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CDS : pire que la dette, le produit financier qui pourrait provoquer la faillite des banques françaises...

François Fillon a taxé "d'irresponsables" mardi les propos de DSK qui avait assuré au 20h de TF1, qu'il fallait "prendre sa perte" de la dette grecque. Et si la restructuration de cette dette déclenchait un risque majeur "caché" pour les banques françaises ?



Comment en effet comprendre l’obstination des autorités françaises à refuser toute restructuration de la dette publique grecque ?

Comment en effet comprendre l’obstination des autorités françaises à refuser toute restructuration de la dette publique grecque ? Crédit reuters

Une lourde interrogation pèse sur le système bancaire européen, et plus spécialement français. Comment en effet comprendre l’obstination des autorités françaises à refuser toute restructuration de la dette publique grecque ? Le ministre allemand de l’Économie, Philipp Rösler, l’évoque ouvertement, son collègue des finances, Wolfgang Schäuble, de façon plus elliptique, mais François Fillon et François Baroin ne veulent pas en entendre parler. Dominique Strauss-Kahn la considère comme inéluctable (il faut « prendre ses pertes ») lors de son passage au 20h de TF1, le Premier ministre juge ces propos « irresponsables ». Pourquoi cette polarisation ?

L’engagement total des banques françaises s’élève à une quarantaine ou une cinquantaine de milliards d’euros, suivant les estimations. Donc si la Grèce restructurait sa dette à hauteur de 50%, la perte de 20 ou 30 milliards serait absorbable par les banques, à tout le moins avec une aide de l’État, qui au passage lui coûterait moins cher que les multiples plans d’aide à ce pays à la dérive.
La bombe des CDS, produits dérivés dangereux

Mais un élément de l’équation reste dans l’ombre : le montant des CDS, et surtout qui les a vendus. Un CDS (Credit Default Swap) est un produit dérivé qui permet de se protéger contre un risque de crédit, d’une grande entreprise ou d’un État. Si vous possédez des emprunts grecs, vous pouvez acheter des CDS auprès d’une banque qui propose ce produit. Vous lui versez à échéances régulières une prime (d’autant plus élevée que le risque de défaut est grand), et si la Grèce fait effectivement défaut sur tout ou partie de sa dette, la banque compense la perte.

Vu comme cela, ça à l’air rassurant, mais il y a deux éléments qui rendent ce produit extrêmement dangereux :

Vous pouvez acheter des CDS sur la Grèce… même si vous ne possédez pas d’emprunts grecs ! Simplement pour jouer, pour spéculer, et toucher le jackpot en cas de faillite du pays. C’est comme si vous pouviez acheter une assurance incendie sur la maison de votre voisin…

Ce produit n’est pas négocié sur un marché organisé et surveillé par les régulateurs, comme la bourse, mais « de gré à gré » c'est-à-dire dans une opacité totale. Et en plus il ne figure pas au bilan des banques, mais dans le « hors bilan », c'est-à-dire que les banques ne communiquent pas dessus et ne publient aucun chiffre.



Ce produit diabolique a été inventé dans les années 1990 par Blythe Masters de la banque JP Morgan (on lira sa très intéressante biographie écrite par Pierre Jovanovic), et connaît un succès foudroyant avec des volumes mondiaux qui dépassent les 50 000 milliards de dollars ! (pour vous donner un ordre d'idée, la dette publique des USA est de 14 500 milliards de dollars).

Si une société vend trop de CDS sans avoir les fonds propres suffisants, elle se met en danger de mort : c’est ainsi que l'importante société d'assurance AIG a fait faillite en septembre 2008, et a du être renflouée de 100 milliards de dollars par Washington, après avoir vendu quantité de CDS sur Lehman Brothers, convaincue que l’une des principales banques d’affaires américaines ne pouvait pas faire faillite…
Les banques françaises touchées par la crise grecque via les CDS ?

Revenons à la France : déjà lors de la négociation du plan d’aide à la Grèce signé le 21 juillet, il fallait éviter tout « événement de crédit » (restructuration de la dette) susceptible de déclencher les CDS. Depuis la situation de la zone euro a encore empiré. Alors soyons clairs : oui ou non les banques françaises ont-elles vendue des CDS sur la Grèce au point qu’un défaut total ou partiel de ce pays les mettrait en situation de faillite ? Voilà qui expliquerait l’obstination du gouvernement ! Le fait que la BNP, la Société Générale, le Crédit Agricole soient autant massacrés en bourse signifie-t-il que les investisseurs savent ou se doutent que c’est le cas ?

