On est rentré de notre virée en montagne, six sommets, dont certains à plus de 3000 mètres. Il faisait bon là-haut. Et puis en retrouvant le fourgon, on écoutait les infos. Et le décalage nous mettait mal à l'aise. Les paysages de montagne, les fleurs, les animaux, le silence, l'immensité, le calme, les lacs (dont le niveau était déjà très bas...)
Et puis les forêts qui brûlent. En approchant de la maison, on voyait une fumée au loin, pas très loin. Tous les départs de feu ne sont pas mentionnés dans les médias. Ils ne parlent que des plus graves. Demain, ça sera "là-bas", puis ensuite, "là-bas" et puis encore un autre "là-bas". Partout, toute la végatation du pays est en souffrance.
"On entend dire que l'humanité est confrontée à une crise écologique.
Non, c'est faux.
La nature est confrontée à une crise humaine."
Arthur Keller.
Oui, bien évidemment que nous sommes responsables.
Il y a trois sortes de pyromanes :
1) les gouvernants, les décideurs, les financiers
2) les gens qui n'ont jamais rien voulu changer à leur mode de vie
3) les détraqués qui aiment le feu.
Nous sommes la raison de tout ça. Il ne s'agit pas de s'auto-flageller sinon certains vont encore clamer haut et fort qu'ils en ont assez de "l'écologie punitive". Ou que c'est normal puisqu'on est en été.
Il s'agit de prendre conscience que non seulement rien ne changera si nous ne changeons pas mais qu'en plus, nous ne sommes qu'au début des problèmes.
J'ai entendu sur France Info l'interview de ce pilote de canadair. Le texte ne peut rendre pleinement compte de la colère de cet homme.
Je me suis dit qu'en fait, cet homme, comme tous ses collègues, luttent au risque de leur vie, avec acharnement contre des méga-feux contre lesquels les gouvernants n'ont jamais pris les décisions adéquates mais pire encore ont continué à promouvoir le fonctionnement qui contribue à ces incendies. Et qu'un grand nombre des gens qui aujourd'hui en sont victimes ont continué à croire que ce système extractiviste pouvait perdurer sans que les conséquences ne les frappent.
« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. »
Jacques-Bénigne BOSSUET
"C'est scandaleux" d'avoir cinq Canadair disponibles sur 12 pour lutter contre les incendies, déplore un commandant de bord de Canadair
Le pilote considère même que le travail des Canadair face aux incendies d'une telle ampleur est "inefficace".
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Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié le 25/07/2026 09:23
Temps de lecture : 2min :quality(50)/2026/07/22/6a60bfc501f6a846604107.jpg)
Illustration d'intervention d'un Canadair (BERTRAND LANGLOIS / AFP)
"Sur les douze Canadair que la France possède, nous n'en avons que cinq disponibles, c'est juste scandaleux", déplore sur franceinfo samedi 25 juillet Grégory Prats, commandant de bord Canadair et chef de noria (nom donné à un groupement de Canadair). Il a été récemment en exercice à Fontainebleau(Nouvelle fenêtre), en Corse et vendredi dans le Var.
"À chaque fois qu'il y a un feu, il faut diviser nos forces par le nombre de feux, puisqu'on essaye d'intervenir sur chacun des feux", explique Grégory Prats, "et on se retrouve avec des norias, des patrouilles d'avions, qui sont insuffisantes, c'est-à-dire deux avions pour un feu et c'est très insuffisant", regrette-t-il. En effet, selon lui, ce manque d'avions rend "pratiquement totalement inefficace" l'action des Canadair. Sur un feu, il faudrait au moins quatre Canadair, quand ils se sont que deux actuellement.
Une maintenance qui ne suit pas
"L'industriel privé qui s'occupe de la maintenance n'arrive pas à suivre le rythme, les pièces détachées n'arrivent pas en temps et en heure" pour réparer les avions Canadair qui ne peuvent pas être actuellement utilisés par les sapeurs-pompiers, relate le commandant de bord de Canadair. Ces avions sont "sont entretenus correctement durant une année normale, mais là nous avons une année exceptionnelle, certaines pièces cassent et il faut les remplacer" et "malheureusement, elles arrivent trop tard", détaille Grégory Prats. Il souligne que la flotte française est "vieillissante", avec des premiers Canadair qui sont "arrivés en France en 1995".
Le pilote est par exemple intervenu à Fontainebleau et "mesure le tragique de situation. J'étais en train d'écoper sur sur la Seine, j'étais en train de prendre de l'eau qui avait coûté 2 milliards d'euros aux Français pour une dépollution, alors qu'avec 2 milliards d'euros on peut acheter quinze Canadair et dix ans de maintenance", se désole Grégory Prats.
"Nous faisons face à des feux d'une puissance énorme."
Grégory Prats, commandant de bord Canadair et chef de noria
à franceinfo
"On change un peu de de logiciel mental à ce moment là. Quand on voit qu'on ne sert pas à grand chose, on va éviter d'aller larguer sur le feu et on se raccroche au principe de base. La protection des personnes, la protection des biens et loin derrière la protection de la végétation. Donc on va garder cette eau pour des largages de sécurité sur des pompiers qui seraient en difficulté ou sur des maisons qui seraient menacées par les flammes. On en est réduits à faire ça" déplore le pilote.
L'avion militaire A400M mobilisé : un effet d'annonce
À propos de la mobilisation de l'avion de transport militaire Airbus A400M, déployé le mercredi 29 juillet en France pour lutter contre les incendies, "c'est un pansement sur une jambe de bois", estime Grégory Prats. "Effectivement, au niveau des chiffres, au niveau des annonces politiques, c'est exceptionnel. Vous avez un avion qui qui emporte 20 tonnes d'eau ou de retardant, mais ce n'est pas comme ça qu'il faut qu'il faut raisonner", balaie-t-il.
"Il faut raisonner en nombre de tonnes délivrées sur un sinistre à l'heure. Cet avion, il ne pourra se poser qu'à Orléans, à Mont de Marsan ou à Istres. Il n'y aura trois bases pour couvrir toute la France, c'est à dire qu'il aura des rotations de plus de 45 à 1 heure. Il va délivrer 20 tonnes sur un chantier toutes les heures ou toutes les heures et demie, alors que quatre Canadair avec un plan d'eau qui en général se situe aux alentours de de 20 kilomètres du début du chantier, nous on est capable de délivrer 120 tonnes à l'heure", conclut le pilote qui se dit "désabusé".
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