruitière, l'amélioration de l'existant

3.4 Le jardin-forêt, imiter la forêt pour produire toute l'année

3.5 La guilde fruitière, l'unité de base du jardin-forêt

3.6 La syntropie, une agroforesterie inspirée des tropiques

3.7 L'agroforesterie maraîchère, du potager à la microferme

Quels sont les principes de l'agroforesterie ?

Quelle est la différence entre permaculture et agroforesterie ?

Quels sont les inconvénients de l'agroforesterie ?

Quel type d'arbre choisir pour l'agroforesterie ?

Quel est le prix d'une plantation agroforestière ?

Toute la littérature sur l'agroforesterie parle d'exploitations agricoles, d'hectares et de rendements. Rien, ou presque, pour qui possède un jardin, un ancien verger ou une parcelle de quelques centaines de mètres carrés. Voici comment transposer les principes de l'agroforesterie à cette échelle, et par quelle voie commencer selon votre terrain.

1. À quoi sert l'agroforesterie sur un petit terrain ?

Un arbre planté au milieu d'une culture change tout. Il modifie le microclimat, ralentit le vent, ombrage aux heures chaudes et restitue en surface une partie de l'eau et des minéraux puisés en profondeur par ses racines. Sur une grande exploitation, ces effets se mesurent en tonnes de récolte à l'hectare. Sur un terrain de 500 m² ou 1 ha, ils se traduisent très concrètement : un sol qui retient mieux l'eau en été, des cultures moins stressées par la chaleur, une biodiversité auxiliaire (pollinisateurs, oiseaux, insectes prédateurs) qui s'installe durablement.

L'arbre n'est pas un concurrent du potager, c'est son allié le plus sous-estimé.

Cela permet aussi de diversifier la production sur une même surface, de réduire la dépendance à un seul type de récolte, et souvent d'amortir un aléa climatique (gel tardif, canicule) grâce à la variété des strates végétales en présence.

2. Qu'est-ce que l'agroforesterie, et en quoi diffère-t-elle de la permaculture ?

L'agroforesterie associe, sur une même parcelle, des arbres et une production agricole, cultures ou élevage. C'est une pratique agricole simplifiée, structurée en France depuis les années 90. Elle tire ses inspirations d'anciennes pratiques traditionnelles en usage dans les zones tropicales du globe, qu'Emmanuel Torquebiau a nommées "agroforêts" dans son ouvrage de référence.

L'agroforesterie, des arbres et des champs, Emmanuel Torquebiau, propose une synthèse complète sur les origines et les formes de l'agroforesterie à travers le monde, utile pour comprendre d'où viennent les pratiques que l'on retrouve aujourd'hui en France.

Les oasis du désert sont elles aussi une forme d'agroforesterie, elles mélangent toutes sortes d'arbres fruitiers aux cultures pour protéger celles-ci du climat aride. L'agroforesterie telle qu'elle est pratiquée et promue en France reste, en comparaison, une pratique agricole simplifiée. La forme la plus courante aux champs, ce sont des lignes d'arbres d'une seule espèce avec une culture de plein champ entre les lignes, soit deux types de végétaux seulement, quand une agroforêt ou une oasis peut en compter une quinzaine de différentes.

Agroforesterie, des arbres et des cultures, Fabien Liagre, coécrit avec Christian Dupraz, est le manuel de référence pour comprendre les fondamentaux techniques de cette version française : associations arbres-cultures, gestion de la concurrence racinaire, choix des essences selon le sol.

La permaculture, elle, n'est pas une technique mais une démarche de conception globale, elle s'inspire du fonctionnement des écosystèmes naturels et cherche à en reproduire les principes. Or les écosystèmes les plus résilients sont bien souvent des forêts, ce qui explique que la permaculture utilise si naturellement l'arbre, plante vivace de surcroît, comme pilier central de n'importe quel aménagement. L'agroforesterie s'y intègre donc naturellement, notamment via le jardin-forêt, qui applique ces principes à l'imitation d'un écosystème forestier comestible.

