"Je ne porte pas de soutien-gorge" (santé)

Je ne porte pas de soutien-gorge !

Bla Bla Bla'

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Breveté tout d’abord en 1859 par l’américain Henry S. Lesher mais jugé trop inconfortable, le soutien-gorge moderne sera finalement présenté en 1889 par la française Herminie Cadolle à l’exposition universelle de Paris.
Ce vêtement révolutionnaire avait pour ambition d’apporter un maintien aux poitrines des femmes, un nouveau confort, tout en redessinant leur silhouette. L’industrie du soutien-gorge était lancée !

Entre-temps, il a su évoluer et on peut aujourd’hui en trouver de toutes les couleurs et de toutes sortes en fonction de nos morphologie et de nos attentes ; des spécialement conçus pour les activités sportives qui assurent le « maintien parfait », des qui restent invisibles sous les vêtements, des à dentelles histoire de faire flancher la personne tant convoitée, avec ou sans bretelles, avec ou sans baleines…

soutien gorge

Ados, nos mères, nos sœurs nous trimballent au magasin pour acheter notre « premier soutien-gorge », le premier, d’une longue série. On a l’impression de devenir une « grande », et on en est fière ! Compter des soutiens-gorge parmi ses fringues est devenu normal, voir incontournable.

Incontournable, mais pas pour tout le monde…

Je suis allée à la rencontre de 6 femmes qui en ont décidé autrement, faisant un pied de nez aux préjugés. Pour elles, c’est no-soutif, et c’est non négociable (ou presque) ! Pour des questions de santé ou de confort, elles m'ont expliqué pourquoi elles ont fait ce choix et les répercussions qu’a eu l’absence de soutien-gorge dans leur vie.

Alwina, 41 ans, créatrice du groupe Facebook « Sans soutif / no bra ».

Je me sens normaleJe faisais du 95 B à 18 ans, du 105E à 35, et là... eh bien, je ne mesure plus. Je suis petite et très grosse, ma poitrine est de toute façon incontournable.

J’ai porté pendant un an un soutif acheté chez une bonnetière, et j'étais mal à l'aise de porter mes seins comme des obus alors que leur tendance naturelle est de reposer le long de mon torse. De plus, les élastiques me scient la peau sous les seins, entre les bourrelets, et irritent les grains de beauté. J’en ai eu ras le bol. Ras le bol de payer cher pour des trucs qui ne servent à rien, puisque mes seins sont bas, avec ou sans soutif.

Alors l'été dernier, j’ai décidé de ne plus rien porter, et je regardais avec amusement mes seins bouger pendant que je marchais ! Le problème c’est qu’on a été éduquées depuis toujours à ce qu'un sein trop gros ou qui bouge, implique une connotation sexuelle, alors on cache, on essaie de les faire oublier…

Le regard des autres, peu importe, je suis une femme mûre, sûre de mon charme malgré ma quasi obésité. Alors je sais que quoi qu'on fasse, on ne peut pas être parfaite. Donc, le regard des autres, je m'en tape !

Aujourd'hui, je les aime et quand je les vois bouger, je me sens NORMALE ! 


Azalée, jeune maman de 30 ans

L’idée de dire au revoir aux soutiens-gorge me travaillait déjà depuis un moment…

Avant ma grossesse je faisais du 85C. Pendant la grossesse j'ai acheté du 95D vers les 2 mois, et au bout d'un mois ils étaient déjà trop petits ! Ayant un petit budget, je n'en ai pas racheté. De toute façon, j'étais déjà sur la voie du « no soutif » parce que je n'en portais que pour travailler en fait.
Puis je suis tombée sur l’article « Viva la Boobies ! 7 choses à savoir à propos des seins » de Kara Maria Ananda et ça a été une révélation !

L'ensemble de l'article parle de respect de soi finalement, et je me suis aperçue que je ne respectais pas mes seins en les enfermant comme ça. Et puis j’ai lu l’étude du fameux Docteur Rouillon  qui explique l’effet bénéfique sur la santé et l’esthétisme de la poitrine, ce qui est venu enfoncer le clou.