Il devient urgent de faire la lumière sur les engagements en CDS des banques françaises et européennes, et de rendre public cette information. Sinon les rumeurs continueront leur travail se sape, jusqu’à une faillite qui prendra tout le monde de
court.


http://www.atlantico.fr/decryptage/cds-credit-default-swap-crise-gre cque-risque-faillite-banques-francaises-186560.html

 

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Près de 5.500 collectivités locales françaises ont contracté auprès de Dexia Crédit Local des prêts "toxiques" qui les mettent en difficulté financière et en exposent certaines à la faillite, écrit mercredi Libération dans un article dénoncé par la banque.

Le quotidien, qui dit s'appuyer sur un fichier confidentiel de Dexia, précise que ces prêts ont représenté 25 milliards d'euros de 1995 à 2009, et que leur surcoût était estimé par la banque à 3,9 milliards fin 2009.

"Des données erronées et tronquées ont servi de support à cet article", a réagi Dexia dans un communiqué, ajoutant que "la banque examine toutes les suites juridiques à donner pour défendre l'intérêt de ses collaborateurs et de ses clients".

"Il est totalement infondé et irresponsable d'avancer que 'des milliers de communes françaises sont en faillite en raison des crédits structurés souscrits auprès de Dexia'", poursuit la banque. "Dexia réfute le chiffre de pénalités évaluées à 3,9 milliards d'euros qui est sans aucun fondement."

L'article de Libération est publié alors que l'opposition socialiste demande la création d'une "structure de défaisance" financée par une taxe sur les banques, un dispositif qui permet d'isoler ces prêts et de soulager les communes, départements, régions ou hôpitaux touchés. Le gouvernement a promis d'étudier cette proposition mais il n'y est a priori pas favorable.

La commission d'enquête parlementaire sur le sujet a repris mercredi ses travaux à l'Assemblée nationale. Elle devait entendre dans l'après-midi des élus de Saint-Etienne (Loire) et Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), deux villes affectées.

Ces prêts ont pu permettre initialement aux collectivités concernées de réduire leurs coûts en bénéficiant de taux d'intérêt bas. Mais ces taux ont ensuite bondi en suivant des paramètres tels que la parité franc suisse-livre sterling, ce qui se traduit par une envolée des coûts de remboursement.

Libération cite l'exemple de la commune d'Antibes, qui aurait emprunté 60 millions d'euros et devrait payer 21 millions en plus, ou le département de la Loire, qui devrait rembourser 22 millions en plus des 96 millions de prêts.

30 À 35 MILLIARDS D'EUROS

Selon le quotidien, Dexia a couvert ces prêts aux collectivités par des contrats de "swap" avec des banques comme JPMorgan ou Goldman Sachs, contrats qui empêchent désormais la banque de transformer les prêts toxiques en prêts à taux fixe car elle s'exposerait alors à "un risque de perte énorme" face à ces banques.

La Cour des comptes estimait en juillet que 30 à 35 milliards d'euros des 160 milliards de dettes souscrites par des centaines de collectivités étaient toxiques et que 10 à 12 milliards présentaient un risque potentiel très élevé.

L'institution indépendante préconisait alors dans un rapport une loi interdisant aux responsables locaux de souscrire ces produits et proposait la création d'une "agence de financement des collectivités".

La commission d'enquête présidée par le député socialiste Claude Bartolone, président du conseil général de la Seine-Saint-Denis, un département concerné par ces emprunts, doit présenter des propositions avant la fin de l'année.

Dans le dossier des emprunts toxiques, plusieurs élus ont engagé des actions en justice ou porté plainte contre des banques, comme le maire PS de Saint-Etienne contre Deutsche Bank et Royal Bank of Scotland, le maire d'Unieux (Loire) contre Dexia, ou Claude Bartolone qui a porté plainte contre Depfa, Calyon (devenu Crédit Agricole CIB) et Dexia.

Julien Ponthus, Emile Picy et Jean-Baptiste Vey, édité par Gilles Trequesser

Par Reuters

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