André Lorulot

André Lorulot

http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Lorulot

André Lorulot, né Georges André Roulot, est un libre penseur et anarchiste individualiste français né le 23 octobre 1885 à Paris dans le quartier du Gros-Caillou et mort en 1963 à Herblay. Il exposa à de nombreuses reprises ses idées anticléricales, notamment dans son livre le plus célèbre Pourquoi je suis athée, paru en 1933 et préfacé par Han Ryner. Il a longtemps présidé la Fédération nationale de la libre pensée et dirigé son journal La Calotte.

À l'école, il se distingue pour ses aptitudes en histoire. La croyance en Dieu est pour lui un moyen de s'évader de la misère dans laquelle il vit, mais il perd la foi vers quinze ans. Il est contraint de quitter l'école à l'âge de quatorze ans pour travailler chez un éditeur parisien. Il devient petit à petit libre penseur, athée, matérialiste, antireligieux, démocrate, socialiste et s'engage dans la lutte sociale. Les premières manifestations auxquelles il participe sont organisées par la Libre Pensée.

Il lit Le Radical et La Petite République de Jean Jaurès, il s'abreuve des œuvres de Jules Guesde, de Lafargue et de Jean Jaurès, ainsi que des publications du Parti Ouvrier belge. Il hésite entre différents courants politiques et il est anarchiste un certain temps, mais écœuré par les divisions et les vaines querelles entre les partis progressistes (socialistes, anarchistes…).

Passionné par la lecture et l'écriture, il est directeur de la revue L'Anarchie de 1909 à 1911, puis il fonde L'Idée libre en 1911 et La Calotte en 1930, ce qui lui permet d'échapper à la censure des grands journaux face à ses idées révolutionnaires et son combat pour les droits des femmes.

Son entrée en politique coïncide avec le moment le plus polémique de l'affaire Dreyfus. Il se passionne pour ce combat qu'il mène aux côtés des dreyfusards libres penseurs, dont Émile Zola, Georges Clemenceau, Jean Jaurès et Sébastien Faure, et les républicains, socialistes, libertaires, syndicalistes. À l'école déjà, il prend la défense d'un de ses camarades, un Juif nommé Roos, et encaisse les coups avec lui. Ce fut sa « première prise de contact avec l'injustice ». Il dénonce les « faussaires de l'État-Major » et la « tourbe des décerveleurs antisémites ».

Mais il n' échappe pas à la justice qui le condamne plusieurs fois à des peines de prison tout au long de sa vie pour des motifs mineurs (avoir sifflé lors du passage du roi d'Espagne en visite à Paris en 1905, provocation de militaires à la désobéissance…). Il est notamment emprisonné un an pour avoir commenté une phrase antimilitariste d'Aristide Briand qui appelait à la révolte contre les officiers. Briand était alors Ministre de la Justice. « J'étais donc poursuivi par Briand pour avoir cité un texte de Briand », fait remarquer Lorulot. Son avocat était Gustave Hervé. En prison il collabore à plusieurs journaux sous des pseudonymes, dont le journal tchèque « Prace », mais la Censure impériale autrichienne coupait les trois-quarts de ses articles. Il est aussi condamné à 15 mois de prison pour sa brochure « L'Idole Patrie ».

Évolutions[modifier]

Il a participé à une expérience de société communiste à la Colonie libertaire de Saint-Germain-en-Laye. Il rencontra la militante anarchiste et enseignante Émilie Lamotte qui devint sa compagne jusqu'à la mort de celle-ci en 1909.

Après la première guerre mondiale il se consacre à la réorganisation de la Libre Pensée. Il s'éloigne petit à petit de l'anarchisme et soutient la Révolution bolchévique dans les années 1920.

En 1924, il fut initié franc-maçon à la Loge "L'Équerre" de Moulins.

