Aimer la Terre (spiritualité et Nature)

Cielen feu

 

J’étais enfant. Première année de collège. Mes parents avaient fait construire une maison près des bois. Les jours de congé ou de vacances, je me levais à l’aube, j’enfilais mes habits des bois et je partais tout seul. Une heure à travers champs et forêts et j’arrivais à l’Océan.

J’ai passé des journées entières entre les plages et les bois. Je sais à quel point tout cela s’est inscrit en moi.

Le silence des arbres, le parfum de la terre, le chant des colombes, une alouette dans le ciel, les goélands sur les plages, les nuages au-dessus de l’Océan.

J’avais construit une cabane au sommet d’un des plus grands pins de la forêt. De Là-Haut, je voyais l’Océan par-dessus les marées de feuillage.

Je lisais, les pieds dans le vide.

Je regardais les horizons.

J’aimais cette Terre.

Je l’aime toujours.

Je sais que mes premiers élans amoureux, je les lui dois. Je ne le comprenais pas à cette époque....Ce bonheur à courir en dehors des chemins, sous les frondaisons, ce bonheur à escalader les rochers comme autant de faces nord, ce bonheur à regarder un scarabée dans l'herbe, à écouter le chant des oiseaux, à respirer le parfum de la mousse après la pluie, à nager dans les mers agitées....Plus âgé, je partais au large avec ma planche à voile, jusqu'à ne plus voir la côte et seulement là, je faisais demi-tour. Des heures debout avec le vent et la houle...

Je voulais vivre au plus profond, goûter à toutes les expériences physiques, expérimenter mes forces et je ne sais pas combien de fois j'ai poussé la machine au plus loin. 

Cette force en moi, je la puisais dans la beauté du monde.

Elle est toujours là. Quel que soit l'état de l'enveloppe, cette force est toujours là. Mais ce besoin de vider cette énergie comme on enlèverait des habits trop chauds, je sais qu'elle s'est transformée, lentement. 

Tout ce qui brûlait en moi, toute cette énergie qui devait s'extraire, j'ai appris à la reconnaître, à l'observer intégralement et non plus seulement à la consumer. Il me plaît de savoir que ces années qui passent sont des étapes de croissance.

La même croissance que celle des arbres. Longue et patiente. Toujours aimantée vers la Lumière. 

 

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