Le moi encapsulé. (spiritualité / le moi)

Le modèle du moi le plus commun est celui du moi individuel, séparé et distinct du monde. C'est un paradigme extrêmement puissant et tous les schémas de pensées qui en résultent conditionnent notre rapport aux autres et à la Terre.Le philosophe Alan Watts a surnommé cela "l'ego encapsulé de peau" (skin-encapsulated ego), ce qui est à l'intérieur de la peau est moi, ce qui est en dehors d'elle n'est pas moi. Toutes nos expériences, nos perceptions, nos rapports, nos relations sont générées par ce paradigme et nous modelons la réalité en conséquence. Nous transformons en fait la réalité puisque nous n'en percevons que la partie inhérente à cette façon de penser et de vivre. Il est dès lors quasiment impossible dans la cadre d'une vie formatée de sortir de cette enceinte et de s'ouvrir de nouveaux horizons. Nous n'avons même pas conscience qu'il puisse exister une autre réalité, ou plutôt une extension de la réalité.

Le moi existe, il ne s'agit pas de le nier, c'est une réalité mais il n'est pas une entité fermée. Elle a été fermée. Le paradigme le plus développé a pris le pas sur toutes autres formes de perceptions. On peut bien entendu se demander ce qui a poussé l'être humain à une telle diminution de se perception...Un égocentrisme surpuissant peut-être lié à sa fragilité originelle. Le besoin de se sauver au coeur d'une Nature insoumise. Le goût du pouvoir sans doute également. Prendre la place du chef à la place du chef. Et le chef se doit d'être le Maître du monde pour recevoir l'adhésion du groupe. La Nature en devenant l'ennemi à dominer offrait un piédestal à ce goût du pouvoir...Juste des hypothèses bien entendu...On ne peut pas résumer une évolution aussi considérable en deux ou trois idées...

 

Mais ce qui est essentiel, c'est d'accepter l'idée qu'un paradigme n'est qu'une méta théorie, non pas une "méta réalité". Il n'est qu'une interprétation de cette réalité. Il est donc toujours possible de changer de théorie, il suffit de changer de regard...L'intellect suivra. Et fondera une autre théorie. la théorie n'a pas d'existence propre, elle est créée par un raisonnement. Effaçons le raisonnement ou changeons le et la théorie se transforme, rien n'est figé.

La tectonique des plaques restera à mon sens un des exemples les plus puissants de cette évolution possible. Wegener a commencé par observer, par regarder, par comparer les éléments naturels qu'il trouvait : les fossiles. Et puis il a travaillé sur les cartes de la Terre. Juste des regards à la source et puis les raisonnements qui s'emballaient...Mais les scientifiques de l'époque ne voulaient pas de ce changement de paradigme parce qu'ils auraient dû admettre que leurs théories précédentes étaient fausses, c'était une remise en cause inacceptable. Il s'agissait pourtant de scientifiques mais leurs connaissances paraissaient sérieuses et fondées aux yeux de tous et il ne leur était pas possible, intellectuellement parlant et existentiellement d'admettre une erreur...

L'ego encapsulé. Une force d'inertie redoutable. Le pouvoir ne peut pas tomber de cette façon. C'est insupportable.

Nous sommes sans cesse, générations après générations, dans la même situation. Les scientifiques ont bien évidemment raison puisque toutes les preuves qu'ils ont apportées correspondaient aux recherches qu'ils menaient. On trouve ce qu'on cherche, c'est une évidence. Et puisqu'on l'a trouvé, c'est que c'était juste. Pour trouver autre chose, il faut aller chercher ailleurs. Mais là les scientifiques courent le risque de ne pas être subventionnés, de perdre leur poste, de ne pas voir publier leurs recherches ou de ne même pas obtenir les fonds pour les mener à terme.

 

Je pense de plus en plus que les recherches scientifiques s'engageront dans des voies différentes lorsque le peuple lui-même mettra en avant les priorités qui l'occupent. C'est de la masse que viendra le changement en haut de la pyramide. Sans doute aussi parce que nos egos encapsulés le sont moins que ceux qui l'ont renforcé au coeur de leur parcours universitaire...

 

Heureusement, à l'opposé d'un Gilles de Robien, on trouve les Rupert Sheldrake, John Lilly, Jean Marie Pelt, Stanislas Groff, Prigogine, Dabid Bohm, Michael Sabom, Raymond Moody...  

 

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