Black out électrique

J'aime bien dans l'écriture d'un roman la phase de recherches d'informations... Pour l'écriture de "Là-Haut", j'avais rencontré des médecins spécialisés dans les prothèses et je m'étais entretenu avec des personnes amputées qui m’avaient expliqué la problématique de la rééducation sur le plan physique mais surtout dans la dimension psychologique. Une grande leçon...

Quand je décide d'écrire un roman, il est essentiel pour moi d'être au plus près de la réalité. Pour "Là-Haut", je tenais absolument à être crédible et à ne pas raconter n'importe quoi sur la situation des personnes amputées. C'est d'ailleurs ce qui m'a fait le plus plaisir lorsque le roman a été sélectionné par l'association handisport pour le prix littéraire.

Je me souviens d'un guide de hautes montagnes qui après la lecture de "Noirceur des cimes" m'avait demandé à quelle date j'avais gravi le K2 par la "magic line" et je lui avais répondu que je n'y étais jamais allé. Il avait du mal à le croire tellement il avait été plongé dans la description de l'ascension. Il reconnaissait les passages qu'il avait franchis et ne s’expliquait pas la "qualité descriptive" pour quelqu'un qui n'y était jamais allé :) Ça, pour moi, c'est le plus beau compliment.
 

Pour le roman en cours, je travaille donc à lire et à compiler divers documents, articles, études scientifiques, documentaires vidéos... Je lis, je lis, je lis...Et je découvre, effaré, l'extrême dépendance des sociétés "modernes" à l'électricité et au pétrole. Et les études qui étudient l'impact d'un dysfonctionnement dans l'exploitation de ces deux piliers de nos sociétés sont absolument sidérantes... La méconnaissance des populations face à de tels enjeux relèvent d'ailleurs du principe des œillères... 
"Regardons droit devant et avançons tous ensemble. D'ailleurs, si tout le monde marche dans la même direction, c'est nécessairement la bonne..." 

Un responsable des pompiers en Corse expliquait que seule la conscience du risque pouvait conduire à des anticipations salvatrices.
Je le pense également.
Mais dans le domaine de la dépendance énergétique, on est très loin de la vérité. 
Ce document, issu de l'administration suisse, explique quelque peu les effets d'un "black out", (arrêt de l'alimentation électrique). 
Achetez des bougies et creusez un puits...
Autonomie de 2 à 4 heures d'eau potable pour la ville de Genève en cas de "black out"....
......"arrêts des stations de filtration/pompage d’eau potable et d’eau usée (pollution des rivières), et arrêt plus
ou moins rapide de la distribution de l’eau (ex. 2 à 4 heures pour Genève), selon l’existence ou non de
réservoirs à gravitation et de leurs capacités....."......... 
Et en France ?.... Malgré des heures à chercher des informations, je ne trouve rien, aucune étude détaillée....Et ça n'a rien de rassurant. J'ai pourtant trouvé des études dans d'autres pays : Italie, Equateur, Colombie, Canada, USA (suite à l'ouragan Katrina), Japon (suite au tremblement de terre et au tsunami qui a détruit entre autre Fukushima) etc etc...

C'est d'ailleurs étrange de ne trouver des études qu'après des périodes critiques... Ici, en France, j'ai un peu l'impression que tout le monde imagine que nous sommes protégés des Dieux et si les gens pensent que l'Etat a un pouvoir divin et sauvera tout le monde, c'est juste risible....


https://www.strom.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente_Bilder_neu/010_Downloads/Basiswissen-Dokumente/29_Blackout_electrique_fr.pdf

