Les enseignants et les notes

Une pétition à signer.

 

http://suppressiondesnoteselementaire.org/

 

Je ne pense pas du tout que cette "accoutumance aux notes dans le système scolaire soit du fait des parents d'élèves.

Tous les ans, je fais une réunion de classe avec mes parents d'élèves et ils sont tout à fait à l'écoute quant à un autre système "d'évaluations". Ils savent ce que représente la douleur d'un enfant face à une notation bien souvent arbitraire.

Il faut comprendre ce que ce système représente dans la tête des enseignants. Il s'agit avant tout d'un pouvoir, d'un rapport de force, d'un jugement. Il ne s'agit pas de donner des "repères" comme le dit Luc Chatel, lui qui ne cherche qu'à maintenir un système qui lui permet d'avoir des statistiques, des graphiques, des barêmes, des pourcentages et par là même un moyen de pression sur les enseignants. On manipule plus facilement une coorporation qui se retrouve elle-même en échec, face à l'échec de leurs élèves...Le serpent qui se mord la queue. L'humain n'a jamais été la priorité des ministres de l'éducation nationale et ne le sera jamais. La plupart des enseignants adhèrent à ce système parce qu'ils y trouvent  la justification à leur entêtement à imposer des notes. Ce qui est effrayant, c'est qu'ils ne voient pas dès lors qu'ils scient eux-mêmes la branche sur laquelle ils végètent en piaillant contre les élèves alors que c'est la hiérarchie qui les condamne au prolongement sans fin des conflits avec les enfants et les parents. Il faut croire que la caste enseignante n'arrive pas à faire appel à la lucidité qu'ils réclament chez leurs élèves.

La notation des élèves n'est que le reflet de l'incapacité de la plupart des enseignants à entrer dans un rapport humain, existentiel, philosophique, culturel, de développement personnel...J'imagine très bien la tête d'un enseignant lisant cela. "Mais qu'est-ce qu'il croit celui-là ? C'est totalement irréaliste comme projet. On ne peut rien leur faire comprendre, il n'y a que les notes et le redoublement qui peut les motiver...etc...etc..."

Evidemment, puisqu'eux-mêmes subissent le même fonctionnement féodal avec le suzerain inspecteur qui surveille l'obéissance de ses vassaux du haut de sa toute puissance hiérarchique. Alors, ils reproduisent la même pression, jusqu'au traumatisme ou la révolte. Parce que dans la jeunesse, il reste encore et heureusement un instinct de survie qui peut conduire au rejet. Et les enseignants concernés diront qu'il s'agit d'une crise identitaire, de l'adolescence...Vaste connerie qui m'énerve au plus haut point. L'adolescence est le reflet du monde adulte. Qu'il soit agressif et il ne pourra s'attendre qu'à de l'agressivité.

Quand je vois que le système par évaluations chiffrées rentre désormais à l'école maternelle, je me dis qu'on va droit la tête dans le mur. Et qu'on continuera à guillotiner allégremment la joie des enfants à être élève.

Le "Grand" Bernard Henri Lévy disait hier du haut de sa prétention et de ses certitudes sur une radio nationale que la philosophie à l'école est une utopie. On est dans le même sytème de pensées. il faut préserver les hiérarchies, pas question de mettre les individus sur un pied d'égalité, il doit y avoir des maîtres et des enseignés, et les enseignés ne peuvent espérer atteindre le niveau d'intelligence des maîtres, ni s'attendre à une relation humaine réellement formatrice, jusqu'à ce que le maître devienne l'enseigné en apprenant à comprendre chaque individu auquel il a affaire...

Les conditionnements sont les piliers des castes. Et mêmes certains intellectuels considérés comme des grands penseurs ne sont que des princes infatués apeurés par la plèbe puante et ignare qui voudrait accéder à la liberté de pensée. Quelle ignominie, quel irrespect !! Qu'on les enferme dans des écoles dogmatiques tous ces rebelles, ça les dressera. J'appelle ça des "nobles penseurs", mais dans le sens de la Noblesse monarchique. BHL en est un exemple parfait. L'intellectuel dans toute son horreur.  

 

Les notes, les bilans scolaires, les évaluations nationales sont des étiquettes qu'il faut coller au front des individus. D'ailleurs, ceux-ci n'en sont pas encore pour la plupart des enseignants, ce ne sont que des esquisses qu'il s'agit de formater...Si on pouvait entrer dans la tête de ces enseignants là, les livres de Stephen King seraient des histoires dignes de Walt Disney. Alors, il est inutile d'aller leur parler de philosophie, de développement personnel, de regard sur soi, de conscience de soi, de conscience de l'autre, de conscience de la vie. C'est déjà assez compliqué pour eux d'enseigner le COD, l'attribut du sujet ou l'Union européenne...Ce sont des sujets si essentiels...

 

Je les hais. Une haine totale. Je n'espère même pas les voir évoluer un jour. Steiner disait "qu'il ne faut pas essayer de changer la vieille école; il faut attendre qu'elle meure."

Personnellement, je voudrais la tuer de mes mains.

  

Commentaires (1)

Lajotte Françoise
  • 1. Lajotte Françoise | 20/11/2010
Oh comme je suis d'accord avec tout cela!!! D'où mon inoubliable souffrance quand on me demanda d'évaluer les enfants de trois ans! J'ai signé bien entendu et je vais tenter de propager. Merci Thierry. Françoise.

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau