Amazon

Même si dans le post précédent, je présente ma page auteur sur le site d'Amazon, je ne cautionne nullement les pratiques de cette entreprise.

Seulement, je n'ai pas le choix. 

J'ai écrit à cinq librairies du secteur pour me présenter et présenter mes romans : aucune n'a répondu. 

J'ai contacté deux journalistes locaux. La première personne est venue à la maison après avoir lu "Les héros sont tous morts". C'était en septembre. L'article qu'elle a écrit n'est jamais paru et je n'ai plus aucune réponse à mes mails. J'ai donc contacté un deuxième journaliste qui m'a dit que ça l'intéressait. Je lui ai proposé plusieurs dates pour venir à la maison et je n'ai plus eu de réponse. 

Il y a un moment où l'impression de devoir ramper pour être entendu devient très pénible. 

 

Si par contre, j'envoie un mail à Amazon pour modifier ma page "auteur", ils me répondent dans la journée.

Comment je m'en sors pour me passer d'eux ?...

C'est impossible et je ne l'ai pas choisi. 

Je le subis.

Amazon, vendeur de destruction massive

 

En 2018, le géant du commerce en ligne aurait détruit 3,2 millions de produits invendus en France, selon les estimations de la CGT. Un documentaire choc diffusé ce soir sur M6.

Par Catherine Pacary Publié le 11 janvier 2019 à 17h06 - Mis à jour le 13 janvier 2019 à 18h03

Temps deLecture 2 min.

« Pour tenir ses délais de livraison, clé de son succès, Amazon stocke les produits dans ses entrepôts. Le seul problème, ce sont les invendus. » « Pour tenir ses délais de livraison, clé de son succès, Amazon stocke les produits dans ses entrepôts. Le seul problème, ce sont les invendus. » LUCAS JACKSON / REUTERS

M6, dimanche 13 janvier à 21 heures, enquête

Au rayon des aberrations commerciales, on connaissait déjà le gaspillage alimentaire ou encore l’obsolescence programmée, deux thèmes abordés dans Capital, le magazine d’information de M6, dimanche 13 janvier à 21 heures. Le sujet d’ouverture, en revanche, est inédit : Amazon organise la destruction massive de ses invendus. Près de 300 000 objets neufs ont été jetés en trois mois dans son entrepôt de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), le plus petit des cinq établis en France par le géant de la vente en ligne – les autres sont à Montélimar (Drôme), Orléans, Amiens et Lille. Au niveau national, cela représente 3,2 millions d’objets manufacturés neufs jetés en 2018, selon les estimations d’élus CGT.

Des boîtes de Playmobil, vendues 36 euros sur le site, de Lego, de couches (31 euros), des machines à pop-corn, le tout dans leurs emballages d’origine, mis à la poubelle. Les chiffres sont à la démesure d’Amazon, devenue, lundi 7 janvier, l’entreprise la plus chère du monde : 300 millions de produits disponibles, 34 millions d’objets vendus par jour.

Lire aussi  Amazon devient l’entreprise privée la plus chère au monde

Guillaume Cahour, arrivé à Capital en septembre 2018, a mené l’enquête. Tout est parti d’un on-dit, signalé par Alma Dufour, membre des Amis de la Terre, en octobre 2018. Amazon détruirait des produits neufs… Après vérification, l’entreprise est contactée mais refuse de répondre. Deux anciens témoignent alors, dont Julie (à visage caché). « De 70 % à 80 % de ce qu’on jetait était vendable »,dit-elle.

Il manque la preuve par l’image. Un membre de l’équipe de Capitalva donc de se faire embaucher dans l’entrepôt de Chalon-sur-Saône. Un procédé journalistique – l’infiltration – discuté. « Je m’accorde ce procédé, soit quand on est certain d’avoir affaire à quelqu’un de malhonnête, soit si l’accès direct est impossible ou si l’on sait que l’on aura une démonstration totalement biaisée si on vient en caméra ouverte, répond Guillaume Cahour. Ce qui était ici mon cas. »

En cause, la politique de stockage

En caméra cachée, donc, la cellule V-Return, pour Vendor Return, est localisée. Les différentes étapes de la chaîne de destruction se précisent. Amazon ne vend pas ses produits, ou peu, mais ceux de ses vendeurs. Et pour tenir ses délais de livraison, clé de son succès, elle stocke leurs produits dans ses entrepôts. Le seul problème, ce sont les invendus. « Seules deux options sont offertes aux vendeurs : récupérer la marchandise ou la détruire », complète Guillaume Cahour.