Introduction à la permaculture, Bill Mollison, est le texte fondateur du mouvement, par son créateur. Utile pour situer où s'arrête la technique agroforestière et où commence la démarche de conception qui l'englobe.

3. Passer à l'action : les voies agroforestières adaptées à un petit terrain

Pour le regard d'un permaculteur, il n'existe pas une seule façon de faire de l'agroforesterie sur un petit terrain. Le choix de la forme que vous retiendrez dépend de votre surface, de votre terroir (votre type de sol et le climat spécifique du lieu) et du temps que vous pouvez y consacrer.

3.1 La haie, la porte d'entrée la plus accessible

Sur quelques dizaines de mètres linéaires, une haie champêtre associant essences fruitières, arbustives et fixatrices d'azote (aulne, robinier) constitue déjà une forme d'agroforesterie linéaire. Elle protège du vent, héberge des auxiliaires et peut produire du bois de chauffage à terme.

Planter des haies, Dominique Soltner, est un guide pratique et précis pour choisir les essences selon votre sol et votre climat, calculer les densités de plantation et anticiper l'entretien sur les dix premières années.

3.2 Le verger permaculturel, la méthode Sobkowiak

Le verger permaculturel, forme la plus documentée de verger agroforestier, est issu du travail du québécois Stefan Sobkowiak. Sur son verger de Miracle Farms, il associe pommiers, poiriers et pruniers à des arbustes fruitiers et des plantes couvre-sol, en lignes courbes plutôt qu'en rangs rectilignes, pour rompre la propagation des maladies et faciliter la circulation des auxiliaires.

Le verger permaculturel, Stephan Sobkowiak, filme concrètement la conception et l'entretien d'un verger permaculturel sur plusieurs années, un format particulièrement parlant pour visualiser la méthode avant de se lancer.

3.3 Le verger classique et la haie fruitière, l'amélioration de l'existant

Sur un terrain déjà planté d'un verger classique, en lignes ou en quinconce, il n'est pas nécessaire de tout redessiner pour le rendre agroforestier. Evelyne Leterme a développé le concept de haie fruitière, qui consiste à border ou entrecouper les rangs de fruitiers existants d'arbustes et de vivaces choisis pour leur intérêt mellifère et leur capacité à héberger des auxiliaires.

La biodiversité amie du verger, Evelyne Leterme, explique comment un verger bien conçu attire naturellement pollinisateurs et prédateurs de ravageurs, réduisant d'autant les interventions phytosanitaires, sans nécessiter de replanter l'existant.

3.4 Le jardin-forêt, imiter la forêt pour produire toute l'année

Le jardin-forêt superpose plusieurs strates végétales (canopée, arbustes, vivaces, sol) sur une surface réduite, de 10 m² à plusieurs hectares.

La forêt gourmande, Fabrice Desjours, présente vingt projets concrets, du micro-jardin urbain à la parcelle d'un hectare, avec un niveau de détail qui permet de transposer directement à votre surface.

3.5 La guilde fruitière, l'unité de base du jardin-forêt

La guilde fruitière est l'unité de base du jardin-forêt, et non de l'agroforesterie au sens strict. Elle s'inspire d'une observation de terrain : sur des terroirs similaires, on retrouve souvent les mêmes cohortes de plantes occuper les strates supérieures, intermédiaires et inférieures autour d'un arbre. Pour qui possède déjà un ou plusieurs arbres fruitiers isolés au milieu du jardin, il est judicieux d'y créer une guilde en ajoutant une plante grimpante, des couvre-sols et quelques aromatiques vivaces.

Créer des guildes d'abondance, Lionel Rimbert, détaille des associations testées, arbre par arbre, pour tirer parti de chaque strate autour du fruitier sans concurrence excessive.

