Ecole (suite)

Je me demande combien de temps il faudra attendre, à quel point désastreux il faudra arriver, pour que ça soit les PARENTS qui se révoltent et pas les enseignants ?...Comme si ça ne les concernait pas, comme si l'avenir de leurs enfants étaient insignifiants. Je ne sais pas ce qui me révolte le plus en fait. Le gouvernement ou les parents ...

 

Les propositions de Luc Chatel pour économiser les postes d'enseignants hérissent l'opposition. Brigitte Gonthier-Morin, sénatrice communiste des Hauts-de-Seine s'insurge contre un "nouveau plan d'austérité".

 

AFP/PHILIPPE HUGUEN

Luc Chatel a mis au point un "schéma d'emploi 2011-2013" pour réaliser des économies de postes d'enseignants.

Pourquoi dénoncez-vous "le schéma d'emplois 2011-2013" du ministre de l'Education Luc Chatel?

C'est une véritable catastrophe pour l'avenir de l'école de notre pays. Les réformes qui prévoient 16 000 suppressions de postes à la rentrée 2010 et la masterisation des concours des enseignants, ne sont pas encore effectives mais Luc Chatel annonce déjà 17 000 postes en moins pour 2011. Sans oublier que celles-ci s'ajoutent aux 40 000 suppressions d'emplois déjà réalisées ces dernières années. Nous assistons à une saignée de l'éducation. Du service public dans un premier temps, qui sera plus tard suivi par le privé.

Après la révélation des pistes de Luc Chatel pour économiser des postes, le Parti socialiste a qualifié de "cynique et brutale" l'attitude du gouvernement.

Avec ce plan, ce sont les conditions d'égalité d'accès à l'enseignement partout sur le territoire qui sont visées.

Mais l'annonce du ministre de l'Education n'est pas surprenante, elle s'inscrit dans la logique appliquée par les ministères de Nicolas Sarkozy: aller de réforme en réforme sans concertation et sans se préoccuper de la méthode. Le gouvernement reste marqué par l'obsession des dépenses publiques. Ce qui est scandaleux, c'est qu'on demande aux académies et aux rectorats de choisir quel membre on va leur couper en leur demandant de choisir les postes à supprimer.

Parmi les propositions envisagées, que vous inspire l'augmentation du nombre d'élèves par classe?

Ce n'est pas une solution. L'apprentissage nécessite qu'on passe du temps avec les enfants et qu'on puisse leur apporter une réponse adaptée à chacun. Or mettre plus d'élèves dans des classe est un obstacle au bon apprentissage des élèves mais aussi aux conditions de travail des enseignants.

Et sur le possible regroupement des petites écoles?

Ce sont les structures situées dans des territoires déshérités qui risquent de pâtir de ces fusions et fermetures d'écoles. Or la proximité dans le milieu rural est importante. Cela va poser des problèmes concrets: un enfant va devoir se déplacer plus longtemps et les classes vont être surchargées.

Luc Chatel a déclaré ce mardi que les problèmes de l'Education nationale n'étaient pas une "question de moyens"...

C'est un discours récurrent de la part du ministre. On ne nie pas la nécessité de réformer mais aucune réflexion n'est menée pour améliorer l'offre pédagogique. On a préféré désosser le "mammouth" plutôt que de prendre le temps d'un véritable diagnostic partagé avec le personnel de l'Education, les parents d'élèves et les syndicats, pour ensuite avancer ensemble sur des pistes de réflexion.

Par ailleurs, Luc Chatel annonce un déploiement de mesures sans lien visible alors que, sans le dire, le gouvernement réfléchit à une réorganisation totale des cycles scolaires. Par exemple, la fin de la scolarisation des 2 ans est pensée pour mieux s'attaquer à la scolarisation des 3 ans.

Seriez-vous solidaires des syndicats en cas d'appel à la mobilisation?

Parfaitement. Ce que dénoncent les syndicats de l'Education relève du bon sens. Ils ont envie d'être associés aux réformes. Surtout, ils veulent qu'on leur enlève l'épée de Damoclès au dessus de leur tête qu'est celle des suppressions de postes.

Pour améliorer l'offre pédagogique, il faut revenir sur les suppressions de postes des enseignants et suspendre la réforme de l'IUFM. Avec la masterisation, les futurs enseignants seront davantage désarmés dans des classes plus difficiles qu'avant. Il s'agit de restaurer un climat de confiance pour le corps enseignant plutôt que d'entretenir le malaise actuel.

Ce n'est pas en diminuant le personnel, les infirmiers, les psychologues, les enseignants, ni en postant des policiers dans les établissements qu'on résoudra les problèmes actuels de l'école comme l'échec scolaire ou la violence scolaire. Ce sont des fausses réponses.

Brigitte Gonthier-Morin est sénatrice des Hauts-de-Seine membre du groupe Communiste, Républicain, Citoyen et des Sénateurs du Parti de Gauche. Elle est membre de la commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat.

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