Le système de facturation du stockage d’Amazon dissuade les vendeurs de rapatrier leurs invendus

Amazon a, en effet, mis en place un système de facturation du stockage tel (26 euros/m3 au départ, 500 euros/m3après six mois, 1 000 euros/m3 après un an) qu’il dissuade la quasi-totalité des vendeurs, implantés à une écrasante majorité en Chine, de rapatrier leur marchandise. D’un simple clic et pour un coût dérisoire, ils ordonnent donc en masse à Amazon de la détruire. Ce qui permet à Amazon de récuser toute responsabilité dans ce gâchis.

« Le système Amazon amplifie la surproduction, puisque son principe est de proposer une offre pléthorique, commente Guillaume Cahour.Je ne dis pas qu’acheter ou vendre sur Amazon est malEn revanche, vendeurs et acheteurs connaissent-ils les conditions ? Je pense que non. Ce reportage peut éveiller à une certaine forme de responsabilité. »

De là à causer du tort au mastodonte ? « On a déjà lu un certain nombre d’éléments inquiétants à son sujet. Amazon aurait précipité des entreprises à la faillite, aurait pratiqué l’optimisation fiscale et la brutalité dans son management. Malgré tout, elle continue à progresser. C’est stupéfiant. »

 

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Commentaires (2)

Thierry LEDRU
  • 1. Thierry LEDRU | 22/01/2019
Chère Plume
Trois commentaires sur trois pages différentes, quel bonheur :)
Mille mercis.
"je crois comprendre qu'il s'agit d'un mal pour un bien et qu'il faudrait en passer par là pour se montrer, se présenter, exister, si ce genre d'activité est notre seul gagne-pain. "

Il y a un paramètre dont je veux tenir compte, absolument : c'est la confiance et l'honneur qui me sont accordés par la maison d'édition qui me publie. Je ne dois pas tenir compte uniquement de mes convictions et de mes réticences. Je dois à cette maison le fait de tourner les pages de mes livres et ce cadeau mérite toutes les concessions à mes yeux. Si je ne tenais compte que de la nausée envers Amazon, c'est que mon ressenti personnel serait plus important que la reconnaissance que j'ai envers cette maison d'édition. Il m'est important de ne jamais trahir la confiance qu'on m'accorde. ;)

Je préférerais assurément que mes livres soient commentés sur le site de Babélio qui ne parle que de littérature mais encore faudrait-il que mes livres soient connus pour que ça arrive. Et la vitrine la plus éclairée, c'est celle d'Amazon.
C'est désolant mais moi, petit auteur inconnu, je ne peux rien y faire. :(
Si mon blog ou ma page Facebook suffisaient à contrer le poids médiatique d'Amazon, je m'en contenterai avec une grande joie. Je sais juste que ça n'est pas le cas.
Donc, je m'assois sur mes convictions et je m'efforce de renvoyer l'ascenseur à mon éditrice. Même si ça doit passer par Amazon. ;)
laplumefragile
  • 2. laplumefragile (site web) | 22/01/2019
Hier encore, une experte en coaching me propose, entre autres, pour me lancer dans l'aventure de devenir écrivain et d'oser proposer au monde entier ce que je suis capable de produire, cette inscription sur Amazon.
"Imagine... Quelqu'un pour prendre soin de toi et de ton livre. Tu n'aurais qu'à te concentrer sur l'écriture, la structure et l'univers de ton livre, rien d'autre... Tu saurais exactement à qui confier : la relecture, les corrections, la mise en page, la préparation de la couverture, l'inscription sur la plateforme Amazon, le calcul d'un tarif rentable pour ton livre, la maîtrise des mentions légales, la publication de ton ouvrage, l'ouverture d'une page Facebook d'auteur et la promotion de ton livre."
Tout cela me semblait bien tentant, si ce n'est que 1) je n'ai pas de compte FB (nécessaire pour contacter ou être en contact avec ladite personne miraculeuse), 2) je boycotte Amazon, comme tout autre enseigne indigne d'exister de par leurs politiques et pratiques dévastatrices.

Dans le fond, de ce que tu en dis, je crois comprendre qu'il s'agit d'un mal pour un bien et qu'il faudrait en passer par là pour se montrer, se présenter, exister, si ce genre d'activité est notre seul gagne-pain.
Très peu pour moi. Je n'ai jamais su me vendre. Je ne pense pas en avoir la force, avant de dire que je n'en ai pas le caractère. Par conséquent, je crois que je vais devoir passer mon chemin ou continuer à exister en tant qu'écrivain clandestin, passager de son temps, plutôt que de devoir finir au fond d'un entrepôt avant de retourner poussière. Encore faudrait-il finir dans cet entrepôt, tu me diras.

Ceci dit, je n'ai pas encore lu le billet précédent dont tu parlais. Peut-être qu'il est plus motivant.

Affectueusement,

f.

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