3.6 La syntropie, une agroforesterie inspirée des tropiques

Développée au Brésil par Ernst Götsch, l'agriculture syntropique densifie les plantations et accélère la succession végétale pour restaurer un sol dégradé en quelques années. Elle devient une stratégie particulièrement intéressante face aux étés caniculaires qui se succèdent désormais presque chaque année, la densité de plantation et la couverture permanente du sol limitent l'évaporation et protègent les cultures des pics de chaleur.

Bienvenue en syntropie, Anaëlle Théry, adapte ces principes aux climats occidentaux, avec des repères concrets pour un jardin d'abondance sous nos latitudes.

3.7 L'agroforesterie maraîchère, du potager à la microferme

L'enjeu principal de l'agroforesterie maraîchère est la praticité des récoltes, afin d'économiser du temps sur une activité qui en manque déjà. C'est pourquoi on retrouve le plus souvent, chez les maraîchers inspirés par la permaculture, des planches de légumes séparées par des lignes d'arbres fruitiers avec des plantes à petits fruits intercalées, plutôt qu'un mélange dense difficile à récolter.

Permaculture, guérir la Terre, nourrir les hommes, Charles et Perrine Hervé-Gruyer, raconte la ferme du Bec Hellouin, référence française de l'agroforesterie maraîchère à petite échelle.

Agroforesterie et maraîchage, Leon Schleep, plus technique, détaille les associations arbres-légumes qui fonctionnent réellement en planches maraîchères, densités et espacements à l'appui.

Jardin-forêt en permaculture avec strates végétales superposées

Vous n'avez pas besoin d'un hectare pour commencer. Une haie de dix mètres ou une guilde autour d'un pommier suffisent à tester les principes de l'agroforesterie avant de les étendre à l'ensemble du terrain.

Quels sont les principes de l'agroforesterie ?

L'agroforesterie associe sur une même parcelle des arbres et une production agricole, cultures ou élevage. L'arbre y joue plusieurs rôles à la fois : il ombrage aux heures chaudes, améliore la fertilité du sol par son système racinaire profond, favorise la biodiversité auxiliaire et peut lui-même produire du bois ou des fruits. Sur un petit terrain, ces principes se traduisent à l'échelle d'une haie, d'un verger ou d'une simple guilde autour d'un fruitier.

Quelle est la différence entre permaculture et agroforesterie ?

L'agroforesterie est une technique agricole précise, avec des règles de densité et d'association éprouvées. La permaculture est une démarche de conception globale qui s'inspire du fonctionnement des écosystèmes naturels. Les deux se complètent très bien, vous pouvez intégrer des pratiques agroforestières dans un design permacole, notamment via le jardin-forêt, qui applique ces principes à l'imitation d'un écosystème forestier comestible.

Quels sont les inconvénients de l'agroforesterie ?

La concurrence entre arbres et cultures pour la lumière, l'eau et les nutriments reste le principal point de vigilance. Elle se gère par un bon choix d'essences et un design réfléchi, qui transforment cette concurrence en complémentarité. C'est exactement ce que détaille Agroforesterie, des arbres et des cultures, Fabien Liagre, qui explique comment limiter cette concurrence racinaire selon le type de sol.

Quel type d'arbre choisir pour l'agroforesterie ?

Fruitiers, fixateurs d'azote comme l'aulne ou le robinier, arbres fourragers ou de bois d'œuvre, le choix dépend de vos objectifs et de votre sol. Mieux vaut mélanger les essences plutôt que de miser sur une seule espèce, à l'image de ce que propose Créer des guildes d'abondance, Lionel Rimbert, pour organiser plusieurs essences complémentaires autour d'un même arbre.

Quel est le prix d'une plantation agroforestière ?

À l'échelle d'une exploitation agricole, comptez de 300 à 500 euros par hectare pour environ 60 arbres, selon les essences. À l'échelle d'un jardin, quelques dizaines d'euros suffisent pour démarrer avec de jeunes plants, une haie de dix mètres ou une première guilde autour d'un fruitier existant.

Ajouter un commentaire