Blackout électrique

Document connaissances de base, état: novembre 2015

1. Synthèse Le blackout est une panne d’électricité de grande envergure touchant un très grand nombre de personnes. Il n’y a jamais eu de blackout total en Suisse. Pourtant, c’est un risque que les autorités fédérales et la branche électrique ne doivent pas sous-estimer. Histoire d’anticiper à temps les mesures à prendre. Les conséquences négatives y relatives, directes et indirectes, peuvent parfois être dramatiques. D’une manière générale, les causes directes d’un blackout sont celles engendrant une rupture d’équilibre entre la consommation et la production d’électricité par manque de production (perte/insuffisance) ou manque de capacité de transport (surcharge), avec des problèmes de synchronisme (production), d’écroulements de fréquence ou de tension. Leurs origines peuvent être regroupées dans différentes caté- gories, comme : ‒ des accidents/incidents (par ex. court-circuites provoqués par une tempête, négligences, malveillances, attentats, etc.) ‒ des aléas météorologiques (coups de foudre, tempêtes, gel, inondations, etc.) ‒ des déclenchements ou défaillances d’équipements (lignes, centrales, automatismes de protection, etc.) ‒ des erreurs humaines (concepts de sécurité inadéquats, prévisions de charge erronées, manque de communication ou de coordination, manque d’expérience, fausses manœuvres, etc.) Les risques particuliers de blackouts liés à la production et aux réseaux peuvent être un manque de production régionale, un manque d'investissement dans le domaine des réseaux électriques, la volatilité de certaines productions décentralisées d'énergie renouvelable ou des blackouts externes. Sur le plan financier, on peut estimer au minimum entre 2 à 4 milliards de CHF par jour le coût d’un blackout total de la Suisse, sans prendre en compte des dédommagements de divers préjudices immatériels ou indirects.

2. Historique et principales pannes en Suisse Depuis l'interconnexion des réseaux exploités en très haute tension de la Suisse avec la France et l’Allemagne survenue en 1958 à Laufenburg, la Suisse n'a plus connue de panne généralisée d'approvisionnement ou de blackout. Les pannes les plus importantes ont concerné la région zurichoise (un 24 décembre dans les années 1960) et l'arc lémanique en 2005. Suite à la panne zurichoise, un programme de construction de centrales au fioul avait été mis en place. Seule la centrale de Chavalon a été réalisée. Les autres centrales prévues ont été remplacées par la construction des centrales nucléaires de Beznau et Mühleberg. 2/6

3. Impact d'un blackout Les exercices de simulation de panne généralisée de l'approvisionnement mettent en évidence une durée minimale d'un blackout de 4 à 8 heures. Ces durées courtes ne peuvent être atteintes que si l'on dispose d'une source de fréquence et de tension d'un pays voisin (interconnexion). Dans le cas contraire, il faut pré- voir un temps de reconstitution de la fourniture (Black start) d'un jour au minimum, pour autant que de grandes centrales soient disponibles. Quelques scénarios montrent des durées pouvant atteindre 2 à 3 jours. L’électricité est le vecteur d’énergie le plus pratique et le plus répandu dans les sociétés modernes. Elle est donc un bien de consommation de première nécessité. De ce fait, les conséquences économiques, sociales et humaines d’un blackout peuvent être extrêmement nombreuses et graves, et sont étroitement liées au degré d’évolution, de technicité et d’urbanisation du pays ou de la région. Elles sont en grande partie immé- diates, mais elles entraînent aussi diverses répercussions qui s’aggravent avec le temps.

On peut citer notamment comme exemples de conséquences :

‒ extinction des éclairages (routes, tunnels, bâtiments, caves, voies publiques, etc.)

‒ arrêts des systèmes de télécommunication (après 2h pour les portables et 4h pour les téléphones fixes) et des systèmes informatiques (blocage des processus y relatifs, pertes de données, etc.)

‒ arrêts des automates et régulations diverses, arrêt des systèmes de protection et sécurité pour les personnes, objets et processus (ex. alarmes incendie, antivols, etc.), avec notamment des risques d’incendie accrus

‒ arrêts des feux de circulation (bouchons, accidents, blocage des ambulances, etc.),

‒ arrêts des ascenseurs (personnes bloquées dans les ascenseurs, problèmes pour accéder aux étages élevés particulièrement pour les personnes âgées ou handicapées ou avec des enfants en bas âge ou autres)

‒ arrêts de toutes sortes de machines électriques et de la quasi-totalité des entreprises, sociétés, commerces et services publics (arrêts ou détériorations de processus divers: productions, expériences scientifiques, élevages intensifs, transactions commerciales, bancomats, etc.),

‒ arrêts des stations de filtration/pompage d’eau potable et d’eau usée (pollution des rivières), et arrêt plus ou moins rapide de la distribution de l’eau (ex. 2 à 4 heures pour Genève), selon l’existence ou non de réservoirs à gravitation et de leurs capacités

‒ arrêts des trams et trolleybus, des stations d’essence, des gares et des trains, des aéroports, etc.

