Au plus haut de l'Etat

L'ensemble du gouvernement, tous ceux concernés, savaient ce qui s'était passé, ils savaient qu'un gendarme avait tué ce jeune Rémi. 

C'est "notre" gouvernement...


Mort de Rémi Fraisse : la famille demande à Hollande «de faire toute la lumière»

 

R.C. | Publié le 06.11.2014, 16h10 | Mise à jour : 18h05

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Le militant écologiste avait perdu la vie sur le site de construction du barrage de Sivens (Tarn) le 26 octobre

Le militant écologiste avait perdu la vie sur le site de construction du barrage de Sivens (Tarn) le 26 octobre | DR

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La famille de Rémi Fraisse, le jeune militant écologiste décédé dimanche 26 octobre sur le site de construction du barrage de Sivens, en appelle au  de la République. Par l'intermédiaire de son , elle a demandé ce jeudi «solennellement à François Hollande de faire toute la lumière» sur les événements ayant conduit au drame. <btn_noimpr>

«Pourquoi alors que les militaires le voient expressément tomber à la suite de l'explosion de la grenade, que les circonstances de sa mort sont connues dès cet instant, la vérité sur la mort de notre enfant et frère n'a-t-elle pas été immédiatement révélée?», a notamment demandé la famille, dans une déclaration lue devant la presse par leur avocat, Maître Arié Alimi. 

Les proches de la victime veulent que l'Etat apportent «des réponses» afin de leur permettre d'enterrer leur «fils et frère dans la dignité». Cette sortie intervient quelques heures après de nouvelles révélations du site d'investigation Mediapart. Des informations d'ailleurs saluées par l'avocat de la famille devant les journalistes... 

Selon Mediapart, qui a pu consulter les éléments de l'enquête judiciaire -parmi lesquels le témoignage de gardes mobiles présents le soir du drame- le gouvernement savait déjà «tout ou presque» de la mort de Rémi Fraisse, quelques heures après l'incident.

L'Etat a su «immédiatement» que «c'est bien une grenade offensive qui a tué sur le coup, dans la nuit du 25 au 26 octobre Rémi Fraisse», et «l'a caché» affirme Mediapart, qui évoque une «longue chaîne de responsabilités [ayant] abouti à la mort de l'étudiant écologiste». Pendant 48 heures, le gouvernement aurait donc cherché à temporiser voire à «brouiller les pistes», selon le site d'investigation qui accuse l'Etat de «mensonge».

VIDEO Paris : ils rendent hommage à Remi Fraisse, mort à Sivens


Pour étayer ses affirmations, l'enquête de Mediapart revient sur les événements qui se sont déroulés le soir du drame, et notamment le moment fatidique où un officier, «le chef J.» ordonne à ses hommes de lancer des grenades offensives sur les manifestants. Joignant le geste à la parole, l'homme envoie une grenade vers un petit groupe de quatre à cinq jeunes qui leur lançait des pierres et des mottes de terre. Rémi Fraisse en fait partie.

Un examen médico-légal discrètement pratiqué deux heures plus tard

Plusieurs gendarmes, équipés de jumelles à vision nocturne, voient le militant écologiste tomber immédiatement après l'explosion. Selon des sources proches du dossier, certains reconnaîtront avoir immédiatement compris ce qui venait de se passer. Très vite, la zone est éclairée au projecteur et le corps de Rémi Fraisse récupéré. Selon Mediapart, le commandant d'escadron est immédiatement mis au courant, «et donc» le préfet, le procureur et les ministres de tutelle (intérieur et justice).

Autre élément troublant, un premier examen médico-légal du corps de Rémi Fraisse est «discrètement» pratiqué, deux heures à peine après sa mort dans une morgue d'Albi. Un examen dont on ne savait rien jusqu'alors. Selon Mediapart, le médecin en charge d'examiner Rémi Fraisse conclut immédiatement à un décès provoqué par une explosion. Des photos sont prises du cadavre. «L'État sait déjà tout ou presque du drame, mais va choisir de feindre l'ignorance et de minimiser pendant 48 heures», note le site.

VIDEO Mort de Rémi Fraisse : Hollande veut «la vérité»


L'exécutif tarde en effet à réagir après la mort du jeune manifestant. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve publie deux communiqués à la suite de l'incident, l'un dimanche 26 au soir, sans condoléances. Le second, lundi 27 octobre, pour dénoncer des «violences inacceptables» dans le Tarn et adresser ses pensées «à la famille et aux proches de Rémi Fraisse». Mais rien sur les circonstances de la mort du jeune homme. 

Après les révélations de Mediapart, c'est surtout la ligne de défense adoptée par le gouvernement qui interroge. Mardi 28 octobre, Bernard Cazeneuve demandait à ce que l'on attende «que les enquêtes aient abouti avant d’accuser». «Il faut que les juges puissent enquêter pour savoir», affirmait alors le représentant de la Place Beauvau, qui évoquait simplement «des analyses en cours».

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