Quand ma fille est née, je me suis prise un tas de réflexions ; ma mère, la puéricultrice, la gynéco, la pédiatre, belle-maman… Elles s’y sont toutes mises ! Ma mère disait que c’était indispensable, qu’ils allaient finir par « tomber », surtout si j’allaitais... Elle a finalement vu que non... C'est en étant face à ces préjugés que j'ai commencé à vivre le no bra comme un acte féministe étant donné que mon confort ne va pas avec les dictats de mode, imposés souvent par des hommes ou bien, par des femmes mais pour que le regard des hommes ne dévie pas.

sans soutien-gorgeMon homme quant à lui, a cru à une lubie au début, aujourd’hui, il admire même cette prise de position.Alors oui, ça bouge beaucoup quand je marche mais bon tant mieux pour ceux qui ont le plaisir de regarder ! Je ne réagis pas aux remarques désobligeantes. Ca ne me dérange pas, c'est le mouvement naturel d'un sein après tout !

Hier il y a un ado qui en est resté bouche bée, il a même pas réagi quand j'ai dit "quoi ?!"
Beaucoup n’imaginent pas un instant abandonner le port du soutien-gorge par peur de se voir ressembler à ces femmes africaines aux seins qui tombent jusqu’au nombril. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que ces femmes ont cette morphologie non pas à cause de l’absence de soutien-gorge mais à cause du « repassement » des seins dès leur plus jeune âge. Cette technique cruelle consiste à aplatir les seins à l’aide de pierres chaudes ou d’ustensiles de cuisine pour repousser la formation des jeunes filles dans le but de n’attirer aucun homme et ainsi repousser l’âge du premier rapport sexuel.

Pour celles qui voudraient se lancer mais qui n’osent pas, je leur conseillerai de tenter, d'abord à la maison. Elles verront vite quelle liberté c'est !
Et bien sur, de ne pas se fier aux préjugés, ne pas porter de soutien-gorge ne les fera pas tomber ! Ca fera peut-être un peu mal au début, mais au bout 3-4 semaines la peau se redensifie (ainsi que les pectoraux qui sont à la base là pour faire le travail des soutifs d’ailleurs!). 
En portant des soutiens-gorge, la peau et les muscles deviennent paresseux. Bon après il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils soient si hauts car la société les veut plus hauts que leur position naturelle. Et bien sur, je leurs parlerais aussi du risque lié au serrage des canaux lymphatiques. Et puis, si la nature nous a faites sans soutifs, c’est pas pour rien !

 soutien-gorge

Ana, 24 ans, 85B, et adepte de soins de beauté au naturel,

Je me suis informée un peu sur le sujet du « no soutif » il y a quelques mois, et puis suite à ça, j'ai oublié un peu par hasard d’en mettre un. Les jours suivant y'a eu des oublis un peu plus volontaires, et puis finalement, j'ai fini par balancer mes soutifs ! J’en ai gardés quelques uns, que je porte comme des accessoires de mode ou pour des événements spéciaux. Une brassière de sport quand je fais des activités physiques, un bandeau noir pour les décolletés, Les "triangles" blanc quand je veux porter un haut un peu transparent, Et un autre coloré et fleuris, en dentelle. Les quatre sans armatures car ça a tendance à blesser le sein. On ne voit pas ces blessures à l’œil nu, mais ça peut créer des micro fissures. Et puis, les armatures apportent un soutien, une structure dont les seins n'ont pas besoin. Le but du no soutif est de les laisser se maintenir seuls.

sans soutien-gorgeDepuis que je ne porte plus de soutien gorge, je les palpe beaucoup plus souvent, et je leurs apporte plus de soins. J’applique au quotidien un macérât de bellis que j'ai fais moi même et je me passe aussi quotidiennement un jet d'eau fraîche mais pas glacée sur la poitrine. Ce combo a un effet tenseur, et à défaut de ne pas les voir remonter, je les sens beaucoup plus fermes ! Je fais un gommage une fois par mois à base d’huile végétale et de sucre et je les masse en faisant des mouvements circulaires en partant de dessous le sein et en remontant vers le cou Je surveille donc plus souvent leur état.