‒ soins impossibles ou service minimum dans les homes pour personnes âgées (hygiène, climatisations, repas chauds, dialyses, etc.),

‒ arrêts des systèmes de chauffage (y compris chaudières à combustibles fossiles et autres applications) ou de réfrigération / refroidissement (dégradation et pertes au niveau des aliments, médicaments et autres produits ou processus) etc.

Mais les conséquences d’un blackout ne se limitent pas à sa durée technique. Il peut y avoir des effets à moyen et long terme, notamment aux niveaux mécanique, physique, chimique, financier, physiologique et psychique. 3/6

Quelques grands blackouts internationaux ‒ novembre 1965, USA et Canada, avec 25 millions de personnes affectées ; ‒ juillet 1977, USA (New York), avec 7.5 millions de personnes affectées ; ‒ décembre 1978, France, avec 45 millions de personnes affectées ; ‒ mars 1989, Canada (Québec), avec 6 millions de personnes affectées ; ‒ décembre 1995, USA (Oregon), avec 2 millions de personnes affectées ; ‒ décembre 1999, France, avec 3.4 millions de personnes affectées ; ‒ janvier 2001, Inde (New Dehli), avec 200 millions de personnes affectées ; ‒ juin 2003, Italie, avec 6 millions de personnes affectées ; ‒ août 2003, USA/Canada, avec 30 à 50 millions de personnes affectées ; ‒ septembre 2003, Italie, avec 56 millions de personnes affectées ; ‒ septembre 2003, Suède et Danemark, avec 4 millions de personnes affectées ; ‒ novembre 2004, Espagne, avec 2 millions de personnes affectées ; ‒ mai 2005, Russie (Moscou), avec 2 millions de personnes affectées ; ‒ novembre 2006, Allemagne et Nord-Ouest Europe, avec 10 millions de personnes affectées ; ‒ février 2008, USA (Floride), avec 6 millions de personnes affectées.

4. Evaluation des coûts d'un blackout en Suisse Les coûts d'un blackout sont extrêmement difficiles à calculer et dépendent de multiples facteurs. On a pu néanmoins estimer des ordres de grandeurs selon diverses méthodes donnant des résultats souvent comparables et permettant ainsi de valider la plausibilité d’une fourchette minimum de coûts. Prenons le coût du blackout de New York en 2003 et ramenons-le à une journée. Actualisé pour 2011 et extrapolé à la population suisse. Cela donne 5 à 6 milliards de CHF par jour. L’OFEN a mené en 2008 une enquête auprès de 200 entreprises suisses – échantillon non garanti repré- sentatif – en leur demandant d’évaluer leurs pertes financières en cas de coupure de courant. En extrapolant la valeur moyenne horaire à une journée de travail et à l’ensemble des 300'000 entreprises suisses existantes, on obtient le coût d’un blackout de 3 à 7 milliards de CHF par jour. Les valeurs annuelles du PIB et des salaires suisses ramenées à un jour de travail permettent d’établir facilement une image des ordres de grandeur minimum de base en jeu : ‒ PIB d’un jour d’œuvre: 2,4 milliards de CHF. ‒ Salaire d'un jour d’œuvre: 1,3 milliards de CHF. Sur cette base, le coût minimum d'un blackout en Suisse peut être estimé entre 2 à 4 milliards de CHF par jour. En outre, diverses conséquences immatérielles ou indirectes d'une telle interruption de la fourniture d'électricité n’ont pas été prises en considération et devraient être encore rajoutées. 4/6

