Il est impossible d'avoir une vision globale du monde au regard des évènements qui s'y produisent. Tout ce fatras restera immanquablement initié par des visions intentionnelles. Paris Match ou Sciences et Vie...Le premier est dans le registre de l'absolument superficiel, épisodique, éphémère et sans aucune analyse de son propre commentaire. L'objectif est commercial et nullement existentiel. Le deuxième oeuvre à l'explication rationnelle des évènements associés à tous les "comment" qui nous interpellent.
La philosophie avait pour tâche d'explorer les pourquoi...
Mais il y a davantage de lecteurs de Paris Match que de Spinoza et la philosophie a fini par sombrer dans les zones obscures du monde intellectuel.
L'Humanité a donc fini par écouter tout ce qui vient de l'extérieur jusqu'à en devenir sourde à son espace intérieur. Chaque individu s'identifie à la lecture évènementielle dans laquelle il se sent reconnu. Du "people" le plus insignifiant jusqu'aux plus éminents scientifiques. Des appartenances.
On en vient même à étiqueter la démarche spirituelle parce qu'il faut bien que chacun s'y retrouve dans ce fatras. Il faut bien qu'on nous indique quelle est la "bonne" route. Il s'est produit le même phénomène avec la philosophie...Qu'en est-il ressorti ? Est-ce que de l'Histoire de la philosophie, il reste une donnée, une seule, à laquelle on puisse donner l'attribut de "Patrimoine de l'Humanité"? ...Aucune. Non pas parce qu'elles n'avaient aucune valeur (qui oserait dire que Socrate n'avait aucune valeur) mais parce que l'Humanité n'a considéré la Philosophie que comme un épiphénomène évènementiel lié à l'existence de leurs initiateurs. Il est certain que les conflits d'ego n'ont pas servi la Philosophie elle-même...Il n'a été pour beaucoup dans cette démarche qu'une intention de reconnaissance. Effrayant détournement.
La spiritualité me semble emprunter la même voie. Ou plutôt les multiples voies générées par la multitude d'ego qui y cherchent la même reconnaissance.
Je ne serais pas surpris dans quelques années, si je suis encore là, de constater que cette approche existentielle sera tombée dans l'oubli. Tout comme la philosophie. Pour les mêmes raisons. Les spiritualistes ne cherchent pas l'ouverture des consciences mais la reconnaissance des consciences identifiées envers leur travail...Effrayant détournement.
Commentaires
1 JM Le 13/03/2012
2 Thierry Le 13/03/2012