Quatre millions de pages lues
- Par Thierry LEDRU
- Le 01/02/2026
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J'ai commencé ce blog en novembre 2009.
Jamais, je n'aurais envisagé qu'un jour il atteindrait ce chiffre ni les 1 400 000 visiteurs.
J'avais deux romans publiés à cette époque, "VERTIGES " en 2004 et "NOIRCEUR DES CIMES" en 2007.
L'intention de ce blog n'était pas de constituer une "vitrine "pour ces deux romans mais d'écrire mes pensées, mes réflexions.
Lorsqu'il m'arrive de relire les premiers articles, je réalise à quel point mes centres d'intérêt ont changé. Dans les premières années, l'école a beaucoup concentré mes écrits, la dimension spirituelle tout autant.
Aujourd'hui, c'est l'état de la planète et toutes les urgences qui la touchent qui nourrissent mes écrits. "What else?" comme dirait George. C'est devenu un thème si pregnant qu'il est devenu le fil conducteur de la quadrilogie en cours d'écriture. La Terre et l'humanité. Le rapport de force et celui d'amour puisque les deux sont possibles. Le premier ayant conduit l'humanité à une dégradation considérable de la vie toute entière.
Une inversion de ce rapport devient absolument nécessaire, primordial, vital. Le problème, c'est que ce lien d'amour ne semble pas envisageable par un simple choix. L'humanité ne décidera pas que désormais il est temps d'aimer la planète et par conséquent de la respecter. Cette décision se fera par obligation. On peut même considérer que de multiples événements mèneront à ce changement de paradigme.
Pour l'instant, les conflits intellectuels entre les adeptes de la croissance et ceux du ralentissement volontaire occupent les esprits. Ça n'est jamais que du temps perdu car de toute façon, ce ralentissement aura lieu. C'est juste physique. Et j'utilise le terme de "physique" intentionnellement pour suggérer que la Terre, physiquement, n'en peut plus.
L'épuisement des ressources n'est vu qu'à travers le filtre des chiffres : diminution des réserves de pétrole, de terres rares, d'uranium, de nickel, de cuivre, de tous les minerais qui contribuent à la technologie, diminution des réserves d'eau potable, diminution de la couverture végétale (les forêts primaires), diminution de la vie marine, diminution de la biodiversité.
Année après année, nous nous approchons des limites.
Ce que j'ai décidé d'explorer dans la quadrilogie, c'est de dépasser l'idée d'un épuisement physique de la planète et d'imaginer un épuisement spirituel de la Terre. Et donc de développer l'idée d'une planète vivante, non pas uniquement dans son aspect physique mais dans sa conscience. On en arrive à "Gaïa".
J'ai lu beaucoup d'ouvrages de James Lovelock ou de Peter Russel. C'est ardu mais fascinant.
C'est en écrivant la quadrilogie que je réalise à quel point ces lectures m'ont marqué.
La Terre est vivante, non pas simplement dans les formes de vie qu'on y trouve mais l'entièreté de la planète et mieux encore, elle est consciente. Oui, je sais, "c'est n'importe" quoi se diront certains. Et je répondrai que nous sommes entrés depuis un certain temps dans un très grand n'importe quoi en refusant de considérer la Terre autrement que comme un magasin à exploiter.
Nous, humains, pensons que tout ce qui nous environne n'est pas nous. Que tout ce qui existe, par ses infinies différences, peut et doit être cartographié, identifié, classé, hiérarchisé et que nous, humains, étant à même de le faire, sommes donc au sommet de cette hiérarchie. Et que la vie sur la Terre n'est rien d'autre qu'un champ d'études et d'exploitations.
Sans doute sommes-nous allés trop loin.
LE DÉSERT DES BARBARES
"Nous sommes la Terre et la Terre est ce que nous sommes.
- Oui, tu l’as dit tout à l’heure mais il faut que tu m’expliques.
- Nous sommes un Tout, une seule entité. Toi, moi, les autres, tout ce qui vit, les animaux, les plantes, nous sommes des formes matérielles de l’énergie. Et cette énergie est en nous. La Terre est un être vivant, elle aussi. Pour beaucoup, la Terre nous influence, la lune, le magnétisme, l’atmosphère, la lumière, tous les phénomènes naturels terrestres ont un impact sur nous, les humains et sur tout ce qui vit.