 

Virginie, 29 ans, mariée, 2 enfants, 95C (mais pas sûre)

Après avoir commencé le nopoo (sans shampoing) je suis tombée sur des blogs et un article sur le non soutif et j’ai dit allez hop j’essaye… et voilà j’ai remarqué que ça me faisait du bien au dos alors j’ai continué ! Actuellement en congés parental, je ne travaille pas alors pour moi c’est facile, mais les préjugés, les critiques dans notre monde, les moqueries, le regard des autres, c’est tellement pesant…. Que je sais que même pour moi ça ne sera pas facile à la reprise du boulot

J’ai fait du vélo il n’y a pas longtemps sans soutif, c’était bizarre….je n’étais pas à l’aise peut être par manque d’habitude alors je mets soit un bandeau soit un soutien gorge de sport.

Les seins remontent naturellement assez rapidement, je conseillerai à celles qui veulent se lancer d’essayer d’abord chez elle, puis dehors avec un débardeur un peu serré histoire que tout reste bien en place…. Moi j’aime bien porter un débardeur sous des hauts, d’ailleurs je le faisais déjà avant, alors maintenant je le fais mais sans soutien gorge et ça maintien très bien sans compresser… sans soutien-gorge
C’est vrai qu’au début, on a l’impression d’avoir le regard des autres les premiers jours, mais après on n’y pense plus.

J’ai vraiment vu une sacré différence sur mes problèmes de dos, ma posture je pense est beaucoup plus naturelle, je suis moins droite qu’avant. Je suis très raide et je pense que le soutien gorge me rendait encore plus cet effet de raideur, et je remettais 10 à 15 fois par jour ma poitrine car les soutifs ne sont pas toujours bien adaptés à la poitrine, un sein ça va l’autre non…quel bonheur de ne plus devoir faire ça…

 

Arielle, 21 ans, étudiante en littérature et agent de service dans un fastfood au Quebec

Je ne connais pas ma taille… Quelque chose entre 34A et B. Je crois que ça fait 75A/B en taille européenne. Mais je crois qu’ils ont grossi depuis que je ne mets plus de soutien-gorge, alors je ne suis vraiment pas certaine !

J’ai arrêté d’en porter en octobre 2014. Un jour, j’ai réalisé que je n’en mettais jamais chez moi, alors je me suis demandé pourquoi je me sentais obligée d’en mettre pour sortir. J’ai compris qu’au fond, j’en mettais par habitude et parce que j’avais peur des jugements. Puisque j’ai des petits seins, j’en mettais pour qu’ils paraissent plus gros, plus ronds et plus hauts (tous mes soutifs étaient très très rembourrés). J’ai décidé que ça ne valait pas la peine de souffrir pour une question d’apparence. Non seulement, c’est inconfortable pour des raisons évidentes, mais en plus, j’ai remarqué qu’en mettre me causait des douleurs au dos. J’ai une scoliose et l’attache derrière presse en plein là où ça me fait le plus mal.

Avant mes menstruations, j’ai très mal aux seins, alors parfois lors de cette période il m’arrive de mettre une brassière (volontairement trop grande) pour qu’ils bougent un peu moins.

Il faut juste essayer de prendre conscience des mouvements du corps, à quel point tout est en harmonie. C’est génial aussi de pouvoir respirer sans se sentir comprimée. J’adore marcher et les sentir ballotter un peu, je me sens libre !