5. Manque de production romande Une production régionale ou nationale insuffisante conduit à des transports de l'énergie électrique sur de plus longues distances, ce qui charge de plus grandes portions de lignes et réduit en conséquence leurs capacités. Les marges de sécurité d’exploitation sont ainsi réduites entraînant une augmentation des risques de congestions et de blackouts par déclenchements en cascade. Au niveau suisse, la région nord-ouest, y compris l'arc lémanique, est fortement concernée par ce risque, notamment en cas d’indisponibilité d’une grande centrale de la région. D’une manière générale, ce risque est à surveiller de très près suite au projet d’abandon progressif de la production nucléaire et des capacités limitées des réseaux THT (voir ci-dessous). Il faut également tenir compte des difficultés générales pour construire de nouvelles centrales (délais divers et oppositions).

6. Peu d'investissements Les réseaux THT actuels sont relativement anciens et surtout, en partie, proches de leurs capacités maximum, car ils n'ont pas pu être adaptés à l'accroissement constant de la demande d’électricité par manque d'autorisation de construire (oppositions systématiques). En Suisse, le déficit d’investissement atteint aujourd’hui quelque 6 milliards de CHF. Les surcharges des lignes qui en résulteront peuvent conduire à des déclenchements en cascades et ainsi au blackout. L’ouverture des marchés de l’électricité et les besoins de transits internationaux accroissent encore le problème. Les très fortes variations de production liées à un recours massif aux productions instables telles que l’éolien ou le photovoltaïque, et l'absence de moyens de production aptes à compenser localement leur intermittence, peuvent conduire à des flux de puissance oscillants imprévus qui, par défaillance de puissance ou surcharge de lignes, peuvent provoquer des délestages ou des déclenchements en cascade conduisant à un blackout. Tous les risques précités concernent également bon nombre de pays voisins et pourraient à l’avenir augmenter les risques de blackout en Europe, réduisant ainsi la sécurité partielle apportée par l’interconnexion des réseaux européens (UCTE) et augmentant les risques de propagation de blackout d’un pays à l’autre. Dans ce contexte, il serait prudent que la Suisse conserve une capacité de production suffisante (puissance et énergie) lui permettant de pouvoir fonctionner en autonomie le cas échéant.

7. Développement 2035 / 2050 Compte tenu de la vétusté grandissante et du dimensionnement limite de certaines lignes de transport THT, de l’accroissement continuel de la consommation d’électricité, de la volonté ou de la nécessité d’augmenter les transactions et échanges internationaux d’énergie électrique, des difficultés pour réaliser de nouvelles lignes de transport, des projets d’abandon du nucléaire en Suisse et dans d’autres pays, du développement croissant des productions décentralisées instables (éolien, photovoltaïque, etc.), du manque d’intérêts des investisseurs et des délais nécessaires pour construire de nouvelles lignes et centrales électriques, etc. les risques de blackouts deviennent croissants et il devient de plus en plus urgent de prendre des mesures pour les réduire. 5/6

L'évolution des coûts et risques de blackouts peut être influencée, directement et indirectement par de nombreux facteurs, tant au niveau suisse, qu'au niveau européen, voir mondial. Certains points sont difficilement prévisibles, comme par exemple: les crises financières ou économiques, les conflits internationaux, l'avènement de nouvelles technologies, les orientations concrètes des différentes facettes de la politique énergé- tique et des paramètres les influençant Néanmoins, si l'on prend l'hypothèse relativement raisonnable que les coûts d'un blackout augmentent approximativement dans les mêmes proportions que le PIB, soit environ +30% pour 2035 et +50% pour 2050, alors l'estimation du coût d'un blackout suisse passerait de 2-4 milliards de CHF par jour actuellement à 3 à 6 milliards de CHF par jour pour 2050. Au niveau de l'évolution des risques, il est objectivement impossible de faire une prévision fiable pour 2035 / 2050. Mais logiquement, les risques devraient augmenter à court et moyen terme, compte tenu des projets de réduction / d’abandon du nucléaire, de l'évolution (probablement) croissante de la consommation de l'électricité, compte tenu des diverses inerties liées aux coûts, au manque de prise de conscience des risques et des délais importants pour construire de nouvelles centrales et renforcer les réseaux de transports."

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