En 1933 un passeport pour le Maroc lui est refusé par les autorités françaises. La raison en est que son nom figurait dans le dossier « Service des anarchistes », mais également que le gouvernement italien s'était plaint auprès du gouvernement français qu'il critiquait Mussolini dans ses conférences. Pour obtenir son passeport André Lorulot a dû prendre l'engagement de ne pas critiquer M. Mussolini au cours de ses conférences au Maroc. Mais pour se venger il débutait toutes ses conférences par : « Je me suis engagé, pour obtenir un passeport, à ne pas attaquer M. Mussolini. Ne soyez donc pas surpris de mon silence forcé et veuillez ne pas l'interpréter dans un sens défavorable ».

Il donne des conférences dans toute la France et en dehors sur des thèmes très divers, liés à l'actualité, tels que « Fusilleurs et Fusillés » au lendemain des fusillades de Narbonne et de Villeneuve-Saint-Georges, « Les vrais bandits » au moment de l'affaire des « bandits tragiques », « Dieu existe-t-il ? », « Morale laïque ou morale religieuse ? », « La faillite de la politique », « Peut-on vivre sans autorité ? », « Pour ou contre la dictature ? » au début de la Révolution russe, « La véritable éducation sexuelle », « La guerre en Abyssinie », « L'Espagne en feu », « L'Église et la Guerre », « Pourquoi je suis athée », « Pour ou contre la confession », « La vérité sur Lourdes », « L'Église et l'Amour », « Faut-il autoriser les congrégations ? », « L'Église et les travailleurs », « Peut-on vivre sans religion ? », « L'Église et le fascisme », « Faut-il croire aux miracles ? », « Un socialisme peut-il être chrétien ? », « La faillite du Christianisme », « Jésus-Christ a-t-il existé ? », « La religion peut-elle sauver le Monde ? », « Dieu », etc. Ce travailleur infatigable a publié un nombre impressionnant de brochures et a tenu 2 500 à 3 000 conférences. Il fait également de nombreux débats contradictoires avec les cléricaux.

Il est adhérent pendant de nombreuses années de la Société des Gens de Lettres mais il en démissionne pendant l'Occupation « parce que ladite Société faisait célébrer, avec l'argent des adhérents, des messes pour le repos de l'âme de certains écrivains ! »

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l'abbé Bergey de la Gironde demande son arrestation.

Décédé en mars 1963, Lorulot a été incinéré au Père Lachaise, en présence d'une foule émue. Il a été l'objet de très nombreux hommages de tout horizon (anarchie, partis politiques, franc-maçonnerie), en présence de nombreuses fédérations départementales de la Libre Pensée.

 

http://www.lombreduregard.com/lettres-recyclees/catechisme-du-parfait-mouton-andre-lorulot-extrait

 

Mélanie Talcott : blog : "L'ombre du regard"

 

Définition du Parfait Mouton

Êtes-vous un bon mouton ?
– J’ai l’orgueil d’être un Mouton Parfait.

Quels sont les principes du vrai Mouton ?
- Ce sont les principes de la Sainte Trinité Sociale : Je crois  à l’Autorité ; je crois à la Routine ; je crois à l’Imitation.

Sur quoi ces principes sont-ils basés ?
– Ils sont basés sur l’Obéissance et la Soumission.

Comment dirigez-vous votre conduite ?
– J’exécute les ordres qui me sont donnés, sans les discuter ni même les examiner. J’observe pieusement les traditions de mes Ancêtres et les habitudes de mon entourage ; je fais ce qu’on a toujours fait ; je copie ce que font les autres.

Pourquoi le Mouton a-t-il été créé ?
– Pour être tondu. Il ne saurait exister pour le Mouton de satisfaction plus grande que celle qui consiste à être tondu très souvent. Tous les sacrifices et tous les renoncements sont agréables au cœur du Mouton.

Du chef et de l’Autorité

Comment êtes-vous devenu un Parfait Mouton ?
- Je n’ai eu aucun effort à fournir. Il m’a suffit au contraire de m’abandonner avec une complète inertie.

A quoi faut-il s’abandonner ?
- A l’autorité de nos chefs.

Quels sont donc vos chefs ?
- Nous ne les choisissons pas, ils s’imposent.

Pourquoi les laissez-vous donc s’imposer ?
- Parce que nous craignons de faire des efforts et d’engager une lutte, au cours de laquelle nous serions certainement vaincus, puisque nous sommes des Moutons.

