Ceux qu'on voit à peine, les petits, ceux qu'il faut chercher pour les trouver ou tout au moins être vigilants pour ne pas les manquer.
Ceux-là sont dans le potager, ils viennent boire quand on arrose les plantations, quand on remplit les assiettes avec les pierres où ils peuvent se poser, ils viennent à l'ombre, ils se reposent, je connais certaines de leurs cachettes, je sais où je peux les voir, parfois, un mur, un tas de tuiles, le lierre, une haie, le tronc du saule pleureur, celui qui doit être centenaire, incroyable tout ce qui vit là.
Ils chassent aussi.
On est heureux de savoir qu'ils ont un refuge en ces temps de canicule et de sécheresse.
Et je pense aux millions d'entre eux qui meurent dans les incendies. On voit des images de chevreuils et de biches, les grands animaux qui tentent de s'enfuir. Mais les autres, les petits, les invisibles, ils sont condamnés.
Je veux planter une forêt entière avant de mourir, une petite forêt préservée, un mélange de tout, avec un bassin, une mare, des cachettes pour tous ceux qu'on ne voit pas.












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