Les deux moines et la jeune fille

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Deux moines zen s’apprêtaient à traverser une rivière à gué, lorsqu’arriva une belle jeune fille.
Elle aussi souhaitait traverser, mais elle était effrayée par la violence du courant.
Alors l’un des moines la prit en souriant sur ses épaules et la porta de l’autre côté de la rivière.

Son compagnon fulminait : un moine ne doit pas toucher le corps d’une femme ! Et tout le long du trajet, il ne desserra plus les dents.

Deux heures plus tard, lorsqu’ils arrivèrent en vue du monastère, il lui annonça sur un ton de reproche qu’il allait informer le maître de ce qui s’était passé :
– Ce que tu as fait est honteux et interdit par notre règle !

Son compagnon s’étonna :
– Qu’est-ce qui est honteux ? Qu’est-ce qui est interdit ?
– Comment ? Tu as oublié ce que tu as fait ? Tu ne t’en souviens donc pas ? Tu as porté une belle jeune fille sur tes épaules !
– Ah oui, se souvint le premier en riant. Tu as raison. Mais il y a deux bonnes heures que je l’ai laissée sur l’autre rive, tandis que toi, tu la portes toujours sur ton dos !

 

 


Quel est le sens de cette histoire ? 

Y en a-t-il un seul d'ailleurs ? 

On en a longuement parlé, hier soir, Nathalie et moi. 

La conclusion finale est effectivement, à nos yeux, d'une importance capitale.

Le moine qui a porté la jeune fille sur ses épaules a agi selon son coeur et non, selon des préceptes si nombreux qu'ils finissent par troubler l'esprit. Il suffit de voir le moine qui porte le jugement sur son compagnon de route. Lui, il réfléchit à travers le filtre de son mental et de tous les conditionnements qu'il a absorbés.

Pire encore, celui-là qui agit selon son mental est condamné à errer dans les miasmes du temps et de ses tourments. C'est la raison pour laquelle il ne parvient pas à effacer les images de la jeune fille.

Le moine qui a agi selon son coeur, par simple empathie, n'a aucune raison, ni même besoin de se retourner vers ce passé. Ce désir naturel de rendre service a été consommé. Le feu s'est éteint naturellement.

Celui qui vit dans le temps et ses aigreurs est tourmenté par l'obligation d'obéir aux préceptes et le feu d'une probable jalousie puisque celui qui n'écoute plus son coeur est un éternel insatisfait. Rie n'est jamais assouvi dans le mental. La raison n'est juste qu'un étouffoir des douleurs. Mais le mal est toujours là. Etouffer un symptôme donne naissance à un autre.

Il n'y a que l'énergie aimante du coeur qui puisse apporter la sérénité de l'instant présent et le saisissement intégral de tous les bonheurs de la vie.

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