Quels sentiments éprouvez-vous à l’égard de vos Chefs ?
- Des sentiments de crainte et d’admiration, parce qu’ils sont plus forts et plus volontaires que nous.

N’avez-vous jamais désiré devenir vous-même un Chef, afin d’exercer le commandement ?
- Je suis un Mouton trop Parfait pour me griser de semblables chimères. Je suis né pour être Mouton et je le resterai.

Vous ne souffrez donc pas de votre situation ?
- Pourquoi en souffrirai-je, puisqu’elle correspond, d’une façon parfaite, à mon état d’esprit, à ma conception de la vie ; je dirai même à mon tempérament physiologique….Un bon Mouton ne doit avoir aucune idée personnelle. Il est même préférable qu’il n’ait pas d’idée du tout…

Le Mouton a-t-il le droit de changer de Chef ?
- Oui, à condition que ce changement lui soit imposé par une contrainte extérieure. En aucun cas, il ne doit se permettre d’en changer lui-même. Si on lui impose un changement d’autorité, il doit se soumettre docilement et se ranger du côté du plus fort. Un bon Mouton doit bêler : « Vive Machin » avec  autant d’entrain que  « Vive le Pape ! » ou « Vive la République », si on lui commande.

Antiquité de l’esprit moutonnier

L’esprit Moutonnier est donc très ancien ?
- Il remonte aux premiers temps de l’Histoire…et même beaucoup plus haut. Nos premiers et très lointains ancêtres étaient déjà des Moutons ! ! L’Homme ne descend donc pas du Singe, mais du Mouton.

Donnez des renseignements à ce sujet
– Les premiers Hommes étaient des Moutons plus parfaits que ceux d’aujourd’hui, car l’esprit moutonnier a malheureusement tendance à s’affaiblir et à perdre du terrain. Le clan primitif n’aurait pu se maintenir si les liens qui unissaient nos sauvages précurseurs n’avaient été solidement cimentés. La tribu vivait dans une discipline sévère ; ses membres obéissaient à un chef implacable, qui possédait sur eux le droit de vie et de mort. Au sein même de la famille, le père avait également le droit de tuer sa femme et ses enfants, lorsque bon lui semblait. La religion de ces hommes, fort voisine encore de la sorcellerie, exerçait sur leurs actions un contrôle de tous les instants. Le moindre manquement, la plus légère violation des règles communes, entraînait le massacre immédiat du réfractaire.

Cet état d’esprit s’est-il perpétué dans les sociétés civilisées ?
– Ce qu’on appelle Civilisation ne peut manquer d’amoindrir la servilité des sujets, car le progrès des connaissances humaines rend l’individu moins facile à domestiquer. Les dirigeants sont obligés de faire davantage de concessions quand les masses sont trop éclairées. Mais notre principe reste inattaquable et l’on y revient toujours : les sociétés les plus autoritaires sont également les plus durables.

De la vie personnelle du Mouton

Êtes-vous heureux ?
- La vie du Mouton est beaucoup plus agréable que ne le supposent les esprits forts. Nous n’avons aucun souci à nous faire. Il nous suffit, comme je vous l’ai déjà dit, d’exécuter les ordres qui nous sont donnés.

Parlez de votre vie personnelle.
- Le Mouton n’a  pas d’autres satisfactions que les satisfactions collectives.

Quelles sont les distractions du bon Mouton ?
- Toutes celles qu’il peut partager avec les autres Moutons. L’Individu ne vaut que par la Société, et n’existe que pour elle. Certains prétendent que l’Individu a le droit de vivre pour lui-même. Il ne faut pas les écouter. Ce sont des personnages subversifs et destructeurs de toute Morale et de toute Civilisation. L’Individu doit vivre uniquement pour la Société. L’esprit moutonnier doit être considéré comme le fondement de toutes nos institutions.

Pensez-vous que l’esprit moutonnier puisse être remplacé par d’autres principes ou par un autre idéal ?
- Cela est impossible. Rien de durable et de grand ne s’est  fait dans le monde que par la Discipline aveugle. L’Individualisme, voilà l’ennemi !

André Lorulot…

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