Si ça n’en tenait qu’à moi, j’oserais probablement le no-soutif, même avec des hauts clairs. Mais mon copain a un problème avec ça, donc par respect pour lui, je m’abstiens. Bon, avec les décolletés… Bah, vu que j’ai des petits seins, si je me penche, on peut en voir beaucoup, beaucoup trop. Il faut que je fasse un peu attention à ça. Autrement, j’assume! Plus ça va, et plus j’ose des trucs que je n’aurais peut-être pas osé faire au tout début.sans soutien-gorge

J’ai les épaules très très rondes, donc je fais des exercices pour muscler mes épaules et mes pectoraux. J’ai l’impression que ça aide à améliorer l’apparence de mes seins. Parfois je les masse sous la douche puis j’applique de l’huile ou une crème.

Il faut le faire pour soi d’abord. Je crois que personne n’a le droit de contrôler cette partie-là de mon corps. Les sous-vêtements, c’est tout de même très intime. Ça devrait être notre choix personnel d’en mettre ou pas.

liberte 

Aurélie G. 36 ans, en couple, 2 enfants, 85C

Cela fait environ 3 mois que j'ai pris la décision d'arrêter de porter des soutiens gorge. Tout a commencé le jour où ma mère m'a prêté un livre qu'elle trouvait très intéressant sur les petites choses qui améliorent le quotidien, fondé sur plusieurs études : Prenez votre santé en main de Frédéric Saldmann. Dedans, un paragraphe était dédié aux études et aux bienfaits de ne pas porter de soutien gorge. J'ai essayé et j'ai tout de suite réalisé que je respirais mieux et que mon quotidien était bien plus agréable sans.

Je pense que les femmes en France sont conditionnées à en porter car dès le plus jeunes âge on nous montre le soutiens gorge comme le trophée qui fait de nous une femme sans même se poser la question de son réel impact sur notre corps. Par la suite la plupart des femmes pensent qu'il n'est pas pensable de vivre sans, que leurs seins vont tomber directement, qu'elle seront jugées ou assujetties à des moqueries.

sans soutien-gorgeCertaines filles qui ont eu l'habitude de porter des soutien-gorges depuis de longues années peuvent avoir plus de mal que d'autre avec les activités physiques mais pour moi la brassière est une bonne alternative car pour rien au monde je ferai marche arrière en remettant un soutien gorge !

A toutes les femmes qui ont des appréhensions je leur dirai  "essayez 24h, vous aurez vos réponses " il ne m'a pas fallu plus pour arrêter définitivement. Exit les doubles bretelles, plus de question à se poser quant à quel soutien-gorge conviendra le mieux avec la tenue x ou y.

Lors d’une fête une amie s’en est rendu compte et en moins de 5 minutes j'avais 4 nanas et 2 garçons qui me regardaient avec des yeux rond et me demandaient comment mes seins tenaient tous seuls (j'ai trouver cela flatteur et amusant).

Reste un inconvénient pour moi : les dos d’âne en voiture… j'ai l'impression que mes seins font des montagnes russe !!!

Encore un grand merci à elles d'avoir pris le temps de répondre à mes questions, et d'avoir accepté la publication de leurs réponses sur ce blog :)

Et toi, t'en es ou bien?

Commentaires (3)

Liberté
Pour compléter le très bon diaporama d'Yves, j'ai rédigé un blog d'information où je rassemble entre autres les témoignages de femmes qui se sont libérées de l'emprise du soutien-gorge : http://www.freetheboobies.fr
Les femmes à petites poitrines ne sont pas les seules à pouvoir s'en libérer! De nombreuses femmes aux bonnets généreux y arrivent aussi. Les poitrines abîmées reprennent aussi de la vigueur.
Thierry LEDRU
  • 2. Thierry LEDRU | 12/05/2016
Merci Yves pour ce lien :) L'information doit circuler !
Yves
Des témoignages super intéressants qui vont dans le même sens que tous ceux que j'ai déjà eu autour de moi.
Si quelques infos sur le sujet vous intéresse, vous pouvez aller voir ce diaporama:
http://fr.slideshare.net/Yves971/le-danger-du-soutien-gorge-52
Bonne lecture...

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