Crise parentale.

Et une fois que le diagnostic est posé ?


Éducation : une famille sur deux désemparée

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Par Agnès Leclair Publié Réactions (10)
Plus de la moitié des jeunes interrogés déclarent éprouver ou avoir éprouvé des difficultés scolaires.
Plus de la moitié des jeunes interrogés déclarent éprouver ou avoir éprouvé des difficultés scolaires. Crédits photo : age fotostock/Stuart Pearce

Certains parents souffrent de ne pas pouvoir protéger leurs enfants comme ils le souhaiteraient.

Les parents sont-ils au bord de la crise d'éducation? Aujourd'hui, une famille sur deux estime qu'il est difficile d'élever ses enfants, selon une enquête de l'observatoire des jeunes et des familles de la fondation Apprentis d'Auteuil. C'est le sentiment de ne pas pouvoir les protéger autant qu'ils le souhaiteraient qui prédomine. Un quart des parents partagent cette inquiétude. Pour autant, leur «malaise» éducatif semble diffus et les sondés peinent à en définir les contours.

Certaines familles sont désarçonnées par le comportement ou les réactions de leur descendance (17 %), d'autres évoquent des difficultés à fixer des règles et des limites (13 %) et une sur dix avoue avoir déjà eu besoin d'une aide extérieure pour les seconder dans leur tâche éducative. Mais aucun écueil n'est pointé unanimement par les parents, selon cette enquête pour laquelle OpinionWay a interrogé 1024 foyers ayant au moins un enfant à charge, 1005 jeunes de 18 à 26 ans et 250 jeunes d'Apprentis d'Auteuil du même âge. «On ne peut pas parler d'un sentiment d'incompréhension entre parent et enfants», analyse Cédric Leva, responsable de l'observatoire.

«Il a besoin d'un cadre», «je ne sais plus comment m'y prendre avec lui» sont les phrases leitmotiv des adultes qui appellent le numéro azur de la fondation d'Auteuil pour raconter et trouver une issue à leurs problèmes éducatifs. «L'appelant type est une mère monoparentale et la majorité des appels concernent des garçons de 11 à 15 ans puis les 16 à 18 ans», décrit Marie de Saint-Laurent, directrice du service d'écoute. Les parents désemparés n'affichent cependant pas tous le même profil socioculturel. «Nous sommes aussi contactés par des familles aisées mais qui se retrouvent face à des difficultés majeures qu'elles n'iraient pas confier à une assistante sociale», souligne-t-elle.

«Ça ne va pas à l'école»

La conversation débute souvent de la même manière. «Ça ne va pas à l'école», commence par lâcher le père préoccupé ou la mère soucieuse. Nombre d'entre eux disent même envisager la solution de l'internat. «On sent chez eux une grande angoisse de l'avenir. Certains craignent aussi des dérapages avec les fréquentations du collège», explique Marie de Saint-Laurent. Plus de la moitié des jeunes interrogés (54 %) déclarent d'ailleurs éprouver ou avoir éprouvé des difficultés scolaires.

En deuxième rideau, «les appelants finissent souvent par décliner des complications familiales», poursuit la directrice du service d'écoute. Un ennui de santé, un père absent, une brouille… Le discours ambiant ne ferait rien pour les rassurer. «Ils éprouvent la culpabilité d'être de “mauvais parents”, notamment vis-à-vis de l'école. Parfois, ils n'osent même plus appeler tant ils ont peur d'être jugés pour l'absentéisme ou le décrochage de leur enfant. Ceux qui travaillent et ne peuvent pas obliger physiquement ces derniers à s'y rendre traversent de grosses crises d'angoisse», raconte Marie de Saint-Laurent. Côté enfants, la famille - avec ou sans accroc - garde cependant son image de cocon. 78 % des 18-25 ans s'y sentent en sécurité tout comme 72 % des jeunes d'Apprentis d'Auteuil au parcours plus heurté.

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