Confiance...

« Pour moi, la croyance n’est pas synonyme de vérité, mais plutôt de dogme. On ne remet pas en cause une croyance, ou si c’est le cas, c’est déjà qu’on y croit moins. Je pars du postulat, que nous n’avons pas accès à LA Réalité, mais seulement à des perspectives singulières de celle-ci qui façonne notre vérité. Du coup, nos perspectives doivent évoluer régulièrement (et être mises en doute pour justement rester dans le savoir critique et non s’installer dans le dogme ou la croyance de ce qu’est la vérité.) pour tenter de se rapprocher toujours plus de ce que pourrait être La Réalité.

En mon sens, tout doit donc être soumis, à des degrés plus ou moins importants, à la critique. Après je pense que cela dépend profondément des thèmes. Un thème comme : « qu’est-ce que l’amitié ? », serra bien moins remis en cause par la suite, qu’un sujet tel que la liberté ou sur un fait d’actualité.

Et heureusement, car la remise en question totale dont on parle ici est un travail important, mais difficile et éprouvant psychologiquement. L’humain n’est pas fait pour le chaos psychique qu’entraine ce genre de fonctionnement, il a besoin de structure et de base sur lesquelles s’appuyer pour avancer, sinon c’est générateur de stress. »

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Je me souviens que lorsque j’étais enfant, il y avait de nombreux films mettant en scène les cowboys et les Indiens. Ces derniers étaient des sauvages qui scalpaient les gentils paysans qui venaient juste cultiver des terres immenses.

Je me souviens qu’à l’école les Colons espagnols et portugais qui ont envahi les terres d’Amérique du Sud, étaient présentés comme des aventuriers courageux, des « découvreurs » de paradis.

Je me souviens que la Révolution française était une belle épopée, un hymne à la liberté, une communion du peuple, un élan vers un monde meilleur.

Je me souviens que les récits sur la guerre de 14-18 présentaient les Allemands sous les traits d’assassins sans pitié.

 

Il a fallu que je lise « Enterre mon cœur à Wounded knee » pour découvrir la vérité sur les Indiens.

Il a fallu que je voie « Aguirre ou la colère de Dieu » pour découvrir les colons espagnols ou portugais.

Il a fallu que je lise des ouvrages sur les Chouans pour découvrir les massacres perpétrés par les Révolutionnaires en chantant la Marseillaise.

Il a fallu que je lise « A l’Ouest, rien de nouveau » pour découvrir la réalité des combats dans le camp « adverse »…

 

Il a donc fallu que je fasse moi-même le tri, que j’accepte de faire voler en éclat les certitudes apprises, que je comprenne que la version de la « réalité » n’est qu’une représentation des forces les plus puissantes, les plus manipulatrices, les plus intéressées.

 

Il ne s’agit pas de contester tout ce qui est écrit, tout ce qui est dit, tout ce qui est enseigné mais juste de garder suffisamment de « doute » (Descartes ne me contredirait pas) pour ne pas tomber dans le piège des choses figées.

Maintenant, je me souviens très bien qu’adolescent, j’ai été considérablement tourmenté lorsque j’ai commencé à apprendre la réalité de l’histoire indienne.

Il était donc possible que des enseignants, des livres, des films, des adultes mentent, détournent la vérité, l’habillent à leur convenance. Je n’en comprenais pas encore les raisons. Je subissais juste le contrecoup de l’effondrement généré par ces mensonges. Ceux de mes « tuteurs », ceux de mes semblables, ceux en qui j’avais confiance.

Je me souviens de cette rage qui m’habitait.

Je n’ai plus jamais eu confiance.

 

 Je me suis promis, en devenant instituteur, que je ne me posterais jamais en détenteur de la vérité, que je ne serais qu’un transmetteur de « doutes », de versions multiples, de regards croisés, de témoignages contradictoires, non pas pour créer un chaos incompréhensible dans la tête des enfants mais pour leur apprendre à aller vérifier par eux-mêmes si le désir de prolonger l’enseignement les anime.

« Ce que je raconte n’est que la somme des connaissances que j’en ai à cet instant. Ça n’est nullement quelque chose de figé. Je vous donne des éléments pour vous y retrouver. Mais tout ça sera peut-être totalement balayé un jour. Par une autre « vérité » qui n’aura peut-être elle-même qu’une durée limitée. L’important est de rester à l’écoute, de ne pas se coller des œillères, de capter les informations, de les croiser, de remonter à leurs sources, de les comparer, d’identifier clairement les intentions cachées…Toujours rechercher ce qui pourrait être caché.

 

Je me souviens de Colin Powel à l’ONU, avec sa petite éprouvette contenant un échantillon « d’armes de destruction massive ».

Rien n’est jamais certain.

Sinon, la certitude de ne pas faire confiance.

Mais de se faire confiance et de chercher. 

Et qu'on ne vienne pas me dire que je suis un "négationniste". Il m'a suffi, au lycée, de lire "La mort est mon métier" pour être tourmenté par cette abomination. Je n'ai jamais oublié. "Nuits et brouillards" et "Shoah" ont suivi, puis les témoignages, tous ces témoignages...

J'ai lu aussi "Dialogues avec les anges" et j'y ai retrouvé la lumière intérieure.

Les livres, les livres...

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