- Oui, je n’y connais pas grand-chose mais ça me semble évident.
- D’accord mais si tu considères que tout ce qui vit est intrinsèquement lié, que tout ce qui vit expérimente exactement les mêmes phénomènes, à l’échelle de son état matériel, de sa dimension, de son activité, de ses interrelations avec l’ensemble du vivant, alors imagine l’humanité comme une entité unique, libère-toi de toutes les dissemblances de couleurs, de langues, de cultures, pense uniquement à une masse unique, celle de tous les humains.
- Oui, OK, et alors ?
- Puisque la Terre est un être vivant, elle est susceptible, elle aussi, d’être impactée, spirituellement, par le comportement de cette masse humaine, prise dans son entièreté.
- Tu veux dire que le bordel actuel dans l’humanité a un effet néfaste sur la Terre elle-même ?
- Voilà, c’est ça. La Terre reproduit ce que nous sommes, à son échelle. Non pas ce que nous sommes, en tant qu’individus esseulés mais en tant que masse indissociable.
- L’épidémie de choléra, le Hum, les attentats, les conflits, les destructions, tout ça serait un ensemble ?
- Oui, Francis. Tout ça est un ensemble avec les actes de l’humanité elle-même et celle de la Terre, une forme de partenariat spirituel dévastateur. Il n’y a pas d’un côté l’environnement et l’humanité, pas plus qu’il n’y a d’un côté la Terre et de l’autre cette humanité. Tout fonctionne dans une totale interconnexion. Et c’est la source même du dérèglement climatique, de l’émergence d’épidémie et maintenant de ce phénomène acoustique qui rend fou. L’humanité est spirituellement pervertie par des mouvements de pensées destructeurs, un égocentrisme qui l’a totalement persuadée qu’elle était hors du monde, profitant de la planète sans lui attacher d’autres intérêts que le développement de son pouvoir, de son confort, de sa richesse, de son hégémonie. Le chaos actuel déclenché par je ne sais qui n’est que la suite logique de cette folie, à une échelle que personne n’aurait imaginée.
- Et la Terre suit le mouvement, c’est ça ?
- Exactement. La résonance de Schuman n’est plus équilibrée. L’ionosphère est contaminée par la perversion de l’humanité entière. On sait depuis longtemps que l’atmosphère est polluée par des particules chimiques. Une pollution matérielle. Désormais, c’est une pollution électromagnétique mais elle n’est, elle même, que l’effet physique d’un effondrement spirituel à l’échelle de la planète toute entière.
- Mais beaucoup de gens se comportent de façon respectueuse avec la planète, je ne peux pas croire que tout le monde est irresponsable. Il y a forcément des individus qui sont engagés dans une voie spirituelle. Je n’en fais pas partie, d’ailleurs, soit dit en passant. Je ne me suis jamais intéressé à tout ça.
- Oui, il y en a mais ils ne représentent qu’une toute petite frange de la population totale. Essaie d’imaginer le nombre d’individus dont le seul objectif de vie est d’ordre matériel, une maison, une ou deux voitures, la consommation, les voyages, la mode, les gadgets technologiques, toujours plus de nouveautés, une fête permanente, effrénée. Je te parle de milliards d’individus. Et ceux qui n’ont pas accès à ce mode de vie sont prêts à tout pour y accéder. C’est le modèle, la référence, l’objectif suprême.»
La passion de Francis pour les grosses cylindrées, les femmes, les fêtes, le poker, les voyages exotiques, l’argent… Il ne pouvait contester l’analyse de Tim. Ni pour lui, ni pour toutes les connaissances et amis qu’il avait en France. Et au vu du développement économique de la Nouvelle-Zélande et du modernisme des villes, il en était de même ici. Tout le monde courait dans la même direction. Alors, oui, il était acceptable d’envisager l’hypothèse que cette masse émettait quelque chose, une forme de vibration, de fréquence, des ondes. Il ne savait pas l’exprimer. Aussi étranges que puissent paraître les propos de Tim, il n’avait aucune donnée incontestable à lui opposer. Il se dit que c’était peut-être justement la particularité de la dimension spirituelle. Tout et n’importe quoi pouvait y être développé. Rien n’était vérifiable. Et il admit aussitôt que la conclusion était trop simpliste et qu’il aurait déjà fallu posséder davantage de connaissances dans le domaine pour pouvoir argumenter. Devenait-il dès lors une proie idéale pour des individus manipulateurs, des individus illuminés possédant une dialectique capable d’envelopper leurs théories fumeuses dans des discours convaincants ? Tim était-il un scientifique illuminé et lui un béotien crédule ou Tim était-il totalement lucide, un précurseur et lui un auditeur privilégié d’une découverte majeure ? La Terre et l’humanité intrinsèquement liées dans une direction identique. Et que faudrait-il pour inverser le phénomène ?
« Donc, pour toi, Tim, le phénomène acoustique du Hum, c’est un dérèglement de l’ionosphère et de la résonance de Schuman ?
- Non, c’est un dérèglement simultané de l’humanité et de la Terre, c’est ça qu’il faut comprendre, Francis. Tout est lié. Ce qui se passe dans l’ionosphère n’est qu’une conséquence.
- Et c’est quoi alors ce bruit qui rend fou ? Je veux dire, techniquement parlant.
- C’est une souffrance, un cri à l’échelle de la planète, la masse humaine et la Terre, un cri qui va s’étendre, qui va toucher de plus en plus de gens, indifféremment, n’importe qui.
- On peut donc être atteint, toi et moi ?
- Oui, peut-être, même si, d’après ce que j’ai entendu, les cas semblent concentrés dans les zones urbaines. Ce qui est normal, après tout.
- Les lieux les plus « hors sol », c’est ça ?
- Oui, c’est comme ça que je le vois. Les mégapoles, tu sais ce que ça représente comme émissions polluantes ? Je ne te parle pas que des gaz et polluants atmosphériques mais également de tout ce qui concerne les ondes. Les villes sont devenues des zones de concentration d’ondes. Les cerveaux humains dans cette mélasse sont bombardés. Les ondes alpha, tu peux tirer un trait dessus.
- C’est quand on est détendu, c’est ça ?
- Oui, disons, dans un état de lucidité sereine. C’est pas une phase d’endormissement mais de plénitude. Va trouver des gens dans cet état-là en pleine journée, dans l’agitation d’une ville. Et je ne parle pas que de l’agitation physique des humains mais de celle des ondes qui les enveloppent. Tu connais le nombre de burn-out ou de dépressions dans les zones urbaines, l’intensité du stress liée à un mode de vie d’où est exclu toute sérénité, tout apaisement, autre que quelques récréations dans des centres de remise en forme, de yoga, de bien-être. Foutaises tout ça. Ce ne sont que des récréations comme celles des gamins à l’école. Mais le stress est toujours là et ces récréations ne sont que des paravents, des marchandisations de la souffrance spirituelle des individus. Tout ça est un énorme marché au service de la machine capitaliste. Il faut sauver le soldat Ryan, c’est à dire l’employé, l’ouvrier, l’ingénieur, tous les individus qui font tourner le moteur.
- Bon, ok, mais tu ne m’as toujours pas dit ce que c’est ce Hum.
- Si, je te l’ai dit mais ça ne rentre pas dans ta tête parce que, profondément pour toi, ça ne tient pas la route. C’est un cri, une souffrance. Celle de la masse humaine associée à celle de la planète. L’humanité est folle, la Terre suit le mouvement. Nous sommes la Terre et le Terre est ce que nous sommes. Tu comprends maintenant ? »
Silence.
« Nous ne sommes qu’un, non pas uniquement en tant qu’individus dans la masse mais un avec la Terre, elle-même.
- Voilà, Francis, c’est ça. Et donc, désormais, au vu de tout ce qui se passe sur la planète, on est qu’au début de ce que la Terre est susceptible de déclencher pour accompagner l’humanité."
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